Ghana : Réseau de traite démantelé, des Togolais arrêtés

Une opération d'envergure menée par les forces de sécurité ghanéennes dans la région d'Ashanti a conduit à l'arrestation de 186…

Une opération d’envergure menée par les forces de sécurité ghanéennes dans la région d’Ashanti a conduit à l’arrestation de 186 suspects, dont la redoutée « Mama Gee ». Parmi les personnes interpellées figurent plusieurs ressortissants nigérians et togolais, mettant en lumière la porosité des frontières face au crime organisé.

La lutte contre les réseaux criminels transfrontaliers vient de franchir un cap important en Afrique de l’Ouest. Entre le 8 et le 17 juin 2026, une unité spéciale de la police ghanéenne, agissant en étroite coordination avec le commandement de la région d’Ashanti, a mené une série de raids coordonnés. Le bilan est lourd : 186 arrestations et le démantèlement d’une filière spécialisée dans la traite des êtres humains, l’exploitation sexuelle et le trafic de stupéfiants.

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Les forces de l’ordre ont ciblé plusieurs places fortes de la criminalité locale, notamment dans les quartiers d’Asafo, Asokwa, Buokrom, Krofrom, Asawase et Old Tafo Ahenbronum. Les profils des personnes placées en garde à vue confirment, par ailleurs, la dimension ouest-africaine de l’organisation : la police a interpellé 86 Ghanéens, 96 Nigérians et 4 Togolais.

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La chute de « Mama Gee »

Le point d’orgue de cette offensive policière est intervenu le 9 juin dans la localité de Kenyase Aframa. C’est là que les enquêteurs ont mis la main sur Gladys Ibrahim, alias « Mama Gee ». Présentée par les autorités comme l’un des cerveaux et l’un des pivots logistiques du réseau, elle dirigeait une véritable entreprise criminelle. C’est d’ailleurs lors de son arrestation que les forces de l’ordre ont intercepté le contingent composé de 96 Nigérians et de 4 Togolais.

Si le rôle exact des quatre ressortissants togolais reste à préciser au fil de l’instruction, de lourds soupçons de complicité dans la traite de mineurs pèsent sur eux. Au Ghana, les autorités ont considérablement renforcé la législation en matière de traite de mineurs ces dernières années et prévoient désormais de lourdes peines d’emprisonnement.

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Des mineurs secourus et un défi diplomatique

Par ailleurs, l’opération a surtout permis de secourir plusieurs victimes retenues dans les filets du réseau, parmi lesquelles figuraient des mineurs. Ces derniers ont immédiatement été pris en charge par les services ghanéens de protection de l’enfance.

Pour les victimes de nationalité étrangère, une course contre la montre s’est engagée entre les services d’immigration et les représentations diplomatiques. Les autorités des pays concernés devraient, à travers leurs canaux consulaires à Accra, être sollicitées afin de faciliter l’identification et le rapatriement de leurs ressortissants vulnérables.

Cette affaire intervient alors que Lomé a récemment renforcé son arsenal juridique contre la traite des êtres humains. Elle rappelle surtout l’urgence d’une coopération policière et judiciaire renforcée entre le Ghana, le Togo et le Nigeria pour démanteler les réseaux de traite et d’exploitation sexuelle qui sévissent dans le golfe de Guinée. À Accra comme à Kumasi, la police assure que l’enquête ne fait que commencer.

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