C’était un lundi en apparence ordinaire de la saison des pluies. Pourtant, la journée du 29 juin 2026 restera gravée comme le témoin d’une vulnérabilité commune qui ignore les tracés frontaliers. En l’espace de quelques heures, un même front nuageux d’une intensité rare a balayé le littoral ouest-africain, transformant le Togo ,la Côte d’Ivoire et le Nigeria en un vaste théâtre de crises interconnectées.
Si la pluie est saisonnière, la tragédie de ce début de semaine a pris une dimension sous-régionale inédite, rappelant que, face au dérèglement climatique, le golfe de Guinée partage un destin commun.
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Lomé sous les eaux, le Bas-Mono retient son souffle.
Au Togo, le Grand Lomé s’est réveillé les pieds dans l’eau. Des quartiers populaires et historiques comme Adakpamé, Adamavo, Akodesséwa, mais également les zones résidentielles et administratives de Nyékonakpoé, Kodjoviakopé et Agoè-Nyivé ont vu leurs artères principales se muer en torrents de boue. Les systèmes de canalisation, pourtant curés à l’approche de la saison des pluies, ont rapidement saturé sous la violence des précipitations.
Mais l’inquiétude s’est rapidement déplacée vers l’intérieur des terres. Dans la préfecture du Bas-Mono, les premiers bilans font état de dégâts matériels considérables. Les champs inondés et les habitations fragilisées font craindre une crise humanitaire et agricole à court terme, dans une région déjà éprouvée par les caprices du fleuve Mono.


Le drame de Mossikro : la terre a cédé à Abidjan
Plus à l’ouest, en Côte d’Ivoire, la même onde pluvieuse a pris une tournure nettement plus dramatique. À Abidjan, la métropole aux reliefs escarpés, l’eau ne s’est pas contentée d’inonder : elle a tué.
Dans la commune d’Attécoubé, le quartier précaire de Mossikro a payé le plus lourd tribut. Gorgée d’eau, une colline s’est effondrée sur des habitations de fortune situées en contrebas. Le bilan est effroyable : huit victimes, dont quatre décès confirmés et quatre blessés, après le glissement de terrain survenu dans le quartier de Mossikro.. Ce drame remet brutalement en lumière la question des logements construits dans des zones non constructibles, un défi auquel les autorités abidjanaises tentent de répondre chaque année par des campagnes de déguerpissement, souvent jugées insuffisantes face à la pression démographique.
Une urgence climatique et urbaine transfrontalière
Au Nigeria voisin, la tempête a également provoqué d’importants dégâts matériels, notamment dans les zones urbaines de Cotonou, où la gestion des eaux pluviales reste un défi permanent.
Du Nigeria — durement touché par ces intempéries — jusqu’à la Côte d’Ivoire, le constat des experts est identique. Ce lundi de pluies exceptionnelles n’est pas un événement isolé, mais le symptôme d’une double crise :
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L’intensification des événements extrêmes : les volumes d’eau tombés en moins de 24 heures dépassent largement les normales saisonnières.
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L’urbanisation galopante : l’imperméabilisation des sols dans les grandes capitales africaines empêche l’infiltration des eaux, transformant chaque averse majeure en menace vitale.
Alors que les secours s’activent encore à Abidjan et que les habitants de Lomé et du Nigeria tentent de sauver ce qui peut l’être, ce « lundi noir » appelle à une réponse globale. Les plans d’urgence nationaux montrent leurs limites ; c’est désormais à l’échelle de l’Afrique de l’Ouest qu’une stratégie de résilience urbaine et d’alerte météorologique précoce doit être pensée. Car le ciel, lui, ne connaît pas de frontières.
L’Afrique de l’Ouest fait face à une saison des pluies particulièrement violente. Le lundi 29 juin 2026, des précipitations torrentielles ont frappé simultanément le Togo ,la Côte d’Ivoire et le Nigeria, paralysant plusieurs capitales côtières et provoquant de lourds dégâts matériels.
Ce nouvel épisode d’intempéries simultanées dans plusieurs pays du Golfe de Guinée rappelle les défis croissants que pose le dérèglement climatique aux métropoles côtières ouest-africaines. Il souligne également la nécessité de renforcer la coordination régionale, d’adapter les infrastructures urbaines et de mieux protéger les populations vivant dans les zones exposées aux risques d’inondation et de glissement de terrain.




