Togo : Après l’AIMF, les maires mobilisent la diaspora à Paris

PARIS, 7 juillet 2026 — Vingt-quatre heures après avoir balisé les financements institutionnels au siège de l’Association internationale des maires francophones (AIMF), la délégation des municipalités togolaises passe à la vitesse supérieure. Menée par le ministre Koamy Gomado, également maire de la commune du Golfe 1, la mission entame le second volet stratégique de son offensive parisienne : transformer le capital humain et économique de la diaspora en un moteur direct du développement local.

Cette séquence cruciale a débuté le 6 juillet 2026 par une séance de cadrage diplomatique auprès de Son Excellence Monsieur Ouro Koura Tchagara Agadazi, ambassadeur du Togo en France. Elle a ensuite débouché sur un dialogue direct et pragmatique avec les représentants des Togolais de l’extérieur.

Faitière des Communes du Togo
© Faitière des Communes du Togo

Une représentativité territoriale inédite pour rassurer les investisseurs

L’impact politique de cette rencontre réside d’abord dans la composition de la délégation. Aux côtés du ministre Gomado, la présence de Madame Touni Koubonou, présidente de la Faîtière des communes du Togo (FCT) et maire de Doufelgou 2, ainsi que des maires et représentants de territoires clés (Lacs 1, Tchaoudjo 1, Tône 1, Anié 1, Kozah 3, Kloto 1, Ogou 1 et Sotouboua 2) envoie un signal fort. De plus, accompagnés de cinq experts techniques, ces élus incarnent la diversité et la réalité du Togo profond.

Pour la diaspora, souvent habituée à des interactions centralisées avec la capitale, voir les édiles de l’intérieur du pays présenter les opportunités de leurs localités respectives constitue une réelle valeur ajoutée. En effet, c’est la preuve que la décentralisation n’est plus un concept administratif, mais une réalité économique de terrain où chaque commune dispose désormais de la personnalité juridique pour contracter des partenariats.

Faitière des Communes du Togo
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Au-delà des transferts de fonds : l’ingénierie du co-développement

L’enjeu majeur de cette mobilisation est de faire évoluer le rôle de la diaspora. Traditionnellement sollicités pour l’aide familiale ou des actions caritatives ponctuelles, les Togolais de l’extérieur sont désormais invités à devenir des investisseurs et des apporteurs d’expertise pour leurs communes d’origine.

Par ailleurs, soutenue techniquement et financièrement par l’Ambassade de France au Togo à travers le Projet d’appui à la gouvernance territoriale (PAGT 2025-2027), la FCT structure cette démarche autour de trois livrables immédiats :

  • L’institutionnalisation du dialogue : la création d’un comité ad hoc dédié à l’implication de la diaspora permettra de cartographier les compétences des Togolais de France et de les aligner sur les besoins techniques des municipalités (urbanisme, transition écologique, gestion des déchets).

  • Le jumelage de projets (intercommunalité transfrontalière) : le développement de coopérations décentralisées directes entre les communes de résidence en France et les communes d’origine au Togo. Ce mécanisme facilitera la captation de financements croisés et le transfert de technologies adaptées aux contextes locaux.

  • La capitalisation sur la jeunesse : un plaidoyer novateur sera mené pour que les universités françaises valident les stages professionnels effectués par les étudiants de la diaspora au sein des mairies togolaises. Une formule gagnant-gagnant qui offre de l’expérience aux étudiants tout en dotant les communes de compétences de pointe à moindre coût.

Faitière des Communes du Togo
© Faitière des Communes du Togo

Le double pari de Lomé

En couplant l’accès aux grands réseaux francophones (AIMF) et la mobilisation fine de sa diaspora, le Togo dessine les contours d’une diplomatie territoriale moderne. Désormais, la réussite de cette feuille de route dépendra de la capacité du comité ad hoc à fluidifier les procédures administratives et à offrir des garanties de transparence aux investisseurs de la diaspora. Une chose est sûre : à Paris, les maires togolais ont démontré qu’ils disposent des compétences nécessaires pour jouer dans la cour des grands.

Faitière des Communes du Togo
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AIMF Paris : une délégation togolaise reçue par Frédéric Vallier

PARIS, 7 juillet 2026 — C’est une étape charnière pour la décentralisation togolaise. Le lundi 6 juillet 2026, au siège de l’Association internationale des maires francophones (AIMF), à Paris, Frédéric Vallier, délégué général de l’organisation, et ses équipes ont reçu une délégation de haut niveau des collectivités territoriales du Togo.

Au-delà de la diplomatie d’usage, cette séance de travail traduit une volonté claire des deux parties de franchir un cap : transformer les accords de principe en leviers économiques et infrastructurels concrets au profit des communes togolaises.

Faitière des Communes du Togo
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Le bilan : évaluer l’impact réel sur le terrain

Le premier objectif de cette rencontre parisienne était de dresser un état des lieux rigoureux des projets cofinancés par l’AIMF au Togo. Dans un contexte où les municipalités togolaises, consolidées depuis les élections locales, cherchent à asseoir leur légitimité par des résultats visibles, l’appui de l’AIMF représente une valeur ajoutée cruciale.

Ainsi, les discussions ont permis de mesurer l’impact des chantiers en cours, notamment dans les secteurs clés suivants :

  • L’accès aux services essentiels : modernisation des réseaux d’eau potable et d’assainissement dans les communes secondaires.
  • L’appui institutionnel : programmes de formation destinés aux élus et aux cadres techniques municipaux afin d’optimiser la gestion des budgets locaux.
  • Le développement économique local : structuration de marchés municipaux et d’espaces commerciaux afin de renforcer les recettes propres des collectivités.

Faitière des Communes du Togo
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Vers une ingénierie de projet et de nouveaux financements

La véritable portée de cette rencontre réside dans l’ouverture de nouvelles perspectives de coopération décentralisée avec les partenaires français et l’ensemble du réseau francophone. Pour le Togo, l’enjeu ne se limite plus à bénéficier de subventions de fonctionnement, mais consiste désormais à acquérir une véritable autonomie en matière d’ingénierie de projets.

« L’avenir de la décentralisation dépend de la capacité des communes à concevoir des projets bancables. L’AIMF ne se positionne pas seulement comme un bailleur, mais comme un catalyseur de partenariats techniques et financiers à l’échelle internationale. »

En connectant directement les maires togolais à leurs homologues de l’espace francophone, cette rencontre pose ainsi les bases de partenariats de pair à pair. À terme, cette dynamique devrait favoriser des transferts de technologies et de compétences, notamment autour de deux axes majeurs pour les années à venir : la transition numérique des administrations locales et le renforcement de la résilience climatique face aux risques d’inondations urbaines.

Enfin, les équipes techniques de l’AIMF et les représentants des collectivités togolaises ont convenu d’établir une feuille de route actualisée d’ici à la fin du trimestre. L’objectif est d’aligner les futurs financements sur les priorités du Plan national de développement local du Togo, afin de garantir que chaque euro investi génère un impact social et économique maximal au bénéfice des populations.

Faitière des Communes du Togo
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Le Burkina Faso élève Robert Dussey au rang de Commandeur de l’Ordre des Étalons

Le ministre des Affaires étrangères, Robert Dussey, a été décoré ce lundi par le Capitaine Ibrahim Traoré, président du Faso et président en exercice de la Confédération des États du Sahel. Une distinction que le chef de la diplomatie togolaise a reçue au nom du président Faure Gnassingbé, saluant un geste d’amitié entre Lomé et Ouagadougou.

 

C’est au cours d’une cérémonie officielle tenue ce lundi 6 juillet 2026, marquant le deuxième anniversaire de la Confédération de l’AES à Ouagadougou, que le Capitaine Ibrahim Traoré, président du Faso et président en exercice de la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES), a remis à Robert Dussey, ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration régionale et des Togolais de l’Extérieur, la Médaille de Commandeur de l’Ordre des Étalons, la plus haute distinction honorifique burkinabè.

 

Dans un message publié sur son compte officiel, Robert Dussey a exprimé sa gratitude au chef de l’État burkinabè, indiquant s’exprimer au nom du président togolais Faure Gnassingbé. Il a également adressé ses remerciements au peuple burkinabè, saluant plus largement les liens qui unissent Lomé aux capitales de la confédération sahélienne, à savoir Bamako et Niamey.

Robert Dussey
© Robert Dussey

Une distinction qui s’inscrit dans un rapprochement diplomatique

 

En 2017, le Burkina Faso a institué l’Ordre de l’Étalon pour remplacer l’ancien Ordre national du Burkina Faso, dans le cadre d’une refonte de ses ordres honorifiques. Il récompense des mérites personnels ainsi que des services civils ou militaires rendus à la nation burkinabè, et distingue également des personnalités étrangères en reconnaissance de leur contribution aux relations bilatérales ou régionales.

 

Cette décoration intervient alors que le Togo, sans être membre de la Confédération de l’AES, entretient des relations diplomatiques actives avec les trois pays de l’alliance sahélienne. Robert Dussey s’était déjà vu décerner, en 2023, le grade de Commandeur de l’Ordre national du Mali, une distinction similaire remise par le président de la transition malienne, Assimi Goïta, saluant alors le rôle de médiation joué par la diplomatie togolaise dans la sous-région.

 

Robert Dussey a salué l’insigne honneur que lui a fait le président du Faso en le décorant et a exprimé sa profonde gratitude au nom du Président du Conseil Faure Gnassingbé.

Robert Dussey
© Robert Dussey

Le Burkina Faso à la tête de la Confédération AES

 

Le Capitaine Ibrahim Traoré assure actuellement la présidence en exercice de la Confédération de l’AES, qui réunit le Burkina Faso, le Mali et le Niger depuis sa création en 2023 sous forme d’alliance, puis sa transformation en confédération l’année suivante. Les trois autorités de la transition ont fait de la souveraineté sécuritaire et de la coopération renforcée entre États sahéliens les piliers de cette organisation, dans un contexte régional marqué par la lutte contre les groupes armés et une redéfinition des partenariats extérieurs.

 

Pour Lomé, cette décoration s’ajoute à une série de gestes diplomatiques qui traduisent la volonté du Togo de conserver un dialogue soutenu avec les autorités des trois pays de la confédération, dans un environnement régional ouest-africain en recomposition depuis le retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO.

 

Komi Selom Klassou ravive l’axe Lomé–N’Djamena

Invité d’honneur à la clôture de la session parlementaire à N’Djamena ce mois de juin 2026, le président de l’Assemblée nationale togolaise, Komi Selom Klassou, a ravivé le mythe fondateur de l’axe Lomé-N’Djamena. Une séquence nostalgique qui cache des enjeux géopolitiques bien contemporains.

N’Djamena, 1ᵉʳ juillet 2026 – C’est une image d’Épinal que les moins de quarante ans ne peuvent pas connaître, mais que Lomé prend grand soin de dépoussiérer dès que l’occasion se présente. En avril 1980, alors que le Tchad traversait une grave guerre civile, le président togolais de l’époque, le Général Gnassingbé Eyadéma, n’avait pas hésité à traverser le fleuve Chari à bord d’une simple pirogue pour tenter une médiation directe entre les frères ennemis tchadiens.

Quarante-six ans plus tard, ce geste fort a été longuement évoqué dans l’enceinte du Palais de la Démocratie à N’Djamena. Invité d’honneur de la clôture de la première session ordinaire de la législature tchadienne, le président de l’Assemblée nationale togolaise, le Professeur Komi Selom Klassou, a choisi de s’appuyer sur cette histoire commune pour marquer les esprits.

Assemblée Nationale Togolaise
© Assemblée Nationale Togolaise

La diplomatie parlementaire, un outil discret mais efficace

Le protocole a suivi son cours habituel : hymnes nationaux, poignées de mains et discours chaleureux du président de l’Assemblée nationale du Tchad, Ali Kolotou Tchaïmi. Cependant, le but principal de ce voyage est de concrétiser un accord de coopération signé entre les deux parlements à Lomé, le 7 avril 2024.

Pour le Togo, le dialogue entre parlements est devenu une force dans sa politique étrangère. Moins visible que les réunions de chefs d’État, cette méthode permet de créer des liens solides. En partageant son expérience de la rédaction des lois et de la gestion des institutions avec un Tchad en pleine réorganisation politique, le Togo renforce son rôle de partenaire stratégique.

« Le Togo apporte sa fraternité ; le Tchad offre sa résilience », a résumé Komi Selom Klassou devant les députés tchadiens.

Assemblée Nationale Togolaise
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Togo et Tchad : L’alliance de deux médiateurs du continent

Le rapprochement actuel entre Lomé et N’Djamena s’explique par la situation géopolitique régionale. L’Afrique de l’Ouest et le Sahel connaissent des changements majeurs, notamment avec le départ du Mali, du Burkina Faso et du Niger des instances régionales traditionnelles. Face à ces tensions, le Togo et le Tchad ont choisi une position similaire : celle de maintenir le dialogue avec tout le monde.

Le président du Conseil, Faure Gnassingbé est devenu un intermédiaire respecté par les régimes militaires du Sahel. De son côté, le président tchadien Mahamat Idriss Déby tente de garder l’équilibre entre ses partenaires occidentaux et ses nouveaux contacts avec la Russie. En se rapprochant, Lomé et N’Djamena créent un espace de discussion qui va de l’Afrique de l’Ouest jusqu’au cœur de l’Afrique centrale.

Assemblée Nationale Togolaise
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Les défis au-delà des discours

Reste à savoir si cette bonne entente portera des fruits concrets. Si le président de l’Assemblée tchadienne a salué une visite qui ouvre de réelles perspectives de travail, les défis de la région (comme la sécurité au Sahel et le développement économique) demanderont plus que des échanges de textes juridiques.

En rappelant le geste audacieux de 1980, Komi Selom Klassou a subtilement rappelé au Tchad que le Togo a toujours été son allié des jours sombres. Une manière de signifier que, dans la tempête géopolitique actuelle, la pirogue togolaise est toujours prête à reprendre du service.

Assemblée Nationale Togolaise
© Assemblée Nationale Togolaise

À Rome, le Togo plaide pour un partenariat renouvelé entre l’Afrique et l’Europe

À Rome, où se tient du 17 au 19 juin le sommet FII PRIORITY Europe 2026, le Président du Conseil togolais, Faure Essozimna Gnassingbé, a plaidé pour un partenariat économique renouvelé entre l’Afrique et l’Europe. Invité d’honneur de ce forum consacré à la compétitivité du continent européen, le chef de l’exécutif  y défend le rôle de plateforme logistique régionale que le Togo entend jouer dans la transformation des chaînes de valeur mondiales.

Sommet FII PRIORITY Europe : Faure Gnassingbé, invité d’honneur à Rome

C’est dans les salons du Waldorf Astoria Rome Cavalieri que Faure Essozimna Gnassingbé, Président du Conseil, a pris part, mercredi 17 juin 2026, aux travaux du sommet FII PRIORITY Europe. Arrivé la veille dans la capitale italienne, le chef de l’exécutif togolais y participe à l’invitation de Yasir ben Othman Al-Rumayyan, gouverneur du Fonds public d’investissement d’Arabie saoudite (PIF) et président du FII Institute, organisateur de la rencontre.

Réunissant chefs d’État, investisseurs et décideurs économiques autour du thème « L’Europe réinventée : capital, souveraineté et autonomie stratégique », ce sommet examine les mécanismes de financement de la réindustrialisation, la résilience des chaînes d’approvisionnement et la transformation du travail dans une économie marquée par l’intelligence artificielle. Selon les chiffres mis en avant par les organisateurs, la croissance de la zone euro est projetée autour de 1,2 % en 2026, tandis que le potentiel d’investissements privés supplémentaires que pourrait mobiliser le continent sur dix ans est évalué à près de 800 milliards d’euros.

Partenariat Afrique-Europe : le Togo mise sur l’attractivité de ses investissements

Dans son intervention, le chef de l’exécutif  a insisté sur les perspectives qu’ouvre, selon lui, le partenariat économique entre l’Afrique et l’Europe. Porté par certaines des croissances les plus dynamiques de la planète, le continent africain constituerait désormais un terrain privilégié pour les flux d’investissement, le développement des infrastructures de connectivité et de logistique, ainsi que pour l’approfondissement de l’intégration régionale.

Le Togo, a-t-il ajouté, entend prendre toute sa part dans cette dynamique en s’appuyant sur sa position de plateforme logistique régionale. Lomé met en avant les performances de son Port autonome, le développement de zones industrielles intégrées et les réformes conduites pour améliorer le climat des affaires, avec l’objectif déclaré de capter davantage d’investissements directs étrangers (IDE) et de renforcer les corridors reliant le pays à son arrière-pays.

« Porte d’entrée naturelle vers l’hinterland ouest-africain, au service d’une croissance partagée », a déclaré Faure Essozimna Gnassingbé, Président du Conseil du Togo.

Connectivité régionale : une offensive diplomatique et économique pour Lomé

Ce déplacement à Rome s’inscrit dans une semaine chargée pour la diplomatie économique togolaise. En effet, trois jours plus tôt, le Président du Conseil avait présidé à Lomé l’ouverture de la première Convention et Exposition africaines du transport aérien. Cette succession d’initiatives illustre la volonté du gouvernement togolais de faire de la connectivité — portuaire, aérienne et numérique — un axe central de sa stratégie de développement national.

Togo-Libye : Robert Dussey reçu à Tripoli pour redynamiser la coopération économique

Dans la continuité de la visite de travail effectuée à Tripoli, la dynamique de rapprochement entre le Togo et la Libye se consolide davantage. Le ministre togolais des Affaires étrangères, de l’Intégration régionale et des Togolais de l’extérieur, Robert Dussey, a été reçu en audience, le lundi 15 juin 2026, par le président du Conseil des ministres de l’État de Libye, Abdelhamid Dbeibah, au nom du chef de l’État togolais, Faure Essozimna Gnassingbé.

Sommet à Tripoli : Robert Dussey porte le message de Faure Gnassingbé en Libye

Cette rencontre de haut niveau, tenue dans un climat de cordialité, d’amitié et de confiance mutuelle, a permis aux deux parties de procéder à un examen approfondi de l’état des relations bilatérales et des perspectives de leur renforcement. Après les échanges engagés plus tôt avec son homologue libyen, El-Taher El-Baour, le chef de la diplomatie togolaise a porté le dialogue au plus haut niveau de l’exécutif libyen, confirmant ainsi la volonté partagée des deux pays d’insuffler une nouvelle dynamique à leur coopération.

Robert Dussey
© Robert Dussey

Économie et investissements : les secteurs stratégiques au cœur des discussions

Au cœur des discussions figuraient les priorités de développement du Togo et de la Libye, ainsi que les voies et moyens susceptibles de favoriser une coopération plus étroite dans plusieurs secteurs stratégiques. Les deux responsables ont notamment échangé sur les mécanismes à mettre en place pour approfondir les relations économiques et commerciales, promouvoir les investissements et encourager l’émergence de partenariats mutuellement bénéfiques dans des domaines d’intérêt commun.

Cette audience vient ainsi couronner une séquence diplomatique marquée par la convergence de vues entre Lomé et Tripoli sur les grands enjeux du développement et de la coopération Sud-Sud. Elle traduit également la volonté des autorités togolaises et libyennes de bâtir un partenariat durable, fondé sur des intérêts partagés et une vision commune de l’intégration africaine.

Robert Dussey
© Robert Dussey

Coopération Sud-Sud : la stratégie du Togo pour diversifier ses partenariats

À travers cette nouvelle étape, le Togo poursuit sa stratégie de diversification de ses partenariats sur le continent et confirme son engagement à renforcer ses relations avec les pays d’Afrique du Nord. Pour Lomé comme pour Tripoli, l’ambition est désormais de transformer cette proximité politique en opportunités économiques concrètes, au service du développement et de la prospérité des deux nations.

Togo : Les cinq régions mobilisées à Abidjan pour l’AIRF 2026

Abidjan, 16 juin 2026 – Le Togo affiche une présence remarquée à la 20ᵉ Assemblée générale de l’Association Internationale des Régions Francophones (AIRF), ouverte le lundi 15 juin 2026 en Côte d’Ivoire. La délégation togolaise, forte de la participation des cinq conseils régionaux du pays, illustre une volonté commune de renforcer la coopération internationale et de promouvoir le développement territorial.

Cette édition revêt une portée particulière pour le Conseil Régional Maritime, qui prend part pour la première fois aux travaux de l’organisation en tant que membre à part entière. Une intégration rendue possible grâce à l’accompagnement du ministère chargé de la Décentralisation, permettant ainsi à l’institution régionale de rejoindre officiellement le cercle des collectivités francophones engagées dans une dynamique de coopération et de partage d’expériences.

Le Conseil Régional Maritime
© Le Conseil Régional Maritime

 Cadre légal : L’article 44 sur la décentralisation au service du développement local

Cette adhésion s’inscrit dans le cadre des orientations définies par l’article 44 de la législation nationale sur la décentralisation, qui encourage les collectivités territoriales à développer des partenariats internationaux visant l’amélioration des services publics et la réalisation d’infrastructures au profit des populations.

Dès l’ouverture des travaux, les représentants du Conseil Régional Maritime se sont activement impliqués dans les différentes commissions thématiques organisées à la Chambre de Commerce et d’Industrie d’Abidjan. Le président du Conseil Régional Maritime a notamment pris part aux échanges de la Commission « Environnement, Eau, Énergies et Climat », apportant la contribution du Togo aux réflexions sur les défis environnementaux et énergétiques.

Le Conseil Régional Maritime
© Le Conseil Régional Maritime

Climat et égalité : La délégation togolaise active au sein des commissions à Abidjan

Parallèlement, la secrétaire générale du Conseil Régional Maritime a participé aux travaux de la Commission « Jeunesse, Formation et Culture », avant de rejoindre, aux côtés du président de l’institution, le groupe de travail consacré à l’égalité entre les femmes et les hommes, un enjeu transversal au cœur des politiques publiques des régions francophones.

Ainsi, la mobilisation togolaise se poursuit ce mardi 16 juin à l’auditorium du ministère ivoirien des Affaires étrangères, où se tient la cérémonie officielle d’ouverture sous le haut patronage des autorités ivoiriennes. Les travaux se prolongeront également dans l’après-midi avec le forum économique « Les Rencontres Africa », organisé à la Maison de l’Entreprise au Plateau.

À travers cette participation active et coordonnée, les cinq régions du Togo réaffirment leur engagement en faveur d’une coopération décentralisée dynamique et leur ambition de nouer des partenariats durables susceptibles d’accélérer le développement économique et social de leurs territoires.

Aviation civile : Le président rwandais Paul Kagame à Lomé pour le SAATM

Ce 15 juin 2026, Paul Kagame, président du Rwanda, effectue une visite de travail hautement stratégique à Lomé. Son arrivée dans la capitale togolaise dépasse le simple cadre d’un déplacement protocolaire. Derrière les poignées de main et les photos officielles se joue en réalité une partition majeure pour l’avenir économique du continent. Le chef de l’État rwandais s’entretient avec son homologue togolais, le président Faure Essozimna Gnassingbé, dans un contexte où l’aviation civile africaine tente d’accélérer la construction d’un espace aérien unifié.

Sommet à Lomé : Paul Kagame et Faure Gnassingbé au cœur des enjeux de l’aviation africaine

Il faut dire que cette visite coïncide avec l’ouverture de la Convention et Exposition Africaine du Transport Aérien 2026, qui réunit au Togo les principaux décideurs du secteur jusqu’au 19 juin. Portée à bout de bras par le ministre togolais des Transports, le Dr Comla Kadje, cette grand-messe sectorielle gravite autour d’un objectif ambitieux : lever les barrières protectionnistes pour intégrer les marchés du continent. À cet effet, la Commission africaine de l’aviation civile (AFCAC) a déployé un programme de haut niveau axé sur les priorités structurelles de cette transition inédite.

 Qu’est-ce que le SAATM, le projet de marché unique du transport aérien ?

Au cœur des enjeux figure le projet de Marché Unique Africain du Transport Aérien (SAATM), une initiative phare de l’Agenda 2063 de l’Union africaine lancée en 2018 sous la présidence panafricaine de Paul Kagame. Concrètement, le SAATM vise à libéraliser le ciel africain par la dérégulation des services et l’ouverture à la concurrence transnationale.

À ce jour, trente-trois pays africains — dont le Togo et le Rwanda — ont formellement adhéré au projet. L’objectif à terme est de mettre pleinement en œuvre la décision de Yamoussoukro de 1999. Pour y parvenir, les États signataires s’engagent à lever les restrictions d’accès au marché, à abolir les limites de propriété croisée et à s’accorder mutuellement des droits de trafic étendus allant de la première à la cinquième liberté. Selon les projections de la Banque africaine de développement (BAD), ce marché unique devrait induire une baisse significative du prix des billets, une hausse du trafic de passagers et des retombées économiques massives.

Presidency | Rwanda
© Presidency | Rwanda

Axe Kigali-Lomé : Un partenariat historique pour l’intégration régionale

Par ailleurs, ce déplacement consacre l’excellence de l’axe diplomatique entre le Rwanda et le Togo. En janvier 2025, le président Faure Gnassingbé s’était déjà rendu à Kigali, où ses échanges avec Paul Kagame à Urugwiro Village avaient posé les bases d’une coopération renforcée dans l’agriculture, le commerce, les investissements et la finance verte.

Dès lors, l’étroite collaboration entre le dirigeant rwandais et le chef de l’État togolais — régulièrement mandaté par l’Union africaine pour mener des médiations régionales — consolide la position de Lomé comme plateforme incontournable de l’intégration continentale.

Sécurité et Agenda 2063 : Au-delà de l’économie, le défi de la stabilité

En outre, le tête-à-tête entre les deux dirigeants intègre un volet crucial lié à la paix et à la sécurité en Afrique, deux variables indissociables de la prospérité économique. Car en définitive, le triple objectif du SAATM — unifier le transport, libéraliser l’aviation et fluidifier la circulation des biens et des personnes — reste tributaire d’un environnement stable.

En somme, la présence simultanée de Paul Kagame et des barons de l’aviation civile à Lomé démontre que le temps des simples déclarations d’intention est révolu. C’est désormais une ère d’actes décisifs pour l’indépendance aérienne et économique de l’Afrique qui s’ouvre au Togo.

Diplomatie : Robert Dussey à Tripoli pour relancer l’axe Togo-Libye

La diplomatie togolaise renouvelle son engagement en Afrique du Nord. Le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, a effectué une visite de travail à Tripoli le dimanche 14 juin 2026. Sur place, son homologue libyen, El-Taher El-Baour, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, lui a réservé un accueil chaleureux. Au cœur des discussions : le déploiement de nouveaux axes de coopération économiques, diplomatiques et sécuritaires d’intérêt commun pour les deux nations.

Robert Dussey
© Robert Dussey

 Coopération bilatérale : Un accueil chaleureux pour Robert Dussey à Tripoli

« Je remercie mon cher frère El-Taher El-Baour, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale de Libye, et son équipe professionnelle pour leur chaleureux accueil à Tripoli », s’est réjoui Robert Dussey sur son Compte X.

Il faut dire que cette visite officielle s’inscrit dans la stricte continuité des relations diplomatiques entre Lomé et Tripoli. Ces dernières ont d’ailleurs franchi un palier significatif depuis janvier 2025 avec l’accréditation du nouvel ambassadeur libyen au Togo, M. Salih Al-Konui Kanduweesh Mohammed.

Robert Dussey
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Économie, politique et sécurité : Les trois piliers de l’axe Lomé-Tripoli

Lors de leur tête-à-tête, les deux chefs de la diplomatie ont posé les jalons d’un renforcement stratégique de la relation bilatérale autour de trois axes fondamentaux. Ils ont jeté les bases d’une expansion des partenariats commerciaux et des investissements bilatéraux pour dynamiser les échanges économiques. D’autre part, les deux émissaires se sont accordés sur la consolidation du dialogue politique et de la coordination sur les grands dossiers africains. Enfin, face aux menaces qui pèsent sur la stabilité sous-régionale, ils ont acté le renforcement de leur coopération sécuritaire pour répondre efficacement aux défis partagés.

Robert Dussey
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Stratégie 2026-2028 : Le Togo comme « passerelle » entre le Sahel et l’international

Par ailleurs, ce déplacement en terre libyenne répond à une vision géopolitique globale de Lomé. En avril 2026, Robert Dussey avait précisément dévoilé la nouvelle feuille de route diplomatique (2026-2028) du pays, réaffirmant que « le Togo est prêt à mettre son expertise en matière de médiation et son ancrage régional au service de la stabilité, en jouant le rôle de passerelle entre le Sahel et la communauté internationale ». Ainsi, la Libye, idéalement située au carrefour de l’Afrique du Nord et de la bande sahélo-saharienne, s’impose comme un partenaire pivot pour concrétiser cette ambition de médiation régionale.

En somme, cette rencontre de haut niveau témoigne de la volonté partagée des deux États de donner un coup d’accélérateur à leur coopération. Par ce ballet diplomatique, le Togo confirme son statut d’acteur incontournable sur l’échiquier continental, tout en maintenant des canaux de discussion ouverts, dynamiques et résolument tournés vers l’avenir de l’Afrique.

Togo-Brésil : Luiz Ivaldo Villafañe Gomes Santos prend ses fonctions à Lomé

C’est un événement diplomatique qui marque les relations bilatérales entre le Togo et le Brésil. En effet, le 13 juin 2026 à Lomé, le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, a reçu les copies figurées des lettres de créance de Luiz Ivaldo Villafañe Gomes Santos, désigné comme nouvel ambassadeur du Brésil au Togo. Cette étape protocolaire officialise le début de la mission du diplomate brésilien et témoigne de la volonté des deux pays de renforcer leur coopération.

 

Un diplomate expérimenté pour une mission stratégique

De plus, Luiz Ivaldo Villafañe Gomes Santos n’est pas un inconnu dans le monde diplomatique. En poste comme ambassadeur du Brésil en Irak depuis 2020, il occupe le rang de « ministre de deuxième classe » à l’Itamaraty (le ministère des Affaires étrangères brésilien), soit le pénultième échelon de la carrière diplomatique.

D’ailleurs, le diplomate bénéficie d’une solide ancrage africain, ayant déjà servi dans les ambassades du Brésil en Éthiopie, en Angola et au Bénin, ce qui lui confère, selon le sénateur Hamilton Mourão, rapporteur de sa nomination, une « large expérience des nations africaines ».

À l’avenir, l’ambassadeur mettra l’accent sur des partenariats en éducation scientifique et dans le secteur de l’énergie renouvelable, deux domaines où le Togo cherche à réduire sa dépendance.

Robert Dussey
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Togo-Brésil : un partenariat historique initié en 1972

D’ailleurs, dans une publication sur son compte X, le ministre Robert Dussey a déclaré que lors de son entretien avec le nouvel ambassadeur, « il a noté avec satisfaction le désir fervent que nous partageons d’approcher les peuples et les gouvernements de nos deux pays », rappelant ainsi que leur histoire et leur culture sont « intrinsèquement liées ».

Initié dès 1972, le partenariat bilatéral entre le Togo et le Brésil s’est considérablement densifié au fil des décennies. Ainsi, en 2009, un tournant institutionnel a marqué la mise en place d’un mécanisme de consultations politiques, l’établissement d’un cadre régissant les missions diplomatiques, ainsi que l’appui technique de l’Embrapa brésilienne à l’Institut togolais de recherche agronomique, pour moderniser le secteur agricole.

Par ailleurs, cette dynamique de rapprochement s’est consolidée en 2018 par l’instauration d’une exemption de visas pour les détenteurs de passeports diplomatiques et de service, stimulant ainsi des échanges économiques en nette croissance, atteignant déjà 97 millions de dollars en 2017.

 

La coopération Sud-Sud : un axe prioritaire

En outre, le ministre Dussey a également célébré « la coopération Sud-Sud », un concept qui vise à renforcer les partenariats entre les pays en développement. Cette approche s’inscrit d’ailleurs dans une dynamique plus large : depuis 2009, le Brésil mène un programme de coopération Sud-Sud avec l’Organisation internationale du Travail (OIT), visant à promouvoir le travail décent et la justice sociale dans les pays d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie-Pacifique.

Robert Dussey
© Robert Dussey

Vive le Brésil, vive le Togo !

Ainsi, la réception des lettres de créance marque le début officiel de la mission diplomatique de Villafañe à Lomé et témoigne de la volonté commune de maintenir des relations bilatérales actives et de renforcer la coopération dans les domaines d’intérêt commun.

Comme l’a conclu le ministre Robert Dussey : « Vive le Brésil ! Vive le Togo ! « Vive la coopération Sud-Sud ! »

Enfin, ce nouvel ambassadeur arrive à un moment où le Togo cherche à développer ses capacités en matière d’énergie durable et d’éducation scientifique, deux domaines dans lesquels le Brésil, fort de son expérience internationale, pourrait apporter un soutien précieux.

Crise dans l’Est de la RDC : Faure Gnassingbé reçoit deux émissaires de l’ONU à Lomé

Le président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a reçu ce lundi 8 juin 2026 à Lomé deux hauts responsables des Nations unies engagés dans la crise de l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) : James Swan, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en RDC et chef de la MONUSCO, ainsi que Huang Xia, envoyé spécial pour la région des Grands Lacs. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du suivi semestriel de la médiation de l’Union africaine.

Présidence du Conseil
© Présidence du Conseil

Un échange centré sur la médiation

Les discussions ont porté sur l’état d’avancement des initiatives diplomatiques en cours et sur la place qu’occupent les Nations unies dans l’accompagnement de la médiation africaine. À Lomé, les interlocuteurs ont ainsi passé en revue les efforts déployés pour rapprocher les positions et maintenir un cadre de dialogue autour d’un dossier toujours sensible sur les plans sécuritaire et politique.

Par ailleurs, la présence simultanée des émissaires onusiens et du médiateur désigné par l’Union africaine illustre une réalité devenue incontournable : la sortie de crise dans l’Est de la RDC passe par une meilleure articulation entre les acteurs africains et les partenaires internationaux. Dans cette configuration, Lomé tente de s’imposer comme un point de convergence diplomatique.

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Le Togo veut capitaliser sur son rôle

Au cours de l’entretien, les représentants de l’ONU ont salué l’engagement du Togo en faveur de la paix et de la stabilité en Afrique. Ils ont également réaffirmé leur disponibilité à accompagner les efforts menés sous la conduite de Faure Gnassingbé pour parvenir à une solution durable et équilibrée à la crise.

Cette position confirme, en effet, l’intérêt porté à la méthode togolaise, fondée sur la consultation régulière, la discrétion diplomatique et la recherche d’un consensus entre les différentes parties prenantes. Pour Lomé, l’enjeu est désormais de transformer cette reconnaissance en levier d’influence réelle sur le dossier des Grands Lacs.

Présidence du Conseil
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Une coordination devenue nécessaire

Les consultations entre le médiateur africain et les Nations unies ne sont pas nouvelles, mais elles prennent une importance particulière dans un contexte marqué par la persistance des violences dans l’Est congolais. Les deux parties entendent ainsi maintenir une approche concertée afin d’éviter la dispersion des efforts de paix.

Cette dynamique répond à une exigence simple : multiplier les initiatives ne suffit pas si elles ne sont pas alignées. En recevant ces émissaires onusiens, Faure Gnassingbé cherche donc à consolider une architecture diplomatique plus cohérente, capable d’associer les acteurs régionaux et internationaux autour d’un même objectif.

Présidence du Conseil
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Lomé comme plateforme diplomatique

Enfin, la rencontre de ce lundi confirme le positionnement de Lomé comme cadre de dialogue sur la crise congolaise. Le Togo, qui accueille régulièrement des consultations liées à la médiation africaine, entend faire de cette visibilité un atout dans la recherche de solutions politiques aux conflits régionaux.

Reste désormais à savoir si cette coordination renforcée entre l’Union africaine et les Nations unies permettra de déboucher sur des avancées concrètes. Dans une crise longue et complexe, la valeur d’une médiation se mesure à sa capacité à maintenir l’engagement des acteurs et à faire évoluer, même progressivement, les conditions d’un accord durable.

Bénin-Togo : Wadagni à Lomé pour relancer l’axe Cotonou-Lomé

Lomé, 3 juin 2026 — Après un séjour au Nigeria, au Niger et au Burkina Faso, le président de la République du Bénin, Romuald Wadagni, a atterri cet après-midi à Lomé pour une visite de travail et d’amitié. Il a été accueilli sur le tarmac de l’aéroport international Gnassingbé Eyadéma par le président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, marquant ainsi le début d’une journée d’échanges stratégiques entre les deux voisins.

Cette étape togolaise s’inscrit dans une tournée régionale dont l’objectif est de consolider les alliances et de désamorcer les tensions diplomatiques persistantes. « Je remercie mon frère, S.E.M. Romuald Wadagni, président de la République du Bénin, pour sa visite de travail ce jour à Lomé », a déclaré Faure Gnassingbé à l’issue de la cérémonie d’accueil. Le président du Conseil togolais a, par ailleurs, souligné la qualité du dialogue permanent entre les deux pays, promettant de poursuivre les actions en faveur du bien-être de leurs populations.

Faure Essozimna Gnassingbé
© Faure Essozimna Gnassingbé

Une diplomatie de réconciliation

Depuis quelques années, Cotonou et Lomé entretiennent des relations marquées par une défiance croissante, alimentée par des affaires sensibles comme celle de Reckya Madougou et par des soupçons de déstabilisation mutuelle. Dans ce contexte, la visite de Romuald Wadagni, entamée par un tête-à-tête avec Faure Gnassingbé, constitue un geste fort d’apaisement. Selon des sources diplomatiques, les deux dirigeants ont accordé une attention particulière à l’intégration économique, à la paix régionale et au développement commun.

Les échanges ont également porté sur les opportunités offertes par la sous-région, notamment dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Le président béninois, qui a déjà visité plusieurs capitales de l’Alliance des États du Sahel (AES), cherche ainsi à réinstaurer une confiance économique avec son voisin immédiat. Lomé et Cotonou, deux plaques tournantes du transit ouest-africain, ont en effet un intérêt commun à fluidifier leurs corridors logistiques.

« Nos échanges en tête-à-tête ont porté sur le renforcement des relations d’amitié et de coopération entre nos deux pays », a réaffirmé le président du Conseil togolais. Cette volonté de « fraternité et de solidarité » vise à effacer les frictions passées et à construire un espace de prospérité régionale.

Un agenda économique et sécuritaire

Au-delà du symbolisme, la visite de M. Wadagni vise à concrétiser plusieurs accords. Les deux pays partagent des enjeux de sécurité transfrontalière, notamment face à l’insécurité croissante dans le golfe de Guinée. La coopération policière et douanière figure ainsi parmi les priorités de l’agenda, bien que les détails des entretiens n’aient pas été divulgués.

Le président béninois poursuivra son périple à Abidjan et à Accra dans les jours à venir, confirmant sa stratégie de réancrage diplomatique au sein de la CEDEAO. Pour le Togo, cette visite marque également une étape importante dans la normalisation de ses relations avec Cotonou, une priorité pour les autorités togolaises qui cherchent à stabiliser leur environnement régional. Reste désormais à savoir si cette volonté politique affichée se traduira par des avancées concrètes et durables, capables de renforcer l’intégration régionale et de répondre aux attentes des populations des deux pays.

États-Unis : les restrictions de visas pour les Togolais maintenues

Entrées en vigueur le 1er janvier 2026 par proclamation présidentielle, ces mesures restrictives continuent de peser sur les procédures consulaires à Lomé, exposant les candidats au voyage à un véritable flou administratif et financier.

Cinq mois après leur mise en application, le statu quo demeure. En effet, depuis le 1er janvier 2026, les ressortissants togolais désireux de se rendre aux États-Unis font face à un tournant rigoureux de la politique migratoire de Washington. En vertu d’une proclamation présidentielle américaine, l’entrée sur le territoire et la délivrance de visas pour plusieurs catégories de citoyens du Togo restent suspendues ou sévèrement limitées.

Si les chancelleries observent de près les implications diplomatiques de cette décision entre les deux capitales, c’est toutefois au niveau de la mécanique consulaire quotidienne que les conséquences directes se font le plus ressentir pour la population.

 

Un maintien des rendez-vous aux airs de trompe-l’œil

La particularité de ce dispositif réside dans la poursuite apparente des activités de l’ambassade américaine à Lomé. En effet, contrairement à une fermeture pure et simple des services consulaires, les demandeurs togolais conservent la possibilité technique de soumettre leur dossier en ligne et de se présenter aux entretiens programmés avec les officiers consulaires.

Toutefois, cette continuité procédurale s’apparente à un parcours incertain : l’ambassade elle-même avertit que l’issue de l’entretien risque de déboucher sur une inéligibilité quasi systématique à la délivrance du précieux sésame, tant que les restrictions présidentielles resteront en vigueur.

 

Le risque du gouffre financier pour les candidats au départ

Par ailleurs, pour les requérants, cette situation comporte un enjeu économique majeur. Les règles immuables de l’administration américaine s’appliquent en effet de manière stricte : les frais de demande de visa, payés en amont de la prise de rendez-vous, demeurent non remboursables et non transférables, indépendamment de la décision finale ou des restrictions nationales en cours.

« Avant de s’engager dans des dépenses administratives ou de planifier des arrangements de voyage qui pourraient s’avérer caducs, il est fortement recommandé de consulter les mises à jour officielles du service consulaire », rappelle-t-on du côté des observateurs des flux migratoires.

Dès lors, face à ce risque de pertes financières, la prudence est désormais de mise. Les autorités américaines incitent formellement les usagers à se référer exclusivement à la plateforme officielle de la représentation diplomatique (https://tg.usembassy.gov/visas/) avant d’engager la moindre démarche financière.

À ce jour, aucune date de levée ou d’assouplissement de cette proclamation présidentielle n’a encore été communiquée par Washington. En attendant, les restrictions demeurent pleinement applicables aux catégories de voyageurs concernées.

Togo : Le Capitaine Atatoum Babaté reçoit le Mérite maritime français

Lomé, le 1er juin 2026 – Le partenariat militaire et maritime entre la France et le Togo s’honore d’une nouvelle distinction prestigieuse. Au cours d’une cérémonie solennelle empreinte de fraternité d’armes, l’Ambassadeur de France a officiellement remis les insignes de chevalier de l’Ordre national du Mérite maritime au Capitaine de vaisseau Atatoum Babaté.

Agissant au nom de la Ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche de la République française, le représentant français a décerné cette prestigieuse décoration, soulignant ainsi l’importance politique et environnementale des enjeux maritimes partagés par les deux nations.

L’hommage à une carrière d’exception et d’engagement

À travers cette distinction, la France a tenu à saluer publiquement un parcours militaire et maritime jugé exemplaire. Tout au long de sa carrière, le Capitaine de vaisseau Atatoum Babaté a démontré un engagement sans faille au service de la sécurité, de la protection et de la gouvernance des espaces maritimes.

Mais au-delà de ses compétences techniques et de ses qualités de commandement, la France a également mis à l’honneur un artisan du dialogue. Elle récompense ainsi sa contribution précieuse et constante au rapprochement stratégique et opérationnel entre la Marine nationale française et la Marine togolaise.

Ambassade de France au Togo
© Ambassade de France au Togo

Un symbole fort pour la sécurité collective dans le golfe de Guinée

Par ailleurs, ce geste diplomatique fort intervient dans un contexte où la coopération bilatérale demeure essentielle pour faire face aux défis sécuritaires majeurs de la sous-région, notamment la lutte contre la piraterie, la pêche illicite et les trafics en mer.

En élevant cet officier supérieur togolais dans cet ordre hautement sélectif, Paris réaffirme non seulement la solidité de ses liens avec Lomé, mais souligne également l’importance de bâtir des ponts solides entre les marines des deux rives de l’Atlantique afin de garantir la stabilité et la prospérité des routes maritimes.

Le Togo mise sur le Forum urbain mondial pour renforcer ses villes durables

Le Togo entend renforcer sa stratégie de développement urbain durable à l’issue du 13ᵉ Forum urbain mondial (WUF13), qui s’achève ce vendredi à Bakou sous l’égide d’ONU-Habitat. Cette grande rencontre internationale a servi de plateforme d’échanges sur les défis liés à l’urbanisation, au logement et à l’adaptation climatique dans les villes du monde entier.

Placée sous le thème « Loger le monde : des villes et des communautés sûres et résilientes », cette édition a réuni plusieurs dizaines de milliers de participants issus de gouvernements, collectivités territoriales, institutions financières, organisations internationales et acteurs de la société civile venus de nombreux pays.

 

Forum urbain : Atakpamé au cœur des réflexions sur la résilience urbaine

La délégation togolaise était notamment représentée par Komlan Mensah Kassamada, maire de la commune Ogou 1 à Atakpamé. Au cours des travaux, l’élu local a participé à plusieurs panels techniques portant sur le financement climatique, les politiques de résilience urbaine ainsi que les approches environnementales intégrées dans l’aménagement des territoires.

Les discussions ont également porté sur les solutions fondées sur la nature, considérées aujourd’hui comme des outils stratégiques pour faire face aux effets du changement climatique dans les centres urbains africains.

Des opportunités de financement pour les collectivités locales

En marge des sessions officielles, Komlan Mensah Kassamada a pris part à une rencontre entre investisseurs et décideurs locaux consacrée au rôle des banques multilatérales dans le financement du logement durable.

Pour les autorités communales d’Ogou 1, cette participation pourrait ouvrir la voie à de nouvelles opportunités de coopération internationale et à un meilleur accès aux financements verts destinés aux collectivités territoriales.

À travers cette présence au WUF13, le Togo ambitionne ainsi de renforcer les capacités de ses villes face aux défis climatiques, tout en développant des projets urbains plus inclusifs, durables et résilients au bénéfice des populations locales.

BiasharaAfrika2026 : rencontre entre Coumba D. Sow et Ngone Diop

Lomé, 19 mai 2026 — Sous les ors d’une conférence déjà en pleine effervescence, la capitale togolaise accueille cette semaine plusieurs voix clés de l’intégration économique africaine. Coumba D. Sow a reçu ce mardi avec enthousiasme Mme Ngone Diop, en mission dans la capitale pour participer à la conférence BiasharaAfrika2026. Organisé du 18 au 20 mai par le Secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (AfCFTA), en partenariat avec le gouvernement togolais, le forum mobilise décideurs, experts et opérateurs économiques autour de la mise en œuvre concrète de l’AfCFTA.

 

Un dialogue pragmatique au service de la mise en œuvre

La rencontre entre Mme Sow et Mme Diop s’inscrit dans un agenda pragmatique : renforcer l’appui technique et stratégique de la Commission aux initiatives togolaises visant à tirer parti du marché continental. Coumba D. Sow a salué la présence de la directrice régionale comme un apport crucial pour orienter les réformes et accompagner les acteurs locaux dans la phase opérationnelle du traité commercial continental.

 

Vers une capitalisation des expériences régionales

Au-delà du forum, Mme Diop restera au Togo du 21 au 22 mai afin de lancer la revue de la mise en œuvre de l’AfCFTA et d’animer un échange d’expériences entre les États d’Afrique du Nord et ceux d’Afrique de l’Ouest. Par ailleurs, ces journées techniques visent à identifier les bonnes pratiques, les obstacles réglementaires et les leviers logistiques susceptibles d’accélérer l’intégration régionale — des corridors de transport aux normes sanitaires, en passant par la facilitation des échanges et la compétitivité des PME.

Coumba D. Sow
© Coumba D. Sow

Le Togo, hub d’expérimentation régionale

Pour Lomé, accueillir Biashara Afrika2026 confirme son ambition de jouer un rôle de hub pour l’espace ouest-africain. D’ailleurs, le gouvernement mise sur des réformes ciblées ainsi que sur l’accompagnement international pour adapter ses infrastructures et ses outils réglementaires aux exigences du marché continental.  La coordination entre les partenaires — Commission AfCFTA, ECA, Nations unies, bailleurs et secteur privé — apparaît comme la condition sine qua non pour transformer les engagements en résultats mesurables pour les entreprises togolaises.

 

Des attentes concrètes pour les acteurs locaux

Les opérateurs économiques attendent des retombées tangibles : simplification des procédures douanières, meilleure interconnexion des chaînes logistiques, accès au financement pour l’exportation et renforcement des capacités productives afin de répondre à la demande régionale. Les échanges programmés par Mme Diop incluront également des sessions techniques destinées à outiller les administrations et les PME sur ces enjeux.

 

Un message de coopération et de mise en action

La tonalité de la visite est résolument tournée vers l’action et la coopération. Coumba D. Sow a exprimé sa gratitude envers la Commission pour les orientations fournies, soulignant que le succès de l’AfCFTA dépendra autant de l’alignement politique que de la mise en œuvre opérationnelle à l’échelle locale.

En somme, les prochains jours à  Lomé seront déterminants pour tracer des feuilles de route concrètes pour la libre circulation des bien et des personnes. Entre ambition continentale et réalités nationales, la présence de la directrice régionale de l’ECA rappelle aussi que l’intégration africaine avance aujourd’hui par étapes pragmatiques — et que le Togo entend être au premier plan de cette dynamique.

Kampala : Faure Gnassingbé à l’investiture de Yoweri Museveni

Sous le soleil de Kampala, les sourires officiels et la chaleur des poignées de main cachent à peine la gravité des dossiers africains. Le mardi 12 mai 2026, le président du Conseil  a posé ses valises en Ouganda. Invité d’honneur à la cérémonie d’investiture du président Yoweri Museveni, réélu le 15 janvier dernier, Faure Gnassingbé est venu célébrer un allié, mais surtout accélérer une mission humaine et vitale pour des millions d’Africains : le retour de la paix dans la région des Grands Lacs.

Présidence du Conseil du Togo
© Présidence du Conseil du Togo

Il y avait la ferveur des grands jours, mardi, dans la capitale ougandaise. Une effervescence républicaine rythmée par les chants traditionnels et les parades militaires. Placée sous le thème officiel « Protéger les acquis et franchir un cap qualitatif vers le statut de pays à revenu intermédiaire supérieur », la cérémonie a réuni plusieurs chefs d’État et de gouvernement africains, ainsi que des délégations venues d’Europe, d’Asie et d’Amérique.

Mais au-delà du faste et des discours officiels, c’est une complicité humaine et politique de longue date qui s’est affichée entre Faure Gnassingbé et son homologue ougandais. En transmettant ses vœux de plein succès à Yoweri Museveni pour ce nouveau mandat, le président du Conseil  a scellé un partenariat de confiance. Une fraternité saluée par le président ougandais, qui a vu dans ce déplacement le signe indéfectible de l’excellence des relations économiques et politiques entre Lomé et Kampala.

Présidence du Conseil du Togo
© Présidence du Conseil du Togo

Les Grands Lacs en toile de fond : la diplomatie du dialogue

Derrière les sourires de la tribune d’honneur, les réalités sécuritaires du continent n’ont pas tardé à rattraper les deux hommes. Cette visite à Kampala n’était pas qu’un acte de courtoisie républicaine ; elle portait également le poids d’une urgence humanitaire.

En sa qualité de médiateur de l’Union africaine (UA) pour la crise qui endeuille l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), Faure Gnassingbé sait que chaque minute gagnée sur le terrain de la diplomatie est une vie épargnée. À Kampala, il a profité de cette tribune pour réaffirmer son engagement total à poursuivre, sans relâche, les consultations avec tous les acteurs de la région des Grands Lacs.

Face à ce défi, l’Ouganda reste un verrou stratégique. Connaisseur historique des dynamiques politiques locales, le président Museveni a tenu à rendre un vibrant hommage à la « diplomatie constructive » de Faure Gnassingbé. Une méthode togolaise qui a aussi fait ses preuves, résolument tournée vers le dialogue discret, l’écoute mutuelle et le refus des postures belliqueuses.

Présidence du Conseil du Togo
© Présidence du Conseil du Togo

Une régularité qui en dit long

Dans les couloirs de la présidence ougandaise, on rappelle que les deux chefs d’État se connaissent bien. Leur dernière séance de travail en tête-à-tête ne remonte qu’au 3 février 2026, dans la ville d’Entebbe. Cette proximité et cette régularité des échanges montrent à quel point le Togo s’est imposé comme un facilitateur indispensable et un contributeur actif à la paix sur l’échiquier africain.

Alors que les lampions de la fête se sont éteints à Kampala, la mission, elle, continue. Pour le président du Conseil, le retour à Lomé se fera avec la certitude d’avoir consolidé un pont solide entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique de l’Est, au service d’une cause commune : la stabilité et le développement du continent. Finalement, cette mission diplomatique traduit une nouvelle fois la volonté du Togo de contribuer activement aux efforts africains de consolidation de la paix et de promotion d’une gouvernance concertée.

Togo–Commonwealth : Faure Gnassingbé reçoit Shirley Ayorkor Botchway

Déjà quatre ans se sont écoulés depuis l’adhésion historique du Togo au club d’influence anglophone. Ce matin, Lomé a accueilli la secrétaire générale du Commonwealth, Shirley Ayorkor Botchway, venue exprimer sa gratitude pour le soutien du Togo à sa candidature. Cette visite exploratoire vise désormais à matérialiser les ambitions économiques du pays.

En matière de géopolitique ouest‑africaine, le pragmatisme l’emporte de plus en plus sur les héritages coloniaux. Ce mardi 5 mai 2026, le président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a reçu au palais de la présidence à Lomé la secrétaire générale du Commonwealth, Shirley Ayorkor Botchway. Cette visite de travail, aux allures de prise de contact technique et politique, marque une nouvelle étape dans la stratégie togolaise de diversification de ses alliances.

Pour la diplomate ghanéenne, élue à la tête de l’organisation intergouvernementale, ce déplacement à Lomé revêtait également une dimension de courtoisie républicaine. Mme Ayorkor Botchway a ainsi tenu à exprimer de vive voix sa gratitude au chef de l’État togolais pour l’appui décisif apporté par Lomé lors de sa campagne pour l’élection au Secrétariat général. Au‑delà des remerciements d’usage, le cœur des discussions s’est rapidement concentré sur l’évaluation des gains mutuels de ce partenariat amorcé il y a près de quatre ans.

Présidence du Conseil du Togo
© Présidence du Conseil du Togo

Une diplomatie de la diversification

Le Togo a officiellement adhéré au Commonwealth le 24 juin 2022. Le 20 octobre de la même année, il a symboliquement scellé cette intégration en hissant, pour la première fois, son drapeau à Marlborough House, siège londonien de l’organisation. Pour ce petit État francophone d’Afrique de l’Ouest, cette démarche ne relevait pas d’une rupture avec ses partenaires traditionnels, mais plutôt d’une ambition d’élargissement de ses horizons économiques et commerciaux.

L’accès à ce vaste marché de 2,5 milliards de consommateurs, régi par la Déclaration de Londres de 1949, offre à Lomé une vitrine de choix pour attirer de nouveaux investisseurs étrangers, notamment anglo‑saxons et asiatiques.

« Je suis venue pour explorer les domaines dans lesquels le Commonwealth peut soutenir le travail du président du Conseil ainsi que les institutions de gouvernance du Togo », a précisé Shirley Ayorkor Botchway à l’issue de l’audience, qualifiant sa démarche d’essentiellement « exploratoire ».

Présidence du Conseil du Togo
© Présidence du Conseil du Togo

Gouvernance et investissements en ligne de mire

Si l’organisation est historiquement fondée sur la promotion de valeurs communes — la démocratie, la paix, les droits de l’homme et la bonne gouvernance —, elle s’affirme de plus en plus comme un réseau d’affaires d’une redoutable efficacité. Les autorités togolaises espèrent capitaliser sur cette plateforme pour financer des projets d’infrastructures et moderniser l’appareil étatique.

Mme Ayorkor Botchway s’est félicitée de la « convergence de vues » avec les dirigeants togolais, assurant que l’institution apporterait son soutien « sous toutes les formes » aux réformes en cours dans le pays. Pour le Togo, l’enjeu des prochains mois consistera à transformer ces déclarations d’intention en programmes d’assistance technique et en flux d’investissements directs, consolidant ainsi un choix diplomatique qui bouscule les schémas postcoloniaux traditionnels.

Togo-Kirghizistan : Rencontre entre Robert Dussey et Zheenbek Kulubaev

En marge de la visite du président du Conseil, Faure Gnassingbé, les chefs de la diplomatie des deux pays ont jeté les bases d’un rapprochement entre l’Afrique de l’Ouest et l’Asie centrale.

 

Le ciel azur de Bichkek a servi de décor, mardi 28 avril, à un ballet diplomatique aussi rare qu’ambitieux. Alors que le président du Conseil togolais, Faure Essozimna Gnassingbé, entame une visite d’amitié et de travail en terre kirghize, son ministre des Affaires étrangères, le professeur Robert Dussey, a pris les devants. Dans les salons feutrés du ministère kirghize des Affaires étrangères, ce dernier s’est entretenu de longues heures avec son homologue, Zheenbek Kulubaev.

Cette rencontre marque une étape charnière pour la diplomatie togolaise, qui poursuit sa stratégie de « pivot vers l’Est ». Si les deux nations sont séparées par des milliers de kilomètres et des trajectoires historiques divergentes, elles se découvrent aujourd’hui des convergences d’intérêts surprenantes, portées par une volonté commune de s’affranchir des cercles d’influence traditionnels.

Prof. Robert Dussey
© Prof. Robert Dussey

Un laboratoire de coopération Sud-Sud

Les échanges ont porté sur le renforcement des relations bilatérales. Mais que peuvent partager deux pays si différents ? “Il s’agit de bâtir une coopération qui dépasse la géographie pour s’ancrer dans la complémentarité économique”, explique une source proche de la délégation togolaise. Concrètement, les pistes vont de la logistique portuaire — domaine où Lomé excelle — à l’importation de produits tropicaux comme le café et le cacao destinés au marché centrasiatique.

Le dialogue ne s’est toutefois pas cantonné aux simples échanges de marchandises. Robert Dussey et Zheenbek Kulubaev ont également abordé la coordination au sein des instances multilatérales. Dans un monde de plus en plus multipolaire, le Togo et le Kirghizistan entendent peser davantage en unissant leurs voix sur les questions de sécurité régionale et de développement durable.

Prof. Robert Dussey
© Prof. Robert Dussey

Une diplomatie de l’audace

Cette offensive de charme à Bichkek illustre l’audace de la feuille de route diplomatique du Togo (2025-2031). En s’aventurant dans une Asie centrale en pleine mutation, Lomé cherche non seulement des débouchés commerciaux, mais aussi à consolider son image de médiateur et de pont entre les continents.

Alors que la visite de Faure Gnassingbé se poursuit, ce tête-à-tête ministériel apparaît comme le socle d’une relation qui, si elle se concrétise par des accords formels, pourrait bien faire de Bichkek ou de Lomé des noms familiers sur les rives du lac Issyk-Koul. Entre le golfe de Guinée et les monts Tian Shan, la distance semble, le temps d’un sommet, s’être considérablement réduite.

Diplomatie : Faure Gnassingbé à Bichkek, l’axe Lomé-Asie centrale se dessine

Le président du Conseil  a entamé une visite d’amitié et de travail au Kirghizistan, illustrant la stratégie de diversification des partenariats Sud-Sud du Togo.

 

Le Togo continue d’étendre son empreinte diplomatique bien au-delà de ses zones d’influence traditionnelles. Mardi 28 avril, Faure Essozimna Gnassingbé a atterri à Bichkek, la capitale du Kirghizistan, pour une visite d’amitié et de travail inédite. Accueilli avec les honneurs par le président kirghize, Sadyr Japarov, le chef de l’État togolais marque ainsi une étape symbolique dans sa quête de nouveaux relais de croissance et de coopération en Eurasie.

Faure Essozimna Gnassingbé
© Faure Essozimna Gnassingbé

Cette escale centrasiatique n’est pas fortuite. Pour Lomé, il s’agit de « dynamiser la coopération bilatérale » avec une nation qui, bien que géographiquement éloignée, partage des ambitions similaires en matière de développement économique et de valorisation culturelle. Faure Gnassingbé a d’ailleurs tenu à remercier son homologue pour la chaleur de l’accueil, soulignant une volonté commune de bâtir un partenariat « mutuellement bénéfique ».

« Riches de leurs potentiels culturels et économiques, nos deux pays sont engagés à bâtir un partenariat dans divers secteurs », a déclaré le Président Conseil , ouvrant la voie à des échanges dans les domaines de l’agriculture, des mines ou encore du commerce.

Faure Essozimna Gnassingbé
© Faure Essozimna Gnassingbé

Au-delà des amabilités protocolaires, cette visite s’inscrit dans la doctrine de « diplomatie active » prônée par le gouvernement togolais ces dernières années. En multipliant les points de contact avec des pays comme le Kirghizistan, le Togo cherche à s’affranchir d’une dépendance exclusive vis-à-vis des partenaires occidentaux ou des puissances influentes régionales. Bichkek, de son côté, voit en Lomé une porte d’entrée potentielle vers le marché ouest-africain.

Faure Essozimna Gnassingbé
© Faure Essozimna Gnassingbé

Les discussions devraient se poursuivre sur plusieurs jours, avec pour objectif la signature de protocoles d’accord qui donneront une substance concrète à ce rapprochement entre le golfe de Guinée et les sommets du Tian Shan. Pour l’heure, cette rencontre au sommet confirme que la géopolitique togolaise se joue désormais à l’échelle globale.

À Lomé, les architectes de la relation franco-togolaise accordent leurs violons

             Au lendemain de l’audience présidentielle, le Ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, et son homologue français, Jean-Noël Barrot, ont tenu une séance de travail décisive. Entre héritage historique et nécessités géopolitiques, les deux diplomates s’efforcent de consolider un axe Lomé-Paris en pleine mutation.

Dans les couloirs du ministère des Affaires étrangères à Lomé, l’ambiance est aux « séances fructueuses ». Quelques heures seulement après que le président Faure Essozimna Gnassingbé a reçu Jean-Noël Barrot, c’est au tour de Robert Dussey de prendre le relais. Le chef de la diplomatie togolaise, habitué des médiations complexes, a accueilli son homologue français pour une séance de travail visant à traduire les orientations présidentielles en feuilles de route concrètes.


Robert Dussey
© Robert Dussey

Le poids de l’histoire, l’exigence du présent

En effet, cette rencontre ne se limite pas à un simple exercice de courtoisie diplomatique. Elle s’inscrit dans la profondeur de liens qualifiés d’« historiques et multidimensionnels ». Cependant, dans un contexte régional où l’influence de l’ancienne puissance coloniale est scrutée avec une sévérité accrue, les deux ministres doivent naviguer avec subtilité. L’enjeu est clair : transformer une amitié héritée du passé en un partenariat d’intérêt mutuel, capable de résister aux turbulences actuelles de l’Afrique de l’Ouest.

Les échanges ont couvert un spectre large, mêlant les priorités bilatérales immédiates aux enjeux multilatéraux plus globaux. Au‑delà du partenariat économique et commercial, les discussions ont abordé les crises du Sahel, des Grands Lacs, mais aussi les tensions au Moyen‑Orient et en Iran. De fait, si le Togo demeure un allié traditionnel de la France, il cultive désormais une diplomatie de l’équilibre : dialoguer avec Paris tout en affirmant sa propre lecture des crises africaines et internationales


Robert Dussey
© Robert Dussey

Une convergence d’intérêts stratégiques

Toutefois, au-delà des mots d’usage sur la « volonté commune », la force de ce tête-à-tête réside dans la recherche de solutions partagées. Pour Robert Dussey, il s’agit de garantir le soutien technique et sécuritaire français, tout en offrant à Paris une porte d’entrée crédible et respectée dans la médiation régionale. C’est ainsi que le Togo s’impose comme un trait d’union entre une Europe en quête de nouveaux relais et une Afrique de l’Ouest en quête de stabilité.

Grâce à cette dynamique, la visite de Jean-Noël Barrot semble acter une forme de « normalité retrouvée ». Loin des ruptures brutales observées ailleurs, Lomé et Paris privilégient la méthode du dialogue continu. Dès lors, les deux ministres se sont projetés vers les prochaines étapes de la coopération, avec l’ambition affichée de consolider davantage des relations qui, bien qu’anciennes, restent soumises à des exigences de résultats.


Robert Dussey
© Robert Dussey

Vers un nouveau souffle

En définitive, cette séance de travail marque une étape supplémentaire dans ce que les diplomates qualifient de « réinvention » du lien. Si la France cherche des points d’appui solides, elle trouve en Robert Dussey un interlocuteur rompu aux codes de la diplomatie internationale.

Reste désormais à savoir si cette entente cordiale se traduira par des avancées tangibles sur les terrains de l’économie et de la sécurité. Pour l’heure, à Lomé, le message est limpide : entre la France et le Togo, le dialogue ne s’est pas seulement maintenu, il s’est densifié, dans une volonté commune de renforcer davantage les relations d’amitié et de coopération entre les deux pays.

Togo–France : Jean‑Noël Barrot reçu par Faure Gnassingbé à Lomé

Lomé, 24 avril 2026 — En visite officielle, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a été reçu par Faure Essozimna Gnassingbé. Entre enjeux sécuritaires au Sahel, coopération économique et préparation du sommet de Nairobi, cette escale togolaise traduit une volonté de stabiliser les ancrages français en Afrique de l’Ouest.

Dans les salons feutrés de la présidence, l’heure est à la « redynamisation ». Alors que l’influence française est chahutée dans plusieurs de ses anciens bastions sahéliens, le Togo de Faure Essozimna Gnassingbé fait figure d’interlocuteur privilégié, constant et pivot. Le jeudi 23 avril, la réception du chef de la diplomatie française n’était pas qu’une simple visite de courtoisie ; elle marquait une volonté commune de donner une « impulsion nouvelle » à une relation déjà dense et ancienne.

Présidence du Conseil du Togo
© Présidence du Conseil du Togo

La diplomatie de l’équilibre

Derrière les sourires de circonstance et les remerciements pour l’accueil « chaleureux », les discussions ont porté sur les axes structurants de la coopération bilatérale, notamment le partenariat économique et commercial. Jean-Noël Barrot a insisté sur la diversité et l’ancienneté des relations franco-togolaises, tout en saluant le rôle de médiateur du président togolais, particulièrement actif dans la crise des Grands Lacs et attentif aux évolutions au Sahel.

Par conséquent, Lomé s’affirme une fois de plus comme une plaque tournante diplomatique. Pour Paris, le Togo n’est pas seulement un partenaire économique ; c’est un relais stratégique capable de dialoguer là où d’autres canaux se sont refermés. Les deux hommes ont également évoqué leurs préoccupations face aux tensions au Proche-Orient et en Iran, dont les répercussions économiques — notamment sur l’énergie et le transport — se font sentir jusqu’au golfe de Guinée.

 

Cap sur Nairobi et l’innovation

Cette visite s’inscrit aussi dans un calendrier multilatéral soutenu. À moins de trois semaines du sommet « Africa Forward », prévu les 11 et 12 mai à Nairobi, Jean-Noël Barrot est venu s’assurer de l’implication togolaise. Il a souligné le rôle attendu du Togo dans cette rencontre internationale, centrée sur l’innovation et la croissance, vitrine d’une France désireuse d’investir davantage dans l’entrepreneuriat et la technologie.

En marge des échanges, le ministre français doit également visiter plusieurs sites économiques et sociaux réalisés dans le cadre de la coopération franco-togolaise, afin de constater l’avancement des projets et d’encourager les acteurs locaux. Ces initiatives rappellent que, malgré la concurrence de nouveaux partenaires internationaux, la présence française au Togo reste ancrée dans des réalisations concrètes, portées notamment par l’Agence française de développement (AFD) et le Service de coopération culturelle.

Présidence du Conseil du Togo
© Présidence du Conseil du Togo

Une relation à l’épreuve du temps

Pour Lomé, ce rapprochement s’inscrit dans une stratégie de « diplomatie équilibrée ». Si le partenariat avec la France demeure une priorité, les autorités togolaises affichent également leur volonté de diversifier leurs alliances. Dès lors, le défi pour Paris est de prouver que son offre reste compétitive et respectueuse de la souveraineté togolaise.

En définitive, cette escale de Jean-Noël Barrot confirme que, dans une Afrique de l’Ouest en pleine mutation, le Togo demeure l’un des partenaires les plus stables pour le Quai d’Orsay. Reste à savoir si cette ambition renouvelée par les présidents Emmanuel Macron et Faure Gnassingbé parviendra à transformer les accords de coopération en un moteur de développement suffisamment puissant pour répondre aux attentes d’une jeunesse togolaise de plus en plus exigeante.

Togo–France : Jean-Noël Barrot en visite à Lomé

En déplacement à Lomé les 23 et 24 avril, le ministre français des Affaires étrangères, Jean‑Noël Barrot, effectue une visite brève mais dense, à un moment charnière des relations entre le Togo et la France. Première mission officielle au Togo depuis sa prise de fonction, ce voyage s’inscrit dans le rééquilibrage engagé par Paris avec ses partenaires africains. Entre coopération au développement, enjeux sécuritaires et recompositions géopolitiques régionales, cette séquence diplomatique illustre la redéfinition en cours des partenariats.

 

Entre Lomé et Paris, un dialogue diplomatique à clarifier

Dès son arrivée dans la capitale togolaise, le chef de la diplomatie française a multiplié les échanges avec les acteurs du développement. Il doit notamment rencontrer des organisations de la société civile ainsi que les responsables de l’Agence française de développement (AFD), avec lesquels il abordera les priorités sociales et éducatives. Une manière, pour Paris, de réaffirmer son engagement dans des secteurs jugés structurants.

Cependant, au-delà de ces discussions techniques, la visite revêt une portée plus politique. En effet, Jean-Noël Barrot doit s’entretenir avec son homologue togolais, Robert Dussey, afin d’évaluer l’état des relations bilatérales. Dans un contexte régional marqué par des tensions et des repositionnements, ces échanges devraient permettre de clarifier les orientations futures du partenariat entre Lomé et Paris.

 

Sécurité régionale : le Togo, acteur pivot en Afrique de l’Ouest

Le moment central du séjour reste toutefois l’audience prévue avec Faure Essozimna Gnassingbé. Au menu des discussions : les questions économiques, mais surtout les enjeux sécuritaires qui redessinent les équilibres en Afrique de l’Ouest. À cet égard, le rôle du Togo comme interlocuteur entre ses voisins sahéliens regroupés au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES) et leurs partenaires extérieurs sera particulièrement scruté. Alors que ces pays ont pris leurs distances avec certaines organisations régionales et partenaires historiques, Lomé apparaît de plus en plus comme un canal de dialogue.

 

Crise à l’Est de la RDC et Médias suspendus

Par ailleurs, les discussions devraient s’étendre à la situation dans l’est de la République démocratique du Congo, théâtre de violences persistantes. Désigné médiateur par l’Union africaine, Faure Essozimna Gnassingbé joue un rôle diplomatique croissant dans ce dossier. La France, de son côté, entend peser dans les efforts visant à ramener la stabilité dans une région en proie à des conflits récurrents.

Néanmoins, certains sujets plus sensibles pourraient également s’inviter à la table des discussions. C’est notamment le cas de la suspension des médias RFI et France 24, interrompus au Togo depuis 2025. Si des échanges ont été engagés, leur issue demeure incertaine, révélant des tensions persistantes autour des questions de régulation médiatique et de souveraineté.

 

Entre influences concurrentes, le Togo redessine ses alliances

Enfin, cette visite intervient dans un contexte de recomposition des alliances. Alors que les observateurs questionnent régulièrement l’influence française en Afrique de l’Ouest, le Togo diversifie ses partenariats, notamment en direction de la Russie. Des accords de coopération, y compris dans le domaine sécuritaire, témoignent de cette évolution, tout comme l’intérêt stratégique porté au port en eau profonde de Lomé.

Ainsi, au-delà de son caractère protocolaire, le déplacement de Jean-Noël Barrot illustre les ajustements en cours dans les relations entre la France et le Togo. Entre continuité et inflexions, Lomé s’impose progressivement comme un acteur diplomatique à part entière dans une région en pleine mutation.

SIAM 2026 : le Togo renforce ses partenariats agricoles à Meknès

MEKNÈS, 22 avril 2026 – Alors que le Maroc célèbre la 18ᵉ édition de son Salon International de l’Agriculture (SIAM), le pavillon togolais ne passe pas inaperçu. Du 20 au 26 avril 2026, une délégation de haut rang du ministère de l’Agriculture séjourne dans la cité impériale de Meknès. L’objectif affiché est clair : capter les innovations chérifiennes pour accélérer la transformation structurelle des campagnes togolaises.

Sous l’impulsion de l’ambassade du Togo à Rabat, le stand national, aux couleurs du pays, est devenu le théâtre d’une diplomatie économique active. En effet, loin de se contenter d’une simple présence protocolaire, la délégation conduite par M. Anani Kodjogan Kpadenou, directeur des grands projets agricoles, a multiplié les rencontres de haut niveau dès l’ouverture des portes du salon.

Ambassade du Togo au Maroc
© Ambassade du Togo au Maroc

Le partenariat avec OCP Africa au cœur des échanges

Par ailleurs, l’état‑major du géant mondial des phosphates, le groupe OCP, a accordé une audience stratégique à la délégation togolaise, ouvrant ainsi la voie à une excellente coopération. Autour de Mme Hajar Alafifi, directrice générale d’OCP Africa, mais aussi de Mme Ghita Benazzouz, directrice de la communication, et de Mme Houda Zindine, responsable des affaires publiques Afrique chez OCP Nutricrops, les émissaires togolais — dont Maman Sani Songai, expert en semences, et Sina Kassam, chargé de mission ministériel — ont jeté les bases de nouvelles collaborations.

De fait, les discussions ont porté sur deux piliers essentiels pour le pays :

  • La fertilisation des sols, enjeu majeur pour accroître les rendements des petits producteurs.
  • La transformation agro‑industrielle, passage nécessaire d’une agriculture de subsistance à une économie de valeur ajoutée.

Ambassade du Togo au Maroc
© Ambassade du Togo au Maroc

Vers une souveraineté alimentaire renforcée

Cette offensive à Meknès s’inscrit dans la feuille de route gouvernementale togolaise qui vise à faire de l’agriculture le moteur de la croissance nationale. Par ailleurs, cette mission illustre l’excellence de la coopération bilatérale entre Lomé et Rabat, deux capitales résolument tournées vers une vision partagée du développement Sud‑Sud.

Finalement, pour l’Ambassade du Togo au Maroc, cette participation au SIAM 2026 dépasse le cadre de la simple promotion commerciale. Elle constitue une étape de plus vers la souveraineté alimentaire du pays, en connectant les acteurs publics togolais aux technologies de pointe et aux solutions durables proposées par le leader marocain de la nutrition des sols.

À Meknès, le modèle togolais des « Grands projets agricoles » suscite l’intérêt des investisseurs, confirmant que le pays de Faure Gnassingbé entend désormais jouer les premiers rôles dans l’agrobusiness ouest‑africain.

Togo : Faure Gnassingbé mobilise experts et société civile autour de sa stratégie Sahel

             En marge du sommet consacré à sa nouvelle stratégie pour le Sahel (2026-2028), le président du conseil togolais a reçu, samedi 18 avril, un panel d’experts et de figures de la société civile. Une démarche qui illustre la volonté du Togo de coupler réalisme sécuritaire et dialogue intellectuel.

Lomé continue de cultiver sa singularité sur l’échiquier diplomatique ouest-africain. Alors que les chancelleries régionales peinent parfois à maintenir le contact avec les régimes de l’Alliance des États du Sahel (AES), le président Faure Essozimna Gnassingbé a choisi d’élargir son cercle de réflexion. Samedi 18 avril, le chef de l’État a accordé une série d’audiences à des personnalités de la société civile et des chercheurs, venus apporter leur pierre à l’édifice de la nouvelle stratégie togolaise pour la période 2026-2028.

Présidence du Conseil du Togo
© Présidence du Conseil du Togo

La « capitale de la médiation » sous le regard des experts

Parmi les hôtes du palais présidentiel figuraient des visages connus du débat panafricain, illustrant la diversité des approches conviées par Lomé. Le professeur Franklin Nyamsi, directeur de l’Institut de l’Afrique des Libertés, a notamment salué un « modèle » diplomatique fondé sur la « vérité » et la « solidarité ». Pour cet intellectuel, la lutte contre le terrorisme ne peut faire l’économie d’une introspection sur les responsabilités partagées au sein du continent.

Cette tonalité, qui mêle souverainisme et coopération régionale, fait écho à celle de Bassolma Bazié, figure de proue de la Confédération des États du Sahel (CN-CES). Ce dernier a profité de l’occasion pour réaffirmer la « fraternité » liant le bloc sahélien au Togo, remerciant le président Gnassingbé pour ses « orientations avisées » dans la gestion des crises actuelles.

Présidence du Conseil du Togo
© Présidence du Conseil du Togo

Le temps des chercheurs

Mais au-delà des postures politiques, c’est aussi le temps de la recherche qui s’est invité à la table présidentielle. Le docteur Bakary Sambe, directeur du Timbuktu Institute, a souligné l’importance d’intégrer les analyses académiques aux décisions politiques. « Le Togo nous a offert un cadre de convergence », a-t-il précisé, insistant sur la nécessité d’un dialogue permanent entre les acteurs face à l’instabilité chronique qui frappe l’Afrique de l’Ouest.

En recevant ces acteurs de terrain et ces théoriciens, Faure Gnassingbé cherche à légitimer son action par une approche « par le bas ». Pour le Togo, l’enjeu est de démontrer que sa stratégie pour le Sahel ne se décide pas uniquement dans des bureaux feutrés, mais s’appuie sur une compréhension fine des dynamiques sociales et intellectuelles du moment.

Cette ouverture à la société civile marque une étape clé : elle consacre Lomé non plus seulement comme un médiateur de crises, mais comme un laboratoire d’idées pour une « solution africaine » aux défis sécuritaires qui menacent désormais de s’étendre des sables du Sahel aux côtes du golfe de Guinée.

Stratégie Sahel 2026-2028 : Le plaidoyer de Faure Gnassingbé porte ses fruits

Lomé/Lundi 20 avril 2026 – En recueillant l’aval de la CEDEAO et de l’Union africaine pour sa nouvelle stratégie sahélienne 2026-2028, le président Faure Gnassingbé consolide son rôle de pivot diplomatique dans une région fragmentée.

 

Dans les couloirs feutrés de la présidence à Lomé, l’heure est à la satisfaction diplomatique. Quelques jours après la clôture de la Réunion de haut niveau consacrée à la nouvelle stratégie du Togo pour le Sahel (2026-2028), le pouvoir togolais voit son activisme régional une nouvelle fois adoubé par les grandes instances multilatérales.

Lundi, une délégation de poids, menée par le président de la commission de la CEDEAO, Omar Alieu Touray, et le haut-représentant de l’Union africaine pour le Sahel, Mamadou Tangara, est venue saluer une initiative qui, selon eux, pourrait offrir un nouveau souffle à la coopération transfrontalière.

Présidence du Conseil du Togo
© Présidence du Conseil du Togo

Un « pont » entre blocs rivaux

L’enjeu pour Lomé est de taille : ne pas laisser s’installer un fossé irrémédiable entre les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) — Mali, Burkina Faso et Niger — et leurs voisins côtiers. Alors que les tensions institutionnelles ont souvent prévalu ces derniers mois, le président togolais, Faure Gnassingbé, mise sur une approche pragmatique, privilégiant la stabilité du « bloc ouest-africain » aux querelles de structures.

« Nous considérons nos frères de l’AES comme des membres à part entière de la famille », a martelé Omar Alieu Touray au sortir de l’entretien. Un discours d’ouverture qui tranche avec la fermeté passée de l’organisation régionale et qui valide, de facto, la méthode togolaise : celle de la diplomatie de l’ombre et du dialogue continu.

Présidence du Conseil du Togo
© Présidence du Conseil du Togo

Adapter la réponse aux « réalités émergentes »

Par ailleurs, cette nouvelle feuille de route (2026-2028) succède à une précédente stratégie lancée en 2021. Si les objectifs de sécurité demeurent, le cadre a été profondément remanié pour s’adapter à une géopolitique sahélienne en pleine mutation. Lomé ne se contente plus d’être un voisin solidaire ; il se veut aussi le garant d’une synergie d’actions entre le Sahel et le golfe de Guinée.

L’adhésion conjointe de la CEN-SAD et du Conseil de l’Entente à ce projet témoigne d’une volonté de dépasser les cadres institutionnels classiques pour créer des corridors de stabilité. Pour le Togo, il s’agit également de protéger ses propres frontières septentrionales tout en maintenant son port autonome comme le poumon économique naturel des pays enclavés du Nord.

 

Une reconnaissance internationale

Cette pluie de félicitations — après celles des Nations unies et de l’Union européenne — vient confirmer que la « doctrine de Lomé » séduit au-delà du continent. En réussissant à réunir autour d’une même table des organisations aux agendas parfois divergents, le Togo s’affirme comme l’un des rares acteurs capables de maintenir un lien de confiance avec les régimes de transition du Sahel tout en restant un partenaire privilégié des institutions internationales.

Reste désormais à transformer ces marques de reconnaissance en résultats concrets sur le terrain, là où la menace sécuritaire continue de mettre à l’épreuve la résilience des États.

Émirats arabes unis : Fo-Doh Laba en visite à l’ambassade du Togo

Le 13 avril 2026, l’international togolais Fo-Doh Laba a effectué une visite de courtoisie à l’ambassade de la République togolaise à Abou Dabi. Accueilli par Tchassanti Bassirou Essotakou, chargé d’affaires et chef de mission diplomatique, l’attaquant d’Al-Aïn FC a été reçu en présence de plusieurs membres de la communauté togolaise. Ainsi, cette rencontre illustre le rôle croissant des sportifs comme ambassadeurs informels de leur pays à l’étranger.

Ambassade du Togo à Abu Dhabi
© Ambassade du Togo à Abu Dhabi

Une reconnaissance envers la diplomatie togolaise

Dans ce cadre, au cours des échanges, ponctués par une visite guidée de la chancellerie, Fo-Doh Laba a exprimé sa gratitude envers les autorités togolaises. Il a notamment salué l’ouverture de cette représentation diplomatique, qu’il considère comme un atout majeur pour la diaspora et pour le renforcement des liens entre le Togo et les Émirats arabes unis. En effet, la présence d’une ambassade à Abou Dabi facilite non seulement les démarches consulaires des Togolais installés dans le Golfe, mais elle accroît aussi la visibilité du pays dans une région stratégique sur le plan économique et culturel.

Ambassade du Togo à Abu Dhabi
© Ambassade du Togo à Abu Dhabi

Un geste symbolique fort

Par ailleurs, pour marquer son passage, l’international a offert un maillot dédicacé de son club au chef de mission diplomatique. Au-delà du geste, cette initiative dépasse le protocole : elle incarne la réussite sportive d’un Togolais à l’international et traduit son attachement à son pays d’origine. Ainsi, le maillot, symbole de fierté nationale, devient ici un outil de diplomatie culturelle, rappelant que le sport peut contribuer au rayonnement du Togo bien au-delà des terrains.

 

Sport et diplomatie, un tandem gagnant

Plus largement, cette visite met en lumière l’importance du sport comme vecteur de soft power. À cet égard, à l’instar d’autres figures africaines qui utilisent leur notoriété pour promouvoir leur pays, Fo-Doh Laba démontre que les sportifs peuvent jouer un rôle clé dans le rapprochement entre diaspora, diplomatie et rayonnement national. installé aux Émirats arabes unis, il incarne aujourd’hui l’une des figures du football togolais à l’international, contribuant à renforcer l’image du Togo et à consolider ses relations avec ses partenaires étrangers.

 

Faure Gnassingbé et Patrick Achi renforcent la fraternité ivoiro‑togolaise

                              Le palais de la Présidence à Lomé a vibré mercredi 8 avril 2026 au rythme de la fraternité ivoiro-togolaise. Le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a échangé avec l’Honorable Patrick Achi. Cette rencontre marque une étape clé dans la consolidation des alliances stratégiques en Afrique de l’Ouest.

 

Une présence symbolique à l’Assemblée nationale

L’ancien Premier ministre et actuel Président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, Patrick Achi, se trouve dans le cadre du lancement solennel de la première session ordinaire de l’année du Parlement togolais. Ce déplacement souligne la vitalité des échanges entre les institutions législatives des deux nations.

À l’issue de son audience, l’émissaire ivoirien a exprimé sa gratitude envers le chef de l’État togolais. Il a également saisi cette occasion pour transmettre les amitiés chaleureuses du Président Alassane Ouattara à son homologue.

Par ailleurs, la présence de Patrick Achi au Parlement togolais illustre une nouvelle dynamique institutionnelle : la diplomatie régionale ne passe plus uniquement par les sommets présidentiels, mais aussi par une collaboration directe entre les élus du peuple.

 

Un socle historique pour des défis contemporains

D’ailleurs, cet entretien met en lumière la profondeur des liens qui unissent Lomé et Abidjan. Les deux pays partagent une vision commune au sein des organisations régionales et continentales. Ce tête-à-tête a permis de réaffirmer des engagements mutuels sur plusieurs fronts :

  • L’intégration économique : accélérer les échanges pour une prospérité mieux partagée.
  • La sécurité collective : coordonner les efforts pour freiner l’expansion de l’extrémisme violent et du terrorisme dans la sous-région.
  • La paix sociale : promouvoir l’entente et la libre circulation des peuples au sein de l’espace communautaire.

En effet, ces engagements ne concernent pas seulement les institutions : ils touchent directement les citoyens, qui attendent une libre circulation plus fluide, des opportunités économiques renforcées et une sécurité collective accrue.

 

Une unité d’action face aux menaces

Pour les deux États, l’enjeu consiste à transformer ces relations historiques en un bouclier efficace contre l’instabilité. En s’unissant, le Togo et la Côte d’Ivoire entendent peser davantage dans les décisions stratégiques au niveau de la CEDEAO et de l’Union Africaine. Cette audience prouve que la solidarité entre voisins reste le meilleur rempart face aux crises qui secouent la zone ouest-africaine.

Dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires persistants, cette fraternité politique est un levier stratégique pour l’Afrique de l’Ouest.

 

Vers un leadership parlementaire renforcé ?

La présence de Patrick Achi à l’ouverture de la session parlementaire togolaise montre une dynamique de gouvernance qui passe par la collaboration directe entre les élus du peuple.

Si cette nouvelle dynamique entre Lomé et Abidjan est correctement gérée, elle ouvrira la voie à de nouveaux accords en faveur des citoyens des deux nations.

En définitive, cette audience incarne une fraternité politique qui, au fur et à mesure, se transforme en levier stratégique pour l’Afrique de l’Ouest. Entre Lomé et Abidjan, l’unité d’action devient un socle pour affronter les défis sécuritaires et économiques de la sous-région.

Francophonie : Juliana Lumumba en campagne à Lomé

                          Le palais de la Présidence à Lomé est devenu, mardi 7 avril 2026, le théâtre d’une offensive diplomatique. Le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a reçu une délégation de haut rang venue de Kinshasa. À sa tête, Crispin Mbadu Phanzu, ministre délégué chargé des Affaires étrangères de la République Démocratique du Congo (RDC), porteur d’un message personnel de Félix-Antoine Tshisekedi. L’enjeu est de taille : le contrôle de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

 

Le nom Lumumba au service d’une nouvelle vision

Pour succéder à l’actuelle direction, la RDC mise sur un symbole puissant de l’histoire africaine : Juliana Amato Lumumba. La fille du héros de l’indépendance congolaise n’est pas venue à Lomé en simple visiteuse. Elle porte un projet de rupture pour une institution souvent jugée trop éloignée des réalités du Sud.

Ainsi, face au chef de l’État togolais, la candidate a exposé sa feuille de route pour une Francophonie plus « inclusive ». Pour Kinshasa, il ne s’agit plus seulement de partager une langue, mais de transformer cet espace en un véritable levier de développement et de solidarité politique. Or, en sollicitant le Togo, la RDC mise sur les liens historiques profonds et la diplomatie pragmatique de Lomé pour rallier l’Afrique de l’Ouest à sa cause.

Juliana Lumumba incarne plus qu’une candidature : elle porte l’héritage d’un nom devenu étendard de souveraineté africaine. Son parcours, marqué par l’engagement culturel et la mémoire de son père Patrice Lumumba, confère à sa démarche une dimension symbolique qui dépasse le simple enjeu institutionnel.

Présidence du Conseil
© Présidence du Conseil

Un poste au cœur de l’échiquier mondial

Le fauteuil de Secrétaire général de l’OIF n’est pas qu’une fonction honorifique. Véritable chef d’orchestre de la galaxie francophone, le titulaire pilote l’action politique globale de l’organisation, préside le Conseil permanent (CPF) et représente l’institution auprès des chefs d’État lors des grands sommets.

En effet, élu pour quatre ans, le futur Secrétaire général devra naviguer entre les crises sécuritaires au Sahel et les enjeux climatiques qui touchent le bassin du Congo. Le soutien du Togo, acteur pivot des médiations régionales, pourrait s’avérer décisif lors du prochain vote des chefs d’État et de gouvernement. De ce fait, la position de Lomé est scrutée avec attention par les chancelleries francophones, car elle illustre la capacité du pays à peser dans les équilibres mondiaux.

 

Lomé et Kinshasa : au-delà de la diplomatie de salon

Si la Francophonie a dominé les échanges, l’audience a également permis de poser les jalons d’un renforcement de la coopération bilatérale. Les deux délégations ont exploré des mécanismes concrets pour densifier les relations d’amitié entre Lomé et Kinshasa, notamment sur les plans économique et sécuritaire.

Par ailleurs, cette rencontre souligne une fois de plus le rôle de carrefour diplomatique que le Togo entend jouer sur le continent. En se positionnant comme médiateur et partenaire fiable, Lomé cherche à consolider son image de capitale diplomatique africaine.

Alors que la course à l’OIF s’accélère, une question demeure : le patronyme Lumumba, synonyme de souveraineté et de dignité africaine, suffira-t-il à convaincre l’ensemble des membres de l’espace francophone de confier les clés de la Maison de la Francophonie à la RDC ?

En définitive, la Maison de la Francophonie attend son nouveau gardien : sera-t-elle confiée à l’héritière d’un nom devenu étendard de souveraineté africaine, ou à une autre vision du monde francophone ? Entre héritage et stratégie, l’Afrique francophone joue une partie décisive sur l’échiquier mondial.

 

Togo : 3 nouveaux ambassadeurs à Lomé

La diplomatie togolaise poursuit son mouvement d’ouverture. À Lomé, une nouvelle séquence s’est jouée mercredi lors de la cérémonie officielle de présentation des lettres de créance au président Jean-Lucien Savi de Tové. Trois nouveaux chefs de mission ont été accrédités, parmi lesquels Muhannad M. A. Alhammouri, représentant de l’État de Palestine.

Cette accréditation marque une étape diplomatique notable : l’annonce de l’ouverture prochaine d’une ambassade palestinienne à Lomé. Une initiative qui traduit la volonté de renforcer la présence institutionnelle palestinienne en Afrique de l’Ouest et d’approfondir les relations avec le Togo.

Fort d’une longue carrière dans les relations internationales, notamment en Asie et en Océanie, le diplomate palestinien entend donner un nouvel élan aux échanges politiques et à la coopération bilatérale. Pour Lomé, cette implantation diplomatique constitue également un signal d’ouverture vers de nouveaux partenaires au Moyen-Orient, dans un contexte géopolitique marqué par une recomposition des alliances.

Présidence Togo
© Présidence Togo

Le Danemark mise sur l’économie maritime et la transition verte.

Autre figure de cette séquence diplomatique : Jacob Linulf, nouvel ambassadeur du Danemark au Togo. Économiste de formation, il arrive à Lomé avec une feuille de route clairement orientée vers le développement économique durable.

Dans le viseur du diplomate danois : le potentiel maritime du Togo, notamment autour du Port autonome de Lomé, devenu ces dernières années l’un des hubs logistiques majeurs du Golfe de Guinée. Le Danemark, dont l’expertise est reconnue dans les secteurs portuaire et maritime, pourrait accompagner les ambitions togolaises dans la modernisation de cette plateforme stratégique.

Mais la coopération ne se limitera pas aux infrastructures portuaires. La transition écologique, l’agriculture durable et la formation professionnelle figurent également parmi les priorités. Autant de domaines dans lesquels Copenhague dispose d’un savoir-faire que Lomé souhaite mobiliser pour soutenir sa transformation économique.

Présidence Togo
© Présidence Togo

Le Libéria cherche à renforcer l’axe ouest-africain.

La troisième diplomate à prendre officiellement ses fonctions est Musu Jatu Ruhle, ambassadrice du Libéria.

Diplomate chevronnée, elle arrive avec une ambition claire : consolider la coopération bilatérale entre Lomé et Monrovia. Trois domaines structurent cette dynamique : le commerce, l’investissement économique et la sécurité régionale.

Dans une Afrique de l’Ouest confrontée à des défis sécuritaires croissants, la coopération entre États côtiers apparaît en effet de plus en plus stratégique. Les échanges économiques et la coordination politique pourraient ainsi renforcer la stabilité régionale tout en favorisant les opportunités d’affaires.

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Lomé poursuit sa stratégie d’ouverture diplomatique.

Au-delà des annonces individuelles, cette cérémonie reflète une orientation plus large de la politique extérieure togolaise. En accueillant simultanément des représentants de l’Europe, du Moyen-Orient et de l’Afrique de l’Ouest, Lomé confirme sa volonté de diversifier ses partenariats et d’élargir son réseau d’alliances.

Cette stratégie repose sur un principe simple : multiplier les coopérations sectorielles afin de soutenir les priorités nationales, qu’il s’agisse de développement économique, de sécurité ou de transition environnementale.

En accueillant simultanément des représentants du Danemark, du Libéria et de la Palestine, Lomé confirme sa stratégie d’ouverture et son ambition de se positionner comme un carrefour diplomatique en Afrique de l’Ouest. Au-delà des symboles protocolaires, ces accréditations traduisent une volonté de diversifier les partenariats et d’arrimer la politique étrangère togolaise aux grands enjeux contemporains : transition écologique, sécurité régionale et intégration économique.