Canaries, 3 septembre 2026 — La route migratoire atlantique vient de faire environ 80 nouvelles victimes après l’interception, à 120 kilomètres au sud de la Grande Canarie, d’une pirogue à la dérive depuis près d’un mois. Ainsi, l’écart massif entre le bilan officiel des autorités espagnoles et les registres des organisations humanitaires met en lumière l’échec tragique des politiques européennes d’externalisation des frontières.
Un sauvetage en conditions extrêmes
Le navire espagnol Guardamar Urania a atteint l’embarcation le 2 septembre au soir, secourant 44 hommes subsahariens dans un état de déshydratation critique. Les sauveteurs ont localisé cinq corps à bord de la coque en bois, mais des creux de 2,5 mètres et des vents dépassant les 20 nœuds ont bloqué l’extraction immédiate des dépouilles. Dès l’aube du 3 septembre, la Croix‑Rouge a pris en charge les rescapés au port d’Arguineguín, évacuant d’urgence trois patients par hélicoptère.
La véritable ampleur du bilan humain
L’évaluation des pertes humaines révèle un contraste saisissant entre les données étatiques et la réalité du terrain : l’État espagnol s’en tient à 44 survivants et 5 morts, ne comptabilisant que les individus physiquement présents lors du sauvetage, alors que l’ONG Caminando Fronteras et la plateforme Sur les traces du migrant (SLTM) annoncent au moins 83 morts, incluant trois femmes et un nourrisson ; les rescapés confirment en effet avoir quitté la Gambie le 7 août avec environ 128 passagers à bord et, par conséquent, des dizaines de victimes, terrassées par la faim ou l’hypothermie durant 26 jours de dérive, ont été abandonnées à l’océan bien avant l’arrivée des secours.
L’effondrement de la stratégie de dissuasion
Cette tragédie expose les limites du verrouillage sécuritaire ouest‑africain. L’opération gambienne « Zéro Départs », déployée au début de l’année 2026 pour briser les réseaux de passeurs, ne parvient pas à endiguer un flux migratoire détourné d’une Méditerranée hyper‑surveillée. De plus, en s’inscrivant dans le sillage du naufrage de juillet dernier au large de la Mauritanie (150 morts), ce nouveau drame confirme que les politiques de restriction n’arrêtent pas les départs : elles poussent simplement les migrants vers des routes océaniques où la probabilité de survie devient dérisoire.
Finalement, la route atlantique s’impose désormais comme le miroir tragique des politiques de fermeture : chaque embarcation dérivant vers les Canaries rappelle que l’externalisation des frontières ne sauve pas des vies, elle les condamne à l’océan.
À Maurice, l’affaire est désormais politique avant même d’être judiciaire. Cinq jours après l’arrestation de son époux dans une enquête présumée de trafic de cannabis entre La Réunion et l’île Maurice, Véronique Leu-Govind a quitté, lundi 3 août, ses fonctions de ministre déléguée aux Arts et à la Culture. Elle a également abandonné la présidence des Nouveaux Démocrates.
La décision, prise d’un commun accord avec le Premier ministre Navin Ramgoolam, vise officiellement à éviter que les « perceptions » liées au dossier ne fragilisent le gouvernement et le parti. À ce stade, aucune charge personnelle n’est retenue contre l’ancienne ministre.
Saisie record à La Réunion : une enquête judiciaire qui cible le domicile familial
Le dossier remonte au 26 juillet, lorsque près de 100 kilos de cannabis, évalués à environ 4,4 millions d’euros, ont été saisis à Bras-Panon, à La Réunion. Les investigations ont ensuite conduit les enquêteurs mauriciens à Case-Noyale, au domicile du couple. Une perquisition y a notamment permis de découvrir quatre plants de cannabis et une fiole de méthadone. Les enquêteurs ont également saisi le téléphone de Gulshan Govind et un véhicule enregistré au nom de son épouse. Ils auraient découvert dans ce véhicule des traces de matière végétale suspectée d’être du cannabis.
Arrêté le 31 juillet, Gulshan Govind, 42 ans, reste détenu. Il fait face à quatre accusations provisoires, notamment pour possession de drogue dangereuse, culture de cannabis et complot en vue d’une importation aggravée par le trafic.
La stratégie du gouvernement Ramgoolam pour éviter la crise politique
Véronique Leu-Govind, qui s’est présentée volontairement le 2 août devant la brigade antidrogue, doit être entendue de nouveau le 5 août avec son avocat. En parallèle, les investigations s’élargissent. La Financial Crimes Commission examine un possible volet de blanchiment d’argent concernant Gulshan Govind et sa famille. Une autre enquête porte sur leur patrimoine. La démission de la ministre ne met donc pas fin à l’affaire. Elle en déplace surtout le centre de gravité vers le terrain politique.
L’opposition accentue la pression et réclame sa démission de l’Assemblée nationale
Mardi 4 août, le chef de l’opposition, Joe Lesjongard, a demandé à l’Assemblée nationale que Véronique Leu-Govind renonce également à son mandat de députée de Savanne–Rivière-Noire. Cette nouvelle offensive s’ajoute à un précédent familial datant de 2023. Cette année-là, la justice avait condamné son frère Benjamin Leu à trois ans de prison après son arrestation à La Réunion dans une affaire de stupéfiants.
Face aux interrogations, Navin Ramgoolam promet qu’il n’y aura « jamais de cover-up », quelle que soit l’identité des personnes impliquées. Les autorités mauriciennes ont également demandé l’entraide judiciaire des autorités françaises à La Réunion. Le gouvernement mauricien cherche ainsi à limiter les conséquences politiques du dossier tout en laissant la justice poursuivre ses investigations. Pour l’heure, l’enquête continue et le gouvernement ne prévoit aucun remplacement immédiat au ministère délégué aux Arts et à la Culture.
L’inauguration de l’Obama Presidential Center a réuni quatre anciens présidents sur le South Side de Chicago. Un événement à la fois panthéon civique et fête populaire, couronné par l’hommage bouleversant de Michelle Obama à son mari.
Il aura fallu dix ans de procédures, de batailles judiciaires et de travaux pour que l’Obama Presidential Center prenne forme. Le 18 juin 2026, il a officiellement ouvert ses portes à Jackson Park, sur le South Side de Chicago. Une consécration pour le 44ᵉ président des États-Unis, dont l’héritage est désormais inscrit dans le béton et le basalte de la ville qui l’a vu naître politiquement. Une inauguration célébrée en grande pompe devant un parterre de personnalités réunissant rarement une telle densité d’Histoire.
Quatre anciens présidents américains ont honoré la cérémonie de leur présence : Barack Obama, Joe Biden, Bill Clinton et George W. Bush, accompagnés de leurs épouses respectives. L’ancienne vice-présidente Kamala Harris, aux côtés de son mari Doug Emhoff, ainsi que les filles du couple Obama, Malia et Sasha, figuraient également au premier rang d’une John Lewis Plaza archicomble.
Michelle Obama : les larmes du 44ᵉ président face à un hommage bouleversant
La séquence la plus mémorable de la journée n’est pourtant pas venue d’un chef d’État en exercice ni d’un artiste de renom. C’est en réalité Michelle Obama qui a volé la vedette dès les premières secondes de son allocution. Se tournant vers son mari, assis quelques rangs plus loin, elle l’a interpellé avec une franchise désarmante : « Barack — you got to look at me. » Réponse immédiate de l’intéressé, audible au micro : « No, I’m not. I’m gonna look down. »
Alors que le public éclatait de rire, la suite du discours a rapidement basculé dans l’émotion pure. L’ex-Première dame a rendu un vibrant hommage au président qu’il avait été, saluant la « fibre morale inébranlable » qui l’avait guidé à la Maison-Blanche. Évoquant leur parcours commun, elle a rappelé l’une des premières promesses de leur jeunesse : « Tu ne pouvais pas me donner le monde, mais tu pouvais me promettre une vie intéressante — et tu as fait mieux que l’un et l’autre. »
Tandis que Michelle Obama tissait cet éloge intime, Barack Obama retenait visiblement ses larmes, portant la main à ses yeux avant de baisser à nouveau le regard. En prenant ensuite la parole, il a souri en confessant une légère rancœur affectueuse : « Elle n’a pas voulu me montrer son discours. Elle savait qu’elle allait me mettre dans tous mes états, mais elle l’a fait quand même. »
Cette formule, qui a marqué la soirée, résumait l’essentiel : dans cet espace conçu pour traverser le temps, c’est d’abord une histoire humaine que Chicago a célébrée.
Un campus de 850 millions de dollars ancré dans l’histoire du South Side
Le centre, dont le coût de construction s’élève à 850 millions de dollars, occupe un campus de 19 acres conçu par le cabinet Tod Williams Billie Tsien Architects, en collaboration avec les paysagistes de Michael Van Valkenburgh Associates. Il comprend un musée, une bibliothèque publique, un terrain de basket-ball, des espaces de restauration et de vastes zones vertes accessibles gratuitement. Sur la tour du musée, les mots d’un discours prononcé par Barack Obama à Selma en 2015 — « You Are America » — sont gravés dans la façade, laissant filtrer la lumière à travers le béton.
Par ailleurs, l’ouverture officielle au grand public a lieu ce vendredi 19 juin, jour de Juneteenth, la fête nationale commémorant l’émancipation des derniers esclaves aux États-Unis. Ce choix calendaire s’avère hautement symbolique dans un contexte politique américain marqué par de vifs débats sur les politiques de diversité et d’inclusion.
Stevie Wonder, Bruce Springsteen et John Legend : un final digne d’un gala civique
La cérémonie, retransmise en direct dans le monde entier sur le site de l’Obama Foundation, a également offert un plateau artistique exceptionnel. Bruce Springsteen, Stevie Wonder, Jennifer Hudson, John Legend, Christina Aguilera, Marc Anthony, Bono et The Edge de U2, Common et The Roots, ou encore Eddie Vedder : la liste des interprètes tenait autant du concert de prestige que du gala civique.
La soirée s’est finalement achevée sur un final collectif mémorable autour du titre « Higher Ground » de Stevie Wonder, lorsque l’ensemble des artistes est remonté sur scène. Une ultime résonance à la formule que Michelle Obama avait popularisée lors de la convention démocrate de 2016 : « When they go low, we go high. »
Dernier à prendre la parole, Barack Obama a retrouvé les accents familiers de ses éloquentes adresses. « Hello Chicago. « Sweet home, Chicago », a-t-il lancé, avant d’évoquer son arrivée dans la ville en 1985, à l’âge de vingt-trois ans, au volant d’une vieille voiture achetée à New York. Il a conclu en affirmant que son centre « nous rappelle ce que nous pouvons être ».
Avec sa conclusion, l’ancien président a passé le relais aux premiers visiteurs qui ont commencé à affluer sur le campus ce matin. Une nouvelle page de l’histoire du South Side s’est ouverte, dans la lumière de ce mois de juin.
Dans un monde où la communication est essentielle, la Secrétaire Générale de la Francophonie, Louise Mushikiwabo, a récemment rencontré Movses Abelian, Secrétaire Général adjoint des Nations Unies et Coordonnateur pour le multilinguisme. Cette rencontre a mis en lumière les défis actuels du multilinguisme, exacerbés par une crise de liquidités qui menace son effectivité.
Les discussions ont révélé une préoccupation commune quant à la capacité des organisations internationales à maintenir une communication inclusive et diversifiée. La crise financière actuelle pose un risque significatif à la promotion et à la pratique du multilinguisme, un pilier fondamental pour l’engagement global et la diplomatie.
Face à ces enjeux, le nouveau Cadre stratégique des Nations Unies sur le multilinguisme, porté par une ambition renouvelée, vise à garantir que les langues ne soient pas un frein à l’accès à l’information et à la participation aux débats mondiaux. Ce cadre stratégique perçu comme un vecteur potentiel de changement, promeut l’égalité linguistique au sein des instances internationales.
En outre, la formation des traducteurs et interprètes issus des pays francophones représente un axe majeur. Le renforcement des dispositifs de formation est crucial pour assurer non seulement la représentation linguistique mais aussi pour favoriser l’emploi et l’intégration professionnelle des jeunes dans ces régions.
Cette rencontre entre la Francophonie et les Nations Unies souligne l’importance d’une collaboration continue pour surmonter les obstacles financiers et structurels et pour faire avancer la cause du multilinguisme. C’est un pas de plus vers un avenir où chaque voix, dans toutes les langues, peut être entendue sur la scène mondiale.
Ouagadougou, 22 février 2024 – Le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, a ouvert ce jeudi à Ouagadougou la conférence de lancement des travaux du processus budgétaire 2025, en présence des acteurs du secteur public et privé.
Le ministre Sanou a présenté les grandes orientations de la politique budgétaire du gouvernement qui vise à soutenir la croissance économique, à maîtriser l’inflation et à réduire le déficit budgétaire.
Il a indiqué que le taux de croissance réelle du PIB, estimé à 5,1 % en 2023, devrait atteindre 5,3 % en 2024 et 5,1 % en 2025, grâce aux efforts de relance post-Covid-19 et aux réformes structurelles. M. Alousséni Sanou a aussi ajouté que l’inflation devrait rester en dessous de la norme communautaire de 3 %, conformément aux critères de convergence de l’UEMOA.
Il a également présenté le bilan de l’exécution budgétaire 2023, marquée par une mobilisation satisfaisante des recettes fiscales, atteignant 14,7 % du PIB, et par une maîtrise des dépenses, représentant 24,6 % du PIB. Par ailleurs, le ministre de l’Économie et des Finances, a souligné que le déficit budgétaire s’est établi à 3,7 % du PIB, nettement inférieur à la prévision de 4,9 %.
Pour l’année budgétaire 2024, le ministre Sanou a annoncé que le gouvernement poursuivra ses efforts pour améliorer l’exécution du budget, en intensifiant la mobilisation des ressources intérieures et en optimisant l’efficacité des dépenses publiques. Il a précisé que la politique budgétaire visera un objectif de déficit budgétaire de 3,6 % du PIB en 2025 et s’inscrira dans la dynamique de revenir progressivement au critère de convergence communautaire de 3 % à l’horizon 2026.
Le sherpa brésilien, l’ambassadeur Mauricio Lyrio, a ouvert mercredi à Rio de Janeiro la réunion des ministres des Affaires étrangères du G20, en insistant sur l’importance de ce forum pour analyser la situation internationale et aborder les enjeux géopolitiques.
Lyrio a exprimé sa préoccupation face à la multiplication des conflits, qu’ils soient internes, régionaux ou internationaux, et qui rappellent le niveau de tension de la Guerre froide.
Il a plaidé pour une gouvernance mondiale plus efficace, capable d’éviter les crises humanitaires engendrées par les conflits. Le sherpa brésilien a mis en avant le rôle essentiel de l’ONU dans le maintien de la paix et la nécessité de réformer ses institutions.
Il a également annoncé la tenue d’une deuxième réunion des ministres des Affaires étrangères du G20, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU en septembre. l’ambassadeur Mauricio Lyrio a indiqué que la présidence brésilienne inviterait tous les pays participants à l’assemblée à se joindre au G20 pour élargir le débat. “Nous espérons que d’ici là, ce débat sera plus mature et que nous pourrons progresser de manière décisive sur cette question”, a-t-il déclaré.
L’Allemagne se hisse à la troisième place, mais la victoire est amère. En 2023, le Japon a cédé son titre symbolique de troisième puissance économique mondiale à l’Allemagne, principalement en raison de la chute du yen, selon les données préliminaires du produit intérieur brut (PIB) japonais publiées le jeudi 15 février.
L’Allemagne surpasse le Japon : Un Changement de Rang Symbolique
Boosté par l’inflation, le PIB nominal de l’Allemagne a atteint 4 500 milliards de dollars en 2023, contre 4 200 milliards de dollars pour le Japon. Cependant, en termes réels (ajustés de l’inflation et des variations saisonnières), l’économie japonaise a progressé de 1,9 % l’année dernière, contre seulement 1 % en 2022, tandis que l’économie allemande s’est contractée de 0,3 %, selon les données officielles publiées en janvier.
La situation économique en Allemagne se détériore, ce qui donne à son nouveau titre de troisième puissance économique mondiale, promis depuis octobre dernier par les prévisions du Fonds monétaire international (FMI), l’apparence d’un mirage. D’autant plus que l’Inde pourrait surpasser à la fois le Japon et l’Allemagne dans quelques années.
Le Japon en Déclin : Démographie et Productivité en Question
Au Japon, le déclin démographique et la faible productivité sont des problèmes majeurs. En tant que puissance exportatrice, l’Allemagne souffre de la faible demande extérieure, des coûts énergétiques pour son important secteur manufacturier et des taux d’intérêt relevés par la Banque centrale européenne (BCE) dans le but de vaincre l’inflation.
Au Japon, les médias locaux ont largement commenté la perte de son troisième rang économique mondial, soulignant qu’au-delà de l’impact exceptionnel de la chute du yen, des facteurs fondamentaux négatifs puissants sont à l’œuvre, comme le déclin démographique accéléré de l’archipel et la faiblesse chronique de sa productivité.
Le Japon et l’Allemagne : Des Puissances Exportatrices en Difficulté
Comme l’Allemagne, le Japon est une puissance industrielle et exportatrice, mais ce statut est en déclin depuis longtemps et sa consommation intérieure est actuellement minée par l’inflation et la chute du yen.
Au quatrième trimestre, le PIB japonais s’est de nouveau contracté (- 0,1 % sur un trimestre en données réelles ajustées des variations saisonnières), soit un deuxième repli consécutif après un déclin plus marqué sur la période de juillet à septembre (- 0,8 % selon un chiffre révisé à la baisse jeudi).