À Lomé, dans l’enceinte de l’hôtel La Concorde, experts, universitaires et décideurs publics planchent depuis le 16 mars 2026 sur un chantier stratégique : repenser l’avenir de la recherche et de l’innovation au Togo. Pendant trois jours, cet atelier national se donne la mission de revisiter en profondeur la Politique nationale de la recherche et de l’innovation (PNRI 2021-2030), afin de l’adapter à un monde en mutation rapide.

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Une politique à l’heure des transformations
Derrière les discours d’ouverture, une réalité s’impose : la science évolue à un rythme soutenu, bouleversant les équilibres économiques et sociaux. Dans ce contexte, les autorités togolaises entendent ajuster leur cap.
Le ministre délégué chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Gado Tchangbedji, a souligné l’urgence de cette mise à jour. Selon lui, il ne s’agit plus seulement de disposer d’un cadre stratégique, mais de bâtir un outil capable d’anticiper les mutations scientifiques et technologiques, tout en restant en phase avec les priorités nationales.

Entre vision nationale et engagements internationaux
L’exercice ne se limite pas à une réflexion interne. Il s’inscrit également dans un réseau d’engagements régionaux et internationaux. Ainsi, le Représentant l’UNESCO à Lomé, Maxime Adjanohoun a rappelé que la science constitue un levier central pour atteindre les objectifs de développement durable fixés à l’horizon 2030.
Dans cette perspective, la révision de la PNRI apparaît comme un exercice d’équilibre : il s’agit d’aligner les ambitions nationales avec les standards internationaux, sans perdre de vue les réalités locales.
Une mobilisation de la communauté scientifique
Dans la salle, les échanges s’annoncent techniques, parfois contradictoires, mais nécessaires. Les participants sont appelés à revisiter les grandes orientations, à questionner les mécanismes d’action et à affiner les outils de suivi-évaluation.
Le ministre de l’Éducation nationale, Mama Omorou, a invité les acteurs présents à faire preuve de créativité et de rigueur. L’objectif : produire un document à la fois ambitieux et applicable, capable de transformer les idées en résultats concrets.

Une attente forte : passer de la stratégie à l’action
Au-delà des travaux techniques, une interrogation persiste : comment traduire ces orientations en impacts réels pour les populations ? Car, au Togo comme ailleurs, la question de l’efficacité des politiques publiques en matière de recherche reste posée.
Le gouvernement, sous l’impulsion de Faure Essozimna Gnassingbé, affirme vouloir accompagner la mise en œuvre des conclusions de cet atelier. Reste à savoir si les moyens suivront les ambitions.
Trois jours pour dessiner une trajectoire
Jusqu’à la clôture des travaux, les participants alterneront entre séances plénières et travaux en commission. À la clé, une version révisée de la PNRI, censée refléter un consensus et poser les bases d’un système scientifique plus performant et inclusif.
À Lomé, cette rencontre pose une question essentielle : quelle place pour la science dans le projet de développement du Togo ? Une question dont les réponses, en cours d’élaboration, pourraient bien façonner les années à venir.




