Après l’étape septentrionale de Kara, la ville de Kpalimé accueille la seconde vague du programme national de professionnalisation des finances locales. Pendant cinq jours, cent ordonnateurs et receveurs municipaux des régions méridionales s’initient aux exigences d’un budget « sincère et soutenable ».
Le Togo accélère la cadence de sa réforme de la décentralisation financière. En effet, depuis le lundi 22 juin, la ville de Kpalimé est devenue le centre névralgique de la gouvernance locale togolaise. Cent acteurs clés de l’exécution budgétaire — issus des régions des Plateaux, Maritime et du Grand Lomé — y participent à un séminaire intensif de cinq jours. Par ailleurs, L’enjeu est de transformer la gestion des communes pour en faire de véritables moteurs de développement.
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Cette session fait suite à une première phase organisée à Kara pour les régions des Savanes, de la Kara et de la Centrale. Elle traduit également la volonté du gouvernement, sous l’impulsion du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, d’imposer une discipline financière rigoureuse aux collectivités locales, souvent confrontées au défi de l’optimisation de leurs ressources publiques.
Lors de la cérémonie d’ouverture, coprésidée par le préfet de Kloto, Assan Koku Bertin — représentant le gouverneur de la région des Plateaux, le général Dadja Maganawè —, et Apollinaire Elanyo Emegnimo, directeur adjoint du Trésor et de la comptabilité publique, le ton a été donné d’emblée.
En effet, dans un message délivré au nom du ministre de l’Économie et des Finances, Essowè Georges Barcola, l’accent a été mis sur le changement de paradigme nécessaire au niveau des municipalités :
« La collectivité territoriale constitue l’échelon privilégié d’identification des besoins des populations. Mais cette responsabilité accrue implique des exigences élevées en matière de compétence, de rigueur, de transparence et de redevabilité. »
Ainsi, la performance des élus locaux ne se mesurera plus aux promesses, mais à des indicateurs précis de gestion : le taux de recouvrement des recettes, l’efficience des dépenses, la gestion active de la trésorerie ainsi que le respect strict des délais de reddition des comptes.
Fluidifier les relations entre ordonnateurs et receveurs
L’un des principaux points d’achoppement de la finance locale réside fréquemment dans la dualité — parfois conflictuelle — entre l’ordonnateur, le maire qui décide de la dépense, et le receveur, le comptable public chargé de son exécution. D’ailleurs, l’atelier de Kpalimé vise précisément à clarifier les rôles de chacun afin d’instaurer un contrôle interne efficace et de prévenir les risques d’irrégularités de gestion.
D’ici au 26 juin prochain, les formateurs s’attèleront à transmettre des outils pratiques pour atteindre quatre résultats majeurs :
Sincérité budgétaire : concevoir des budgets réalistes, débarrassés des recettes fictives et alignés sur les priorités locales ;
Maîtrise des procédures : sécuriser la chaîne de la dépense, depuis l’engagement initial jusqu’au paiement final ;
Contrôle des risques : mettre en place des verrous internes pour tarir les pertes de ressources ;
Crédibilité financière : renforcer la confiance des partenaires techniques et financiers envers les municipalités.
À l’heure où le Togo cherche à consolider l’ancrage de sa décentralisation, cette mise à niveau technique rappelle aussi une évidence souvent sous-estimée : la décentralisation politique reste stérile sans une autonomie financière solidement encadrée par la rigueur de l’État central.