Visé par plusieurs poursuites judiciaires dans son pays et déclaré fugitif depuis 2025, l’ancien ministre ghanéen des Finances, Ken Ofori-Atta, a obtenu la résidence permanente aux États-Unis. Une décision rendue par la justice américaine de l’immigration qui intervient alors que les procédures engagées contre lui au Ghana demeurent en cours.
L’affaire Ken Ofori-Atta prend une nouvelle dimension internationale. L’ancien ministre des Finances du Ghana, poursuivi dans son pays pour des faits présumés de corruption, a obtenu la résidence permanente aux États-Unis, selon les déclarations de son avocat. Une décision qui, bien qu’elle lui ouvre la voie à une installation durable sur le territoire américain, ne met pas un terme aux poursuites judiciaires engagées contre lui à Accra.
Arrivé aux États-Unis pour des raisons médicales, l’ex-grand argentier du gouvernement de l’ancien président Nana Akufo-Addo a vu sa demande de carte verte approuvée par la justice américaine de l’immigration. D’après son conseil, le tribunal a estimé que les accusations portées contre son client par les autorités ghanéennes n’étaient pas crédibles.
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« Le tribunal estime que les accusations pénales portées contre lui au Ghana ne sont pas crédibles », a affirmé son avocat dans un communiqué.
Déclaré fugitif au Ghana puis inculpé pour corruption et mauvaise gestion
La situation judiciaire de Ken Ofori-Atta s’est considérablement détériorée depuis le début de l’année 2025. En février, les autorités ghanéennes l’avaient officiellement déclaré fugitif avant de l’inculper quelques mois plus tard, en novembre, pour des faits présumés de corruption et de gestion déficiente des fonds publics.
Les investigations menées par les autorités concernent plusieurs dossiers, dont le plus emblématique reste celui du projet de cathédrale nationale initié sous la présidence de Nana Akufo-Addo.
Le projet controversé de cathédrale nationale au cœur des accusations à Accra
À son lancement, les promoteurs du projet avaient présenté la future cathédrale nationale comme une œuvre devant être financée essentiellement par des contributions privées. Toutefois, au fil des années, ce chantier s’est imposé comme l’un des projets les plus controversés du mandat de Nana Akufo-Addo.
Selon les enquêteurs, les autorités ont finalement mobilisé près de 58 millions de dollars issus des finances publiques pour soutenir la construction. Cette utilisation des ressources de l’État suscite depuis plusieurs années de vives critiques au sein de l’opinion publique et alimente les accusations visant plusieurs responsables de l’ancienne administration.
Les autorités judiciaires ghanéennes cherchent notamment à déterminer les responsabilités dans les décisions qui ont conduit au financement du projet sur fonds publics, alors que ses promoteurs l’avaient initialement présenté comme devant reposer sur des apports privés.
Une décision de la justice américaine sans effet sur les procédures ghanéennes
L’obtention de la résidence permanente aux États-Unis constitue certes un tournant dans la situation personnelle de Ken Ofori-Atta, mais elle ne signifie pas pour autant la fin de ses ennuis judiciaires.
Les procédures ouvertes au Ghana restent en vigueur et les autorités du pays continuent d’examiner les différents chefs d’accusation retenus contre l’ancien ministre. Les développements de cette affaire pourraient ainsi raviver les débats sur la gouvernance économique et la lutte contre la corruption, dans un contexte où les nouvelles autorités ghanéennes ont fait de la transparence dans la gestion des finances publiques une priorité.
Un dossier politico-judiciaire aux fortes implications diplomatiques
Au-delà du cas de Ken Ofori-Atta, cette affaire met également en lumière les controverses qui continuent d’entourer certains vastes projets lancés sous l’administration de Nana Akufo-Addo. Elle intervient dans un contexte où les questions de reddition des comptes et de lutte contre l’impunité occupent une place croissante dans le débat public au Ghana.
Alors que l’ancien ministre bénéficie désormais d’un statut de résident permanent aux États-Unis, l’issue des procédures judiciaires engagées à son encontre demeure incertaine. Une situation qui pourrait alimenter, dans les mois à venir, de nouvelles tensions entre considérations judiciaires, enjeux diplomatiques et débats politiques dans l’une des principales démocraties d’Afrique de l’Ouest.




