Le syndicat des agents du Port autonome de Lomé a déposé un préavis de grève de trois jours, du 25 au 27 juin 2026, pour protester contre la non-satisfaction de plusieurs revendications sociales et professionnelles. Ce mouvement intervient après plusieurs assemblées générales tenues depuis octobre 2025, sans avancées jugées suffisantes par les travailleurs.
Un nouveau bras de fer social
Au Port autonome de Lomé, la tension sociale reste vive. Les agents dénoncent depuis plusieurs mois des conditions de travail qu’ils jugent difficiles, avec des salaires estimés insuffisants, une prise en charge limitée en cas d’accident, ainsi qu’un manque d’équipements de sécurité sur certains sites. Malgré des alertes répétées, le syndicat estime que les discussions avec la direction n’ont pas permis d’obtenir des réponses concrètes.
Cette situation touche un secteur stratégique. Le port emploie plus de 3 000 dockers et autres agents, dont le rôle demeure central dans l’activité économique du Togo. Pour les grévistes, l’enjeu dépasse donc les revendications internes : il s’agit aussi de défendre le bon fonctionnement d’un outil économique majeur.
Les revendications sur la table
Dans sa déclaration, le syndicat réclame notamment l’établissement d’un statut unique pour l’ensemble du personnel, le respect des pauses journalières et du repos hebdomadaire, ainsi que l’octroi d’un congé annuel et de sa prime. Il demande aussi l’application de l’accord collectif d’établissement aux pointeurs assimilés aux dockers.
Les agents exigent également le paiement des heures supplémentaires conformément à la réglementation, l’immatriculation de tous les dockers occasionnels à la Caisse nationale de sécurité sociale, ainsi que l’octroi d’une prime de salissure et d’une prime de manutention. Le syndicat souhaite enfin que la date de recrutement soit prise en compte tout au long du parcours professionnel au port et que les classifications ainsi que les avantages correspondants figurent clairement sur les bulletins de paie.
Un appel à la mobilisation
Le syndicat appelle tous les agents du Port autonome de Lomé à cesser le travail pendant les trois jours annoncés et à ne pas se présenter sur leur lieu de service. Il rappelle toutefois que le droit de grève reste individuel et que chaque salarié conserve la liberté d’y participer ou non.
Cette grève annoncée place une nouvelle fois la direction du port face à ses responsabilités. Dans une entreprise stratégique déjà fragilisée par une dette importante, le règlement de ce conflit social apparaît désormais comme une question de stabilité autant que de gouvernance.
Mpoti (commune de Blitta 3), 8 juin 2026 – La filière cacaoyère togolaise a connu une avancée majeure dans sa quête de qualité et de valeur ajoutée. Un centre de traitement post-récolte du cacao a été officiellement inauguré à Mpoti, dans la commune de Blitta 3. Ce projet ambitieux marque une étape décisive dans l’amélioration de la qualité de la production locale et ouvre de nouvelles perspectives économiques pour les producteurs de la région.
La cérémonie a réuni une importante délégation française composée d’élus du département des Yvelines et d’artisans chocolatiers de renom. Mme Aubert, vice-présidente du Conseil départemental des Yvelines, a conduit la délégation.
Un investissement stratégique au service de la qualité
Financé à hauteur de 200 000 euros, ce centre moderne a vu le jour grâce au projet « Clé en main », avec le cofinancement du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE).
Ce centre de traitement post-récolte vise à standardiser et à optimiser les opérations de fermentation et de séchage des fèves de cacao, deux étapes essentielles dans la chaîne de production. Grâce à cette maîtrise locale du traitement post-récolte, les producteurs de Blitta 3 pourront désormais améliorer la qualité de leurs fèves, accroître la valeur ajoutée de leur production et mieux répondre aux exigences du marché international, notamment celui de la chocolaterie fine.
Par ailleurs, afin de célébrer la mise en service de cette infrastructure structurante, la Résidence de France a donné un cocktail dînatoire en présence des différents partenaires du projet. Cette réception a notamment mis à l’honneur la coopération qui lie le département français des Yvelines et l’Association intercommunale de Blitta (AIB).
Plus qu’une simple inauguration technique, ce projet insuffle un nouvel élan à la coopération décentralisée franco-togolaise. En effet, il rapproche les collectivités territoriales et les artisans chocolatiers français des réalités des producteurs de Mpoti. Ainsi, cette initiative jette les bases d’une filière plus compétitive et favorise l’émergence d’un commerce du cacao plus équitable, plus durable et mutuellement bénéfique pour les différents acteurs impliqués.
C’est ce lundi, à Gapé, dans la préfecture de Zio, que sera inhumée Bétevi Akou Noellie. Cette élève du lycée de Zomayi, à Kpalimé, s’est tragiquement donné la mort par pendaison, suite à son échec lors de la proclamation des résultats du BAC 1, un drame scolaire qui suscite une vive émotion dans la communauté éducative.
Choc dans un établissement à Kpalimé
Au lycée de Zomayi, la terrible nouvelle a plongé les enseignants et les élèves dans la stupeur. Selon les premiers éléments, l’annonce de son ajournement à l’examen du BAC 1 a profondément affecté la jeune Bétevi Akou Noellie, qui a commis l’irréparable quelques heures seulement après la proclamation des résultats.
Face à cette tragédie, la communauté scolaire et les autorités locales se retrouvent confrontées à une triple urgence : soutenir la famille dans cette épreuve, tenter de comprendre les mécanismes d’un tel geste et, surtout, mettre en place une cellule d’écoute pour accompagner les autres élèves face à cette détresse psychologique.
Santé mentale des jeunes : aucun examen ne vaut une vie.
Au-delà de l’émotion légitime soulevée par cette tragédie, ce décès met en lumière la vulnérabilité psychologique des adolescents face au verdict des examens scolaires. Dans de nombreux contextes, le BAC 1 est perçu non pas comme une simple étape d’évaluation, mais comme un couperet social porteur d’une immense pression familiale. Lorsqu’un élève manifeste des signes de fragilité, l’annonce d’un ajournement peut alors agir comme un déclencheur, transformant la déception en un sentiment de désespoir absolu.
Face à ce constat, la responsabilité est collective. Les établissements scolaires, les parents et les encadrants doivent impérativement réinventer l’accompagnement post-résultats. En plus de la simple proclamation des notes, il est urgent d’instaurer une culture de la seconde chance et de dédramatiser l’échec. Une écoute active, un dialogue sans jugement et une présence renforcée dans les heures qui suivent les délibérations sont des remparts indispensables pour rappeler à ces jeunes qu’aucun examen ne vaut le sacrifice d’une vie.
Parents et enseignants : face aux résultats, la vigilance s’impose
Dans cette optique, la vigilance doit redoubler bien avant, mais surtout immédiatement après les épreuves. Les parents sont en première ligne pour décoder les signaux d’alerte : un isolement soudain, des propos de découragement ou un stress anormalement intense. Côté académique, l’intégration de cellules d’écoute systématiques au sein des établissements devient une nécessité absolue pour amortir le choc des résultats négatifs.
Repères : comment accompagner un enfant après les examens ?
Libérer la parole : maintenir un dialogue ouvert et sans jugement, peu importe le verdict de l’examen.
Valider ses émotions : ne jamais minimiser la tristesse ou la honte liées à un échec scolaire ; pour un adolescent, ces sentiments sont réels et massifs.
Guetter les signaux faibles : surveiller de près tout changement de comportement, repli sur soi ou mutisme dans les jours qui suivent.
Passer le relais : en cas de doute, orienter rapidement le jeune vers un professionnel de santé ou un adulte de confiance hors du cadre familial.
Changer de perspective : lui rappeler avec force qu’un ajournement n’est qu’une étape de son parcours, et en aucun cas une fin en soi.
Une tragédie qui doit alerter
Alors que la communauté de Kpalimé accompagne Bétevi Akou Noellie dans sa dernière demeure ce lundi, ce drame tragique à doit impérativement servir de déclic. Passé le temps des larmes et du recueillement, l’urgence de cette session 2026 ne sera plus seulement statistique, mais humaine : celle de bâtir un système scolaire qui instruit les élèves sans jamais les sacrifier.
La Coupe du monde 2026 ne sera pas diffusée par Canal+ dans les pays francophones d’Afrique subsaharienne. La FIFA a en effet confié l’exclusivité des droits de télévision payante au groupe togolais New World TV. Cet accord historique couvre 19 territoires, parmi lesquels la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Sénégal, le Cameroun et le Togo.
Cette attribution marque un tournant stratégique majeur.En plus de verrouiller l’accès exclusif aux rencontres payantes sur ces marchés francophones, New World TV pilotera également la sous-licence d’une partie des matchs en clair (gratuits) à travers 43 territoires subsahariens.
Avec l’introduction d’un format inédit à 48 sélections, cette édition 2026 s’apprête à marquer l’histoire du football mondial. En s’adjugeant l’intégralité des 104 matchs de la compétition, le groupe de Lomé confirme de manière éclatante son poids croissant et bouscule définitivement la hiérarchie des droits sportifs sur le continent.
Canal+ conserve d’autres marchés.
Pour Canal+, cette perte de droits représente un sérieux revers commercial. Le groupe français s’appuyait traditionnellement sur ces grands rendez-vous internationaux pour doper ses recrutements et fidéliser son parc d’abonnés en Afrique. Toutefois, l’acquisition de compétitions telles que la Coupe du monde, l’Euro ou la Ligue Europa est devenue un arbitrage financier complexe, face à des coûts de diffusion de plus en plus difficiles à rentabiliser.
La donne diffère cependant selon les aires géographiques du continent. Si le public francophone lui échappe, le groupe conserve une forte présence dans les zones anglophones et lusophones. En Afrique du Sud et en Afrique subsaharienne anglophone, le géant MultiChoice (dont Canal+ est l’actionnaire de référence) a d’ailleurs confirmé que sa filiale SuperSport diffuserait l’intégralité du Mondial 2026 via un dispositif d’envergure. Évincé de sa chasse gardée francophone par New World TV, Canal+ sauve ainsi les meubles sur le reste du marché subsaharien grâce à ses alliances stratégiques.
Un marché des droits en recomposition
L’attribution de ce contrat exclusif à New World TV illustre la montée en puissance de nouveaux acteurs africains dans le business des droits sportifs. Le groupe de Lomé s’impose désormais comme un concurrent redoutable pour les diffuseurs historiques, contraints de composer avec l’inflation continue des coûts d’acquisition.
À moyen terme, cette nouvelle donne pourrait profondément modifier l’accès du public francophone africain aux grands événements du football international. Elle confirme surtout que la guerre des droits télévisés se joue désormais autant sur le terrain de la puissance financière que sur celui de l’innovation dans les stratégies de distribution.
Droits TV : le sport reste le nerf de la guerre en Afrique francophone
Pour les abonnés d’Afrique francophone, ce basculement redessine complètement l’accès au Mondial 2026. La manière dont les matchs seront proposés dépendra désormais des accords de sous-licence que New World TV conclura, pays par pays, avec les chaînes locales. Pour Canal+, la perte de ce produit d’appel majeur porte un coup dur à sa stratégie de fidélisation, à une époque où le sport reste le nerf de la guerre des bouquets payants.
En plaçant le groupe togolais au centre du jeu pour la plus prestigieuse des compétitions, la FIFA entérine un bouleversement historique sur le marché des droits TV en Afrique. Coorganisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique, cette Coupe du monde 2026 servira ainsi de test grandeur nature pour ce nouveau rapport de force télévisuel sur le continent.
PHILIPPINES, 8 juin 2026 – Un violent tremblement de terre de magnitude 7,8 a secoué tôt ce lundi matin l’île de Mindanao, dans le sud des Philippines, provoquant l’effondrement de nombreux bâtiments et faisant au moins 15 morts, selon le bilan le plus récent.
Des secousses à 7h37, heure locale
Tôt ce lundi matin, un violent tremblement de terre de magnitude 7,8 a secoué l’île de Mindanao, dans le sud de l’archipel. Selon l’Institut géologique américain (USGS), le séisme s’est produit à 7 h 37 près des côtes, à quelque 24 kilomètres au large de la province de Sarangani, à une profondeur réévaluée à 55 kilomètres. Plus d’une dizaine de répliques ont suivi, dont une de magnitude 6,1 survenue en mer. La secousse principale a provoqué l’effondrement de plusieurs bâtiments, dont un immeuble commercial à General Santos City, et fait au moins trois morts selon les premiers bilans, un chiffre qui a depuis été revu à la hausse.
Quinze morts confirmés, dont des enfants
À mesure que les secours progressent dans les décombres, l’ampleur de la tragédie se précise. L’Agence nationale de gestion des catastrophes des Philippines a revu son bilan à la hausse, déplorant désormais au moins 15 morts. Le drame frappe principalement la région de Soccsksargen, où l’on dénombre 12 victimes, ainsi que la province de Davao occidental, qui compte trois décès.
La catastrophe prend une tournure d’autant plus dramatique qu’elle est survenue lors d’une journée particulièrement symbolique : celle de la rentrée scolaire nationale. Ce moment de retrouvailles s’est instantanément transformé en cauchemar, comme en témoignent d’effroyables vidéos circulant sur les réseaux sociaux.
Les images montrent une foule d’écoliers, rassemblés à la hâte dans la cour d’un établissement de Davao, hurlant de terreur et d’impuissance en regardant les murs de leurs salles de classe s’effondrer sous l’effet des secousses.
Effondrements de bâtiments et immeuble commercial à General Santos City
Le bilan humain et matériel s’alourdit à mesure que les témoignages du terrain parviennent aux autorités. À Alabel, une commune limitrophe de General Santos City, la violence de la secousse a été fatale. Le porte-parole de la police de Sarangani, Roland Catoburan, a confirmé que deux personnes avaient péri, écrasées par l’effondrement d’un mur.
Ce traumatisme se répercute de plein fouet dans les centres urbains de la région. Robert Dagon, responsable de la police de General Santos, la grande métropole de Mindanao, fait état également d’un mort et de quatre blessés, tout en redoutant des dégâts structurels majeurs : « Un certain nombre de bâtiments se sont effondrés. Des maisons se sont également écroulées. »
Cette vulnérabilité des infrastructures a été immédiatement illustrée par des images saisissantes : une vidéo amateur montre le moment précis où un immeuble de plusieurs étages, abritant un fast-food en plein cœur de General Santos, s’affaisse totalement dans un nuage de poussière.
Alerte tsunami dans tout le Pacifique
L’angoisse ne se limite pas aux destructions terrestres : la puissance de la secousse a immédiatement déclenché une alerte majeure à l’échelle régionale. Depuis Hawaï, le Centre d’alerte aux tsunamis du Pacifique (PTWC) a émis une mise en garde, anticipant la formation de vagues potentiellement dévastatrices de 1 à 3 mètres le long du littoral philippin.
La menace s’étend bien au-delà de l’archipel. Le centre prévoit également une houle sismique de 0,3 à 1 mètre sur les côtes de l’Indonésie et de la Malaisie. Face à l’imminence du danger, une véritable course contre la montre s’est engagée. Appliquant le principe de précaution, les autorités des trois pays ont ordonné des évacuations massives, exhortant les habitants des zones côtières à tout abandonner pour se mettre immédiatement en sécurité sur les hauteurs.
Évacuations massives et suspension des cours
Le président philippin Ferdinand Marcos Jr. a suspendu les cours dans les zones affectées de Mindanao et lancé un appel urgent : « Mettez-vous à l’abri sur un terrain plus élevé dès maintenant. N’attendez pas. Votre vie est plus importante que tout ce que vous laissez derrière vous. »
À Kiamba, ville côtière proche de l’épicentre, environ 50 000 habitants se sont réfugiés loin du littoral. « 80 % de la population est montée vers les hauteurs à l’heure actuelle, », a rapporté Agripino Dacera, responsable régional de la gestion des catastrophes.
L’aéroport de General Santos a été fermé jusqu’à nouvel ordre, selon les autorités.
En Indonésie voisine, l’Agence de gestion des catastrophes a diffusé un ordre d’évacuation dans plusieurs zones des Célèbes, dans le nord de l’archipel, en raison du risque de tsunami.
L’Agence météorologique japonaise (JMA) a aussi émis un avis de tsunami le long de la façade pacifique du pays, des îles méridionales d’Okinawa jusqu’à l’est de Tokyo.
Les Philippines dans la « ceinture de feu du Pacifique »
Situées sur la redoutable « ceinture de feu du Pacifique », une zone d’activité sismique particulièrement intense, les Philippines paient régulièrement un lourd tribut aux colères de la Terre. En octobre 2025, un puissant séisme avait déjà frappé le centre de l’archipel, faisant 76 morts.
Alors que le souvenir de ce récent drame plane encore sur les esprits, les secours se lancent désormais dans une course effrénée contre la montre au milieu des décombres de Mindanao. L’archipel retient son souffle, suspendu aux rapports des secouristes, tandis que la menace de nouvelles répliques fait peser une hantise permanente : celle de voir ce bilan déjà tragique s’alourdir d’heure en heure.
Lomé, 5 juin 2026 – Ce vendredi, Mme Elise Kakam, Représentante Résidente de l’UNFPA Togo, a reçu dans ses locaux M. Affoh Atcha-Dédji, Gouverneur de la Région des Savanes, et Mme Deweh Emily Gray, Représentante Résidente de la CEDEAO au Togo. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre des partenariats existants entre la Région des Savanes et l’UNFPA, d’une part, et entre la CEDEAO et l’UNFPA, d’autre part, sur les questions de développement et de consolidation de la paix.
Un engagement commun pour les populations vulnérables
Lors des échanges, les trois personnalités ont réaffirmé leur volonté de coordonner leurs actions pour répondre aux défis socio-économiques et humanitaires au Togo. En particulier, une attention a été portée sur le bien-être des femmes, des jeunes et des communautés les plus vulnérables, en ligne avec les priorités de l’UNFPA en matière de santé sexuelle et reproductive, de protection des droits et de renforcement des capacités locales.
Par ailleurs, cette rencontre s’ajoute aux initiatives conjointes déjà en cours entre :
– L’UNFPA et la Région des Savanes : pour des programmes ciblant les femmes et les jeunes, notamment en matière de santé, d’éducation et d’autonomisation économique.
– L’UNFPA et la CEDEAO : pour des projets régionaux visant à stabiliser les zones fragiles et à promouvoir la cohésion sociale.
En somme, cette visite illustre la volonté des institutions partenaires de consolider leurs synergies au service des populations vulnérables. Elle confirme également que la coopération entre l’UNFPA, la CEDEAO et la Région des Savanes s’inscrit dans une perspective durable, avec pour objectif de bâtir des réponses collectives aux défis du développement et de la paix au Togo.
La 35ᵉ assemblée annuelle de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) s’est ouverte le 5 juin 2026 à Riga, en Lettonie. Jusqu’au 7 juin, ce sommet international réunit dirigeants politiques, grands investisseurs et experts financiers mondiaux autour d’un défi majeur : l’innovation des marchés de capitaux face aux mutations économiques mondiales.
Sous le thème officiel de la résilience et de l’intégration des marchés financiers régionaux, les travaux de cette édition en Europe du Nord ont mis en avant un modèle venu d’Afrique de l’Ouest : celui de la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM).
Le modèle ouest‑africain face aux pays baltes
Mandaté pour exposer le modèle ouest‑africain du marché financier auprès des pays baltes (Estonie, Lituanie, Lettonie) , Edoh Kossi Amenounve, directeur général de la BRVM, a présenté, devant un auditoire de banquiers centraux et de ministres européens, les piliers institutionnels et techniques qui ont permis de bâtir un marché financier unifié et performant à travers les huit États membres de l’UEMOA.
Les quatre clés du succès selon lui :
Monnaie commune : stabilité monétaire qui sécurise les investissements transfrontaliers.
Banque centrale unique : la BCEAO, garante de la cohérence des politiques monétaires.
Cadre juridique harmonisé : application rigoureuse du droit des affaires OHADA, offrant une sécurité juridique standardisée.
Technologie d’interconnexion : système de cotation électronique reliant nativement les huit économies de l’Union.
Cette présentation a permis, par ailleurs, de rapprocher l’expérience africaine de celle d’autres pays dans une dynamique d’intégration régionale.
Cap sur 2030 : l’ambition internationale et le dialogue Nord-Sud
Avec le cap fixé sur 2030, la BRVM s’apprête à franchir un nouveau palier stratégique. L’institution mise désormais sur l’intelligence artificielle pour moderniser ses processus de marché et accroître son efficacité, tout en s’engageant résolument dans la finance durable via le développement des obligations vertes et sociales. Cette double orientation, à la fois technologique et écoresponsable, traduit une ambition claire : aligner la BRVM sur les plus hauts standards internationaux et consolider son rôle de moteur de l’intégration économique africaine.
Cette stature internationale s’est d’ailleurs concrétisée en marge des panels officiels. Edoh Kossi Amenounve s’est entretenu avec Kristupas Vaitiekūnas, le ministre des Finances de Lituanie, afin de jeter les bases d’une future coopération entre le marché financier ouest‑africain et les économies de la mer Baltique. Au‑delà des seuls échanges techniques, cette rencontre illustre la trajectoire de la BRVM, qui se positionne désormais comme un acteur stratégique et incontournable du dialogue économique Nord‑Sud.
Une vitrine africaine au cœur de l’Europe
En mettant en avant le modèle de l’UEMOA, la BERD offre à la BRVM une vitrine internationale inédite. Pour l’Afrique de l’Ouest, c’est une opportunité de renforcer son attractivité, d’attirer de nouveaux investisseurs et de démontrer que l’intégration régionale est, par ailleurs, un levier puissant de résilience face aux crises mondiales.
À Riga, la BRVM n’était pas seulement invitée : elle a été mise au centre des débats, confirmant que son avenir se joue aussi sur les grandes scènes financières internationales.
Du 15 au 19 juin 2026, la capitale togolaise accueillera la toute première Convention et Exposition africaines du transport aérien. Il s’agit d’un rendez-vous stratégique, destiné à concrétiser le projet d’un espace aérien unifié et durable sur le continent.
Durant cinq jours, tous les regards de l’industrie aéronautique continentale seront tournés vers le Togo. La capitale va en effet se transformer en centre névralgique de l’aviation africaine en abritant la première édition de la Convention et Exposition africaines du transport aérien. Placé sous le haut patronage du président de la République, Faure Gnassingbé, cet événement d’envergure est piloté par la Commission africaine de l’aviation civile (CAFAC) en partenariat étroit avec l’Union africaine (UA).
Le défi d’un « ciel unique » pour désenclaver le continent
Au cœur des débats de cette semaine cruciale figure un thème central : « Un ciel africain unique : connectivité et développement durable du transport aérien ». L’objectif est limpide : donner un coup d’accélérateur décisif au Marché unique du transport aérien africain (SAATM).
Grâce à cet événement, le SAATM, lancé par l’Union africaine en 2018, entend faire tomber les frontières aériennes héritées du passé. Dès lors, cette convention se positionne comme le catalyseur indispensable pour transformer une vision en réalité. En plus, les promesses du SAATM sont ambitieuses : une libéralisation du secteur qui vise à ouvrir le ciel africain, à réduire drastiquement le coût des billets — souvent prohibitifs entre pays voisins — et à renforcer la connectivité globale entre toutes les nations du continent.
Un sommet de haut niveau pour tracer l’avenir
L’événement s’annonce comme une véritable plateforme de réseautage et de décisions politiques de premier plan. Pendant cinq jours, les espaces de conférence de Lomé accueilleront chefs d’État, ministres des Transports et responsables des autorités de l’aviation civile, aux côtés de dirigeants de compagnies aériennes, investisseurs et équipementiers.
Par ailleurs, des experts du secteur, spécialisés dans le développement durable et la logistique, viendront enrichir les débats. Au programme figurent des sessions plénières destinées à harmoniser les réglementations, une vaste exposition mettant en valeur les innovations technologiques, ainsi que des rencontres d’affaires pour sceller de futurs partenariats financiers.
Lomé, un choix géographique et économique évident
Si la CAFAC et l’Union africaine ont jeté leur dévolu sur la ville côtière, ce choix est loin d’être un hasard. En effet, Lomé s’est solidement imposée comme un carrefour tournant de l’Afrique de l’Ouest, notamment en abritant le siège de la compagnie régionale Asky. Véritable modèle d’intégration sous-régionale, la compagnie connecte déjà une vingtaine de destinations sur le continent, faisant de son hub togolais le laboratoire idéal pour expérimenter les ambitions du SAATM.
En accueillant cette première historique, le Togo réaffirme sa position d’acteur incontournable de l’intégration africaine, prouvant que l’avenir du développement économique du continent se jouera, en grande partie, dans les airs.
Dans la commune des Lacs 3, société civile et collectivité locale unissent leurs forces pour renforcer la protection des enfants vulnérables. Le 2 juin 2026, l’Association Action Solidaire pour les Enfants en Difficulté (ASED) et la mairie d’Agbodrafo ont signé une convention de partenariat qui, selon ses promoteurs, marque « une avancée significative » dans la lutte contre la vulnérabilité juvénile.
La cérémonie, organisée dans les locaux de la mairie, s’est déroulée en présence du maire Anani Messan et du président de l’ASED, Awokou K. Yves, entourés de leurs équipes techniques. Ensemble, ils ont scellé un accord destiné à « mieux protéger, accompagner et offrir un avenir serein aux familles, aux enfants et aux jeunes en situation de vulnérabilité » sur le territoire communal.
Une volonté politique affirmée
Ce partenariat intervient dans un contexte où la protection de l’enfance s’impose comme une priorité croissante pour les collectivités togolaises . « La protection de l’enfance est une responsabilité collective », a rappelé le maire Anani Messan, soulignant que la commune des Lacs 3, populaire et en pleine expansion démographique, doit faire face à des défis spécifiques : précarité économique, déscolarisation, exposition des mineurs à l’exploitation et, parfois, à la rue.
De son côté, Awokou K. Yves, président de l’ASED depuis plus d’une décennie, a réaffirmé la mission de son association : « Agir sur le terrain, là où les enfants ont le plus besoin de nous. » Reconnue d’utilité publique, l’ASED intervient déjà dans plusieurs communes du togo pour offrir un soutien psychosocial, un accompagnement scolaire et une aide matérielle aux familles fragilisées.
Ainsi, la convention signée le 2 juin ne se limite pas à réaffirmer une volonté commune : elle trace une feuille de route opérationnelle dans plusieurs domaines. Elle prévoit notamment le renforcement des mécanismes d’identification des enfants vulnérables afin d’améliorer leur prise en charge. Elle entend également consolider la protection sociale, l’accompagnement psychosocial et l’aide matérielle aux familles en difficulté. Des mesures spécifiques sont aussi prévues pour lutter contre la déscolarisation et soutenir les enfants hors du système éducatif.
Par ailleurs, le partenariat prévoit des campagnes communautaires de sensibilisation aux droits de l’enfant ainsi qu’une collaboration renforcée avec les institutions nationales afin de nourrir le plaidoyer en faveur de politiques publiques plus inclusives. Enfin, les deux parties s’engagent à mettre en place un comité de pilotage conjoint chargé de suivre l’exécution des actions et d’en évaluer l’impact sur le terrain.
Un modèle pour les autres communes ?
La commune des Lacs 3, marquée par une forte densité démographique, des quartiers populaires et un tissu économique fragile, apparaît comme un territoire où les besoins en matière de protection de l’enfance sont particulièrement pressants.
Pour plusieurs observateurs, la convention signée pourrait servir de modèle à reproduire dans d’autres communes : « Quand la société civile et la collectivité territoriale travaillent main dans la main, les résultats sont plus rapides et plus durables », confie une source proche de la mairie. Ce partenariat s’inscrit par ailleurs dans le cadre des Objectifs de développement durable, notamment l’ODD 16, qui vise à « réduire toutes les formes de violence partout dans le monde », y compris celles exercées contre les enfants.
Au‑delà de sa portée symbolique, les deux partenaires entendent inscrire leur engagement dans la durée. Dans un contexte où les défis liés à la protection de l’enfance demeurent nombreux, cette alliance pourrait renforcer la prise en charge des plus vulnérables et faire émerger des réponses adaptées aux réalités du terrain.
Aného, cette vieille cité côtière togolaise autrefois capitale du Togoland allemand, accueille du 2 au 5 juin 2026 une rencontre qui dépasse largement le cadre d’un simple atelier technique. En effet, le Ministère délégué chargé du Commerce et du Contrôle de la Qualité y a réuni les acteurs clés de l’économie togolaise pour évaluer la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) — le plus ambitieux projet d’intégration économique du continent depuis les indépendances.
Durant quatre jours de travaux intensifs, de tables rondes et de négociations informelles, représentants des administrations publiques, chefs d’entreprise du secteur privé, organisations professionnelles et experts internationaux croisent leurs analyses. Tous font face au même défi : transformer en réalité concrète un accord signé par 55 pays, mais qui peine encore à se traduire en transactions commerciales sur le terrain.
Koffi Vinyo Mensah : le bras droit du gouvernement qui pousse à l’action
Le Directeur de cabinet du Ministre délégué chargé du Commerce et du Contrôle de la Qualité, Koffi Vinyo Mensah, a ouvert les travaux avec une verve qui tranchait avec le ton habituellement bureaucratique de ce type de rencontres. À cette occasion, en présence des cadres du secrétariat exécutif de la ZLECAf et des consultants chargés de l’évaluation, il a porté un message clair : le Togo ne vient plus seulement signer des accords, il veut les faire vivre.
« Pour concrétiser la Zone de libre-échange continentale africaine, le Président du Conseil, Son Excellence Faure Essozimna Gnassingbé, lors du forum Biashara Afrika 2026 tenu du 18 au 20 mai 2026 à Lomé, a exempté de visa d’entrée et de séjour pendant trente jours tous les ressortissants des pays africains détenteurs d’un passeport officiel », a-t-il déclaré, martelant chaque mot.
Ainsi, cette exemption de visa, prise trois semaines avant l’atelier d’Aného, ne constitue pas seulement un geste diplomatique. Elle représente également un signal politique fort envoyé aux hommes d’affaires nigérians, ghanéens, ivoiriens ou encore kényans : le Togo veut ouvrir ses portes, pas seulement sur le papier.
Par ailleurs, M. Mensah a rendu hommage au Président du Conseil, Son Excellence Monsieur Faure Essozimna Gnassingbé, pour ses actions rapides et concrètes en faveur de l’intégration africaine. Derrière cet hommage protocolaire se dessine une réalité stratégique : le Togo, petite nation de près de 9 millions d’habitants, mise sur sa position géographique pour devenir un hub logistique et commercial de l’Afrique de l’Ouest.
L’engagement du gouvernement togolais ne se limite pas aux déclarations d’intention. À cet égard, Koffi Vinyo Mensah a insisté sur un point précis : accompagner activement les entreprises nationales, en particulier les PME, afin qu’elles puissent tirer profit de ce marché continental de 1,3 milliard de consommateurs.
Le pari est de taille. En effet, les protocoles de la ZLECAf exigent des mesures juridiques, réglementaires, institutionnelles et administratives que de nombreux pays africains peinent encore à mettre en place. Le Togo, quant à lui, tente de mener de front deux chantiers : se conformer aux exigences du traité tout en renforçant les capacités de ses propres opérateurs économiques.
Pendant les quatre jours de l’atelier, les participants examinent les progrès réalisés dans plusieurs domaines stratégiques :
La facilitation des échanges : réduire les délais de dédouanement, simplifier les procédures et harmoniser les normes ;
L’accès aux marchés : identifier les secteurs dans lesquels les entreprises togolaises peuvent concurrencer leurs homologues régionales ;
Le développement des chaînes de valeur régionales : passer de l’exportation de matières premières à la transformation locale ;
Les mesures d’accompagnement : formation, financement et information sur les opportunités commerciales.
Aného : un choix stratégique pour une rencontre qui se veut concrète
Le choix d’Aného n’est pas anodin. Cette commune de quelque 60 000 habitants, située à 130 kilomètres au sud-est de Lomé, offre une distance suffisante pour éloigner les participants des pressions quotidiennes de la capitale tout en restant facilement accessible. Ainsi, loin des salles climatisées des hôtels de Lomé, l’atelier a pris une tournure plus informelle et plus pragmatique.
De plus, les échanges ont permis d’enrichir le rapport provisoire grâce aux contributions des différents experts, garantissant ainsi une évaluation plus complète et plus représentative des réalités du terrain. Les consultants présents ont présenté des résultats préliminaires révélant à la fois des acquis encourageants et des lacunes préoccupantes.
Parmi les progrès enregistrés figurent la ratification du protocole de la ZLECAf par le Parlement togolais, la mise en place d’un comité national de suivi ainsi que les premières initiatives de sensibilisation des entreprises. Toutefois, les défis demeurent considérables : infrastructures de transport insuffisantes, systèmes de paiement transfrontalier peu développés, fiscalité peu incitative pour le commerce intra-africain et, surtout, méconnaissance généralisée des opportunités offertes par l’accord.
La ZLECAf représente un marché potentiel de 3 400 milliards de dollars de PIB combiné. En théorie, les entreprises togolaises pourront désormais concurrencer leurs homologues ghanéennes ou nigérianes sur un pied d’égalité, sans barrières tarifaires. Dans la pratique, cependant, les obstacles non tarifaires persistent : normes divergentes, lourdeurs administratives aux frontières, corruption et manque d’informations sur les marchés potentiels.
Dès lors, les recommandations formulées à l’issue de l’atelier contribueront à l’élaboration de stratégies et d’actions visant à améliorer la compétitivité des entreprises nationales et à renforcer leur participation au commerce intra-africain. Mais le véritable test viendra ensuite : les PME togolaises réussiront-elles à saisir ces opportunités ? Sauront-elles identifier les bons partenaires, respecter les normes de qualité et négocier des contrats internationaux ?
Une feuille de route qui s’écrit à Aného
À travers cette initiative, le gouvernement togolais réaffirme son engagement à promouvoir une mise en œuvre efficace de la ZLECAf, afin de favoriser la croissance économique, la création d’emplois et le développement durable au bénéfice des populations. Le message est clair : le Togo ne veut pas être un simple passager du marché unique africain ; il veut en être un acteur à part entière.
Au terme des travaux, les experts devraient produire une feuille de route concrète. Reste désormais à savoir si elle sera suivie d’actions rapides et coordonnées. Pendant ce temps, les pays voisins, notamment le Ghana et le Nigeria, avancent à grands pas dans la mise en œuvre de la ZLECAf. Le Togo a-t-il le temps de rattraper son retard ?
Une fois l’atelier achevé, le véritable travail commencera : transformer ces promesses en contrats signés, en conteneurs qui traversent les frontières et en emplois créés dans les usines de Lomé et de Kara. Car la ZLECAf n’est pas un accord que l’on signe ; c’est un marché que l’on construit, brique après brique, contrat après contrat, entreprise après entreprise. Le Togo est en train de franchir un premier pas. L’Afrique observe.