À Kpalimé, la célébration de Dzawuza prend une dimension nouvelle. Les cadres du parti UNIR dans la préfecture de Kloto ont profité de la fête traditionnelle pour mettre l’accent sur l’éducation, l’orientation des jeunes et la promotion des initiatives locales.
La tradition n’a pas été reléguée au second plan, mais elle a servi de point de départ à une série d’actions tournées vers l’avenir. À l’occasion de Dzawuza, les responsables et cadres UNIR de Kloto ont placé la jeunesse au centre de leur programme, avec des initiatives destinées à répondre à certaines préoccupations concrètes des familles et des jeunes.
Des fournitures scolaires pour soutenir les élèves
La première initiative a concerné l’éducation. Les cadres UNIR ont remis des kits scolaires aux trois communes de Kloto. À travers cette opération, ils entendent apporter un soutien direct aux élèves et alléger, au moins en partie, les dépenses auxquelles les familles doivent faire face à chaque rentrée scolaire.
D’ailleurs, cette distribution met en évidence un enjeu essentiel pour le territoire : maintenir les enfants à l’école et créer de meilleures conditions pour leur réussite.
Les organisateurs ont ensuite consacré une partie de la journée aux perspectives universitaires et professionnelles des jeunes. Une conférence-débat a réuni plusieurs universitaires et responsables de formation autour du thème : « Bâtir Kloto de demain : quelles orientations universitaires et professionnelles pour les jeunes ? »
Le Dr ATCHRIMI Tossou Bernard a assuré la modération des échanges. Le Prof. AKUE Adotévi, le Prof. YIGBE Gilbert et le Dr Bamazi Bitang, directeur général de l’INFA de Tové, ont apporté leur expertise aux discussions.
Cette rencontre a permis de replacer la question de l’orientation au cœur du débat sur l’avenir du territoire. Pour les jeunes, le choix d’une filière universitaire ou professionnelle constitue en effet un facteur déterminant dans l’accès à l’emploi et dans la valorisation des compétences locales.
La dimension économique et culturelle de la fête s’est également affirmée avec l’ouverture officielle de la Foire Dzawuza. Installée à l’immeuble Concordia, sur le site de l’ancien marché central de Kpalimé, cette manifestation offre un cadre destiné à mettre en avant les activités et initiatives du territoire.
La foire complète ainsi les actions consacrées à l’éducation et à l’orientation en donnant une visibilité supplémentaire aux acteurs locaux. Elle inscrit la célébration dans une logique qui associe patrimoine culturel, dynamisme économique et participation communautaire.
Sous la conduite du maire Émile ATIGAKU, président du Comité Dzawuza, cette édition cherche ainsi à dépasser la seule dimension festive de la célébration. L’éducation, l’orientation professionnelle et la promotion des initiatives locales forment les trois principaux axes de cette démarche. Ils traduisent une volonté de faire de la tradition un levier de mobilisation autour des priorités du territoire.
À Kloto, Dzawuza s’affirme donc comme un espace où la mémoire collective rencontre les préoccupations du présent. En mettant la jeunesse au premier plan, les organisateurs donnent à la fête une portée qui dépasse la célébration des racines : celle de préparer les conditions du développement futur du territoire.
DAPAONG, 3 septembre 2026 — Les responsables locaux, organisations de la société civile, entreprises et autres partenaires du développement des Savanes devront désormais harmoniser leurs actions avec les priorités de l’État pour la période 2026-2031. Réunis ce jeudi à Dapaong, ils ont reçu les grandes orientations de la nouvelle feuille de route gouvernementale, conçue comme le cadre de référence de l’action publique durant les cinq prochaines années.
La rencontre, dirigée par le gouverneur Affoh Atcha-Dédji, marque une étape décisive : le gouvernement cherche à faire passer sa stratégie du niveau national aux réalités locales. En effet, l’objectif affiché est de convertir les engagements publics en services et projets mesurables pour les populations.
Le document repose sur trois principes directeurs — « Protéger, Rassembler et Transformer » — et s’inscrit dans la vision portée par le président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé. Selon les autorités, cette architecture doit concentrer les efforts publics sur les besoins les plus pressants, notamment les soins de santé, l’école, l’eau potable, l’énergie, le numérique et l’insertion professionnelle des jeunes.
Pour le gouverneur, l’enjeu ne consiste pas seulement à présenter une stratégie. Il exige une exécution rigoureuse, particulièrement dans un environnement international instable où les financements et les ressources se font plus contraints. La réussite du programme dépendra donc de la capacité des administrations, collectivités et partenaires à prioriser leurs interventions et à éviter la dispersion des moyens.
Les autorités ont souligné que la feuille de route intègre des propositions recueillies lors des consultations nationales menées du 11 au 26 mai dans les régions et le Grand Lomé. Par ailleurs, ces échanges ont permis aux acteurs de terrain de faire remonter leurs attentes et leurs recommandations avant la finalisation du texte.
Etsri Homevor, conseiller à la Présidence du Conseil, a indiqué que ces contributions ont influencé l’ajustement de plusieurs priorités. Après des travaux avec les ministères concernés, le gouvernement a structuré le document autour de trois axes, neuf ambitions et quinze programmes majeurs.
Le défi se situe maintenant dans l’application. Les participants ont examiné les dispositifs de suivi et d’évaluation destinés à vérifier l’avancement des engagements. Ils ont notamment insisté sur la nécessité de produire des données régulières, fiables et exploitables afin de détecter rapidement les retards, corriger les difficultés et mesurer l’impact réel des actions engagées.
En associant les collectivités territoriales, le secteur privé, les organisations professionnelles et la société civile, l’État veut créer une responsabilité partagée autour de ses objectifs. Pour les Savanes, cette session de restitution ouvre ainsi une phase où la crédibilité de la feuille de route se jouera moins dans ses annonces que dans sa capacité à améliorer concrètement les conditions de vie.
Le gouverneur des Savanes a inauguré, le 29 août, dans les cantons de Warkambou et de Lotogou, vingt forages solaires et une nouvelle brigade financés sur ses fonds propres par un ressortissant de la localité, Goissibe Abdoulaye.
Les habitants de Warkambou et de Lotogou disposent désormais d’un accès élargi à l’eau potable et d’une présence sécuritaire renforcée. Le gouverneur de la région des Savanes, Affoh Atcha-Dédji, a procédé, le 29 août, à l’inauguration de vingt forages équipés de panneaux solaires et d’une brigade de gendarmerie flambant neuve, dans la commune de Tône 3.
L’ensemble des ouvrages a été financé intégralement sur ses fonds propres par Goissibe Abdoulaye, natif de la localité. Le donateur a choisi de répondre à deux besoins qu’il juge prioritaires pour sa communauté d’origine : l’approvisionnement en eau ainsi que la sécurité des personnes et des biens.
Pendant des années, l’accès à l’eau a représenté une épreuve quotidienne pour de nombreux ménages de Warkambou. Les femmes et les commerçantes supportaient l’essentiel de cette contrainte, au détriment du temps consacré à l’hygiène, à la santé et aux activités génératrices de revenus. En plus, l’alimentation des vingt forages par des panneaux solaires réduit la dépendance à d’autres sources d’énergie pour le pompage et vise à sécuriser l’approvisionnement des communautés sur la durée.
« En tant que fils de Warkambou, je me suis senti interpellé par les besoins de notre communauté. L’eau et la sécurité sont des préoccupations essentielles pour le bien-être et le développement de nos populations. À travers ces réalisations, nous voulons apporter notre modeste contribution aux efforts de l’État et accompagner le développement de notre localité », a déclaré Goissibe Abdoulaye, donateur.
Une brigade pour rapp3rocher gendarmes et habitants
La nouvelle brigade de gendarmerie répond à un impératif distinct : rapprocher les forces de défense et de sécurité des populations des deux cantons. La région des Savanes fait face à des enjeux sécuritaires spécifiques, liés notamment à l’instabilité qui touche la bande sahélienne voisine. L’implantation d’une unité permanente à Warkambou doit permettre une réponse plus rapide aux incidents locaux et un maillage territorial plus dense pour les forces de l’ordre.
La commune de Tône 3 se situe dans la région des Savanes, à l’extrême nord du Togo, à la frontière avec le Burkina Faso. Cette proximité expose la zone aux répercussions de la crise sécuritaire sahélienne, ce qui a conduit les autorités togolaises à multiplier les implantations de brigades et de postes avancés dans les localités frontalières ces dernières années.
Le préfet de Tône, Ouro-Gouroungou Hiroumila, a salué, lors de la cérémonie, une démarche citoyenne venant répondre à des besoins fondamentaux des populations. Il a souligné l’importance des infrastructures hydrauliques pour l’amélioration des conditions de vie, ainsi que le rôle de la nouvelle brigade dans le renforcement de la sécurité locale.
Par ailleurs, le préfet Ouro-Gouroungou Hiroumila appelle les populations à préserver les ouvrages et à collaborer avec les forces de sécurité.
Il a également inscrit cette double réalisation dans la dynamique de la Feuille de route gouvernementale togolaise, qui fixe des objectifs d’amélioration de l’accès aux services sociaux de base, de développement local et de renforcement de la sécurité sur l’ensemble du territoire.
L’État togolais lève officiellement son moratoire sur l’exploration minière, mettant fin à dix-sept mois de gel administratif pour relancer les investissements étrangers et locaux dans son sous-sol. Entérinée par un arrêté du ministre délégué aux Ressources minières, Robert Koffi Messan Eklo, le 18 août 2026, cette réouverture clôture la « pause stratégique » amorcée en mars 2025, une période mise à profit par l’exécutif pour auditer et moderniser le Code minier national.
Une stratégie de valorisation sous haute surveillance
L’objectif de cette relance n’est pas d’octroyer des concessions de manière automatique, mais de cartographier méthodiquement un potentiel géologique particulièrement riche en phosphate, or, manganèse et calcaire. La Direction générale des Mines et de la Géologie (DGMG), chargée de l’instruction des requêtes, impose désormais un filtrage rigoureux pour écarter les spéculateurs. À noter que les matériaux de construction et les minéraux industriels restent exclus de ce dispositif de réouverture.
Pour obtenir l’approbation gouvernementale, les compagnies extractives doivent impérativement fournir des garanties solides, articulées autour de critères stricts :
Une démonstration exhaustive de leurs capacités financières et de leur expertise technique.
Un programme de travaux géologiques chiffré et planifié dans le temps.
Une délimitation géographique précise des zones d’intérêt.
Une conformité totale aux nouvelles exigences étatiques en matière de transparence, d’inclusion sociale et de durabilité environnementale.
Afin d’encadrer les futures opérations sur le terrain, l’administration togolaise s’appuie sur deux instruments juridiques distincts, structurant l’engagement des opérateurs :
Type de titre minier
Nature des droits
Durée initiale
Modalités de renouvellement
Permis de recherche
Exclusifs sur la zone délimitée
3 ans
2 fois (2 ans par renouvellement)
Autorisation de prospection
Non exclusifs
2 ans
2 fois (1 an par renouvellement)
Un levier de souveraineté économique
En réactivant son secteur extractif sur de nouvelles bases légales, Lomé cherche à maximiser les retombées fiscales et économiques de ses ressources naturelles. Cette approche analytique et procédurière traduit la volonté du gouvernement togolais de transformer son industrie minière en un moteur de croissance structuré, capable d’attirer des capitaux fiables tout en préservant les intérêts stratégiques de la nation.
BAFILO, 2 septembre 2026 — Le Centre de Formation Technique et Professionnelle (CFTP) de Bafilo accueille cette semaine les épreuves de fin de formation de ses apprenants sous la surveillance des autorités locales. Mercredi 2 septembre, le préfet d’Assoli, le lieutenant-colonel VIAGBO Mensah Kafui, s’est rendu sur le site pour apprécier les conditions dans lesquelles se déroulent les examens et s’assurer de la régularité du dispositif mis en place.
Accompagné du maire de la commune Assoli 1, ABOU-BAKARI N. Salissou, ainsi que du président de la Chambre préfectorale des métiers d’Assoli et des membres de son bureau exécutif, le préfet a inspecté les différentes salles de composition.
La délégation a échangé avec les surveillants et les responsables du centre afin d’évaluer l’organisation pratique des épreuves. Cette démarche devait notamment permettre de vérifier que les candidats disposent d’un environnement suffisamment calme et organisé pour composer dans des conditions optimales.
Le constat dressé à l’issue de la visite s’est révélé positif. Le préfet a relevé le climat de sérénité et la discipline observés dans les salles, tout en saluant le travail accompli par l’administration du centre et la Chambre préfectorale des métiers.
Pour les autorités locales, ces épreuves représentent une étape déterminante dans le parcours des apprenants. Au-delà de l’obtention d’un diplôme, elles doivent permettre d’évaluer les compétences acquises lors de leur formation et leur capacité à intégrer ensuite le monde professionnel.
VIAGBO Mensah Kafui a ainsi appelé les candidats à aborder les examens avec confiance, concentration et sérieux. Il les a encouragés à s’appuyer sur les connaissances et les compétences développées durant leur formation pour franchir cette dernière étape avec succès.
La visite du préfet a également permis de remettre au premier plan les enjeux liés à l’enseignement technique et à la formation professionnelle dans la préfecture. Dans une zone où l’insertion des jeunes constitue un enjeu économique et social, le développement de compétences directement utilisables sur le marché du travail apparaît comme un levier important pour renforcer l’autonomie des nouvelles générations.
Le préfet a invité les futurs diplômés à ne pas limiter leur parcours à l’obtention du certificat. Il les a encouragés à valoriser leur savoir-faire dans leurs communautés et à participer, par leurs compétences, au développement économique et social d’Assoli.
Cette orientation s’inscrit, selon les autorités locales, dans la politique nationale de valorisation de la formation professionnelle. Le préfet a mis en avant les efforts engagés par le gouvernement pour donner davantage de place à l’enseignement technique et professionnel dans les politiques de développement de la jeunesse. Il a notamment salué l’action du président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, qu’il présente comme un acteur majeur des réformes engagées dans ce secteur.
À Bafilo, le déroulement des examens constitue ainsi bien plus qu’une échéance académique ordinaire. Il met en jeu la qualité de la formation dispensée et, à terme, la capacité de ces jeunes à transformer leurs compétences en activités économiques et en services utiles à leur communauté.
L’officialisation de l’investiture de Togbui Olui Atchikiti Kouamé, sous le nom de règne d’Odaye VIII, met fin à une transition coutumière de quatorze ans dans le canton de Gnagna. Elle illustre également la symbiose stratégique entre l’appareil d’État togolais et les autorités traditionnelles. En scellant la succession de feu Odaye VII par un décret pris en Conseil des ministres, le pouvoir central réaffirme le rôle essentiel des chefferies ancestrales dans la gouvernance territoriale et le maintien du maillage social.
La remise officielle du décret de reconnaissance s’est déroulée le 28 août 2026 à Atakpamé, sous la direction du gouverneur de la région des Plateaux, le général Dadja Maganawe. La présence de hauts responsables militaires, civils et politiques lors de cette cérémonie souligne la dimension institutionnelle de la chefferie au Togo. Ainsi, l’intervention du pouvoir exécutif, visant à valider la décision du conseil coutumier, permet de consolider la légitimité d’Odaye VIII tout en garantissant la continuité administrative au sein de la collectivité.
Par ailleurs, le nouveau chef de canton se voit confier des fonctions clés dans la gestion des équilibres locaux. Lors de son allocution, le général Maganawe a rappelé que l’institution coutumière constitue un pilier de la cohésion sociale, indispensable à la prévention des conflits et à la mise en œuvre des politiques de développement à l’échelle communautaire. Odaye VIII devra ainsi concilier la préservation des coutumes régionales avec les exigences de modernisation et de sécurisation de la région des Plateaux.
Les célébrations populaires, marquées par des prestations artistiques et des danses traditionnelles, ont traduit le soulagement des habitants face au dénouement de la régence. Cette forte adhésion populaire confirme l’attachement des communautés aux structures coutumières, perçues comme des repères d’identité et de médiation. Avec l’installation définitive de son nouveau chef, le canton de Gnagna clôt ainsi une longue phase d’intérim pour s’inscrire dans une dynamique de stabilisation durable.
L’interpellation suivie de la remise en liberté sous contrôle judiciaire de trois professionnels de l’audiovisuel au Togo met en lumière la nervosité croissante des pouvoirs publics ouest‑africains à l’égard du journalisme d’investigation. Ces atteintes à la liberté d’informer interviennent notamment dans les zones marquées par le mécontentement d’une partie de la population envers la gestion publique et exposées aux menaces sécuritaires.
Arrêtés le 27 juillet dernier en plein tournage d’un épisode de la série documentaire « Les routes de l’impossible » pour France Télévisions, le réalisateur français Gaël Mocaër, son collaborateur Sebastian Perez Pezzani et leur fixeur togolais Fred Vedomey ont obtenu ce mercredi une mesure de liberté provisoire confirmée par leur conseil, maître Martial Akakpo. Cet élargissement met fin à plus d’un mois de détention, mais ne solde pas le litige juridique qui les oppose à l’État togolais.
Un bras de fer judiciaire sur fond de rhétorique sécuritaire
Au centre de l’accusation figure l’usage d’un drone dans le nord du pays, une région frontalière soumise à une pression accrue en raison de la menace djihadiste récurrente. Lomé justifie l’inculpation pour « fausses déclarations » en invoquant des « indices graves » et des irrégularités administratives commises lors de la préparation de la mission. De son côté, la défense rejette catégoriquement ces griefs. La société de production maintient que l’équipe opérait en conformité avec les réglementations locales et disposait de l’ensemble des documents requis, réfutant toute intention de contourner les règles de sécurité nationale.
Une libération au compte-gouttes sous strict contrôle
La détente judiciaire s’est orchestrée de façon séquentielle. Victime de soucis de santé, Sebastian Perez Pezzani avait été le premier à quitter son lieu de détention à la fin du mois d’août pour recevoir des soins à Lomé, au prix d’une confiscation de son passeport et d’un placement sous contrôle judiciaire. Ses deux confrères, Gaël Mocaër et Fred Vedomey, ont obtenu leur élargissement quelques jours plus tard. Les autorités togolaises n’ont toutefois pas précisé l’éventuel maintien d’interdictions de quitter le territoire ou de restrictions de déplacement associées à ce statut provisoire.
Le journalisme à l’épreuve d’un pouvoir verrouillé
L’affaire reflète le verrouillage étatique auquel se heurtent les observateurs indépendants au Togo. Dirigé depuis 2005 par Faure Gnassingbé, le pays se classe au 97ᵉ rang sur 180 au dernier indice de la liberté de la presse de Reporters sans frontières. En assimilant le travail documentaire à une infraction pénale dans les zones sensibles, le pouvoir togolais illustre la primauté accordée au contrôle de l’information sous couvert d’impératifs sécuritaires. Or, la liberté de la presse n’est pas un luxe : elle permet de documenter les dysfonctionnements, d’informer les citoyens et de tenir les autorités responsables — fonctions d’autant plus cruciales dans des contextes marqués par le mécontentement et les risques sécuritaires.
LOMÉ, 1ᵉʳ septembre 2026 — À moins de deux semaines de la rentrée scolaire 2026-2027, prévue le 14 septembre au Togo, une opération de solidarité vise à éviter que les conséquences des inondations ne compromettent la reprise des cours pour des familles sinistrées de la commune du Golfe 2. À Hédzranawoé 1, l’Association Alternative Russo-Togolaise, avec l’appui de la mairie, a distribué des fournitures scolaires à plusieurs enfants touchés par les intempéries.
La cérémonie de remise s’est tenue en présence des enfants bénéficiaires, accompagnés de leurs parents ou tuteurs. Le matériel distribué comprend notamment des sacs à dos, des cahiers, des stylos et des ensembles géométriques, soit l’équipement de base nécessaire pour aborder l’année scolaire dans de meilleures conditions.
Cette initiative intervient alors que les fortes pluies enregistrées en juin ont affecté plusieurs ménages et accentué la vulnérabilité de certaines familles. Dans ce contexte, le soutien matériel apporté aux élèves ne répond pas seulement à un besoin immédiat. Il contribue aussi à réduire les charges qui pèsent sur les foyers au moment où les dépenses liées à la rentrée scolaire augmentent.
La mairie mise sur l’accompagnement des familles vulnérables
Le maire du Golfe 2, KPADE Koffi Gbekandé, a participé à la cérémonie aux côtés du deuxième adjoint au maire, HUKPORTI Gabienu, de conseillers municipaux, du chef de quartier de Hédzranawoé, des responsables des Comités de développement de quartiers et des agents municipaux.
Pour l’autorité municipale, ce geste prend une dimension particulière en raison des dommages provoqués par les précipitations de juin. Il a salué l’engagement de l’Association Alternative Russo-Togolaise et appelé les élèves bénéficiaires à rester assidus en classe tout en respectant les recommandations de leurs parents.
Le maire a également encouragé la poursuite de cette dynamique de coopération, en exprimant le souhait de voir se renforcer les relations entre le Togo et la Russie.
Au-delà de son caractère humanitaire, l’opération s’inscrit dans la démarche portée par l’Association Alternative Russo-Togolaise. Son secrétaire général, BIDJAKIN Naneguidji, a rappelé que l’organisation entend favoriser le rapprochement entre les peuples togolais et russe à travers des initiatives culturelles, sociales et sportives.
L’association considère l’éducation comme un levier central de cette coopération. « Aller à l’école avec fierté, travailler dur et rêver grand », a déclaré son secrétaire général devant les bénéficiaires.
Le message dépasse donc la seule remise de matériel. Il vise à encourager les enfants à considérer l’école comme un espace de reconstruction personnelle et de préparation à l’avenir, malgré les difficultés auxquelles leurs familles ont pu être confrontées.
À l’approche de la rentrée, le soutien apporté aux enfants sinistrés répond à une préoccupation concrète : leur permettre de retrouver les bancs de l’école avec un minimum de moyens. Pour les familles touchées par les inondations, la prise en charge d’une partie des fournitures peut alléger une dépense devenue difficile à supporter.
À travers cette action conjointe, la commune du Golfe 2 et son partenaire entendent ainsi maintenir la solidarité envers les populations les plus fragiles. Pour les bénéficiaires, l’enjeu est désormais de transformer cette aide en motivation pour une année scolaire régulière et des résultats à la hauteur des attentes.
KPALIMÉ, 1ᵉʳ septembre 2026 — Le Togo veut déplacer une partie de la lutte contre la corruption vers les salles de cours. À Kpalimé, la Haute Autorité de prévention et de lutte contre la corruption et les infractions assimilées (HAPLUCIA) a lancé lundi un atelier destiné à valider neuf outils pédagogiques consacrés à l’éducation à l’intégrité dans l’enseignement supérieur.
La démarche, qui se poursuit jusqu’au 4 septembre à l’Hôtel Les Merveilles, cherche à inscrire les principes de probité, de responsabilité et de respect de la chose publique dans les parcours universitaires. L’enjeu est de former, en amont de leur entrée dans la vie professionnelle, des étudiants capables d’identifier les situations susceptibles de favoriser les comportements contraires à l’éthique.
L’initiative marque un changement d’approche dans la lutte contre la corruption. Au-delà des dispositifs de contrôle et des sanctions, les autorités veulent agir sur les comportements avant que les pratiques irrégulières ne s’installent.
Les neuf documents soumis à l’examen des responsables pédagogiques des établissements publics et privés couvrent plusieurs niveaux de formation. Le dispositif comprend six manuels pour le parcours de Licence, répartis entre trois ouvrages destinés aux enseignants et trois aux étudiants. S’y ajoutent deux manuels de cours pour le Master et un document consacré au séminaire doctoral.
Cette architecture doit également permettre d’intégrer progressivement l’éducation à l’intégrité dans différents cycles universitaires, avec des contenus adaptés aux responsabilités académiques et professionnelles attendues à chaque niveau.
Pour le ministre délégué chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Prof. Gado Tchangbedji, la prévention efficace suppose de dépasser une approche limitée à la répression. Lors de l’ouverture officielle des travaux, il a défendu une pédagogie fondée sur les études de cas, les débats, les mises en situation et l’analyse des dilemmes éthiques. Une telle méthode doit confronter les étudiants à des situations proches de celles qu’ils pourraient rencontrer dans leur future activité professionnelle.
L’objectif est concret : leur apprendre à repérer les risques, à comprendre les conséquences d’une décision contraire à l’éthique et à développer les réflexes nécessaires pour résister aux pressions ou aux pratiques irrégulières. Cette orientation donne à l’éducation à l’intégrité une dimension opérationnelle. Il ne s’agit plus seulement de connaître les principes de probité, mais de savoir les appliquer lorsqu’une décision implique un conflit d’intérêts, une pression hiérarchique, un avantage indu ou une atteinte aux ressources collectives.
Neuf outils soumis à l’exigence scientifique
L’atelier réunit les responsables pédagogiques des institutions d’enseignement supérieur publiques et privées autour d’un même objectif : examiner la pertinence scientifique et pédagogique des contenus avant leur intégration dans les formations.
Le président de la HAPLUCIA, Kimelabalou Aba, a appelé les participants à faire preuve d’exigence dans ce travail de validation. Pour lui, l’enjeu dépasse la production de supports de cours : il s’agit de faire du système éducatif un levier capable de transformer durablement les comportements.
La qualité des outils constituera donc un élément déterminant. Leur contenu devra être suffisamment adapté aux réalités nationales pour permettre aux enseignants de transmettre des notions d’intégrité qui trouvent une traduction concrète dans la vie académique, professionnelle et citoyenne.
Le ministre délégué a toutefois posé une condition essentielle : l’enseignement de l’intégrité ne peut être dissocié des pratiques des établissements eux-mêmes. Former les étudiants à la probité tout en tolérant des pratiques institutionnelles contraires à ces principes créerait une contradiction difficilement défendable. L’université doit donc devenir elle-même un environnement où la transparence, la responsabilité et le respect des règles sont visibles dans les pratiques quotidiennes.
Cette exigence donne à l’initiative une portée plus large. Elle concerne à la fois les programmes d’enseignement et la gouvernance des établissements.
La cérémonie d’ouverture s’est déroulée sous la présidence du ministre délégué, en présence notamment du président de la HAPLUCIA et du gouverneur de la région des Plateaux, le Général de brigade Dadja Maganawe, qui s’est félicité du choix de Kpalimé pour accueillir les travaux. Le ministre a également salué la vision du président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, dans le cadre des réformes structurelles engagées par le pays.
Par ailleurs, le véritable test de cette initiative sera sa capacité à produire des changements durables dans les pratiques. En plaçant l’intégrité dans les programmes universitaires, les autorités togolaises cherchent ainsi à agir sur l’une des dimensions les plus difficiles de la lutte contre la corruption : la formation des comportements avant l’entrée dans la vie active.
Le pari est donc celui de la prévention à long terme. Former des étudiants à reconnaître et à refuser les pratiques contraires à l’éthique peut contribuer, à terme, à renforcer la responsabilité professionnelle et la confiance dans les institutions publiques et privées.
En marge du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai, Faure Essozimna Gnassingbé a relancé à Bichkek le partenariat engagé en avril. Pour Lomé, ce déplacement doit transformer des accords récemment signés en projets concrets et renforcer sa présence dans les grands espaces de dialogue eurasiens.
BICHKEK, 1ᵉʳ septembre 2026 — Le Togo veut convertir son rapprochement diplomatique avec le Kirghizistan en résultats économiques, institutionnels et humains. Arrivé à Bichkek à l’occasion du 26ᵉ sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, s’est entretenu lundi avec son homologue kirghiz, Sadyr Japarov.
Cette rencontre, quatre mois seulement après une visite officielle togolaise dans la capitale kirghize, confirme la volonté des deux pays de passer de la signature d’accords à leur application effective. Les délégations ministérielles ont notamment examiné les modalités de mise en œuvre des mémorandums conclus le 29 avril dans huit domaines : diplomatie, numérique, culture et industries créatives, commerce, investissements, éducation, santé ainsi qu’agriculture.
« Nous sommes en train d’examiner tous ces mémorandums pour voir comment nous allons les mettre en œuvre dans les meilleurs délais », a déclaré Faure Gnassingbé. Il a également salué l’invitation du Togo au sommet de l’OCS et à l’ouverture des 6es Jeux mondiaux des nomades.
Pour le Togo, l’enjeu dépasse le cadre bilatéral. La présence à Bichkek offre à Lomé une plateforme de dialogue avec des États d’Eurasie et une occasion de diversifier ses partenariats, dans un contexte où les économies africaines recherchent de nouveaux débouchés commerciaux, des investissements et des coopérations technologiques. Elle peut aussi soutenir le développement de compétences dans des secteurs prioritaires, notamment le numérique, la santé, l’agriculture et la formation.
Le président Japarov a présenté le Togo comme « un partenaire prometteur en Afrique » et a remercié les autorités togolaises pour leur soutien à la candidature du Kirghizistan au poste de membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies pour la période 2027-2028. Il a également estimé que la visite d’avril avait approfondi le dialogue politique et ouvert de nouveaux axes de coopération.
La séquence diplomatique de Bichkek illustre une orientation plus large de la politique extérieure togolaise : consolider les relations existantes tout en recherchant de nouveaux relais de croissance et d’influence. La valeur de ce déplacement sera toutefois mesurée à la capacité des deux gouvernements à concrétiser leurs engagements par des projets identifiables, des échanges d’expertise et des opportunités pour les entreprises et les citoyens des deux pays.
Par ailleurs, Faure Gnassingbé participe, ce mardi 1ᵉʳ septembre, aux rencontres des chefs d’État et de gouvernement de l’OCS. Le rendez-vous donnera au Togo l’occasion de défendre ses priorités, de porter une voix africaine dans les discussions internationales et d’étendre son dialogue avec les États membres de l’organisation.