Togo : les communes se structurent pour peser davantage dans le développement local

À Kara, les maires togolais ont franchi une étape importante dans l’histoire de la décentralisation. Réunis le 5 mars 2026 pour l’assemblée générale constitutive de la Faîtière des Communes du Togo (FCT), les élus locaux ont posé les bases d’une organisation appelée à renforcer la coopération entre les 117 communes du pays. Au terme de son mandat, la présidente sortante Yawa Kouigan laisse derrière elle une structure désormais organisée et prête à relever de nouveaux défis dans la gouvernance locale.

Ministère de l’Administration territoriale, de la Gouvernance locale et des Affaires coutumières
© Ministère de l’Administration territoriale, de la Gouvernance locale et des Affaires coutumières

Kara, point de départ d’une nouvelle étape pour la décentralisation

Dans le nord du Togo, la ville de Kara a accueilli, mercredi 5 mars 2026, un rendez-vous important pour la gouvernance locale. Les maires des différentes collectivités territoriales se sont réunis pour l’assemblée générale constitutive de la Faîtière des Communes du Togo (FCT), une organisation destinée à fédérer l’ensemble des municipalités du pays.

La cérémonie d’ouverture des travaux a été présidée par le ministre de l’Administration territoriale, de la Gouvernance locale et des Affaires coutumières, le Colonel Hodabalo Hodabalo Awaté. Cette rencontre marque un moment charnière dans le processus de structuration des collectivités territoriales togolaises.

Car derrière cette initiative se dessine un objectif, celui de donner aux communes une voix collective et de renforcer leur capacité d’action dans le développement des territoires.

Ministère de l’Administration territoriale, de la Gouvernance locale et des Affaires coutumières
© Ministère de l’Administration territoriale, de la Gouvernance locale et des Affaires coutumières

Un projet né dans la dynamique des élections locales de 2019

Pour comprendre l’importance de cette organisation, il faut remonter à 2019, année des élections locales qui ont permis le retour effectif des conseils municipaux après plusieurs décennies d’interruption.

Avec l’installation des exécutifs dans les 117 communes du pays, les maires se sont rapidement retrouvés confrontés aux mêmes réalités : gestion des infrastructures locales, besoins en services sociaux, financement du développement ou encore dialogue avec l’État central.

Dans ce contexte, l’idée d’une structure commune s’est imposée progressivement. Avec pour objectif de créer un espace d’échanges, de partager les expériences et de coordonner les actions pour mieux répondre aux attentes des populations.

C’est ainsi qu’est née la Faîtière des Communes du Togo, conçue comme un cadre de solidarité entre les collectivités.

Ministère de l’Administration territoriale, de la Gouvernance locale et des Affaires coutumières
© Ministère de l’Administration territoriale, de la Gouvernance locale et des Affaires coutumières

Une organisation devenue la “maison commune” des maires

En quelques années, la FCT s’est affirmée comme un lieu de concertation privilégié pour les élus locaux. Elle permet notamment :

  • de renforcer la coopération entre communes,
  • de mutualiser les compétences et les bonnes pratiques,
  • de porter les préoccupations des collectivités auprès des autorités nationales.

Par ailleurs, administrer une commune, rappellent régulièrement les responsables municipaux, suppose une proximité constante avec les réalités du terrain : accès à l’eau, gestion des déchets, développement économique local ou encore aménagement urbain. Ainsi, la coordination entre maires apparaît comme un levier essentiel pour améliorer la qualité des services publics locaux.

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Yawa Kouigan : un mandat marqué par la structuration de la faîtière

À l’issue de cette assemblée générale, une nouvelle équipe dirigeante doit être élue pour conduire l’organisation dans les prochaines années.

La présidente sortante, Yawa Kouigan, quitte ses fonctions avec le sentiment d’avoir posé les bases d’une structure solide.

Durant son mandat, elle a mis l’accent sur l’organisation interne de la faîtière et sur le renforcement de la coopération entre les collectivités territoriales. Dans son intervention, l’ex-présidente a aussi tenu à remercier les maires pour la confiance accordée et pour l’esprit de collaboration qui a marqué ces années de travail commun.

Selon elle, l’expérience acquise collectivement doit désormais permettre à l’organisation de franchir une nouvelle étape.

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Une décentralisation au cœur du projet de gouvernance

Par ailleurs, les autorités considèrent la décentralisation comme un pilier du développement national. Dans son discours sur l’état de la Nation du 2 décembre 2025, Faure Essozimna Gnassingbé, président du Conseil, a insisté sur le renforcement des collectivités territoriales.

Selon cette vision, les communes constituent le premier niveau de contact entre l’État et les citoyens, là où les politiques publiques prennent forme dans la vie quotidienne.

L’objectif est de bâtir une gouvernance équilibrée, attentive aux réalités locales et garante de l’accès aux services essentiels.

Quels défis pour la prochaine équipe dirigeante ?

Après sa phase de mise en place, la Faîtière des Communes du Togo s’apprête à entrer dans une période de consolidation. Plusieurs défis se profilent pour la future direction : renforcer la coopération entre collectivités, améliorer les mécanismes de financement du développement local, accompagner la professionnalisation de la gestion municipale et accroître la visibilité des communes dans les politiques publiques.

 

À plus long terme, la faîtière entend jouer un rôle stratégique dans la mise en œuvre de projets de développement territoriaux et dans la recherche de partenariats avec des institutions internationales, confirmant ainsi son ambition de devenir un acteur incontournable de la gouvernance locale.

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Vers des communes plus fortes pour porter le développement

Finalement, la création et la consolidation de la FCT traduisent une conviction désormais partagée : le développement du Togo passe par la vitalité de ses territoires.

En effet, les communes, par leur proximité avec les populations, constituent un véritable laboratoire d’initiatives et d’innovations locales. Si la dynamique se confirme, la faîtière s’imposera comme un acteur central de la gouvernance territoriale.

Et, comme l’a rappelé la présidente sortante Yawa Kouigan, l’avenir de la décentralisation dépendra de la capacité des communes à unir leurs forces pour répondre aux besoins des citoyens.

Togo : Investiture du Commandant Viagbo, nouveau préfet d’Assoli

Nommé au début du mois de février, le Commandant Mensah Kafui Viagbo a été officiellement investi préfet d’Assoli le jeudi 12 février 2026. À Bafilo, cette passation de charges, placée sous le signe de la « loyauté », pose les jalons d’une nouvelle ère pour cette circonscription stratégique de la région de la Kara.

En effet, le paysage administratif du nord du Togo poursuit sa mue. Ce jeudi-là, la ville de Bafilo a été le théâtre d’un rituel républicain particulièrement suivi : l’installation officielle du nouveau préfet d’Assoli. Dans une salle comble, l’officier supérieur a succédé à M. Horoumila Ouro-Gouroungou, sous l’œil vigilant du Gouverneur de la région de la Kara, le Général Komlan Adjitowou.

Préfecture d’Assoli
© Préfecture d’Assoli

Une promotion issue du sérail sécuritaire

D’abord, il convient de souligner que la nomination du Commandant Viagbo, actée en Conseil des ministres le 2 février dernier, n’est pas passée inaperçue. Dans un contexte sous-régional marqué par des défis sécuritaires croissants, le choix d’un profil militaire à la tête de cette préfecture traduit clairement la volonté des autorités de conjuguer administration territoriale et vigilance sécuritaire.

À cet égard, le Général Adjitowou a rappelé la feuille de route assignée au nouvel entrant : garantir la paix et préserver la stabilité sociale. Mais au-delà du maintien de l’ordre, le préfet devra également exercer un contrôle administratif rigoureux sur les communes et les établissements publics locaux. Cette mission de tutelle constitue, en effet, un levier essentiel pour la consolidation du processus de décentralisation engagé au Togo.

Préfecture d’Assoli
© Préfecture d’Assoli

L’heure du bilan et des engagements

La cérémonie a aussi été l’occasion pour le préfet sortant, Horoumila Ouro-Gouroungou, de dresser un bilan succinct de son action. Dans une adresse empreinte de reconnaissance, il a exprimé sa gratitude au chef de l’État, Faure Essozimna Gnassingbé, tout en saluant la franche collaboration des populations d’Assoli durant son mandat.

Ensuite, dans un geste symbolique de continuité républicaine, il a transmis le témoin à son successeur, avec le souhait que les chantiers de développement amorcés connaissent une nouvelle impulsion.

De son côté, le Commandant Mensah Kafui Viagbo a adopté une posture résolument tournée vers le service public. En réaffirmant son attachement aux institutions de la République, il a pris l’engagement de travailler aux côtés de la jeunesse et des forces vives de Bafilo. Sa priorité, a-t-il laissé entendre, sera de traduire sa loyauté institutionnelle en actions concrètes au bénéfice des populations.

 

Une investiture sous le regard des notables

Par ailleurs, l’événement a mobilisé les principales figures politiques et administratives de la région. Du président du Conseil régional, Bakem Téba Blakinam, à l’honorable Bodé Idrissou Inoussa, en passant par les maires et les chefs traditionnels, la présence massive des acteurs locaux a souligné l’importance de cette transition.

Pour le maire de la commune hôte, Nouhoum Salissou Abou-Bakari, l’arrivée de cette nouvelle autorité administrative représente une opportunité. Selon lui, cette dynamique pourrait insuffler un nouvel élan à l’attractivité et au développement d’Assoli.

Au-delà du protocole, cette investiture marque une étape politique et administrative significative. Reste désormais au nouveau préfet à inscrire son action dans la durée et à répondre aux attentes d’une population attentive aux résultats.