OHADA : le Togo aux commandes de la réforme

Ce 12 mars 2026, le Garde des Sceaux togolais Pacôme Adjourouvi, qui assure également la présidence en exercice du Conseil des ministres de Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA), a reçu le Secrétaire permanent de l’institution, Mayatta Ndiaye Mbaye.

Derrière cette visite de courtoisie se dessine en réalité une séquence stratégique pour l’organisation juridique panafricaine, alors que plusieurs chantiers de réforme sont engagés afin d’adapter ses mécanismes institutionnels aux défis économiques du continent.

Ministère de la Justice et des Droits Humains - Togo
© Ministère de la Justice et des Droits Humains - Togo

Une réunion centrée sur la réforme interne de l’OHADA

Au cœur des échanges entre les deux responsables figurait l’évolution des travaux du comité ad hoc chargé de repenser le dispositif réglementaire qui encadre le fonctionnement des institutions de l’OHADA.

Ce groupe technique, actuellement réuni à Lomé, examine différentes pistes de modernisation visant à renforcer l’efficacité administrative et juridique de l’organisation. L’objectif est clair : adapter les structures de gouvernance de l’OHADA à un environnement économique africain en pleine mutation.

Depuis sa création en 1993, l’organisation s’est imposée comme l’un des piliers de la sécurité juridique pour les investissements dans plusieurs pays d’Afrique francophone et au-delà.

La présidence togolaise veut imprimer son rythme.

L’entretien a également permis d’aborder les priorités de la mandature togolaise à la tête du Conseil des ministres de l’OHADA. Pour Pacôme Adjourouvi, cette présidence représente une opportunité pour impulser une dynamique de réforme et renforcer l’attractivité juridique de l’espace OHADA.

Les discussions ont notamment porté sur les activités prévues dans les prochains mois, ainsi que sur les initiatives susceptibles de consolider l’harmonisation du droit des affaires dans les États membres.

Dans un contexte où les économies africaines cherchent à attirer davantage d’investissements internationaux, la modernisation du cadre juridique apparaît comme un levier déterminant.

Ministère de la Justice et des Droits Humains - Togo
© Ministère de la Justice et des Droits Humains - Togo

Un geste symbolique pour marquer la responsabilité togolaise

Profitant de cette rencontre, le Secrétaire permanent de l’OHADA a remis au ministre togolais les insignes et symboles complémentaires liés à la présidence du Conseil des ministres de l’organisation.

Ce geste protocolaire vise à matérialiser la responsabilité exercée actuellement par le Togo à la tête de l’instance décisionnelle de l’organisation.

Il s’inscrit dans la continuité de la cérémonie officielle de passation de charges tenue le 13 février 2026 au CASEF, marquant l’entrée en fonction de la présidence togolaise.

L’OHADA face aux nouveaux enjeux économiques africains

Au-delà de la symbolique institutionnelle, cette rencontre illustre les défis qui attendent l’organisation dans les prochaines années.

Face à l’accélération des transformations économiques sur le continent – digitalisation des entreprises, nouvelles formes d’investissement ou encore développement des marchés financiers –, l’OHADA est appelée à renforcer son rôle de garant d’un environnement juridique stable.

Pour plusieurs États membres, ces évolutions sont cruciales : elles conditionnent la confiance des investisseurs et la compétitivité des économies africaines.

Ainsi, derrière cette audience diplomatique se dessine un chantier plus vaste : celui de la modernisation du droit des affaires africain, indispensable pour accompagner la prochaine phase de croissance du continent. À Lomé, la présidence togolaise entend inscrire son action dans cette dynamique, en plaçant l’OHADA au cœur des nouveaux enjeux économiques africains.