Modernisation de la police : nouveaux équipements

Le ministre de la Sécurité a remis, le 31 janvier, d’importants moyens logistiques à la direction de la police. Entre résultats sportifs et rénovations immobilières, l’institution cherche à afficher un nouveau visage, plus mobile et plus professionnel.

 

C’est une séquence soigneusement orchestrée qu’a vécue la Direction générale de la police nationale (DGPN) togolaise, samedi 31 janvier 2026. Dans l’enceinte de l’institution, le colonel Calixte Batossie Madjoulba, ministre de la Sécurité, a présidé une cérémonie aux allures de bilan d’étape, entouré du haut commandement policier et de figures de la société civile. L’enjeu dépassait le simple protocole : il s’agissait de mettre en scène la modernisation d’une police confrontée à des défis sécuritaires croissants.

Police Nationale Togo
© Police Nationale Togo

La mobilité, nerf de la guerre sécuritaire

Le point d’orgue de cette rencontre fut l’alignement, sur le bitume impeccable de la direction, de quatorze véhicules pick-up neufs. En effet, ces moyens de transport, remis obligatoirement au commissaire divisionnaire Akatao Babarime, directeur général de la police, ne sont pas qu’un simple renouvellement de parc. Ils représentent, pour les autorités, le levier indispensable d’une « réactivité » accumulée sur le terrain.

Dans un pays où la sécurité urbaine et la surveillance du territoire sont des priorités de l’exécutif, cette dotation vise aussi à réduire les temps d’intervention et à marquer une présence plus visible de l’État.

Police Nationale Togo
© Police Nationale Togo

Sport et discipline : le « soft power » policier

Plus inhabituel pour une cérémonie sécuritaire, l’Association sportive de la police togolaise (ASPOTO) a présenté une moisson de sept trophées glanés au cours de l’année 2025. Par ailleurs, cette exposition sportive n’est pas anecdotique : pour la hiérarchie, l’excellence sur les terrains de sport est le reflet de la discipline et de la rigueur attendues sous l’uniforme. Le ministre a également vu dans ces succès un symbole de « performance » et de « cohésion », des valeurs que le gouvernement tente d’infuser au sein des forces de l’ordre pour améliorer leur image auprès de la population.

Police Nationale Togo
© Police Nationale Togo

Le défi de la gestion des biens publics

Après une visite des infrastructures récemment rénovées au sein de la DGPN, le colonel Madjoulba a tenu à rappeler une exigence de rigueur. Si l’État investit dans le cadre de travail et les équipements, il attend en retour une « gestion responsable » des deniers publics.

« Il est nécessaire de maintenir une police nationale moderne, efficace et proche des citoyens », a martelé l’autorité. Un discours qui fait écho à la vision du chef de l’État de transformer les forces de sécurité en une institution non plus seulement répressive, mais « professionnelle et compétitive » dans un environnement régional instable.

Cette journée, qui mêlait équipements rutilants et palmarès sportifs, marque une volonté de projection vers une police plus agile, tout en rappelant que la pérennité de ces réformes dépendra de la maintenance des acquis et de l’intégrité de ses agents.

Université de Lomé : une séminaire majeure pour moderniser son administration

Le temple du savoir togolais a lancé, lundi 2 février, un vaste cycle de séminaire . Entre gestion du stress et communication non violente, l’objectif est de moderniser l’administration universitaire pour faire face aux nouveaux enjeux du secteur.

 

C’est dans l’acoustique solennelle de l’auditorium de l’Université de Lomé (UL) que s’est ouverte, ce lundi, une initiative d’envergure pour la première institution d’enseignement supérieur du Togo. En effet, sous l’égide de la Direction des ressources humaines et avec le concours du Fonds national d’apprentissage, de formation et de perfectionnement professionnel (FNAFPP), l’université entame un séminaire de formation de quinze jours destiné à ses cadres et agents.

Derrière l’aspect protocolaire de la cérémonie d’ouverture, présidée par le secrétaire général de l’UL — représentant du président de l’institution —, se dessine aussi une volonté de réforme structurelle. Dans un contexte de massification des effectifs étudiants et de pression croissante sur les infrastructures, l’administration universitaire cherche à muter.

Université de Lomé
© Université de Lomé

L’humain au centre de la machine administrative

Le programme, qui s’étirera jusqu’au 17 février dans l’enceinte du bloc pédagogique 2, retarde les questions purement académiques pour se concentrer sur les « soft skills » (compétences douces). Management des ressources humaines, leadership, mais aussi — plus significatif encore — gestion du stress et sécurité au travail.

« L’objectif est de favoriser un environnement de travail sain et productif », souligne l’administration. En intégrant des modules sur la communication non violente et la négociation collective, l’Université de Lomé semble vouloir anticiper les tensions sociales inhérentes aux grands campus ouest-africains. Il s’agit aussi de substituer à l’autorité verticale un « leadership apaisé », plus apte à gérer les conflits internes.

Université de Lomé
© Université de Lomé

Un laboratoire de la fonction publique togolaise

Cette séance, rythmée par des mises en situation et des études de cas, dépasse le cadre d’une simple remise à niveau technique. Elle illustre également une tendance de fond dans la haute administration togolaise : la professionnalisation des ressources humaines pour garantir une continuité du service public.

En investissant dans la santé mentale et le bien-être de ses agents, l’UL fait le pari que l’efficacité pédagogique de ses facultés dépend, en amont, de la solidité et de la cohésion de son appareil administratif. Ainsi, les résultats de cette immersion managériale seront scrutés de près lors de la clôture des travaux, prévue le 17 février, date à laquelle l’institution espère avoir jeté les bases d’une gouvernance plus horizontale et résiliente.

Pour l’Université de Lomé, ce séminaire constitue une étape importante dans la consolidation de la cohésion interne et le renforcement de l’efficacité du personnel, dans un contexte marqué par des exigences croissantes en matière de performance et de gouvernance universitaire.

Université de Lomé
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Programme du séminaire de renforcement des capacités (Février 2026)

Période Module thématique Objectifs et approche
2-4 février Gestion, motivation et leadership Renforcer les compétences de gestion d’équipe et identifier également les leviers de motivation pour accroître la productivité.
5-6 février Gestion du stress, Santé et Sécurité Prévenir les risques psychosociaux et garantir un environnement de travail sécurisé et sain pour les agents.
10-12 février Négociation et Gestion des conflits Maîtriser les outils de médiation et le dialogue social pour désamorcer les tensions en milieu universitaire.
13-17 février Communication non violente et Leadership apaisé Développer une posture de leadership bienveillante pour une collaboration fluide et une meilleure cohésion d’équipe.

Togo : La diaspora de Vo 2 s’engage pour le développement local

 

En offrant des infrastructures de proximité à leur commune d’origine, les ressortissants de la préfecture de Vo installés à l’étranger illustrent une tendance croissante : celle d’un engagement civique qui dépasse les simples transferts de fonds familiaux.

Si les transferts de fonds de la diaspora africaine sont souvent analysés à l’échelle macroéconomique, c’est parfois dans des gestes très concrets que se mesure l’attachement au terroir. Dans le sud-est du Togo, la commune de Vo 2 vient d’en recevoir une illustration tangible. Une délégation de la diaspora locale a officiellement remis à la municipalité deux bancs en pierre et deux lampadaires, destinés à l’aménagement et à la sécurisation des espaces publics.

 

Un geste symbolique et politique

Au-delà de la valeur matérielle du don, l’initiative s’inscrit dans une dynamique assumée de patriotisme local. Pour les donateurs, l’objectif est double : contribuer à l’embellissement du cadre de vie et renforcer la sécurité nocturne grâce à l’amélioration de l’éclairage public.

Lors de la cérémonie de remise, les représentants des ressortissants de Vô vivant à l’étranger ont réaffirmé leur engagement à accompagner les actions de la municipalité. Ainsi, refusant de rester de simples spectateurs du développement local, ils voient dans l’investissement dans les infrastructures de proximité un levier essentiel pour rendre la commune plus attractive, plus sûre et plus agréable à vivre.

Commune Vo2 Mairie de Togoville
© Commune Vo2 Mairie de Togoville

La décentralisation au cœur du dialogue

Le maire de la commune, Dominique Godfroy Tomegah, a accueilli ce don avec une satisfaction non dissimulée. En effet, pour l’édile, cette initiative illustre concrètement la synergie possible entre les autorités locales et les fils et filles du terroir, où qu’ils se trouvent.

« Chaque contribution, aussi modeste soit-elle, participe à l’édification d’une commune plus accueillante et mieux équipée », a-t-il rappelé, soulignant que le développement de Vo 2 repose sur cette solidarité active entre résidents et expatriés.

 

Le défi du relais de la diaspora

Ce type d’initiative pose, une fois encore, la question du rôle structurant des diasporas dans le succès de la décentralisation au Togo. À Vo 2, l’enjeu sera désormais de transformer ces gestes symboliques en coopérations durables, capables d’accompagner des projets plus ambitieux.

En somme, entre embellissement urbain, amélioration des services de base et renforcement du lien social, la municipalité entend capitaliser sur cette dynamique pour inscrire la contribution de la diaspora dans une vision de développement local à long terme.

Converge Africa 2026 : l’économie numérique africaine passe à la vitesse supérieure

Du 4 au 6 mai 2026, l’événement Converge Africa réunira au Cap les poids lourds du commerce numérique africain. Entre fragmentation persistante des marchés, explosion du mobile money et montée des exigences en matière de confiance et de rentabilité, l’enjeu est désormais clair : transformer l’immense potentiel numérique du continent en une machine de croissance durable et profitable.

L’Afrique numérique à l’heure de la rentabilité

L’Afrique numérique ne veut plus seulement faire de la croissance, elle veut enfin la rentabiliser. Si le dynamisme du commerce électronique et l’adoption rapide des paiements mobiles ne sont plus à démontrer, plusieurs obstacles structurels continuent de freiner l’émergence de champions régionaux : fragmentation du commerce de détail, incohérence des données clients, complexité logistique du « dernier kilomètre », risques de fraude et méfiance persistante vis-à-vis des paiements en ligne.

Résultat : une croissance rapide, mais souvent coûteuse, difficile à industrialiser et encore trop peu scalable à l’échelle continentale.

Converge Africa, catalyseur de convergence

C’est précisément pour lever ces verrous que le CTICC du Cap accueillera, du 4 au 6 mai 2026, une nouvelle édition de Converge Africa. Pendant trois jours, l’événement réunira décideurs du retail et de l’e-commerce, acteurs de la fintech, spécialistes du marketing digital, de la cybersécurité, de la logistique et du dernier kilomètre autour d’un objectif commun : définir à quoi pourrait ressembler un commerce numérique africain sans friction, sans frontières et digne de confiance.

Cette ambition se reflète dans la confirmation d’un tour de table de partenaires stratégiques de premier plan, illustrant aussi la convergence indispensable entre technologie, finance et exécution terrain.

 

Un casting de poids : Intent HQ, Absa et BEES

Par ailleurs, pour son édition 2026, Converge Africa s’appuie sur un trio de sponsors qui quadrille l’ensemble de la chaîne de valeur du commerce numérique :

Le cerveau – Intent HQ (sponsor diamant).
Spécialiste de l’IA client, Intent HQ démontre comment transformer des données fragmentées en intentions d’achat exploitables en temps réel, tout en respectant des réglementations de plus en plus strictes en matière de protection de la vie privée. Sa plateforme IntentOne permet aussi d’aligner engagement client, prise de décision et exécution marketing sans remplacer les systèmes existants — un enjeu clé pour des marchés africains encore très hétérogènes.

Le moteur financier – Absa Bank (sponsor platine).
Le groupe bancaire panafricain se positionne sur les nerfs de la guerre du commerce numérique : paiements transfrontaliers, sécurité, lutte contre la fraude et services marchands omnicanaux. À l’heure où la confiance reste un facteur limitant majeur du e-commerce, Absa incarne l’infrastructure financière indispensable à un commerce africain à grande échelle.

Le bras armé – BEES (sponsor Or).
Plateforme mondiale de commerce B2B, BEES s’attaque à l’un des défis les plus complexes du continent : la numérisation de millions de détaillants indépendants qui constituent le cœur battant de la consommation africaine. En connectant commandes, paiements, promotions et données terrain, la plateforme apporte des réponses concrètes à la fragmentation du retail et aux problèmes d’exécution.

 

Sortir durablement de la fragmentation

« Pour développer le commerce numérique en Afrique, il faut bien plus qu’une solution unique ; il est indispensable de mettre en œuvre des stratégies, des infrastructures et une exécution efficace », résume Terry Southam, directeur du groupe Retail chez Converge Africa.

Le diagnostic est sans détour : l’adoption du numérique par les consommateurs progresse plus vite que la capacité des entreprises à l’orchestrer. Données clients déconnectées, réseaux de distribution informels, paiements complexes et risques de fraude freinent encore la transformation de la croissance en rentabilité. En 2026, le véritable défi sera donc celui de l’intégration.

 

Vers un commerce africain « sans friction »

Pendant trois jours, les échanges au Cap ne porteront pas sur les gadgets technologiques, mais sur l’efficacité opérationnelle et la création de valeur mesurable. Comment sécuriser les transactions omnicanales ? Comment connecter données, marketing et logistique pour garantir une livraison fiable ? Enfin, comment transformer l’intention client en chiffre d’affaires réel, sans sacrifier la confiance ni la vie privée ?

En réunissant des experts de la fintech, de la logistique, du marketing digital et de la cybersécurité, Converge Africa ambitionne de dessiner les contours d’un marché numérique africain plus cohérent, où la technologie ne serait plus un centre de coûts, mais le principal levier de la valeur client à vie.