Déjà présente lors du Mondial féminin en 2023, la native de Lomé figure sur la liste des officiels présélectionnés pour la Coupe du monde masculine de la FIFA aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Une nouvelle étape dans une carrière marquée par la précocité et la maîtrise technologique.
Dans le cercle très fermé de l’arbitrage de haut niveau, le nom de Vicentia Amédomé n’est plus une surprise, mais une confirmation. À 44 ans, l’arbitre international togolaise vient de franchir un nouveau cap symbolique : sa présélection officielle pour la Coupe du monde 2026, qui se tiendra pour la première fois dans trois pays nord-américains.
Si cette liste doit encore être affinée par la commission des arbitres de la FIFA, la présence de Mme Amédomé témoigne de la confiance croissante de l’instance faîtière envers les officiels africains, et plus particulièrement envers les femmes, dont l’intégration dans les compétitions masculines majeures s’accélère depuis le Mondial 2022 au Qatar.
Une pionnière du sifflet
Par ailleurs, le parcours de Vicentia Amédomé est celui d’une pionnière. Arbitre FIFA depuis 2015, elle a patiemment gravi les échelons des compétitions continentales avant de s’imposer sur la scène mondiale. En 2023, elle entrait déjà dans l’histoire en officiant lors du Championnat d’Afrique des nations (CHAN) en Algérie, devenant ainsi l’une des rares femmes à diriger des rencontres masculines de ce niveau sur le continent.
Sa polyvalence constitue son principal atout. Capable de diriger le jeu au centre du terrain comme de superviser les écrans de l’assistance vidéo (VAR), elle appartient aussi à cette nouvelle génération d’arbitres « hybrides », rompus aux subtilités technologiques qui ont transformé le football moderne. Son expérience lors de la finale de la Ligue des champions féminines de la CAF en 2022 et lors du Mondial féminin en Australie et Nouvelle-Zélande a achevé de convaincre les observateurs de sa solidité mentale.
L’excellence togolaise à l’épreuve du haut niveau
Pour le Togo, cette présélection est une victoire diplomatique et sportive. Alors que les « Éperviers » peinent parfois à retrouver les sommets du football continental, l’arbitrage togolais, lui, s’exporte avec succès. Mme Amédomé n’est pas seulement une figure de proue nationale ; elle est devenue un modèle de professionnalisme dans une région où les carrières d’arbitres féminines restent semées d’embûches.
Le chemin vers 2026 passera désormais par des séminaires intensifs et des tests physiques rigoureux. Dans un sport où la pression sur le corps arbitral n’a jamais été aussi forte, Vicentia Amédomé devra confirmer sa régularité pour transformer cette présélection en une place définitive sur la pelouse des stades américains. Mais pour celle qui a fait du sifflet une arme de précision, le défi semble à sa mesure.

