Togo : la BAD prépare un programme de développement des filières bovine et avicole

Au Togo, la BAD explore le potentiel de l’élevage avec la CTOP pour structurer les chaînes de valeur bovine et avicole.

À Lomé, une étape stratégique vient d’être franchie pour l’avenir de l’élevage togolais. La Coordination Togolaise des Organisations Paysannes et de Producteurs Agricoles (CTOP) a reçu, ce matin, une délégation de la Banque africaine de développement (BAD). Objectif : poser les bases d’un programme ambitieux dédié au développement des chaînes de valeur des filières bovine, petits ruminants et avicole au Togo.

 

Un secteur clé pour l’économie rurale

Dans un contexte marqué par la hausse des importations de produits carnés et la pression sur le pouvoir d’achat, l’élevage apparaît plus que jamais comme un levier stratégique. En effet, ce sous-secteur contribue de manière significative aux revenus des ménages ruraux et à la sécurité alimentaire nationale.

Ainsi, la mission de la BAD s’inscrit dans une logique d’investissement structurant. Il s’agit, concrètement, d’identifier les maillons faibles des différentes filières — de la production à la commercialisation — afin de bâtir un programme capable de stimuler durablement la production animale au Togo.

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Écouter les acteurs à la base

Contrairement à une approche descendante, la délégation a privilégié l’échange direct avec les producteurs. Réunis au siège de la CTOP, éleveurs, représentants d’organisations professionnelles et acteurs de la filière avicole ont exposé sans détour leurs réalités quotidiennes.

D’une part, ils ont détaillé les contraintes techniques : accès insuffisant aux poussins de qualité, coût élevé des aliments pour bétail, disponibilité limitée des vaccins et exposition accrue aux maladies animales.

D’autre part, les difficultés financières ont été largement évoquées. L’accès au crédit reste complexe, notamment pour les petits producteurs. À cela s’ajoutent des infrastructures parfois inadaptées, des circuits de commercialisation peu structurés et une concurrence accrue des produits importés.

Cependant, au-delà des obstacles, les professionnels ont également mis en avant le potentiel considérable des filières bovine, ovine, caprine et avicole. Selon eux, un appui ciblé sur la productivité, la biosécurité, la transformation locale et l’organisation des marchés pourrait rapidement produire des résultats tangibles.

 

Structurer pour mieux transformer

La CTOP, en tant que plateforme faîtière des organisations paysannes togolaises, joue un rôle d’interface entre les producteurs et les partenaires techniques et financiers. Cette rencontre a donc permis à la BAD de recueillir des données de terrain précises, directement issues des exploitations familiales.

En outre, l’enjeu dépasse la simple augmentation des volumes de production. Il s’agit de structurer l’ensemble des chaînes de valeur : amélioration génétique, alimentation animale, abattage, transformation, conditionnement et distribution.

À terme, le futur programme vise plusieurs objectifs complémentaires :

  • renforcer la résilience des systèmes d’élevage face aux chocs sanitaires et climatiques ;
  • Accroître la production locale de viande et de produits avicoles ;
  • améliorer les revenus des éleveurs ;
  • réduire la dépendance du pays aux importations.

 

Vers une souveraineté alimentaire renforcée ?

En toile de fond, c’est la question de la souveraineté alimentaire qui se dessine. En misant sur l’élevage local, le Togo pourrait non seulement sécuriser son approvisionnement en protéines animales, mais également créer davantage d’emplois en milieu rural.

Toutefois, la réussite d’un tel programme dépendra de la coordination entre les pouvoirs publics, les institutions financières et les organisations professionnelles. La phase de préparation actuellement en cours apparaît donc déterminante.

Si les engagements se concrétisent, cette initiative pourrait marquer un tournant pour l’élevage togolais, longtemps considéré comme secondaire, mais désormais perçu comme un moteur potentiel de croissance inclusive.

L’essor de l’agrobusiness : une initiative de Emmanuel Adebayor

Dans l’écrin verdoyant de Lavié, éloigné de l’agitation de la capitale togolaise, une révolution silencieuse prend forme sous l’égide de la Fondation SEA, présidée par l’éminent footballeur Sheyi Emmanuel Adebayor. La fondation a récemment inauguré la deuxième promotion de son ambitieux projet d’incubation, visant à insérer professionnellement la jeunesse togolaise dans le secteur prometteur de l’agrobusiness.

Formation et Mentorat : Les nouveaux horizons de l’agriculture togolaise grâce à la Fondation SEA

En effet, trente jeunes, sélectionnés pour leur dynamisme et leur engagement, se voient offrir une formation de six semaines, axée sur l’entrepreneuriat agricole. Une période d’apprentissage intense précédera un stage pratique qui mettra à l’épreuve les théories et compétences acquises. Les stagiaires bénéficieront également d’un accompagnement personnalisé pour élaborer leurs plans d’affaires, garantissant un suivi cohérent et structuré.

L’initiative, qui bénéficie déjà du soutien du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), pourrait également recevoir l’appui des autorités togolaises. Myriam Dossou-d’Almeida, ministre du développement à la base et de l’emploi des jeunes, a exprimé son enthousiasme lors du lancement, soulignant la diversité des profils des participants et l’engagement du gouvernement à accompagner leurs aspirations.

La Fondation SEA ne s’arrête pas là : elle envisage de former 1050 jeunes sur trois ans, à travers un programme tripartite comprenant la formation, la création d’un réseau d’agropreneurs leaders et le soutien à l’émergence d’agro-entreprises. La première cohorte, lancée en janvier 2023, a déjà permis à une cinquantaine de jeunes de bénéficier de cette formation innovante.

En somme, la Fondation SEA, avec le soutien de partenaires stratégiques, s’attelle à forger une nouvelle génération d’agriculteurs togolais, armés de savoir-faire et d’une vision entrepreneuriale, prêts à transformer le paysage agricole du Togo.