Éthiopie : Le pari historique de la monnaie « Made in Addis »

Addis-Abeba, 20 janvier 2026 – Lors d’une déclaration faite à l’occasion du Finance Forward Ethiopia 2026, qui marque un tournant historique pour la Corne de l’Afrique, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a annoncé une mesure radicale pour l’indépendance financière du pays : l’Éthiopie va désormais produire sa propre monnaie localement. Cette décision met fin à des décennies de dépendance vis-à-vis de prestataires étrangers, notamment le géant britannique De La Rue, qui assurait jusqu’ici l’impression des billets de banque nationaux.

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Un acte de souveraineté économique

Pour le gouvernement éthiopien, l’enjeu dépasse la simple logistique industrielle. Cette transition vers une production nationale est avant tout un geste de souveraineté économique. En rapatriant l’impression de sa monnaie, l’Éthiopie entend reprendre un contrôle total sur l’un des symboles les plus régaliens de l’État.

Jusqu’à présent, comme de nombreuses nations africaines, Addis-Abeba devait sous-traiter la fabrication de sa monnaie à des imprimeries de haute sécurité en Europe. Ce processus, bien que courant, exposait le pays à plusieurs vulnérabilités. Le Premier ministre a ainsi souligné que cette relocalisation permettra de réduire les coûts substantiels de production et de transport, tout en éliminant les risques logistiques et géopolitiques liés à l’impression à l’étranger.

Ethiopian Investment Holdings (EIH)
© Ethiopian Investment Holdings (EIH)

L’EIH au cœur de la stratégie 2030

Cette annonce s’inscrit dans une vision macroéconomique plus large portée par Ethiopian Investment Holdings (EIH), le fonds souverain du pays. Créée en 2021, la société EIH supervisera ce projet et gérera les investissements nationaux. Le développement d’infrastructures capables de produire des billets de banque répond à une ambition claire : diversifier l’économie et renforcer les institutions financières nationales.

Le gouvernement a fixé un cap ambitieux pour les années à venir : porter la contribution de l’EIH à 20 % du Produit Intérieur Brut (PIB) d’ici 2030. En investissant dans des secteurs stratégiques et technologiques, comme la monétique de haute sécurité, le pays espère à la fois économiser des devises étrangères et stimuler l’innovation locale.

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Un symbole pour le continent ?

L’Éthiopie, pays au passé millénaire et siège de l’Union africaine, envoie ici un signal fort à l’ensemble du continent. Alors que le débat sur l’autonomie monétaire et la réduction de l’influence des anciennes puissances coloniales est plus vif que jamais, la décision d’Abiy Ahmed pourrait inspirer d’autres capitales africaines.

Si le défi technique est immense — l’impression de billets nécessitant des technologies de pointe pour contrer la contrefaçon —, l’Éthiopie semble prête à franchir ce cap pour asseoir définitivement son rôle de puissance émergente en Afrique de l’Est.

CAN 2025 : Entre sacré du Sénégal et chaos arbitral, le bilan d’une édition

Lundi 19 janvier 2026 – Le rideau est tombé sur la Coupe d’Afrique des Nations 2025 au Maroc, et le constat est aussi brillant qu’électrique. Alors que le président de la CAF, Patrice Motsepe, n’a pas hésité à qualifier cette édition de « meilleure CAN de tous les temps », le tournoi s’achève dans une atmosphère de tension extrême, marquée par une fronde sans précédent contre le corps arbitral.

 

Le sacre du Sénégal au bord de l’implosion

L’image reste gravée comme le point culminant de cette compétition : à la 112ᵉ minute de la finale opposant le Sénégal au Maroc, les Lions de la Teranga ont temporairement quitté la pelouse. Un geste de protestation radical face à un arbitrage jugé injuste, illustrant le fossé grandiose entre les acteurs du jeu et les décisions officielles. Si le retour des Sénégalais a permis de conclure la rencontre sur un sacré historique, cet incident symbolise à lui seul une CAN où le sifflet a souvent fait plus de bruit que le ballon.

 

La chute des icônes : le cas Samuel Eto’o

La sévérité des instances ne s’est pas fait attendre. Samuel Eto’o, figure emblématique du football continental, a été lourdement sanctionné. Pour avoir remis en question l’intégrité des arbitres lors des chocs contre le Maroc et le Cameroun, l’ancien international a écopé d’une amende de 20 000 dollars assortie d’une suspension de quatre matches. Un signal fort envoyé par la CAF : personne, pas même une légende, n’est au-dessus de l’autorité du terrain.

 

Un continent uni dans la contestation

Mais le Sénégal et Eto’o ne sont pas des cas isolés. Tout au long de la phase finale, un vent de fronde a soufflé sur les pelouses marocaines :

  • Le Nigeria en colère : lors des demi-finales, les supporters des Super Eagles ont vivement déploré un arbitrage qu’ils ont qualifié de défaillant, estimant que le sort du match leur avait échappé pour des raisons extra-sportives.
  • L’Algérie conteste : la délégation algérienne a vraisemblablement manifesté son mécontentement après son duel face au Nigeria, pointant du doigt des décisions litigieuses ayant fait basculer la rencontre.
  • L’Égypte accuse : en demi-finale face au Sénégal, les joueurs égyptiens ont multiplié les gestes de dépit, accusant ouvertement l’arbitre de partialité en faveur des futurs champions.

 

Un bilan en demi-teinte ?

Si, sur le plan des infrastructures, du spectacle et de la ferveur populaire, Patrice Motsepe a raison de célébrer un succès historique, l’ombre de la suspicion pèse sur l’équité sportive. La CAN 2025 a prouvé que le football africain dispose de talents et de moyens colossaux, mais elle a également révélé une crise de confiance profonde envers l’arbitrage.

En somme, entre la gloire des Lions et la colère des vaincus, cette édition restera celle de tous les contrastes. Le défi pour la prochaine CAN sera de maintenir ce niveau d’excellence tout en réconciliant les cœurs avec les lois du jeu.

Erasmus+ à l’Université de Lomé : cap sur la mobilité académique

Lomé, 19 janvier 2026 – L’Université de Lomé a accueilli, ce lundi, une importante session d’information consacrée au programme Erasmus+, initiative phare de l’Union européenne dédiée à l’enseignement supérieur, à la recherche et à la mobilité académique.

Organisée par le Ministère délégué chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, en collaboration avec le Point focal national Erasmus+ et ses partenaires, cette rencontre s’est tenue à l’auditorium de l’Université de Lomé, en mode hybride, combinant participation en présentiel et en ligne.

Université de Lomé
© Université de Lomé

L’événement a réuni un large public composé des autorités universitaires et ministérielles, des enseignants-chercheurs, des étudiants, ainsi que du personnel administratif, témoignant de l’intérêt croissant de la communauté universitaire pour les opportunités internationales offertes par Erasmus+.

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Au cours de cette session, les autorités ont présenté aux participants les nombreuses possibilités qu’offre le programme, notamment en matière de mobilité académique, de coopération universitaire, de recherche et de renforcement des capacités. Ils ont également mis l’accent sur les mécanismes de montage et de participation aux projets Erasmus+, afin d’aider les enseignants-chercheurs, le personnel administratif et les étudiants à mieux répondre aux appels à projets.

Selon les autorités, cette initiative vise à encourager une plus forte implication de l’Université de Lomé dans les programmes internationaux, tout en améliorant sa visibilité académique et scientifique sur la scène régionale et internationale.

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Pour les participants, cette session constitue une opportunité majeure de s’ouvrir à l’international, de développer de nouvelles compétences et de renforcer les partenariats universitaires, dans un contexte où la coopération académique est devenue un levier essentiel du développement de l’enseignement supérieur.

Maroc-Sénégal : Une finale de CAN absolument folle !

Rabat, 19 janvier 2026 – Le football africain a basculé dans l’irréel hier soir.Ce qui devait être le couronnement attendu du Maroc, à domicile, s’est transformé en un thriller psychologique dépassant toutes les fictions. Entre décisions arbitrales contestées, un abandon de terrain frôlé et un dénouement cruel, la nuit de Rabat restera comme l’une des plus électriques de l’histoire de la CAN.

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Le tournant du chaos

Tout a basculé à la 92ᵉ minute, dans un stade en ébullition. Alors que le score est de 0-0, le Sénégal pense tenir son sacre grâce à un but libérateur. Mais l’arbitrage le refuse pour une faute légère, sans même consulter la VAR. La fureur sénégalaise explose, surtout quand, à la 96ᵉ minute, la vidéo intervient cette fois pour offrir un penalty au Maroc.

Le sentiment d’injustice est tel qu’à la 112ᵉ minute, un événement rarissime se produit : les Lions de la Teranga, excédés, quittent la pelouse sur ordre de leur entraîneur. On pense alors que la finale va se terminer par un forfait historique, plongeant le stade dans une confusion totale.

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Le coup de poker tragique de Brahim Diaz

Il aura fallu toute la sagesse de Sadio Mané pour aller chercher ses frères dans les vestiaires. À la 123ᵉ minute, le Sénégal revient sur le terrain, porté par une rage qu’on connaît au lion, leur emblème.

C’est alors que survient l’instant qui hantera à jamais la carrière de Brahim Diaz. À la 125ᵉ minute, la star du Real Madrid a le destin de tout un peuple au bout du pied. Dans un excès d’assurance qui confine à l’imprudence, il tente une Panenka. Le geste est raté, le ballon capté, et le stade s’éteint d’un coup. Brahim Diaz s’effondre en larmes sur la pelouse marocaine, conscient d’avoir commis l’irréparable.

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Pape Gueye, le bourreau de Rabat

Le sport est d’une cruauté sans nom pour les uns, et d’une gloire éternelle pour les autres. Profitant du traumatisme marocain après ce penalty manqué, le Sénégal jette ses dernières forces dans la bataille. Au bout du bout des prolongations, Pape Gueye surgit pour climatiser l’enceinte de Rabat. Son but offre le trophée aux Sénégalais et plonge le royaume dans un silence de cathédrale.

Le Sénégal réalise l’exploit HISTORIQUE de s’imposer en terre marocaine au terme d’un match qui fera date pour son scénario absolument légendaire.

Sénégal – Maroc : qui sera sacré champion d’Afrique ?

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Les retrouvailles des meilleures équipes

L’équipe nationale du Sénégal se retrouve en finale pour la troisième fois sur quatre éditions. En 2019, les « Lions de la Téranga » se sont inclinés face à l’Algérie, et en 2022, ils sont venus à bout de l’Égypte aux tirs au but. Les Sénégalais ont également disputé une finale en 2002, qui s’est soldée par un échec aux tirs au but face au Cameroun. Cette équipe fait preuve d’une impressionnante régularité et reste invaincue depuis 17 matchs dans le cadre de la CAN.

En 2022, le Maroc a atteint le dernier carré de la Coupe du monde, le meilleur résultat jamais obtenu par une équipe africaine dans l’histoire de la compétition. Cependant, les « Lions de l’Atlas » n’arrivent pas à retrouver leur niveau habituel à la CAN depuis longtemps. Il s’agit de leur première finale depuis 2004, leur seul sacre remontant à 1976.

Sur le chemin de la finale, les deux équipes ont affiché des statistiques similaires : 5 succès et 1 enjeu partagé. Mais avec une différence notable : le Sénégal n’a pas réussi à s’imposer en phase de poules face à la RD Congo, alors que la situation ne l’exigeait pas. Les Marocains, quant à eux, ont disputé un match dingue de 120 minutes, suivi d’une séance de tirs au but en demi-finale face au Nigeria.

Fait intéressant, le Sénégal et le Maroc sont les deux équipes les plus chères de la CAN 2025 selon Transfermarkt.

 

Effectif

Avant même les barrages, le Maroc a perdu Azzedine Ounahi sur blessure, mais la profondeur de son effectif lui permet de pallier cette lacune.

Côté Sénégal, Kalidou Koulibaly et Habib Diarra seront forfaits pour la finale suite à leur disqualification, ce dernier étant devenu titulaire indiscutable lors des barrages. Leurs performances n’ayant pas été très bien notées, Koulibaly reste quand même le capitaine et le pilier de la défense.

 

Scénario possible

Les deux affiches du Final Four ont été marquées par un jeu extrêmement prudent. En finale, la pression sera encore plus accablante.

Les deux équipes aiment contrôler le ballon. Mais pour le Sénégal, la possession s’avère souvent stérile. Les « Lions de la Téranga » n’auraient pas pu percer l’arrière-garde égyptienne en demi-finale, si Sadio Mané n’avait pas osé exécuter la frappe lointaine imparable (2 buts et 3 assists au cours du tournoi).

Le Maroc n’a encaissé qu’un seul but, mais même en demi-finale contre le Nigeria, la meilleure attaque de la CAN 2025, l’équipe n’a pas adopté un jeu de béton rigoureux, malgré quelques pertes de balle. Les « Lions de l’Atlas » rencontrent également des difficultés dans le placement offensif, et Brahim Díaz, auteur de 5 des 9 buts des hôtes du championnat, n’a pas cassé trois pas à un canard face aux « Super Eagles ». Ayoub El Kaabi (3 pions) n’a eu qu’une seule action décisive en barrages : une offrande décisive à Ismael Saibari en quarts de finale.

Par ailleurs, les deux finalistes peuvent se vanter des gardiens de but d’élite. Yassine Bounou et Édouard Mendy concèdent tous deux moins de buts que ne le laissent présager les xG de leurs rivaux.

 

Fait intéressant :

Les hôtes de la CAN ont célébré la victoire dans 12 sur 15 finales, dont les trois dernières. Un argument de poids en faveur du Maroc.

Cotes : V1 – 3,565, X – 3,155, V2 – 2,363. Vainqueur : Sénégal – 2,19, Maroc – 1,6

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Médiation RDC à Lomé : Faure Gnassingbé reçoit le panel de l’UA

Lomé, 16 janvier 2026 — La capitale togolaise confirme son statut de plaque tournante de la médiation africaine. Au lendemain d’un ballet diplomatique intense au Palais de la Présidence du Conseil, le Togo s’impose plus que jamais comme le pivot des efforts du continent pour éteindre l’incendie qui ravage l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC).

En effet, hier, le Chef de l’État togolais, SE Faure Essozimna Gnassingbé, a reçu une délégation exceptionnelle conduite par le Président de la Commission de l’Union Africaine (UA), SE Mahmoud Ali Youssouf. Par ailleurs, cette rencontre marque un véritable tournant dans la mission de médiation confiée au président togolais par l’organisation panafricaine.

 

Un « Panel de Sages » pour une paix durable

L’ampleur de la délégation dépêchée à Lomé témoigne de l’urgence de la situation. Le Président Mahmoud Ali Youssouf n’est pas venu seul ; il est accompagné d’un véritable « commando diplomatique » composé d’anciens chefs d’État dont l’expérience est inégalée sur le continent.

Ainsi, parmi les membres de ce Panel de facilitateurs présents au Palais Présidentiel, on retrouve :

  • Olusegun Obasanjo (Nigéria) et Uhuru Kenyatta (Kenya), médiateurs historiques du continent ;
  • Sahle-Work Zewde (Éthiopie) et Catherine Samba-Panza (Centrafrique), figures de proue de la diplomatie de paix ;
  • Mokgweetsi Masisi (Botswana), dont la sagesse politique est unanimement reconnue.

En réunissant ces personnalités, l’Union Africaine entend donner un poids supplémentaire à la médiation dirigée par le Président Gnassingbé. Leur rôle ne se limite pas à des échanges symboliques : il s’agit d’engager des discussions au plus haut sommet, de restaurer la confiance entre les belligérants et d’harmoniser les différentes initiatives régionales pour aboutir, enfin, à une solution politique durable.

Présidence du Conseil du Togo
© Présidence du Conseil du Togo

Lomé, capitale de la médiation africaine

En sa qualité de médiateur principal de l’UA pour l’Est de la RDC, Faure Gnassingbé a mené des consultations approfondies avec ses hôtes. Dans la continuité des efforts déjà engagés, cette mission vise à évaluer les progrès réalisés et à identifier les nouveaux leviers pour rétablir la sécurité et la stabilité dans une région meurtrie par des décennies de violences.

Dès leur arrivée à l’aéroport international Gnassingbé Eyadéma, le Ministre des Affaires étrangères, le Professeur Robert Dussey, a accueilli les émissaires de l’UA. Ce geste protocolaire, au-delà de la courtoisie, souligne également l’importance capitale que le Togo accorde à cette mission.

 

Vers une issue politique ?

Alors que les solutions purement militaires montrent leurs limites, l’UA parie sur cette médiation de haut niveau. De fait, l’expertise combinée de ces anciens dirigeants, sous la coordination du Togo, vise à créer un espace de dialogue sincère entre Kinshasa et les différents acteurs du conflit.

Le défi est immense. Néanmoins, la mobilisation liée à Lomé envoie un signal fort au reste du monde : l’Afrique prend sa responsabilité pour résoudre ses propres crises. Le chemin vers la paix dans le Kivu passe désormais, de manière incontournable, par les couloirs diplomatiques de Lomé.

Paix en RDC : Uhuru Kenyatta et les sages africains réunis à Lomé

Lomé, 16 janvier 2026— Alors que les échos des combats s’atténuent progressivement dans le Nord-Kivu, la capitale togolaise est devenue, le temps d’un sommet crucial, l’épicentre des espoirs de paix pour la République démocratique du Congo (RDC). L’ancien président kényan Uhuru Kenyatta a fait une apparition remarquée, réaffirmant son rôle de médiateur infatigable pour la stabilité de l’Afrique Centrale.

 

Un front uni d’anciens chefs d’État

Uhuru Kenyatta n’est pas venu seul. Autour de la table, une constellation de « facilitateurs » africains de haut vol s’est réunie pour peser de tout son poids politique. On y retrouve notamment les anciens présidents Olusegun Obasanjo (Nigeria) et Mokgweetsi Masisi (Botswana), ainsi que les anciennes dirigeantes Sahle-Work Zewde (Éthiopie) et Catherine Samba-Panza (Centrafrique).

Ce « club de sages » s’est donné une mission claire : transformer l’accalmie fragile sur le terrain en une stabilité permanente. Les discussions de Lomé ne se limitent pas aux seules questions militaires ; elles englobent aussi la coordination politique régionale, le soutien aux populations civiles meurtries et, surtout, la relance économique, moteur indispensable d’une paix durable.

 

L’effet « Accord de Washington »

Cette réunion intervient dans un contexte particulièrement favorable, deux mois seulement après la signature historique d’un accord de paix entre le Rwanda et la RDC à Washington, en novembre 2025. Négocié sous l’égide du président américain Donald Trump, cet accord a radicalement fait baisser la tension entre Kinshasa et Kigali, offrant une fenêtre de tir inespérée aux médiateurs africains.

Pour Uhuru Kenyatta, il s’agit désormais de capitaliser sur ce rapprochement bilatéral pour relancer le Processus de Nairobi . Il insiste sur une approche globale : la paix entre voisins est nécessaire, mais elle doit s’accompagner d’un dialogue inter-congolais inclusif pour résoudre les chagrins internes qui alimentent les groupes armés depuis des décennies.

 

L’unité africaine comme bouclier contre le sous-développement

Au-delà du dossier congolais, l’ancien président kényan a profité de la tribune de Lomé pour lancer un avertissement sévère à ses paires. Pour lui, le manque d’unité entre les nations africaines est le principal frein au développement du continent.

« L’instabilité en RDC n’est pas qu’un problème congolais, c’est une plaie sur le flanc de toute l’Afrique », a-t-il rappelé. En exhortant les pays de la région à coordonner leurs politiques de sécurité et leurs infrastructures économiques, Kenyatta espère transformer l’Est du Congo, zone de conflit chronique, en un carrefour de coopération pour l’Afrique de l’Est et Australe.

Le sommet de Lomé marque ainsi une étape déterminante : celle où la diplomatie de terrain réussit aux grandes déclarations d’intention, avec l’espoir que 2026 soit enfin l’année de la fin du calvaire pour les civils du Kivu.

Togo : Plus de 5 tonnes de stupéfiants brûlés à Agoè

Lomé, 15 janvier 2026 —L’air était chargé d’une fumée noire symbolique hier sur le site du champ de tir d’Agoè. En effet, sous un soleil de plomb, le gouvernement togolais a joint l’acte à la parole en procédant à la destruction solennelle d’une quantité impressionnante de stupéfiants saisis au cours de l’année écoulée. Ainsi, cette opération de « feu de joie » pour la sécurité nationale marque une nouvelle étape dans la stratégie de « tolérance zéro » prônée par les plus hautes autorités du pays.

Ministère de la Sécurité
© Ministère de la Sécurité

Un arsenal de substances illicites détruites

L’ampleur du brasier témoigne de l’efficacité, mais également de l’immensité du défi auquel font face les services de répression. En effet, sous la coordination de l’Office Central de Répression du Trafic Illicite des Drogues et du Blanchiment (OCRTIDB) et du Comité National Anti-drogue (CNAD), les chiffres officiels donnent le tournis :

  • Plus de 5,2 tonnes de cannabis, la substance la plus saisie ;
  • 51,77 kg de cocaïne, ce qui démontre la surveillance des routes internationales ;
  • 8,5 kg de méthamphétamine ;
  • 377,78 kg de psychotropes illicites, ces médicaments détournés qui ravagent la santé des plus jeunes.

De plus, la cérémonie s’est déroulée sous l’égide du ministre de la Sécurité, Son Excellence M. Calixte Batossie Madjoulba. Sa présence, entourée de membres du gouvernement, de hauts responsables des Forces de Défense et de Sécurité (FDS) et de partenaires internationaux, souligne aussi le caractère multidimensionnel de cette lutte : elle est à la fois sécuritaire, sanitaire et diplomatique.

Ministère de la Sécurité
© Ministère de la Sécurité

Protéger la jeunesse, pilier du développement

Au-delà de l’aspect spectaculaire des flammes, cet acte traduit une détermination sans faille. Ainsi, pour l’État togolais, le trafic de drogue n’est pas qu’un simple délit économique ; c’est une menace directe contre la santé publique et, surtout, contre l’avenir de la jeunesse. Par conséquent, en détruisant ces produits, les autorités entendent casser les circuits de distribution qui gangrènent les quartiers et freinent le développement humain.

Le ministre Madjoulba a rappelé que ce processus n’est pas arbitraire. Au contraire, il constitue l’aboutissement de procédures judiciaires rigoureuses, réalisées dans le strict respect des lois de la République et des conventions internationales auxquelles le Togo a souscrit.

Ministère de la Sécurité
© Ministère de la Sécurité

Un signal fort pour les réseaux criminels

Par cette destruction publique, le Togo envoie un message clair aux réseaux de trafiquants qui tenteraient d’utiliser le territoire national comme zone de transit ou de consommation : la riposte sera systématique et sans complaisance. L’engagement réaffirmé hier à Agoè place le pays comme un rempart solide en Afrique de l’Ouest.

En assainissant ainsi l’environnement social de ces substances toxiques, le gouvernement pose les jalons d’un cadre sécurisé, propice à un développement durable et serein pour chaque citoyen. En définitive, cette action spectaculaire illustre la volonté d’un État de protéger sa jeunesse et de renforcer sa souveraineté face aux menaces transnationales.

AFRISTAT : le Togo passe le relais à la Guinée équatoriale

Lomé, 14 janvier 2026 — L’heure est à la rétrospective et à la passation de pouvoir au sein des grandes institutions régionales. Au lendemain d’une audience stratégique à Lomé, le Togo a officiellement clôturé son mandat de deux ans à la Présidence du Conseil des Ministres d’AFRISTAT (l’Observatoire Économique et Statistique d’Afrique Subsaharienne).

En effet, le mardi 13 janvier, Mme Sandra Ablamba Johnson, Ministre Secrétaire Générale de la Présidence du Conseil , a reçu M. Paul-Henri Nguema Meye, Directeur Général de l’organisation, pour acter cette transition vers la Guinée équatoriale.

Sandra Johnson
© Sandra Johnson

Un bilan stratégique malgré les vents contraires

Ainsi, le mandat du Togo (2024-2025) s’achève sur une note de satisfaction technique et politique. Sous l’impulsion du Chef de l’État, SEM Faure Essozimna Gnassingbé, le gouvernement togolais a su manœuvrer l’institution à travers une période complexe.

Parmi les succès majeurs enregistrés :

  • La pérennité financière : reconstitution réussie du Fonds de l’institution, dont le cycle arrive à terme en 2025 ;
  • La vision à long terme : formalisation et approbation des orientations stratégiques d’AFRISTAT pour la décennie 2026-2035 ;
  • La montée en compétence : accélération de la formation des cadres et rebasage crucial des comptes nationaux pour plusieurs États membres.

Ce bilan est d’autant plus remarquable que l’exercice s’est déroulé dans un contexte difficile. Entre les défis de mobilisation des ressources financières et les contraintes sécuritaires régionales affectant le pays siège, l’Observatoire a maintenu un cap solide avec un taux d’exécution global de 70 %.

Sandra Johnson
© Sandra Johnson

La donnée, boussole du développement

Pour la Ministre Sandra Johnson, ces avancées ne sont pas seulement techniques, elles sont aussi politiques. Elle a rappelé que la modernisation des systèmes statistiques nationaux constitue « le socle de politiques publiques fondées sur des données fiables ». Sans chiffres précis sur la démographie, l’économie ou l’agriculture, aucun État ne peut piloter efficacement son émergence.

« Nous devons accélérer la modernisation de nos outils pour répondre aux défis du futur », a-t-elle insisté, soulignant que l’Afrique de demain se construira sur la précision de ses indicateurs.

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© Sandra Johnson

Une transition fluide vers la Guinée équatoriale

Le Togo ne se retire pas pour autant de la scène. En passant le relais à la Guinée équatoriale, qui assurera la Présidence pour la période 2026-2027, Lomé a également réaffirmé sa disponibilité pour accompagner cette transition.

Cette passation de témoin symbolise la continuité d’une institution qui, depuis sa création, œuvre à harmoniser les langages économiques du continent. Par ailleurs, le Togo quitte la présidence avec le sentiment du devoir accompli, laissant derrière lui une feuille de route claire pour les dix prochaines années.

 

Le Togo passe le relais, l’Afrique prépare son futur

Au-delà de cette passation de témoin, l’avenir d’AFRISTAT reste à écrire. La Guinée équatoriale prend désormais les rênes, mais les défis de la décennie à venir appellent une mobilisation collective de tous les États membres. Entre modernisation des systèmes statistiques, harmonisation des données et anticipation des mutations économiques, l’Observatoire devra continuer à se réinventer. Le Togo, fort de son expérience, restera un partenaire engagé dans cette dynamique, tandis que l’Afrique subsaharienne s’apprête à franchir une nouvelle étape dans la construction d’une gouvernance fondée sur la fiabilité des chiffres.

Kpalimé : Saisie record de 216 boules de cannabis à Kligué-Kondji

Kpalimé, 14 janvier 2026 — La ville aux sept collines respire un peu mieux ce matin. Alors que les enquêtes s’accélèrent, les détails d’une opération anti-drogue d’envergure, menée avec succès le week-end dernier, viennent d’être révélés. En saisissant 216 pains de cannabis, la Police nationale a porté un coup sévère aux réseaux de trafiquants qui tentent de transformer la région des Plateaux en plaque tournante de l’économie illicite.

 

Le flair des citoyens : l’étincelle de l’opération

Tout commence le samedi 10 janvier, aux environs de 11 heures. Dans le quartier Kligué-Kondji, la vigilance de quelques riverains change le destin de cette cargaison illégale. Intrigués par des mouvements suspects autour d’une habitation inoccupée et la présence de sacs inhabituels, des citoyens modèles décident de donner l’alerte.

Ce geste civique déclenche une réaction immédiate. Une équipe d’intervention se déploie sur les lieux et perquisitionne la maison abandonnée qui, sous ses airs de ruine, servait en réalité d’entrepôt clandestin.

 

Une mise en scène ingénieuse mais démasquée

Sur place, les policiers découvrent que les trafiquants avaient rivalisé d’ingéniosité pour dissimuler leur marchandise. En effet, les trafiquants ont soigneusement emballé les 216 pains de cannabis et les ont dissimulés à l’intérieur de trois sacs de maïs volumineux, utilisant une technique classique pour tromper la vigilance lors des transports.

L’examen approfondi des lieux a mis en évidence l’ampleur du trafic. Dans plusieurs pièces, des traces de poudre de cannabis recouvraient le sol, preuve que cette maison servait de véritable centre de conditionnement et de stockage avant la redistribution. Cette saisie exceptionnelle s’inscrit dans le cadre d’une offensive accrue contre le crime organisé, érigée en priorité nationale pour protéger la sécurité et la santé publique au Togo.

 

La traque est lancée

L’affaire ne s’arrête pas à la saisie. Les services de police exploitent désormais chaque indice et chaque trace ADN retrouvée dans la maison de Kligué-Kondji. L’objectif est clair : remonter la filière, identifier les propriétaires de cette cargaison et démanteler l’ensemble du réseau impliqué.

Les autorités ont félicité la population de Kpalimé pour son sens des responsabilités. Cette opération démontre également  que la synergie entre les citoyens et les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) constitue l’arme la plus efficace contre la criminalité.

Par ailleurs, cette saisie record ne constitue qu’une étape dans un combat de longue haleine. Les autorités entendent transformer ce succès en point de départ d’une mobilisation plus large, où citoyens et forces de sécurité avanceront main dans la main.  Finalement, l’objectif dépasse Kpalimé : bâtir, à l’échelle nationale, des communautés résilientes capables de repousser durablement les menaces liées à la drogue et d’ouvrir la voie à un avenir plus sûr pour la jeunesse togolaise.