Sénégal : Fin de partie pour le tandem Faye-Sonko, le gouvernement dissous

Dakar, le 24 mai 2026 – C’est un véritable séisme politique qui secoue le Sénégal et, au-delà, toute la sous-région ouest-africaine. Par le décret présidentiel n°2026-1128 signé le vendredi 22 mai 2026, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a officiellement mis fin aux fonctions de son Premier ministre, Ousmane Sonko, entraînant par conséquent la dissolution immédiate du gouvernement.

L’annonce, lue tard dans la soirée à la télévision nationale (RTS) par le ministre et secrétaire général de la présidence, Oumar Samba Ba, marque la rupture brutale d’un binôme exécutif au pouvoir depuis l’alternance d’avril 2024.

 

La fin de l’illusion du pouvoir « à deux têtes »

Pendant deux ans, le slogan « Sonko moy Diomaye » (« Sonko, c’est Diomaye ») avait incarné la promesse d’une gouvernance fusionnelle et d’un projet politique de rupture partagé. Pourtant, la réalité institutionnelle de la Loi fondamentale sénégalaise a fini par rattraper le duo. En s’appuyant rigoureusement sur les articles 42, 43, 53 et 56 de la Constitution, Bassirou Diomaye Faye a rappelé une vérité juridique indiscutable : c’est le président de la République qui définit la politique de la Nation.

Depuis plusieurs mois, les signaux d’un essoufflement du tandem s’accumulaient. Début mai, le chef de l’État avait déjà publiquement émis des réserves quant à la « personnalisation excessive » de son Premier ministre au sein du parti au pouvoir. Si Bassirou Diomaye Faye rappelait alors que le Premier ministre conservait sa confiance, il avait toutefois prévenu :

« Le jour où il n’aura plus ma confiance, je changerai de Premier ministre. »Ce jour est manifestement arrivé.

 

Deux visions face à l’urgence économique et diplomatique

Au-delà des querelles d’ego et de leadership, ce divorce politique met en lumière de profondes divergences sur les orientations stratégiques du Sénégal, alors que le pays fait face à une dette préoccupante atteignant 132 % du PIB.

L’approche pragmatique de la présidence : Bassirou Diomaye Faye s’est rapidement glissé dans les habits de la realpolitik. Ses nombreux déplacements à l’Élysée Palace et ses échanges réguliers avec Emmanuel Macron témoignaient d’une volonté de rassurer les partenaires historiques et de négocier un nouveau programme d’aide avec le Fonds monétaire international.

La ligne souverainiste de la primature :  À l’inverse, Ousmane Sonko est resté fidèle à une posture de rupture plus radicale, fustigeant régulièrement « le diktat que l’Occident veut imposer au reste du monde » et prônant un souverainisme économique strict, quitte à ralentir les négociations avec les bailleurs internationaux.

 

L’affirmation internationale de Bassirou Diomaye Faye

Un autre facteur clé de cette rupture réside dans la stature internationale croissante acquise par le chef de l’État. Dès juillet 2024, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest l’avait désigné comme médiateur en chef auprès des pays de l’Alliance des États du Sahel — à savoir le Mali, le Burkina Faso et le Niger.

Cette stature s’est encore consolidée fin 2025 lorsque le Sénégal a obtenu la présidence de la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest pour la période 2026-2030.

Cette légitimité régionale et internationale a manifestement poussé le président Faye à s’émanciper définitivement de la tutelle politique de son ancien mentor. Un Premier ministre au discours de rupture radicale devenait de plus en plus difficile à concilier avec une diplomatie présidentielle axée sur la médiation régionale et la respectabilité internationale.

 

Vers quelle recomposition politique ?

Au lendemain de cette annonce, l’incertitude plane sur Dakar. Les ministres sortants ont été chargés d’expédier les affaires courantes, mais aucun nom n’a encore été avancé pour la formation du prochain gouvernement.

Du côté des partisans d’Ousmane Sonko, rassemblés vendredi soir devant son domicile à Dakar, la sortie de leur leader du gouvernement a été perçue comme une victoire de sa crédibilité et de ses convictions pour un Sénégal affranchi de toute ingérence occidentale. Selon eux, le pays n’a aucune leçon à recevoir de quiconque, comme l’avait affirmé leur leader face à l’Assemblée nationale la veille. Le président du Pastef a toutefois réagi sobrement sur ses réseaux sociaux, déclarant : « Ce soir, je dormirai le cœur léger. »

Reste désormais à savoir si cette séparation poussera Ousmane Sonko à reprendre son costume d’opposant radical en vue des prochaines échéances électorales, ou si Bassirou Diomaye Faye parviendra à stabiliser le pays en bâtissant une nouvelle majorité sous la bannière du mouvement « Diomaye Président ».

Diaspora for Growth 2026 : Abidjan lance l’offensive économique de sa diaspora

À Abidjan, le gouvernement ivoirien veut changer de regard sur sa diaspora. Jeudi 7 mai 2026, les autorités ont officiellement lancé le forum « Diaspora for Growth 2026 », une initiative destinée à transformer les transferts financiers des Ivoiriens de l’extérieur en investissements structurants pour l’économie nationale.

Placée sous le haut patronage du Grand Chancelier de l’Ordre national, Aly Coulibaly, la cérémonie a réuni plusieurs membres du gouvernement, des représentants de la diaspora ainsi que des acteurs économiques autour d’une ambition claire : faire des Ivoiriens de l’étranger de véritables partenaires du développement.

Porté par le ministre délégué chargé de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’extérieur, Adama Dosso, l’événement a notamment enregistré la présence du ministre de l’Éducation nationale, Koffi N’Guessan, représentant la ministre des Affaires étrangères, Nialé Kaba.

Les autorités ivoiriennes estiment désormais que la diaspora ne doit plus seulement être perçue comme un soutien social aux familles, mais comme un puissant levier d’investissement, d’innovation et de croissance économique.

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Le passage de la « solidarité » à « l’investissement »

Pendant longtemps, la relation avec les Ivoiriens de l’étranger s’est résumée à une aide d’urgence apportée aux ménages. Adama Dosso a toutefois insisté sur la nécessité d’opérer une mutation profonde :

« Nous passons d’une diaspora contributive à une diaspora investisseuse, d’une diaspora solidaire à une diaspora stratégiquement engagée. »

Cette ambition nationale s’appuie sur une réalité économique majeure. Alors qu’en 2008 les transferts de fonds des Ivoiriens de l’extérieur s’élevaient à 99,5 milliards de FCFA, ils ont atteint 640 milliards de FCFA en 2023. Une manne financière considérable qui, orientée vers des secteurs stratégiques comme l’éducation, la santé ou l’entrepreneuriat, pourrait devenir un puissant levier de croissance pour le pays.

Les autorités ivoiriennes entendent ainsi mieux valoriser le potentiel de leur diaspora, forte de compétences variées et d’une expertise reconnue dans plusieurs domaines.

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Un pont de compétences et d’innovations

Prenant la parole, Koffi N’Guessan a rappelé que la diaspora ne se limite pas à une simple source de financement. Selon lui, elle représente également un réservoir de compétences, d’innovations et d’opportunités :

« La diaspora n’est pas seulement une source de revenus. Elle est une source d’idées, d’innovation et un pont vers le reste du monde. »

La Côte d’Ivoire souhaite désormais proposer des projets structurés, sécurisés et attractifs afin d’encourager les Ivoiriens de l’extérieur à investir durablement dans leur pays d’origine.

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Cap sur l’Europe

Le lancement d’Abidjan marque le début d’une campagne internationale destinée à mobiliser davantage la diaspora ivoirienne. Après une première étape à Milan, le gouvernement prévoit une rencontre avec la communauté ivoirienne d’Europe à Paris, ce samedi 9 mai 2026.

Les travaux du Forum international « Diaspora for Growth » se poursuivront ensuite les 26 et 27 juin 2026 à Paris puis à Milan. Conférences, panels thématiques et rencontres d’affaires figurent notamment au programme afin de promouvoir les investissements et les partenariats économiques.

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Une stratégie au service du développement

Cette initiative s’inscrit dans la dynamique de transformation économique engagée par la Côte d’Ivoire sous la présidence de Alassane Ouattara.

À travers ce forum, les autorités ivoiriennes ambitionnent de bâtir une relation plus structurée avec leur diaspora. L’objectif affiché est clair : faire des Ivoiriens de l’extérieur des partenaires stratégiques du développement national, dans une logique de coopération mutuellement bénéfique entre patriotisme économique et opportunités d’affaires.

Afrique du Sud : Le cri de Julius Malema face au poison de la xénophobie

Alors que le pays s’enfonce dans une crise identitaire et sociale profonde en ce début mai 2026, le leader des Economic Freedom Fighters (EFF) brise l’omerta politique. Dans un plaidoyer vibrant, il renvoie les dirigeants africains et la société sud-africaine à leurs responsabilités, dénonçant une « manipulation héritée de l’apartheid ».

L’atmosphère est électrique dans les townships du Gauteng. Le 4 mai 2026, alors que des rumeurs de « shutdown » national circulent, Julius Malema a choisi de porter un discours de vérité radicale. Loin du populisme facile qui désigne le migrant comme la source de tous les maux, le « Commander in Chief » des EFF a livré une analyse chirurgicale des fractures qui déchirent la nation arc-en-ciel.

 

Le migrant, bouc émissaire d’un État défaillant

Pour Julius Malema, l’hostilité envers les Nigérians ou les Zimbabwéens n’est qu’un écran de fumée. « L’État vous éloigne des vraies raisons de votre chômage », a-t-il lancé avec véhémence. Selon lui, cette violence est « parrainée par l’État et par le capital » pour masquer l’absence criante d’opportunités économiques.

Le constat est d’une froideur mathématique : ce ne sont pas les autres Africains qui ont spolié les terres ou confisqué les richesses, mais bien un système hérité de la dépossession coloniale. Malema rappelle une vérité historique souvent occultée : les emplois occupés par les migrants sont souvent des « emplois d’esclaves » que les Sud-Africains refusent à juste titre, conscients de leur propre valeur.

« Il n’y a pas de Zimbabwéen qui vous ait pris vos terres… Il n’y a juste pas d’emplois. »

La « manipulation » de l’apartheid : un héritage toxique

L’aspect le plus frappant du discours de Malema réside dans sa lecture historique. Il affirme que les divisions actuelles s’inscrivent dans un « schéma historique de manipulation hérité de l’apartheid ». L’objectif, hier comme aujourd’hui, est de monter les communautés noires les unes contre les autres afin de détourner l’attention des inégalités structurelles.

Cette « violence noire contre les Noirs » est, selon lui, une réédition des tactiques utilisées par l’ancien régime pour maintenir le contrôle. En s’attaquant à ceux qui « ressemblent à nos propres enfants », la société sud-africaine ne fait que prolonger sa propre aliénation.

Mourir avec une conscience claire : l’éthique au-dessus des votes

Dans un paysage politique qui accepte souvent toutes les compromissions pour grappiller des voix à l’approche des scrutins, Malema lance un pari risqué par sa position. « Je ne peux jamais renier un Africain à cause des votes », déclare-t-il, tout en affirmant qu’il préfère perdre l’élection plutôt que de bâtir son succès sur la haine de l’autre.

Ce refus de la démagogie xénophobe est aussi un défi direct aux dirigeants du continent. Malema dénonce une classe politique qui privilégie le pouvoir au détriment des populations, quitte à laisser une femme enceinte sans médicaments simplement parce qu’elle vient d’un pays voisin.

« Je ne veux pas vos votes s’ils sont teintés de haine. » a-t-il conclu. 

 

Un miroir tendu aux dirigeants africains

Si le discours s’adresse aux Sud-Africains, il résonne comme un réquisitoire contre l’immobilisme des États du continent. En soulignant que « nous ne faisons qu’un », Malema pointe du doigt l’échec d’une intégration africaine qui reste lettre morte dans les chancelleries.

Pendant que les migrants se font tuer ou chasser, le silence ou l’impuissance des gouvernements à rapatrier leurs ressortissants ou à exiger leur protection renforce le sentiment d’abandon. Pour le leader des EFF, être Africain doit être placé « au-dessus des votes ».

En ce 4 mai 2026, l’Afrique du Sud est à la croisée des chemins. Entre la tentation du repli identitaire violent et l’appel à une solidarité continentale exigeante, la voix de Malema rappelle que les racines du mal sont à chercher dans l’échec de la transformation économique, et non chez le voisin venu chercher un avenir.

Afrique du Sud : l’indifférence coupable des États africains

Alors que les townships de Johannesburg et de Pretoria s’embrasent à nouveau sous une vague de violences sans précédent en ce mois d’avril 2026, l’impuissance — voire l’indifférence — des États africains face au calvaire de leurs ressortissants suscite une colère grandissante. Entre rapatriements défaillants et diplomatie de salon, enquête sur un abandon d’État au cœur de la nation arc-en-ciel.

 

L’odeur de pneu brûlé et de gaz lacrymogène flotte encore sur Alexandra, ce township emblématique de Johannesburg. Le 28 avril 2026, une nouvelle marche organisée par des groupes de « vigilance », tels que l’Opération Dudula et le mouvement March and March, a viré au lynchage. Sous les yeux d’une police souvent passive, des hommes armés de bâtons ont traqué ceux qu’ils appellent les « amakwerekwere » — ces migrants venus du Zimbabwe, du Nigeria, de l’Éthiopie ou de la RD Congo.

 

Depuis le début de l’année 2026, les tensions migratoires en Afrique du Sud ont franchi un seuil critique. Si le pays a officiellement expulsé plus de 109 000 étrangers lors des deux dernières années, la justice de rue, elle, ne s’embarrasse pas de paperasse. On tue, on pille, on brûle. Ainsi, pendant que le sang coule, le silence des chancelleries africaines résonne comme une trahison.

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Une tragédie à huis clos : le naufrage du « corridor sud »

Le constat est d’une cruauté absolue : l’Afrique du Sud, jadis terre d’accueil et symbole de la lutte contre l’oppression, est devenue un mouroir pour la jeunesse du continent. Selon les données du Centre d’études stratégiques de l’Afrique, la route du Sud représente environ 8 % des migrations d’Afrique de l’Est, drainant principalement des Éthiopiens (85 %) et des Somaliens fuyant les sécheresses et l’inflation.

Par ailleurs, le 24 avril 2026, une crise diplomatique majeure a éclaté entre Accra et Pretoria après la diffusion de vidéos montrant des migrants ghanéens passés à tabac dans le KwaZulu-Natal. Mais au-delà de la convocation habituelle de l’ambassadeur, qu’ont fait les dirigeants africains ? Rien, ou presque.

« Nos présidents ne nous voient que comme des portefeuilles sur pattes qui envoient de l’argent au pays », s’indigne Hinoussa, un commerçant nigérian dont la boutique a été réduite en cendres à Durban. 

L’absence criminelle de moyens de rapatriement

À cet égard, le cœur de la critique réside dans l’incapacité systémique des gouvernements africains à mettre en place de véritables ponts aériens ou terrestres pour sécuriser le retour de leurs ressortissants en danger.

  • Le Nigeria, géant du continent, se contente de « condamner fermement », tout en laissant des milliers de ses citoyens s’entasser dans des camps de fortune ou des commissariats sud-africains, faute de vols de rapatriement réguliers et financés.
  • Le Zimbabwe, voisin immédiat, ignore superbement le sort des détenteurs du Zimbabwe Exemption Permit (ZEP), dont l’expiration laisse des millions de personnes dans une clandestinité totale et dangereuse.
  • L’Union africaine (UA), basée à Addis-Abeba, semble plus prompte à organiser des sommets luxueux qu’à affréter des bus pour extraire ses citoyens des zones de guerre urbaine sud-africaines.

Le 27 avril 2026, la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples a bien publié un communiqué déplorant les « actes de vigilance ».   Cependant, le papier ne protège pas des coups. L’absence de fonds d’urgence dédiés à l’évacuation des populations migrantes en cas de crise xénophobe est un aveu de faillite morale pour les dirigeants du continent.

 

Des dirigeants complices par leur inertie

Pourquoi ce manque de moyens ? Pour de nombreux analystes, l’explication est politique. En fait, maintenir ces ressortissants à l’étranger constitue une soupape de sécurité pour des économies nationales incapables de fournir des emplois. En 2024, le Mali était le pays avec le plus grand nombre de migrants interceptés sur les côtes européennes, mais le flux vers l’Afrique du Sud reste constant. Rapatrier ces milliers de jeunes, c’est importer du chômage et de la contestation sociale.

De fait, en Afrique du Sud, les politiciens locaux, comme Herman Mashaba ou les leaders de l’ANC, utilisent les migrants comme boucs émissaires pour masquer leur échec à fournir logements et services de base. Qui plus est, de l’autre côté de la frontière, les dirigeants africains jouent le même jeu cynique : ils profitent des transferts de fonds tout en se lavant les mains de la sécurité de leurs « frères

Vers une « fermeture totale » le 4 mai 2026

L’horizon s’assombrit encore. Plusieurs groupes xénophobes appellent à un « shutdown » national le lundi 4 mai 2026, exigeant le départ immédiat de tous les étrangers, documentés ou non. Les messages circulant sur les réseaux sociaux sont sans équivoque : « Nous voulons tous les étrangers dehors pour éviter une guerre civile ».

Face à cette menace imminente, les ambassades africaines à Pretoria restent désespérément calmes. Aucun plan d’évacuation massif n’a été annoncé. Aucune ligne budgétaire n’a été débloquée par la CEDEAO ou la SADC pour protéger les civils.

Le massacre de mai 2008, qui avait fait plus de 60 morts, semble n’avoir servi de leçon à personne. À l’époque, le gouvernement sud-africain avait été critiqué pour sa lenteur. Cependant, aujourd’hui, en 2026, c’est l’ensemble du leadership africain qui est sur le banc des accusés.

L’illusion de l’intégration continentale

Comment parler de la ZLECAF (Zone de libre-échange continentale africaine) ou de « l’Afrique que nous voulons » quand un passeport nigérian ou zimbabwéen devient une condamnation à mort dans les rues de Johannesburg ?

L’indigence des moyens mis en place pour le rapatriement est le symptôme d’un mal plus profond : l’absence de valeur accordée à la vie humaine par ceux qui dirigent le continent. Tant que les gouvernements africains ne considéreront pas la protection de leurs ressortissants à l’étranger comme une priorité régalienne, dotée de moyens financiers et logistiques réels (flottes aériennes dédiées, centres d’accueil de crise, fonds de réinsertion), les scènes d’horreur en Afrique du Sud se répéteront.

Finalement, ce 3 mai 2026, alors que le pays retient son souffle avant la manifestation du 4 mai, une question demeure : combien de morts faudra-t-il pour qu’un avion d’État vienne enfin chercher ceux qui n’ont plus que leurs larmes pour bagages ?

ONU : Macky Sall en difficulté pour le Secrétariat général

New York, 22 avril 2026 — Le « grand oral » est terminé. Ce mercredi 22 avril, Macky Sall a franchi les portes de l’Assemblée générale des Nations unies pour défendre sa candidature au poste de Secrétaire général. Si l’ancien président sénégalais a tenté de convaincre par sa vision d’un « multilatéralisme refondé », le contraste avec ses concurrents et les zones d’ombre de son bilan national ont pesé lourd dans l’amphithéâtre new-yorkais.

 

Il était 19 heures à New York quand Macky Sall s’est avancé pour clore le cycle des auditions interactives. Quatrième et dernier candidat à s’exprimer, il succédait à un trio latino-américain de haut vol : Michelle Bachelet, Rafael Mariano Grossi et Rebeca Grynspan. Sous le titre ambitieux de « Refonder le multilatéralisme pour un monde meilleur », l’ex-chef d’État a plaidé pour une ONU plus inclusive, faisant de sa propre origine africaine un argument de légitimité.

 

Seul contre tous : le poids de l’isolement continental

Toutefois, la prestation oratoire n’a pas suffi à masquer une réalité diplomatique cruelle. Contrairement à Michelle Bachelet, qui bénéficie d’un élan régional quasi unanime, Macky Sall s’est présenté sans le parrainage officiel de l’Union africaine (UA).

Ce manque de soutien, couplé au mutisme des nouvelles autorités de Dakar, fragilise sa posture de « candidat de l’Afrique ». En coulisses, plusieurs diplomates soulignent que l’absence de consensus continental est souvent un obstacle rédhibitoire pour accéder au 38ᵉ étage du palais de verre.

 

L’héritage sénégalais : entre droits de l’homme et dettes cachées

Mais au-delà de la géopolitique, ce sont les questions directes des représentants de la société civile qui ont mis l’ancien président en difficulté. Interpellé sur les répressions qui ont marqué ses dernières années au pouvoir à Dakar, Macky Sall a dû défendre un bilan terni par des violations des droits de l’homme et des tensions persistantes avec la jeunesse.

Par ailleurs, l’ombre du FMI a plané sur l’audition. Les révélations récentes sur une « dette cachée » de plusieurs milliards de FCFA sous son administration ont alimenté les doutes des délégués sur sa capacité à gérer les finances de l’organisation mondiale. Pour beaucoup, la rigueur budgétaire exigée par les bailleurs onusiens semble peu compatible avec cet héritage économique contesté.

 

Un essai pour l’honneur ?

Par conséquent, malgré une défense acharnée de sa vision globale, les chances de Macky Sall paraissent aujourd’hui compromises. Face à une Michelle Bachelet qui fait figure de favorite naturelle après sa prestation remarquée du 21 avril, l’ancien président sénégalais semble avoir payé le prix fort de son isolement diplomatique et de ses dossiers intérieurs.

Bien que son audition se soit terminée le 22 avril, il devra attendre l’été pour connaître les premiers signaux du Conseil de sécurité. Le verdict final sur l’identité du successeur d’António Guterres sera connu vers la fin de l’année 2026, pour une prise de fonction le 1ᵉʳ janvier 2027. Cependant le chemin vers le Secrétariat général semble, plutôt incertain pour lui.

Financement : l’Afrique veut rompre sa dépendance aux capitaux étrangers

L’Afrique n’est pas pauvre, elle est prisonnière de son propre argent. » C’est par ce constat cinglant que s’ouvre une nouvelle ère pour la finance continentale. Les 23 et 24 avril prochains, Nairobi deviendra le centre névralgique d’une ambition inédite : le sommet « Africa We Build ». L’enjeu est de transformer l’épargne et les fonds africains en usines, en rails et en ports, pour ne plus dépendre exclusivement de l’aide extérieure.

Jusqu’ici, le paradoxe était flagrant : d’immenses réserves de capitaux dorment dans les banques et fonds de pension africains, tandis que les projets d’infrastructures peinent à trouver des preneurs. Sous l’impulsion de l’Africa Finance Corporation (AFC) et du gouvernement kenyan, ce premier sommet veut inverser la vapeur. Il ne s’agit plus de réparer des investissements, mais de canaliser la richesse domestique vers des projets dits « bancables ».

 

Sortir de l’extraction, viser la transformation

L’époque où l’Afrique se contentait d’exporter ses minéraux bruts semble toucher à sa fin. Le sommet de Nairobi met l’accent sur la valeur ajoutée. L’idée est simple : utiliser l’énergie et les infrastructures de transport, comme le corridor de Lobito ou le réseau ferroviaire est-africain, pour transformer les ressources directement sur le continent.

En s’appuyant sur les ports côtiers et les richesses de l’arrière-pays (RDC, Ouganda, Rwanda), les décideurs espèrent créer des écosystèmes économiques intégrés. Ce changement de paradigme vise à faire de l’infrastructure non pas une fin en soi, mais le moteur d’une industrialisation créatrice d’emplois pour la jeunesse.

 

Une stratégie de « corridors » intégrée

Le Dr William Ruto, président du Kenya, ouvrira les débats avec une priorité : l’intégration régionale. Contrairement aux projets isolés du passé, « Africa We Build » prône une vision systémique. On parle désormais de réseaux transfrontaliers où l’électricité et la logistique circulent sans entraves.

Pour appuyer ces discussions, l’AFC publiera le « Rapport sur l’état des infrastructures en Afrique 2026 ». Ce document, le plus complet à ce jour, servira de boussole aux investisseurs pour identifier les lacunes réelles et les opportunités les plus compétitives à l’échelle mondiale.

 

Le défi de la confiance

Le principal obstacle reste la perception du risque. En mobilisant les capitaux nationaux, le sommet cherche à rassurer les gestionnaires de fonds locaux. Comme le souligne Samaila Zubairu, patronne de l’AFC, l’urgence est de transformer ces ressources passives en productivité réelle.

Si Nairobi réussit son pari, ce sommet pourrait bien être l’acte de naissance d’une autonomie industrielle africaine, où le financement du développement ne se cherche plus à Washington ou à Pékin, mais directement à l’intérieur de nos frontières.

 

Quel écho pour le Togo et l’espace UEMOA ?

Ce débat sur la mobilisation des capitaux nationaux résonne particulièrement en Afrique de l’Ouest. Alors que le Togo multiplie les réformes pour attirer les investissements privés, le modèle de « Fonds national d’infrastructure » discuté à Nairobi pourrait inspirer de nouveaux mécanismes régionaux. L’enjeu est identique : transformer l’épargne locale en levier pour nos zones industrielles, afin que la croissance profite enfin au plus grand nombre.

Glasgow 2026 : le sport comme réponse aux cicatrices de l’histoire

À quelques mois des Jeux du Commonwealth de Glasgow 2026, l’organisation « Youth Charter » lance un pavé dans la mare. Alors que le débat sur les réparations liées à l’esclavage s’intensifie, l’ONG propose de transformer l’événement sportif en un gigantesque plan d’investissement pour la jeunesse. Avec pour objectif de passer des regrets du passé aux opportunités de demain.

 

Le sport peut-il panser les plaies de la mémoire coloniale ? C’est le pari audacieux lancé depuis Londres ce 30 mars 2026 par Geoff Thompson, président de la Charte de la Jeunesse. Pour ce défenseur de l’émancipation sociale, les prochains Jeux du Commonwealth ne doivent pas se limiter à une simple parade athlétique, mais devenir le point de départ d’une « Initiative pour l’héritage de la jeunesse ».

De la justice historique à l’investissement concret

Cet appel intervient dans un climat international marqué par les revendications de justice transitionnelle. Le Ghana a récemment porté devant les Nations Unies une résolution forte, exigeant que l’esclavage soit reconnu comme un crime contre l’humanité nécessitant des mesures compensatoires.

Plutôt que des compensations financières directes, la Charte de la Jeunesse plaide pour une « réparation pour l’avenir ». Pour Geoff Thompson, la véritable justice se mesure à la qualité des outils que l’on transmet aux prochaines générations. Glasgow 2026 est ainsi perçu comme le moment idéal pour basculer d’une rhétorique de la rancœur vers une dynamique d’espoir.

Le modèle du « Campus communautaire »

Au cœur de cette stratégie se trouve un concept éprouvé : le campus communautaire. Loin des vastes stades souvent délaissés après les compétitions, ces pôles locaux visent à transformer durablement le quotidien des jeunes du Commonwealth. Ainsi, la méthode repose sur un triptyque efficace : mobiliser, équiper, autonomiser.

Concrètement, ces campus ne se contenteront pas de promouvoir l’activité physique. Ils intégreront :

  • Des centres d’apprentissage numérique pour briser la fracture technologique.
  • Des incubateurs d’entreprises liés aux industries créatives et sportives.
  • Des bourses de leadership pour les futurs décideurs.

Un enjeu démographique majeur

Avec plus de 60 % de la population du Commonwealth ayant moins de 30 ans, le défi est colossal. L’organisation appelle désormais les gouvernements et le secteur privé à ne plus voir la jeunesse comme une charge, mais comme le levier de croissance le plus puissant du bloc.

En proposant une « Déclaration sur l’héritage de la jeunesse », la Charte espère engager les États membres dans une voie où le sport sert de catalyseur à la réconciliation et au développement durable. Si l’initiative porte ses fruits, Glasgow 2026 ne restera pas dans les mémoires pour ses records chronométriques, mais pour avoir posé la première pierre d’un Commonwealth plus équitable.

Retombées économiques : un nouveau marché pour les talents locaux

L’implantation de ces campus communautaires et de ces incubateurs représente une opportunité majeure pour l’économie de la connaissance. En connectant les jeunes entrepreneurs africains aux réseaux numériques mondiaux du sport, ces structures pourraient aussi générer des milliers d’emplois dans les secteurs du marketing sportif, de la gestion d’infrastructures et des technologies éducatives. Ce projet transforme ainsi une rencontre sportive éphémère en un marché de compétences pérenne véritable.

 

le modèle « campus », un remède aux éléphants blancs ?

Au Togo, où la modernisation des infrastructures sportives est au cœur de l’action publique, le concept de « Campus communautaire » promu par la Charte de la Jeunesse offre une perspective révolutionnaire. Trop souvent, les nations investissent des fortunes dans des stades monumentaux qui finissent par devenir des « éléphants blancs », des structures vides et coûteuses une fois les projecteurs éteints. Cependant, en adoptant l’approche du campus, c’est choisir de transformer chaque enceinte sportive en un centre de vie permanent et polyvalent.

Imaginez nos stades de proximité muter en hubs où l’entraînement physique véritable côtoie l’alphabétisation numérique et l’incubation de projets pour nos jeunes entrepreneurs. Ce modèle ne se contente pas de bâtir des murs ; il érige également des ponts entre le talent brut de nos athlètes et les compétences requises par l’économie moderne. En privilégiant l’utilité sociale continue sur le prestige éphémère de la compétition, nous ne construisons plus seulement des lieux de jeu, mais des forges de citoyenneté et de prospérité pour la génération 2026.

ONU : la traite des esclaves africains, crime suprême contre l’humanité

Le 25 mars 2026 pourrait marquer un tournant dans la lutte prolongée pour la reconnaissance des crimes de l’histoire coloniale. Ce jour-là, l’Organisation des Nations unies a adopté, à une large majorité, une résolution qualifiant la traite transatlantique des esclaves africains de « crime le plus grave contre l’humanité ». Derrière ce texte, un acteur africain s’est imposé au cœur du jeu diplomatique : le Ghana.

Mais pour comprendre la portée de ce vote, il faut remonter bien en amont, à la genèse d’un combat qui dépasse largement les murs de l’Assemblée générale.

Une revendication ancienne, longtemps marginalisée

Depuis plusieurs décennies, la question des réparations liées à l’esclavage et à la colonisation s’invite régulièrement dans les forums internationaux. Dès les années 1990, des États africains et caribéens, soutenus par des organisations de la société civile, réclament une reconnaissance officielle des crimes historiques commis contre les populations africaines.

Cependant, ces demandes se heurtent à une résistance persistante des anciennes puissances coloniales. Celles-ci invoquent tour à tour la complexité historique, les risques juridiques ou encore l’impossibilité d’appliquer rétroactivement des normes contemporaines à des faits anciens.

Malgré cela, le débat ne s’est jamais éteint ; il s’est au contraire renforcé ces dernières années, dans un contexte mondial marqué par la montée des mouvements panafricains, les débats sur la restitution des œuvres africaines et une relecture critique des héritages coloniaux.

Le Ghana, chef de file d’une offensive diplomatique

C’est dans ce climat que le Ghana a décidé de porter le sujet au plus haut niveau. Fort de son engagement historique sur les questions de mémoire — notamment à travers ses initiatives sur le « retour » de la diaspora africaine —, Accra a construit une coalition diplomatique large, mobilisant plusieurs pays africains et du Sud global.

L’objectif était clair : obtenir une reconnaissance forte, sans ambiguïté, du caractère exceptionnel de la traite transatlantique.

Après plusieurs mois de négociations, parfois tendues, le texte a finalement été soumis au vote de l’Assemblée générale.

Un vote révélateur des fractures géopolitiques

Le résultat du scrutin est sans appel :

  • 123 voix pour
  • 3 contre : États-Unis, Israël, Argentine
  • 52 abstentions, dont le Royaume-Uni et plusieurs pays européens

Ce vote, adopté sous les applaudissements, traduit néanmoins une fracture nette entre deux visions du monde.

D’un côté, une majorité de pays du Sud qui réclament justice historique et reconnaissance.
De l’autre, des puissances occidentales prudentes, voire réticentes, face aux implications potentielles d’un tel texte.

Les arguments des opposants et abstentionnistes sont révélateurs :

  • crainte de créer une hiérarchie entre crimes contre l’humanité
  • refus de toute application rétroactive du droit international
  • inquiétude face à d’éventuelles réparations financières massives

Une résolution symbolique… mais stratégique

Sur le plan juridique, le texte adopté par l’ONU n’est pas contraignant. Il ne crée aucune obligation légale immédiate pour les États.

Cependant, sa portée est ailleurs.

En qualifiant explicitement la traite des esclaves africains de « crime le plus grave contre l’humanité », la résolution :

  • renforce la légitimité des revendications africaines et diasporiques
  • ouvre la voie à des demandes d’excuses officielles
  • relance le débat sur les réparations
  • et encourage la restitution du patrimoine culturel spolié

Autrement dit, il s’agit d’un levier politique majeur, susceptible de redéfinir les rapports entre anciennes puissances coloniales et pays africains.

Une mémoire encore vive, des enjeux contemporains

Entre le XVe et le XIXe siècle, environ 12,5 millions d’Africains ont été déportés à travers l’Atlantique. Derrière ces chiffres se cache une tragédie humaine d’une ampleur exceptionnelle, dont les conséquences continuent de façonner les sociétés contemporaines.

Aujourd’hui encore, les inégalités économiques, les discriminations raciales et les déséquilibres géopolitiques sont souvent analysés à l’aune de cet héritage.

C’est précisément cette continuité historique que la résolution de l’ONU met en lumière.

Vers une nouvelle phase du combat pour la justice historique ?

Avec ce vote, une étape importante vient d’être franchie. Mais le plus difficile reste à venir.

Car la reconnaissance symbolique, aussi forte soit-elle, ne garantit ni excuses officielles, ni compensations concrètes.

Pour les États africains et leurs alliés, le défi est désormais de transformer cette avancée diplomatique en résultats tangibles. Cela passera par :

  • des négociations bilatérales avec les anciennes puissances coloniales
  • une pression accrue dans les instances internationales
  • et une mobilisation continue de la société civile

Un signal politique fort pour l’Afrique

Au-delà de ses implications juridiques, cette résolution envoie un message limpide : l’Afrique entend désormais peser davantage dans les débats globaux sur l’histoire, la justice et la mémoire.

En prenant l’initiative, le Ghana ne s’est pas seulement imposé comme un acteur diplomatique influent. Il a aussi contribué à replacer la question des réparations au cœur de l’agenda international.

Une dynamique qui pourrait, à terme, redéfinir les équilibres entre le Nord et le Sud — et ouvrir une nouvelle page dans la quête de justice pour les crimes du passé.

Tchad : alerte maximale après une attaque de drones venue du Soudan

Une alerte soudaine, une réponse immédiate. Dans la nuit de mercredi à jeudi, le Tchad a basculé dans une situation de vigilance extrême après une attaque de drones signalée en provenance du Soudan. Un épisode qui illustre la fragilité persistante des équilibres régionaux.

À N’Djamena, la réaction des autorités n’a pas tardé. Le président Mahamat Idriss Déby Itno s’est rendu en tenue militaire au Palais Toumaï, où il a convoqué en urgence un Conseil de défense et de sécurité. Objectif : évaluer l’ampleur de la menace et définir une stratégie de riposte adaptée.

Présidence du Tchad
© Présidence du Tchad

Une menace nouvelle qui redéfinit les lignes de front

L’utilisation de drones dans cette attaque marque une évolution inquiétante des modes opératoires. Longtemps associés à des conflits de haute intensité ailleurs dans le monde, ces équipements s’invitent désormais dans les dynamiques sécuritaires du Sahel et de l’Afrique centrale.

Ainsi, au-delà de l’incident lui-même, c’est toute la question de la sécurisation des frontières qui est posée. Car ces engins, difficiles à détecter et rapides à déployer, compliquent considérablement les dispositifs de défense classiques.

Présidence du Tchad
© Présidence du Tchad

État d’alerte et silence stratégique du côté de N’Djamena

Face au péril, les autorités placent les forces armées tchadiennes en état d’alerte maximale. Cette décision traduit une volonté claire : prévenir l’escalade et verrouiller la surveillance des zones sensibles. Dans les cercles sécuritaires, cette mobilisation envoie un signal fort : l’État se tient prêt à réagir avec une rapidité foudroyante pour préserver son intégrité territoriale.

Pour l’heure, le gouvernement verrouille sa communication et laisse filtrer peu d’informations sur l’ampleur réelle de l’attaque. Cette retenue stratégique vise à maîtriser le récit des événements, une pratique courante dans ces crises de haute intensité. Néanmoins, N’Djamena assure avoir pris toutes les mesures nécessaires pour sécuriser les populations et étouffer toute menace potentielle.

Présidence du Tchad
© Présidence du Tchad

Un contexte régional sous haute pression

Cet épisode survient dans un environnement régional déjà instable, marqué par des tensions transfrontalières et des crises internes qui se superposent. Dans ce contexte, chaque incident peut rapidement prendre une dimension plus large.

La situation au Tchad rappelle combien la sécurité régionale demeure précaire et combien les États doivent désormais affronter des menaces à la fois technologiques et imprévisibles.  Cependant, une incertitude demeure : cette attaque ouvre-t‑elle la voie à une nouvelle phase de confrontation ou restera‑t‑elle un épisode isolé ? En attendant des éclaircissements, un fait est certain : dans cette nuit sous tension, le Tchad a montré sa volonté de rester vigilant et de ne pas se laisser surprendre.

Congo-Brazzaville : la réélection de Sassou Nguesso relance le débat sur la démocratie en Afrique

Dans les rues de Brazzaville, le calme apparent contraste avec la portée politique d’un scrutin qui, sur le papier, semble sans appel. La réélection de Denis Sassou Nguesso avec un score proche de l’unanimité ne marque pas seulement une continuité. Elle révèle, surtout, les failles persistantes des systèmes électoraux dans plusieurs pays d’Afrique centrale — et, par ricochet, interpelle toute la sous-région, y compris le Togo.

 

Une victoire annoncée, une compétition absente

Avec plus de 94 % des suffrages selon les chiffres officiels annoncés par Raymond Zephirin Mboulou, le chef de l’État prolonge un règne déjà long de plusieurs décennies. Mais derrière cette démonstration de force électorale, une question s’impose : peut-on encore parler de compétition politique lorsque l’issue ne fait aucun doute ?

En réalité, la campagne électorale a davantage ressemblé à une formalité administrative qu’à un véritable affrontement d’idées. Face au président sortant, six candidats peu visibles, sans implantation nationale significative, ont difficilement occupé l’espace public. Une asymétrie flagrante, renforcée par l’absence de figures majeures de l’opposition, certaines étant écartées du jeu politique depuis des années.

 

Boycott, restrictions et climat verrouillé

Le déséquilibre ne s’est pas limité aux forces en présence. Deux partis d’opposition ont choisi de ne pas participer, dénonçant un processus biaisé. Dans le même temps, des voix critiques ont été réduites au silence, entre arrestations de militants et encadrement strict des rassemblements.

Plus révélateur encore : la coupure d’Internet durant la période électorale. Une mesure devenue récurrente dans certains contextes africains, officiellement pour préserver l’ordre public, mais qui soulève de sérieuses interrogations sur la transparence du scrutin. Comment garantir la circulation de l’information et le contrôle citoyen dans un environnement numérique verrouillé ?

Les restrictions de déplacement dans la capitale ont également contribué à créer une atmosphère inhabituelle. Loin de l’effervescence attendue lors d’une élection présidentielle, plusieurs bureaux de vote ont affiché une fréquentation étonnamment faible.

 

Le paradoxe des chiffres

C’est peut-être là que le contraste est le plus saisissant. D’un côté, un taux de participation officiel dépassant 84 %. De l’autre, des observations locales évoquant des centres de vote peu fréquentés. Ce décalage alimente le doute et nourrit une défiance déjà bien installée.

Dans ce contexte, la parole citoyenne elle-même semble résignée. Pour beaucoup, le résultat ne constituait pas une surprise, mais plutôt la confirmation d’un scénario écrit d’avance. Une perception qui, à terme, fragilise davantage la crédibilité des institutions électorales.

 

Une leçon pour la région

Au-delà du cas congolais, cette élection pose une question fondamentale aux démocraties africaines : à quoi sert le vote lorsque l’alternance semble impossible ?

Dans des pays africains, où les débats sur la gouvernance et la longévité au pouvoir restent sensibles, l’exemple de Brazzaville agit comme un miroir. Il met en lumière les risques d’un système où les règles du jeu favorisent durablement les mêmes acteurs.

Car une démocratie ne se mesure pas uniquement à l’organisation d’élections, mais à leur capacité à offrir un choix réel, équitable et transparent.

 

Brazzaville : entre stabilité et stagnation

Les partisans du pouvoir invoqueront sans doute la stabilité politique comme un acquis majeur. Mais cette stabilité, lorsqu’elle s’accompagne d’un verrouillage progressif de l’espace démocratique, peut rapidement se transformer en immobilisme.

À long terme, c’est la confiance des citoyens qui est en jeu. Et sans cette confiance, aucune victoire électorale — aussi écrasante soit-elle — ne peut véritablement asseoir une légitimité durable.

Attentat à Maiduguri : Boko Haram suspecté, 23 morts

Alors que le nord-est du pays espérait avoir tourné la page du terrorisme de masse, une triple attaque coordonnée a ensanglanté la capitale de l’État de Borno ce lundi 16 mars. Le bilan, encore provisoire, fait état de 23 morts.

 

La stupeur a laissé place au deuil à Maiduguri. Ce lundi, alors que l’activité battait son plein dans le berceau historique de l’insurrection djihadiste, trois détonations ont successivement déchiré l’air, rappelant aux habitants les heures les plus sombres de la décennie écoulée. Selon les autorités policières locales, ce sont au moins 23 personnes qui ont perdu la vie dans ce qui ressemble à une opération minutieusement planifiée.

L’alerte de « dernière minute » est tombée lundi soir, confirmant des attentats à la bombe multiples qui ont semé la panique dans plusieurs quartiers de la ville, notamment à Gwange, où des scènes de fumée et de débris ont poussé la population à fuir pour se mettre à l’abri.

 

Un mode opératoire bien connu

C’est d’abord le « Monday Market », poumon économique de la ville, qui a été visé. En s’attaquant à ce lieu de forte richesse, les assaillants cherchaient à maximiser le nombre de victimes civiles. Presque simultanément, deux autres explosions retentirent : l’une près de l’hôpital universitaire et l’autre aux abords d’un bureau de poste. Une deuxième explosion a d’ailleurs été signalée précisément entre le marché du lundi et le bureau de poste, exacerbant les tensions déjà vives.

Le timing choisi renforce le caractère atroce de l’attaque : les détonations ont eu lieu aux alentours de l’Iftar, le repas de rupture du jeûne du Ramadan, ou peu après, moment où les familles se rassemblent. Si aucune revendication n’a pour l’heure été diffusée, la signature ne laisse que peu de place au doute pour les observateurs sécuritaires de la région.

Selon les premières informations, l’explosion survenue près de l’entrée principale de l’Hôpital Universitaire de Maiduguri (UMTH) — où les secours transportaient les blessés d’urgence — pourrait constituer une attaque de représailles. Les assaillants auraient orchestré ce plan pour cibler spécifiquement les secouristes et les civils venus secourir les premières victimes.

Ce mode opératoire — l’usage des kamikazes au cœur des zones urbaines — est la marque de fabrique des factions djihadistes qui sévissent dans le bassin du lac Tchad. Ces attaques seraient directement liées au groupe terroriste Boko Haram, qui a déjà perpétré des attentats similaires dans la région, tandis que les services de sécurité surveillent actuellement la situation.

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Le spectre d’un éternel recommencement

Cette recrudescence de la violence est un camouflage pour Abuja. Depuis des mois, les autorités nigérianes multiplient les discours optimistes, vantant les redditions massives de combattants et le retour progressif des déplacés dans leurs localités d’origine. Pourtant, sur le terrain, la réalité se révèle plus nuancée : Boko Haram et son rival, l’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap), bien qu’affaiblis, conservent une capacité de nuisance redoutable.

Le conflit, qui dure depuis 2009, affiche un bilan dont la froideur statistique peine à masquer le drame humain :

  • 40 000 morts recensés probablement.
  • 2 millions de déplacements internes fuyant les exactions.
  • Une instabilité régionale qui asphyxie l’économie du Cameroun, du Tchad et du Niger.

 

Une pression sécuritaire s’accumule.

Pour le président nigérian, ce nouveau carnage impose une réévaluation d’urgence de la stratégie de sécurisation des centres urbains du Nord-Est. Alors que l’armée mobilise déjà ses forces sur plusieurs fronts – entre les « bandits » qui ravagent le Nord-Ouest et les tensions séparatistes au Sud-Est –, la résilience des cellules terroristes à Maiduguri sonne comme une alerte sérieuse.

Dans les rues de la ville, entre les débris et les larmes, la question reste la même : quand la « paix » cessera-t-elle d’être une fragile parenthèse entre deux explosions ?

Nigeria : collision sur la ligne ferroviaire Kaduna–Abuja, plusieurs passagers blessés

Ce lundi matin, le trafic ferroviaire entre Kaduna et Abuja, l’un des axes les plus fréquentés du réseau ferroviaire nigérian, a été brièvement secoué par un incident qui a rapidement fait réagir les autorités. Alors que les premières rumeurs évoquaient un déraillement spectaculaire, les explications officielles de la Nigerian Railway Corporation (NRC) ont permis de rétablir les faits : il s’agit en réalité d’une collision entre deux wagons liée à un problème technique sur le système de liaison.

Bien que l’accident n’ait pas provoqué de déraillement, il a néanmoins fait plusieurs blessés, ce qui rappelle la fragilité d’un secteur stratégique pour le Nigeria.

 

Une frayeur matinale pour les passagers

Pour les voyageurs présents à bord du train reliant Kaduna à la capitale fédérale, la matinée avait commencé comme tant d’autres. Depuis plusieurs années, cette ligne ferroviaire est devenue un moyen de transport privilégié, notamment pour éviter les risques sécuritaires qui pèsent sur les routes reliant les deux villes.

Mais peu après le départ, un incident technique est survenu. Selon les premières explications fournies par la Nigerian Railway Corporation, un dysfonctionnement du système de connexion entre deux wagons aurait provoqué une collision interne. Le choc, bien que limité, a semé la panique parmi les passagers.

 

Des blessés rapidement pris en charge

Les secours se sont rapidement mobilisés. Ils ont évacué les passagers blessés vers l’hôpital le plus proche, où ces derniers ont reçu les soins nécessaires.

D’après les autorités ferroviaires, l’accident n’a provoqué aucun décès, mais plusieurs personnes ont souffert de blessures légères ou de contusions liées à l’impact.

Fait notable : malgré l’incident, le train n’a jamais quitté les rails. Il a même pu poursuivre son trajet jusqu’à la gare d’Idu, à Abuja, confirmant que l’accident ne correspondait pas à un déraillement, contrairement à certaines informations circulant initialement sur les réseaux sociaux.

 

Une ligne stratégique pour le Nigeria

La ligne Kaduna–Abuja occupe une place particulière dans le dispositif de transport du Nigeria. Mise en service pour moderniser les infrastructures ferroviaires du pays, elle constitue aujourd’hui l’un des corridors les plus empruntés du réseau national.

Chaque jour, des centaines de voyageurs – fonctionnaires, commerçants, étudiants ou travailleurs – empruntent ce train pour relier rapidement le nord du pays à la capitale.

Dans un contexte où les déplacements routiers dans certaines zones sont devenus plus risqués, le train est une alternative plus sûre et plus fiable.

 

La question de la sécurité remise sur la table

Cet incident, bien que relativement limité, intervient à un moment où le Nigeria multiplie les investissements dans la modernisation de son réseau ferroviaire.

Depuis plusieurs années, les autorités cherchent à faire du rail un pilier central de la mobilité nationale, avec la construction de nouvelles lignes et la rénovation d’anciennes infrastructures.

Cependant, l’accident de lundi rappelle que les défis techniques et logistiques restent nombreux. Maintenance des équipements, fiabilité des systèmes de liaison et formation du personnel figurent parmi les enjeux majeurs pour garantir la sécurité des passagers.

 

Un secteur en pleine transformation

Malgré ces difficultés, le Nigeria poursuit son ambition de transformer en profondeur son système de transport ferroviaire. Pour le pays le plus peuplé d’Afrique, le rail est un levier essentiel pour soutenir la croissance économique et fluidifier les déplacements.

L’incident survenu sur la ligne Kaduna–Abuja pourrait ainsi servir de rappel utile : dans un secteur en pleine expansion, la sécurité et la maintenance doivent rester au cœur des priorités.

Car pour les millions de Nigérians qui comptent sur le train pour leurs déplacements quotidiens, la confiance dans le réseau ferroviaire reste un enjeu majeur.

Madagascar : Mamitiana Rajaonarison nommé Premier ministre par Michaël Randrianirina

Antananarivo, 16 mars 2026 – À Madagascar, la scène politique vient de connaître un nouveau tournant. Quelques jours seulement après avoir mis fin aux fonctions du gouvernement en place, le président Michaël Randrianirina a annoncé le dimanche, sur les antennes de la Télévision nationale malgache (TVM), la nomination de Mamitiana Rajaonarison au poste de Premier ministre.

Cette décision marque l’ouverture d’un nouveau chapitre dans la gouvernance du pays. Dans un contexte politique marqué par de fortes attentes sociales et économiques, le chef de l’État semble vouloir insuffler une nouvelle dynamique à l’action publique.

 

Une transition politique rapide

La nomination intervient dans la foulée d’une séquence politique particulièrement rapide. En effet, quelques jours auparavant, le président avait démis l’ancien chef du gouvernement de ses fonctions et, dans son sillage, avait dissous l’ensemble de l’équipe ministérielle.

Une manœuvre institutionnelle qui, selon plusieurs observateurs de la vie politique malgache, traduit la volonté du président de recomposer l’exécutif et d’accélérer certaines réformes jugées prioritaires.

Dans de nombreux systèmes politiques, un tel remaniement vise à redonner de la cohérence à l’action gouvernementale. À Madagascar, il intervient alors que l’exécutif fait face à plusieurs défis, notamment sur les plans économique, social et administratif.

 

Mamitiana Rajaonarison, un profil politique expérimenté

Le nouveau Premier ministre, Mamitiana Rajaonarison, n’est pas un inconnu dans les cercles du pouvoir malgache. Le chef de l’État l’a nommé à ce poste dans une démarche stratégique, misant sur une personnalité capable de rassembler les forces politiques et administratives autour des priorités gouvernementales.

Dans un pays où la stabilité institutionnelle demeure un enjeu central, ce profil pourrait faciliter la coordination entre la présidence, le gouvernement et les différentes institutions publiques.

Pour plusieurs analystes, ce choix envoie également un message de continuité : malgré le changement d’équipe, la ligne politique du pouvoir devrait rester globalement orientée vers la consolidation des institutions et la relance des politiques publiques.

 

Des attentes fortes de la population

Au-delà des cercles politiques, cette nomination intervient dans un climat où les attentes de la population restent élevées. Les questions liées au pouvoir d’achat, à l’emploi et aux infrastructures continuent d’occuper une place centrale dans les préoccupations quotidiennes des citoyens.

Dans ce contexte, la nouvelle équipe gouvernementale sera attendue sur sa capacité à traduire les orientations présidentielles en actions concrètes.

La formation du prochain gouvernement constituera d’ailleurs la prochaine étape décisive. Elle permettra de mesurer les équilibres politiques que souhaite installer l’exécutif, mais aussi les priorités sectorielles qui guideront l’action publique dans les mois à venir.

 

Une nouvelle séquence politique s’ouvre.

Avec la nomination de Mamitiana Rajaonarison à la tête du gouvernement, Madagascar entre ainsi dans une nouvelle phase politique. Si cette décision vise avant tout à renforcer l’efficacité de l’exécutif, elle sera également observée de près par les acteurs économiques et sociaux.

Car au-delà des nominations, l’enjeu principal reste le même : répondre aux attentes d’une population qui espère des résultats tangibles sur le terrain.

Dans les prochaines semaines, les premiers arbitrages du nouveau Premier ministre et la composition de son équipe permettront de mesurer la direction que souhaite prendre l’exécutif malgache.

Cacao ivoirien : le grand virage d’Alassane Ouattara face à la tempête des cours

En Côte d’Ivoire, le « miracle ivoirien » vacille sous le poids de la chute des cours mondiaux du cacao. Face à une crise qui menace l’équilibre social du premier producteur mondial, le président Alassane Ouattara a validé une profonde réforme du secteur. Entre refonte du calendrier agricole et concessions douloureuses aux multinationales, Abidjan tente de sauver les meubles au moment même où s’ouvre le Salon de l’Agriculture à Paris.

 

C’est un séisme dont l’épicentre se trouve à Abidjan, mais dont les répercussions se font sentir jusqu’à Lomé et Accra. En l’espace de quelques mois, l’or brun ivoirien a perdu de son éclat. Alors que la tonne s’échangeait à des sommets historiques l’été dernier, les cours sur le marché de Londres ont été divisés par trois, passant sous la barre symbolique des 3 000 dollars. Un retournement de situation qui place le pouvoir ivoirien au pied du mur.

 

Un prix d’achat devenu intenable

Le timing ne pouvait être plus délicat pour le chef de l’État. Réélu en octobre dernier sur la promesse d’un prix d’achat record de 2 800 F CFA le kilo, Alassane Ouattara doit aujourd’hui composer avec une réalité économique brutale. Ce tarif, fixé en pleine euphorie électorale, est devenu un fardeau financier pour les caisses de l’État.

Par conséquent, pour éviter un effondrement total du système de commercialisation, la présidence a dû donner son feu vert à une révision drastique des règles du jeu. Les autorités maintiennent pour l’instant le prix aux planteurs, mais elles le font au moyen de manœuvres structurelles d’envergure.

 

Le « sacrifice » du revenu décent

La mesure la plus spectaculaire, bien qu’officieusement actée, concerne le Différentiel de Revenu Décent (DRD). Cette prime de 400 dollars la tonne, arrachée de haute lutte par l’axe Abidjan-Accra en 2020 pour protéger les paysans, est désormais suspendue pour la prochaine campagne intermédiaire.

De fait, cette concession est un signal fort envoyé aux géants du négoce mondial tels que Cargill ou Barry Callebaut. Ces derniers, échaudés par la volatilité des marchés, freinaient leurs achats. En levant cette taxe, le Conseil Café-Cacao (CCC) espère relancer la signature des contrats à terme et garantir l’écoulement de la récolte, quitte à écorner l’un des piliers de sa politique sociale.

 

Une guerre contre la contrebande et un nouveau calendrier

Au-delà de l’aspect financier, Abidjan change de tactique sur le terrain. Un nouveau calendrier de commercialisation entre en vigueur :

  • Ouverture de la campagne : avancée au 1ᵉʳ septembre (au lieu du 1ᵉʳ octobre).
  • Fermeture : fixée au 1ᵉʳ mars (au lieu du 31 mars).

L’objectif est clair : verrouiller les frontières. Ainsi, en s’alignant sur les cycles réels de récolte et en devançant les manœuvres du Ghana voisin, la Côte d’Ivoire veut stopper l’hémorragie de fèves via la contrebande vers le Liberia ou la Guinée.

 

Entre Paris et Abidjan : une vitrine sous pression

Ironie du calendrier, ces annonces interviennent alors que la Côte d’Ivoire est l’invitée d’honneur du Salon international de l’Agriculture à Paris. Tandis que le ministre de l’Agriculture, Bruno Koné, vante les mérites du terroir ivoirien à la Porte de Versailles, les coulisses de la filière bruissent d’inquiétudes.

En définitive, malgré les mécanismes d’urgence activés par l’État et l’intervention de Transcao pour limiter la casse, l’inquiétude gagne les zones rurales. Car derrière les courbes boursières et les arbitrages budgétaires, ce sont des millions de planteurs qui retiennent leur souffle. Si les cours ne se redressent pas rapidement, la crise du cacao pourrait devenir bien plus qu’un choc économique : un test politique et social majeur pour le pouvoir d’Abidjan.

 

Afrique du Sud : le Sommet de l’économie verte 2026 face au défi du financement

 

 

 

 

JOHANNESBURG (Afrique du Sud), 24 février 2026 – À quelques jours du discours budgétaire sud-africain, l’ouverture du Sommet africain de l’économie verte 2026 (AGES 2026) place l’Afrique du Sud face à une question cruciale : comment transformer les ambitions climatiques en investissements réels et mesurables ?

Le rendez-vous intervient dans un contexte politique particulier. Lors de son récent discours sur l’état de la nation, le président Cyril Ramaphosa a remis au centre du débat la modernisation des infrastructures, la transition énergétique et la sécurité hydrique. Des priorités qui, désormais, doivent franchir l’étape décisive du financement.

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Du discours à l’action : l’heure de vérité

Depuis plusieurs années, l’Afrique du Sud affiche une volonté claire de s’engager sur la voie d’une économie plus respectueuse de l’environnement. Mais cette ambition se heurte à des réalités bien connues : pénuries d’électricité, pression sur les ressources en eau, logistique fragilisée.

AGES 2026 entend précisément combler ce fossé entre promesses et réalisations. L’objectif est simple : faire émerger des projets « bancables », capables d’attirer des capitaux privés, tout en répondant aux besoins énergétiques d’une population jeune et en pleine croissance.

James Vos, responsable municipal au Cap chargé de la croissance économique, résume l’enjeu : l’Afrique doit répondre à la demande énergétique tout en faisant face aux effets du changement climatique. Autrement dit, la transition verte n’est plus un choix idéologique, mais une nécessité économique.

Le budget, pièce maîtresse de la transition

Le discours budgétaire attendu le 25 février constitue un tournant. Les participants au Sommet examineront de près les arbitrages financiers du gouvernement : quelle part sera consacrée aux infrastructures durables ? Quels mécanismes pour rassurer les investisseurs privés ?

La question est stratégique. Sans cadre budgétaire solide, la transition verte risque de rester un slogan. À l’inverse, des incitations claires pourraient accélérer la construction de centrales d’énergies renouvelables, moderniser les réseaux d’eau et soutenir l’industrialisation verte.

Shameela Soobramoney, à la tête de la National Business Initiative, rappelle une évidence souvent oubliée : croissance économique et protection de l’environnement sont liées. Pour elle, la compétitivité future dépendra de cette articulation.

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Le Cap-Occidental, laboratoire de l’économie verte

Dans la province du Cap-Occidental, l’heure est déjà à l’offensive. L’agence de promotion Wesgro mise sur l’exportation d’énergies propres et sur l’industrie manufacturière verte pour positionner la région comme un pôle d’innovation à l’échelle mondiale.

Cette dynamique régionale illustre une tendance continentale plus large : plusieurs territoires africains cherchent à devenir des hubs d’investissements verts, conscients que la transition énergétique peut générer emplois, exportations et attractivité internationale.

Une ambition continentale soutenue par des partenaires internationaux

Organisé sous l’égide de l’Union africaine, AGES 2026 bénéficie de l’appui d’Affaires mondiales Canada et de l’Institut mondial pour la croissance verte. L’objectif : accélérer le financement climatique, réduire les émissions de carbone et renforcer la protection des écosystèmes.

Le sommet peut également compter sur des acteurs financiers majeurs. Sanlam Investments en est le sponsor principal, tandis que Standard Bank apporte son soutien en tant que sponsor or. Leur implication traduit le rôle croissant du secteur financier dans la transformation écologique du continent.

Une porte d’entrée stratégique pour l’Afrique

Au-delà des annonces, l’enjeu est clair : faire de l’Afrique du Sud une plateforme incontournable pour les investissements verts en Afrique. Le potentiel est immense, mais sa concrétisation dépendra d’une collaboration étroite entre pouvoirs publics, entreprises et partenaires internationaux.

AGES 2026 se veut ainsi plus qu’un forum de discussions. Il ambitionne d’être un accélérateur de projets concrets, capables de renforcer la résilience économique du pays et d’ouvrir une nouvelle phase de croissance inclusive.

Pour le continent, la transition verte pourrait devenir un levier de souveraineté économique. Reste à savoir si les décisions budgétaires à venir permettront de transformer l’essai.

Présidentielle au Congo : Africa24 Group se positionne au cœur du scrutin

 

 

 

À quelques semaines de l’élection présidentielle congolaise du 15 mars 2026, le paysage médiatique africain s’organise. Africa24 Group annonce un dispositif éditorial d’envergure, bilingue et multiplateforme, pour couvrir un scrutin présenté comme un moment charnière pour la République du Congo.

 

Un scrutin sous le signe de la stabilité et des attentes sociales

Le 15 mars prochain, les Congolais seront appelés aux urnes pour désigner leur président. Dans un contexte marqué par des défis économiques persistants mais aussi par une volonté affichée de consolider la paix civile, cette élection est perçue comme un test grandeur nature pour la solidité des institutions.

Au-delà des chiffres et des alliances politiques, le scrutin cristallise de fortes attentes sociales : emploi des jeunes, diversification économique, amélioration des services publics et renforcement de la gouvernance. Autant de thèmes qui devraient structurer la campagne.

C’est dans ce climat que le groupe médiatique panafricain Africa24 entend jouer un rôle central.

 

Un dispositif éditorial spécial pour décrypter la présidentielle

Le groupe déploie, pour l’occasion, un système éditorial renforcé, articulé autour de ses chaînes francophone et anglophone. Objectif : offrir aux citoyens, à la diaspora et aux observateurs internationaux une lecture complète des enjeux.

Parmi les programmes annoncés :

  • Un journal de campagne dédié, avec le suivi des meetings, déplacements et déclarations des candidats.
  • Des portraits détaillés des prétendants à la magistrature suprême.
  • Des analyses pédagogiques sur les propositions économiques et sociales.
  • Des reportages de terrain mettant en lumière les réalités des différentes régions du pays.

L’ambition affichée est de rendre l’information accessible au plus large public, dans un langage clair, tout en conservant une approche rigoureuse.

 

Entretiens exclusifs et regards croisés

Africa24 prévoit également une série d’entretiens approfondis avec les candidats et leurs équipes. Ces échanges devraient permettre aux électeurs de mieux comprendre les priorités, les stratégies et la vision d’avenir portées par chaque camp. En complément, des experts, économistes et acteurs de la société civile interviendront pour analyser les programmes et mesurer leur faisabilité.

Le groupe annonce aussi une rubrique spéciale intitulée Congo Postcards, dédiée à la mise en valeur du potentiel culturel, artistique, sportif et économique du pays. Une manière de rappeler que l’élection ne se limite pas à une compétition politique, mais s’inscrit dans une dynamique nationale plus large.

 

Une diffusion à l’échelle mondiale

La couverture sera accessible :

  • Sur AFRICA24 TV (chaîne 249 sur Canal+ Afrique)
  • Sur AFRICA24 English (chaîne 254 sur Canal+ Afrique)
  • Via la plateforme de streaming myAfrica24
  • Sur le site officiel du groupe

Avec une audience revendiquée de plus de 120 millions de foyers à travers le monde et plusieurs millions d’abonnés numériques, Africa24 entend offrir une visibilité internationale à ce scrutin congolais.

 

Africa24, un acteur médiatique continental

Fondé en 2009, Africa24 s’est imposé comme l’un des réseaux d’information panafricains les plus influents. Le groupe opère plusieurs chaînes spécialisées, couvrant l’actualité générale, le sport et les industries culturelles africaines.

À travers cette mobilisation exceptionnelle, le média affirme son engagement en faveur d’un traitement équilibré et professionnel des processus électoraux sur le continent.

 

Une élection, un enjeu continental

Au-delà des frontières du Congo, cette présidentielle sera observée par de nombreux partenaires régionaux et internationaux. Dans une Afrique centrale en quête de stabilité et d’intégration économique, chaque scrutin compte.

Le 15 mars 2026, les électeurs congolais auront donc la responsabilité de tracer une nouvelle page de leur histoire politique. Et les caméras d’Africa24 seront braquées sur Brazzaville.

Kano : un nouvel incendie ravage le marché Fatima Simra

Kano (Nigeria), 20 février 2026 – La ville commerciale de Kano, dans le nord du Nigeria, est de nouveau le théâtre d’un violent incendie. Ce vendredi matin, un brasier a ravagé une partie du marché Fatima Simra Multi-Purpose situé dans le quartier de Dakata, détruisant au moins une cinquantaine de boutiques et plongeant de nombreux commerçants dans l’incertitude.

Cet événement survient à peine une semaine après un sinistre encore plus dévastateur qui avait consumé une grande partie du Singer Market, l’un des plus importants centres de commerce de la ville. L’écho de ces deux incendies successifs suscite une profonde inquiétude au-delà des frontières nigérianes.

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Une ville marchande à vif

Les flammes ont pris tôt ce vendredi vers 5 h 40, surprenant des dizaines d’artisans et petits commerçants spécialisés dans la production d’huile végétale, le recyclage de plastique ou de nylon, ainsi que d’autres activités génératrices de revenus. Les témoignages recueillis indiquent que le feu s’est propagé avec une rapidité inquiétante, alimenté par des matériaux hautement inflammables.

« Dès que les flammes ont commencé, c’était trop tard pour intervenir, le feu avançait plus vite que nous », confie Dauda Haruna Chula, président du comité de lutte contre l’incendie du marché, qui a confirmé la destruction d’au moins cinquante boutiques.

Les sapeurs-pompiers de l’État de Kano se sont mobilisés pour maîtriser l’incendie, mais au moment où nous écrivons ces lignes, les causes exactes de l’incident et l’ampleur totale des pertes matérielles restent encore inconnues.

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Après Singer Market, un nouveau coup dur

Ce nouvel incendie s’ajoute à un panorama déjà sombre : il y a quelques jours, un brasier a ravagé le Singer Market, détruisant plus de 1 000 boutiques et affectant des milliers de commerçants dont les activités sont essentielles à l’économie locale.

Ce marché, reconnu comme l’un des principaux hubs de marchandises de la région nord-ouest nigériane, a vu ses pertes estimées à plusieurs milliards de nairas, entraînant une onde de choc dans les chaînes d’approvisionnement vers d’autres États et pays voisins.

Après ce premier sinistre, les autorités ont promis des mesures d’aide financière et logistique : ainsi le gouvernement fédéral nigérian et plusieurs gouverneurs ont débloqué près de 8 milliards de nairas (soit plusieurs millions de francs CFA) pour venir en aide aux victimes et relancer les activités commerciales.

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Crainte et appel à la prévention

Les commerçants, déjà marqués par le premier incendie, vivent dans l’angoisse d’un nouveau coup dur. « Nous avons perdu nos outils de travail, notre capital et nos biens personnels », confie un vendeur présent sur les lieux, qui préfère rester anonyme. « Comment relancer nos activités dans ces conditions ? »

Outre les pertes matérielles, ces brûlures successives soulèvent des questions sur la sécurité des infrastructures commerciales, l’accès des pompiers aux zones densément bâties et la prévention des risques dans des marchés où l’activité humaine et les matériaux combustibles s’entremêlent dangereusement.

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Des pistes d’enquête et des répercussions régionales

Les autorités locales n’ont pas encore déterminé l’origine exacte des flammes, mais elles ont annoncé qu’elles mèneront une enquête approfondie dès qu’elles auront entièrement sécurisé les lieux. Dans le passé, des courts-circuits, le mauvais stockage de carburants et l’absence de dispositifs de sécurité incendie ont souvent provoqué des sinistres similaires à Kano et dans d’autres grandes villes commerçantes d’Afrique de l’Ouest.

Pour les acteurs économiques du Togo et de la sous-région, ces événements rappellent la vulnérabilité des chaînes de valeur informelles liées aux grands marchés transfrontaliers. Le bon fonctionnement des échanges passe aussi par des normes de sécurité rigoureuses, une meilleure planification urbaine et des services d’urgence mieux équipés.

 

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Un brasier symbolique

Au-delà des pertes immédiates, ces deux incendies successifs font apparaître une autre urgence : la nécessité de repenser la sécurité dans les centres commerciaux populaires, véritables poumons économiques de milliers de foyers.

Si Kano est un moteur du commerce dans le nord du Nigeria et un point de convergence de nombreux produits vers le Togo, le Niger ou le Burkina Faso, les incendies à répétition pourraient avoir un effet domino, affectant la circulation des marchandises, les revenus des familles et même la confiance des investisseurs régionaux.

Alors que la ville tente de tourner la page de ces tragédies, la communauté commerçante et les autorités locales sont confrontées à une double équation : reconstruire et prévenir.

Gabon: suspension des réseaux sociaux

Depuis le 17 février 2026, le Gabon vit au rythme d’un silence inhabituel : celui des réseaux sociaux. La Haute Autorité de la Communication du Gabon (HAC) a annoncé la suspension immédiate de plusieurs plateformes numériques sur l’ensemble du territoire national, et ce, jusqu’à nouvel ordre.

Sont concernés des services largement utilisés comme WhatsApp, TikTok, Messenger ou Instagram. Une décision rare, aux conséquences multiples, qui soulève des interrogations bien au-delà des frontières gabonaises.

Une mesure justifiée par la « stabilité nationale »

Dans un communiqué officiel, le porte-parole de l’institution, Jean Claude Franck Mendome, a expliqué que le régulateur a constaté une diffusion répétée de contenus jugés inappropriés, diffamatoires ou incitant à la haine. Selon la HAC, ces publications pourraient porter atteinte à la stabilité des institutions et à la sécurité nationale.

En choisissant de suspendre purement et simplement l’accès aux réseaux sociaux, l’autorité de régulation opte pour une réponse radicale. L’objectif affiché est de préserver l’ordre public. Mais cette décision ouvre un débat sur l’équilibre entre sécurité et liberté d’expression.

Un pays en pause numérique

Au Gabon, les réseaux sociaux ne sont pas seulement des espaces d’échange informel. Ils sont devenus des outils centraux de communication, de commerce et d’information.

Pour de nombreux jeunes entrepreneurs, commerçants ou créateurs de contenu, ces plateformes représentent une source directe de revenus. Leur interruption soudaine pourrait fragiliser des activités déjà sensibles aux fluctuations économiques.

Dans un contexte africain où la transformation numérique progresse rapidement, la coupure des réseaux sociaux équivaut à un frein brutal. Les petites entreprises qui utilisent WhatsApp pour vendre, Instagram pour promouvoir leurs produits ou Messenger pour dialoguer avec leurs clients se retrouvent, du jour au lendemain, sans canal de communication.

Un signal pour la région ?

Au Togo comme dans d’autres pays d’Afrique de l’Ouest, cette décision est observée avec attention. Les réseaux sociaux jouent un rôle croissant dans le débat public et dans la participation citoyenne.

La suspension décidée par la HAC pose une question plus large : comment réguler les contenus problématiques sans bloquer l’ensemble des plateformes ? La réponse varie selon les contextes politiques et juridiques, mais l’enjeu reste le même : préserver la cohésion nationale tout en garantissant les droits numériques.

Entre sécurité et liberté

La mesure gabonaise rappelle que l’espace numérique est devenu un terrain stratégique. Les États cherchent à encadrer les usages, tandis que les citoyens revendiquent un accès libre à l’information.

À Libreville comme ailleurs, le silence numérique actuel pourrait laisser des traces durables. Si la suspension vise à calmer les tensions, elle pourrait aussi alimenter les débats sur la gouvernance d’Internet et la place des libertés publiques à l’ère digitale.

Reste une incertitude majeure : combien de temps durera cette interruption ? En attendant, le Gabon expérimente une réalité inhabituelle : un quotidien sans réseaux sociaux, dans un monde où ils sont devenus presque indispensables.

Kaduna : ex-gouverneur, El-Rufai face à la justice fédérale

L’ancien gouverneur de Kaduna rattrapé par des aveux télévisés qui secouent Abuja

Au Nigéria, la scène politique est de nouveau sous tension. L’ancien gouverneur de l’État de Kaduna,  Mallam Nasir El-Rufai, se retrouve au cœur d’une procédure judiciaire qui pourrait redessiner les lignes de fracture au sommet de l’appareil sécuritaire fédéral.

Le 13 février 2026, lors d’un entretien diffusé sur la chaîne privée Arise TV, l’ex-dirigeant aurait admis avoir joué un rôle dans l’interception non autorisée des communications du Conseiller national à la sécurité, Nuhu Ribadu. Des déclarations qui ont aussitôt déclenché une riposte judiciaire.

Tribunal fédéral du Nigeria
© Tribunal fédéral du Nigeria

Trois chefs d’accusation lourds de conséquences

Saisie du dossier, la Haute Cour fédérale examine trois infractions distinctes retenues par le parquet :

  • la reconnaissance publique d’une interception illégale de communications ;
  • la non-dénonciation présumée des auteurs impliqués ;
  • l’utilisation d’équipements susceptibles de compromettre la sécurité nationale.

Ces charges s’appuient sur la Loi amendée sur la cybercriminalité de 2024 ainsi que sur la Loi nigériane sur les communications de 2003. Deux textes qui encadrent strictement l’usage des technologies de surveillance et la protection des infrastructures numériques stratégiques.

Au-delà du cas individuel, l’enjeu dépasse la personne d’El-Rufai. C’est la solidité des mécanismes de protection des communications gouvernementales qui est désormais questionnée.

Tribunal fédéral du Nigeria
© Tribunal fédéral du Nigeria

Une affaire aux résonances politiques

Ancienne figure influente du paysage politique nigérian, El-Rufai n’est pas un acteur marginal. Son passage à la tête de Kaduna a été marqué par des réformes controversées et une posture souvent clivante. Aujourd’hui, cette affaire pourrait fragiliser davantage le climat politique déjà traversé par des rivalités internes.

À Abuja, certains observateurs y voient une bataille d’influence entre cercles sécuritaires. D’autres soulignent également que cette procédure pourrait devenir un test grandeur nature de l’indépendance judiciaire face aux élites politiques.

La sécurité numérique au cœur du débat

Dans un contexte régional marqué par la montée des cybermenaces et des campagnes de désinformation, la protection des communications stratégiques est devenue un enjeu central pour les États ouest-africains.

Si les faits reprochés sont établis, ils mettraient en lumière des failles graves dans le dispositif de sécurisation des échanges au plus haut niveau de l’État nigérian. À l’inverse, si la défense parvient à contester les accusations, l’affaire pourrait se transformer en affrontement politique aux répercussions durables.

Finalement, une chose est certaine : cette procédure, ouverte le 16 février 2026, dépasse le simple cadre judiciaire. Elle pose aussi une question fondamentale : celle de la confiance dans les institutions et dans la capacité de l’État à protéger ses propres communications.

Gezani dévaste Madagascar : une île sous le choc et en état d’urgence

Antananarivo, 12 février 2026 — Parfois, il suffit de quelques heures pour réduire un pays à l’état d’urgence. Le cyclone tropical Gezani, qui a frappé l’île de Madagascar en début de semaine, s’est imposé dès sa formation comme une tempête d’une violence exceptionnelle pour la saison cyclonique 2025-2026. Moins d’une semaine après son entrée dans l’océan Indien, il a contraint les autorités à décréter un état de sinistre national, marquant une étape rarement atteinte en temps de paix.

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De l’océan à l’élévation : la naissance d’un monstre

La trajectoire de Gezani était surveillée depuis les premiers stades de son développement en mer — un phénomène météorologique courant entre novembre et mars dans le bassin sud-ouest de l’océan Indien. Toutefois, sa rapide intensification a surpris les observateurs. Le cyclone a atteint la côte est de Madagascar, frappant de plein fouet la ville portuaire de Toamasina dans la soirée du 10 février 2026, avec des rafales dépassant parfois 250 km/h et des pluies diluviennes.

Ce passage brutal a rappelé, dans sa violence, certains des cyclones les plus sévères de l’histoire du pays, même si son impact final ne rivalise pas encore avec les records humains des grandes tempêtes du passé — comme le cyclone Gafilo qui avait fait plusieurs centaines de morts en 2004.

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Le cyclone Gezani

Un bilan humain et matériel lourd

Les autorités malgaches, en coordination avec le Bureau national de gestion des risques et des catastrophes (BNGRC), ont publié des bilans actualisés au fil des heures : elles comptent au moins 36 morts, plusieurs dizaines de blessés et des milliers de personnes privées de toit.

Dans certaines zones de Toamasina, les images aériennes diffusées montrent des quartiers où près de 80 % des bâtiments ont été endommagés ou détruits, des routes impraticables et des infrastructures essentielles hors d’usage.

Les autorités portent désormais le nombre de sinistrés à plus de 250 000, répartis entre zones urbaines et rurales. Au-delà des chiffres, elles soulignent qu’une part importante du tissu social et économique se trouve frappée de plein fouet.

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État de sinistre national : une réponse à l’ampleur des dégâts

Face à cette tragédie, le gouvernement malgache a réuni son conseil des ministres pour décréter l’état de sinistre national, une mesure qui facilite l’accès à une aide d’urgence et la mobilisation de ressources exceptionnelles pour les opérations de secours.

Cette décision illustre l’ampleur des dégâts et des besoins : pas seulement des maisons effondrées, mais aussi des cultures détruites, des voies de communication coupées et des communautés isolées. La reprise et la reconstruction s’annoncent longues et coûteuses.

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Un autre cyclone peu avant, un contexte déjà fragile

Madagascar n’était pas sortie indemne de la précédente perturbation climato-météorologique. Moins de deux semaines avant Gezani, un autre système baptisé Fytia avait déjà traversé l’île, causant aussi pertes humaines et déplacements massifs de population.

La succession de ces tempêtes met en lumière la vulnérabilité structurelle de l’île aux phénomènes cycloniques, exacerbée par des facteurs climatiques mondiaux tels que l’élévation des températures océaniques. Ce contexte rend d’autant plus crucial le soutien humanitaire international, appelé par les autorités malgaches, pour répondre non seulement à l’urgence mais aussi à la prévention future.

Daouda Soukpafolo rachète UNIWAX, géant du wax ivoirien

Une page importante s’écrit dans l’histoire industrielle de la Côte d’Ivoire et, plus largement, de l’Afrique de l’Ouest. Dans une transaction stratégique passée sous silence médiatique, la Compagnie Ivoirienne de Coton S.A. (COIC), dirigée par l’homme d’affaires ivoirien Koné Daouda Soukpafolo, a acquis la participation majoritaire dans UNIWAX S.A., l’un des derniers « fleurons » du textile régional.

 

Un retour à l’ancrage local d’un géant textile

Créé à la fin des années 1960, UNIWAX est l’un des rares fabricants industriels de pagne wax encore en activité en Afrique de l’Ouest, avec une usine historique située dans la zone industrielle de Yopougon à Abidjan. L’entreprise, longtemps associée au groupe néerlandais Vlisco, est également cotée à la BRVM (Bourse Régionale des Valeurs Mobilières).

L’accord, conclu ce 11 février 2026, marque ainsi le retour de la marque sous contrôle ivoirien, et s’inscrit dans une logique de création de valeur locale, de résilience industrielle et de développement stratégique.

 

Contexte financier : redressement avant le rachat

Ce rachat intervient après plusieurs années de difficultés financières pour UNIWAX, qui avait affiché des pertes significatives jusque-là. Toutefois, en 2025, l’entreprise a renoué avec la rentabilité : au troisième trimestre, le chiffre d’affaires avait progressé de 13 % par rapport à l’année précédente, et le groupe avait enregistré un bénéfice net d’environ 8,1 milliards de FCFA.

Cette amélioration s’est accompagnée d’une forte réaction des marchés : entre janvier et novembre 2025, l’action Uniwax à la BRVM a augmenté de plus de 267 %, traduisant un regain de confiance des investisseurs dans la capacité du groupe à se redresser.

Selon d’autres bilans récents, la société avait réussi à transformer ses pertes des exercices précédents et à afficher un bénéfice net au premier semestre 2025, même si certains résultats positifs provenaient de cessions d’actifs.

 

Modalités et accompagnement : continuité opérationnelle

Toutefois, les autorités n’ont pas rendu publiques les modalités financières exactes du rachat et elles doivent encore approuver le processus sur le plan réglementaire, mais les sources proches du dossier signalent que la direction d’Uniwax ainsi que le groupe Vlisco continueront à accompagner la marque pour assurer sa stabilité opérationnelle dans les mois à venir.

Pour la COIC, l’intégration d’Uniwax s’inscrit dans une stratégie industrielle intégrée : en rapprochant la fabrication de pagnes de la transformation locale du coton, l’objectif est de créer des synergies industrielles fortes et d’insuffler de nouvelles capacités d’investissement.

 

Un homme d’affaires influent à la manœuvre

Surnommé le « Roi du coton » ivoirien, Koné Daouda Soukpafolo est l’un des entrepreneurs les plus en vue du pays. Son groupe s’est d’abord construit autour de la filière cotonnière avant de s’étendre à l’agro-industrie, au transport et aux services financiers.

Selon les classements économiques, sa fortune est estimée à près de 92 milliards de FCFA (≈165 millions USD) ; ce qui le place parmi les 10 plus grandes fortunes de Côte d’Ivoire.

 

Vers une industrie textile africaine plus intégrée ?

Au-delà de l’importance de UNIWAX pour l’économie ivoirienne, ce rachat fait écho à des initiatives plus larges d’industrialisation du continent, encouragées par plusieurs États ouest-africains. L’opération pourrait ainsi devenir un cas d’école de montée en puissance de capitaux locaux dans une industrie longtemps marquée par la concurrence étrangère.

Pour les acteurs économiques, le défi reste de renforcer la compétitivité du textile africain face aux importations asiatiques à bas coût, tout en préservant l’authenticité et la valeur culturelle des produits locaux.

Conakry : panique à Kaloum après des tirs près de la Maison centrale

Une vive tension a secoué, ce mardi matin, le centre administratif de Conakry. Aux premières heures de la journée, des coups de feu nourris ont été entendus près de la Maison centrale de Coronthie, la principale prison de la capitale guinéenne, plongeant le quartier stratégique de Kaloum — où se trouvent la présidence, les ministères et institutions — dans une atmosphère d’incertitude et de peur.

 

Des détonations en plein cœur de la capitale

Ce 10 février 2026, aux environs de 9 heures locales, des témoins ont rapporté des tirs à l’arme automatique, mais les autorités n’ont pas confirmé leur provenance exacte. Selon ces observateurs, les salves ont duré une trentaine de minutes avant de se dissiper. De nombreux riverains ont décrit des scènes de panique, tandis que des habitants se réfugiaient à l’abri et que la circulation connaissait de fortes perturbations.

Un résident a déclaré qu’il avait entendu des coups de feu « soutenus et rapides », puis vu des véhicules militaires se déployer autour du périmètre de la prison.

 

Kaloum bouclé, sécurité renforcée

Rapidement, les autorités ont déployé un important dispositif sécuritaire. Des éléments de la police, des forces spéciales et de la gendarmerie ont quadrillé les abords de la Maison centrale et bloqué plusieurs axes d’accès à Kaloum. Des véhicules blindés ont stationné devant l’établissement pénitentiaire, tandis que des forces armées contrôlaient l’entrée du pont 8-Novembre, principale voie d’accès au quartier.

Peu avant 11 h, la circulation a commencé à être partiellement rétablie, mais la zone reste sous haute surveillance.

 

Rumeurs et silence officiel

Dans les heures qui ont suivi les tirs, les spéculations ont circulé sur les réseaux sociaux et auprès de certains médias, certains évoquant une possible tentative d’évasion ou d’extraction de détenus de la Maison centrale. Parmi les noms mentionnés figure celui d’Aboubacar Sidiki Diakité, dit « Toumba », condamné pour crimes contre l’humanité dans le cadre du procès du massacre du 28 septembre 2009 à Conakry, affaire qui reste l’une des plus sensibles de l’histoire récente du pays.

Pour l’heure, le gouvernement guinéen, le ministère de la Sécurité et l’administration pénitentiaire n’ont publié aucune déclaration officielle pour clarifier les causes des tirs, établir un bilan ou infirmer les rumeurs d’une tentative d’évasion.

 

Une situation encore confuse

Alors que l’activité dans le quartier de Kaloum demeure perturbée, les autorités n’ont pas encore apporté d’éclairage sur l’origine des détonations. Le silence officiel contraste avec le déploiement spectaculaire des forces de sécurité, laissant place à de nombreuses interrogations.

Les populations et les observateurs attendent donc une communication claire des autorités, afin de savoir si l’incident est le fait d’une opération interne, d’un acte criminel ou d’un autre phénomène encore indéterminé.

Le Rwanda poursuit Londres pour rupture de contrat financier

Le divorce est désormais consommé entre le Rwanda et le Royaume-Uni. Après l’abandon politique du projet d’expulsion de migrants par le gouvernement de Keir Starmer, l’affaire se déplace sur le terrain judiciaire. Kigali a annoncé l’ouverture de poursuites contre Londres pour récupérer les fonds non versés d’un accord jugé « mort et enterré » par les Britanniques.

C’est un bras de fer financier qui s’engage. En effet, les autorités rwandaises ont officiellement saisi un tribunal arbitral pour réclamer le versement du solde de l’accord migratoire signé en 2022. Sur les 290 millions de livres sterling (environ 340 millions d’euros) prévus initialement, Londres a déjà versé 240 millions. Mais Kigali exige aujourd’hui les 50 millions restants, estimant que les discussions diplomatiques sont dans l’impasse.

 

Un projet « mort et enterré »

Pour le Premier ministre britannique Keir Starmer, arrivé au pouvoir avec la promesse de mettre fin à ce qu’il qualifie de « gadget coûteux », ce sujet n’est plus d’actualité. En effet, le locataire du 10 Downing Street rappelle que la Cour suprême britannique avait déjà porté un coup fatal au projet en 2023, le jugeant illégal au regard du droit international.

Côté britannique, on invoque la protection de l’argent des contribuables pour justifier l’arrêt des paiements. Mais pour le gouvernement de Paul Kagame, l’annulation unilatérale du contrat ne dispense pas Londres de ses engagements financiers contractuels.

 

Des relations sous haute tension

Ce contentieux financier ne révèle que la face émergée d’une dégradation plus profonde des relations bilatérales. Au-delà de la question migratoire, Londres a récemment durci le ton en réduisant son aide au développement vers Kigali.

En cause : le soutien présumé du Rwanda à la rébellion du M23 dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Ce mélange de griefs sécuritaires et de litiges financiers plonge le partenariat entre les deux pays dans une crise sans précédent, dont l’issue se jouera désormais devant des arbitres internationaux.

Ghana : 22 Togolais arrêtés pour orpaillage illégal (Galamsey)

Vingt-deux Togolais ont été interpellés dans le nord du Ghana pour exploitation minière illégale. Cette arrestation illustre la complexité d’un fléau qui empoisonne les relations de voisinage et dévaste les écosystèmes locaux.

 

La traque continue. Dans la région de Savannah, au nord du Ghana, la police a porté un nouveau coup dans la lutte contre le « galamsey », ce fléau de l’orpaillage illégal qui ronge le pays. Cette fois, ce sont vingt-deux ressortissants togolais qui ont été pris dans les filets des autorités ghanéennes.

 

Une traque sans frontières

Ces interpellations ne sont pas le fruit du hasard. Depuis plusieurs mois, Accra a durci le ton. Sous la pression de l’opinion publique et des organisations écologistes, le gouvernement ghanéen multiplie les raids musclés pour protéger ses cours d’eau, empoisonnés au mercure, et ses forêts classées.

L’implication de citoyens togolais souligne la dimension transfrontalière de ce business lucratif mais destructeur. Pour de nombreux jeunes de la sous-région, les sites miniers ghanéens agissent comme des aimants, malgré les risques judiciaires et les conditions de travail périlleuses.

Un enjeu de sécurité nationale

Pour Accra, le galamsey n’est plus seulement une catastrophe environnementale ou un manque à gagner fiscal. C’est une menace à la sécurité nationale. En effet, les autorités soupçonnent ces sites illégaux de servir de bases arrière à divers trafics, voire de zones de recrutement pour des réseaux criminels opérant entre le Togo, le Burkina Faso et le Ghana.

« Nous ne ferons aucune distinction de nationalité. Quiconque détruit nos terres répondra de ses actes devant la justice », martèlent régulièrement les responsables de la sécurité ghanéenne.

 

Vers une crispation diplomatique ?

Si Lomé n’a pas encore officiellement réagi à ces interpellations, ce dossier pourrait s’inviter à l’agenda des discussions bilatérales. La gestion des flux migratoires liés à l’orpaillage est un défi commun. Pour le Togo, le défi est double : dissuader ses ressortissants de s’engager dans ces activités illégales à l’étranger, tout en évitant que ces réseaux ne s’installent durablement sur son propre sol, où l’activité minière est également sous haute surveillance.

En attendant, les tribunaux ghanéens s’apprêtent à juger les vingt-deux suspects, alors qu’Accra cherche à faire des exemples pour décourager les candidats à l’orpaillage sauvage.

Afrique : l’AWIEF muscle son conseil consultatif

Entrepreneuriat féminin en Afrique : l’AWIEF muscle sa gouvernance avec un nouveau conseil consultatif

LE CAP (Afrique du Sud), 26 janvier 2026 Le Forum africain de l’innovation et de l’entrepreneuriat féminin (AWIEF) a annoncé lundi la création d’un conseil consultatif de haut niveau, marquant une étape stratégique pour l’organisation panafricaine dans sa mission de soutien à l’autonomisation économique des femmes.

En effet, ce nouveau comité réunit des personnalités internationales issues des secteurs du sport, des médias, de l’édition et du développement institutionnel. Sa mission sera d’orienter la croissance à long terme de l’AWIEF, notamment par le renforcement de la gouvernance et l’expansion des programmes de soutien aux entrepreneurs sur tout le continent.

À cet effet, « la mise en place de ce conseil marque une étape importante dans notre évolution », a souligné Irène Ochem, fondatrice et PDG de l’AWIEF. « L’expérience collective et la vision de ces membres seront précieuses pour consolider nos fondements et étendre notre impact au sein de l’écosystème entrepreneurial africain. »

 

Un casting de poids

Par ailleurs, parmi les personnalités nommées figurent :

  • Fatma Samoura, ancienne secrétaire générale de la FIFA et figure influente de l’égalité des sexes.
  • Nicolas Pompigne-Mognard, fondateur et président d’APO Group, expert en communication panafricaine.
  • Awa Ndiaye-Seck, ex-représentante spéciale de l’ONU Femmes auprès de l’Union africaine.
  • Dalia Ibrahim, PDG de la maison d’édition égyptienne Nahdet Misr et spécialiste de l’économie créative.

Au-delà de l’événementiel

Toutefois, si l’AWIEF est principalement connue pour son sommet annuel et ses remises de prix, cette nouvelle structure vise à pérenniser l’action de l’organisation. Le conseil se concentrera aussi sur la recherche, l’influence politique et le développement de partenariats stratégiques pour répondre aux défis structurels rencontrés par les femmes d’affaires en Afrique.

Basée au Cap, l’AWIEF s’est imposée ces dernières années comme l’une des principales plateformes de dialogue entre investisseurs, décideurs politiques et innovatrices pour catalyser la croissance inclusive sur le continent.

Enfin, l’initiative intervient dans un contexte où l’entrepreneuriat féminin en Afrique affiche l’un des taux les plus élevés au monde, tout en restant confronté à un déficit de financement accru à plus de 42 milliards de dollars par la Banque africaine de développement (BAD).

Tanzanie : pavillon présidentiel construit en 75 jours

En seulement 75 jours, le pavillon présidentiel de l’aéroport international Julius Nyerere à Dar es Salaam est sorti de terre, établissant un record national pour la construction d’un bâtiment public de cette envergure. Une prouesse réalisée par la China Railway Jianchang Engineering Company.

 

Tanzanie, 21 janvier 2026 –Le vice-président tanzanien, Son Excellence Emmanuel Nchimbi, a inauguré hier, mardi, le pavillon présidentiel de l’aéroport international Julius Nyerere à Dar es Salaam. Ce bâtiment VIP, destiné à accueillir les chefs d’État et dignitaires internationaux, illustre la capacité de la Tanzanie à réaliser rapidement des infrastructures publiques de haut niveau.

 

Une construction rapide qui établit un record national

La China Railway Jianchang Engineering Company (CRJE) a construit le pavillon en seulement 75 jours, un délai inédit pour un projet de cette envergure dans le pays. En effet, cette prouesse reflète l’efficacité et la coordination exceptionnelles des équipes sur le chantier, qui ont respecté à la fois les standards internationaux et les contraintes locales.

Cette rapidité de réalisation démontre que la Tanzanie peut moderniser ses infrastructures publiques sans sacrifier la qualité. Elle constitue un atout stratégique pour le pays, notamment dans le cadre de ses efforts visant à attirer des investisseurs et des partenaires internationaux.

Vice présidence Tanzanie
© Vice présidence Tanzanie

Des installations modernes pour un usage stratégique

Le pavillon présidentiel comprend des espaces sécurisés et confortables, conformes aux standards internationaux pour accueillir dignitaires et chefs d’État. Les autorités tanzaniennes présentent ce projet comme une démonstration de leur capacité à gérer des infrastructures complexes avec efficacité et transparence.

La collaboration avec la China Railway Jianchang Engineering Company souligne l’importance des partenariats internationaux dans le développement de la Tanzanie. Grâce à cette coopération, le pays accélère ses projets stratégiques et affirme sa volonté de se positionner comme un hub régional moderne et attractif.

 

Pourquoi ce projet fait date

En plus de sa rapidité de construction, le pavillon présidentiel renforce l’image de l’aéroport Julius Nyerere comme une plateforme internationale moderne, tout en consolidant les capacités du pays à gérer des infrastructures critiques. Cette réussite sert également d’exemple pour d’autres projets publics et privés, démontrant que le délai n’est pas un obstacle à la qualité et à la sécurité.

En seulement 75 jours, le pavillon présidentiel de Dar es Salaam illustre une combinaison réussie de vitesse, qualité et coopération internationale. Ce projet symbolise non seulement la modernisation des infrastructures tanzaniennes, mais aussi la capacité du pays à réaliser des ouvrages d’envergure rapidement, ce qui représente un atout majeur pour son développement économique et sa position régionale.

Éthiopie : Le pari historique de la monnaie « Made in Addis »

Addis-Abeba, 20 janvier 2026 – Lors d’une déclaration faite à l’occasion du Finance Forward Ethiopia 2026, qui marque un tournant historique pour la Corne de l’Afrique, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a annoncé une mesure radicale pour l’indépendance financière du pays : l’Éthiopie va désormais produire sa propre monnaie localement. Cette décision met fin à des décennies de dépendance vis-à-vis de prestataires étrangers, notamment le géant britannique De La Rue, qui assurait jusqu’ici l’impression des billets de banque nationaux.

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Un acte de souveraineté économique

Pour le gouvernement éthiopien, l’enjeu dépasse la simple logistique industrielle. Cette transition vers une production nationale est avant tout un geste de souveraineté économique. En rapatriant l’impression de sa monnaie, l’Éthiopie entend reprendre un contrôle total sur l’un des symboles les plus régaliens de l’État.

Jusqu’à présent, comme de nombreuses nations africaines, Addis-Abeba devait sous-traiter la fabrication de sa monnaie à des imprimeries de haute sécurité en Europe. Ce processus, bien que courant, exposait le pays à plusieurs vulnérabilités. Le Premier ministre a ainsi souligné que cette relocalisation permettra de réduire les coûts substantiels de production et de transport, tout en éliminant les risques logistiques et géopolitiques liés à l’impression à l’étranger.

Ethiopian Investment Holdings (EIH)
© Ethiopian Investment Holdings (EIH)

L’EIH au cœur de la stratégie 2030

Cette annonce s’inscrit dans une vision macroéconomique plus large portée par Ethiopian Investment Holdings (EIH), le fonds souverain du pays. Créée en 2021, la société EIH supervisera ce projet et gérera les investissements nationaux. Le développement d’infrastructures capables de produire des billets de banque répond à une ambition claire : diversifier l’économie et renforcer les institutions financières nationales.

Le gouvernement a fixé un cap ambitieux pour les années à venir : porter la contribution de l’EIH à 20 % du Produit Intérieur Brut (PIB) d’ici 2030. En investissant dans des secteurs stratégiques et technologiques, comme la monétique de haute sécurité, le pays espère à la fois économiser des devises étrangères et stimuler l’innovation locale.

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Un symbole pour le continent ?

L’Éthiopie, pays au passé millénaire et siège de l’Union africaine, envoie ici un signal fort à l’ensemble du continent. Alors que le débat sur l’autonomie monétaire et la réduction de l’influence des anciennes puissances coloniales est plus vif que jamais, la décision d’Abiy Ahmed pourrait inspirer d’autres capitales africaines.

Si le défi technique est immense — l’impression de billets nécessitant des technologies de pointe pour contrer la contrefaçon —, l’Éthiopie semble prête à franchir ce cap pour asseoir définitivement son rôle de puissance émergente en Afrique de l’Est.

Meurtre de Maëlys à Kinshasa : Le danger des réseaux sociaux

Dans une société où le paraître et l’argent rapide sont érigés en valeurs cardinales, que reste-t-il de la sacralité de la vie ? Aujourd’hui, mardi 13 janvier 2026, Kinshasa se réveille avec un goût de cendre. Ce fait divers tragique, qui secoue la capitale de la République Démocratique du Congo, n’est pas qu’une simple chronique judiciaire ; c’est le miroir déformant d’une jeunesse en quête de repères, piégée entre la précarité réelle et les promesses illusoires des réseaux sociaux.

 

Une nuit qui bascule dans l’horreur

Le nom de Maëlys Ngoy Ejimba, 20 ans, vient s’ajouter à la liste déjà trop longue des victimes de la violence aveugle. Selon les témoignages qui inondent la toile, tout commence par une rencontre fortuite sur les réseaux. Un homme, dont l’identité reste à ce jour un mystère, aborde la jeune femme et lui propose un rendez vous . Appâtée par l’offre, Maëlys accepte de le suivre dans un hôtel à Lemba, où l’individu avait réglé plusieurs jours de séjour.

Quelques heures plus tard, l’homme quitte la chambre seul, prétextant une course urgente. Il ne reviendra jamais. Alerté par ce départ suspect et l’absence de mouvement, le personnel de l’hôtel finit par forcer la porte. À l’intérieur, la découverte est glaçante : le corps sans vie de Maëlys repose sur le lit, victime de multiples coups de couteau et d’une gorge tranchée.

 

Le téléphone, témoin muet d’un piège mortel

La police, dépêchée sur les lieux, a immédiatement saisi le téléphone de la victime. Les enquêteurs y ont découvert des échanges numériques retraçant les détails de la rencontre fatale. Ces éléments constituent désormais le fil d’Ariane susceptible de conduire à l’assassin. Une enquête pour homicide volontaire a été officiellement ouverte, et les autorités s’activent également pour identifier et interpeller le suspect en fuite.

 

Un cri d’alarme pour la société congolaise

Ce drame suscite une vive émotion et une colère sourde sur les réseaux. Au‑delà de l’horreur, il relance également le débat sur les dangers des réseaux sociaux, devenus des terrains de chasse pour prédateurs de tout type. Il met aussi en lumière la montée inquiétante des violences faites aux jeunes femmes, souvent ciblées parce que vulnérables ou isolées.

Plus profondément, cet événement tragique interpelle sur l’éducation des enfants. Sommes‑nous en train de perdre le sens de la prudence et de l’effort au profit d’un matérialisme destructeur ? Maëlys avait toute la vie devant elle. Son destin brisé rappelle que derrière l’écran d’un smartphone ou la promesse de quelques billets peut se cacher l’ombre d’un bourreau. La justice doit désormais s’exprimer, mais la société, elle, doit impérativement se remettre en question.

Nigeria : la créatrice TikTok Rita Special retrouvée morte à Emohua

La communauté nigériane est sous le choc : la créatrice de contenus TikTok Rita Special a été retrouvée morte dans la localité d’Emohua, dans l’État de Rivers. Les circonstances de son décès restent floues, mais l’affaire suscite une vive émotion sur les réseaux sociaux et relance le débat sur la sécurité des jeunes femmes dans le pays.

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© True Crime

Une découverte tragique

Dans le calme apparent d’un hôtel d’Emohua, localité de l’État de Rivers, le personnel a fait une découverte macabre : Rita Special gisait sans vie, bien loin des projecteurs et du glamour de ses vidéos TikTok. Dès l’annonce de son décès, l’émotion a rapidement cédé la place à une sourde colère sur la toile. Car au-delà de la perte, ce sont les circonstances entourant la découverte de son corps qui glacent le sang.

Sur place, les langues commencent à se délier. Selon plusieurs témoignages relayés en ligne, la jeune femme aurait accepté un rendez-vous privé avec un homme contre une somme d’environ 80 000 nairas (soit près de 100 euros). Ce qui ne devait être qu’une rencontre discrète aurait alors basculé dans l’horreur.

Icône de la « Gen Z » nigériane, Rita Special avait réussi à transformer son quotidien en un spectacle suivi par des milliers d’abonnés. Mais ce 10 janvier 2026, le rideau est tombé de la plus terrible des manières, laissant derrière lui une communauté sous le choc et des questions encore sans réponses.

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Des rumeurs inquiétantes

Des sources locales signalent des actes violents et accusent même les auteurs d’avoir tenté de dissimuler le corps. Certaines allégations évoquent des mutilations et un enterrement clandestin dans une fosse peu profonde, citant la complicité présumée d’un agent de sécurité que les responsables auraient soudoyé. Toutefois, les autorités n’ont pas encore confirmé ces éléments.

Cependant, la police nigériane a déclaré l’ouverture d’une enquête mais n’a pas encore communiqué de détails précis sur les circonstances du décès. Les autorités appellent à la prudence face aux rumeurs qui circulent sur les réseaux sociaux. Pour l’heure, la police a confirmé une arrestation, et les enquêteurs poursuivent leurs investigations afin de faire toute la lumière sur cette affaire.

 

Réactions et émotion en ligne

Sur TikTok, Facebook et X (ancien Twitter), des milliers d’internautes ont exprimé leur tristesse et leur colère. Beaucoup dénoncent les dangers liés aux rencontres privées et appellent à une meilleure protection des jeunes femmes face aux violences. L’affaire Rita Special est devenue un symbole des risques encourus par les créateurs de contenus et plus largement par les jeunes dans un contexte d’insécurité croissante.

 

Un débat relancé sur la sécurité

Au-delà de l’émotion, cette tragédie soulève également des questions plus larges :

  • La vulnérabilité des influenceurs qui, en quête de revenus, peuvent être exposés à des propositions risquées.
  • La responsabilité des plateformes sociales, accusées de ne pas protéger suffisamment leurs utilisateurs.
  • La nécessité d’un cadre légal renforcé pour prévenir les violences et garantir la sécurité des femmes au Nigeria.

En somme, la mort de Rita Special reste entourée de zones d’ombre. Entre rumeurs et faits avérés, l’enquête devra déterminer les responsabilités et établir la vérité. En attendant, l’affaire continue de bouleverser l’opinion publique et de rappeler l’urgence de renforcer la sécurité des jeunes femmes dans le pays.

États-Unis : Arrestation de l’ancien ministre ghanéen des Finances Ken Ofori-Atta

L’ancien ministre des Finances du Ghana, Ken Ofori-Atta, a été arrêté le 6 janvier 2026 aux États-Unis par les services de l’immigration (ICE). En fuite depuis février 2025, il est désormais détenu au Caroline Detention Facility, dans le cadre d’une procédure liée à son statut migratoire.

 

Une arrestation qui fait grand bruit

Les autorités de l’immigration  ont interpellé l’ancien responsable dans un quartier résidentiel alors qu’il quittait son domicile.

ICE affirme avoir mené l’opération discrètement et avoir surpris l’homme à proximité d’un restaurant de la chaîne KFC. Les agents l’ont placé en détention en attendant les suites judiciaires.

Cette arrestation marque un tournant dans une affaire suivie de près par les observateurs, compte tenu du profil politique de Ken Ofori-Atta et de son rôle majeur dans la gestion économique du Ghana au cours des dernières années.

 

Un dossier migratoire sensible

Les avocats de Ken Ofori-Atta ont confirmé son arrestation dans un communiqué signé par Justice Kusi-Minkah Premo Esq. Ils précisent également  que leur client avait voyagé aux États-Unis pour des soins médicaux et qu’une demande de régularisation de statut (petition for adjustment of status) était en cours.

Le 10 janvier, l’ambassade du Ghana à Washington a révélé que l’ancien ministre avait refusé de rencontrer les diplomates ghanéens sans la présence de ses avocats, signe de la complexité juridique de l’affaire. Par ailleurs, ses conseils assurent d’être en contact avec ICE pour tenter de résoudre rapidement la situation.

 

Contexte politique et judiciaire

Au Ghana, Ken Ofori-Atta est une figure controversée. Ancien ministre des Finances, il fait l’objet de plusieurs enquêtes pour corruption, et les autorités ghanéennes l’ont déclaré fugitif en 2025. Son arrestation aux États-Unis pourrait donc avoir des répercussions diplomatiques entre Accra et Washington, tout en relançant le débat sur la lutte contre la corruption au Ghana.

 

Une affaire à suivre.

Au-delà du volet migratoire, cette arrestation marque un tournant pour un homme qui fut au cœur de la gestion économique du Ghana pendant plusieurs années. Les prochaines étapes dépendront des procédures judiciaires américaines et des éventuelles demandes d’extradition formulées par le Ghana.

Pour l’heure, Ken Ofori-Atta reste détenu par ICE, symbole d’une chute spectaculaire pour celui qui incarnait autrefois la stabilité financière du pays.