À Lomé, la question de la qualité des investissements s’invite au cœur du débat public. En effet, depuis le 18 février 2026, un atelier de renforcement des capacités consacré à la gouvernance des investissements réunit, pour trois jours, décideurs publics, représentants du secteur privé et partenaires techniques.
Organisée par le ministère délégué chargé de la Promotion des investissements et de la Souveraineté économique, en collaboration avec l’Institut international du développement durable (IISD), la rencontre vise à examiner en profondeur le cadre juridique national à la lumière du Protocole sur l’investissement de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Derrière l’intitulé technique de l’atelier se cache une ambition stratégique : mieux encadrer les flux d’investissements pour qu’ils servent durablement les priorités nationales.
Par ailleurs, l’analyse porte sur les lois, règlements et instruments juridiques qui régissent l’entrée, la protection et la régulation des investissements au Togo. En plus, l’objectif est de vérifier leur cohérence avec les engagements continentaux pris dans le cadre de la ZLECAf.
Dans un contexte où la concurrence entre pays africains pour attirer les capitaux s’intensifie, la qualité du cadre juridique devient un atout déterminant. Il ne s’agit plus seulement d’attirer des investisseurs, mais de s’assurer que leurs projets contribuent réellement au développement économique et social.
L’atelier rassemble des cadres de l’administration publique, des représentants du secteur privé ainsi que des experts techniques. Cette diversité traduit une approche inclusive : la gouvernance des investissements ne peut être efficace sans concertation.
Les discussions portent notamment sur :
la sécurité juridique des investisseurs ;
la protection des intérêts de l’État ;
la transparence des contrats ;
l’intégration des normes environnementales et sociales ;
l’alignement des projets avec les priorités nationales.
L’enjeu est d’éviter les incohérences entre politiques nationales et engagements internationaux, tout en renforçant la souveraineté économique.
L’entrée en vigueur de la Zone de libre-échange continentale africaine redéfinit progressivement les règles du jeu économique en Afrique. Son protocole sur l’investissement vise à harmoniser les principes applicables aux investissements intra-africains.
Pour le Togo, pays engagé dans une stratégie d’ouverture et de transformation économique, l’alignement sur ces standards représente à la fois une opportunité et un défi.
En plus, il s’agit de concilier attractivité et responsabilité, compétitivité et développement durable.
Au-delà de la formation technique, l’atelier ambitionne de renforcer les capacités nationales. Autrement dit, d’outiller les acteurs publics pour négocier, encadrer et suivre les projets d’investissement de manière plus efficace.
La gouvernance des investissements n’est plus perçue uniquement sous l’angle de la promotion, mais aussi sous celui de la régulation et de l’impact à long terme.
En mettant l’accent sur la cohérence et la durabilité, les autorités togolaises entendent inscrire leur stratégie d’investissement dans une vision structurée, compatible avec les engagements continentaux et les aspirations nationales.
Depuis le 16 février 2026, la capitale éthiopienne accueille le neuvième Forum des entreprises africaines, un rendez-vous continental consacré aux leviers économiques capables de transformer durablement l’Afrique. Au cœur des discussions : le financement de l’innovation, la création d’emplois et le soutien aux entreprises locales.
Le Togo y est représenté par le ministre délégué chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Gado Tchangbedji, et par le ministre chargé de la Promotion des investissements et de la Souveraineté économique, Arthur Lilas Trimua. Leur présence illustre la volonté de Lomé de s’inscrire dans les grandes dynamiques économiques du continent.
Placée sous le thème « Financer l’avenir de l’Afrique : emplois et innovation pour une transformation durable », la rencontre a réuni des représentants de gouvernements, des institutions financières, des organisations régionales et des acteurs majeurs du secteur privé.
L’enjeu est clair : mobiliser davantage de ressources pour soutenir les entrepreneurs africains, en particulier les jeunes. Les participants ont insisté sur la nécessité de développer des mécanismes de financements mixtes, combinant capitaux publics et privés, afin de réduire les risques et d’encourager les investissements dans des secteurs innovants.
Dans un continent où la population est majoritairement jeune, la question de l’emploi reste centrale. Les débats ont mis en avant des projets à fort impact, capables de soutenir les micro, petites et moyennes entreprises, mais aussi de dynamiser l’économie créative, souvent porteuse d’opportunités nouvelles.
Le Togo, entre capital humain et transformation locale
Pour Lomé, la participation à ce forum dépasse le simple cadre diplomatique. Elle s’inscrit dans une stratégie nationale axée sur la transformation des produits agricoles et des ressources naturelles, ainsi que sur le développement du capital humain.
Sous l’impulsion du président du Conseil Faure Essozimna Gnassingbé, le gouvernement togolais met en avant la recherche, l’innovation et la formation comme moteurs de croissance. L’objectif est double : créer de la valeur ajoutée localement et renforcer la compétitivité du pays dans un environnement régional de plus en plus concurrentiel.
Le lien entre enseignement supérieur et investissement est également au centre de cette vision. En misant sur la recherche scientifique et l’innovation technologique, le Togo ambitionne de mieux préparer sa jeunesse aux métiers de demain et de favoriser l’émergence d’entreprises capables de répondre aux besoins locaux.
Une dynamique continentale à consolider
Au-delà du cas togolais, le forum d’Addis-Abeba reflète une tendance plus large : les États africains cherchent à réduire leur dépendance aux financements extérieurs traditionnels en attirant davantage d’investissements structurants. L’alignement des capitaux vers des projets concrets, créateurs d’emplois et de richesses locales, apparaît comme une priorité partagée.
La capacité des États africains à coopérer, à partager leurs expériences et à mutualiser leurs ressources pourrait déterminer le rythme de la transformation économique du continent dans les prochaines années.
À Addis-Abeba, le message porté est sans ambiguïté : l’avenir de l’Afrique dépendra aussi de sa capacité à investir dans ses talents, à soutenir ses entrepreneurs et à financer son propre développement. Le neuvième Forum des entreprises africaines s’achève ce mardi 17 février, après deux jours de débats intenses sur l’avenir économique du continent.