Le secteur de l’immobilier et du bâtiment au Togo amorce un tournant stratégique. L’Institut de Formation en Alternance pour le Développement (IFAD) Bâtiment de Lomé a accueilli, mercredi 13 mai 2026, la toute première édition de la Conférence sur l’Immobilier en Afrique (CIA), organisée par African Business Immo et le Project Management Institute (PMI) Togo Chapter. Au cœur des débats, une problématique cruciale : comment transformer la main-d’œuvre locale en moteur de développement durable ?
Sous l’égide du ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Urbanisme, la conférence a mobilisé un impressionnant panel d’acteurs. Experts de l’immobilier, professionnels du BTP, institutions de formation, partenaires financiers et organisations professionnelles se sont réunis autour du thème : « Conserver la main-d’œuvre locale : formation, information et insertion ». Ainsi, l’objectif est de réfléchir aux solutions concrètes pour valoriser les compétences locales et répondre aux défis croissants du secteur.
Le Directeur de cabinet du ministère, Dr EDOH Komla, représentant le ministre d’État Sévon-Tépé Kodjo ADEDZE, a rappelé l’adage populaire : « Quand le bâtiment va, tout va ». Pour le gouvernement, le BTP dépasse la simple construction : il irrigue l’architecture, la décoration, le mobilier et les services financiers, et constitue également un levier de souveraineté et de réduction des inégalités sociales.
Le « triptyque » du succès : formation, information, insertion
Au-delà de la performance économique, les autorités voient dans la valorisation des compétences nationales un levier de souveraineté. Dr EDOH Komla a détaillé les trois piliers sur lesquels le Togo doit désormais s’appuyer pour répondre à l’urbanisation rapide :
Le défi de la formation : renforcer les dispositifs techniques pour doter la jeunesse de compétences solides et adaptées aux réalités du marché.
Le défi de l’information : mieux faire connaître les métiers du bâtiment, souvent méconnus ou sous-estimés par les jeunes, malgré leur potentiel de développement.
Le défi de l’insertion : créer des passerelles concrètes entre les centres de formation et les entreprises pour garantir une intégration durable des diplômés.
De son côté, Madame Lorraine Michelle Ekue, promotrice de l’événement, a insisté sur l’urgence de former une nouvelle génération de professionnels capables de répondre aux standards internationaux imposés par l’urbanisation rapide et les besoins croissants en infrastructures modernes.
Cette conférence n’est pas restée au stade des simples discours. Elle a donné corps à des solutions concrètes en mettant en lumière le programme de mentoring Impact 360, porté par African Business Immo. Ce projet ne se limite pas à un accompagnement théorique : il propose également un suivi personnalisé des jeunes, depuis leur orientation académique jusqu’à leur insertion professionnelle, en passant par l’accès à l’entrepreneuriat dans les métiers du bâtiment et de l’immobilier.
Impact 360 ambitionne ainsi de créer une nouvelle génération de professionnels qualifiés, capables de répondre aux standards internationaux et de transformer le capital humain local en véritable levier de compétitivité pour le secteur immobilier africain.
Cette dynamique s’inscrit dans une continuité historique, avec le rôle du Centre de la Construction et du Logement (CCL), acteur majeur de la formation depuis 1967. Elle se projette aussi vers l’avenir, sous l’impulsion du chef de l’État, Faure Essozimna Gnassingbé, qui a fait de la structuration du secteur immobilier une priorité, notamment à travers la création des IFAD.
Finalement, en clôturant cette première édition de la CIA, Lomé confirme son ambition : devenir un carrefour de réflexion et d’innovation pour l’immobilier africain. Plus qu’une conférence, cette rencontre apparaît comme un signal fort : celui d’un Togo déterminé à faire du capital humain local le pilier de son développement socio-économique.
Inauguré le jeudi 23 avril 2026, à l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance, le Centre régional de mécanisation agricole (CRMA) de Tové marque une rupture technique et sociale. Entre expertise marocaine et ambition nationale, Lomé veut sortir ses paysans de la pénibilité pour entrer dans l’ère de la productivité.
Sous les regards des autorités rassemblées à Kpalimé, c’est le professeur Komi Selom Klassou, président de l’Assemblée nationale, qui a coupé le ruban au nom du chef de l’État. À Tové, bourgade verdoyante de la région des Plateaux, le nouveau CRMA ne ressemble en rien aux hangars de stockage d’autrefois. Ce pôle technologique se veut le moteur d’une petite révolution agraire, conçu pour transformer le quotidien de plus de 600 000 agriculteurs.
Le bras armé de la souveraineté alimentaire
Parce que le pays s’est fixé pour horizon 2034 une modernisation radicale de son appareil productif, ce centre s’impose comme un outil de terrain indispensable. Il ne s’agit plus seulement de fournir des tracteurs, mais de proposer un écosystème complet : location de matériel, prestation de services de mécanisation, vente de pièces de rechange, formation des utilisateurs, maintenance préventive et curative, ainsi que mise à disposition d’engrais adaptés grâce à un laboratoire mobile d’analyse des sols.
Pour le gouverneur Dadja Maganawé, il s’agit d’une « avancée majeure, porteuse d’espoir » pour les populations rurales. Le ministre de l’Agriculture, Antoine Lekpa Gbegbeni, a rappelé que la mécanisation permet de réduire la pénibilité du travail, d’attirer la jeunesse vers les champs et de limiter les pertes post-récolte. Dès lors, la mécanisation devient un levier pour endiguer l’exode rural et transformer l’agriculture en un secteur entrepreneurial attractif, créateur d’emplois pour les femmes et les jeunes.
L’axe Lomé–Casablanca en action
La genèse de ce projet raconte une autre histoire : celle d’une coopération Sud-Sud de plus en plus intégrée. Le CRMA est l’aboutissement concret des protocoles d’accord signés en mai 2023 entre le ministère de l’Agriculture du Togo et l’Office chérifien des phosphates (OCP). Pour Hajar Alafifi, directrice générale d’OCP Africa, ce centre est une « forme tangible » de solidarité continentale, fondée sur le partage d’expertise et la confiance mutuelle.
L’implication du tissu économique local a été significative : près de 40 entreprises nationales mobilisées, représentant plus de 120 000 heures de travail. Ainsi, le projet soutient l’économie locale avant même d’avoir labouré son premier hectare.
Au-delà des chiffres et des machines, la cérémonie a revêtu une dimension hautement symbolique. Le professeur Klassou a procédé à la décoration de plusieurs personnalités civiles et militaires dans l’Ordre du Mono, en reconnaissance des services rendus à la nation. De surcroît, le don de produits agricoles offert par les femmes revendeuses du marché de Kpalimé rappelle que, malgré la modernisation, le secteur agricole reste le cœur battant de l’identité togolaise.
Vers une agriculture inclusive
En définitive, si le CRMA réussit son pari de réduire les pertes post-récolte et d’améliorer les rendements, il pourrait servir de modèle pour les autres régions du pays. Toutefois, le véritable défi reste la démocratisation de l’accès à la mécanisation pour les petits producteurs. Car c’est à cette condition que la modernisation agricole, voulue par Faure Gnassingbé à l’horizon 2034, pourra se traduire en une croissance véritablement inclusive et durable.
Lomé, 24 avril 2026 — À l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance, le Togo a inauguré le Laboratoire national de sécurité sanitaire et phytosanitaire des aliments (LaNSA). Un outil de pointe qui entend transformer les produits du cru en passeports pour l’exportation et renforcer la souveraineté alimentaire.
C’est une inauguration aux allures de manifeste. Sous le soleil de Lomé, au cœur des célébrations républicaines, le président Jean-Lucien Kwassi Lanyo Savi de Tové, accompagné du président du Sénat, Barry Moussa Barqué, a dévoilé la plaque du LaNSA en présence des membres du gouvernement, des autorités administratives et militaires, des parlementaires, des collectivités territoriales ainsi que des partenaires au développement. Plus qu’un simple bâtiment administratif, cet établissement public à caractère scientifique incarne la nouvelle ambition d’un État qui veut désormais contrôler ce qu’il consomme et, surtout, ce qu’il exporte.
L’implantation du LaNSA répond à une nécessité de santé publique autant qu’à une urgence économique. Doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière, le laboratoire s’impose comme le garant d’une surveillance rigoureuse des produits circulant sur le territoire. La lutte contre la fraude alimentaire et les risques de contamination devient ainsi une réalité technique, plutôt qu’un simple vœu politique.
Mais l’enjeu dépasse la seule protection du consommateur local. Le LaNSA s’impose comme un pilier stratégique du dispositif togolais de contrôle alimentaire, en sécurisant chaque maillon de la chaîne de valeur agroalimentaire. Grâce à son accompagnement technique, il offre aux agronomes, producteurs et transformateurs un diagnostic permanent, leur permettant de se conformer aux normes en vigueur et de prévenir les risques sanitaires.
La crédibilité de l’institution repose sur un socle solide : son accréditation, obtenue en novembre 2023. Cette reconnaissance internationale garantit la fiabilité des analyses produites par ses trois départements spécialisés : physico-chimie, microbiologie et valorisation. Le LaNSA peut ainsi détecter les métaux lourds, évaluer la valeur nutritionnelle des denrées destinées à la consommation humaine et animale, et prévoit d’élargir son offre analytique dès juin 2026 afin de couvrir une gamme plus vaste de matrices alimentaires.
Cette montée en puissance constitue un atout majeur pour le « Made in Togo », qui pourra désormais accéder à des marchés régionaux et internationaux longtemps restés fermés faute de certification reconnue.
En définitive, le LaNSA se veut un partenaire clé du monde agricole togolais, souvent confronté aux exigences strictes des marchés internationaux. En offrant un gage de crédibilité auprès des partenaires commerciaux, l’institution ambitionne d’accompagner la transformation d’une agriculture familiale en une agro-industrie plus compétitive.
Reste à savoir si cette rigueur scientifique suffira à convaincre des marchés globaux toujours plus exigeants, ou si le laboratoire devra encore élargir son champ d’action pour s’imposer comme une référence incontournable dans la sous-région. Pour Lomé, le chemin vers une souveraineté économique renforcée passe désormais, très concrètement, par la paillasse des laboratoires.
La Chambre de commerce et d’industrie du Togo (CCI‑Togo) a achevé, lundi 20 avril, une mission économique de dix jours en Chine. Pour la cinquantaine d’entrepreneurs mobilisés, l’enjeu dépasse le simple commerce : il s’agit, en effet, d’ancrer le transfert de technologies au cœur de la coopération bilatérale. Ainsi, cette mission visait autant à nouer des partenariats commerciaux qu’à capter des savoir‑faire industriels indispensables à la transformation économique du Togo.
Du 11 au 20 avril, les hôtels de la province du Hebei, dans le nord de la Chine, ont pris des accents togolais. Une délégation de près de cinquante chefs d’entreprise, menée par les commissaires Esso Byou Bekley et Komlan Assignon, y a multiplié les rencontres de haut niveau. Par conséquent, cette deuxième mission sous l’impulsion du président de la CCI‑Togo, José Kwassi Symenouh, marque une étape supplémentaire dans l’offensive de charme de Lomé vers l’Asie.
Le Hebei, nouveau laboratoire des ambitions togolaises
Le choix de la province du Hebei n’est pas fortuit : ce pôle industriel majeur, voisin de Pékin, offre un miroir aux ambitions de développement du Togo. De l’agroalimentaire au textile, en passant par le BTP et les énergies renouvelables, les opérateurs togolais ont ainsi sillonné les centres névralgiques de la région : usines de machines agricoles, parcs dédiés à l’économie numérique et unités de fabrication manufacturière. À Baoding, point d’orgue de la tournée, la visite d’usines de véhicules électriques a suscité un intérêt particulier, car la transition énergétique est perçue comme un levier de croissance autant qu’une nécessité environnementale.
« Nous envisageons des partenariats dans le secteur automobile, incluant des projets d’investissement commun », confie l’un des participants, convaincu que l’importation de savoir‑faire vaut autant que celle de produits finis.
Au-delà des simples échanges de cartes de visite, la mission s’est appuyée sur un cadre diplomatique solide. Le ministre conseiller de l’ambassade du Togo en Chine a rappelé, lors d’une cérémonie officielle, les avantages comparatifs dont jouit le pays : la Chine demeure le premier partenaire commercial du Togo et l’exonération des droits de douane sur une large gamme de produits togolais constitue une aubaine pour les exportateurs locaux. Cependant, le flux ne se veut pas unidirectionnel : à Shijiazhuang, lors d’un forum Chine‑Afrique, les discussions ont porté sur le transfert de technologie dans les domaines médical, de l’énergie et des engins de chantier.
En outre, plusieurs accords ont été conclus, matérialisant la volonté de la CCI‑Togo de transformer les entreprises locales en partenaires industriels plutôt qu’en simples distributeurs.
La visite du marché électronique de Taihe a également permis à la délégation de se confronter à la puissance du e‑commerce chinois. Pour la CCI‑Togo, l’objectif est donc d’aider les PME togolaises à intégrer ces mécanismes complexes afin d’optimiser leurs circuits d’import‑export. De fait, en facilitant cet accès direct à l’innovation chinoise, la chambre consulaire confirme son rôle de pivot dans l’internationalisation du secteur privé togolais.
Dès lors, pour Lomé, cette mission constitue une pièce de plus sur l’échiquier d’une diplomatie économique qui cherche à diversifier ses appuis et à nourrir la transformation industrielle du pays.
La coopération entre Lomé et Pékin a franchi un nouveau palier le 13 avril 2026. Dans le cadre de l’initiative « Entreprendre en Chine · Innover dans le Hebei », la Chambre de commerce et d’industrie du Togo (CCI-Togo) a officiellement lancé sa deuxième mission économique à Baoding. Cette cérémonie d’ouverture a réuni un panel prestigieux composé d’autorités locales, de diplomates et de chefs d’entreprises des deux nations.
En effet, cette rencontre s’appuie sur le succès d’une première mission organisée l’an dernier. Le ministre conseiller de l’ambassade du Togo en Chine a d’ailleurs souligné que cette expérience initiale a déjà permis de concrétiser des commandes fermes et de renforcer durablement les échanges commerciaux. Il a rappelé que la Chine demeure le premier partenaire commercial du Togo, ce qui confère à cette mission une portée stratégique.
Par ailleurs, l’un des points forts de cette mission réside dans l’avantage compétitif offert par la Chine. Puisque les autorités chinoises ont décidé d’exonérer de droits de douane 98 % des produits togolais, les perspectives pour les exportateurs nationaux sont désormais immenses.
C’est pourquoi les opérateurs économiques togolais sont vivement encouragés à exploiter ces nouvelles facilités. L’objectif est double : booster les exportations togolaises et attirer davantage d’entreprises chinoises pour qu’elles s’implantent directement sur le sol togolais, favorisant ainsi une industrialisation locale. Cette deuxième mission vise donc à consolider les acquis de la première et à élargir le champ des opportunités.
Baoding : un pôle technologique au service du Togo
De leur côté, les autorités de Baoding ont présenté leur ville comme un moteur du développement régional, travaillant en synergie avec la zone d’innovation de Xiong’an. Concrètement, plusieurs secteurs porteurs ont été mis en avant pour d’éventuels investissements :
L’industrie manufacturière de haute technologie
Les énergies nouvelles et les transports intelligents
L’économie numérique couplée à l’intelligence artificielle
En plus de ces secteurs, les responsables chinois ont détaillé les mesures d’incitation mises en place pour attirer les talents et les capitaux internationaux, garantissant ainsi un environnement d’affaires sécurisé et performant.
Une immersion dans l’industrie automobile de demain
Toutefois, la mission ne s’est pas limitée aux discours institutionnels. En prélude à la cérémonie, la délégation togolaise a visité une usine de fabrication de véhicules électriques. Cette immersion a permis aux entrepreneurs togolais d’observer de près les chaînes de production et les dernières innovations technologiques.
De cette manière, les participants ont pu évaluer les opportunités de transferts de technologie, un levier essentiel pour moderniser le secteur industriel togolais. La CCI-Togo a profité de cette occasion pour réaffirmer son rôle de guide et d’accompagnateur auprès des entreprises désireuses de s’internationaliser.
Cette ouverture officielle à Baoding n’est que le point de départ d’une semaine d’échanges intensifs. Cependant, la volonté commune de Lomé et de Baoding est de bâtir des partenariats durables qui dépassent le cadre commercial pour devenir de véritables alliances industrielles. Au-delà des échanges commerciaux, Lomé et Baoding posent les bases d’une alliance industrielle qui pourrait redéfinir la place du Togo dans les chaînes de valeur mondiales.
Au nord de Lomé, la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA) a troqué ses bruits de machines pour le ballet des diplomates. Une délégation de parlementaires francophones, conduite par Komi Selom Klassou, président de l’Assemblée nationale du Togo, a sillonné ce poumon économique le 10 avril 2026. Derrière les sourires officiels, le Togo joue sa carte de hub régional incontournable et affirme son rayonnement francophone.
Le bitume est encore frais et les hangars s’étendent à perte de vue. Sous un soleil de plomb, le décor de la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA) a servi de cadre à une visite de haut niveau. Ce vendredi, ce n’était pas seulement le business qui était à l’ordre du jour, mais bien la « diplomatie économique ».
Sous l’égide de Komi Selom Klassou, et en présence du ministre de la Promotion des investissements, Arthur Trimua, ainsi que de l’administrateur général de la PIA, Idiola Sandah, une cohorte d’élus venus de tout l’espace francophone a pu toucher du doigt ce que le « Made in Togo » a de plus ambitieux.
Le parcours de la délégation n’est pas le fruit du hasard. Accompagnés des autorités togolaises, les parlementaires ont plongé dans les entrailles de Star Garments Togo. Ici, le bruit des machines à coudre symbolise le renouveau de l’industrie textile togolaise, désormais capable d’exporter vers les marchés occidentaux.
La visite s’est poursuivie chez Vivace Group, un autre pilier de cet écosystème. Pour les visiteurs, le constat est clair : la PIA n’est plus un projet sur papier, mais une réalité concrète qui transforme les matières premières locales en produits à forte valeur ajoutée. Ces deux unités incarnent le dynamisme de la zone et sa capacité à attirer des capitaux internationaux.
Au-delà des ateliers, les échanges ont porté sur la vision stratégique de la zone. Pourquoi le Togo réussit-il là où d’autres peinent à attirer des capitaux ? La réponse tient en trois piliers :
la sécurité juridique : un cadre fiscal attractif pour les investisseurs étrangers ;
l’intégration régionale : une position géographique qui connecte le Port autonome de Lomé aux pays de l’hinterland ;
le capital humain : des milliers d’emplois créés pour la jeunesse locale, dont de nombreuses femmes dans le secteur textile.
Les parlementaires de la Francophonie ont ainsi vu dans ce modèle une réponse concrète aux défis du chômage et de la dépendance aux importations. La PIA s’impose comme un laboratoire de croissance et un hub industriel stratégique qui dépasse les frontières du Togo.
Le succès de cette visite confirme la montée en puissance du hub d’Adétikopé sur l’échiquier africain. Cependant, l’enjeu pour les mois à venir sera de maintenir ce rythme soutenu. Le ministre Arthur Trimua l’a rappelé : l’attractivité du pays repose sur la stabilité et la capacité à offrir en continu des infrastructures de classe mondiale.
Alors que les rideaux tombent sur cette rencontre diplomatique, une question reste en suspens dans les cercles décisionnels : le Togo parviendra-t-il à dupliquer ce modèle industriel dans d’autres régions du pays afin d’assurer une prospérité équilibrée et de renforcer son rôle de vitrine francophone en Afrique de l’Ouest ?
Durant deux jours, les 19 et 20 mars 2026, une délégation du Commonwealth Enterprise and Investment Council (CWEIC) a pris le pouls de l’économie togolaise. Objectif : mesurer le potentiel du pays dans des secteurs clés tels que l’industrie, l’agroalimentaire et la logistique.
La mission a débuté par une immersion à la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA), vitrine de l’industrialisation togolaise. Ainsi, les unités comme Nutrisource et Vivace ont présenté leurs modèles de production, illustrant la montée en puissance des chaînes de valeur locales.
Le parcours s’est poursuivi au Port autonome de Lomé, véritable hub régional, où la délégation a pu constater la solidité des infrastructures et la capacité du pays à jouer un rôle central dans le commerce maritime ouest-africain.
Accompagnée du ministre délégué Arthur Trimua, la délégation du Commonwealth a tenu une séance de travail avec des membres du gouvernement. Par ailleurs, les échanges ont porté sur les priorités nationales : industrialisation, logistique, climat des affaires et mobilisation de capitaux internationaux.
Au-delà des constats, les discussions ont également mis en avant des conditions essentielles pour attirer des investissements durables : cadre réglementaire clair, infrastructures modernes et volonté politique affirmée de sécuriser les projets et d’accompagner les investisseurs.
Ce séjour de la mission du Commonwealth ne se limite pas à une simple exploration. Il traduit une conviction : le Togo dispose d’atouts pour devenir une destination d’investissement fiable et structurée. La PIA et le Port de Lomé ne sont pas seulement des infrastructures, mais des leviers stratégiques capables de transformer l’économie nationale.
Dans un contexte où la compétition pour attirer les capitaux est mondiale, le pays joue la carte de la transparence et de la stabilité pour séduire les investisseurs. Ainsi, il ne cherche pas seulement à séduire, mais à convaincre par des preuves tangibles : zones industrielles opérationnelles, port performant et volonté de créer des emplois durables.
Cette dynamique s’inscrit dans une vision plus large : rassembler les énergies, transformer l’économie et garantir une croissance durable. Le Togo entend se positionner comme un acteur incontournable dans la région, en offrant aux investisseurs un environnement compétitif et sécurisé. En somme, le cap est fixé : faire de Lomé une vitrine africaine de l’investissement structuré et fiable.
Dans les couloirs feutrés du ministère chargé de la Promotion des Investissements et de la Souveraineté économique, une série de rencontres discrètes mais stratégiques a marqué un tournant dans les relations entre l’État togolais et les acteurs du secteur privé. En effet, le samedi 14 mars 2026, le ministre délégué en charge du portefeuille a choisi d’ouvrir le dialogue avec les principales organisations patronales du pays, dans un contexte où la croissance économique du Togo repose de plus en plus sur la vitalité de ses entreprises.
Derrière ces audiences successives se profile une question centrale : comment faire du secteur privé le véritable moteur de la transformation économique du Togo ?
Pour ses premiers échanges institutionnels avec les représentants du patronat, le ministre a reçu trois organisations majeures de l’écosystème entrepreneurial togolais. D’abord une délégation du Conseil National du Patronat du Togo (CNP-Togo) conduite par son président Coami Tamegnon, suivie de celle de l’Association des Grandes Entreprises du Togo (AGET) menée par Jonas Daou, puis du Groupement des Industries du Togo (GITO) dirigé par Kossi Amétépé Glé.
Au-delà de la dimension protocolaire, ces rencontres ont surtout servi de premier baromètre des attentes du secteur privé vis-à-vis des nouvelles orientations économiques du gouvernement.
Car au Togo, les entreprises sont devenues au fil des années un pilier de la croissance. Entre industrialisation progressive, modernisation des services et ambitions d’exportation, elles participent activement à la création de richesse et d’emplois.
Financement, énergie et compétitivité : les défis du patronat
Au cœur des discussions, les représentants du CNP-Togo ont dressé un tableau sans détour des obstacles qui freinent encore l’expansion des entreprises locales.
Parmi les préoccupations majeures figurent l’accès au financement, souvent jugé insuffisant pour soutenir l’expansion des PME et des industries locales. À cela s’ajoute la question de la dette intérieure, régulièrement évoquée par les opérateurs économiques comme un facteur de tension dans la trésorerie des entreprises.
Autre sujet sensible : le coût et la disponibilité de l’énergie, un enjeu déterminant pour la compétitivité industrielle. Dans un pays qui ambitionne d’accélérer son industrialisation, la stabilité énergétique apparaît comme un levier stratégique pour soutenir la productivité.
Les grandes entreprises, pilier fiscal de l’économie
Du côté de l’Association des Grandes Entreprises du Togo, le message s’est voulu à la fois constructif et pragmatique. Les entreprises membres de cette organisation jouent un rôle central dans les finances publiques : elles contribueraient à près de 20 % des recettes fiscales nationales tout en générant plus de 13 000 emplois directs.
Dans ce contexte, leurs représentants ont plaidé pour un environnement des affaires plus compétitif, notamment à travers une fiscalité adaptée, l’amélioration des infrastructures économiques et une simplification des procédures administratives.
Pour ces grands groupes, la stabilité réglementaire et la fluidité logistique restent des conditions essentielles pour attirer de nouveaux investissements et renforcer la position du Togo comme plateforme économique régionale.
Industrialisation : le pari du tissu productif national
Enfin, la délégation du Groupement des Industries du Togo a mis l’accent sur une question structurante : le développement du secteur industriel.
Les industriels togolais plaident pour un renforcement du tissu productif national, mais aussi pour une stratégie axée sur la création de chaînes de valeur locales. L’objectif est clair : transformer les matières premières disponibles dans la sous-région et favoriser l’émergence d’un véritable écosystème industriel capable de soutenir la croissance sur le long terme.
Une approche qui s’inscrit dans la tendance observée dans plusieurs économies africaines : passer d’un modèle d’exportation brute des ressources à une industrialisation orientée vers la transformation locale.
Un dialogue économique appelé à durer
Face à ces préoccupations, le ministre délégué chargé de la Promotion des Investissements et de la Souveraineté économique a salué le rôle du secteur privé dans la dynamique économique nationale.
Il a également réaffirmé la volonté des autorités togolaises de maintenir un dialogue permanent avec les acteurs économiques, condition essentielle pour améliorer l’attractivité du pays et encourager les investissements.
Ces consultations s’inscrivent dans une vision portée par le gouvernement : consolider la place du secteur privé comme moteur de la croissance, tout en protégeant et en accompagnant les entreprises nationales dans un environnement économique de plus en plus compétitif.
Car au-delà des rencontres institutionnelles, c’est bien l’avenir du modèle économique togolais qui se dessine. Et dans cette équation, une certitude se confirme : la prospérité du pays dépendra en grande partie de la capacité de l’État et des entreprises à avancer ensemble.
À Lomé, la question de la qualité des investissements s’invite au cœur du débat public. En effet, depuis le 18 février 2026, un atelier de renforcement des capacités consacré à la gouvernance des investissements réunit, pour trois jours, décideurs publics, représentants du secteur privé et partenaires techniques.
Organisée par le ministère délégué chargé de la Promotion des investissements et de la Souveraineté économique, en collaboration avec l’Institut international du développement durable (IISD), la rencontre vise à examiner en profondeur le cadre juridique national à la lumière du Protocole sur l’investissement de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Derrière l’intitulé technique de l’atelier se cache une ambition stratégique : mieux encadrer les flux d’investissements pour qu’ils servent durablement les priorités nationales.
Par ailleurs, l’analyse porte sur les lois, règlements et instruments juridiques qui régissent l’entrée, la protection et la régulation des investissements au Togo. En plus, l’objectif est de vérifier leur cohérence avec les engagements continentaux pris dans le cadre de la ZLECAf.
Dans un contexte où la concurrence entre pays africains pour attirer les capitaux s’intensifie, la qualité du cadre juridique devient un atout déterminant. Il ne s’agit plus seulement d’attirer des investisseurs, mais de s’assurer que leurs projets contribuent réellement au développement économique et social.
L’atelier rassemble des cadres de l’administration publique, des représentants du secteur privé ainsi que des experts techniques. Cette diversité traduit une approche inclusive : la gouvernance des investissements ne peut être efficace sans concertation.
Les discussions portent notamment sur :
la sécurité juridique des investisseurs ;
la protection des intérêts de l’État ;
la transparence des contrats ;
l’intégration des normes environnementales et sociales ;
l’alignement des projets avec les priorités nationales.
L’enjeu est d’éviter les incohérences entre politiques nationales et engagements internationaux, tout en renforçant la souveraineté économique.
L’entrée en vigueur de la Zone de libre-échange continentale africaine redéfinit progressivement les règles du jeu économique en Afrique. Son protocole sur l’investissement vise à harmoniser les principes applicables aux investissements intra-africains.
Pour le Togo, pays engagé dans une stratégie d’ouverture et de transformation économique, l’alignement sur ces standards représente à la fois une opportunité et un défi.
En plus, il s’agit de concilier attractivité et responsabilité, compétitivité et développement durable.
Au-delà de la formation technique, l’atelier ambitionne de renforcer les capacités nationales. Autrement dit, d’outiller les acteurs publics pour négocier, encadrer et suivre les projets d’investissement de manière plus efficace.
La gouvernance des investissements n’est plus perçue uniquement sous l’angle de la promotion, mais aussi sous celui de la régulation et de l’impact à long terme.
En mettant l’accent sur la cohérence et la durabilité, les autorités togolaises entendent inscrire leur stratégie d’investissement dans une vision structurée, compatible avec les engagements continentaux et les aspirations nationales.
Depuis le 16 février 2026, la capitale éthiopienne accueille le neuvième Forum des entreprises africaines, un rendez-vous continental consacré aux leviers économiques capables de transformer durablement l’Afrique. Au cœur des discussions : le financement de l’innovation, la création d’emplois et le soutien aux entreprises locales.
Le Togo y est représenté par le ministre délégué chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Gado Tchangbedji, et par le ministre chargé de la Promotion des investissements et de la Souveraineté économique, Arthur Lilas Trimua. Leur présence illustre la volonté de Lomé de s’inscrire dans les grandes dynamiques économiques du continent.
Placée sous le thème « Financer l’avenir de l’Afrique : emplois et innovation pour une transformation durable », la rencontre a réuni des représentants de gouvernements, des institutions financières, des organisations régionales et des acteurs majeurs du secteur privé.
L’enjeu est clair : mobiliser davantage de ressources pour soutenir les entrepreneurs africains, en particulier les jeunes. Les participants ont insisté sur la nécessité de développer des mécanismes de financements mixtes, combinant capitaux publics et privés, afin de réduire les risques et d’encourager les investissements dans des secteurs innovants.
Dans un continent où la population est majoritairement jeune, la question de l’emploi reste centrale. Les débats ont mis en avant des projets à fort impact, capables de soutenir les micro, petites et moyennes entreprises, mais aussi de dynamiser l’économie créative, souvent porteuse d’opportunités nouvelles.
Le Togo, entre capital humain et transformation locale
Pour Lomé, la participation à ce forum dépasse le simple cadre diplomatique. Elle s’inscrit dans une stratégie nationale axée sur la transformation des produits agricoles et des ressources naturelles, ainsi que sur le développement du capital humain.
Sous l’impulsion du président du Conseil Faure Essozimna Gnassingbé, le gouvernement togolais met en avant la recherche, l’innovation et la formation comme moteurs de croissance. L’objectif est double : créer de la valeur ajoutée localement et renforcer la compétitivité du pays dans un environnement régional de plus en plus concurrentiel.
Le lien entre enseignement supérieur et investissement est également au centre de cette vision. En misant sur la recherche scientifique et l’innovation technologique, le Togo ambitionne de mieux préparer sa jeunesse aux métiers de demain et de favoriser l’émergence d’entreprises capables de répondre aux besoins locaux.
Une dynamique continentale à consolider
Au-delà du cas togolais, le forum d’Addis-Abeba reflète une tendance plus large : les États africains cherchent à réduire leur dépendance aux financements extérieurs traditionnels en attirant davantage d’investissements structurants. L’alignement des capitaux vers des projets concrets, créateurs d’emplois et de richesses locales, apparaît comme une priorité partagée.
La capacité des États africains à coopérer, à partager leurs expériences et à mutualiser leurs ressources pourrait déterminer le rythme de la transformation économique du continent dans les prochaines années.
À Addis-Abeba, le message porté est sans ambiguïté : l’avenir de l’Afrique dépendra aussi de sa capacité à investir dans ses talents, à soutenir ses entrepreneurs et à financer son propre développement. Le neuvième Forum des entreprises africaines s’achève ce mardi 17 février, après deux jours de débats intenses sur l’avenir économique du continent.