AFRISTAT : le Togo passe le relais à la Guinée équatoriale

Lomé, 14 janvier 2026 — L’heure est à la rétrospective et à la passation de pouvoir au sein des grandes institutions régionales. Au lendemain d’une audience stratégique à Lomé, le Togo a officiellement clôturé son mandat de deux ans à la Présidence du Conseil des Ministres d’AFRISTAT (l’Observatoire Économique et Statistique d’Afrique Subsaharienne).

En effet, le mardi 13 janvier, Mme Sandra Ablamba Johnson, Ministre Secrétaire Générale de la Présidence du Conseil , a reçu M. Paul-Henri Nguema Meye, Directeur Général de l’organisation, pour acter cette transition vers la Guinée équatoriale.

Sandra Johnson
© Sandra Johnson

Un bilan stratégique malgré les vents contraires

Ainsi, le mandat du Togo (2024-2025) s’achève sur une note de satisfaction technique et politique. Sous l’impulsion du Chef de l’État, SEM Faure Essozimna Gnassingbé, le gouvernement togolais a su manœuvrer l’institution à travers une période complexe.

Parmi les succès majeurs enregistrés :

  • La pérennité financière : reconstitution réussie du Fonds de l’institution, dont le cycle arrive à terme en 2025 ;
  • La vision à long terme : formalisation et approbation des orientations stratégiques d’AFRISTAT pour la décennie 2026-2035 ;
  • La montée en compétence : accélération de la formation des cadres et rebasage crucial des comptes nationaux pour plusieurs États membres.

Ce bilan est d’autant plus remarquable que l’exercice s’est déroulé dans un contexte difficile. Entre les défis de mobilisation des ressources financières et les contraintes sécuritaires régionales affectant le pays siège, l’Observatoire a maintenu un cap solide avec un taux d’exécution global de 70 %.

Sandra Johnson
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La donnée, boussole du développement

Pour la Ministre Sandra Johnson, ces avancées ne sont pas seulement techniques, elles sont aussi politiques. Elle a rappelé que la modernisation des systèmes statistiques nationaux constitue « le socle de politiques publiques fondées sur des données fiables ». Sans chiffres précis sur la démographie, l’économie ou l’agriculture, aucun État ne peut piloter efficacement son émergence.

« Nous devons accélérer la modernisation de nos outils pour répondre aux défis du futur », a-t-elle insisté, soulignant que l’Afrique de demain se construira sur la précision de ses indicateurs.

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Une transition fluide vers la Guinée équatoriale

Le Togo ne se retire pas pour autant de la scène. En passant le relais à la Guinée équatoriale, qui assurera la Présidence pour la période 2026-2027, Lomé a également réaffirmé sa disponibilité pour accompagner cette transition.

Cette passation de témoin symbolise la continuité d’une institution qui, depuis sa création, œuvre à harmoniser les langages économiques du continent. Par ailleurs, le Togo quitte la présidence avec le sentiment du devoir accompli, laissant derrière lui une feuille de route claire pour les dix prochaines années.

 

Le Togo passe le relais, l’Afrique prépare son futur

Au-delà de cette passation de témoin, l’avenir d’AFRISTAT reste à écrire. La Guinée équatoriale prend désormais les rênes, mais les défis de la décennie à venir appellent une mobilisation collective de tous les États membres. Entre modernisation des systèmes statistiques, harmonisation des données et anticipation des mutations économiques, l’Observatoire devra continuer à se réinventer. Le Togo, fort de son expérience, restera un partenaire engagé dans cette dynamique, tandis que l’Afrique subsaharienne s’apprête à franchir une nouvelle étape dans la construction d’une gouvernance fondée sur la fiabilité des chiffres.

Togo : Une loi musclée contre le blanchiment et le terrorisme

Le lundi 29 décembre 2025, l’Assemblée nationale a franchi une étape décisive dans la protection de l’économie nationale. En adoptant une nouvelle loi rigoureuse contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, les députés togolais alignent le pays sur les normes internationales les plus exigeantes.

 

Lomé, 31 décembre 2025 –  Dans l’enceinte solennelle du siège de la Représentation nationale, l’atmosphère était à la gravité le lundi. Sous la présidence de Son Excellence le Professeur Komi Selom Klassou, les députés se sont réunis pour la 6ᵉ séance plénière de la session ordinaire. À l’ordre du jour : un texte crucial pour l’avenir économique et sécuritaire du pays. Adopté à la majorité absolue, ce projet de loi marque en effet la volonté de Lomé de ne laisser aucune zone d’ombre aux réseaux criminels.

Assemblée nationale togolaise
© Assemblée nationale togolaise

Une loi musclée : une réponse chirurgicale face aux menaces hybrides

Le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme ne constituent pas de simples concepts abstraits ; ils empoisonnent la stabilité des États. En réinjectant des fonds issus d’activités illégales dans le circuit formel, les réseaux criminels déstabilisent les marchés et corrompent les institutions.

Face à ces dérives, le nouveau cadre juridique adopté s’appuie directement sur les recommandations du Groupe d’action financière (GAFI). L’innovation majeure réside dans l’approche fondée sur les risques. Désormais, les ressources de l’État seront allouées de manière proportionnée aux menaces identifiées, permettant une traque plus efficace et ciblée.

Assemblée nationale togolaise
© Assemblée nationale togolaise

Cryptomonnaies et « bénéficiaires » dans le viseur

Le texte ne se contente pas de dépoussiérer l’existant ; il s’adapte aussi à la modernité. Deux points essentiels ont retenu l’attention des parlementaires :

  1. Les actifs virtuels : la loi étend les obligations de vigilance aux prestataires de services de cryptomonnaies, secteur souvent utilisé pour l’opacité des transactions.
  2. La transparence des propriétaires : les exigences relatives à l’identification des « bénéficiaires effectifs » (ceux qui contrôlent réellement une société ou une construction juridique) sont renforcées. C’est également une mesure capitale pour briser l’anonymat des écrans des sociétés.

Assemblée nationale togolaise
© Assemblée nationale togolaise

Une loi musclée: un front uni pour la crédibilité internationale

Pour Aklesso Atcholi, président du groupe parlementaire UNIR, il s’agit d’un « outil stratégique » pour la respectabilité du Togo. Un avis partagé par le ministre des Finances et du Budget, Essowè Georges Barcola, qui souligne aussi  que cette loi harmonise le droit togolais avec les directives de l’UEMOA.

Le Président de l’Assemblée nationale, Komi Selom Klassou, a conclu la séance avec un message de fermeté : « Notre pays refuse d’être une terre d’accueil ou de transit pour les flux financiers illicites. » Il a également rappelé que ce texte s’inscrit dans la vision du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, et dans le cadre de la Constitution du 6 mai 2024, visant à garantir une gouvernance financière irréprochable.

En renforçant sa résilience face à la criminalité financière, le Togo envoie un signal fort aux investisseurs internationaux : celui d’une place financière sûre, transparente et déterminée à protéger sa paix sociale.

Juillet 2025 : les prix à la consommation reculent au Togo

Juillet 2025 : le Togo enregistre une baisse des prix à la consommation, entre résilience économique et pressions sectorielles

 

Lomé, 20 août 2025 Les dernières données économiques révèlent un paradoxe au Togo. Tandis que le ministère de l’Environnement et des Ressources forestières mobilise les acteurs locaux autour de la biodiversité, une autre dynamique se dessine dans les chiffres. Selon l’Institut National de la Statistique et des Études Économiques et Démographiques (INSEED), l’Indice Harmonisé des Prix à la Consommation (IHPC) a enregistré une baisse de 1,0 % en juillet 2025 par rapport à juillet 2024. Cette évolution reflète les tensions et ajustements du marché togolais, entre baisse des prix de certains produits et hausse des coûts des services essentiels.

 

Le pouvoir d’achat face à une réalité contrastée

 

L’IHPC, établi à 105,0 pour le mois de juillet, révèle une régression annuelle de 1,1 %, principalement induite par la baisse des prix dans les divisions « Produits alimentaires et boissons non alcoolisées » (-1,2 %) et « Transport » (-2,5 %). Cependant, cette tendance est contrebalancée par une hausse notable dans les secteurs « Restaurants et services d’hébergement » (+4,9 %) et « Logement, eau, électricité, gaz et autres combustibles » (+4,2 %).

Du côté des produits frais, la chute est significative : tomates locales (-36,2 %), salade verte (-39,1 %), manioc (-24,1 %) ou encore piment vert (-32,4 %). Ces baisses ont contribué à alléger le panier de la ménagère, mais elles traduisent aussi une instabilité des filières agricoles et une forte sensibilité aux saisons.

 

Juillet 2025 :  Une inflation maîtrisée, mais des disparités sectorielles

 

Le taux d’inflation calculé sur les douze derniers mois s’établit à 1,5 %, en recul par rapport au mois précédent (1,9 %). Cette modération est attribuée à la baisse des prix des produits « non durables » (-0,5 %) et des produits d’« origine hors UEMOA » (-1,0 %). Toutefois, en variation trimestrielle, le niveau général des prix a progressé de 1,1 %, porté par la hausse des coûts liés au logement (+4,6 %), à la restauration (+2,9 %) et à l’énergie (+4,0 %).

Par ailleurs, la division « Information et communication » affiche une baisse de 3,3 %, tirant l’indice vers le bas, notamment en raison de la chute du coût des données mobiles (-9,6 %).

 

Une lecture fine pour une gouvernance éclairée

 

Ces évolutions, bien que techniques, sont cruciales pour orienter les politiques publiques. Elles permettent d’anticiper les tensions sur les marchés, d’ajuster les mesures de soutien aux ménages et de renforcer la résilience des secteurs vulnérables. L’atelier organisé par le ministère de l’Environnement à Lomé, en parallèle, illustre cette volonté de croiser les enjeux économiques et écologiques dans une approche intégrée du développement durable.

Alors que les chiffres de l’INSEED peignent un tableau complexe de l’économie togolaise, ils mettent en lumière les défis de la gouvernance économique. La baisse de l’inflation est une bonne nouvelle, mais les disparités sectorielles révèlent une économie fragile et sensible. Comment le gouvernement parviendra-t-il à stabiliser les prix des produits essentiels et des services tout en favorisant la croissance ? Les politiques publiques seront-elles suffisamment agiles pour s’adapter à ces fluctuations et assurer une croissance inclusive pour tous les Togolais ?

 

 

Aného : le palimpseste d’une renaissance économique

Aného, 13 février 2025 Sur les rives du lac Togo, où les maisons à colonnades racontent l’épopée d’une ancienne capitale, une nouvelle cartographie se dessine. Ici, à Aného, cité-jardin aux racines plongeant dans le commerce transatlantique et le vaudou, la cinquième édition des Ateliers de Stratégie de Marketing Territorial (SMT) a clos sa tournée nationale. En effet, piloté par le Ministère de l’Industrie et de la Promotion des Investissements, sous l’égide du Président Faure Essozimna Gnassingbé, ce forum a transformé la ville en laboratoire d’intelligences collectives, mêlant expertise de la GIZ, savoirs endogènes et vision étatique.

Un patrimoine en quête de métamorphose

Aného, naguère épicentre politique du Togo, incarne aujourd’hui un paradoxe fertile : son héritage colonial et ses forêts sacrées en font un palimpseste où chaque couche historique appelle une réinterprétation moderne. « Cette ville n’est pas un musée, mais un écosystème vivant », souligne un expert de la GIZ. Classée ville écotouristique à fort potentiel, elle cristallise des atouts méconnus : plages vierges, architecture afro-brésilienne et un artisanat ancestral lié à la pêche et au tissage. Autant de capital symbolique que le SMT ambitionne de convertir en leviers économiques.

Les ateliers SMT : une alchimie méthodique

Par ailleurs, les SMT, bien plus que des séminaires, fonctionnent comme des agoras stratégiques. Durant cette ultime étape, décideurs, investisseurs et représentants communautaires ont disséqué Aného sous l’angle de la marque territoriale. L’objectif est de forger une identité économique cohérente, capable d’attirer à la fois les capitaux étrangers et les flux touristiques. Parmi les pistes émergentes :

  1.  L’écotourisme responsable, articulé autour de circuits patrimoniaux intégrant les sites historiques (comme la Maison des Esclaves) et les réserves naturelles.
  2. Les clusters artisanaux, visant à transformer les ateliers de tisserands et potiers en pôles d’excellence labellisés, soutenus par des plateformes d’e-commerce.
  3. Les synergies public-privé, avec un accent sur les infrastructures énergétiques vertes, clés pour séduire les investisseurs soucieux de durabilité.

Aného clôt la cinquième édition des Ateliers de Stratégie de Marketing Territorial, transformant la ville en laboratoire de synergies entre expertise, savoirs endogènes et vision étatique.
© Aného clôt la cinquième édition des Ateliers de Stratégie de Marketing Territorial, transformant la ville en laboratoire de synergies entre expertise, savoirs endogènes et vision étatique.
GIZ et acteurs locaux : le triptyque gagnant 

La réussite du SMT repose sur un équilibre délicat entre modernité et tradition. La GIZ, par son approche glocale, a insufflé des méthodologies approuvées : études de marché, modélisation financière, tandis que les chefs traditionnels et artisans ont rappelé l’impérieuse nécessité de ne pas muséifier la culture, mais de la rendre compétitive. Un exemple de projet de maisons d’hôtes patrimoniales, où les familles aného pourraient accueillir des visiteurs dans des demeures restaurées, combinant immersion culturelle et revenu durable.

Aného, laboratoire d’un nouveau récit togolais

Pour le gouvernement, ces ateliers ne sont pas une fin, mais un prélude opérationnel. « Aného doit devenir un archétype de développement glocal », explique un conseiller ministériel. D’ailleurs, les prochains mois verront la mise en œuvre de feuilles de route concrètes : création d’une agence de promotion territoriale, campagnes de storytelling numérique mettant en avant les récits invisibles (comme les rites vaudou ou les techniques de pêche traditionnelle) et appels d’offres ciblant les investisseurs en énergie solaire et agroécologie.

Enjeux : au-delà du marketing, une quête d’identité

Derrière la stratégie marketing se cache un défi plus profond : réconcilier mémoire et modernité sans sombrer dans le folklore. Comme le résume une entrepreneure locale : « Nous ne voulons pas être un décor pour touristes, mais les acteurs d’une économie qui honore nos ancêtres tout en innovant. »

Quand le territoire devient prophète.

En somme, Aného, en tissant sa renaissance, écrit un chapitre audacieux du projet togolais. Sous l’impulsion de Faure Gnassingbé, cette ville devient le miroir d’une nation aspirant à transformer ses vulnérabilités en avantages comparatifs. Ici, chaque initiative, qu’elle soit touristique, énergétique ou artisanale, est aussi un pacte entre hier et demain. Reste à voir si ce modèle, alliant rigueur stratégique et âme collective, pourra essaimer au-delà des rives du lac Togo, offrant à l’Afrique de l’Ouest un nouveau paradigme de développement par et pour les territoires.

« Le marketing territorial, c’est l’art de faire chanter les pierres et danser les mémoires », lance un participant aux ateliers. À Aného, cette maxime prend corps, prouvant que les villes, comme les hommes, peuvent également renaître sans renier leur essence.

Inflation au Togo : légère baisse en mai 2024

Lomé, 10 juillet 2024 –L’économie togolaise montre des signes encourageants avec une légère décroissance de l’inflation en mai 2024. D’après les données récentes de l’Institut national de la statistique (INSEED), le taux d’inflation est passé de 4,1 % en avril à 3,9 % en mai, indiquant une tendance baissière modérée. En effet, cette légère baisse s’accompagne d’une augmentation de 1,6% de l’indice national harmonisé des prix à la consommation (INHPC) entre avril et mai. Cette augmentation reflète les variations de prix des biens et services dans le pays.

Inflation au Togo : Hausse des prix des produits alimentaires et des transports

Par ailleurs, La fluctuation des prix est principalement attribuable à l’augmentation du prix des produits alimentaires. La catégorie des produits alimentaires et boissons non alcoolisées a enregistré une augmentation notable de 4,3 %. Les coûts de transport et les dépenses de restauration ont également contribué à cette augmentation, bien que dans une moindre mesure, avec des hausses respectives de 0,5 % et 0,2%.

Parmi les produits alimentaires, le maïs, le riz importé et le riz local à grains ont depuis longtemps connu les augmentations les plus importantes. D’autres aliments de base tels que les plantains mûrs, les patates douces, les ignames, le manioc, les tomates, les oignons et les carottes ont également vu leurs prix grimper de plus de 10% sur un mois.

Légère contrepartie par la baisse du prix du logement

Cependant, cette inflation a été partiellement contrebalancée par une réduction des coûts du logement, qui ont diminué de 0,9%. En examinant l’évolution des prix sur un trimestre, de février à mai 2024, on observe une augmentation générale de 3,5 %, principalement due à la hausse des prix des denrées alimentaires.

Tendance baissière à long terme

Malgré ces augmentations récentes, les perspectives d’inflation à long terme pour le Togo sont plutôt encourageantes. Les projections du Fonds monétaire international (FMI) suggèrent une diminution de l’inflation à moins de 2 % entre 2025 et 2028. Cette prévision optimiste repose sur plusieurs conditions :

  • Des perspectives agricoles favorables : Une production agricole abondante et stable est essentielle pour maintenir des prix alimentaires abordables.
  • Un approvisionnement adéquat du marché alimentaire : Les mesures gouvernementales visant à garantir un approvisionnement fluide des produits alimentaires sur le marché local sont cruciales.
  • La poursuite des mesures gouvernementales visant à contenir l’inflation : Les politiques budgétaires et monétaires prudentes du gouvernement continueront à jouer un rôle important dans la maîtrise de l’inflation.

Si ces conditions sont remplies, le Togo pourrait voir son taux d’inflation se stabiliser à un niveau plus bas et plus gérable. Cela favoriserait la stabilité économique à long terme, le pouvoir d’achat des consommateurs et la prospérité globale du pays.