Le drame de Peller : alerte sur la santé mentale des jeunes Africains à l’ère des réseaux

Le 14 décembre 2025, le TikToker nigérian Peller (Habeeb Hamzat) a choqué des millions de followers en crashant sa Mercedes-Benz neuve (valeur estimée à plus de 100 millions de nairas) lors d’un live. En pleurs, au téléphone avec son ex-petite amie Jarvis suite à une dispute amoureuse, il a menacé de se suicider avant de percuter violemment une barrière sur la Lekki-Epe Expressway à Lagos. Secouru et hospitalisé, il s’en est sorti avec des blessures. Toutefois, cet incident spectaculaire met en lumière une crise bien plus profonde et silencieuse.

 

Le drame de Peller : une crise sanitaire aux proportions alarmantes

 

Au Nigeria et en Afrique subsaharienne, les jeunes font face à une explosion des troubles mentaux. Les statistiques sont alarmantes : la dépression touche jusqu’à 30-37 % des adolescents, l’anxiété généralisée est courante, et les idées suicidaires concernent 8 à 10 % d’entre eux, selon des études récentes (OMS, études locales 2025). Le Nigeria porte le plus lourd fardeau de dépression en Afrique. Pourtant, la réponse est terriblement insuffisante : le pays ne compte qu’environ 150 psychiatres pour 200 millions d’habitants. De plus, un stigmate culturel persistant empêche l’accès aux soins, obligeant les personnes en souffrance à se taire.

 

Le piège des réseaux : la pression de la « Naira Culture »

 

Les réseaux sociaux n’arrangent rien ; bien au contraire, ils sont un puissant catalyseur de cette détresse. Ils imposent une pression constante pour afficher une vie « parfaite » – souvent synonyme d’opulence et de succès matériel, un phénomène appelé la « Naira Culture » au Nigeria. Les comparaisons toxiques, le cyberharcèlement et l’exposition publique des relations intimes sont monnaie courante.

Chez les influenceurs comme Peller et Jarvis, dont les vies sont scrutées 24 heures sur 24, cette visibilité est dévastatrice. Une simple rupture sentimentale se transforme en spectacle mondial. L’acte de Peller, mis en scène en direct devant des milliers d’yeux, transforme un cri de douleur privé en un contenu viral, amplifiant ainsi la détresse par la recherche d’une validation ou d’une attention extrême.

 

Agir sans attendre : Briser le silence

 

Il est urgent d’agir. En premier lieu, il est impératif de briser le tabou autour de la santé mentale. Ensuite, l’État doit investir massivement dans la formation de plus de professionnels et l’intégration des soins de santé mentale dans les soins primaires. Par ailleurs, compte tenu du contexte socio-culturel, les dirigeants communautaires, religieux (églises et mosquées) et traditionnels doivent être sensibilisés et formés pour servir de premiers points de contact et de soutien.

Les jeunes Africains méritent mieux que de transformer leur souffrance en contenu viral – ils méritent écoute, soutien et espoir réel. Parler, c’est déjà guérir.

Les 5 moments les plus mémorables de l’histoire de la CAN

La 35ᵉ Coupe d’Afrique des nations débute au Maroc le 21 décembre. 1xBet, site de paris sportifs international et partenaire officiel de la CAF, revient sur les moments les plus marquants de l’histoire de la plus prestigieuse compétition de football du continent.

La première Coupe d’Afrique des nations et le triomphe de l’Égypte

Le tournoi s’est tenu pour la première fois à Khartoum, capitale du Soudan, en 1957. Seules trois équipes y participaient alors : l’Égypte, le Soudan et l’Éthiopie. L’Afrique du Sud figurait initialement parmi les participants, mais a dû abandonner suite à sa disqualification. Ce tournoi, bien que modeste, a posé les fondements de la culture footballistique africaine et a joué un rôle déterminant dans la construction de l’identité du continent.

L’Égypte, qui disposait déjà d’un système de jeu performant, a remporté l’or avec brio. En demi-finale, les « Pharaons » ont battu le Soudan 2-1, et en finale, ils ont humilié l’Éthiopie 4-0 avec un quadruplé signé Ad-Diba.

Le titre historique de l’Afrique du Sud

Le pays a fait son retour sur la scène internationale du football en 1992 et, quatre ans plus tard seulement, a accueilli la Coupe d’Afrique des nations. Les Bafana Bafana ont soulevé la coupe, qui est devenue un symbole de renaissance nationale. En finale, les hôtes ont dominé la Tunisie 2-0 devant 80 000 spectateurs. Ce titre a confirmé le statut de l’Afrique du Sud comme nouvelle puissance du continent.

Il est à noter que la Coupe d’Afrique des nations 1996 est également entrée dans l’histoire en passant à 16 équipes. Cependant, 15 équipes ont effectivement participé au tournoi, le Nigeria s’étant retiré à la dernière minute.

Zambie, 2012 : une victoire née de la tragédie

La 28ᵉ édition de la Coupe d’Afrique des nations, au Gabon et en Guinée équatoriale, a offert un véritable conte de fées footballistique. La Zambie ne figurait pas parmi les favoris, mais elle a réalisé un parcours impeccable et est devenue championne pour la première fois, en battant une Côte d’Ivoire constellée de vedettes au terme d’une longue séance de tirs au but en finale.

La tragédie de 1993 confère une dimension symbolique à ce succès. Ce jour-là, l’avion transportant la sélection zambienne s’écrase au large des côtes gabonaises, emportant avec lui 18 joueurs. Les hommes d’Hervé Renard se sont battus non seulement pour la gloire sportive, mais aussi pour la mémoire de ceux qui resteront à jamais gravés dans l’histoire du football ivoirien.

Deux chocs décisifs entre la Côte d’Ivoire et le Ghana (1992 et 2015)

Le football a cette capacité à entretenir la tension pendant des décennies. En 1992, la Côte d’Ivoire et le Ghana s’affrontaient en finale de la CAN, un match entré dans les annales comme l’un des plus dramatiques. Le temps réglementaire n’ayant pas déterminé de vainqueur, il a fallu 22 tirs au but pour départager les troupes. Les Ivoiriens se sont révélés plus forts et ont remporté la CAN pour la première fois de leur histoire.

En 2015, le scénario s’est répété : les deux équipes n’ont pas réussi à trouver le chemin des filets, et le sort du titre s’est joué aux tirs au but. Les « Éléphants » ont débuté par deux frappes ratées, suivies par une série de sans-faute. Après le but décisif de leur gardien, Boubacar Barry, les joueurs ivoiriens ont couru vers leurs supporters, tandis que les Ghanéens se sont écroulés au sol, en plein désespoir.

Le Sénégal brise le signe indien 

Pendant de nombreuses années, le Sénégal a été considéré comme l’une des meilleures équipes africaines, sans jamais accrocher de trophée. Il a fallu attendre 2021 pour que les « Lions de la Téranga » empochent enfin le titre tant attendu : en finale, l’équipe d’Aliou Cissé est venue à bout de l’Égypte aux tirs au but.

Sadio Mané aurait offert la victoire à ses consorts dans le temps réglementaire, s’il n’avait pas loupé son penalty. Le capitaine sénégalais a alors pris les choses en main et a transformé le penalty lors de la séance de tirs au but. Après le coup de sifflet final, les Sénégalais ont déferlé dans les rues pour célébrer un triomphe qu’ils attendaient depuis plus de 50 ans.

La CAN 2025 réunira les stars du football mondial, promettant des matchs époustouflants, des rebondissements inattendus et un véritable spectacle footballistique. Suivez le tournoi et pariez avec les meilleures cotes sur 1xBet, le meilleur site de paris sportifs international !

Sénat du Togo : formation sur la gouvernance et le genre

Lomé, 12 décembre 2025 –À Lomé, les sénateurs togolais ont pris part les 11 et 12 décembre 2025 à une session de formation consacrée à la gouvernance législative et à la budgétisation sensible au genre (BSG), une démarche qui s’inscrit dans la volonté des institutions togolaises de renforcer l’inclusivité et l’efficacité des politiques publiques. Organisé dans le cadre du projet des législatures inclusives, l’atelier a réuni durant deux jours des experts, des parlementaires et des acteurs institutionnels engagés dans la modernisation de l’action publique.

 

Renforcer les capacités d’une institution récente

 

Depuis son installation, le Sénat togolais multiplie les initiatives pour consolider ses compétences techniques et affiner son rôle dans le processus législatif. C’est pourquoi cette formation répond à un besoin stratégique : permettre aux sénateurs de mieux appréhender les mécanismes de gouvernance parlementaire, d’analyse budgétaire et de contrôle de l’action gouvernementale.

Les modules ont porté sur la structuration du travail législatif, les outils d’évaluation des politiques publiques, ainsi que les principes d’une gouvernance budgétaire transparente et responsable. Les participants ont également été initiés aux méthodes permettant d’intégrer la dimension genre dans l’élaboration et l’exécution du budget de l’État.

 

La budgétisation sensible au genre, un enjeu national

 

Au-delà de l’aspect technique, la formation a mis en lumière un enjeu majeur : la nécessité de concevoir des politiques publiques qui tiennent compte des inégalités persistantes entre les femmes et les hommes. La budgétisation sensible au genre vise précisément à orienter les ressources publiques de manière à réduire ces écarts, qu’il s’agisse d’accès à l’éducation, à la santé, à l’emploi ou à la participation politique.

Par conséquent, pour les sénateurs, cette approche constitue un levier essentiel pour accompagner les réformes engagées par le Togo en matière d’équité et de justice sociale. Elle permet également d’améliorer la qualité du débat parlementaire en intégrant des critères d’impact social dans l’examen des projets de loi et des budgets sectoriels.

 

Gouvernance législative et budgétaire : vers un Parlement plus outillé et plus représentatif

 

Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation institutionnelle. En renforçant les compétences des élus, le Togo entend consolider un cadre législatif capable de répondre aux défis contemporains : gouvernance démocratique, transparence, participation citoyenne et réduction des inégalités.

Les organisateurs ont salué l’engagement des sénateurs et souligné l’importance de poursuivre ces sessions de renforcement de capacités afin d’ancrer durablement les pratiques de gouvernance inclusive au sein des institutions.

À l’issue de la formation, plusieurs participants ont exprimé leur volonté de mettre en pratique les connaissances acquises, notamment lors de l’examen des prochains textes budgétaires. En définitive, cette montée en compétences constitue une étape déterminante pour faire du Sénat un acteur central dans la construction d’un Togo plus équitable. Avec cette initiative, Lomé confirme sa volonté de promouvoir une gouvernance parlementaire moderne, sensible aux enjeux sociaux et attentive aux besoins de toutes les composantes de la population.

Commerce : La 40ᵉ grande quinzaine de Lomé arrive

Lomé, 12 décembre 2025 – Dans quelques jours, la capitale togolaise vibrera au rythme de la 40ᵉ édition de la Grande Quinzaine commerciale, l’incontournable rendez-vous de fin d’année organisé par la Chambre de commerce et d’industrie du Togo (CCI-Togo). Du 18 décembre 2025 au 4 janvier 2026, le site habituel du Palais des Congrès et les espaces adjacents se transformeront une nouvelle fois en un immense marché à ciel ouvert.

Plus qu’une simple foire, cet événement s’est imposé comme le deuxième plus grand rassemblement commercial du pays après la Foire internationale de Lomé. Chaque année, il attire des centaines de milliers de visiteurs et génère également des centaines de millions de francs CFA de chiffre d’affaires pour les exposants, majoritairement des PME et des artisans locaux.

 

Le Rendez-vous des bonnes affaires de fin d’année

 

Artisanat, agroalimentaire, mode, électroménager, high-tech, produits de grande consommation : tout y sera. De fait, les articles sont souvent proposés à des prix défiant toute concurrence grâce aux promotions spécialement négociées pour l’occasion. Pour de nombreux ménages, la Grande Quinzaine reste le moment privilégié pour remplir les placards avant les fêtes, dénicher les cadeaux de Noël ou tout simplement profiter des bonnes affaires de fin d’année.

 

Au-delà des étals colorés, l’événement crée des centaines d’emplois temporaires (montage, sécurité, restauration, logistique) et booste l’activité des quartiers environnants. Ainsi, restaurateurs, transporteurs et petits commerçants profitent pleinement de l’afflux de visiteurs.

« Cette 40ᵉ édition marque une étape symbolique », confie Jonathan Adjakly, président de la CCI-Togo. « C’est pourquoi nous avons souhaité marquer le coup avec une organisation encore plus fluide, une sécurité renforcée et surtout des offres jamais vues pour récompenser la fidélité du public. »

 

 40ᵉ Grande Quinzaine : ambiance de fête populaire garantie

 

Dès la tombée de la nuit, les allées s’illuminent, les haut-parleurs diffusent les tubes du moment et l’odeur des beignets et du poulet braisé embaume l’air. Familles, groupes d’amis et couples déambulent entre les stands : c’est toute la magie de la Grande Quinzaine, ce mélange unique de commerce et de fête populaire qui fait vibrer Lomé chaque fin d’année.

Les exposants, quant à eux, affûtent déjà leurs arguments : « Cette année, on casse les prix comme jamais », promet une commerçante spécialisée dans les tissus wax. « Les clients savent qu’ils ne trouveront pas mieux ailleurs. »

Rendez-vous donc dès le 18 décembre. Pendant dix-huit jours, Lomé vivra au rythme des bonnes affaires et des lumières de Noël made in Togo. En somme, la 40ᵉ Grande Quinzaine commerciale s’annonce déjà comme l’un des temps forts de la saison festive 2025-2026.

Togo-Prison : Un nouveau guide pour les surveillants

Lomé, 11 décembre 2025 – Au lendemain de la Journée internationale des droits de l’Homme, le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits humains, Me Pacôme Adjourouvi, a reçu ce jeudi des mains du président de la Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH), Me Ohini Sanvee, le tout nouveau « Guide du Surveillant de l’Administration Pénitentiaire ».

En effet, la cérémonie, qui s’est tenue au cabinet du ministère, a réuni hauts cadres des deux institutions et nombreux agents pénitentiaires.

 Guide pour les surveillants : un outil financé par l’OPCAT

 

Fruit du projet « Consolidation du cadre de prévention de la torture et du mécanisme national de prévention (MNP) au Togo – phase 1 », financé par le Fonds du Protocole facultatif à la Convention contre la torture (OPCAT), ce guide de 150 pages constitue en effet le premier outil complet destiné spécifiquement aux surveillants togolais.

Le document est structuré en cinq grandes parties qui couvrent également les aspects essentiels de la gestion des détenus :

  • principes fondamentaux et généralités sur la détention ;
  • normes internationales et nationales de gestion des détenus ;
  • règles spécifiques pour les femmes (Règles de Bangkok) ;
  • protection des mineurs (Règles de Beijing et Code togolais de l’enfant) ;
  • conseils pratiques au quotidien pour les agents.

« Ce guide équipe concrètement nos surveillants pour garantir le respect des droits humains, prévenir la torture et les mauvais traitements, et gérer les prisons de façon humaine, sécurisée et efficace », a expliqué M. Garba Gnambi Kodjo, 2ᵉ vice-président de la CNDH et président du MNP, lors de la présentation officielle.

Ce 11 décembre 2025, le ministre de la Justice reçoit officiellement le « Guide du Surveillant de l’Administration Pénitentiaire »
© Ce 11 décembre 2025, le ministre de la Justice reçoit officiellement le « Guide du Surveillant de l’Administration Pénitentiaire »

 Engagement des autorités pour la diffusion

 

Le ministre Pacôme Adjourouvi s’est félicité de recevoir cet outil « au meilleur moment ». En effet, il a souligné que le manuel « va permettre à nos agents de faire respecter la loi avec humanité dans nos établissements pénitentiaires. »

De son côté, le Directeur de l’Administration pénitentiaire et de la réinsertion, Idrissou Akibou, a promis une large diffusion : « Nous allons former, sensibiliser et accompagner tous les acteurs pour que ce guide devienne la référence quotidienne de chaque surveillant. Les détenus doivent sentir que leur dignité est préservée. »

Créé en 2009, le corps des surveillants de prison du Togo dispose désormais d’un manuel opérationnel aligné sur les standards internationaux et régionaux, une première dans le pays. C’est pourquoi la CNDH a annoncé que des sessions de formation nationales débuteront dès janvier 2026 dans toutes les prisons civiles du Togo.

Indemnisations foncières : reprise des paiements au Zio

Lomé, 11 décembre 2025 – C’est un dénouement très attendu par des centaines de familles des cantons de Dalavé et Kpomé (préfecture du Zio) : la distribution effective des chèques d’indemnisation va reprendre « incessamment », a annoncé mercredi le ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et du Développement des Territoires, le Colonel Hodabalo Awate.

Par ailleurs, ces paiements concernent les personnes expropriées dans le cadre du décret de 2022 qui a déclaré d’utilité publique l’extension d’une réserve foncière spéciale de 2 505 hectares. Ce projet stratégique est porté par l’État togolais et destiné à accueillir des infrastructures et des investissements d’envergure dans les domaines économique et social.

Après plusieurs mois d’attente et de réglages administratifs, la Commission ad hoc chargée du dossier a finalisé les derniers obstacles. Les premiers chèques seront remis aux ayants droit dès que les conditions techniques et juridiques seront réunies, a précisé le communiqué ministériel.

 

Des règles strictes pour la transparence

 

Pour recevoir leur indemnité, les bénéficiaires devront se présenter en personne ou par représentant légal muni d’une procuration authentifiée (notaire ou tribunal). Cependant, le ministre insiste particulièrement sur l’obligation de produire un titre foncier définitif.

À défaut de titre foncier, les autorités exigent un dossier complet qui comprendra notamment :
  • certificat administratif,
  • original du reçu de vente,
  • quatre exemplaires du plan parcellaire visé avec coordonnées GPS,
  • avis favorable de l’Office Togolais des Recettes (OTR),
  • copie d’une pièce d’identité valide (CNI, carte d’électeur, passeport ou permis de conduire).
Les ayants droit devront justifier tout document manquant par une déclaration de perte qu’ils établiront au commissariat de police.

« Cette rigueur vise à garantir la transparence totale de l’opération et à protéger à la fois l’État et les vrais propriétaires », explique une source proche de la Commission ad hoc.

 

Zio : un soulagement attendu par les populations

 

Depuis la prise du décret en 2022, de nombreuses familles vivaient dans l’incertitude, certaines ayant déjà dû libérer leurs terres sans avoir perçu la moindre compensation. C’est pourquoi les chefs de canton et les associations de propriétaires accueillent la reprise effective des paiements comme un véritable « ouf de soulagement ».

« Nous avons patienté longtemps, mais nous voyons enfin le bout du tunnel. Que l’État respecte ses engagements et que les indemnisations soient justes », a réagi Koffi Adzima, porte-parole d’un collectif d’ayants droit de Dalavé.

En somme, cette nouvelle étape illustre la volonté du gouvernement de concilier les grands projets d’utilité publique avec le respect des droits fonciers des populations, dans une région où les conflits liés au foncier restent fréquents. Les préfectures et les chefs traditionnels communiqueront localement les dates précises de distribution dans les prochains jours.

CEDEAO: le Liberia obtient le Centre régional jeunesse‑sports

Abuja (Nigeria), 11 décembre 2025 – En pleine session du Conseil des ministres de la CEDEAO, le Liberia et l’organisation ouest-africaine ont franchi ce jeudi une étape symbolique et pratique : la signature officielle de l’accord de siège du Centre de Développement de la Jeunesse et des Sports de la CEDEAO (CDJS/CEDEAO), qui sera basé à Monrovia.

Liberia -CEDEAO : accord de siège et statut international

 

La cérémonie, qui s’est déroulée dans la capitale nigériane, en présence de plusieurs ministres des Affaires étrangères de la région, a réuni la ministre libérienne des Affaires étrangères, Sara Beysolow Nyanti, et le président de la Commission de la CEDEAO, Dr Omar Alieu Touray.

Le document consacre juridiquement l’installation du Centre sur le territoire libérien et lui accorde le statut classique des organisations internationales : immunités diplomatiques, extraterritorialité des locaux, exonérations fiscales et douanières, ainsi que la protection des agents et des biens de l’institution.

Ce futur centre régional aura pour mission de coordonner les politiques sportives et les programmes de formation des jeunes dans les quinze pays membres, avec un accent particulier sur l’insertion professionnelle, l’éducation par le sport et la prévention de la délinquance juvénile.

Le Liberia signe un accord historique avec la CEDEAO pour héberger le Centre régional de Développement Jeunesse et Sports (CDJS) à Monrovia.
© Le Liberia signe un accord historique avec la CEDEAO pour héberger le Centre régional de Développement Jeunesse et Sports (CDJS) à Monrovia.
Le Liberia signe un accord historique avec la CEDEAO pour héberger le Centre régional de Développement Jeunesse et Sports (CDJS) à Monrovia.
© Le Liberia signe un accord historique avec la CEDEAO pour héberger le Centre régional de Développement Jeunesse et Sports (CDJS) à Monrovia.

 Un geste fort de reconnaissance historique du Liberia

 

À l’issue de la signature, la ministre Sara Beysolow Nyanti a tenu à remettre deux distinctions honorifiques particulièrement émouvantes :

Premièrement, au nom du peuple et du gouvernement libériens, elle a décerné une haute distinction à la CEDEAO en tant qu’institution pour son rôle décisif dans la fin des guerres civiles (1989-2003) et la consolidation de la paix.

Ensuite, la ministre libérienne des Affaires étrangères a remis une seconde distinction au ministre béninois des Affaires étrangères, Olusegun Adjadi Bakari (qui assure la présidence tournante du Conseil des ministres), au nom de l’ensemble des États membres, pour leur soutien constant à la reconstruction démocratique du Liberia.

« Sans l’intervention déterminante de la CEDEAO et de ses États membres, notamment à travers l’ECOMOG puis l’ECOMIL, le Liberia ne serait peut-être pas debout aujourd’hui », a déclaré la cheffe de la diplomatie libérienne, visiblement émue, sous les applaudissements nourris de la salle.

 

 Un symbole face à la crise institutionnelle

 

Le choix du Liberia pour accueillir ce centre dédié à la jeunesse n’est pas anodin : ancien pays en crise profonde, il incarne aujourd’hui la réussite des interventions régionales de maintien de la paix et de relèvement post-conflit portées par la CEDEAO depuis plus de trente ans.

Les travaux de construction du siège du CDJS, financés par la Commission de la CEDEAO et plusieurs partenaires, devraient débuter au premier semestre 2026 dans la banlieue de Monrovia. Le centre ambitionne de devenir, à terme, un pôle d’excellence sportif et éducatif pour toute l’Afrique de l’Ouest.

Toutefois, cette signature intervient alors que la CEDEAO traverse une crise institutionnelle sans précédent avec le retrait annoncé du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Par conséquent, le geste du Liberia, pays fondateur de l’organisation en 1975, apparaît aussi comme un rappel opportun de l’utilité historique et de la légitimité de l’institution régionale aux yeux de nombreux États membres.

Nouvelles taxes US : l’Université de Lomé alerte sur les risques pour le Togo

Lomé, 10 décembre 2025 – L’Université de Lomé s’est transformée mercredi en cellule de crise économique. En réunissant enseignants, doctorants et hauts responsables dans la salle Coworking de l’UniPod, pour débattre des nouvelles politiques tarifaires américaines, la Direction de la Recherche et de l’Innovation (DRI) a sonné l’alarme : le retour du protectionnisme à Washington menace directement la compétitivité des exportations togolaises et de l’Afrique subsaharienne, forçant ainsi  la région à repenser d’urgence sa diplomatie commerciale.

Nouvelles taxes US : À Lomé, chercheurs et officiels décryptent le protectionnisme américain et ses conséquences sur les exportations
© Nouvelles taxes US : À Lomé, chercheurs et officiels décryptent le protectionnisme américain et ses conséquences sur les exportations

Nouvelles taxes US : un virage commercial qui change la donne

 

Depuis plusieurs mois, Washington a engagé une révision musclée de ses règles douanières : relèvement ciblé des tarifs sur des produits stratégiques, durcissement des normes sanitaires et environnementales, et remise en cause progressive de certains avantages accordés aux pays en développement.

Concrètement, si les États-Unis n’ont pas encore formellement abrogé l’AGOA (African Growth and Opportunity Act) – cette loi américaine adoptée en mai 2000 sous la présidence de Bill Clinton et renouvelée depuis, qui accorde des exemptions de droits de douane à de nombreux produits africains –, Washington a déjà gelé ou est en train de renégocier plusieurs de ses mécanismes. Cependant , elle constitue le pilier central des relations commerciales préférentielles entre les États-Unis et l’Afrique subsaharienne.

 

Pour le Togo, dont les exportations de coton, de phosphates et de produits transformés bénéficient encore (pour combien de temps ?) de préférences sur le marché américain, ces évolutions ne sont pas neutres. « Nous risquons de perdre plusieurs points de compétitivité d’un seul coup », a alerté le professeur Akilou Amadou, économiste et conférencier principal de la journée.

Diversifier ou périr : les solutions proposées

 

Face à ce constat, les échanges ont rapidement porté sur les réponses possibles. Ainsi, l’Afrique subsaharienne est appelée à adopter une diplomatie commerciale offensive, reposant notamment sur :

  • L’accélération de la transformation locale des matières premières pour exporter davantage vers l’Europe, l’Asie ou au sein même de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) ;
  • L’investissement massif dans la conformité aux nouvelles normes américaines pour les acteurs qui souhaitent conserver l’accès au marché ;
  • Le renforcement des partenariats avec d’autres grandes puissances moins protectionnistes (Chine, Inde, Turquie).

« Le temps de la dépendance passive aux préférences unilatérales est révolu », a résumé un doctorant en économie internationale. « Il nous faut une diplomatie commerciale offensive et une industrie qui monte en gamme. »

Nouvelles taxes US : À Lomé, chercheurs et officiels décryptent le protectionnisme américain et ses conséquences sur les exportations
© Nouvelles taxes US : À Lomé, chercheurs et officiels décryptent le protectionnisme américain et ses conséquences sur les exportations

Une mobilisation institutionnelle et académique

 

Par ailleurs,  la conférence a bénéficié d’une forte présence officielle :

  • Dr. Ama Gameti, directrice de cabinet du ministère délégué à l’Enseignement supérieur et à la Recherche ;
  • Prof. Essohanam Boko, directeur de la Recherche et de l’Innovation, représentant le président de l’Université de Lomé ;
  • Prof. Akoete Éga Agbodji, directeur de l’École doctorale en sciences économiques et gestion.

« Ce qui se joue ici dépasse le cadre universitaire », a déclaré le Dr. Gameti. « Les analyses et recommandations issues de cette journée seront transmises directement aux équipes gouvernementales chargées des négociations commerciales. »

 

Nouvelles taxes US : l’Université, boîte à idées et vigie

 

À l’issue des débats, plusieurs participants ont proposé la création d’un « observatoire des politiques commerciales des grandes puissances » rattaché à l’Université de Lomé, afin de fournir en temps réel des alertes et des scénarios aux décideurs publics et aux entreprises.

En somme,  dans un monde où les règles du commerce international se réécrivent à grande vitesse, l’Université de Lomé montre qu’elle entend jouer pleinement son rôle de vigie et de boîte à idées pour le pays. Par conséquent, cet observatoire pourrait devenir un outil stratégique indispensable face aux turbulences économiques mondiales.

 

Togo : L’Assemblée Nationale adopte le Budget 2026

Lomé, 10 décembre 2025 – Dans une ambiance de consensus républicain marqué, l’Assemblée nationale togolaise a adopté mardi soir la loi de finances pour l’exercice 2026. À l’issue du vote, le président de l’hémicycle, le Prof Komi Selom Klassou, a prononcé un discours de clôture solennel où il a présenté ce budget comme l’expression concrète de la « vision stratégique » portée par le chef du gouvernement, Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé dans le nouveau régime parlementaire. Ce vote marque d’ailleurs le premier grand acte législatif depuis l’entrée en vigueur de la réforme constitutionnelle.

e Parlement togolais a adopté la loi de finances 2026. Le président Klassou a salué un budget aligné sur la vision du "Président du Conseil", Faure Gnassingbé, et prévoyant une croissance supérieure à 6 % dans le cadre de la nouvelle ère institutionnelle.
© e Parlement togolais a adopté la loi de finances 2026. Le président Klassou a salué un budget aligné sur la vision du "Président du Conseil", Faure Gnassingbé, et prévoyant une croissance supérieure à 6 % dans le cadre de la nouvelle ère institutionnelle.

 Budget 2026 : croissance à plus de 6 % et une « ambition nationale »

 

« Ce n’est pas qu’un ensemble de chiffres et de tableaux », a insisté le président Klassou. « C’est avant tout un acte politique majeur qui traduit la volonté de bâtir un Togo résilient, inclusif et prospère, conformément aux orientations données par Son Excellence Monsieur Faure Essozimna Gnassingbé dans son discours sur l’état de la Nation prononcé devant le Congrès le 2 décembre dernier. »

Il a rappelé les indicateurs macro-économiques flatteurs mis en avant par le gouvernement : une croissance moyenne supérieure à 6 % sur la période 2024-2026 et une inflation maîtrisée autour de 3 %, dans le respect des critères de convergence de l’UEMOA. Selon lui, ces performances sont le fruit des réformes engagées dans le cadre de la feuille de route gouvernementale Togo 2025.

Inclusion sociale et soutien aux filières locales

 

Parmi les mesures phares saluées par le président de l’Assemblée figurent les nouveaux dispositifs de soutien aux produits locaux d’élevage et de pêche, ainsi que les mécanismes facilitant l’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap.

« Ces choix ne sont pas anodins, a-t-il souligné. Ils témoignent d’une politique volontariste d’inclusion sociale et économique, où personne ne doit être laissé sur le bord du chemin. »

 

Une loi de finances au cœur du nouveau régime parlementaire

 

Faisant explicitement référence à la réforme constitutionnelle adoptée en 2024, le Prof Klassou a replacé le vote du jour dans le cadre de la « nouvelle ère institutionnelle » annoncée par le Président du Conseil :

« Comme l’a dit le Président du Conseil il y a exactement une semaine : “La République togolaise entre dans une nouvelle ère institutionnelle : celle d’un régime parlementaire moderne, apaisé et équilibré.” C’est dans cet esprit que nous venons d’accomplir notre devoir. »

Il a rappelé le cheminement législatif à venir : après son adoption à l’Assemblée nationale, le texte sera transmis au Sénat pour examen, avant un retour à l’hémicycle pour un vote définitif, puis promulgation par le Président du Conseil.

e Parlement togolais a adopté la loi de finances 2026. Le président Klassou a salué un budget aligné sur la vision du "Président du Conseil", Faure Gnassingbé, et prévoyant une croissance supérieure à 6 % dans le cadre de la nouvelle ère institutionnelle.
© e Parlement togolais a adopté la loi de finances 2026. Le président Klassou a salué un budget aligné sur la vision du "Président du Conseil", Faure Gnassingbé, et prévoyant une croissance supérieure à 6 % dans le cadre de la nouvelle ère institutionnelle.

 Budget 2026 : Consensus et esprit républicain

 

Tout au long de son intervention, le président Klassou a tenu à saluer « l’esprit républicain » qui a prévalu lors des débats budgétaires, malgré les traditionnelles passes d’armes entre majorité et opposition.

« La loi de finances reste l’acte central de l’équilibre de nos institutions », a-t-il conclu. Elle fixe les moyens de l’État et organise les priorités nationales. Qu’elle soit toujours au service de l’intérêt général, de la paix, de la sécurité et du progrès partagé. »

À l’issue de la séance, plusieurs députés de la majorité se félicitaient d’un budget « ambitieux mais réaliste », tandis que des voix dans l’opposition, bien que minoritaires, regrettaient un manque de débat approfondi sur certaines dépenses d’investissement. Le texte ira maintenant au Sénat dans les prochains jours pour la suite de la navette parlementaire.

Avec cette adoption, le Togo boucle une étape clé de son calendrier budgétaire 2026 et affirme, selon les termes du président Klassou, sa volonté de « conjuguer ambition et pragmatisme » sous le leadership de Faure Gnassingbé.

 

Congrès Panafricain : Siphiwe Ka Baleka exige la libération des prisonniers politiques

Lomé, 10 décembre 2025 — Le 9ᵉ Congrès panafricain, censé incarner l’unité et la renaissance du continent, a basculé mardi dans une atmosphère de tension politique rarement observée dans ce type de grand-messe diplomatique. À Lomé, la voix de l’activiste  Bissau-Guinéen Siphiwe Ka Baleka Bel El, figure connue des milieux panafricains radicaux, a brisé le vernis consensuel, rappelant que derrière les discours officiels sur l’avenir de l’Afrique se cachent des réalités politiques douloureuses.

 

Siphiwe Ka Baleka : « Le congrès se tient sur le dos du peuple togolais »

 

Sous les regards médusés de l’assistance, Siphiwe Ka Baleka, figure connue des milieux panafricains radicaux, a pris le micro pour lancer une charge directe :

« Comment peut-on parler de renaissance africaine quand le pays qui nous accueille maintient encore des dizaines de prisonniers politiques dans ses geôles ? »

Sans détour, il a poursuivi :

« Ce congrès est organisé sur le dos du peuple togolais. Beaucoup de ses fils et filles sont en exil, d’autres croupissent en prison pour avoir simplement exprimé une opinion différente, et certains subissent encore des traitements inhumains. »

En dénonçant la situation des prisonniers politiques au Togo, l’orateur a mis en lumière une contradiction fondamentale. Sa charge n’était pas seulement dirigée contre Lomé, mais également contre une tendance plus large : celle d’un panafricanisme institutionnel qui peine à se confronter aux pratiques autoritaires persistantes sur le continent.

 

Le rappel du « crime originel » : l’ombre de Sylvanus Olympio

 

Siphiwe Ka Baleka a replacé son propos dans une perspective historique, rappelant l’assassinat du premier président togolais, Sylvanus Olympio, le 13 janvier 1963. Présenté comme l’un des pères fondateurs du panafricanisme moderne aux côtés de Kwame Nkrumah et Patrice Lumumba, Olympio incarne, selon lui, « le crime originel » qui aurait détourné le Togo de la voie de la dignité et de la justice.

En convoquant cette mémoire, il visait à inscrire la critique actuelle dans une continuité historique, celle d’un pays qui, selon lui, n’a jamais retrouvé le chemin de la dignité. Ainsi, c’est toute la question de la légitimité des États africains post-indépendance qui était posée en filigrane.

 

Siphiwe Ka Baleka interpelle directement le ministre Dussey

 

Fixant le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, qui présidait la séance, l’activiste a formulé une demande solennelle :

« Je demande humblement, ici, devant vous tous, que le Togo prenne l’initiative, durant ce congrès même, d’une résolution forte pour une amnistie générale et immédiate de tous les prisonniers politiques. Ce serait le plus beau cadeau que Lomé pourrait offrir à l’Afrique et à son propre peuple. »

Dans un climat déjà électrique, Siphiwe Ka Baleka a ajouté, non sans inquiétude :

« Franchement, je me demande si je vais être ciblé après avoir dit cela. Est-ce cela, la renaissance africaine que nous célébrons ? Un panafricanisme où l’on doit encore parler la peur au ventre ? »

L’interpellation directe au ministre, avec la demande d’une amnistie générale, a en effet donné à ce moment une portée symbolique forte.

 

Malaise et applaudissements

 

La salle a réagi en ordre dispersé : applaudissements nourris d’un côté, silence figé de l’autre. Dans un événement habituellement verrouillé par un protocole strict, cette prise de parole a brisé le consensus.

Élargissant son propos, Siphiwe Ka Baleka a cité le Cameroun et sa propre Guinée-Bissau, où « des dizaines d’opposants sont traqués, emprisonnés ou forcés à l’exil ». Et de conclure :

« Le vrai panafricanisme ne peut pas être une simple vitrine diplomatique. Il doit commencer par la libération de tous ceux qui luttent pour la dignité de leurs peuples. »

Ce faisant, l’épisode s’est transformé en un acte de contestation globale contre les régimes autoritaires africains. D’ailleurs, la réaction mitigée de la salle révèle le malaise : le Congrès panafricain, souvent perçu comme une vitrine diplomatique, se retrouve confronté à sa propre fragilité. Peut-il être un espace de débat authentique ou reste-t-il un instrument de légitimation pour les pouvoirs en place ? L’intervention de l’activiste a mis à nu cette tension.

 

Un congrès déjà sous tension

 

Il faut rappeler que le Togo traverse une période de crispation politique : réforme constitutionnelle contestée en 2024, arrestations de militants, exil de figures de l’opposition. Dans ce contexte, l’organisation du Congrès apparaît pour beaucoup comme une opération de communication internationale. L’activiste a donc touché un nerf sensible : la dissonance entre l’image que le régime veut projeter à l’extérieur et la réalité vécue à l’intérieur.

À la sortie de la salle, certains délégués de la société civile ouest-africaine se réjouissaient : « Enfin quelqu’un a osé dire tout haut ce que beaucoup pensaient tout bas. » D’autres, plus prudents, craignaient que cette sortie ne serve de prétexte à un durcissement du régime.

 

Une interpellation qui restera dans les annales

 

Pour l’heure, ni le ministre Robert Dussey ni la présidence togolaise n’ont réagi. Un haut responsable du comité d’organisation s’est limité à rappeler que « toutes les voix sont les bienvenues dans l’esprit du panafricanisme », tout en soulignant que « les questions de politique intérieure relèvent de la souveraineté nationale ».

Que le Togo réponde ou non à cette demande d’amnistie, l’épisode restera comme un moment charnière du congrès. Il a rappelé que le panafricanisme ne peut se réduire à des slogans ou à des cérémonies protocolaires. Au contraire, il doit se confronter aux réalités politiques, aux prisons, aux exils, aux silences imposés. En ce sens, Siphiwe Ka Baleka a réussi à transformer une tribune officielle en espace de vérité, au risque de sa propre sécurité.

Les travaux du 9ᵉ Congrès panafricain se poursuivent jusqu’au vendredi 12 décembre. Reste à savoir si l’appel à une amnistie générale trouvera un écho dans les résolutions finales. Une certitude demeure : Siphiwe Ka Baleka Bel El a déjà imprimé sa marque sur cette grand-messe continentale.