Université de Lomé : lancement de la Rentrée doctorale 2025

Lomé, 1ᵉʳ décembre 2025 – L’Université de Lomé a donné le ton d’une année doctorale placée sous le double sceau de l’excellence scientifique et de l’éthique face aux révolutions technologiques. Lors d’une cérémonie solennelle organisée à l’amphithéâtre de l’École doctorale, la communauté des chercheurs a officiellement lancé la Rentrée doctorale 2025 devant un parterre de directeurs d’unités de recherche, doyens et plusieurs centaines de doctorants.

Bien que le président Adama Kpodar soit absent, c’est le premier vice-président, le professeur Komlan Batawila, qui a présidé les travaux, entouré de la deuxième vice-présidente Kafui Kpégba et de la secrétaire générale Akossiwoa Quashie. « Cette rentrée n’est pas une formalité, mais un contrat moral : produire une recherche rigoureuse, utile et irréprochable », a-t-il martelé.

L’urgence de la norme et la menace de l’IA

 

Deux conférences magistrales, très complémentaires, ont marqué les esprits. Le professeur Akodah Ayewouadan a ouvert le bal avec une leçon inaugurale intitulée « L’effectivité de la norme ». Devant une salle comble, le juriste a disséqué la distance souvent abyssale entre la règle écrite et son application concrète, prenant pour exemples le droit de l’environnement et les libertés académiques au Togo. « Une norme qui reste lettre morte n’est pas une norme, c’est une illusion », a-t-il lancé sous les applaudissements.

Ensuite, la seconde intervention, assurée par le professeur Bilakani Tonyeme, a plongé au cœur de l’actualité brûlante : l’impact de l’intelligence artificielle générative sur la recherche. Entre démonstrations de ChatGPT capable de rédiger une thèse en quelques minutes et alertes sur le risque de plagiat indétectable, le spécialiste des systèmes intelligents a appelé à une « éthique proactive ».

Université de Lomé : La Rentrée doctorale 2025 met l'accent sur l'éthique face à l'IA générative. L'UL impose des référentiels clairs et une formation aux doctorants pour une recherche intègre.
© Université de Lomé : La Rentrée doctorale 2025 met l'accent sur l'éthique face à l'IA générative. L'UL impose des référentiels clairs et une formation aux doctorants pour une recherche intègre.

Rentrée doctorale : actions concrètes pour une recherche maîtrisée

 

C’est pourquoi le professeur Tonyeme a émis des recommandations fermes : référentiels clairs, formation obligatoire à l’IA pour les doctorants et création d’un comité déontologique dédié dès 2026 à l’UL.

« On ne peut plus faire comme si ces outils n’existaient pas. Soit on les maîtrise, soit ils nous dépossèdent de notre métier de chercheur », a-t-il averti, provoquant un débat nourri avec la salle.

À l’issue de la cérémonie, les doctorants ont reçu leur badge officiel 2025 et un guide de bonne conduite renforcé intégrant désormais un chapitre entier sur l’utilisation responsable de l’IA. Cette initiative est la preuve que l’Université de Lomé entend bien rester à la pointe sans sacrifier ses principes.

L’année doctorale est lancée. Et cette fois, la barre est placée très haut : rigueur scientifique, innovation maîtrisée et intégrité absolue. Rien de moins.

Guinée-Bissau : Faure, médiateur incontournable de l’Afrique

Lomé, 1ᵉʳ décembre 2025 – Le Togo endosse une fois de plus le rôle de pompier de l’Afrique de l’Ouest. En fin de semaine, la CEDEAO a mandaté le président Faure Gnassingbé pour diriger une mission tripartite de haut niveau, chargée de sortir la Guinée-Bissau du chaos né du putsch du 26 novembre.

La junte, qui invoque une manipulation électorale, a suspendu le processus de vote et fermé les frontières, accentuant les risques de dérapage violent.

Aux côtés du Cap-Verdien José Maria Neves et du Sénégalais Bassirou Diomaye Faye, le chef de l’État togolais devra ramener les protagonistes autour de la table et empêcher qu’un pays coutumier des coups d’État ne sombre à nouveau dans la tourmente.

 

Lomé, quartier général de la crise

 

L’annonce n’a surpris personne dans les couloirs de la CEDEAO. En effet, déjà médiateur de l’Union africaine dans le conflit RDC-Rwanda, Faure Gnassingbé s’est imposé ces dernières années comme l’un des rares dirigeants ouest-africains capables de dialoguer avec tous les camps sans être accusé de partialité. « Il a cette capacité rare à écouter sans juger et à obtenir des concessions là où d’autres échouent », confie un diplomate nigérian en poste à Abuja.

La mission tripartite devrait se rendre à Bissau dès la semaine prochaine, après des premiers contacts avec la junte du général Denis N’Canha, le président déchu Umaro Sissoco Embaló — aujourd’hui au Congo-Brazzaville — et les principaux leaders politiques, dont Domingos Simões Pereira.

 

Objectif : un calendrier clair et un retour à l’ordre constitutionnel

 

Selon plusieurs sources proches du dossier, les trois médiateurs pousseront pour un plan d’action ferme :

  • la fixation d’un calendrier électoral crédible sous 12 à 18 mois maximum
  • la mise en place d’un gouvernement de transition inclusif
  • le retour des forces armées dans les casernes avec garanties internationales

Un schéma qui rappelle étrangement la feuille de route imposée avec succès au Mali et au Burkina Faso ces dernières années, où le Togo avait déjà joué les facilitateurs discrets.

 

Faure, le médiateur en série

 

Avec cette nouvelle mission, Faure Gnassingbé conforte son statut de « Monsieur bons offices » de la sous-région. Au total, en cinq ans, Lomé a piloté ou co-piloté les médiations au Mali (2020-2022), en Guinée après le coup d’État contre Alpha Condé, au Burkina post-Damiba et maintenant en Guinée-Bissau, sans compter le dossier est-africain toujours en cours.

« Le président a fait de la stabilité régionale une priorité absolue. Par conséquent, il sait que chaque crise non résolue chez le voisin finit par déborder chez nous », explique un proche du palais.

Alors que les capitales ouest-africaines retiennent leur souffle face à l’instabilité chronique de Bissau, tous les regards se tournent désormais vers le trio Gnassingbé-Neves-Faye. Dans un pays qui a connu cinq coups d’État réussis en cinquante ans, la patience est une denrée rare. Cependant, si quelqu’un peut encore la faire renaître, c’est bien le discret mais redoutablement efficace président du Conseil  togolais. La partie est loin d’être gagnée. Elle vient à peine de commencer.

Lomé : opération CNI éclair à l’Université

Lomé, 1ᵉʳ décembre 2025 – C’est une ruée tranquille mais déterminée qui a envahi ce matin la Chaîne Est du restaurant universitaire de Lomé. Dès 7 h 30, des centaines d’étudiants faisaient déjà la queue, dossiers sous le bras, pour profiter de la campagne spéciale d’établissement accéléré de Cartes Nationales d’Identité (CNI) lancée par la Direction générale de la documentation nationale (DGDN).

Ainsi, jusqu’au samedi 6 décembre inclus, les étudiants de l’Université de Lomé peuvent obtenir leur CNI en un temps record : 48 heures seulement entre le dépôt du dossier et le retrait de la précieuse carte biométrique. Un délai jamais vu pour ce type de démarche, d’autant plus que l’administration cherche à rattraper un certain retard accumulé dans les délivrances.

CNI : un kit simple, un prix inchangé et un débit optimisé

 

Les pièces demandées restent classiques, mais adaptées au public étudiant. En effet, pour déposer son dossier, il faut se munir de :

  • Original + photocopie du certificat de naissance
  • Original du certificat de nationalité (ou duplicata pour la nouvelle version).
  • Carte d’étudiant ou attestation du baccalauréat comme preuve de profession
  • Certificat de groupe sanguin
  • 5 000 FCFA réglés sur place

Des agents de la DGDN, par ailleurs renforcés par des étudiants volontaires, guident les files, vérifient les dossiers et procèdent aux prises d’empreintes et photos en moins de dix minutes par personne. « On traite déjà plus de 400 étudiants par heure », se félicite un superviseur de la DGDN présent sur le site.

 

Objectif : 100 % d’étudiants identifiés avant les vacances

 

L’opération répond à une urgence bien réelle. C’est pourquoi des milliers d’étudiants togolais, notamment les primo-entrants, n’ont toujours pas de CNI, ce qui leur complique l’accès aux bourses, aux examens ou même aux stages. « Sans carte, tu n’es personne ici », résume Aïcha, étudiante en L2 de droit, qui a patienté depuis 6 h du matin. Ce témoignage illustre parfaitement la nécessité de cette initiative.

CNI : prolongation à la Foire de Lomé dès le 8 décembre

 

Bonne nouvelle pour ceux qui n’étudient pas à l’UL : la même opération foraine sera reconduite à partir du lundi 8 décembre sur le site du CETEF-Togo 2000, en plein cœur de la 20ᵉ Foire internationale de Lomé. De plus, cette phase sera cette fois ouverte à toute la population, sans condition d’âge ou de statut.

Avec ces deux offensives successives, la DGDN espère rattraper une partie du retard et franchir la barre symbolique des 70 % de Togolais détenteurs d’une CNI biométrique d’ici la fin 2026.

Sur le campus, l’ambiance est à la satisfaction. Entre deux selfies devant le stand Police, les étudiants et agents échangent déjà la même phrase : « Enfin, on respire ! »

 

Le voyage démentiel de deux gambiens : 3 500 Km sur des bidons

Deux jeunes Gambiens ont tenté l’impensable : traverser l’océan jusqu’en Espagne, soit près de 3 500 kilomètres, en s’accrochant à de simples bidons en guise de flotteurs. Ce périple, aussi fou que tragique, est plus qu’un geste désespéré. Il révèle la détresse d’une jeunesse prête à tout risquer pour fuir le manque d’opportunités en Afrique dans l’espoir d’un avenir meilleur.

Deux jeunes Gambiens ont rejoint l’Espagne en parcourant près de 3 500 km d’océan avec de simples bidons comme flotteurs.
© Deux jeunes Gambiens ont rejoint l’Espagne en parcourant près de 3 500 km d’océan avec de simples bidons comme flotteurs.

Quand la détresse devient plus forte que la peur

 

Sans embarcation solide, et surtout sans gilet de sauvetage, ces jeunes Gambiens ont affronté les vagues de l’Atlantique avec pour seule arme leur détermination. Leur périple aurait pu tourner au drame. Il révèle la gravité d’une réalité trop souvent ignorée : l’absence de perspectives pousse certains à choisir la mort plutôt que l’immobilisme.

Ce trajet est l’un des plus dangereux corridors migratoires vers l’Europe, où chaque vague peut s’avérer fatale. Par conséquent, cet événement n’est pas un signe d’audace, mais bien comme un cri de désespoir.

Derrière ce geste se cache une vérité brutale : l’Europe est devenue l’ultime horizon pour une jeunesse africaine qui ne trouve plus sa place sur son propre continent. En effet, pour beaucoup, l’Occident est la promesse d’un travail, d’une dignité et d’une vie nouvelle. Mais ce rêve se paie au prix fort : la traversée clandestine, les dangers de la mer, et parfois la mort.  Ainsi l’espoir d’une dignité et d’une vie nouvelle se transforme en pari mortel. De plus, chaque tentative rappelle l’urgence d’une réflexion collective sur les causes profondes de cette migration.

L’acte désespéré des Gambiens, un appel à la responsabilité des gouvernants

 

Respect à leur courage, mais que ce périple serve d’électrochoc à nos dirigeants. En effet, la véritable question n’est pas de savoir pourquoi ces jeunes partent, mais pourquoi ils ne trouvent pas d’avenir chez eux. L’Afrique doit bâtir des opportunités, investir dans sa jeunesse, et offrir des raisons d’espérer sans avoir à fuir.

Cette histoire n’est pas un fait divers isolé, mais le symbole d’une génération en quête de survie. Elle interpelle les consciences, secoue les dirigeants et rappelle que derrière chaque traversée se cache une vie, un rêve, une détresse.

Ce n’est pas une histoire d’audace, mais une histoire de détresse.