Kano : un nouvel incendie ravage le marché Fatima Simra

Kano (Nigeria), 20 février 2026 – La ville commerciale de Kano, dans le nord du Nigeria, est de nouveau le théâtre d’un violent incendie. Ce vendredi matin, un brasier a ravagé une partie du marché Fatima Simra Multi-Purpose situé dans le quartier de Dakata, détruisant au moins une cinquantaine de boutiques et plongeant de nombreux commerçants dans l’incertitude.

Cet événement survient à peine une semaine après un sinistre encore plus dévastateur qui avait consumé une grande partie du Singer Market, l’un des plus importants centres de commerce de la ville. L’écho de ces deux incendies successifs suscite une profonde inquiétude au-delà des frontières nigérianes.

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Une ville marchande à vif

Les flammes ont pris tôt ce vendredi vers 5 h 40, surprenant des dizaines d’artisans et petits commerçants spécialisés dans la production d’huile végétale, le recyclage de plastique ou de nylon, ainsi que d’autres activités génératrices de revenus. Les témoignages recueillis indiquent que le feu s’est propagé avec une rapidité inquiétante, alimenté par des matériaux hautement inflammables.

« Dès que les flammes ont commencé, c’était trop tard pour intervenir, le feu avançait plus vite que nous », confie Dauda Haruna Chula, président du comité de lutte contre l’incendie du marché, qui a confirmé la destruction d’au moins cinquante boutiques.

Les sapeurs-pompiers de l’État de Kano se sont mobilisés pour maîtriser l’incendie, mais au moment où nous écrivons ces lignes, les causes exactes de l’incident et l’ampleur totale des pertes matérielles restent encore inconnues.

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Après Singer Market, un nouveau coup dur

Ce nouvel incendie s’ajoute à un panorama déjà sombre : il y a quelques jours, un brasier a ravagé le Singer Market, détruisant plus de 1 000 boutiques et affectant des milliers de commerçants dont les activités sont essentielles à l’économie locale.

Ce marché, reconnu comme l’un des principaux hubs de marchandises de la région nord-ouest nigériane, a vu ses pertes estimées à plusieurs milliards de nairas, entraînant une onde de choc dans les chaînes d’approvisionnement vers d’autres États et pays voisins.

Après ce premier sinistre, les autorités ont promis des mesures d’aide financière et logistique : ainsi le gouvernement fédéral nigérian et plusieurs gouverneurs ont débloqué près de 8 milliards de nairas (soit plusieurs millions de francs CFA) pour venir en aide aux victimes et relancer les activités commerciales.

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Crainte et appel à la prévention

Les commerçants, déjà marqués par le premier incendie, vivent dans l’angoisse d’un nouveau coup dur. « Nous avons perdu nos outils de travail, notre capital et nos biens personnels », confie un vendeur présent sur les lieux, qui préfère rester anonyme. « Comment relancer nos activités dans ces conditions ? »

Outre les pertes matérielles, ces brûlures successives soulèvent des questions sur la sécurité des infrastructures commerciales, l’accès des pompiers aux zones densément bâties et la prévention des risques dans des marchés où l’activité humaine et les matériaux combustibles s’entremêlent dangereusement.

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Des pistes d’enquête et des répercussions régionales

Les autorités locales n’ont pas encore déterminé l’origine exacte des flammes, mais elles ont annoncé qu’elles mèneront une enquête approfondie dès qu’elles auront entièrement sécurisé les lieux. Dans le passé, des courts-circuits, le mauvais stockage de carburants et l’absence de dispositifs de sécurité incendie ont souvent provoqué des sinistres similaires à Kano et dans d’autres grandes villes commerçantes d’Afrique de l’Ouest.

Pour les acteurs économiques du Togo et de la sous-région, ces événements rappellent la vulnérabilité des chaînes de valeur informelles liées aux grands marchés transfrontaliers. Le bon fonctionnement des échanges passe aussi par des normes de sécurité rigoureuses, une meilleure planification urbaine et des services d’urgence mieux équipés.

 

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Un brasier symbolique

Au-delà des pertes immédiates, ces deux incendies successifs font apparaître une autre urgence : la nécessité de repenser la sécurité dans les centres commerciaux populaires, véritables poumons économiques de milliers de foyers.

Si Kano est un moteur du commerce dans le nord du Nigeria et un point de convergence de nombreux produits vers le Togo, le Niger ou le Burkina Faso, les incendies à répétition pourraient avoir un effet domino, affectant la circulation des marchandises, les revenus des familles et même la confiance des investisseurs régionaux.

Alors que la ville tente de tourner la page de ces tragédies, la communauté commerçante et les autorités locales sont confrontées à une double équation : reconstruire et prévenir.

Gabon: suspension des réseaux sociaux

Depuis le 17 février 2026, le Gabon vit au rythme d’un silence inhabituel : celui des réseaux sociaux. La Haute Autorité de la Communication du Gabon (HAC) a annoncé la suspension immédiate de plusieurs plateformes numériques sur l’ensemble du territoire national, et ce, jusqu’à nouvel ordre.

Sont concernés des services largement utilisés comme WhatsApp, TikTok, Messenger ou Instagram. Une décision rare, aux conséquences multiples, qui soulève des interrogations bien au-delà des frontières gabonaises.

Une mesure justifiée par la « stabilité nationale »

Dans un communiqué officiel, le porte-parole de l’institution, Jean Claude Franck Mendome, a expliqué que le régulateur a constaté une diffusion répétée de contenus jugés inappropriés, diffamatoires ou incitant à la haine. Selon la HAC, ces publications pourraient porter atteinte à la stabilité des institutions et à la sécurité nationale.

En choisissant de suspendre purement et simplement l’accès aux réseaux sociaux, l’autorité de régulation opte pour une réponse radicale. L’objectif affiché est de préserver l’ordre public. Mais cette décision ouvre un débat sur l’équilibre entre sécurité et liberté d’expression.

Un pays en pause numérique

Au Gabon, les réseaux sociaux ne sont pas seulement des espaces d’échange informel. Ils sont devenus des outils centraux de communication, de commerce et d’information.

Pour de nombreux jeunes entrepreneurs, commerçants ou créateurs de contenu, ces plateformes représentent une source directe de revenus. Leur interruption soudaine pourrait fragiliser des activités déjà sensibles aux fluctuations économiques.

Dans un contexte africain où la transformation numérique progresse rapidement, la coupure des réseaux sociaux équivaut à un frein brutal. Les petites entreprises qui utilisent WhatsApp pour vendre, Instagram pour promouvoir leurs produits ou Messenger pour dialoguer avec leurs clients se retrouvent, du jour au lendemain, sans canal de communication.

Un signal pour la région ?

Au Togo comme dans d’autres pays d’Afrique de l’Ouest, cette décision est observée avec attention. Les réseaux sociaux jouent un rôle croissant dans le débat public et dans la participation citoyenne.

La suspension décidée par la HAC pose une question plus large : comment réguler les contenus problématiques sans bloquer l’ensemble des plateformes ? La réponse varie selon les contextes politiques et juridiques, mais l’enjeu reste le même : préserver la cohésion nationale tout en garantissant les droits numériques.

Entre sécurité et liberté

La mesure gabonaise rappelle que l’espace numérique est devenu un terrain stratégique. Les États cherchent à encadrer les usages, tandis que les citoyens revendiquent un accès libre à l’information.

À Libreville comme ailleurs, le silence numérique actuel pourrait laisser des traces durables. Si la suspension vise à calmer les tensions, elle pourrait aussi alimenter les débats sur la gouvernance d’Internet et la place des libertés publiques à l’ère digitale.

Reste une incertitude majeure : combien de temps durera cette interruption ? En attendant, le Gabon expérimente une réalité inhabituelle : un quotidien sans réseaux sociaux, dans un monde où ils sont devenus presque indispensables.

Kaduna : ex-gouverneur, El-Rufai face à la justice fédérale

L’ancien gouverneur de Kaduna rattrapé par des aveux télévisés qui secouent Abuja

Au Nigéria, la scène politique est de nouveau sous tension. L’ancien gouverneur de l’État de Kaduna,  Mallam Nasir El-Rufai, se retrouve au cœur d’une procédure judiciaire qui pourrait redessiner les lignes de fracture au sommet de l’appareil sécuritaire fédéral.

Le 13 février 2026, lors d’un entretien diffusé sur la chaîne privée Arise TV, l’ex-dirigeant aurait admis avoir joué un rôle dans l’interception non autorisée des communications du Conseiller national à la sécurité, Nuhu Ribadu. Des déclarations qui ont aussitôt déclenché une riposte judiciaire.

Tribunal fédéral du Nigeria
© Tribunal fédéral du Nigeria

Trois chefs d’accusation lourds de conséquences

Saisie du dossier, la Haute Cour fédérale examine trois infractions distinctes retenues par le parquet :

  • la reconnaissance publique d’une interception illégale de communications ;
  • la non-dénonciation présumée des auteurs impliqués ;
  • l’utilisation d’équipements susceptibles de compromettre la sécurité nationale.

Ces charges s’appuient sur la Loi amendée sur la cybercriminalité de 2024 ainsi que sur la Loi nigériane sur les communications de 2003. Deux textes qui encadrent strictement l’usage des technologies de surveillance et la protection des infrastructures numériques stratégiques.

Au-delà du cas individuel, l’enjeu dépasse la personne d’El-Rufai. C’est la solidité des mécanismes de protection des communications gouvernementales qui est désormais questionnée.

Tribunal fédéral du Nigeria
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Une affaire aux résonances politiques

Ancienne figure influente du paysage politique nigérian, El-Rufai n’est pas un acteur marginal. Son passage à la tête de Kaduna a été marqué par des réformes controversées et une posture souvent clivante. Aujourd’hui, cette affaire pourrait fragiliser davantage le climat politique déjà traversé par des rivalités internes.

À Abuja, certains observateurs y voient une bataille d’influence entre cercles sécuritaires. D’autres soulignent également que cette procédure pourrait devenir un test grandeur nature de l’indépendance judiciaire face aux élites politiques.

La sécurité numérique au cœur du débat

Dans un contexte régional marqué par la montée des cybermenaces et des campagnes de désinformation, la protection des communications stratégiques est devenue un enjeu central pour les États ouest-africains.

Si les faits reprochés sont établis, ils mettraient en lumière des failles graves dans le dispositif de sécurisation des échanges au plus haut niveau de l’État nigérian. À l’inverse, si la défense parvient à contester les accusations, l’affaire pourrait se transformer en affrontement politique aux répercussions durables.

Finalement, une chose est certaine : cette procédure, ouverte le 16 février 2026, dépasse le simple cadre judiciaire. Elle pose aussi une question fondamentale : celle de la confiance dans les institutions et dans la capacité de l’État à protéger ses propres communications.

Gezani dévaste Madagascar : une île sous le choc et en état d’urgence

Antananarivo, 12 février 2026 — Parfois, il suffit de quelques heures pour réduire un pays à l’état d’urgence. Le cyclone tropical Gezani, qui a frappé l’île de Madagascar en début de semaine, s’est imposé dès sa formation comme une tempête d’une violence exceptionnelle pour la saison cyclonique 2025-2026. Moins d’une semaine après son entrée dans l’océan Indien, il a contraint les autorités à décréter un état de sinistre national, marquant une étape rarement atteinte en temps de paix.

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De l’océan à l’élévation : la naissance d’un monstre

La trajectoire de Gezani était surveillée depuis les premiers stades de son développement en mer — un phénomène météorologique courant entre novembre et mars dans le bassin sud-ouest de l’océan Indien. Toutefois, sa rapide intensification a surpris les observateurs. Le cyclone a atteint la côte est de Madagascar, frappant de plein fouet la ville portuaire de Toamasina dans la soirée du 10 février 2026, avec des rafales dépassant parfois 250 km/h et des pluies diluviennes.

Ce passage brutal a rappelé, dans sa violence, certains des cyclones les plus sévères de l’histoire du pays, même si son impact final ne rivalise pas encore avec les records humains des grandes tempêtes du passé — comme le cyclone Gafilo qui avait fait plusieurs centaines de morts en 2004.

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Le cyclone Gezani

Un bilan humain et matériel lourd

Les autorités malgaches, en coordination avec le Bureau national de gestion des risques et des catastrophes (BNGRC), ont publié des bilans actualisés au fil des heures : elles comptent au moins 36 morts, plusieurs dizaines de blessés et des milliers de personnes privées de toit.

Dans certaines zones de Toamasina, les images aériennes diffusées montrent des quartiers où près de 80 % des bâtiments ont été endommagés ou détruits, des routes impraticables et des infrastructures essentielles hors d’usage.

Les autorités portent désormais le nombre de sinistrés à plus de 250 000, répartis entre zones urbaines et rurales. Au-delà des chiffres, elles soulignent qu’une part importante du tissu social et économique se trouve frappée de plein fouet.

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État de sinistre national : une réponse à l’ampleur des dégâts

Face à cette tragédie, le gouvernement malgache a réuni son conseil des ministres pour décréter l’état de sinistre national, une mesure qui facilite l’accès à une aide d’urgence et la mobilisation de ressources exceptionnelles pour les opérations de secours.

Cette décision illustre l’ampleur des dégâts et des besoins : pas seulement des maisons effondrées, mais aussi des cultures détruites, des voies de communication coupées et des communautés isolées. La reprise et la reconstruction s’annoncent longues et coûteuses.

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Un autre cyclone peu avant, un contexte déjà fragile

Madagascar n’était pas sortie indemne de la précédente perturbation climato-météorologique. Moins de deux semaines avant Gezani, un autre système baptisé Fytia avait déjà traversé l’île, causant aussi pertes humaines et déplacements massifs de population.

La succession de ces tempêtes met en lumière la vulnérabilité structurelle de l’île aux phénomènes cycloniques, exacerbée par des facteurs climatiques mondiaux tels que l’élévation des températures océaniques. Ce contexte rend d’autant plus crucial le soutien humanitaire international, appelé par les autorités malgaches, pour répondre non seulement à l’urgence mais aussi à la prévention future.

Daouda Soukpafolo rachète UNIWAX, géant du wax ivoirien

Une page importante s’écrit dans l’histoire industrielle de la Côte d’Ivoire et, plus largement, de l’Afrique de l’Ouest. Dans une transaction stratégique passée sous silence médiatique, la Compagnie Ivoirienne de Coton S.A. (COIC), dirigée par l’homme d’affaires ivoirien Koné Daouda Soukpafolo, a acquis la participation majoritaire dans UNIWAX S.A., l’un des derniers « fleurons » du textile régional.

 

Un retour à l’ancrage local d’un géant textile

Créé à la fin des années 1960, UNIWAX est l’un des rares fabricants industriels de pagne wax encore en activité en Afrique de l’Ouest, avec une usine historique située dans la zone industrielle de Yopougon à Abidjan. L’entreprise, longtemps associée au groupe néerlandais Vlisco, est également cotée à la BRVM (Bourse Régionale des Valeurs Mobilières).

L’accord, conclu ce 11 février 2026, marque ainsi le retour de la marque sous contrôle ivoirien, et s’inscrit dans une logique de création de valeur locale, de résilience industrielle et de développement stratégique.

 

Contexte financier : redressement avant le rachat

Ce rachat intervient après plusieurs années de difficultés financières pour UNIWAX, qui avait affiché des pertes significatives jusque-là. Toutefois, en 2025, l’entreprise a renoué avec la rentabilité : au troisième trimestre, le chiffre d’affaires avait progressé de 13 % par rapport à l’année précédente, et le groupe avait enregistré un bénéfice net d’environ 8,1 milliards de FCFA.

Cette amélioration s’est accompagnée d’une forte réaction des marchés : entre janvier et novembre 2025, l’action Uniwax à la BRVM a augmenté de plus de 267 %, traduisant un regain de confiance des investisseurs dans la capacité du groupe à se redresser.

Selon d’autres bilans récents, la société avait réussi à transformer ses pertes des exercices précédents et à afficher un bénéfice net au premier semestre 2025, même si certains résultats positifs provenaient de cessions d’actifs.

 

Modalités et accompagnement : continuité opérationnelle

Toutefois, les autorités n’ont pas rendu publiques les modalités financières exactes du rachat et elles doivent encore approuver le processus sur le plan réglementaire, mais les sources proches du dossier signalent que la direction d’Uniwax ainsi que le groupe Vlisco continueront à accompagner la marque pour assurer sa stabilité opérationnelle dans les mois à venir.

Pour la COIC, l’intégration d’Uniwax s’inscrit dans une stratégie industrielle intégrée : en rapprochant la fabrication de pagnes de la transformation locale du coton, l’objectif est de créer des synergies industrielles fortes et d’insuffler de nouvelles capacités d’investissement.

 

Un homme d’affaires influent à la manœuvre

Surnommé le « Roi du coton » ivoirien, Koné Daouda Soukpafolo est l’un des entrepreneurs les plus en vue du pays. Son groupe s’est d’abord construit autour de la filière cotonnière avant de s’étendre à l’agro-industrie, au transport et aux services financiers.

Selon les classements économiques, sa fortune est estimée à près de 92 milliards de FCFA (≈165 millions USD) ; ce qui le place parmi les 10 plus grandes fortunes de Côte d’Ivoire.

 

Vers une industrie textile africaine plus intégrée ?

Au-delà de l’importance de UNIWAX pour l’économie ivoirienne, ce rachat fait écho à des initiatives plus larges d’industrialisation du continent, encouragées par plusieurs États ouest-africains. L’opération pourrait ainsi devenir un cas d’école de montée en puissance de capitaux locaux dans une industrie longtemps marquée par la concurrence étrangère.

Pour les acteurs économiques, le défi reste de renforcer la compétitivité du textile africain face aux importations asiatiques à bas coût, tout en préservant l’authenticité et la valeur culturelle des produits locaux.

Conakry : panique à Kaloum après des tirs près de la Maison centrale

Une vive tension a secoué, ce mardi matin, le centre administratif de Conakry. Aux premières heures de la journée, des coups de feu nourris ont été entendus près de la Maison centrale de Coronthie, la principale prison de la capitale guinéenne, plongeant le quartier stratégique de Kaloum — où se trouvent la présidence, les ministères et institutions — dans une atmosphère d’incertitude et de peur.

 

Des détonations en plein cœur de la capitale

Ce 10 février 2026, aux environs de 9 heures locales, des témoins ont rapporté des tirs à l’arme automatique, mais les autorités n’ont pas confirmé leur provenance exacte. Selon ces observateurs, les salves ont duré une trentaine de minutes avant de se dissiper. De nombreux riverains ont décrit des scènes de panique, tandis que des habitants se réfugiaient à l’abri et que la circulation connaissait de fortes perturbations.

Un résident a déclaré qu’il avait entendu des coups de feu « soutenus et rapides », puis vu des véhicules militaires se déployer autour du périmètre de la prison.

 

Kaloum bouclé, sécurité renforcée

Rapidement, les autorités ont déployé un important dispositif sécuritaire. Des éléments de la police, des forces spéciales et de la gendarmerie ont quadrillé les abords de la Maison centrale et bloqué plusieurs axes d’accès à Kaloum. Des véhicules blindés ont stationné devant l’établissement pénitentiaire, tandis que des forces armées contrôlaient l’entrée du pont 8-Novembre, principale voie d’accès au quartier.

Peu avant 11 h, la circulation a commencé à être partiellement rétablie, mais la zone reste sous haute surveillance.

 

Rumeurs et silence officiel

Dans les heures qui ont suivi les tirs, les spéculations ont circulé sur les réseaux sociaux et auprès de certains médias, certains évoquant une possible tentative d’évasion ou d’extraction de détenus de la Maison centrale. Parmi les noms mentionnés figure celui d’Aboubacar Sidiki Diakité, dit « Toumba », condamné pour crimes contre l’humanité dans le cadre du procès du massacre du 28 septembre 2009 à Conakry, affaire qui reste l’une des plus sensibles de l’histoire récente du pays.

Pour l’heure, le gouvernement guinéen, le ministère de la Sécurité et l’administration pénitentiaire n’ont publié aucune déclaration officielle pour clarifier les causes des tirs, établir un bilan ou infirmer les rumeurs d’une tentative d’évasion.

 

Une situation encore confuse

Alors que l’activité dans le quartier de Kaloum demeure perturbée, les autorités n’ont pas encore apporté d’éclairage sur l’origine des détonations. Le silence officiel contraste avec le déploiement spectaculaire des forces de sécurité, laissant place à de nombreuses interrogations.

Les populations et les observateurs attendent donc une communication claire des autorités, afin de savoir si l’incident est le fait d’une opération interne, d’un acte criminel ou d’un autre phénomène encore indéterminé.

Le Rwanda poursuit Londres pour rupture de contrat financier

Le divorce est désormais consommé entre le Rwanda et le Royaume-Uni. Après l’abandon politique du projet d’expulsion de migrants par le gouvernement de Keir Starmer, l’affaire se déplace sur le terrain judiciaire. Kigali a annoncé l’ouverture de poursuites contre Londres pour récupérer les fonds non versés d’un accord jugé « mort et enterré » par les Britanniques.

C’est un bras de fer financier qui s’engage. En effet, les autorités rwandaises ont officiellement saisi un tribunal arbitral pour réclamer le versement du solde de l’accord migratoire signé en 2022. Sur les 290 millions de livres sterling (environ 340 millions d’euros) prévus initialement, Londres a déjà versé 240 millions. Mais Kigali exige aujourd’hui les 50 millions restants, estimant que les discussions diplomatiques sont dans l’impasse.

 

Un projet « mort et enterré »

Pour le Premier ministre britannique Keir Starmer, arrivé au pouvoir avec la promesse de mettre fin à ce qu’il qualifie de « gadget coûteux », ce sujet n’est plus d’actualité. En effet, le locataire du 10 Downing Street rappelle que la Cour suprême britannique avait déjà porté un coup fatal au projet en 2023, le jugeant illégal au regard du droit international.

Côté britannique, on invoque la protection de l’argent des contribuables pour justifier l’arrêt des paiements. Mais pour le gouvernement de Paul Kagame, l’annulation unilatérale du contrat ne dispense pas Londres de ses engagements financiers contractuels.

 

Des relations sous haute tension

Ce contentieux financier ne révèle que la face émergée d’une dégradation plus profonde des relations bilatérales. Au-delà de la question migratoire, Londres a récemment durci le ton en réduisant son aide au développement vers Kigali.

En cause : le soutien présumé du Rwanda à la rébellion du M23 dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Ce mélange de griefs sécuritaires et de litiges financiers plonge le partenariat entre les deux pays dans une crise sans précédent, dont l’issue se jouera désormais devant des arbitres internationaux.

Ghana : 22 Togolais arrêtés pour orpaillage illégal (Galamsey)

Vingt-deux Togolais ont été interpellés dans le nord du Ghana pour exploitation minière illégale. Cette arrestation illustre la complexité d’un fléau qui empoisonne les relations de voisinage et dévaste les écosystèmes locaux.

 

La traque continue. Dans la région de Savannah, au nord du Ghana, la police a porté un nouveau coup dans la lutte contre le « galamsey », ce fléau de l’orpaillage illégal qui ronge le pays. Cette fois, ce sont vingt-deux ressortissants togolais qui ont été pris dans les filets des autorités ghanéennes.

 

Une traque sans frontières

Ces interpellations ne sont pas le fruit du hasard. Depuis plusieurs mois, Accra a durci le ton. Sous la pression de l’opinion publique et des organisations écologistes, le gouvernement ghanéen multiplie les raids musclés pour protéger ses cours d’eau, empoisonnés au mercure, et ses forêts classées.

L’implication de citoyens togolais souligne la dimension transfrontalière de ce business lucratif mais destructeur. Pour de nombreux jeunes de la sous-région, les sites miniers ghanéens agissent comme des aimants, malgré les risques judiciaires et les conditions de travail périlleuses.

Un enjeu de sécurité nationale

Pour Accra, le galamsey n’est plus seulement une catastrophe environnementale ou un manque à gagner fiscal. C’est une menace à la sécurité nationale. En effet, les autorités soupçonnent ces sites illégaux de servir de bases arrière à divers trafics, voire de zones de recrutement pour des réseaux criminels opérant entre le Togo, le Burkina Faso et le Ghana.

« Nous ne ferons aucune distinction de nationalité. Quiconque détruit nos terres répondra de ses actes devant la justice », martèlent régulièrement les responsables de la sécurité ghanéenne.

 

Vers une crispation diplomatique ?

Si Lomé n’a pas encore officiellement réagi à ces interpellations, ce dossier pourrait s’inviter à l’agenda des discussions bilatérales. La gestion des flux migratoires liés à l’orpaillage est un défi commun. Pour le Togo, le défi est double : dissuader ses ressortissants de s’engager dans ces activités illégales à l’étranger, tout en évitant que ces réseaux ne s’installent durablement sur son propre sol, où l’activité minière est également sous haute surveillance.

En attendant, les tribunaux ghanéens s’apprêtent à juger les vingt-deux suspects, alors qu’Accra cherche à faire des exemples pour décourager les candidats à l’orpaillage sauvage.

Afrique : l’AWIEF muscle son conseil consultatif

Entrepreneuriat féminin en Afrique : l’AWIEF muscle sa gouvernance avec un nouveau conseil consultatif

LE CAP (Afrique du Sud), 26 janvier 2026 Le Forum africain de l’innovation et de l’entrepreneuriat féminin (AWIEF) a annoncé lundi la création d’un conseil consultatif de haut niveau, marquant une étape stratégique pour l’organisation panafricaine dans sa mission de soutien à l’autonomisation économique des femmes.

En effet, ce nouveau comité réunit des personnalités internationales issues des secteurs du sport, des médias, de l’édition et du développement institutionnel. Sa mission sera d’orienter la croissance à long terme de l’AWIEF, notamment par le renforcement de la gouvernance et l’expansion des programmes de soutien aux entrepreneurs sur tout le continent.

À cet effet, « la mise en place de ce conseil marque une étape importante dans notre évolution », a souligné Irène Ochem, fondatrice et PDG de l’AWIEF. « L’expérience collective et la vision de ces membres seront précieuses pour consolider nos fondements et étendre notre impact au sein de l’écosystème entrepreneurial africain. »

 

Un casting de poids

Par ailleurs, parmi les personnalités nommées figurent :

  • Fatma Samoura, ancienne secrétaire générale de la FIFA et figure influente de l’égalité des sexes.
  • Nicolas Pompigne-Mognard, fondateur et président d’APO Group, expert en communication panafricaine.
  • Awa Ndiaye-Seck, ex-représentante spéciale de l’ONU Femmes auprès de l’Union africaine.
  • Dalia Ibrahim, PDG de la maison d’édition égyptienne Nahdet Misr et spécialiste de l’économie créative.

Au-delà de l’événementiel

Toutefois, si l’AWIEF est principalement connue pour son sommet annuel et ses remises de prix, cette nouvelle structure vise à pérenniser l’action de l’organisation. Le conseil se concentrera aussi sur la recherche, l’influence politique et le développement de partenariats stratégiques pour répondre aux défis structurels rencontrés par les femmes d’affaires en Afrique.

Basée au Cap, l’AWIEF s’est imposée ces dernières années comme l’une des principales plateformes de dialogue entre investisseurs, décideurs politiques et innovatrices pour catalyser la croissance inclusive sur le continent.

Enfin, l’initiative intervient dans un contexte où l’entrepreneuriat féminin en Afrique affiche l’un des taux les plus élevés au monde, tout en restant confronté à un déficit de financement accru à plus de 42 milliards de dollars par la Banque africaine de développement (BAD).

Tanzanie : pavillon présidentiel construit en 75 jours

En seulement 75 jours, le pavillon présidentiel de l’aéroport international Julius Nyerere à Dar es Salaam est sorti de terre, établissant un record national pour la construction d’un bâtiment public de cette envergure. Une prouesse réalisée par la China Railway Jianchang Engineering Company.

 

Tanzanie, 21 janvier 2026 –Le vice-président tanzanien, Son Excellence Emmanuel Nchimbi, a inauguré hier, mardi, le pavillon présidentiel de l’aéroport international Julius Nyerere à Dar es Salaam. Ce bâtiment VIP, destiné à accueillir les chefs d’État et dignitaires internationaux, illustre la capacité de la Tanzanie à réaliser rapidement des infrastructures publiques de haut niveau.

 

Une construction rapide qui établit un record national

La China Railway Jianchang Engineering Company (CRJE) a construit le pavillon en seulement 75 jours, un délai inédit pour un projet de cette envergure dans le pays. En effet, cette prouesse reflète l’efficacité et la coordination exceptionnelles des équipes sur le chantier, qui ont respecté à la fois les standards internationaux et les contraintes locales.

Cette rapidité de réalisation démontre que la Tanzanie peut moderniser ses infrastructures publiques sans sacrifier la qualité. Elle constitue un atout stratégique pour le pays, notamment dans le cadre de ses efforts visant à attirer des investisseurs et des partenaires internationaux.

Vice présidence Tanzanie
© Vice présidence Tanzanie

Des installations modernes pour un usage stratégique

Le pavillon présidentiel comprend des espaces sécurisés et confortables, conformes aux standards internationaux pour accueillir dignitaires et chefs d’État. Les autorités tanzaniennes présentent ce projet comme une démonstration de leur capacité à gérer des infrastructures complexes avec efficacité et transparence.

La collaboration avec la China Railway Jianchang Engineering Company souligne l’importance des partenariats internationaux dans le développement de la Tanzanie. Grâce à cette coopération, le pays accélère ses projets stratégiques et affirme sa volonté de se positionner comme un hub régional moderne et attractif.

 

Pourquoi ce projet fait date

En plus de sa rapidité de construction, le pavillon présidentiel renforce l’image de l’aéroport Julius Nyerere comme une plateforme internationale moderne, tout en consolidant les capacités du pays à gérer des infrastructures critiques. Cette réussite sert également d’exemple pour d’autres projets publics et privés, démontrant que le délai n’est pas un obstacle à la qualité et à la sécurité.

En seulement 75 jours, le pavillon présidentiel de Dar es Salaam illustre une combinaison réussie de vitesse, qualité et coopération internationale. Ce projet symbolise non seulement la modernisation des infrastructures tanzaniennes, mais aussi la capacité du pays à réaliser des ouvrages d’envergure rapidement, ce qui représente un atout majeur pour son développement économique et sa position régionale.

Éthiopie : Le pari historique de la monnaie « Made in Addis »

Addis-Abeba, 20 janvier 2026 – Lors d’une déclaration faite à l’occasion du Finance Forward Ethiopia 2026, qui marque un tournant historique pour la Corne de l’Afrique, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a annoncé une mesure radicale pour l’indépendance financière du pays : l’Éthiopie va désormais produire sa propre monnaie localement. Cette décision met fin à des décennies de dépendance vis-à-vis de prestataires étrangers, notamment le géant britannique De La Rue, qui assurait jusqu’ici l’impression des billets de banque nationaux.

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Un acte de souveraineté économique

Pour le gouvernement éthiopien, l’enjeu dépasse la simple logistique industrielle. Cette transition vers une production nationale est avant tout un geste de souveraineté économique. En rapatriant l’impression de sa monnaie, l’Éthiopie entend reprendre un contrôle total sur l’un des symboles les plus régaliens de l’État.

Jusqu’à présent, comme de nombreuses nations africaines, Addis-Abeba devait sous-traiter la fabrication de sa monnaie à des imprimeries de haute sécurité en Europe. Ce processus, bien que courant, exposait le pays à plusieurs vulnérabilités. Le Premier ministre a ainsi souligné que cette relocalisation permettra de réduire les coûts substantiels de production et de transport, tout en éliminant les risques logistiques et géopolitiques liés à l’impression à l’étranger.

Ethiopian Investment Holdings (EIH)
© Ethiopian Investment Holdings (EIH)

L’EIH au cœur de la stratégie 2030

Cette annonce s’inscrit dans une vision macroéconomique plus large portée par Ethiopian Investment Holdings (EIH), le fonds souverain du pays. Créée en 2021, la société EIH supervisera ce projet et gérera les investissements nationaux. Le développement d’infrastructures capables de produire des billets de banque répond à une ambition claire : diversifier l’économie et renforcer les institutions financières nationales.

Le gouvernement a fixé un cap ambitieux pour les années à venir : porter la contribution de l’EIH à 20 % du Produit Intérieur Brut (PIB) d’ici 2030. En investissant dans des secteurs stratégiques et technologiques, comme la monétique de haute sécurité, le pays espère à la fois économiser des devises étrangères et stimuler l’innovation locale.

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Un symbole pour le continent ?

L’Éthiopie, pays au passé millénaire et siège de l’Union africaine, envoie ici un signal fort à l’ensemble du continent. Alors que le débat sur l’autonomie monétaire et la réduction de l’influence des anciennes puissances coloniales est plus vif que jamais, la décision d’Abiy Ahmed pourrait inspirer d’autres capitales africaines.

Si le défi technique est immense — l’impression de billets nécessitant des technologies de pointe pour contrer la contrefaçon —, l’Éthiopie semble prête à franchir ce cap pour asseoir définitivement son rôle de puissance émergente en Afrique de l’Est.

Meurtre de Maëlys à Kinshasa : Le danger des réseaux sociaux

Dans une société où le paraître et l’argent rapide sont érigés en valeurs cardinales, que reste-t-il de la sacralité de la vie ? Aujourd’hui, mardi 13 janvier 2026, Kinshasa se réveille avec un goût de cendre. Ce fait divers tragique, qui secoue la capitale de la République Démocratique du Congo, n’est pas qu’une simple chronique judiciaire ; c’est le miroir déformant d’une jeunesse en quête de repères, piégée entre la précarité réelle et les promesses illusoires des réseaux sociaux.

 

Une nuit qui bascule dans l’horreur

Le nom de Maëlys Ngoy Ejimba, 20 ans, vient s’ajouter à la liste déjà trop longue des victimes de la violence aveugle. Selon les témoignages qui inondent la toile, tout commence par une rencontre fortuite sur les réseaux. Un homme, dont l’identité reste à ce jour un mystère, aborde la jeune femme et lui propose un rendez vous . Appâtée par l’offre, Maëlys accepte de le suivre dans un hôtel à Lemba, où l’individu avait réglé plusieurs jours de séjour.

Quelques heures plus tard, l’homme quitte la chambre seul, prétextant une course urgente. Il ne reviendra jamais. Alerté par ce départ suspect et l’absence de mouvement, le personnel de l’hôtel finit par forcer la porte. À l’intérieur, la découverte est glaçante : le corps sans vie de Maëlys repose sur le lit, victime de multiples coups de couteau et d’une gorge tranchée.

 

Le téléphone, témoin muet d’un piège mortel

La police, dépêchée sur les lieux, a immédiatement saisi le téléphone de la victime. Les enquêteurs y ont découvert des échanges numériques retraçant les détails de la rencontre fatale. Ces éléments constituent désormais le fil d’Ariane susceptible de conduire à l’assassin. Une enquête pour homicide volontaire a été officiellement ouverte, et les autorités s’activent également pour identifier et interpeller le suspect en fuite.

 

Un cri d’alarme pour la société congolaise

Ce drame suscite une vive émotion et une colère sourde sur les réseaux. Au‑delà de l’horreur, il relance également le débat sur les dangers des réseaux sociaux, devenus des terrains de chasse pour prédateurs de tout type. Il met aussi en lumière la montée inquiétante des violences faites aux jeunes femmes, souvent ciblées parce que vulnérables ou isolées.

Plus profondément, cet événement tragique interpelle sur l’éducation des enfants. Sommes‑nous en train de perdre le sens de la prudence et de l’effort au profit d’un matérialisme destructeur ? Maëlys avait toute la vie devant elle. Son destin brisé rappelle que derrière l’écran d’un smartphone ou la promesse de quelques billets peut se cacher l’ombre d’un bourreau. La justice doit désormais s’exprimer, mais la société, elle, doit impérativement se remettre en question.

Nigeria : la créatrice TikTok Rita Special retrouvée morte à Emohua

La communauté nigériane est sous le choc : la créatrice de contenus TikTok Rita Special a été retrouvée morte dans la localité d’Emohua, dans l’État de Rivers. Les circonstances de son décès restent floues, mais l’affaire suscite une vive émotion sur les réseaux sociaux et relance le débat sur la sécurité des jeunes femmes dans le pays.

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Une découverte tragique

Dans le calme apparent d’un hôtel d’Emohua, localité de l’État de Rivers, le personnel a fait une découverte macabre : Rita Special gisait sans vie, bien loin des projecteurs et du glamour de ses vidéos TikTok. Dès l’annonce de son décès, l’émotion a rapidement cédé la place à une sourde colère sur la toile. Car au-delà de la perte, ce sont les circonstances entourant la découverte de son corps qui glacent le sang.

Sur place, les langues commencent à se délier. Selon plusieurs témoignages relayés en ligne, la jeune femme aurait accepté un rendez-vous privé avec un homme contre une somme d’environ 80 000 nairas (soit près de 100 euros). Ce qui ne devait être qu’une rencontre discrète aurait alors basculé dans l’horreur.

Icône de la « Gen Z » nigériane, Rita Special avait réussi à transformer son quotidien en un spectacle suivi par des milliers d’abonnés. Mais ce 10 janvier 2026, le rideau est tombé de la plus terrible des manières, laissant derrière lui une communauté sous le choc et des questions encore sans réponses.

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Des rumeurs inquiétantes

Des sources locales signalent des actes violents et accusent même les auteurs d’avoir tenté de dissimuler le corps. Certaines allégations évoquent des mutilations et un enterrement clandestin dans une fosse peu profonde, citant la complicité présumée d’un agent de sécurité que les responsables auraient soudoyé. Toutefois, les autorités n’ont pas encore confirmé ces éléments.

Cependant, la police nigériane a déclaré l’ouverture d’une enquête mais n’a pas encore communiqué de détails précis sur les circonstances du décès. Les autorités appellent à la prudence face aux rumeurs qui circulent sur les réseaux sociaux. Pour l’heure, la police a confirmé une arrestation, et les enquêteurs poursuivent leurs investigations afin de faire toute la lumière sur cette affaire.

 

Réactions et émotion en ligne

Sur TikTok, Facebook et X (ancien Twitter), des milliers d’internautes ont exprimé leur tristesse et leur colère. Beaucoup dénoncent les dangers liés aux rencontres privées et appellent à une meilleure protection des jeunes femmes face aux violences. L’affaire Rita Special est devenue un symbole des risques encourus par les créateurs de contenus et plus largement par les jeunes dans un contexte d’insécurité croissante.

 

Un débat relancé sur la sécurité

Au-delà de l’émotion, cette tragédie soulève également des questions plus larges :

  • La vulnérabilité des influenceurs qui, en quête de revenus, peuvent être exposés à des propositions risquées.
  • La responsabilité des plateformes sociales, accusées de ne pas protéger suffisamment leurs utilisateurs.
  • La nécessité d’un cadre légal renforcé pour prévenir les violences et garantir la sécurité des femmes au Nigeria.

En somme, la mort de Rita Special reste entourée de zones d’ombre. Entre rumeurs et faits avérés, l’enquête devra déterminer les responsabilités et établir la vérité. En attendant, l’affaire continue de bouleverser l’opinion publique et de rappeler l’urgence de renforcer la sécurité des jeunes femmes dans le pays.

États-Unis : Arrestation de l’ancien ministre ghanéen des Finances Ken Ofori-Atta

L’ancien ministre des Finances du Ghana, Ken Ofori-Atta, a été arrêté le 6 janvier 2026 aux États-Unis par les services de l’immigration (ICE). En fuite depuis février 2025, il est désormais détenu au Caroline Detention Facility, dans le cadre d’une procédure liée à son statut migratoire.

 

Une arrestation qui fait grand bruit

Les autorités de l’immigration  ont interpellé l’ancien responsable dans un quartier résidentiel alors qu’il quittait son domicile.

ICE affirme avoir mené l’opération discrètement et avoir surpris l’homme à proximité d’un restaurant de la chaîne KFC. Les agents l’ont placé en détention en attendant les suites judiciaires.

Cette arrestation marque un tournant dans une affaire suivie de près par les observateurs, compte tenu du profil politique de Ken Ofori-Atta et de son rôle majeur dans la gestion économique du Ghana au cours des dernières années.

 

Un dossier migratoire sensible

Les avocats de Ken Ofori-Atta ont confirmé son arrestation dans un communiqué signé par Justice Kusi-Minkah Premo Esq. Ils précisent également  que leur client avait voyagé aux États-Unis pour des soins médicaux et qu’une demande de régularisation de statut (petition for adjustment of status) était en cours.

Le 10 janvier, l’ambassade du Ghana à Washington a révélé que l’ancien ministre avait refusé de rencontrer les diplomates ghanéens sans la présence de ses avocats, signe de la complexité juridique de l’affaire. Par ailleurs, ses conseils assurent d’être en contact avec ICE pour tenter de résoudre rapidement la situation.

 

Contexte politique et judiciaire

Au Ghana, Ken Ofori-Atta est une figure controversée. Ancien ministre des Finances, il fait l’objet de plusieurs enquêtes pour corruption, et les autorités ghanéennes l’ont déclaré fugitif en 2025. Son arrestation aux États-Unis pourrait donc avoir des répercussions diplomatiques entre Accra et Washington, tout en relançant le débat sur la lutte contre la corruption au Ghana.

 

Une affaire à suivre.

Au-delà du volet migratoire, cette arrestation marque un tournant pour un homme qui fut au cœur de la gestion économique du Ghana pendant plusieurs années. Les prochaines étapes dépendront des procédures judiciaires américaines et des éventuelles demandes d’extradition formulées par le Ghana.

Pour l’heure, Ken Ofori-Atta reste détenu par ICE, symbole d’une chute spectaculaire pour celui qui incarnait autrefois la stabilité financière du pays.

Sommet LEES 2026 : La Libye vise 2 millions de barils par jour

Le secteur énergétique libyen entre dans une nouvelle ère significative.Alors que le pays s’apprête à accueillir le Sommet Libyen sur l’Energie et l’Economie Summit (LEES) 2026, les majors mondiales comme TotalEnergies, Eni et ConocoPhillips réaffirment leur présence massive. L’enjeu est colossal : propulser la production nationale à 2 millions de barils par jour et stabiliser durablement l’économie du pays.

La Libye n’est plus seulement une promesse : elle redevient l’épicentre des convoitises et des investissements en Afrique du Nord. En effet, l’annonce de la participation au plus haut niveau de géants mondiaux au prochain sommet LEES 2026 marque la fin d’une ère d’incertitude et le début d’une phase de croissance agressive en amont.

 

L’expertise locale et internationale au cœur de la stratégie

Le succès de cette relance repose sur un équilibre subtil entre forces locales et technologies étrangères. Assail Drilling Company, acteur national de premier plan, portera fièrement les couleurs libyennes en tant que sponsor « Diamond Plus ». Son rôle est vital : au-delà du forage technique sur les principaux gisements, l’entreprise investit massivement dans la formation de la main-d’œuvre locale et le respect des normes de sécurité internationales.

Mais c’est l’alignement des « majors » qui confère au pays sa stature de hub énergétique mondial. TotalEnergies, ConocoPhillips, Repsol, OMV et Eni ne se contentent pas de participer : ils déploient des capitaux se chiffrant en milliards d’euros, donnant à Tripoli une nouvelle crédibilité sur la scène internationale.

 

Des découvertes majeures et des records de production

L’année 2025 a déjà posé les jalons de cette réussite. La société autrichienne OMV a annoncé une découverte majeure dans le bassin de Syrte, avec des débits dépassant les 4 200 barils par jour. Parallèlement, l’espagnol Repsol a réussi l’exploit de faire franchir au champ d’El Sharara la barre des 300 000 barils par jour, une performance inédite depuis 2019.

Ces chiffres ne sont pas que des records techniques : ils traduisent également une dynamique nouvelle, porteuse d’emplois et de revenus pour une population en quête de stabilité.

 

Gaz et énergies vertes : une mutation profonde

Si le pétrole reste le roi, le sommet de 2026 mettra l’accent sur une diversification nécessaire. L’italien Eni fait figure de pionnier avec son projet offshore « Structures A&E » de 8 milliards de dollars. Ce chantier pharaonique vise non seulement à produire du gaz pour l’exportation et la consommation locale d’ici fin 2026, mais intègre également des technologies de captage et de stockage du carbone.

De son côté, TotalEnergies joue la carte de la « stratégie multi-énergies ». Tout en optimisant la production sur les concessions de Waha, la compagnie française explore des capacités solaires à grande échelle près de Misrata. Cette approche hybride répond aussi à un double impératif : augmenter les revenus de l’État tout en entamant la décarbonation du secteur.

 

Un cadre d’investissement renégocié

Pour sécuriser ces investissements de long terme, des discussions de haut niveau sont en cours entre la Compagnie Nationale de Pétrole (NOC) et des partenaires comme ConocoPhillips. L’objectif est d’établir des conditions fiscales compétitives afin de débloquer des projets d’envergure tels que Nord Gialo 6J.

Le message envoyé au monde depuis Tripoli est clair : la Libye est ouverte aux affaires, technologiquement prête et alignée sur les standards mondiaux. Le LEES 2026 sera également le théâtre où se signera l’avenir énergétique de la région.

 

Plus qu’un sommet : un nouveau départ

Au-delà des chiffres de production et des milliards d’investissements, le succès du LEES 2026 marquera avant tout le grand retour de la Libye sur l’échiquier diplomatique et économique mondial. En transformant son sous-sol en un laboratoire d’innovation mêlant hydrocarbures et énergies propres, le pays ne se contente plus de suivre la marche du monde : il s’apprête à redevenir le moteur énergétique d’une Afrique du Nord en pleine mutation.

Le rendez-vous de Tripoli n’est pas qu’un sommet, c’est le signal d’un nouveau départ — pour l’économie, pour la diplomatie, et pour une population qui aspire à voir les richesses nationales se traduire en prospérité partagée.

Guillaume Soro : « GPS n’est pas interdit, accélérez le maillage du terrain ! »

Contre toute attente, l’ancien Premier ministre Guillaume Soro a repris la parole ce mercredi 7 janvier 2026. Par une déclaration officielle, le leader de Générations et Peuples Solidaires (GPS) dément formellement toute mise en veille de son mouvement. Loin de la retraite politique, il ordonne au contraire un maillage systématique du territoire ivoirien, déclarant ses partisans en ordre de bataille sous le signe de la « citoyenneté responsable » et de la paix.

 

Le démenti d’une interdiction de façade

C’est une mise au point qui sonne comme un nouveau départ. Face aux rumeurs persistantes suggérant une suspension des activités de son mouvement, Guillaume Soro a tenu à rétablir la vérité. « Il m’est revenu que nous aurions interdit les activités de notre mouvement, ce qui est sur ne peut plus inexact », a-t-il affirmé d’entrée de jeu.

Pour les observateurs de la vie politique ivoirienne, cette déclaration marque une volonté claire d’occuper à nouveau l’espace public, malgré les contraintes juridiques et l’exil. En appelant ses troupes à l’action, Soro transforme la rumeur d’une faiblesse en une démonstration de réalité organisationnelle.

Une stratégie de « maillage » territorial et social

L’ordre de mission donné aux cadres de GPS est précis : accélérer l’implantation du mouvement sur toute l’étendue du territoire national. Mais attention, le ton se veut apaisé. Le Président de GPS insiste sur le « strict respect des lois de la République » et sur la promotion du « vivre-ensemble ».

La nouvelle stratégie de GPS repose aussi sur trois piliers majeurs :

  1. Le renforcement structurel : Les cadres doivent animer les coordinations locales et régionales pour assurer une remontée d’informations fluide vers les instances nationales.
  2. L’action sociale et religieuse : Le mouvement mise sur le « soft power » en encourageant des initiatives citoyennes et de sensibilisation à la paix.
  3. La formation des relais : L’accent est mis sur l’encadrement des militants pour éviter tout dérapage.

Un message de retenue pour éviter les tensions

Conscient du climat politique sensible en Côte d’Ivoire, Guillaume Soro a martelé un message de « responsabilité » et de « fraternité ». Il a exhorté ses militants à refuser systématiquement toute forme de violence, de provocation ou de discours de division. Dans cette optique, GPS se présente non pas comme une force de confrontation, mais comme une « force de paix et d’harmonie ».

En invitant ses partisans à porter un message de réconciliation, l’ancien chef de l’Assemblée nationale cherche à rassurer les populations et les institutions. GPS entend ainsi jouer un rôle dans la stabilité de la Côte d’Ivoire et, par extension, de la sous-région ouest-africaine.

 

Le GPS, acteur clé de la stabilité régionale ?

Au-delà des frontières ivoiriennes, Guillaume Soro positionne son mouvement comme un garant de la fraternité au sein de l’espace CEDEAO. En orientant son engagement vers la consolidation du lien social, il tente ainsi de transformer l’image d’un mouvement d’opposition radicale en celle d’une force citoyenne indispensable à la préservation de la paix civile.

En somme, cette sortie, signée Guillaume Kigbafori Soro, repose les jalons d’une présence politique active pour l’année 2026. Pour les militants de GPS, le message est clair : l’heure n’est plus à l’attentisme, mais à l’occupation constructive du terrain.

Tragédie sur l’axe Lagos-Ibadan : Anthony Joshua a survécu à un accident mortel

 Nigeria, le 29 décembre 2025 Le monde du sport est sous le choc. Anthony Joshua, l’ancien double champion du monde unifié des poids lourds, a frôlé le pire ce lundi matin. Alors qu’il voyageait sur l’autoroute Lagos-Ibadan, l’une des artères les plus fréquentées du Nigeria, son véhicule a été impliqué dans une collision d’une violence rare, faisant deux victimes tragiques.

 

 Anthony Joshua: une collision brutale en plein trajet familial

L’accident s’est produit alors que la star de la boxe quittait la métropole de Lagos pour rejoindre sa maison familiale. Selon les informations rapportées par les autorités, Anthony Joshua occupait la banquette arrière d’un SUV de marque Lexus. À bord du véhicule se retrouvent cinq hommes au total.

Le drame s’est de nouveau produit lorsque le conducteur de la Lexus a perdu le contrôle lors d’une manœuvre de dépassement, venant percuter de plein fouet un camion stationné sur le bas-côté de la route. L’impact a été fatal pour deux passagers du véhicule. Par miracle, le boxeur s’en sort avec des blessures légères, tandis que les deux autres occupants ont été secourus indemnes.

 

L’excès de vitesse pointé du doigt par les autorités

Le Corps fédéral de la sécurité routière du Nigeria (FRSC) a rapidement dépêché des équipes sur place, intervenant seulement trois minutes après le signalement du crash. Les premières constatations des enquêteurs sont sans appel : la vitesse excessive serait la cause principale du drame.

Les images diffusées par les services de sécurité montrent un véhicule lourdement endommagé, témoignant de la force du choc. Cet incident relance le débat sur la dangerosité de cet axe routier particulièrement animé et sur la nécessité de respecter les limitations de vitesse, même pour les convois de personnalités.

 

 Anthony Joshua  : une famille entre soulagement et deuil

Pour les proches d’Anthony Joshua, la nouvelle a été un véritable séisme. Malgré le soulagement de savoir le champion hors de danger, l’heure est au recueillement. « Au-delà de nos vœux de guérison pour le champion, notre priorité va au souvenir des disparus et au soutien de leurs familles endeuillées. Que leurs âmes reposent en paix.», a ajouté cette source proche.

Alors que le boxeur entame sa convalescence, cette épreuve rappelle la fragilité de la vie, même pour ceux que l’on croit invincibles sur un ring. Une enquête approfondie est toujours en cours pour déterminer les responsabilités exactes de ce drame qui endeuille le sport mondial.

N’Dali : Le sauvetage miraculeux d’un bébé jeté dans une fosse

Bénin, le 29 décembre 2025L’émotion est encore vive à Mareborou, un quartier de la commune de N’Dali. Ce qui aurait pu être l’une des tragédies les plus sombres de la région s’est transformé en un véritable miracle grâce à la vigilance d’un homme et à la solidarité d’un village. Un nouveau-né, abandonné dans des toilettes, a été arraché à une mort certaine.

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L’alerte : le cri de l’innocence

Tout commence par un bruit inhabituel. Le propriétaire des lieux, qui n’est autre que le chef coutumier de Mareborou, perçoit des pleurs étouffés provenant de ses latrines. En s’approchant, l’horreur laisse place à l’urgence : un nourrisson se trouve au fond de la fosse.

L’autorité coutumière, gardienne des valeurs de la communauté, réagit avec une rapidité exemplaire. Il alerte immédiatement le chef du village, déclenchant une onde de choc qui traverse la localité en quelques minutes.

 

N’Dali : une mobilisation citoyenne héroïque

Face à l’urgence, la population de Mareboro ne reste pas spectatrice. Une véritable chaîne de solidarité s’organise autour des toilettes. Malgré les conditions difficiles et l’environnement périlleux, les villageois réussissent, au prix d’efforts acharnés, à extraire l’enfant de son piège mortel.

Ce sauvetage héroïque témoigne de la force des liens communautaires au Bénin : là où l’indifférence aurait pu régner, c’est l’humanité qui a triomphé. L’équipe médicale a immédiatement pris en charge le nouveau-né, encore fragile mais vivant.

 

L’espoir à l’hôpital Saint-Jean-de-Dieu de Boko

Conduit en urgence absolue vers l’hôpital Saint-Jean-de-Dieu de Boko, le petit rescapé est désormais entre les mains expertes du personnel médical. Selon les dernières informations, son état de santé fait l’objet d’une surveillance constante. Chaque heure qui passe renforce l’espoir de voir ce « bébé miracle » survivre à cette épreuve traumatisante.

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N’Dali : une enquête pour comprendre l’inexcusable

Au-delà du soulagement, l’indignation gagne les esprits. Cet acte barbare soulève des questions douloureuses sur la détresse sociale ou la perte de repères qui peuvent conduire à un tel abandon. Comment une vie naissante a-t-elle pu être exposée à un tel danger ?

Finalement , la justice s’est saisie du dossier. Une enquête officielle est en cours pour identifier la personne à l’origine de cet abandon et faire toute la lumière sur les circonstances de ce drame. Ce fait divers, qui a tenu en haleine tout N’Dali, rappelle l’impérieuse nécessité de protéger les plus vulnérables et de renforcer le dialogue autour de la maternité et de la protection de l’enfance.

Maroc : la CGEM présente son modèle de réussite aux médias africains

Casablanca, le 26 décembre 2025 En pleine effervescence de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN Maroc 2025), le Maroc ne se contente pas de briller sur les pelouses. En effet, le jeudi 25 décembre, la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) a ouvert les portes de son siège casablancais à une importante délégation de journalistes africains, invités par l’Association nationale des médias et des éditeurs (ANME). Cette rencontre stratégique a permis de dévoiler les rouages ​​d’une institution qui s’impose comme le véritable moteur de la croissance chérifienne.

 

La CGEM : la voix du secteur privé au cœur du pouvoir

Fondée en 1947, la CGEM représente aujourd’hui un géant de plus de 90 000 membres. Si son influence est immense, sa base est profondément inclusive : 95 % de ses adhérents sont des très petites et moyennes entreprises (TPME).

L’institution ne se contente pas de conseiller ; elle agit. Véritable interlocuteur des pouvoirs publics, la CGEM occupe depuis 2015 une place unique au monde pour un patronat : elle dispose aussi d’un Groupe parlementaire de huit sièges à la Chambre des Conseillers. Par ailleurs, cette présence au cœur de l’hémicycle lui permet de défendre directement les réformes nécessaires au développement de l’entrepreneuriat et à l’innovation numérique.

 CGEM
© CGEM

Le Maroc, hub de l’innovation et de l’industrie grâce à la CGEM

Lors des échanges, M. Karim Tazi , Président de la Commission Innovation, Recherche et Développement, a souligné l’ambition du Royaume : faire du Maroc un pôle financier et industriel incontournable.

« Nous créons les conditions pour faciliter l’environnement des affaires, particulièrement dans les secteurs de pointe comme l’aéronautique, l’automobile et l’industrie », a-t-il précisé.

Malgré l’absence de certains classements internationaux traditionnels, la CGEM impose ses propres normes de performance pour attirer les investissements étrangers et stimuler la compétitivité locale.

 

Cap sur l’Afrique : le leadership par la coopération

L’autre grand pilier de la CGEM est sa projection continentale. Ali Zerouali, vice-président de la Commission Afrique, a rappelé que la Confédération pilote une diplomatie économique offensive. D’ailleurs, en 2025, plus de 30 délégations d’entreprises africaines ont été reçues à Casablanca, témoignant d’une volonté de bâtir une prospérité partagée.

La CGEM s’impose ainsi comme l’un des architectes majeurs de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Après le succès du récent Forum des affaires à Marrakech, l’organisation réaffirme sa mission : transformer les liens sportifs de la CAN en partenariats économiques durables entre le Maroc et le reste du continent.

En somme , cette rencontre avec la presse africaine souligne une réalité évidente : derrière le succès des infrastructures sportives marocaines se cache un secteur privé structuré, audacieux et résolument tourné vers l’avenir du continent africain.

CEDEAO : le Sénégal prend les rênes de la Commission pour restaurer l’unité

Abuja, 15 décembre 2025 – Les chefs d’État ouest-africains, réunis dimanche à Abuja pour la 68ᵉ session ordinaire de la Conférence de la CEDEAO, ont porté un choix historique : le Sénégal dirigera la Commission de l’organisation de 2026 à 2030. Dakar proposera ainsi le successeur du Gambien Omar Alieu Touray, dont le mandat, marqué par des avancées économiques mais plombé par des crises profondes, touche à sa fin.

 

La reconnaissance du leadership sénégalais

 

Cette désignation, une première pour le Sénégal, couronne des mois de négociations discrètes et affirme le poids croissant de Dakar dans l’espace communautaire. Le président Bassirou Diomaye Faye, qui a pris part aux travaux avec une implication notable, a immédiatement réagi : il exprime sa gratitude envers ses homologues pour cette marque de confiance, qui oblige le Sénégal à redoubler d’efforts pour une CEDEAO renforcée, plus intégrée et résolument orientée vers la paix et le développement des peuples ouest-africains.

La diplomatie sénégalaise célèbre ce succès comme la reconnaissance du rôle pivot joué par le pays fondateur de l’organisation. Ce choix a mis en exergue le leadership du président Faye et consacre la fiabilité du Sénégal en matière d’intégration régionale et de gouvernance collective, dans une sous-région confrontée à des vents contraires.

Un héritage contrasté face au défi de l’AES

 

Le bilan d’Omar Alieu Touray reste contrasté : des progrès notables sur le plan économique et commercial contrastent avec une période tumultueuse. En effet, celle-ci a été rythmée par une insécurité galopante, une vague de putschs et, surtout, le retrait coordonné du Mali, du Burkina Faso et du Niger, qui ont fondé l’Alliance des États du Sahel (AES). Ces départs ont fragilisé l’organisation, réduite à 12 membres, et notamment sa capacité à imposer son autorité face aux changements anticonstitutionnels.

 

Un chantier immense pour le Sénégal : unité, dialogue et sécurité

 

Le futur président sénégalais héritera d’un chantier immense : premièrement, restaurer l’unité communautaire ; deuxièmement, relancer le dialogue avec les pays dissidents de l’AES ; et enfin, renforcer la lutte contre le terrorisme et accélérer l’intégration économique.

Dakar réaffirme son engagement total pour consolider l’institution et promouvoir la prospérité et la stabilité dans l’espace CEDEAO. Cette nomination propulse le Sénégal au premier plan régional et offre à Bassirou Diomaye Faye une tribune influente pour imprimer sa vision d’une Afrique de l’Ouest souveraine et solidaire. Un défi exaltant pour un président jeune, dont l’ascension rapide continue de marquer les esprits.

En somme, le Sénégal de Bassirou Diomaye Faye a désormais la lourde responsabilité de prouver que la CEDEAO, malgré ses failles, reste l’institution vitale capable de se réinventer. La réussite de Dakar sera la réussite de la résilience communautaire face à la désunion. Pour le futur président de la Commission, la tâche est claire : faire de la restauration du dialogue avec l’AES la première pierre d’un mandat qui doit impérativement réconcilier l’Ouest africain avec l’idée même de solidarité régionale.

 

Le drame de Peller : alerte sur la santé mentale des jeunes Africains à l’ère des réseaux

Le 14 décembre 2025, le TikToker nigérian Peller (Habeeb Hamzat) a choqué des millions de followers en crashant sa Mercedes-Benz neuve (valeur estimée à plus de 100 millions de nairas) lors d’un live. En pleurs, au téléphone avec son ex-petite amie Jarvis suite à une dispute amoureuse, il a menacé de se suicider avant de percuter violemment une barrière sur la Lekki-Epe Expressway à Lagos. Secouru et hospitalisé, il s’en est sorti avec des blessures. Toutefois, cet incident spectaculaire met en lumière une crise bien plus profonde et silencieuse.

 

Le drame de Peller : une crise sanitaire aux proportions alarmantes

 

Au Nigeria et en Afrique subsaharienne, les jeunes font face à une explosion des troubles mentaux. Les statistiques sont alarmantes : la dépression touche jusqu’à 30-37 % des adolescents, l’anxiété généralisée est courante, et les idées suicidaires concernent 8 à 10 % d’entre eux, selon des études récentes (OMS, études locales 2025). Le Nigeria porte le plus lourd fardeau de dépression en Afrique. Pourtant, la réponse est terriblement insuffisante : le pays ne compte qu’environ 150 psychiatres pour 200 millions d’habitants. De plus, un stigmate culturel persistant empêche l’accès aux soins, obligeant les personnes en souffrance à se taire.

 

Le piège des réseaux : la pression de la « Naira Culture »

 

Les réseaux sociaux n’arrangent rien ; bien au contraire, ils sont un puissant catalyseur de cette détresse. Ils imposent une pression constante pour afficher une vie « parfaite » – souvent synonyme d’opulence et de succès matériel, un phénomène appelé la « Naira Culture » au Nigeria. Les comparaisons toxiques, le cyberharcèlement et l’exposition publique des relations intimes sont monnaie courante.

Chez les influenceurs comme Peller et Jarvis, dont les vies sont scrutées 24 heures sur 24, cette visibilité est dévastatrice. Une simple rupture sentimentale se transforme en spectacle mondial. L’acte de Peller, mis en scène en direct devant des milliers d’yeux, transforme un cri de douleur privé en un contenu viral, amplifiant ainsi la détresse par la recherche d’une validation ou d’une attention extrême.

 

Agir sans attendre : Briser le silence

 

Il est urgent d’agir. En premier lieu, il est impératif de briser le tabou autour de la santé mentale. Ensuite, l’État doit investir massivement dans la formation de plus de professionnels et l’intégration des soins de santé mentale dans les soins primaires. Par ailleurs, compte tenu du contexte socio-culturel, les dirigeants communautaires, religieux (églises et mosquées) et traditionnels doivent être sensibilisés et formés pour servir de premiers points de contact et de soutien.

Les jeunes Africains méritent mieux que de transformer leur souffrance en contenu viral – ils méritent écoute, soutien et espoir réel. Parler, c’est déjà guérir.

CEDEAO: le Liberia obtient le Centre régional jeunesse‑sports

Abuja (Nigeria), 11 décembre 2025 – En pleine session du Conseil des ministres de la CEDEAO, le Liberia et l’organisation ouest-africaine ont franchi ce jeudi une étape symbolique et pratique : la signature officielle de l’accord de siège du Centre de Développement de la Jeunesse et des Sports de la CEDEAO (CDJS/CEDEAO), qui sera basé à Monrovia.

Liberia -CEDEAO : accord de siège et statut international

 

La cérémonie, qui s’est déroulée dans la capitale nigériane, en présence de plusieurs ministres des Affaires étrangères de la région, a réuni la ministre libérienne des Affaires étrangères, Sara Beysolow Nyanti, et le président de la Commission de la CEDEAO, Dr Omar Alieu Touray.

Le document consacre juridiquement l’installation du Centre sur le territoire libérien et lui accorde le statut classique des organisations internationales : immunités diplomatiques, extraterritorialité des locaux, exonérations fiscales et douanières, ainsi que la protection des agents et des biens de l’institution.

Ce futur centre régional aura pour mission de coordonner les politiques sportives et les programmes de formation des jeunes dans les quinze pays membres, avec un accent particulier sur l’insertion professionnelle, l’éducation par le sport et la prévention de la délinquance juvénile.

Le Liberia signe un accord historique avec la CEDEAO pour héberger le Centre régional de Développement Jeunesse et Sports (CDJS) à Monrovia.
© Le Liberia signe un accord historique avec la CEDEAO pour héberger le Centre régional de Développement Jeunesse et Sports (CDJS) à Monrovia.
Le Liberia signe un accord historique avec la CEDEAO pour héberger le Centre régional de Développement Jeunesse et Sports (CDJS) à Monrovia.
© Le Liberia signe un accord historique avec la CEDEAO pour héberger le Centre régional de Développement Jeunesse et Sports (CDJS) à Monrovia.

 Un geste fort de reconnaissance historique du Liberia

 

À l’issue de la signature, la ministre Sara Beysolow Nyanti a tenu à remettre deux distinctions honorifiques particulièrement émouvantes :

Premièrement, au nom du peuple et du gouvernement libériens, elle a décerné une haute distinction à la CEDEAO en tant qu’institution pour son rôle décisif dans la fin des guerres civiles (1989-2003) et la consolidation de la paix.

Ensuite, la ministre libérienne des Affaires étrangères a remis une seconde distinction au ministre béninois des Affaires étrangères, Olusegun Adjadi Bakari (qui assure la présidence tournante du Conseil des ministres), au nom de l’ensemble des États membres, pour leur soutien constant à la reconstruction démocratique du Liberia.

« Sans l’intervention déterminante de la CEDEAO et de ses États membres, notamment à travers l’ECOMOG puis l’ECOMIL, le Liberia ne serait peut-être pas debout aujourd’hui », a déclaré la cheffe de la diplomatie libérienne, visiblement émue, sous les applaudissements nourris de la salle.

 

 Un symbole face à la crise institutionnelle

 

Le choix du Liberia pour accueillir ce centre dédié à la jeunesse n’est pas anodin : ancien pays en crise profonde, il incarne aujourd’hui la réussite des interventions régionales de maintien de la paix et de relèvement post-conflit portées par la CEDEAO depuis plus de trente ans.

Les travaux de construction du siège du CDJS, financés par la Commission de la CEDEAO et plusieurs partenaires, devraient débuter au premier semestre 2026 dans la banlieue de Monrovia. Le centre ambitionne de devenir, à terme, un pôle d’excellence sportif et éducatif pour toute l’Afrique de l’Ouest.

Toutefois, cette signature intervient alors que la CEDEAO traverse une crise institutionnelle sans précédent avec le retrait annoncé du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Par conséquent, le geste du Liberia, pays fondateur de l’organisation en 1975, apparaît aussi comme un rappel opportun de l’utilité historique et de la légitimité de l’institution régionale aux yeux de nombreux États membres.

Ouattara prête serment pour un nouveau quinquennat

Abidjan, 8 décembre 2025 – Sous un ciel clair et une brise océanique légère, le Palais présidentiel du Plateau, cœur historique d’Abidjan, a vibré d’une solennité protocolaire impeccable. À 83 ans, Alassane Ouattara, réélu triomphalement le 25 octobre dernier, a prêté serment pour un quatrième mandat à la tête de la Côte d’Ivoire. En effet, devant un parterre de chefs d’État africains, de dignitaires internationaux et de milliers de citoyens rassemblés, ce rituel constitutionnel a scellé l’entrée dans un nouveau quinquennat, marqué par des engagements renouvelés envers la stabilité et le développement. Chronologie détaillée d’une journée qui, au-delà des formalités, interroge l’avenir d’une nation en pleine mutation économique et politique.

 

Le processus électoral : une victoire confirmée dans un contexte tendu

 

L’ascension d’Alassane Ouattara vers ce nouveau quinquennat, qualifié de « quatrième mandat » par ses détracteurs, s’ancre dans un scrutin présidentiel tenu le 25 octobre 2025. L’opposition, largement réprimée, avait appelé à un boycott massif, ce qui a maintenu le taux de participation à un faible 50,10 %. Le chef de l’État sortant a ainsi récolté 89,77 % des suffrages exprimés, une domination entérinée le 4 novembre par le Conseil constitutionnel, malgré la contestation.

Ce scrutin a été marqué par de lourdes controverses. L’opposition a dénoncé non seulement des irrégularités, mais aussi l’exclusion de candidats clés, comme l’ancien président Laurent Gbagbo et Tidiane Tiam. Plus grave, les semaines précédant le vote ont été émaillées de manifestations et d’un boycott actif, entraînant l’emprisonnement de plusieurs leaders et militants de l’opposition. Bien que les observateurs internationaux – notamment l’Union africaine (UA) et la CEDEAO – aient salué un processus globalement pacifique, la répression des voix dissidentes alimente les accusations de « dérive autoritaire » et interroge sérieusement la maturité démocratique post-crise de la Côte d’Ivoire.

 

Cérémonie d’investiture d’Alassane Ouattara : Solennité et faste diplomatique 

 

La journée a débuté aux premières heures par un renforcement sécuritaire massif autour du Palais présidentiel, avec des barrages routiers et des hélicoptères survolant le skyline abidjanais. À 10 h précises (GMT), la cérémonie s’est ouverte dans la grande salle des actes du palais. Devant les neuf juges du Conseil constitutionnel, Alassane Ouattara, vêtu d’un costume sombre impeccable, a posé la main gauche sur la Constitution de 2016 et levé la droite pour prononcer le serment solennel :

« Devant le peuple souverain de Côte d’Ivoire, je jure solennellement et sur l’honneur de respecter et de défendre fidèlement la Constitution, d’incarner l’unité nationale et de remplir consciencieusement les devoirs de ma charge dans l’intérêt supérieur de la Nation, » a-t-il déclaré.

Par ailleurs, le Conseil constitutionnel a fait suivre ce rituel de la remise du Grand Collier de l’Ordre National, distinction suprême.

 

Une constellation de leaders africains

 

L’événement a réuni une constellation de figures continentales et mondiales, transformant l’investiture en un sommet informel sur la gouvernance ouest-africaine. Au total, une dizaine de présidents ont convergé vers Abidjan, dont Bassirou Diomaye Faye (Sénégal), Ismaïl Omar Guelleh (Djibouti), Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville), ainsi que Brice Clotaire Oligui Nguema (Gabon), Umaro Sissoco Embaló (Guinée-Bissau) et John Dramani Mahama (Ghana), l’ancien Président Issoufou Mahamadou, président de la Fondation FIM. Le vice-président nigérian Kashim Shettima et le président de la Commission de la CEDEAO, Omar Touray, étaient également présents, soulignant l’importance régionale.

Sur le plan international, la présence de Jacob Helberg, secrétaire d’État américain aux Affaires économiques, a marqué un temps fort. Représentant l’administration Trump, il a symbolisé l’engagement des États-Unis pour une « prospérité économique via les technologies clés et la sécurité partagée ». Des émissaires de l’Union européenne, de la Chine et du Japon ont complété ce tableau diplomatique. Pendant ce temps, les abords du palais ont aussi accueilli des milliers de supporters du RHDP, avec des chants traditionnels et des danses qui ont rythmé l’arrivée des invités, diffusées sur des écrans géants dans les quartiers populaires.

 

Discours et vision du quinquennat

 

Immédiatement après le serment, Alassane Ouattara s’est adressé à la nation lors d’un discours d’une quarantaine de minutes, retransmis en direct par la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (RTI) et les chaînes privées. Prenant un ton humble et visionnaire, il a d’abord exprimé « sa profonde gratitude envers les électeurs », qualifiant ce choix de « victoire de la démocratie, de la paix et de la stabilité ».

Les axes majeurs de son intervention ont dessiné les contours d’un mandat placé sous le signe de  » l’audace, de l’innovation et de la transmission générationnelle. » Ouattara a insisté sur la nécessité de consolider les acquis précédents : modernisation des infrastructures, réforme économique (visant à diversifier les revenus au-delà du cacao, qui représente 40 % des exportations), et amélioration du cadre de vie (promettant l’accès à l’eau potable pour 90 % de la population d’ici 2030). Il a également promis une accélération des réformes sociales, avec un focus crucial sur l’emploi des jeunes, une catégorie qui représente 60 % de la population.

 

Les prochaines actions d’Alassane Ouattara : transmission, Sécurité et Avenir

 

Le passage le plus poignant a été consacré à la « transmission générationnelle », qualifiée d’acte de responsabilité et de maturité politique ». Le président a annoncé la formation d’une « élite intègre, compétente et attachée à l’intérêt général », via des programmes de mentorat et de leadership, dissipant par là les spéculations sur une retraite imminente. « Ce mandat est celui de préparer l’avenir, en élevant une génération prête à porter la Côte d’Ivoire émergente, » a-t-il martelé.

Sur le plan sécuritaire, face aux menaces jihadistes aux frontières nord et aux tensions ethniques résiduelles, Ouattara s’est engagé à renforcer la cohésion nationale : « Je resterai le président de tous les Ivoiriens, sans distinction, au service exclusif de l’intérêt général ». Il a appelé à l’unité face aux défis régionaux, évoquant la coopération avec la CEDEAO pour contrer l’instabilité sahélienne.

En conclusion, il a lancé un appel vibrant : « Rien n’est impossible pour un peuple uni. Avec humilité et sens du devoir, nous forgerons une Côte d’Ivoire stable et ambitieuse. » Ce discours a été perçu comme un « nouveau pacte avec la nation », selon le Premier ministre sortant, Robert Beugré Mambé.

 

Un mandat sous tension : la contestation au regard des 6 % de croissance

 

Ce quatrième mandat s’inscrit dans une Côte d’Ivoire qui a connu une trajectoire économique remarquable depuis 2011. Sous Alassane Ouattara, le PIB a triplé, passant de 25 milliards de dollars à près de 80 milliards en 2025, porté par les investissements massifs dans l’énergie (barrages hydroélectriques) et les télécoms. Avec une croissance annuelle avoisinant les 6 %, Abidjan s’est clairement imposée comme un hub ouest-africain attractif pour les capitaux étrangers.

Pourtant, les ombres persistent. L’opposition conteste vivement la légalité de ce nouveau quinquennat, le qualifiant d’« anticonstitutionnel » en raison de la réforme de 2016 qui a ouvert la voie à ces mandats supplémentaires. L’exclusion de figures politiques majeures, comme Tidiane Thiam, alimente les griefs d’exclusion et de dérive. Sur les réseaux sociaux, des voix dissidentes dénoncent une « polarisation accrue », signalant des risques de tensions post-électorales qui menacent d’éroder le consensus national.

 

Le défi de l’après-2030 : Ouattara consolide son legs

 

Ce 8 décembre 2025 marque un jalon : la Côte d’Ivoire entre dans une ère de continuité, avec la formation d’un nouveau gouvernement attendue dans les prochains jours, mais aussi avec l’urgence d’une transition fluide. Comme l’a résumé un analyste local anonyme : « Ouattara consolide son legs, mais l’épreuve du feu sera la préparation d’après-2030. » Pour l’heure, Abidjan respire l’optimisme, bercée par les promesses d’un leader qui, à l’aube de ses 84 ans, mise sur l’unité pour bâtir un avenir serein.

Le voyage démentiel de deux gambiens : 3 500 Km sur des bidons

Deux jeunes Gambiens ont tenté l’impensable : traverser l’océan jusqu’en Espagne, soit près de 3 500 kilomètres, en s’accrochant à de simples bidons en guise de flotteurs. Ce périple, aussi fou que tragique, est plus qu’un geste désespéré. Il révèle la détresse d’une jeunesse prête à tout risquer pour fuir le manque d’opportunités en Afrique dans l’espoir d’un avenir meilleur.

Deux jeunes Gambiens ont rejoint l’Espagne en parcourant près de 3 500 km d’océan avec de simples bidons comme flotteurs.
© Deux jeunes Gambiens ont rejoint l’Espagne en parcourant près de 3 500 km d’océan avec de simples bidons comme flotteurs.

Quand la détresse devient plus forte que la peur

 

Sans embarcation solide, et surtout sans gilet de sauvetage, ces jeunes Gambiens ont affronté les vagues de l’Atlantique avec pour seule arme leur détermination. Leur périple aurait pu tourner au drame. Il révèle la gravité d’une réalité trop souvent ignorée : l’absence de perspectives pousse certains à choisir la mort plutôt que l’immobilisme.

Ce trajet est l’un des plus dangereux corridors migratoires vers l’Europe, où chaque vague peut s’avérer fatale. Par conséquent, cet événement n’est pas un signe d’audace, mais bien comme un cri de désespoir.

Derrière ce geste se cache une vérité brutale : l’Europe est devenue l’ultime horizon pour une jeunesse africaine qui ne trouve plus sa place sur son propre continent. En effet, pour beaucoup, l’Occident est la promesse d’un travail, d’une dignité et d’une vie nouvelle. Mais ce rêve se paie au prix fort : la traversée clandestine, les dangers de la mer, et parfois la mort.  Ainsi l’espoir d’une dignité et d’une vie nouvelle se transforme en pari mortel. De plus, chaque tentative rappelle l’urgence d’une réflexion collective sur les causes profondes de cette migration.

L’acte désespéré des Gambiens, un appel à la responsabilité des gouvernants

 

Respect à leur courage, mais que ce périple serve d’électrochoc à nos dirigeants. En effet, la véritable question n’est pas de savoir pourquoi ces jeunes partent, mais pourquoi ils ne trouvent pas d’avenir chez eux. L’Afrique doit bâtir des opportunités, investir dans sa jeunesse, et offrir des raisons d’espérer sans avoir à fuir.

Cette histoire n’est pas un fait divers isolé, mais le symbole d’une génération en quête de survie. Elle interpelle les consciences, secoue les dirigeants et rappelle que derrière chaque traversée se cache une vie, un rêve, une détresse.

Ce n’est pas une histoire d’audace, mais une histoire de détresse.

Olivia Yacé renonce à son titre Miss Univers Africa & Oceania

Coup de théâtre dans le monde des concours de beauté : le Comité Miss Côte d’Ivoire (COMICI) a annoncé le retrait immédiat de sa représentante, Olivia Yacé, des titres obtenus lors de la 74ᵉ édition de Miss Universe. Miss Yacé, élue Miss Universe Africa & Oceania 2025 il y a seulement trois jours, renonce à ses mandats internationaux pour des convenances personnelles.

Bangkok, 24 novembre 2025 – Le Comité Miss Côte d’Ivoire (COMICI), détenteur de la licence Miss Universe, a annoncé aujourd’hui le retrait de sa représentante, Olivia Yacé, de tous les titres et mandats découlant du concours international Miss Universe. L’ancienne Miss Côte d’Ivoire 2021, qui avait été élue Miss Universe Africa & Oceania 2025 lors de la 74ᵉ édition tenue à l’Impact Arena de Bangkok le 21 novembre dernier, met fin à ses fonctions pour convenances personnelles.

Le COMICI, par cette annonce, officialise auprès de l’organisation Miss Universe la décision de la candidate ivoirienne de renoncer à ses mandats électifs.

Une Décision Conjointe et Officielle

 

Olivia Yacé perd donc son titre de Miss Universe Africa & Oceania à compter de cette date. Pour formaliser sa décision et pour que l’acte soit pleinement attesté, la jeune femme remettra officiellement son bandeau de Miss Universe Africa & Oceania à l’organisation du concours.

L’annonce, faite à Bangkok, met un terme à une période de succès et de reconnaissance internationale pour la candidate ivoirienne, marquant un chapitre inattendu dans l’histoire de la participation de la Côte d’Ivoire au prestigieux concours de beauté.

Une Participation sous le Signe de la Controverse

 

Cette décision intervient après une participation déjà exceptionnelle et atypique. En tant que Miss Côte d’Ivoire 2021, Olivia Yacé a été 2ᵉ dauphine de Miss Monde 2022. Cependant , elle avait initialement renoncé à concourir au titre de Miss Univers cette année-là afin de prioriser l’obtention de son diplôme. Quatre ans plus tard, elle avait fait un retour inattendu, prenant la place de Koné Fatima, Miss Côte d’Ivoire 2025 sans passer par le processus de sélection habituel pour cette édition. Cette substitution, bien que validée par le COMICI, avait suscité des débats dans l’opinion publique et chez les observateurs des concours de beauté. Son retrait d’aujourd’hui met fin prématurément à ce chapitre, achevant sur une note surprenante un mandat déjà hors norme.

 

L’épilogue symbolique d’un mandat déjà hors norme.

 

Ce retrait, bien que motivé par des raisons personnelles, marque une fin abrupte et hautement symbolique à un mandat déjà hors norme. En confiant cette décision à des « convenances personnelles, » le COMICI et Olivia Yacé mettent un terme prématuré à une participation qui, dès le départ, avait dérogé aux règles habituelles en la voyant prendre la place de la Miss 2025. Cette conclusion inattendue et rapide vient souligner l’aspect exceptionnel de son règne. L’organisation Miss Universe Africa & Oceania doit désormais faire face à cette vacance et aux questions qu’elle soulève, tandis que le monde des concours de beauté retient son souffle devant cette décision qui boucle un cycle aussi brillant que controversé.

Kaduna : des terroristes enlèvent un prêtre et exigent une rançon de 5 millions de nairas

L’insécurité continue de frapper durement le clergé au Nigeria. Le Père Bobbi Paschal, Curé de la paroisse Saint-Étienne, est aux mains de terroristes dans l’État de Kaduna. Si la nouvelle initiale de son assassinat a été démentie par la famille, l’angoisse demeure : les ravisseurs exigent une rançon de 5 millions de nairas pour sa libération.

 

Kaduna (Nigeria), 20 novembre 2025   L’archidiocèse catholique de Kaduna traverse une nouvelle période d’épreuve. Dans la nuit du lundi 17 novembre 2025, des hommes armés, décrits comme des terroristes, ont attaqué la paroisse Saint-Étienne de Kushe Gugdu, dans la zone de gouvernement local de Kagarko. Si les premières rumeurs ont fait état de l’assassinat du Curé, le Rév. Père Bobbi Paschal, il a été confirmé qu’il a en réalité été enlevé de sa résidence. En effet, cet assaut meurtrier a également coûté la vie au frère d’un autre prêtre, le Père Anthony Yero, et a conduit à l’enlèvement de plusieurs autres résidents de la communauté.

L’espoir tenu par la rançon de 5 millions de nairas

 

Contrairement aux premières informations alarmantes, la famille du Père Bobbi Paschal ainsi que la hiérarchie ecclésiale ont reçu des signes de vie du prêtre enlevé. Selon des sources proches du dossier, le religieux aurait brièvement pu s’entretenir par téléphone dans la matinée suivant son enlèvement — survenu lundi —, confirmant qu’il était vivant, bien que retenu par ses ravisseurs.

Cependant, une exigence de rançon ferme tempère l’espoir : un contact direct avec la famille a révélé que les terroristes réclament la somme de 5 millions de nairas en échange de sa libération. Les ravisseurs ont réitéré cette demande auprès de son père âgé ainsi que d’un autre révérend père de l’archidiocèse. Ces communications, bien que confidentielles, sont cruciales et maintiennent l’espoir d’une libération rapide pour le Père Bobbi et les autres victimes de l’attaque.

 

 L’église, cible privilégiée des bandits de Kaduna

 

L’enlèvement du Père Bobbi Paschal est un nouvel épisode d’une vague de violences qui cible spécifiquement les communautés chrétiennes et le clergé dans les États du nord-ouest et du centre-nord du Nigeria. Des groupes armés, dont l’activité principale est l’enlèvement contre rançon, frappent constamment des États comme Kaduna, Zamfara et Katsina.

Les prêtres sont des cibles de choix en raison de leur statut, garantissant aux bandits des rançons élevées. Ce climat d’insécurité généralisée, où les attaques contre les institutions religieuses et éducatives sont monnaie courante, place le gouvernement nigérian sous pression pour garantir la protection de tous les citoyens et mettre fin au terrorisme et aux enlèvements.

 

Kaduna : appel urgent à la prière et à la solidarité

 

L’archidiocèse de Kaduna a lancé un appel vibrant à la communauté nationale et internationale pour prier pour le Rév. Père Bobbi Paschal et pour la sécurité et la prompte libération de toutes les victimes de l’attaque.

Les autorités ecclésiales restent en contact étroit avec les forces de l’ordre et la famille pour assurer le dénouement rapide de cette épreuve, rappelant la situation critique des communautés confrontées à l’insécurité chronique et au besoin urgent de renforcer la sécurité régionale.

Cameroun : Paul Biya entame un 8ᵉ mandat sous tension

Paul Biya a prêté serment pour un huitième mandat consécutif à la tête du Cameroun. Si la cérémonie d’investiture s’est déroulée dans une solennité maîtrisée, les tensions post-électorales, les contestations de l’opposition et les violences dans les rues rappellent toutefois que ce nouveau septennat s’ouvre dans un climat de crispation politique.

 

Yaoundé, 6 novembre 2025 – À 92 ans, Paul Biya a réaffirmé son emprise sur le Cameroun en prêtant serment pour un nouveau septennat, son huitième consécutif. Au pouvoir depuis 1982, le chef de l’État a été officiellement investi lors d’une cérémonie solennelle au Palais de Verre, siège de l’Assemblée nationale. Proclamé vainqueur de l’élection du 12 octobre avec 53,66 % des suffrages, selon le Conseil constitutionnel, son triomphe suscite néanmoins de vives contestations. En effet, l’opposition dénonce un scrutin biaisé et appelle à la mobilisation populaire.

Paul Biya investi pour un huitième mandat, réaffirmant la stabilité institutionnelle et les priorités nationales du Cameroun.
© Paul Biya investi pour un huitième mandat, réaffirmant la stabilité institutionnelle et les priorités nationales du Cameroun.

Paul Biya : une investiture chargée de symboles

 

La scène s’est déroulée dans un hémicycle comble, où élus et dignitaires ont assisté à l’acte protocolaire. Après avoir juré fidélité à la Constitution, Paul Biya s’est adressé à la nation dans un discours mesuré mais ferme. Il a notamment invoqué à deux reprises la confiance du peuple camerounais, doublée d’une « volonté divine », pour légitimer la continuité de son pouvoir. L’assemblée lui a réservé une ovation nourrie, saluant ainsi le doyen des chefs d’État africains, dont les 43 années au sommet font figure de longévité inégalée – ce qui engendre une forte polarisation.

 

Tensions post-électorales : un appel à l’ordre musclé

 

Toutefois, le scrutin d’octobre a laissé des traces. Issa Tchiroma Bakary, arrivé en deuxième position, conteste vigoureusement les résultats et se proclame « véritable élu ». C’est pourquoi son appel à trois journées de « villes mortes », du 3 au 5 novembre, a embrasé plusieurs localités, provoquant ainsi des affrontements violents. Sans jamais nommer son rival, Paul Biya a dénoncé les « comportements irresponsables » de certains leaders politiques, accusés d’attiser les braises de l’instabilité. Face à ces violences, qui auraient fait au moins 39 morts selon des ONG – un chiffre non confirmé officiellement –, le président a exprimé ses condoléances. Il est resté silencieux, en revanche, sur les centaines d’arrestations évoquées par le ministre de la Communication, un silence qui alimente les critiques sur la gestion sécuritaire.

 

Paul Biya,« L’ordre règnera » : hommage aux forces et avertissement.

 

Dans un passage salué par des applaudissements nourris, Paul Biya a rendu hommage au « professionnalisme exemplaire » des Forces de défense et de sécurité, les érigeant en rempart contre le chaos. « Le Cameroun ne saurait tolérer une crise post-électorale aux retombées funestes », a-t-il averti, avant de marteler : « Je vous le garantis, l’ordre prévaudra. » Cette promesse sonne comme une mise en garde à peine voilée à l’encontre de toute contestation, d’autant plus que la stabilité est souvent invoquée dans ce pays pour justifier une gouvernance autoritaire.

Un programme annoncé sous le signe de l’inclusion

 

Conscient des tensions sociales, le président a esquissé les grandes lignes de son programme. D’abord, il a promis des initiatives ciblées en faveur des jeunes et des femmes, afin de canaliser les énergies et de renforcer l’inclusion. En outre, il a renouvelé son appel à la reddition des groupes armés dans les régions en crise : le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, en proie à un conflit séparatiste, ainsi que l’Extrême-Nord, confronté aux incursions djihadistes. Présentées comme des leviers de cohésion, ces priorités suffiront-elles à convaincre les sceptiques ? L’avenir dira si les promesses présidentielles se traduiront en actes.

 

Une nation sur le fil

 

En conclusion, alors que le Cameroun oscille entre héritage autoritaire et aspirations démocratiques, cette investiture cristallise les paradoxes d’un pays en quête d’équilibre. Tandis que les applaudissements résonnent encore dans les travées du pouvoir, les murmures de la rue rappellent que la légitimité ne se décrète pas : elle se conquiert. Le septennat de Paul Biya s’ouvre sur un fil tendu, entre unité sacrée proclamée et défis persistants.

L’histoire retiendra que Paul Biya aura traversé les décennies comme un roc au sommet du pouvoir. Mais même les rocs finissent par fissurer sous la pression du temps et des peuples.

Le Soudan : Un conflit dévastateur au cœur de l’Afrique

Malgré des dizaines de milliers de morts, des millions de déplacés et une famine imminente, la crise humanitaire au Soudan reste largement ignorée par la communauté internationale. Un drame silencieux, nourri par des rivalités internes, des ingérences étrangères et une économie de guerre.

 

Soudan, 31 octobre 2025 Dans les vastes étendues du Soudan, deuxième plus grand pays d’Afrique, une guerre fratricide oppose depuis avril 2023 l’armée régulière (SAF) aux Forces de soutien rapide (FSR), une milice paramilitaire. Ce conflit, qui a déjà coûté la vie à des dizaines de milliers de personnes et fait plus de 10 millions de déplacés, s’intensifie jour après jour. La ville stratégique d’El Fasher, dans le Darfour, est désormais plongée dans le chaos, théâtre de violences extrêmes et d’un exode massif. En effet, des milliers de civils fuient les combats, exposés à des attaques indiscriminées et à une famine imminente. Pourtant, cette tragédie, l’une des plus graves de notre époque, peine à mobiliser l’attention internationale.

Les racines d’une fracture historique

 

Le Soudan n’en est pas à son premier soulèvement. En 2019, une vague de contestation populaire a renversé Omar el-Béchir, au pouvoir depuis trois décennies. Mais, en octobre 2021, le général Abdel Fattah al-Burhan a mené un coup d’État militaire qui a brisé les espoirs de transition démocratique. Ce putsch a fracturé les alliances au sein des forces armées, opposant l’armée régulière aux FSR, dirigées par le général Mohamed Hamdan Dagalo, dit Hemedti, ancien chef des milices janjawid, accusé de crimes au Darfour dans les années 2000.

Ce qui n’était qu’une lutte de pouvoir s’est transformé en guerre ouverte en avril 2023, après des affrontements dans la capitale Khartoum. Aujourd’hui, le conflit entre dans sa troisième année avec des avancées territoriales alternées qui redessinent la carte du pays sans perspective de résolution.  Par ailleurs, des sources locales rapportent que l’armée soudanaise s’est retirée d’El Fasher, laissant la ville aux mains des FSR, au prix d’une escalade de violences et d’un déplacement massif de population.  Des sources locales rapportent que l’armée soudanaise s’est retirée d’El Fasher, laissant la ville aux mains des FSR, au prix d’une escalade de violences et d’un déplacement massif de population.

Une rivalité militaire aux conséquences civiles

 

D’un côté, l’armée soudanaise (SAF), fidèle à al-Burhan, contrôle le nord et l’est du pays, s’appuyant sur une hiérarchie classique et des alliances étatiques.  De l’autre, les FSR, issues des milices arabes du Darfour, dominent l’ouest et le Sahel, usant de tactiques asymétriques et d’une mobilité redoutable. Les deux camps sont accusés de graves exactions : bombardements indiscriminés pour l’armée, violences ciblées contre les populations non arabes pour les FSR.

À El Fasher, bastion historique des rebelles non arabes, des exécutions sommaires, des attaques contre des hôpitaux et des enlèvements de personnel médical ont marqué la chute de la ville. Le Réseau des médecins soudanais dénombre plus de 1 500 victimes civiles en quelques semaines. L’OMS a condamné l’attaque de l’hôpital de maternité saoudien, dernier centre partiellement fonctionnel de la région. Hemedti a promis une enquête, mais les doutes sur sa crédibilité demeurent.

Une guerre amplifiée par les influences extérieures

 

Le conflit soudanais est un véritable nœud géopolitique. Ce conflit interne est inextricablement lié à des dynamiques régionales et mondiales. Les Émirats arabes unis (EAU) soutiennent activement les FSR, leur fournissant armes, financements et logistique, notamment par le biais de Port Soudan. Des enquêtes ont tracé des livraisons d’équipements militaires émiratis sur les théâtres d’opérations, motivées par des intérêts économiques dans l’or et les minerais.

En face, l’Égypte appuie l’armée régulière, soucieuse de préserver sa sécurité frontalière et ses intérêts sur le Nil. La Russie, par le biais du groupe Wagner (désormais Africa Corps), et la Chine apportent un soutien logistique à Khartoum, en échange d’accès à des bases navales et de contrats miniers. La Turquie et l’Arabie saoudite, quant à eux, jouent des rôles plus ambigus, oscillant entre médiation et livraisons d’armement.

 

La France n’échappe pas à cette équation. Bien qu’indirectement impliquée, des critiques visent directement Paris pour ses exportations de composants militaires vers les EAU. On a d’ailleurs retrouvé certains de ces composants dans des armes que les FSR utilisent au Darfour. Amnesty International alerte sur ces flux indirects qui alimentent le cycle de violence. Ainsi, les puissances étrangères font du Soudan le terrain d’un bras de fer géopolitique, où la stabilité locale devient une variable négligée, sacrifiée au profit d’intérêts stratégiques et d’ambitions régionales.

Les richesses maudites : ressources au service de la guerre

 

Le Soudan regorge de richesses naturelles qui attirent les convoitises : des réserves d’or parmi les plus importantes d’Afrique, des gisements pétroliers dans le sud, et une production dominante de gomme arabique, ingrédient clé pour l’industrie agroalimentaire mondiale (représentant jusqu’à 80 % de l’offre globale avant le conflit). Ces ressources, qui pourraient financer le développement, sont aujourd’hui détournées pour alimenter la guerre.

Les FSR contrôlent une grande partie des mines d’or artisanales au Darfour, exportant illégalement vers l’étranger pour se procurer munitions et drones.  De même, le commerce de bétail et de gomme arabique, vital pour des millions de nomades, est également contrôlé par les groupes armés, perturbant les chaînes d’approvisionnement et aggravant la précarité économique. Cette « économie de guerre » prolonge les hostilités et transforme les ressources en armes plutôt qu’en levier pour la paix et le développement durable.

Une crise humanitaire d’une ampleur inédite

 

Plus de 10 millions de déplacés internes, 2 millions de réfugiés dans les pays voisins : le Soudan vit la plus grande crise de déplacement au monde. En avril 2025, les acteurs humanitaires ont déclaré une famine dans dix localités, notamment dans les camps comme Zamzam, où 400 000 personnes survivent dans des conditions extrêmes.

 

Près de 30 millions de Soudanais ont besoin d’une aide d’urgence, dont 15 millions d’enfants menacés par la malnutrition aiguë. Les belligérants ciblent les infrastructures médicales, les épidémies gagnent du terrain, et les bailleurs ne financent le Plan de réponse humanitaire 2025 qu’à hauteur de 27 % sur les 4,2 milliards de dollars requis.

 

Vers une mobilisation internationale ?

 

L’Union africaine et l’ONU enchaînent les condamnations, mais peinent à traduire leurs paroles en actes. Le 28 octobre, le Conseil de paix et de sécurité de l’UA a tenu une réunion d’urgence, appelant à un cessez-le-feu immédiat et à l’ouverture d’enquêtes sur les atrocités commises.

Les experts des Nations unies évoquent des violations graves du droit international et appellent à un embargo sur les armes. Mais malgré ces efforts, le silence médiatique persiste, éclipsé par d’autres crises mondiales.

Des retours spontanés sont observés dans certaines zones apaisées, signe d’un espoir fragile. Pour briser le cycle, une pression accrue sur les fournisseurs d’armes et un soutien renforcé à l’aide humanitaire s’imposent. Le Soudan ne doit pas rester le « conflit oublié » de notre temps.

 

Un silence qui tue

Alors que le Soudan s’enfonce dans une guerre sans fin, les chiffres s’accumulent, les témoignages s’effacent, et l’indifférence mondiale persiste. Derrière les lignes de front, ce sont des millions de vies suspendues à l’inaction, des enfants privés d’avenir, des familles déracinées, des hôpitaux réduits au silence. Le conflit soudanais n’est pas seulement une tragédie humanitaire : il est le miroir d’un déséquilibre global, où les logiques de puissance étouffent les appels à la paix. Briser ce silence, c’est reconnaître l’urgence d’agir. Car tant que le monde détournera le regard, le Soudan restera l’épicentre d’un drame que l’histoire jugera sévèrement.

Cameroun : Biya réélu, le pays s’enflamme

Au Cameroun , face à une réélection jugée illégitime, des milliers de jeunes descendent dans la rue pour réclamer transparence électorale, alternance politique et respect de la volonté populaire. Entre répression et colère, la contestation s’organise, portée par une jeunesse qui refuse de voir son avenir confisqué.

 

Yaoundé, 27 octobre 2025 – À peine la Cour constitutionnelle a-t-elle officialisé la réélection de Paul Biya pour un huitième mandat que les rues du Cameroun se sont embrasées. Avec 53,66 % des suffrages exprimés, le président sortant — doyen mondial des chefs d’État en exercice — prolonge son règne entamé il y a 42 ans. Mais cette annonce, attendue comme un couperet, a déclenché une vague de colère : manifestations violemment réprimées sur toute l’étendue du territoire camerounais et des accusations de fraude qui résonnent jusqu’aux chancelleries internationales.

Au Cameroun, la réélection contestée de Paul Biya pour un huitième mandat déclenche une vague de manifestations. Entre colère populaire, répression violente et appels à la grève, une jeunesse en quête d’alternance défie un pouvoir jugé hors d’âge.
© Au Cameroun, la réélection contestée de Paul Biya pour un huitième mandat déclenche une vague de manifestations. Entre colère populaire, répression violente et appels à la grève, une jeunesse en quête d’alternance défie un pouvoir jugé hors d’âge.

Cameroun : une victoire contestée, une opposition en ébullition

 

L’annonce est tombée ce lundi matin, dans l’enceinte feutrée du Palais des Congrès de Yaoundé, contrastant avec la tension qui secoue le pays. Paul Biya, absent de la campagne pour raisons de santé, l’emporte devant Issa Tchiroma Bakary, ancien ministre et principal challenger, crédité de 35,19 % des voix. D’ailleurs, ce dernier dénonce une « mascarade électorale » et affirme détenir des preuves d’un décompte qui lui aurait donné 54,8 % des suffrages. Ses recours, déposés auprès de la Cour suprême, ont été rejetés en bloc, attisant davantage la colère populaire.

Sur les réseaux sociaux, les images affluent : gaz lacrymogènes dans les rues de Douala, affrontements à Garoua, barricades improvisées, pneus en feu. Le bilan provisoire fait état de quatre civils tués par balles, selon des sources hospitalières et des ONG locales. Des dizaines d’arrestations ont été recensées.

« Nous ne tolérerons pas ce hold-up sur la volonté populaire« , martèle un porte-parole de la coalition d’opposition. Maurice Kamto, leader du MRC, appelle à une « grève générale illimitée ».

Un scrutin sous tension, dans un pays fracturé

 

Cette élection, la septième sous l’ère Biya, s’est déroulée dans un climat délétère. La crise anglophone, toujours active depuis 2016, a empêché des millions d’électeurs de voter librement. Par ailleurs, l’opposition, fragmentée en 14 candidatures, a vu plusieurs figures pro-démocratie interdites de se présenter. Les observateurs internationaux ont relevé de nombreux dysfonctionnements : bureaux de vote fermés prématurément, listes électorales gonflées, participation officielle de 52 % jugée peu crédible.

Les manifestations, latentes depuis le 13 octobre, ont explosé après l’annonce de la victoire de Biya. À Douala, des jeunes ont brandi des pancartes « Biya dehors ! » et « Démocratie ou rien », avant d’être dispersés par des canons à eau et des grenades assourdissantes. Sur X (ex-Twitter), des vidéos amateurs montrent aussi des charges policières brutales.

« À 92 ans, il ne peut plus gouverner ; c’est un régime fantôme qui nous étouffe« , témoigne une manifestante jointe par téléphone, la voix tremblante.

Réactions internationales et inquiétudes régionales

 

La communauté internationale réagit avec prudence. L’Union africaine salue « le bon déroulement global » tout en appelant au dialogue. L’Union européenne et les États-Unis dénoncent des « irrégularités substantielles » et exigent une enquête indépendante. Paris, allié historique de Yaoundé, se contente d’un communiqué laconique : « La France respecte le choix du peuple camerounais. »

Mais sur le terrain, les tensions pourraient s’étendre. La crise anglophone, déjà responsable de plus de 6 000 morts, menace de s’embraser si les troubles gagnent également les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Le régime, lui, durcit le ton : censure des médias, ralentissement d’internet dans les zones sensibles, et discours officiel minimisant les violences.

 

Cameroun : un pays à bout de souffle

 

Ce bras de fer post-électoral dépasse la simple querelle de chiffres. Il cristallise des décennies de frustrations : pauvreté persistante, corruption endémique, et un président perçu comme un vestige de la guerre froide. Biya, au pouvoir depuis 1982, incarne une longévité politique hors norme, mais interroge la vitalité d’une nation de 28 millions d’habitants.

Alors que les fumées se dissipent à Douala, une question demeure : cette étincelle allumera-t-elle un incendie généralisé, ou le Cameroun retombera-t-il dans un silence résigné ? Les prochains jours diront si le « Lion indomptable » peut encore rugir face à une jeunesse qui refuse la cage. Pour l’heure, le pays retient son souffle — entre espoir de changement et spectre de la répression.

 

Cameroun : À 92 ans, Paul Biya réélu « pour l’éternité »

À 92 ans, Paul Biya décroche un huitième mandat dans un scrutin contesté, validé sans surprise par une Cour constitutionnelle fidèle au pouvoir. Une réélection qui illustre les dérives institutionnelles d’une démocratie verrouillée.

Yaoundé, 27 octobre 2025 – En Afrique francophone, la démocratie semble avoir adopté le principe des prolongations illimitées. Les présidents y défient les urnes, les calendriers… et parfois même la biologie. Dernier épisode en date : la Cour constitutionnelle camerounaise a validé, sans surprise, la réélection de Paul Biya pour un huitième mandat. À 92 ans, le « pharaon d’Étoudi » ne détonne plus : il incarne une forme de résilience institutionnalisée, où l’État prend des allures d’hospice géré par un conseil d’administration éternel.

 

Paul Biya : une victoire sans suspense

 

Le scénario est désormais bien rodé. Le 12 octobre, Paul Biya récolte 53,66 % des suffrages. Face à lui, une opposition fragmentée, menée par l’ancien ministre Issa Tchiroma Bakary, qui obtient 35,19 % — un score qui, dans un autre contexte, aurait pu ressembler à une percée. Mais ici, il tient lieu de lot de consolation. La Cour constitutionnelle, fidèle à sa réputation, balaie d’un revers de main les recours pour fraude, les pétitions sur l’inéligibilité liée à l’âge, et les soupçons d’irrégularités qui ont enflammé Douala et Garoua. Résultat : Biya, inchangé, inaltérable, réinvesti. La science politique camerounaise, une fois encore, défie les lois de la gravité démocratique.

 

Élections au Cameroun : une mécanique électorale sans surprise

 

Derrière l’ironie, une mécanique bien huilée. Les élections de 2025 ne sont qu’un remake des précédentes : bureaux de vote fantômes, bulletins préremplis, opposants tolérés pour la forme, puis relégués au rang de figurants. Maurice Kamto, Cabral Libii… les noms changent, le scénario reste. À la baguette, Clément Atangana, président de la Cour constitutionnelle, dont la proximité avec le pouvoir n’est plus un secret. Arbitre ? Non. Chef d’orchestre d’une symphonie où toute dissonance est soigneusement étouffée.

 

Paul Biya : Quand la longévité politique défie la démocratie

 

À 92 ans, Paul Biya pourrait prétendre au panthéon de la longévité politique, aux côtés de Fidel Castro ou de la reine Elizabeth. Mais là où d’autres démocraties fixent des limites, le Cameroun les efface. Une requête pour inéligibilité liée à l’âge ? Rejetée en août, comme un importun au bal des anciens. Le président gouverne désormais par inertie, dans un pays miné par une crise anglophone persistante, une économie en panne et une jeunesse en quête d’exil. La Constitution, devenue parchemin malléable, cède à toutes les torsions. La démocratie, elle, flirte avec le vaudeville.

 

Un syndrome francophone bien rodé

 

Le Cameroun n’est pas une exception, mais un maillon d’un système plus vaste. La Côte d’Ivoire d’Alassane Ouattara, le Congo-Brazzaville de Denis Sassou-Nguesso, le Togo de Faure Gnassingbé… Partout, les cours constitutionnelles ne jugent pas : elles entérinent. La fraude électorale n’est plus un scandale, mais un rituel. Une chorégraphie bien huilée où les urnes servent de décor à des successions dynastiques.

 

Une crédibilité en lambeaux

 

Cette répétition du même schéma mine la crédibilité du continent sur la scène internationale. L’Occident, prompt à prêcher les « valeurs démocratiques », détourne le regard tant que les contrats miniers tiennent et les bases militaires restent ouvertes. Résultat : l’Afrique se caricature elle-même, continent de promesses étouffées par des élites qui confondent État et patrimoine personnel. La validation de Biya n’est pas qu’un fait divers politique : c’est un message adressé à toute une génération de réformateurs. « Patience, votre tour viendra… en 2060, peut-être. »

 

Paul Biya : la normalisation de l’absurde

 

La Cour camerounaise n’a pas déclaré Biya « non aberrant » : elle a simplement confirmé que, dans certaines républiques, l’aberration est devenue la norme. Tant que les institutions judiciaires danseront au rythme des présidents à vie, l’Afrique francophone continuera d’offrir au monde des sketches dignes d’un Monty Python tropical. Reste à savoir si une nouvelle génération, lassée du spectacle, saura enfin réécrire le scénario. Sinon, rendez-vous en 2030. Ou en l’an 3000. Le monde, lui, retient son souffle… d’ennui.