Guillaume Soro : « GPS n’est pas interdit, accélérez le maillage du terrain ! »

Contre toute attente, l’ancien Premier ministre Guillaume Soro a repris la parole ce mercredi 7 janvier 2026. Par une déclaration officielle, le leader de Générations et Peuples Solidaires (GPS) dément formellement toute mise en veille de son mouvement. Loin de la retraite politique, il ordonne au contraire un maillage systématique du territoire ivoirien, déclarant ses partisans en ordre de bataille sous le signe de la « citoyenneté responsable » et de la paix.

 

Le démenti d’une interdiction de façade

C’est une mise au point qui sonne comme un nouveau départ. Face aux rumeurs persistantes suggérant une suspension des activités de son mouvement, Guillaume Soro a tenu à rétablir la vérité. « Il m’est revenu que nous aurions interdit les activités de notre mouvement, ce qui est sur ne peut plus inexact », a-t-il affirmé d’entrée de jeu.

Pour les observateurs de la vie politique ivoirienne, cette déclaration marque une volonté claire d’occuper à nouveau l’espace public, malgré les contraintes juridiques et l’exil. En appelant ses troupes à l’action, Soro transforme la rumeur d’une faiblesse en une démonstration de réalité organisationnelle.

Une stratégie de « maillage » territorial et social

L’ordre de mission donné aux cadres de GPS est précis : accélérer l’implantation du mouvement sur toute l’étendue du territoire national. Mais attention, le ton se veut apaisé. Le Président de GPS insiste sur le « strict respect des lois de la République » et sur la promotion du « vivre-ensemble ».

La nouvelle stratégie de GPS repose aussi sur trois piliers majeurs :

  1. Le renforcement structurel : Les cadres doivent animer les coordinations locales et régionales pour assurer une remontée d’informations fluide vers les instances nationales.
  2. L’action sociale et religieuse : Le mouvement mise sur le « soft power » en encourageant des initiatives citoyennes et de sensibilisation à la paix.
  3. La formation des relais : L’accent est mis sur l’encadrement des militants pour éviter tout dérapage.

Un message de retenue pour éviter les tensions

Conscient du climat politique sensible en Côte d’Ivoire, Guillaume Soro a martelé un message de « responsabilité » et de « fraternité ». Il a exhorté ses militants à refuser systématiquement toute forme de violence, de provocation ou de discours de division. Dans cette optique, GPS se présente non pas comme une force de confrontation, mais comme une « force de paix et d’harmonie ».

En invitant ses partisans à porter un message de réconciliation, l’ancien chef de l’Assemblée nationale cherche à rassurer les populations et les institutions. GPS entend ainsi jouer un rôle dans la stabilité de la Côte d’Ivoire et, par extension, de la sous-région ouest-africaine.

 

Le GPS, acteur clé de la stabilité régionale ?

Au-delà des frontières ivoiriennes, Guillaume Soro positionne son mouvement comme un garant de la fraternité au sein de l’espace CEDEAO. En orientant son engagement vers la consolidation du lien social, il tente ainsi de transformer l’image d’un mouvement d’opposition radicale en celle d’une force citoyenne indispensable à la préservation de la paix civile.

En somme, cette sortie, signée Guillaume Kigbafori Soro, repose les jalons d’une présence politique active pour l’année 2026. Pour les militants de GPS, le message est clair : l’heure n’est plus à l’attentisme, mais à l’occupation constructive du terrain.

Tragédie sur l’axe Lagos-Ibadan : Anthony Joshua a survécu à un accident mortel

 Nigeria, le 29 décembre 2025 Le monde du sport est sous le choc. Anthony Joshua, l’ancien double champion du monde unifié des poids lourds, a frôlé le pire ce lundi matin. Alors qu’il voyageait sur l’autoroute Lagos-Ibadan, l’une des artères les plus fréquentées du Nigeria, son véhicule a été impliqué dans une collision d’une violence rare, faisant deux victimes tragiques.

 

 Anthony Joshua: une collision brutale en plein trajet familial

L’accident s’est produit alors que la star de la boxe quittait la métropole de Lagos pour rejoindre sa maison familiale. Selon les informations rapportées par les autorités, Anthony Joshua occupait la banquette arrière d’un SUV de marque Lexus. À bord du véhicule se retrouvent cinq hommes au total.

Le drame s’est de nouveau produit lorsque le conducteur de la Lexus a perdu le contrôle lors d’une manœuvre de dépassement, venant percuter de plein fouet un camion stationné sur le bas-côté de la route. L’impact a été fatal pour deux passagers du véhicule. Par miracle, le boxeur s’en sort avec des blessures légères, tandis que les deux autres occupants ont été secourus indemnes.

 

L’excès de vitesse pointé du doigt par les autorités

Le Corps fédéral de la sécurité routière du Nigeria (FRSC) a rapidement dépêché des équipes sur place, intervenant seulement trois minutes après le signalement du crash. Les premières constatations des enquêteurs sont sans appel : la vitesse excessive serait la cause principale du drame.

Les images diffusées par les services de sécurité montrent un véhicule lourdement endommagé, témoignant de la force du choc. Cet incident relance le débat sur la dangerosité de cet axe routier particulièrement animé et sur la nécessité de respecter les limitations de vitesse, même pour les convois de personnalités.

 

 Anthony Joshua  : une famille entre soulagement et deuil

Pour les proches d’Anthony Joshua, la nouvelle a été un véritable séisme. Malgré le soulagement de savoir le champion hors de danger, l’heure est au recueillement. « Au-delà de nos vœux de guérison pour le champion, notre priorité va au souvenir des disparus et au soutien de leurs familles endeuillées. Que leurs âmes reposent en paix.», a ajouté cette source proche.

Alors que le boxeur entame sa convalescence, cette épreuve rappelle la fragilité de la vie, même pour ceux que l’on croit invincibles sur un ring. Une enquête approfondie est toujours en cours pour déterminer les responsabilités exactes de ce drame qui endeuille le sport mondial.

N’Dali : Le sauvetage miraculeux d’un bébé jeté dans une fosse

Bénin, le 29 décembre 2025L’émotion est encore vive à Mareborou, un quartier de la commune de N’Dali. Ce qui aurait pu être l’une des tragédies les plus sombres de la région s’est transformé en un véritable miracle grâce à la vigilance d’un homme et à la solidarité d’un village. Un nouveau-né, abandonné dans des toilettes, a été arraché à une mort certaine.

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L’alerte : le cri de l’innocence

Tout commence par un bruit inhabituel. Le propriétaire des lieux, qui n’est autre que le chef coutumier de Mareborou, perçoit des pleurs étouffés provenant de ses latrines. En s’approchant, l’horreur laisse place à l’urgence : un nourrisson se trouve au fond de la fosse.

L’autorité coutumière, gardienne des valeurs de la communauté, réagit avec une rapidité exemplaire. Il alerte immédiatement le chef du village, déclenchant une onde de choc qui traverse la localité en quelques minutes.

 

N’Dali : une mobilisation citoyenne héroïque

Face à l’urgence, la population de Mareboro ne reste pas spectatrice. Une véritable chaîne de solidarité s’organise autour des toilettes. Malgré les conditions difficiles et l’environnement périlleux, les villageois réussissent, au prix d’efforts acharnés, à extraire l’enfant de son piège mortel.

Ce sauvetage héroïque témoigne de la force des liens communautaires au Bénin : là où l’indifférence aurait pu régner, c’est l’humanité qui a triomphé. L’équipe médicale a immédiatement pris en charge le nouveau-né, encore fragile mais vivant.

 

L’espoir à l’hôpital Saint-Jean-de-Dieu de Boko

Conduit en urgence absolue vers l’hôpital Saint-Jean-de-Dieu de Boko, le petit rescapé est désormais entre les mains expertes du personnel médical. Selon les dernières informations, son état de santé fait l’objet d’une surveillance constante. Chaque heure qui passe renforce l’espoir de voir ce « bébé miracle » survivre à cette épreuve traumatisante.

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N’Dali : une enquête pour comprendre l’inexcusable

Au-delà du soulagement, l’indignation gagne les esprits. Cet acte barbare soulève des questions douloureuses sur la détresse sociale ou la perte de repères qui peuvent conduire à un tel abandon. Comment une vie naissante a-t-elle pu être exposée à un tel danger ?

Finalement , la justice s’est saisie du dossier. Une enquête officielle est en cours pour identifier la personne à l’origine de cet abandon et faire toute la lumière sur les circonstances de ce drame. Ce fait divers, qui a tenu en haleine tout N’Dali, rappelle l’impérieuse nécessité de protéger les plus vulnérables et de renforcer le dialogue autour de la maternité et de la protection de l’enfance.

Maroc : la CGEM présente son modèle de réussite aux médias africains

Casablanca, le 26 décembre 2025 En pleine effervescence de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN Maroc 2025), le Maroc ne se contente pas de briller sur les pelouses. En effet, le jeudi 25 décembre, la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) a ouvert les portes de son siège casablancais à une importante délégation de journalistes africains, invités par l’Association nationale des médias et des éditeurs (ANME). Cette rencontre stratégique a permis de dévoiler les rouages ​​d’une institution qui s’impose comme le véritable moteur de la croissance chérifienne.

 

La CGEM : la voix du secteur privé au cœur du pouvoir

Fondée en 1947, la CGEM représente aujourd’hui un géant de plus de 90 000 membres. Si son influence est immense, sa base est profondément inclusive : 95 % de ses adhérents sont des très petites et moyennes entreprises (TPME).

L’institution ne se contente pas de conseiller ; elle agit. Véritable interlocuteur des pouvoirs publics, la CGEM occupe depuis 2015 une place unique au monde pour un patronat : elle dispose aussi d’un Groupe parlementaire de huit sièges à la Chambre des Conseillers. Par ailleurs, cette présence au cœur de l’hémicycle lui permet de défendre directement les réformes nécessaires au développement de l’entrepreneuriat et à l’innovation numérique.

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Le Maroc, hub de l’innovation et de l’industrie grâce à la CGEM

Lors des échanges, M. Karim Tazi , Président de la Commission Innovation, Recherche et Développement, a souligné l’ambition du Royaume : faire du Maroc un pôle financier et industriel incontournable.

« Nous créons les conditions pour faciliter l’environnement des affaires, particulièrement dans les secteurs de pointe comme l’aéronautique, l’automobile et l’industrie », a-t-il précisé.

Malgré l’absence de certains classements internationaux traditionnels, la CGEM impose ses propres normes de performance pour attirer les investissements étrangers et stimuler la compétitivité locale.

 

Cap sur l’Afrique : le leadership par la coopération

L’autre grand pilier de la CGEM est sa projection continentale. Ali Zerouali, vice-président de la Commission Afrique, a rappelé que la Confédération pilote une diplomatie économique offensive. D’ailleurs, en 2025, plus de 30 délégations d’entreprises africaines ont été reçues à Casablanca, témoignant d’une volonté de bâtir une prospérité partagée.

La CGEM s’impose ainsi comme l’un des architectes majeurs de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Après le succès du récent Forum des affaires à Marrakech, l’organisation réaffirme sa mission : transformer les liens sportifs de la CAN en partenariats économiques durables entre le Maroc et le reste du continent.

En somme , cette rencontre avec la presse africaine souligne une réalité évidente : derrière le succès des infrastructures sportives marocaines se cache un secteur privé structuré, audacieux et résolument tourné vers l’avenir du continent africain.

CEDEAO : le Sénégal prend les rênes de la Commission pour restaurer l’unité

Abuja, 15 décembre 2025 – Les chefs d’État ouest-africains, réunis dimanche à Abuja pour la 68ᵉ session ordinaire de la Conférence de la CEDEAO, ont porté un choix historique : le Sénégal dirigera la Commission de l’organisation de 2026 à 2030. Dakar proposera ainsi le successeur du Gambien Omar Alieu Touray, dont le mandat, marqué par des avancées économiques mais plombé par des crises profondes, touche à sa fin.

 

La reconnaissance du leadership sénégalais

 

Cette désignation, une première pour le Sénégal, couronne des mois de négociations discrètes et affirme le poids croissant de Dakar dans l’espace communautaire. Le président Bassirou Diomaye Faye, qui a pris part aux travaux avec une implication notable, a immédiatement réagi : il exprime sa gratitude envers ses homologues pour cette marque de confiance, qui oblige le Sénégal à redoubler d’efforts pour une CEDEAO renforcée, plus intégrée et résolument orientée vers la paix et le développement des peuples ouest-africains.

La diplomatie sénégalaise célèbre ce succès comme la reconnaissance du rôle pivot joué par le pays fondateur de l’organisation. Ce choix a mis en exergue le leadership du président Faye et consacre la fiabilité du Sénégal en matière d’intégration régionale et de gouvernance collective, dans une sous-région confrontée à des vents contraires.

Un héritage contrasté face au défi de l’AES

 

Le bilan d’Omar Alieu Touray reste contrasté : des progrès notables sur le plan économique et commercial contrastent avec une période tumultueuse. En effet, celle-ci a été rythmée par une insécurité galopante, une vague de putschs et, surtout, le retrait coordonné du Mali, du Burkina Faso et du Niger, qui ont fondé l’Alliance des États du Sahel (AES). Ces départs ont fragilisé l’organisation, réduite à 12 membres, et notamment sa capacité à imposer son autorité face aux changements anticonstitutionnels.

 

Un chantier immense pour le Sénégal : unité, dialogue et sécurité

 

Le futur président sénégalais héritera d’un chantier immense : premièrement, restaurer l’unité communautaire ; deuxièmement, relancer le dialogue avec les pays dissidents de l’AES ; et enfin, renforcer la lutte contre le terrorisme et accélérer l’intégration économique.

Dakar réaffirme son engagement total pour consolider l’institution et promouvoir la prospérité et la stabilité dans l’espace CEDEAO. Cette nomination propulse le Sénégal au premier plan régional et offre à Bassirou Diomaye Faye une tribune influente pour imprimer sa vision d’une Afrique de l’Ouest souveraine et solidaire. Un défi exaltant pour un président jeune, dont l’ascension rapide continue de marquer les esprits.

En somme, le Sénégal de Bassirou Diomaye Faye a désormais la lourde responsabilité de prouver que la CEDEAO, malgré ses failles, reste l’institution vitale capable de se réinventer. La réussite de Dakar sera la réussite de la résilience communautaire face à la désunion. Pour le futur président de la Commission, la tâche est claire : faire de la restauration du dialogue avec l’AES la première pierre d’un mandat qui doit impérativement réconcilier l’Ouest africain avec l’idée même de solidarité régionale.

 

Le drame de Peller : alerte sur la santé mentale des jeunes Africains à l’ère des réseaux

Le 14 décembre 2025, le TikToker nigérian Peller (Habeeb Hamzat) a choqué des millions de followers en crashant sa Mercedes-Benz neuve (valeur estimée à plus de 100 millions de nairas) lors d’un live. En pleurs, au téléphone avec son ex-petite amie Jarvis suite à une dispute amoureuse, il a menacé de se suicider avant de percuter violemment une barrière sur la Lekki-Epe Expressway à Lagos. Secouru et hospitalisé, il s’en est sorti avec des blessures. Toutefois, cet incident spectaculaire met en lumière une crise bien plus profonde et silencieuse.

 

Le drame de Peller : une crise sanitaire aux proportions alarmantes

 

Au Nigeria et en Afrique subsaharienne, les jeunes font face à une explosion des troubles mentaux. Les statistiques sont alarmantes : la dépression touche jusqu’à 30-37 % des adolescents, l’anxiété généralisée est courante, et les idées suicidaires concernent 8 à 10 % d’entre eux, selon des études récentes (OMS, études locales 2025). Le Nigeria porte le plus lourd fardeau de dépression en Afrique. Pourtant, la réponse est terriblement insuffisante : le pays ne compte qu’environ 150 psychiatres pour 200 millions d’habitants. De plus, un stigmate culturel persistant empêche l’accès aux soins, obligeant les personnes en souffrance à se taire.

 

Le piège des réseaux : la pression de la « Naira Culture »

 

Les réseaux sociaux n’arrangent rien ; bien au contraire, ils sont un puissant catalyseur de cette détresse. Ils imposent une pression constante pour afficher une vie « parfaite » – souvent synonyme d’opulence et de succès matériel, un phénomène appelé la « Naira Culture » au Nigeria. Les comparaisons toxiques, le cyberharcèlement et l’exposition publique des relations intimes sont monnaie courante.

Chez les influenceurs comme Peller et Jarvis, dont les vies sont scrutées 24 heures sur 24, cette visibilité est dévastatrice. Une simple rupture sentimentale se transforme en spectacle mondial. L’acte de Peller, mis en scène en direct devant des milliers d’yeux, transforme un cri de douleur privé en un contenu viral, amplifiant ainsi la détresse par la recherche d’une validation ou d’une attention extrême.

 

Agir sans attendre : Briser le silence

 

Il est urgent d’agir. En premier lieu, il est impératif de briser le tabou autour de la santé mentale. Ensuite, l’État doit investir massivement dans la formation de plus de professionnels et l’intégration des soins de santé mentale dans les soins primaires. Par ailleurs, compte tenu du contexte socio-culturel, les dirigeants communautaires, religieux (églises et mosquées) et traditionnels doivent être sensibilisés et formés pour servir de premiers points de contact et de soutien.

Les jeunes Africains méritent mieux que de transformer leur souffrance en contenu viral – ils méritent écoute, soutien et espoir réel. Parler, c’est déjà guérir.

CEDEAO: le Liberia obtient le Centre régional jeunesse‑sports

Abuja (Nigeria), 11 décembre 2025 – En pleine session du Conseil des ministres de la CEDEAO, le Liberia et l’organisation ouest-africaine ont franchi ce jeudi une étape symbolique et pratique : la signature officielle de l’accord de siège du Centre de Développement de la Jeunesse et des Sports de la CEDEAO (CDJS/CEDEAO), qui sera basé à Monrovia.

Liberia -CEDEAO : accord de siège et statut international

 

La cérémonie, qui s’est déroulée dans la capitale nigériane, en présence de plusieurs ministres des Affaires étrangères de la région, a réuni la ministre libérienne des Affaires étrangères, Sara Beysolow Nyanti, et le président de la Commission de la CEDEAO, Dr Omar Alieu Touray.

Le document consacre juridiquement l’installation du Centre sur le territoire libérien et lui accorde le statut classique des organisations internationales : immunités diplomatiques, extraterritorialité des locaux, exonérations fiscales et douanières, ainsi que la protection des agents et des biens de l’institution.

Ce futur centre régional aura pour mission de coordonner les politiques sportives et les programmes de formation des jeunes dans les quinze pays membres, avec un accent particulier sur l’insertion professionnelle, l’éducation par le sport et la prévention de la délinquance juvénile.

Le Liberia signe un accord historique avec la CEDEAO pour héberger le Centre régional de Développement Jeunesse et Sports (CDJS) à Monrovia.
© Le Liberia signe un accord historique avec la CEDEAO pour héberger le Centre régional de Développement Jeunesse et Sports (CDJS) à Monrovia.
Le Liberia signe un accord historique avec la CEDEAO pour héberger le Centre régional de Développement Jeunesse et Sports (CDJS) à Monrovia.
© Le Liberia signe un accord historique avec la CEDEAO pour héberger le Centre régional de Développement Jeunesse et Sports (CDJS) à Monrovia.

 Un geste fort de reconnaissance historique du Liberia

 

À l’issue de la signature, la ministre Sara Beysolow Nyanti a tenu à remettre deux distinctions honorifiques particulièrement émouvantes :

Premièrement, au nom du peuple et du gouvernement libériens, elle a décerné une haute distinction à la CEDEAO en tant qu’institution pour son rôle décisif dans la fin des guerres civiles (1989-2003) et la consolidation de la paix.

Ensuite, la ministre libérienne des Affaires étrangères a remis une seconde distinction au ministre béninois des Affaires étrangères, Olusegun Adjadi Bakari (qui assure la présidence tournante du Conseil des ministres), au nom de l’ensemble des États membres, pour leur soutien constant à la reconstruction démocratique du Liberia.

« Sans l’intervention déterminante de la CEDEAO et de ses États membres, notamment à travers l’ECOMOG puis l’ECOMIL, le Liberia ne serait peut-être pas debout aujourd’hui », a déclaré la cheffe de la diplomatie libérienne, visiblement émue, sous les applaudissements nourris de la salle.

 

 Un symbole face à la crise institutionnelle

 

Le choix du Liberia pour accueillir ce centre dédié à la jeunesse n’est pas anodin : ancien pays en crise profonde, il incarne aujourd’hui la réussite des interventions régionales de maintien de la paix et de relèvement post-conflit portées par la CEDEAO depuis plus de trente ans.

Les travaux de construction du siège du CDJS, financés par la Commission de la CEDEAO et plusieurs partenaires, devraient débuter au premier semestre 2026 dans la banlieue de Monrovia. Le centre ambitionne de devenir, à terme, un pôle d’excellence sportif et éducatif pour toute l’Afrique de l’Ouest.

Toutefois, cette signature intervient alors que la CEDEAO traverse une crise institutionnelle sans précédent avec le retrait annoncé du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Par conséquent, le geste du Liberia, pays fondateur de l’organisation en 1975, apparaît aussi comme un rappel opportun de l’utilité historique et de la légitimité de l’institution régionale aux yeux de nombreux États membres.

Ouattara prête serment pour un nouveau quinquennat

Abidjan, 8 décembre 2025 – Sous un ciel clair et une brise océanique légère, le Palais présidentiel du Plateau, cœur historique d’Abidjan, a vibré d’une solennité protocolaire impeccable. À 83 ans, Alassane Ouattara, réélu triomphalement le 25 octobre dernier, a prêté serment pour un quatrième mandat à la tête de la Côte d’Ivoire. En effet, devant un parterre de chefs d’État africains, de dignitaires internationaux et de milliers de citoyens rassemblés, ce rituel constitutionnel a scellé l’entrée dans un nouveau quinquennat, marqué par des engagements renouvelés envers la stabilité et le développement. Chronologie détaillée d’une journée qui, au-delà des formalités, interroge l’avenir d’une nation en pleine mutation économique et politique.

 

Le processus électoral : une victoire confirmée dans un contexte tendu

 

L’ascension d’Alassane Ouattara vers ce nouveau quinquennat, qualifié de « quatrième mandat » par ses détracteurs, s’ancre dans un scrutin présidentiel tenu le 25 octobre 2025. L’opposition, largement réprimée, avait appelé à un boycott massif, ce qui a maintenu le taux de participation à un faible 50,10 %. Le chef de l’État sortant a ainsi récolté 89,77 % des suffrages exprimés, une domination entérinée le 4 novembre par le Conseil constitutionnel, malgré la contestation.

Ce scrutin a été marqué par de lourdes controverses. L’opposition a dénoncé non seulement des irrégularités, mais aussi l’exclusion de candidats clés, comme l’ancien président Laurent Gbagbo et Tidiane Tiam. Plus grave, les semaines précédant le vote ont été émaillées de manifestations et d’un boycott actif, entraînant l’emprisonnement de plusieurs leaders et militants de l’opposition. Bien que les observateurs internationaux – notamment l’Union africaine (UA) et la CEDEAO – aient salué un processus globalement pacifique, la répression des voix dissidentes alimente les accusations de « dérive autoritaire » et interroge sérieusement la maturité démocratique post-crise de la Côte d’Ivoire.

 

Cérémonie d’investiture d’Alassane Ouattara : Solennité et faste diplomatique 

 

La journée a débuté aux premières heures par un renforcement sécuritaire massif autour du Palais présidentiel, avec des barrages routiers et des hélicoptères survolant le skyline abidjanais. À 10 h précises (GMT), la cérémonie s’est ouverte dans la grande salle des actes du palais. Devant les neuf juges du Conseil constitutionnel, Alassane Ouattara, vêtu d’un costume sombre impeccable, a posé la main gauche sur la Constitution de 2016 et levé la droite pour prononcer le serment solennel :

« Devant le peuple souverain de Côte d’Ivoire, je jure solennellement et sur l’honneur de respecter et de défendre fidèlement la Constitution, d’incarner l’unité nationale et de remplir consciencieusement les devoirs de ma charge dans l’intérêt supérieur de la Nation, » a-t-il déclaré.

Par ailleurs, le Conseil constitutionnel a fait suivre ce rituel de la remise du Grand Collier de l’Ordre National, distinction suprême.

 

Une constellation de leaders africains

 

L’événement a réuni une constellation de figures continentales et mondiales, transformant l’investiture en un sommet informel sur la gouvernance ouest-africaine. Au total, une dizaine de présidents ont convergé vers Abidjan, dont Bassirou Diomaye Faye (Sénégal), Ismaïl Omar Guelleh (Djibouti), Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville), ainsi que Brice Clotaire Oligui Nguema (Gabon), Umaro Sissoco Embaló (Guinée-Bissau) et John Dramani Mahama (Ghana), l’ancien Président Issoufou Mahamadou, président de la Fondation FIM. Le vice-président nigérian Kashim Shettima et le président de la Commission de la CEDEAO, Omar Touray, étaient également présents, soulignant l’importance régionale.

Sur le plan international, la présence de Jacob Helberg, secrétaire d’État américain aux Affaires économiques, a marqué un temps fort. Représentant l’administration Trump, il a symbolisé l’engagement des États-Unis pour une « prospérité économique via les technologies clés et la sécurité partagée ». Des émissaires de l’Union européenne, de la Chine et du Japon ont complété ce tableau diplomatique. Pendant ce temps, les abords du palais ont aussi accueilli des milliers de supporters du RHDP, avec des chants traditionnels et des danses qui ont rythmé l’arrivée des invités, diffusées sur des écrans géants dans les quartiers populaires.

 

Discours et vision du quinquennat

 

Immédiatement après le serment, Alassane Ouattara s’est adressé à la nation lors d’un discours d’une quarantaine de minutes, retransmis en direct par la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (RTI) et les chaînes privées. Prenant un ton humble et visionnaire, il a d’abord exprimé « sa profonde gratitude envers les électeurs », qualifiant ce choix de « victoire de la démocratie, de la paix et de la stabilité ».

Les axes majeurs de son intervention ont dessiné les contours d’un mandat placé sous le signe de  » l’audace, de l’innovation et de la transmission générationnelle. » Ouattara a insisté sur la nécessité de consolider les acquis précédents : modernisation des infrastructures, réforme économique (visant à diversifier les revenus au-delà du cacao, qui représente 40 % des exportations), et amélioration du cadre de vie (promettant l’accès à l’eau potable pour 90 % de la population d’ici 2030). Il a également promis une accélération des réformes sociales, avec un focus crucial sur l’emploi des jeunes, une catégorie qui représente 60 % de la population.

 

Les prochaines actions d’Alassane Ouattara : transmission, Sécurité et Avenir

 

Le passage le plus poignant a été consacré à la « transmission générationnelle », qualifiée d’acte de responsabilité et de maturité politique ». Le président a annoncé la formation d’une « élite intègre, compétente et attachée à l’intérêt général », via des programmes de mentorat et de leadership, dissipant par là les spéculations sur une retraite imminente. « Ce mandat est celui de préparer l’avenir, en élevant une génération prête à porter la Côte d’Ivoire émergente, » a-t-il martelé.

Sur le plan sécuritaire, face aux menaces jihadistes aux frontières nord et aux tensions ethniques résiduelles, Ouattara s’est engagé à renforcer la cohésion nationale : « Je resterai le président de tous les Ivoiriens, sans distinction, au service exclusif de l’intérêt général ». Il a appelé à l’unité face aux défis régionaux, évoquant la coopération avec la CEDEAO pour contrer l’instabilité sahélienne.

En conclusion, il a lancé un appel vibrant : « Rien n’est impossible pour un peuple uni. Avec humilité et sens du devoir, nous forgerons une Côte d’Ivoire stable et ambitieuse. » Ce discours a été perçu comme un « nouveau pacte avec la nation », selon le Premier ministre sortant, Robert Beugré Mambé.

 

Un mandat sous tension : la contestation au regard des 6 % de croissance

 

Ce quatrième mandat s’inscrit dans une Côte d’Ivoire qui a connu une trajectoire économique remarquable depuis 2011. Sous Alassane Ouattara, le PIB a triplé, passant de 25 milliards de dollars à près de 80 milliards en 2025, porté par les investissements massifs dans l’énergie (barrages hydroélectriques) et les télécoms. Avec une croissance annuelle avoisinant les 6 %, Abidjan s’est clairement imposée comme un hub ouest-africain attractif pour les capitaux étrangers.

Pourtant, les ombres persistent. L’opposition conteste vivement la légalité de ce nouveau quinquennat, le qualifiant d’« anticonstitutionnel » en raison de la réforme de 2016 qui a ouvert la voie à ces mandats supplémentaires. L’exclusion de figures politiques majeures, comme Tidiane Thiam, alimente les griefs d’exclusion et de dérive. Sur les réseaux sociaux, des voix dissidentes dénoncent une « polarisation accrue », signalant des risques de tensions post-électorales qui menacent d’éroder le consensus national.

 

Le défi de l’après-2030 : Ouattara consolide son legs

 

Ce 8 décembre 2025 marque un jalon : la Côte d’Ivoire entre dans une ère de continuité, avec la formation d’un nouveau gouvernement attendue dans les prochains jours, mais aussi avec l’urgence d’une transition fluide. Comme l’a résumé un analyste local anonyme : « Ouattara consolide son legs, mais l’épreuve du feu sera la préparation d’après-2030. » Pour l’heure, Abidjan respire l’optimisme, bercée par les promesses d’un leader qui, à l’aube de ses 84 ans, mise sur l’unité pour bâtir un avenir serein.

Le voyage démentiel de deux gambiens : 3 500 Km sur des bidons

Deux jeunes Gambiens ont tenté l’impensable : traverser l’océan jusqu’en Espagne, soit près de 3 500 kilomètres, en s’accrochant à de simples bidons en guise de flotteurs. Ce périple, aussi fou que tragique, est plus qu’un geste désespéré. Il révèle la détresse d’une jeunesse prête à tout risquer pour fuir le manque d’opportunités en Afrique dans l’espoir d’un avenir meilleur.

Deux jeunes Gambiens ont rejoint l’Espagne en parcourant près de 3 500 km d’océan avec de simples bidons comme flotteurs.
© Deux jeunes Gambiens ont rejoint l’Espagne en parcourant près de 3 500 km d’océan avec de simples bidons comme flotteurs.

Quand la détresse devient plus forte que la peur

 

Sans embarcation solide, et surtout sans gilet de sauvetage, ces jeunes Gambiens ont affronté les vagues de l’Atlantique avec pour seule arme leur détermination. Leur périple aurait pu tourner au drame. Il révèle la gravité d’une réalité trop souvent ignorée : l’absence de perspectives pousse certains à choisir la mort plutôt que l’immobilisme.

Ce trajet est l’un des plus dangereux corridors migratoires vers l’Europe, où chaque vague peut s’avérer fatale. Par conséquent, cet événement n’est pas un signe d’audace, mais bien comme un cri de désespoir.

Derrière ce geste se cache une vérité brutale : l’Europe est devenue l’ultime horizon pour une jeunesse africaine qui ne trouve plus sa place sur son propre continent. En effet, pour beaucoup, l’Occident est la promesse d’un travail, d’une dignité et d’une vie nouvelle. Mais ce rêve se paie au prix fort : la traversée clandestine, les dangers de la mer, et parfois la mort.  Ainsi l’espoir d’une dignité et d’une vie nouvelle se transforme en pari mortel. De plus, chaque tentative rappelle l’urgence d’une réflexion collective sur les causes profondes de cette migration.

L’acte désespéré des Gambiens, un appel à la responsabilité des gouvernants

 

Respect à leur courage, mais que ce périple serve d’électrochoc à nos dirigeants. En effet, la véritable question n’est pas de savoir pourquoi ces jeunes partent, mais pourquoi ils ne trouvent pas d’avenir chez eux. L’Afrique doit bâtir des opportunités, investir dans sa jeunesse, et offrir des raisons d’espérer sans avoir à fuir.

Cette histoire n’est pas un fait divers isolé, mais le symbole d’une génération en quête de survie. Elle interpelle les consciences, secoue les dirigeants et rappelle que derrière chaque traversée se cache une vie, un rêve, une détresse.

Ce n’est pas une histoire d’audace, mais une histoire de détresse.

Olivia Yacé renonce à son titre Miss Univers Africa & Oceania

Coup de théâtre dans le monde des concours de beauté : le Comité Miss Côte d’Ivoire (COMICI) a annoncé le retrait immédiat de sa représentante, Olivia Yacé, des titres obtenus lors de la 74ᵉ édition de Miss Universe. Miss Yacé, élue Miss Universe Africa & Oceania 2025 il y a seulement trois jours, renonce à ses mandats internationaux pour des convenances personnelles.

Bangkok, 24 novembre 2025 – Le Comité Miss Côte d’Ivoire (COMICI), détenteur de la licence Miss Universe, a annoncé aujourd’hui le retrait de sa représentante, Olivia Yacé, de tous les titres et mandats découlant du concours international Miss Universe. L’ancienne Miss Côte d’Ivoire 2021, qui avait été élue Miss Universe Africa & Oceania 2025 lors de la 74ᵉ édition tenue à l’Impact Arena de Bangkok le 21 novembre dernier, met fin à ses fonctions pour convenances personnelles.

Le COMICI, par cette annonce, officialise auprès de l’organisation Miss Universe la décision de la candidate ivoirienne de renoncer à ses mandats électifs.

Une Décision Conjointe et Officielle

 

Olivia Yacé perd donc son titre de Miss Universe Africa & Oceania à compter de cette date. Pour formaliser sa décision et pour que l’acte soit pleinement attesté, la jeune femme remettra officiellement son bandeau de Miss Universe Africa & Oceania à l’organisation du concours.

L’annonce, faite à Bangkok, met un terme à une période de succès et de reconnaissance internationale pour la candidate ivoirienne, marquant un chapitre inattendu dans l’histoire de la participation de la Côte d’Ivoire au prestigieux concours de beauté.

Une Participation sous le Signe de la Controverse

 

Cette décision intervient après une participation déjà exceptionnelle et atypique. En tant que Miss Côte d’Ivoire 2021, Olivia Yacé a été 2ᵉ dauphine de Miss Monde 2022. Cependant , elle avait initialement renoncé à concourir au titre de Miss Univers cette année-là afin de prioriser l’obtention de son diplôme. Quatre ans plus tard, elle avait fait un retour inattendu, prenant la place de Koné Fatima, Miss Côte d’Ivoire 2025 sans passer par le processus de sélection habituel pour cette édition. Cette substitution, bien que validée par le COMICI, avait suscité des débats dans l’opinion publique et chez les observateurs des concours de beauté. Son retrait d’aujourd’hui met fin prématurément à ce chapitre, achevant sur une note surprenante un mandat déjà hors norme.

 

L’épilogue symbolique d’un mandat déjà hors norme.

 

Ce retrait, bien que motivé par des raisons personnelles, marque une fin abrupte et hautement symbolique à un mandat déjà hors norme. En confiant cette décision à des « convenances personnelles, » le COMICI et Olivia Yacé mettent un terme prématuré à une participation qui, dès le départ, avait dérogé aux règles habituelles en la voyant prendre la place de la Miss 2025. Cette conclusion inattendue et rapide vient souligner l’aspect exceptionnel de son règne. L’organisation Miss Universe Africa & Oceania doit désormais faire face à cette vacance et aux questions qu’elle soulève, tandis que le monde des concours de beauté retient son souffle devant cette décision qui boucle un cycle aussi brillant que controversé.

Kaduna : des terroristes enlèvent un prêtre et exigent une rançon de 5 millions de nairas

L’insécurité continue de frapper durement le clergé au Nigeria. Le Père Bobbi Paschal, Curé de la paroisse Saint-Étienne, est aux mains de terroristes dans l’État de Kaduna. Si la nouvelle initiale de son assassinat a été démentie par la famille, l’angoisse demeure : les ravisseurs exigent une rançon de 5 millions de nairas pour sa libération.

 

Kaduna (Nigeria), 20 novembre 2025   L’archidiocèse catholique de Kaduna traverse une nouvelle période d’épreuve. Dans la nuit du lundi 17 novembre 2025, des hommes armés, décrits comme des terroristes, ont attaqué la paroisse Saint-Étienne de Kushe Gugdu, dans la zone de gouvernement local de Kagarko. Si les premières rumeurs ont fait état de l’assassinat du Curé, le Rév. Père Bobbi Paschal, il a été confirmé qu’il a en réalité été enlevé de sa résidence. En effet, cet assaut meurtrier a également coûté la vie au frère d’un autre prêtre, le Père Anthony Yero, et a conduit à l’enlèvement de plusieurs autres résidents de la communauté.

L’espoir tenu par la rançon de 5 millions de nairas

 

Contrairement aux premières informations alarmantes, la famille du Père Bobbi Paschal ainsi que la hiérarchie ecclésiale ont reçu des signes de vie du prêtre enlevé. Selon des sources proches du dossier, le religieux aurait brièvement pu s’entretenir par téléphone dans la matinée suivant son enlèvement — survenu lundi —, confirmant qu’il était vivant, bien que retenu par ses ravisseurs.

Cependant, une exigence de rançon ferme tempère l’espoir : un contact direct avec la famille a révélé que les terroristes réclament la somme de 5 millions de nairas en échange de sa libération. Les ravisseurs ont réitéré cette demande auprès de son père âgé ainsi que d’un autre révérend père de l’archidiocèse. Ces communications, bien que confidentielles, sont cruciales et maintiennent l’espoir d’une libération rapide pour le Père Bobbi et les autres victimes de l’attaque.

 

 L’église, cible privilégiée des bandits de Kaduna

 

L’enlèvement du Père Bobbi Paschal est un nouvel épisode d’une vague de violences qui cible spécifiquement les communautés chrétiennes et le clergé dans les États du nord-ouest et du centre-nord du Nigeria. Des groupes armés, dont l’activité principale est l’enlèvement contre rançon, frappent constamment des États comme Kaduna, Zamfara et Katsina.

Les prêtres sont des cibles de choix en raison de leur statut, garantissant aux bandits des rançons élevées. Ce climat d’insécurité généralisée, où les attaques contre les institutions religieuses et éducatives sont monnaie courante, place le gouvernement nigérian sous pression pour garantir la protection de tous les citoyens et mettre fin au terrorisme et aux enlèvements.

 

Kaduna : appel urgent à la prière et à la solidarité

 

L’archidiocèse de Kaduna a lancé un appel vibrant à la communauté nationale et internationale pour prier pour le Rév. Père Bobbi Paschal et pour la sécurité et la prompte libération de toutes les victimes de l’attaque.

Les autorités ecclésiales restent en contact étroit avec les forces de l’ordre et la famille pour assurer le dénouement rapide de cette épreuve, rappelant la situation critique des communautés confrontées à l’insécurité chronique et au besoin urgent de renforcer la sécurité régionale.

Cameroun : Paul Biya entame un 8ᵉ mandat sous tension

Paul Biya a prêté serment pour un huitième mandat consécutif à la tête du Cameroun. Si la cérémonie d’investiture s’est déroulée dans une solennité maîtrisée, les tensions post-électorales, les contestations de l’opposition et les violences dans les rues rappellent toutefois que ce nouveau septennat s’ouvre dans un climat de crispation politique.

 

Yaoundé, 6 novembre 2025 – À 92 ans, Paul Biya a réaffirmé son emprise sur le Cameroun en prêtant serment pour un nouveau septennat, son huitième consécutif. Au pouvoir depuis 1982, le chef de l’État a été officiellement investi lors d’une cérémonie solennelle au Palais de Verre, siège de l’Assemblée nationale. Proclamé vainqueur de l’élection du 12 octobre avec 53,66 % des suffrages, selon le Conseil constitutionnel, son triomphe suscite néanmoins de vives contestations. En effet, l’opposition dénonce un scrutin biaisé et appelle à la mobilisation populaire.

Paul Biya investi pour un huitième mandat, réaffirmant la stabilité institutionnelle et les priorités nationales du Cameroun.
© Paul Biya investi pour un huitième mandat, réaffirmant la stabilité institutionnelle et les priorités nationales du Cameroun.

Paul Biya : une investiture chargée de symboles

 

La scène s’est déroulée dans un hémicycle comble, où élus et dignitaires ont assisté à l’acte protocolaire. Après avoir juré fidélité à la Constitution, Paul Biya s’est adressé à la nation dans un discours mesuré mais ferme. Il a notamment invoqué à deux reprises la confiance du peuple camerounais, doublée d’une « volonté divine », pour légitimer la continuité de son pouvoir. L’assemblée lui a réservé une ovation nourrie, saluant ainsi le doyen des chefs d’État africains, dont les 43 années au sommet font figure de longévité inégalée – ce qui engendre une forte polarisation.

 

Tensions post-électorales : un appel à l’ordre musclé

 

Toutefois, le scrutin d’octobre a laissé des traces. Issa Tchiroma Bakary, arrivé en deuxième position, conteste vigoureusement les résultats et se proclame « véritable élu ». C’est pourquoi son appel à trois journées de « villes mortes », du 3 au 5 novembre, a embrasé plusieurs localités, provoquant ainsi des affrontements violents. Sans jamais nommer son rival, Paul Biya a dénoncé les « comportements irresponsables » de certains leaders politiques, accusés d’attiser les braises de l’instabilité. Face à ces violences, qui auraient fait au moins 39 morts selon des ONG – un chiffre non confirmé officiellement –, le président a exprimé ses condoléances. Il est resté silencieux, en revanche, sur les centaines d’arrestations évoquées par le ministre de la Communication, un silence qui alimente les critiques sur la gestion sécuritaire.

 

Paul Biya,« L’ordre règnera » : hommage aux forces et avertissement.

 

Dans un passage salué par des applaudissements nourris, Paul Biya a rendu hommage au « professionnalisme exemplaire » des Forces de défense et de sécurité, les érigeant en rempart contre le chaos. « Le Cameroun ne saurait tolérer une crise post-électorale aux retombées funestes », a-t-il averti, avant de marteler : « Je vous le garantis, l’ordre prévaudra. » Cette promesse sonne comme une mise en garde à peine voilée à l’encontre de toute contestation, d’autant plus que la stabilité est souvent invoquée dans ce pays pour justifier une gouvernance autoritaire.

Un programme annoncé sous le signe de l’inclusion

 

Conscient des tensions sociales, le président a esquissé les grandes lignes de son programme. D’abord, il a promis des initiatives ciblées en faveur des jeunes et des femmes, afin de canaliser les énergies et de renforcer l’inclusion. En outre, il a renouvelé son appel à la reddition des groupes armés dans les régions en crise : le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, en proie à un conflit séparatiste, ainsi que l’Extrême-Nord, confronté aux incursions djihadistes. Présentées comme des leviers de cohésion, ces priorités suffiront-elles à convaincre les sceptiques ? L’avenir dira si les promesses présidentielles se traduiront en actes.

 

Une nation sur le fil

 

En conclusion, alors que le Cameroun oscille entre héritage autoritaire et aspirations démocratiques, cette investiture cristallise les paradoxes d’un pays en quête d’équilibre. Tandis que les applaudissements résonnent encore dans les travées du pouvoir, les murmures de la rue rappellent que la légitimité ne se décrète pas : elle se conquiert. Le septennat de Paul Biya s’ouvre sur un fil tendu, entre unité sacrée proclamée et défis persistants.

L’histoire retiendra que Paul Biya aura traversé les décennies comme un roc au sommet du pouvoir. Mais même les rocs finissent par fissurer sous la pression du temps et des peuples.

Le Soudan : Un conflit dévastateur au cœur de l’Afrique

Malgré des dizaines de milliers de morts, des millions de déplacés et une famine imminente, la crise humanitaire au Soudan reste largement ignorée par la communauté internationale. Un drame silencieux, nourri par des rivalités internes, des ingérences étrangères et une économie de guerre.

 

Soudan, 31 octobre 2025 Dans les vastes étendues du Soudan, deuxième plus grand pays d’Afrique, une guerre fratricide oppose depuis avril 2023 l’armée régulière (SAF) aux Forces de soutien rapide (FSR), une milice paramilitaire. Ce conflit, qui a déjà coûté la vie à des dizaines de milliers de personnes et fait plus de 10 millions de déplacés, s’intensifie jour après jour. La ville stratégique d’El Fasher, dans le Darfour, est désormais plongée dans le chaos, théâtre de violences extrêmes et d’un exode massif. En effet, des milliers de civils fuient les combats, exposés à des attaques indiscriminées et à une famine imminente. Pourtant, cette tragédie, l’une des plus graves de notre époque, peine à mobiliser l’attention internationale.

Les racines d’une fracture historique

 

Le Soudan n’en est pas à son premier soulèvement. En 2019, une vague de contestation populaire a renversé Omar el-Béchir, au pouvoir depuis trois décennies. Mais, en octobre 2021, le général Abdel Fattah al-Burhan a mené un coup d’État militaire qui a brisé les espoirs de transition démocratique. Ce putsch a fracturé les alliances au sein des forces armées, opposant l’armée régulière aux FSR, dirigées par le général Mohamed Hamdan Dagalo, dit Hemedti, ancien chef des milices janjawid, accusé de crimes au Darfour dans les années 2000.

Ce qui n’était qu’une lutte de pouvoir s’est transformé en guerre ouverte en avril 2023, après des affrontements dans la capitale Khartoum. Aujourd’hui, le conflit entre dans sa troisième année avec des avancées territoriales alternées qui redessinent la carte du pays sans perspective de résolution.  Par ailleurs, des sources locales rapportent que l’armée soudanaise s’est retirée d’El Fasher, laissant la ville aux mains des FSR, au prix d’une escalade de violences et d’un déplacement massif de population.  Des sources locales rapportent que l’armée soudanaise s’est retirée d’El Fasher, laissant la ville aux mains des FSR, au prix d’une escalade de violences et d’un déplacement massif de population.

Une rivalité militaire aux conséquences civiles

 

D’un côté, l’armée soudanaise (SAF), fidèle à al-Burhan, contrôle le nord et l’est du pays, s’appuyant sur une hiérarchie classique et des alliances étatiques.  De l’autre, les FSR, issues des milices arabes du Darfour, dominent l’ouest et le Sahel, usant de tactiques asymétriques et d’une mobilité redoutable. Les deux camps sont accusés de graves exactions : bombardements indiscriminés pour l’armée, violences ciblées contre les populations non arabes pour les FSR.

À El Fasher, bastion historique des rebelles non arabes, des exécutions sommaires, des attaques contre des hôpitaux et des enlèvements de personnel médical ont marqué la chute de la ville. Le Réseau des médecins soudanais dénombre plus de 1 500 victimes civiles en quelques semaines. L’OMS a condamné l’attaque de l’hôpital de maternité saoudien, dernier centre partiellement fonctionnel de la région. Hemedti a promis une enquête, mais les doutes sur sa crédibilité demeurent.

Une guerre amplifiée par les influences extérieures

 

Le conflit soudanais est un véritable nœud géopolitique. Ce conflit interne est inextricablement lié à des dynamiques régionales et mondiales. Les Émirats arabes unis (EAU) soutiennent activement les FSR, leur fournissant armes, financements et logistique, notamment par le biais de Port Soudan. Des enquêtes ont tracé des livraisons d’équipements militaires émiratis sur les théâtres d’opérations, motivées par des intérêts économiques dans l’or et les minerais.

En face, l’Égypte appuie l’armée régulière, soucieuse de préserver sa sécurité frontalière et ses intérêts sur le Nil. La Russie, par le biais du groupe Wagner (désormais Africa Corps), et la Chine apportent un soutien logistique à Khartoum, en échange d’accès à des bases navales et de contrats miniers. La Turquie et l’Arabie saoudite, quant à eux, jouent des rôles plus ambigus, oscillant entre médiation et livraisons d’armement.

 

La France n’échappe pas à cette équation. Bien qu’indirectement impliquée, des critiques visent directement Paris pour ses exportations de composants militaires vers les EAU. On a d’ailleurs retrouvé certains de ces composants dans des armes que les FSR utilisent au Darfour. Amnesty International alerte sur ces flux indirects qui alimentent le cycle de violence. Ainsi, les puissances étrangères font du Soudan le terrain d’un bras de fer géopolitique, où la stabilité locale devient une variable négligée, sacrifiée au profit d’intérêts stratégiques et d’ambitions régionales.

Les richesses maudites : ressources au service de la guerre

 

Le Soudan regorge de richesses naturelles qui attirent les convoitises : des réserves d’or parmi les plus importantes d’Afrique, des gisements pétroliers dans le sud, et une production dominante de gomme arabique, ingrédient clé pour l’industrie agroalimentaire mondiale (représentant jusqu’à 80 % de l’offre globale avant le conflit). Ces ressources, qui pourraient financer le développement, sont aujourd’hui détournées pour alimenter la guerre.

Les FSR contrôlent une grande partie des mines d’or artisanales au Darfour, exportant illégalement vers l’étranger pour se procurer munitions et drones.  De même, le commerce de bétail et de gomme arabique, vital pour des millions de nomades, est également contrôlé par les groupes armés, perturbant les chaînes d’approvisionnement et aggravant la précarité économique. Cette « économie de guerre » prolonge les hostilités et transforme les ressources en armes plutôt qu’en levier pour la paix et le développement durable.

Une crise humanitaire d’une ampleur inédite

 

Plus de 10 millions de déplacés internes, 2 millions de réfugiés dans les pays voisins : le Soudan vit la plus grande crise de déplacement au monde. En avril 2025, les acteurs humanitaires ont déclaré une famine dans dix localités, notamment dans les camps comme Zamzam, où 400 000 personnes survivent dans des conditions extrêmes.

 

Près de 30 millions de Soudanais ont besoin d’une aide d’urgence, dont 15 millions d’enfants menacés par la malnutrition aiguë. Les belligérants ciblent les infrastructures médicales, les épidémies gagnent du terrain, et les bailleurs ne financent le Plan de réponse humanitaire 2025 qu’à hauteur de 27 % sur les 4,2 milliards de dollars requis.

 

Vers une mobilisation internationale ?

 

L’Union africaine et l’ONU enchaînent les condamnations, mais peinent à traduire leurs paroles en actes. Le 28 octobre, le Conseil de paix et de sécurité de l’UA a tenu une réunion d’urgence, appelant à un cessez-le-feu immédiat et à l’ouverture d’enquêtes sur les atrocités commises.

Les experts des Nations unies évoquent des violations graves du droit international et appellent à un embargo sur les armes. Mais malgré ces efforts, le silence médiatique persiste, éclipsé par d’autres crises mondiales.

Des retours spontanés sont observés dans certaines zones apaisées, signe d’un espoir fragile. Pour briser le cycle, une pression accrue sur les fournisseurs d’armes et un soutien renforcé à l’aide humanitaire s’imposent. Le Soudan ne doit pas rester le « conflit oublié » de notre temps.

 

Un silence qui tue

Alors que le Soudan s’enfonce dans une guerre sans fin, les chiffres s’accumulent, les témoignages s’effacent, et l’indifférence mondiale persiste. Derrière les lignes de front, ce sont des millions de vies suspendues à l’inaction, des enfants privés d’avenir, des familles déracinées, des hôpitaux réduits au silence. Le conflit soudanais n’est pas seulement une tragédie humanitaire : il est le miroir d’un déséquilibre global, où les logiques de puissance étouffent les appels à la paix. Briser ce silence, c’est reconnaître l’urgence d’agir. Car tant que le monde détournera le regard, le Soudan restera l’épicentre d’un drame que l’histoire jugera sévèrement.

Cameroun : Biya réélu, le pays s’enflamme

Au Cameroun , face à une réélection jugée illégitime, des milliers de jeunes descendent dans la rue pour réclamer transparence électorale, alternance politique et respect de la volonté populaire. Entre répression et colère, la contestation s’organise, portée par une jeunesse qui refuse de voir son avenir confisqué.

 

Yaoundé, 27 octobre 2025 – À peine la Cour constitutionnelle a-t-elle officialisé la réélection de Paul Biya pour un huitième mandat que les rues du Cameroun se sont embrasées. Avec 53,66 % des suffrages exprimés, le président sortant — doyen mondial des chefs d’État en exercice — prolonge son règne entamé il y a 42 ans. Mais cette annonce, attendue comme un couperet, a déclenché une vague de colère : manifestations violemment réprimées sur toute l’étendue du territoire camerounais et des accusations de fraude qui résonnent jusqu’aux chancelleries internationales.

Au Cameroun, la réélection contestée de Paul Biya pour un huitième mandat déclenche une vague de manifestations. Entre colère populaire, répression violente et appels à la grève, une jeunesse en quête d’alternance défie un pouvoir jugé hors d’âge.
© Au Cameroun, la réélection contestée de Paul Biya pour un huitième mandat déclenche une vague de manifestations. Entre colère populaire, répression violente et appels à la grève, une jeunesse en quête d’alternance défie un pouvoir jugé hors d’âge.

Cameroun : une victoire contestée, une opposition en ébullition

 

L’annonce est tombée ce lundi matin, dans l’enceinte feutrée du Palais des Congrès de Yaoundé, contrastant avec la tension qui secoue le pays. Paul Biya, absent de la campagne pour raisons de santé, l’emporte devant Issa Tchiroma Bakary, ancien ministre et principal challenger, crédité de 35,19 % des voix. D’ailleurs, ce dernier dénonce une « mascarade électorale » et affirme détenir des preuves d’un décompte qui lui aurait donné 54,8 % des suffrages. Ses recours, déposés auprès de la Cour suprême, ont été rejetés en bloc, attisant davantage la colère populaire.

Sur les réseaux sociaux, les images affluent : gaz lacrymogènes dans les rues de Douala, affrontements à Garoua, barricades improvisées, pneus en feu. Le bilan provisoire fait état de quatre civils tués par balles, selon des sources hospitalières et des ONG locales. Des dizaines d’arrestations ont été recensées.

« Nous ne tolérerons pas ce hold-up sur la volonté populaire« , martèle un porte-parole de la coalition d’opposition. Maurice Kamto, leader du MRC, appelle à une « grève générale illimitée ».

Un scrutin sous tension, dans un pays fracturé

 

Cette élection, la septième sous l’ère Biya, s’est déroulée dans un climat délétère. La crise anglophone, toujours active depuis 2016, a empêché des millions d’électeurs de voter librement. Par ailleurs, l’opposition, fragmentée en 14 candidatures, a vu plusieurs figures pro-démocratie interdites de se présenter. Les observateurs internationaux ont relevé de nombreux dysfonctionnements : bureaux de vote fermés prématurément, listes électorales gonflées, participation officielle de 52 % jugée peu crédible.

Les manifestations, latentes depuis le 13 octobre, ont explosé après l’annonce de la victoire de Biya. À Douala, des jeunes ont brandi des pancartes « Biya dehors ! » et « Démocratie ou rien », avant d’être dispersés par des canons à eau et des grenades assourdissantes. Sur X (ex-Twitter), des vidéos amateurs montrent aussi des charges policières brutales.

« À 92 ans, il ne peut plus gouverner ; c’est un régime fantôme qui nous étouffe« , témoigne une manifestante jointe par téléphone, la voix tremblante.

Réactions internationales et inquiétudes régionales

 

La communauté internationale réagit avec prudence. L’Union africaine salue « le bon déroulement global » tout en appelant au dialogue. L’Union européenne et les États-Unis dénoncent des « irrégularités substantielles » et exigent une enquête indépendante. Paris, allié historique de Yaoundé, se contente d’un communiqué laconique : « La France respecte le choix du peuple camerounais. »

Mais sur le terrain, les tensions pourraient s’étendre. La crise anglophone, déjà responsable de plus de 6 000 morts, menace de s’embraser si les troubles gagnent également les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Le régime, lui, durcit le ton : censure des médias, ralentissement d’internet dans les zones sensibles, et discours officiel minimisant les violences.

 

Cameroun : un pays à bout de souffle

 

Ce bras de fer post-électoral dépasse la simple querelle de chiffres. Il cristallise des décennies de frustrations : pauvreté persistante, corruption endémique, et un président perçu comme un vestige de la guerre froide. Biya, au pouvoir depuis 1982, incarne une longévité politique hors norme, mais interroge la vitalité d’une nation de 28 millions d’habitants.

Alors que les fumées se dissipent à Douala, une question demeure : cette étincelle allumera-t-elle un incendie généralisé, ou le Cameroun retombera-t-il dans un silence résigné ? Les prochains jours diront si le « Lion indomptable » peut encore rugir face à une jeunesse qui refuse la cage. Pour l’heure, le pays retient son souffle — entre espoir de changement et spectre de la répression.

 

Cameroun : À 92 ans, Paul Biya réélu « pour l’éternité »

À 92 ans, Paul Biya décroche un huitième mandat dans un scrutin contesté, validé sans surprise par une Cour constitutionnelle fidèle au pouvoir. Une réélection qui illustre les dérives institutionnelles d’une démocratie verrouillée.

Yaoundé, 27 octobre 2025 – En Afrique francophone, la démocratie semble avoir adopté le principe des prolongations illimitées. Les présidents y défient les urnes, les calendriers… et parfois même la biologie. Dernier épisode en date : la Cour constitutionnelle camerounaise a validé, sans surprise, la réélection de Paul Biya pour un huitième mandat. À 92 ans, le « pharaon d’Étoudi » ne détonne plus : il incarne une forme de résilience institutionnalisée, où l’État prend des allures d’hospice géré par un conseil d’administration éternel.

 

Paul Biya : une victoire sans suspense

 

Le scénario est désormais bien rodé. Le 12 octobre, Paul Biya récolte 53,66 % des suffrages. Face à lui, une opposition fragmentée, menée par l’ancien ministre Issa Tchiroma Bakary, qui obtient 35,19 % — un score qui, dans un autre contexte, aurait pu ressembler à une percée. Mais ici, il tient lieu de lot de consolation. La Cour constitutionnelle, fidèle à sa réputation, balaie d’un revers de main les recours pour fraude, les pétitions sur l’inéligibilité liée à l’âge, et les soupçons d’irrégularités qui ont enflammé Douala et Garoua. Résultat : Biya, inchangé, inaltérable, réinvesti. La science politique camerounaise, une fois encore, défie les lois de la gravité démocratique.

 

Élections au Cameroun : une mécanique électorale sans surprise

 

Derrière l’ironie, une mécanique bien huilée. Les élections de 2025 ne sont qu’un remake des précédentes : bureaux de vote fantômes, bulletins préremplis, opposants tolérés pour la forme, puis relégués au rang de figurants. Maurice Kamto, Cabral Libii… les noms changent, le scénario reste. À la baguette, Clément Atangana, président de la Cour constitutionnelle, dont la proximité avec le pouvoir n’est plus un secret. Arbitre ? Non. Chef d’orchestre d’une symphonie où toute dissonance est soigneusement étouffée.

 

Paul Biya : Quand la longévité politique défie la démocratie

 

À 92 ans, Paul Biya pourrait prétendre au panthéon de la longévité politique, aux côtés de Fidel Castro ou de la reine Elizabeth. Mais là où d’autres démocraties fixent des limites, le Cameroun les efface. Une requête pour inéligibilité liée à l’âge ? Rejetée en août, comme un importun au bal des anciens. Le président gouverne désormais par inertie, dans un pays miné par une crise anglophone persistante, une économie en panne et une jeunesse en quête d’exil. La Constitution, devenue parchemin malléable, cède à toutes les torsions. La démocratie, elle, flirte avec le vaudeville.

 

Un syndrome francophone bien rodé

 

Le Cameroun n’est pas une exception, mais un maillon d’un système plus vaste. La Côte d’Ivoire d’Alassane Ouattara, le Congo-Brazzaville de Denis Sassou-Nguesso, le Togo de Faure Gnassingbé… Partout, les cours constitutionnelles ne jugent pas : elles entérinent. La fraude électorale n’est plus un scandale, mais un rituel. Une chorégraphie bien huilée où les urnes servent de décor à des successions dynastiques.

 

Une crédibilité en lambeaux

 

Cette répétition du même schéma mine la crédibilité du continent sur la scène internationale. L’Occident, prompt à prêcher les « valeurs démocratiques », détourne le regard tant que les contrats miniers tiennent et les bases militaires restent ouvertes. Résultat : l’Afrique se caricature elle-même, continent de promesses étouffées par des élites qui confondent État et patrimoine personnel. La validation de Biya n’est pas qu’un fait divers politique : c’est un message adressé à toute une génération de réformateurs. « Patience, votre tour viendra… en 2060, peut-être. »

 

Paul Biya : la normalisation de l’absurde

 

La Cour camerounaise n’a pas déclaré Biya « non aberrant » : elle a simplement confirmé que, dans certaines républiques, l’aberration est devenue la norme. Tant que les institutions judiciaires danseront au rythme des présidents à vie, l’Afrique francophone continuera d’offrir au monde des sketches dignes d’un Monty Python tropical. Reste à savoir si une nouvelle génération, lassée du spectacle, saura enfin réécrire le scénario. Sinon, rendez-vous en 2030. Ou en l’an 3000. Le monde, lui, retient son souffle… d’ennui.

 

Nana Konadu Agyeman-Rawlings, ex-Première dame : fin d’une ère au Ghana

Accra, 24 octobre 2025 – Le Ghana pleure l’une de ses grandes voix. Nana Konadu Agyeman-Rawlings, militante infatigable pour l’égalité des genres et épouse de l’ancien président Jerry Rawlings, s’est éteinte jeudi 23 octobre à Accra, à l’âge de 76 ans. Figure de proue du combat pour les droits des femmes, elle laisse derrière elle un legs politique et social qui a également  façonné l’histoire contemporaine du pays.

 

Nana Konadu Agyeman-Rawlings : une vie dédiée à l’émancipation féminine

 

Née en 1948, dans un Ghana encore marqué par l’empreinte coloniale, Nana Konadu s’est imposée dès ses débuts comme une voix singulière dans un paysage politique dominé par les hommes. Aux côtés de Jerry Rawlings, président de 1981 à 2001, elle ne s’est jamais contentée d’un rôle d’épouse effacée. En 1982, elle fonde le Mouvement des femmes du 31 décembre (DWM), qui deviendra aussi  un levier majeur d’autonomisation pour des milliers de Ghanéennes.

Sous son impulsion, le Ghana devient en 1991 le premier pays au monde à ratifier la Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant. « Elle n’était pas seulement la Première dame, elle était une architecte du progrès social », témoigne une ancienne collaboratrice du DWM. En effet, son action a ouvert la voie à une nouvelle génération de femmes leaders.

 

Une audace politique sans précédent

 

Femme de convictions, Nana Konadu ne s’est pas arrêtée aux sphères sociales. En 2009, elle accède à la vice-présidence du Congrès national démocratique (NDC), avant de fonder en 2011 le Parti national démocratique (NDP), avec une ambition de refondation progressiste. En 2016, elle entre dans l’histoire en devenant la première femme candidate à la présidence du Ghana, brisant  ainsi les plafonds de verre et inspirant bien au-delà des frontières nationales.

Entrepreneure accomplie, elle investit dans l’agroalimentaire et les médias, convaincue que l’autonomie économique est la clé de l’émancipation. Ses discours, souvent enflammés, portaient une conviction forte : « Le pouvoir n’est pas un privilège masculin, mais un droit partagé. »

 

Nana Konadu Agyeman-Rawlings : une disparition qui unit les hommages

 

Son décès, survenu après une longue maladie tenue secrète, a déclenché une vague d’émotion. Le président John Dramani Mahama l’a saluée comme une « matriarche de la démocratie ghanéenne ». De l’opposition aux institutions internationales, les hommages convergent pour célébrer une femme qui a redéfini le rôle de Première dame.

L’ONU Femmes salue son engagement précoce dans la ratification de traités internationaux, tandis que de nombreuses militantes africaines voient en elle une source d’inspiration durable. Jerry Rawlings, disparu en 2020, disait d’elle qu’elle était le « moteur » de ses réformes sociales. Aujourd’hui, le Ghana perd une voix puissante, le continent une figure emblématique.

 

Un appel à poursuivre son combat

 

Alors que des funérailles d’État se préparent, la disparition de Nana Konadu Agyeman-Rawlings résonne comme un appel à l’action. Dans un pays où les femmes représentent la moitié de la population mais restent sous-représentées dans les sphères décisionnelles, son parcours impose une accélération des réformes.

Pour les jeunes Ghanéennes qui voyaient en elle un modèle, le défi est lancé : transformer son audace en avancées concrètes. Accra, capitale vibrante de l’Afrique de l’Ouest, salue aussi une reine partie trop tôt, dont l’écho continuera de nourrir les luttes à venir.

 

Liban : Hannibal Kadhafi libéré sous caution

Beyrouth : Du nouveau dans l’affaire de la disparition de l’imam Moussa Sadr. Un tribunal libanais a ordonné ce vendredi la libération d’Hannibal Kadhafi, fils de l’ancien dictateur libyen. Après près de dix ans de détention arbitraire, l’exilé de 50 ans devra s’acquitter d’une caution fixée à 11 millions de dollars. Cette décision, qui intervient sur fond de tensions politiques, relance les spéculations sur les contentieux historiques entre le Liban et la Libye.

 

Beyrouth, 17 octobre 2025 – C’est un rebondissement inattendu après près d’une décennie de détention : un tribunal libanais a ordonné ce vendredi la remise en liberté d’Hannibal Kadhafi, fils cadet de l’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi. Âgé de 50 ans, il devra verser une caution colossale de 11 millions de dollars et reste sous interdiction de voyage, selon une source judiciaire. Cette décision marque la fin — ou une pause — d’une saga judiciaire qui liait le sort de cet exilé à l’un des mystères les plus persistants du Moyen-Orient : la disparition de l’imam chiite Moussa Sadr en 1978.

Interrogé par le juge, Hannibal Kadhafi a obtenu sa libération sous des conditions strictes, après avoir passé dix ans en détention sans jugement ferme depuis son enlèvement en Syrie en 2015. Les autorités l’avaient conduit à Beyrouth pour répondre des accusations qui lui sont reprochés, après son exil dans ce pays  à la chute de son père en 2011. En 2017, la justice l’a inculpé pour « dissimulation d’informations » liées à la disparition de Sadr, un leader spirituel libanais influent. À l’époque des faits, Hannibal n’avait pourtant que trois ans.

 

Hannibal Kadhafi : le fantôme de Moussa Sadr, énigme non résolue

 

La disparition de l’imam Moussa Sadr, survenue le 31 août 1978 à Tripoli (Libye), reste l’une des énigmes non résolues du monde chiite. Sadr, fondateur du mouvement Amal, s’était évaporé avec deux de ses compagnons lors d’une visite officielle en Libye.

Les autorités libyennes de l’époque, sous Kadhafi père, avaient nié toute implication, mais les soupçons persistants pointent vers un enlèvement commandité par le régime.

Hannibal Kadhafi, accusé d’avoir détenu Sadr entre 1978 et 1982 dans une de ses propriétés, a toujours clamé son innocence. Son incarcération au Liban, qualifiée de « détention arbitraire » par Human Rights Watch en 2024, a duré près de dix ans sans procès formel. Ses avocats ont aussi invoqué son état de santé dégradé et l’absence de preuves tangibles. « Après des années d’injustice, cette libération est une victoire pour les droits humains », a réagi l’un de ses conseils, sans préciser la source des fonds pour la caution de 11 millions de dollars.

 

Répercussions : tensions au Liban et spéculations en Libye

 

Cette décision intervient dans un contexte tendu pour les deux pays. Au Liban, l’affaire Sadr ravive les plaies du passé chiite. La famille de l’imam, qui avait porté plainte contre Hannibal en 2016, n’a pas encore commenté, mais des sources proches indiquent une possible reprise des poursuites une fois la caution payée.

En Libye, l’actualité d’Hannibal – autrefois connu pour ses frasques – relance les spéculations sur le legs familial, notamment autour de son frère Saïf al-Islam. Des analystes libyens voient dans cette libération un signal diplomatique discret, alors que Beyrouth et Tripoli cherchent à normaliser leurs relations malgré les contentieux historiques.

Le juge a imposé une interdiction de quitter le territoire libanais, scellant pour l’instant le sort d’Hannibal Kadhafi dans l’ombre de Beyrouth. Reste à savoir si cette caution colossale sera rapidement versée, et si le procès pour de bon aura lieu. Une affaire qui, comme la disparition de Sadr, continue de hanter les couloirs du pouvoir.

Madagascar : Michaël Randrianirina investi président

Le Colonel Michaël Randrianirina a prêté serment ce vendredi en tant que nouveau Président de Madagascar. Devant un pays au bord de l’implosion après des mois de tensions, le militaire a promis une « rupture » radicale. Son programme : lutte sans merci contre la corruption, assainissement budgétaire et réformes immédiates pour juguler la crise de l’énergie et de la santé. La Grande Île a-t-elle enfin trouvé le leader capable de traduire ses promesses en actes ?

 

Antananarivo, 17 octobre 2025 – C’est dans une atmosphère solennelle, empreinte d’espoir et de détermination, que le Colonel Michaël Randrianirina a prêté serment ce vendredi en tant que nouveau président de la République de Madagascar. L’événement, qui s’est déroulé devant la Haute Cour Constitutionnelle (HCC), marque un tournant décisif pour l’île de l’océan Indien, secouée par des mois de tensions sociales et politiques.

Devant un parterre de dignitaires, de représentants du mouvement populaire et d’observateurs internationaux, le Colonel Randrianirina, figure montante issue des rangs militaires, a officiellement pris les rênes du pouvoir. Âgé de 48 ans et connu pour son rôle dans les opérations de maintien de l’ordre lors des récents troubles, il succède à un intérim marqué par l’instabilité.

« Je prête serment de défendre la Constitution et de servir fidèlement le peuple malgache », a-t-il déclaré d’une voix ferme, la main sur la Bible et la Constitution, sous les applaudissements contenus de l’assemblée.

Madagascar : Le Colonel Michaël Randrianirina prête serment et promet la rupture. Découvrez son programme de choc : lutte anti-corruption, réformes urgentes sur l'énergie et la santé, pour sortir le pays de la crise. Analyse des réactions.
© Madagascar : Le Colonel Michaël Randrianirina prête serment et promet la rupture. Découvrez son programme de choc : lutte anti-corruption, réformes urgentes sur l'énergie et la santé, pour sortir le pays de la crise. Analyse des réactions.

Colonel Michaël Randrianirina : un discours-programme axé sur l’urgence et le changement

 

Dans son premier discours en tant que chef de l’État, le Colonel Randrianirina n’a pas mâché ses mots. Il a qualifié son investiture de « volonté claire du peuple malgache d’avancer vers le changement », soulignant une rupture nette avec « les errements du passé ». Promettant une refonte en profondeur des systèmes administratifs et socio-économiques, il a tracé les grandes lignes d’un programme ambitieux pour relancer la gouvernance du pays.

Les priorités immédiates sont sans équivoque : l’énergie, au cœur des revendications populaires des dernières années, ainsi que la santé et l’éducation. « Ces secteurs, essentiels à la survie et au développement de notre nation, seront nos chantiers de premier plan », a-t-il affirmé, évoquant des investissements urgents pour pallier les pénuries chroniques et moderniser les infrastructures.

À moyen terme, le nouveau président a annoncé l’organisation d’assises multisectorielles. Celles-ci seront ouvertes à tous les acteurs du mouvement populaire ayant pavé la voie à cette transition. L’objectif ? Élaborer une nouvelle Constitution et des textes électoraux révisés, afin de consolider les bases d’une démocratie plus inclusive et transparente. « Nous écrirons ensemble l’avenir de Madagascar, sans exclusion ni revanche », a-t-il insisté, appelant à une participation massive pour éviter les pièges des divisions passées.

Sobriété budgétaire et « ennemis de la République »

Sur le front économique, le discours a sonné comme un avertissement aux élites corrompues. Le nouveau régime s’engage à instaurer une politique de sobriété budgétaire pour éradiquer le « gaspillage des deniers publics », qui a tant alimenté les frustrations populaires. Des mesures fermes seront prises contre les « ennemis de la République », une formulation qui n’a pas manqué de faire réagir les observateurs, évoquant une possible purge administrative.

Malgré ce ton martial, le Colonel Randrianirina a tendu la main à la communauté internationale. Il invite les partenaires multilatéraux et bilatéraux – de l’Union européenne à la Chine, en passant par les États-Unis et l’Union africaine – à accompagner Madagascar dans ce « pilotage des réformes » via un « dialogue constructif et équitable ».

Rassurant les bailleurs de fonds et investisseurs, il promet aussi  un climat des affaires « apaisé, attractif et sécurisé », avec des incitations fiscales et une lutte accrue contre l’instabilité qui freine les projets.

Madagascar : Le Colonel Michaël Randrianirina prête serment et promet la rupture. Découvrez son programme de choc : lutte anti-corruption, réformes urgentes sur l'énergie et la santé, pour sortir le pays de la crise. Analyse des réactions.
© Madagascar : Le Colonel Michaël Randrianirina prête serment et promet la rupture. Découvrez son programme de choc : lutte anti-corruption, réformes urgentes sur l'énergie et la santé, pour sortir le pays de la crise. Analyse des réactions.

Réactions contrastées et perspectives

 

L’investiture a suscité un mélange de liesse et de prudence. Dans les rues d’Antananarivo, des milliers de manifestants ont célébré l’événement, voyant en Randrianirina un sauveur capable de juguler la crise énergétique et l’inflation galopante. « Enfin un leader qui écoute le peuple ! », s’exclame une enseignante contactée par notre correspondant, qui espère des améliorations rapides dans l’éducation.

Du côté de l’opposition, les voix sont plus mesurées. Certains leaders du mouvement populaire saluent l’ouverture aux assises, mais appellent à une vigilance accrue pour que les promesses ne restent pas lettre morte.

Sur la scène internationale, l’Union africaine a déjà félicité le nouveau président, tandis que des diplomates européens évoquent une « opportunité historique » pour Madagascar.

À l’heure où le soleil se couche sur la capitale, le Colonel Michaël Randrianirina entame son mandat dans un pays assoiffé de stabilité. Reste à savoir si ce serment tiendra ses engagements face aux défis colossaux qui attendent la Grande Île.

Madagascar : Rajoelina refuse sa destitution et dénonce un arrêt « illégal » de la HCC

Antananarivo, 15 octobre 2025 Guerre ouverte des communiqués à Antananarivo. Moins de 24 heures après l’installation d’un régime militaire intérimaire, la Présidence de la République contre-attaque. En effet, elle affirme que le chef de l’État Andry Rajoelina « assure toujours ses fonctions » et qualifie l’arrêt de la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) de « vice rédhibitoire ». L’escalade entre loyalistes et factions militaires fait planer l’ombre d’une instabilité inédite sur la Grande Île.

Un communiqué incendiaire : la HCC accusée de vices rédhibitoires par Rajoelina

 

Le ton est sans appel dans le document officiel, qui fustige avec virulence la décision rendue par la HCC le 14 octobre. Selon la Présidence, cet acte est entaché de « multiples vices tant sur le fond que sur la forme », portant « atteinte aux fondements de la République, à la stabilité de l’ordre constitutionnel et à l’État de droit ».

Au cœur des griefs : la saisine introductive que le Vice-Président de l’Assemblée nationale (un leader de l’opposition, NdLR) a déposé le 13 octobre. « Le requérant n’est ni habilité ni qualifié pour saisir la Haute Cour Constitutionnelle », argumente le communiqué, rappelant que cette prérogative restreint strictement les Chefs d’Institution de la République. Cette irrégularité aurait dû entraîner une irrecevabilité immédiate.

Par ailleurs, la séance de la HCC elle-même illustre un fiasco procédural : le Président de l’institution a convoqué les membres de la Cour à 9 h 00 pour une « réunion administrative », sans leur communiquer l’objet au préalable. Huit Hauts Conseillers présents physiquement et un à distance se sont retrouvés piégés dans une « Chambre d’audience » improvisée sur sa décision unilatérale. Il leur a présenté trois requêtes à la va-vite, sans leur laisser le temps d’étudier les dossiers.

 

Interruptions, menaces et évacuation forcée : un huis clos sous pression

 

Le récit des événements, tel que relaté par la Présidence, évoque un scénario de pression militaire orchestrée. Après une série de suspensions d’audience, c’est lors du débat sur la recevabilité, de 15 h 00 à 17 h 00, que la tension atteint son paroxysme. La Direction de la Sécurité de la HCC aurait alors « sommé l’ensemble des juges constitutionnels à vider les lieux » face à l’arrivée imminente de « factions militaires armées » en direction du Palais Présidentiel d’Ambohitsirohitra, adjacent à la Cour.

« Des militaires ont évacué d’urgence les Hauts Conseillers avant qu’ils n’aient clôturé le débat, procédé à la délibération et signé, par peur d’atteinte à leur intégrité physique », dénonce le texte. Ils affirment aussi que ces derniers les ont menacés, ce qui prive ainsi la décision de toute sérénité et discernement. La publication hâtive de l’arrêt, sans respect des règles procédurales, « laisse supposer l’existence d’actes de corruption ou de coercition », ajoute la Présidence, et ouvre la voie à une « rupture constitutionnelle » grave.

 

Rajoelina, « Président en exercice de la SADC » : L’appel à la jeunesse contre le chaos

 

Face à cette tempête, Andry Rajoelina utilise ses titres régionaux comme bouclier : « Il continue d’assurer ses fonctions en vertu des pouvoirs constitutionnels qui lui confèrent l’autorité de Président de la République et de Président en exercice de la SADC (Communauté de développement de l’Afrique australe). La Présidence condamne fermement la décision infondée prise par la Haute Cour Constitutionnelle, ainsi que la prise de pouvoir par la force opérée par une faction militaire.

Le Président adresse un message solennel à la jeunesse malgache, cœur battant des récentes manifestations :

« Cette tentative de prise de pouvoir incarne l’exact contraire des valeurs qu’elle défend. Elle repose sur la violation manifeste de l’État de droit, piétine les principes démocratiques,et menace directement les efforts que nous menons pour lutter ensemble contre la corruption. » Il appelle ainsi directement les manifestants à se méfier de l’ingérence militaire.

 

Une nation au bord du gouffre : vers une escalade ?

 

Ce communiqué, publié au plus fort de la confusion – avec le colonel Michael Randrianirina proclamé chef de l’État par intérim et Rajoelina toujours officiellement en fonction – ravive les flammes d’une crise qui couve depuis des mois. Tandis que des barrages militaires se multiplient à Antananarivo et que l’opposition jubile, les loyalistes de Rajoelina appellent à la mobilisation. L’Union africaine et la France, déjà alarmées, pressent pour une médiation régionale d’urgence afin d’éviter le scénario du pire.

Le colonel Randrianirina n’a pas encore réagi publiquement à ces accusations, mais les rues bruissent de rumeurs d’affrontements imminents entre factions armées. Madagascar, fragilisé par l’économie en berne, s’engage dans une confrontation ouverte entre deux légitimités contestées. La Grande Île est au bord du gouffre.

 

Madagascar : Rajoelina destitué, TANA sous contrôle militaire

Antananarivo, 15 octobre 2025 – Coup de tonnerre à Iavoloha. Le président Andry Rajoelina a été destitué par un vote écrasant de l’Assemblée nationale mardi. Après une tentative désespérée de dissoudre le Parlement, il a quitté le pays. Le colonel Michael Randrianirina a été immédiatement désigné chef d’État par intérim, suspendant ainsi la Constitution. La Grande Île s’embrase entre espoir de renouveau et craintes d’une nouvelle ère d’instabilité.

Une destitution fulgurante : 130 voix contre Rajoelina

 

L’acte décisif est survenu hier après-midi à l’Assemblée nationale. Cent trente (130) députés sur 163 – un score historique, dépassant largement les deux tiers requis – ont voté la destitution d’Andry Rajoelina. Les charges : dérives autoritaires, corruption systémique et gestion chaotique de la crise économique et sociale. Par ailleurs, cette motion, portée par une coalition hétéroclite d’opposants et de frondeurs de la majorité présidentielle (le TGV, NdLR), a été accélérée par la manœuvre de la dernière chance du président : une tentative désespérée de dissoudre le Parlement.

Rajoelina, au pouvoir depuis 2019 et réélu en 2023 dans un scrutin largement contesté, n’a pas eu le temps de réagir. Selon des sources proches du palais d’Iavoloha, il a quitté Antananarivo en urgence à bord d’un avion privé. Si sa destination reste inconnue, les rumeurs insistantes évoquent un exil en France ou en Afrique du Sud. « C’est la fin d’une ère marquée par la corruption et l’accaparement des richesses », s’est réjoui un manifestant au niveau d’Analakely, où des milliers de jeunes, notamment du mouvement « Gen Z Madagascar », ont célébré la chute du régime par des chants, danses et pancartes hostiles.

 

Destitution du Président Rajoelina par le Parlement (130 voix) et fuite. L'armée, menée par le Col. Randrianirina, prend le pouvoir à Tana
© Destitution du Président Rajoelina par le Parlement (130 voix) et fuite. L'armée, menée par le Col. Randrianirina, prend le pouvoir à Tana

L’armée au cœur du pouvoir : Randrianirina, le nouveau visage de la transition

 

C’est l’armée qui a définitivement scellé le sort de la IVᵉ République. Dans une déclaration solennelle diffusée en direct depuis le Camp Militaire d’Andohalo (ou autre QG pertinent), le colonel Michael Randrianirina, officier supérieur reconnu, a annoncé que « les forces armées prennent le pouvoir à partir d’aujourd’hui » et suspendent immédiatement la Constitution. En plus, légitimé par le vote parlementaire – un fait inédit qui évite l’étiquette classique du putsch – il s’est auto-proclamé chef de l’État par intérim. Sa promesse : former un gouvernement de transition et organiser des élections dans un délai maximal de deux ans.

« Nous agissons pour restaurer l’ordre, la démocratie et la dignité malgache », a déclaré Randrianirina, flanqué de ses pairs en uniforme, lors de cette allocution qui a surpris par son ton ferme, mais apaisant. Cette prise de pouvoir survient après des semaines de mobilisation populaire de la jeunesse, exacerbée par l’inflation galopante, les pénuries alimentaires et la crise sociale. D’ailleurs, l’Union africaine et la France, principal partenaire de Madagascar, ont rapidement appelé à la retenue, craignant un nouveau cycle de violence à l’image des crises de 2002 et 2009.

Destitution du Président Rajoelina par le Parlement (130 voix) et fuite. L'armée, menée par le Col. Randrianirina, prend le pouvoir à Tana
© Destitution du Président Rajoelina par le Parlement (130 voix) et fuite. L'armée, menée par le Col. Randrianirina, prend le pouvoir à Tana

Confusion institutionnelle et craintes internationales

 

La situation reste extrêmement volatile : le Premier ministre et plusieurs ministres ont démissionné en bloc, tandis que des barrages militaires quadrillent Antananarivo pour prévenir les débordements. Un analyste décrypte cette situation comme un « coup d’État institutionnel« , où l’armée prend la main en se basant sur une décision parlementaire. Pourtant, des voix s’élèvent pour alerter sur les risques : « Les militaires, je leur fais confiance pour l’instant, mais la rue doit rester vigilante. C’est la vigilance citoyenne qui garantira la transition« , confie un leader de l’opposition à notre rédaction.

Rajoelina, depuis son exil supposé, n’a pas encore réagi, mais ses partisans dénoncent un « putsch constitutionnel monté de toutes pièces ». À l’international, l’ONU et l’UA monitorent de près, tandis que la communauté économique craint pour les investissements dans les secteurs clés (vanille, litchi, textile).

En somme, Madagascar, nation fragile aux ressources abondantes, mais à la gouvernance instable, entre dans une nouvelle ère incertaine. Le colonel Randrianirina aura-t-il les reins solides pour pacifier le pays et organiser des élections crédibles ? Ou ce « sauvetage » militaire n’est-il qu’un prélude à un chaos plus grand ? La Grande Île retient son souffle.

Kenya : Raila Odinga est mort à 80 ans en Inde

Raila Odinga n’est plus. L’ancien Premier ministre kényan et figure historique de l’opposition est décédé à 80 ans ce mercredi en Inde. Sa mort soudaine met fin à une carrière politique tumultueuse.

 

Nairobi, 15 octobre 2025 – Le Kenya est en deuil.  Raila Odinga, figure emblématique de l’opposition et ancien Premier ministre du pays, est décédé ce mercredi à l’âge de 80 ans. L’icône politique, hospitalisée en Inde, a succombé à une crise cardiaque lors d’une promenade matinale, laissant derrière elle un legs de luttes pour la démocratie et une nation en pleine transition.

 

Une disparition brutale lors d’un séjour médical en Inde

 

Selon des sources proches de son bureau, Raila Odinga s’est effondré alors qu’il effectuait une marche thérapeutique dans un hôpital ayurvédique où il suivait un traitement. La nouvelle a été confirmée par des médias kenyans et internationaux, bien que sa famille et son parti, l’Orange Democratic Movement (ODM), n’aient pas encore publié de communiqué officiel.

Odinga, qui avait récemment annoncé son retrait de la course à la présidence en 2027 pour briguer un poste à l’Union africaine, était en Inde depuis plusieurs semaines pour des examens de routine.

Cette mort soudaine intervient à un moment sensible pour le Kenya, où les tensions post-électorales persistent et où Odinga restait une voix influente. À 80 ans, le « Baba » – comme l’appellent ses partisans – avait survécu à des décennies de combats, incluant aussi des arrestations, des tortures sous le régime de Daniel arap Moi et cinq tentatives infructueuses pour conquérir la présidence.

 

Raila Odinga : un parcours forgé dans la lutte pour la démocratie

 

Né en 1945 à Kisumu, Raila Odinga était le fils de Jaramogi Oginga Odinga, vice-président historique du Kenya indépendant. Ingénieur de formation, il s’est rapidement engagé en politique, fondant le Forum for the Restoration of Democracy (FORD) dans les années 1990 pour pousser vers le multipartisme.

Il a été Premier ministre de 2008 à 2013 sous une coalition forcée après les violences post-électorales de 2007, jouant ainsi un rôle clé dans la stabilisation du pays. Ses rivaux comme Uhuru Kenyatta et William Ruto l’ont successivement battu aux urnes en 2013, 2017 et 2022, des scrutins souvent contestés. Malgré cela, Odinga incarnait l’opposition farouche, menant des manifestations contre la corruption et les inégalités.  « Raila était un lion de la politique africaine, un homme qui n’a jamais baissé les bras », témoigne un ancien collaborateur, soulignant ainsi son charisme et sa résilience.

Réactions : un vide immense pour le Kenya et l’Afrique

 

La nouvelle a provoqué une onde de choc immédiate. L’ancien chef de la Cour suprême, David Maraga, a salué Odinga comme « un pilier de la démocratie kenyane » sur les réseaux sociaux. Des hommages affluent déjà des leaders africains : le président nigérian Bola Tinubu évoque un « frère et un combattant pour la justice », tandis que l’Union africaine, dont Odinga était candidat à la présidence de la commission, parle d’une « perte irréparable pour le continent ».

À Nairobi, des supporters de l’ODM se massent spontanément devant le siège du parti, allumant des bougies et chantant des hymnes de résistance. Le président William Ruto, autrefois allié puis rival d’Odinga, devrait s’exprimer sous peu.

 

Raila Odinga : quel héritage pour la démocratie kenyane ?

 

Les autorités organiseront sûrement des funérailles d’État dans les prochains jours pour permettre à des milliers de Kényans de rendre hommage à cet homme qui a façonné l’histoire récente du paysCependant, au-delà du rituel, la mort d’Odinga pose des questions : qui héritera de son mouvement ? Et dans un Kenya divisé par l’économie et les réformes fiscales, son absence pèsera-t-elle sur la cohésion nationale ?

En somme, Raila Odinga s’en va, emportant avec lui une partie de l’âme rebelle du Kenya. Son combat pour une « Afrique unie et juste » résonnera longtemps.

Fiscalité 2026 : le Nigéria taxe le travail du sexe

Le Nigéria franchit un cap inédit : à partir de janvier 2026, les revenus issus du travail du sexe seront soumis à l’impôt. Une réforme controversée qui élargit l’assiette fiscale aux secteurs informels, tout en soulevant des débats éthiques sur la reconnaissance économique et la criminalisation persistante.

 

Lagos, 6 octobre 2025 – Le gouvernement nigérian franchit une étape novatrice en matière de politique fiscale, en imposant la déclaration et la taxation des revenus issus du travail du sexe à compter du 1ᵉʳ janvier 2026. Taiwo Oyedele, président du Comité présidentiel sur la politique et les réformes fiscales, a annoncé cette mesure lors d’une session de sensibilisation tenue à Lagos. Celle-ci s’inscrit dans une vaste refonte des lois fiscales visant à élargir l’assiette imposable sans distinction d’activité professionnelle. Il a affirmé que l’État doit imposer tout revenu, quelle que soit la nature du service fourni, et a souligné que les nouvelles dispositions n’excluent aucun secteur informel, y compris les « runs girls » ou travailleuses du sexe.

 

Un élargissement de l’assiette imposable pour tous les secteurs

 

Cette initiative repose sur le principe fondamental d’une fiscalité inclusive, où tous les gains monétaires générés sur le territoire national sont assujettis à l’impôt, à l’instar des professions formelles comme le commerce ou les services numériques. Les autorités précisent que cette mesure ne saurait légaliser la prostitution, qui demeure illégale au Nigéria, mais cible uniquement les revenus afin qu’ils contribuent au budget de l’État.

Par ailleurs, cette taxation s’applique également à d’autres acteurs informels, tels que les influenceurs sur les réseaux sociaux ou les collecteurs de déchets (« agberos »), illustrant une volonté de rationaliser le système fiscal dans un pays où l’économie informelle représente une part substantielle du PIB.

Un rapport de 2024 met en lumière l’ampleur économique de ce secteur : à Lagos seulement, les dépenses liées aux relations sexuelles transactionnelles ont atteint environ 661 milliards de nairas, dont près de la moitié a directement bénéficié aux travailleuses du sexe. Ces fonds servent souvent à soutenir des familles, à financer l’éducation des enfants ou à couvrir des frais médicaux, dans un contexte de chômage élevé et de pauvreté touchant particulièrement les femmes. De ce fait, cette activité constitue pour de nombreuses Nigérianes un moyen de survie économique face à des opportunités limitées.

 

Implications sociales et éthiques d’une mesure controversée

 

Au-delà de son volet strictement fiscal, cette réforme soulève des débats profonds sur les plans social et moral. Des défenseurs des droits des travailleuses du sexe y voient une reconnaissance implicite de leur contribution à l’économie, ce qui pourrait potentiellement ouvrir la voie à une meilleure visibilité et à une protection accrue contre les abus et l’exclusion. Cependant, elle interroge l’hypocrisie perçue d’un État qui criminalise la prostitution tout en la taxant, comme l’illustre l’ironie soulevée par certains observateurs : « On peut aller en prison pour prostitution le matin et recevoir un avis d’imposition l’après-midi. »

Le public réagit de manière contrastée : certains saluent cette mesure comme équitable pour combler les déficits budgétaires, tandis que d’autres la dénoncent comme hypocrite ou stigmatisante, et craignent qu’elle expose davantage ces femmes à des poursuites judiciaires. À cet égard, le Nigéria se distingue comme pionnier en Afrique, où aucun pays n’a encore mis en place un système formel de taxation du travail du sexe en tant qu’activité économique.

 

Le Nigéria : Perspectives pour une fiscalité plus inclusive

 

Signées récemment par le président Bola Tinubu, ces réformes fiscales entreront en vigueur en janvier 2026 et visent à moderniser un système souvent critiqué pour son opacité. Elles pourraient générer des recettes supplémentaires substantielles, tout en posant les bases d’un dialogue national sur les droits des travailleurs informels.

Les autorités appellent à une sensibilisation accrue pour assurer une mise en œuvre fluide, tandis que les organisations de la société civile plaident pour des mesures complémentaires en matière de protection sociale. En définitive, cette décision inédite pourrait redéfinir les contours de l’économie nigériane, en intégrant ses marges les plus vulnérables au tissu fiscal national.

Africa Facts Summit 2025 à Dakar : une riposte collective contre la désinformation

 

L’Africa Facts Summit 2025 réunit plus de 200 acteurs de l’information à Dakar pour contrer la désinformation en Afrique francophone. Panels, ateliers et stratégies EMI rythment ce rendez-vous continental, où journalistes, chercheurs et fact-checkeurs posent les jalons d’une riposte collective face aux récits toxiques.

 

Dakar, 2 octobre 2025 – Ce matin, sous les baies vitrées d’un hôtel du centre-ville, des murmures animés emplissent la salle de conférence tandis que des carnets s’ouvrent et des laptops s’allument. L’Africa Facts Summit 2025, quatrième édition de ce rendez-vous continental, a ouvert ses portes hier à Dakar pour deux jours d’échanges intenses. Plus de 200 journalistes, fact-checkeurs, chercheurs et acteurs civils se pressent ici, dans la capitale sénégalaise, pour la première fois dans un pays francophone, dans le but de contrer la désinformation qui mine les sociétés africaines.

Des partenariats stratégiques pour des solutions locales

 

Organisé par Africa Check en partenariat avec des acteurs comme l’Union européenne, la GIZ et Code for Africa, ce sommet vise à partager les meilleures pratiques de vérification des faits, à renforcer la coopération entre médias du continent et à élaborer des stratégies d’éducation aux médias et à l’information (EMI) adaptées aux contextes locaux.

Au menu : panels, ateliers et même les Fact-Checking Awards, pour récompenser les efforts en première ligne. Puisque les élections à venir – au Sénégal, au Burkina Faso ou ailleurs – se jouent aussi sur le terrain informationnel, ces discussions touchent au cœur des enjeux : sécurité, cohésion sociale et stabilité démocratique.

À ce titre, Fakt, initiative ouest-africaine de fact-checking, est fièrement représentée par Badal Fohmoh, venu porter la voix de son organisation et échanger sur des solutions concrètes pour sensibiliser les jeunes et défendre une presse libre.

Désinformation et santé mentale : un enjeu sous-estimé

 

Parmi les premières interventions, le Dr Hemes Nkwa de YOHEDA a mis en lumière un aspect souvent sous-estimé : l’impact de la désinformation sur la santé mentale.

« Les fake news et rumeurs alimentent la peur, la confusion, l’anxiété sociale et une perte de confiance entre communautés et institutions », a-t-elle averti.

De ce fait, à l’approche d’élections cruciales, ce « climat informationnel toxique » risque d’exacerber les tensions et de peser sur le bien-être collectif. Son appel est clair : il faut intégrer fact-checking, EMI et santé publique pour des sociétés plus résilientes.

Africa Facts Summit 2025 Dakar fact-checking Afrique francophone : journalistes, experts et institutions unissent leurs forces contre la désinformation et pour une presse libre.
© Africa Facts Summit 2025 Dakar fact-checking Afrique francophone : journalistes, experts et institutions unissent leurs forces contre la désinformation et pour une presse libre.

Africa Facts Summit 2025 à Dakar : une réponse institutionnelle en construction

 

De son côté, Habibou Dia, directeur de la communication au ministère sénégalais de la Communication, a proposé une stratégie structurée. Il a insisté sur la fiabilité de l’information via un fact-checking renforcé, des partenariats internationaux et des cellules de vérification dans chaque rédaction. En plus,  Il a demandé d’ accorder la priorité aux jeunes et aux publics vulnérables hors circuit scolaire, tout en garantissant liberté d’expression et accès à l’information.

« Rapprochons le fact-checking et l’EMI des citoyens, sur toutes les plateformes où ils s’informent », a-t-il lancé, soulignant un défi collectif pour l’avenir.

Africa Facts Summit 2025 Dakar fact-checking Afrique francophone : journalistes, experts et institutions unissent leurs forces contre la désinformation et pour une presse libre.
© Africa Facts Summit 2025 Dakar fact-checking Afrique francophone : journalistes, experts et institutions unissent leurs forces contre la désinformation et pour une presse libre.

Liberté de la presse : un fil rouge sous tension

 

Au fil des débats, un fil rouge émerge : la liberté de la presse sous pression en Afrique de l’Ouest. Des journalistes arrêtés ou intimidés au nom de la « sécurité nationale » ou de la « lutte contre les fake news » instillent un climat de peur, ce qui favorise l’autocensure et prive les citoyens d’un débat pluraliste.

« Défendre les journalistes, c’est protéger le droit de chacun à une information libre, laquelle est essentielle à la démocratie », résume un participant.

En somme, pour les Africains, le fact-checking n’est pas un luxe, mais une nécessité pour les jeunes, les médias et les démocraties.

Alors que le sommet entre dans sa seconde et dernière journée, ces échanges posent les bases d’actions concrètes. Un pas de plus vers un continent mieux armé contre les récits toxiques, une vérification à la fois.

 

Africa Facts Summit 2025 à Dakar : une riposte collective en marche

 

En conclusion, à Dakar, l’Africa Facts Summit 2025 trace une voie claire : celle d’un continent qui s’organise pour contrer la désinformation, protéger ses médias et renforcer la démocratie. Une vérification à la fois, les acteurs africains bâtissent un écosystème informationnel plus juste, plus fiable et plus résilient.

Gen Z 212 : la jeunesse marocaine secoue les rues

Ce qui n’était qu’un fil de discussion sur Discord est devenu un mouvement national. En effet, le collectif Gen Z 212, né en ligne le 18 septembre, mobilise des milliers de jeunes dans les rues du Maroc pour dénoncer les inégalités et les dysfonctionnements des services publics.

 

Rabat, 2 octobre 2025 – Mercredi midi, sur les places ombragées de Rabat, un groupe de jeunes, smartphones en main, scande des slogans rythmés par des tambours improvisés. Ce qui a commencé comme un fil de discussion sur Discord s’est mué en manifestations dans une dizaine de villes : Casablanca, Agadir, Marrakech.

Le collectif Gen Z 212 – un clin d’œil au code téléphonique du Maroc – rassemble des milliers de voix, dans le but de réclamer des réformes concrètes : éducation, santé, transparence. Ainsi, entre tambours improvisés et slogans viraux, une génération connectée impose sa voix dans l’espace public.

Manifestations Gen Z 212 Maroc : des milliers de jeunes réclament des réformes sur l’éducation, la santé et la gouvernance. Tensions, mobilisation et espoir.
© Manifestations Gen Z 212 Maroc : des milliers de jeunes réclament des réformes sur l’éducation, la santé et la gouvernance. Tensions, mobilisation et espoir.

De Discord aux rues : naissance d’un mouvement

 

Avec plus de 100 000 membres sur son serveur Discord, et des relais sur TikTok et Telegram, le mouvement a émergé d’une frustration palpable : un chômage des jeunes flirtant avec les 35-39 %, des hôpitaux sous-équipés et des écoles délaissées, tandis que des fonds massifs sont alloués aux stades de la Coupe du monde 2030.

De plus, la mort de huit femmes dans un hôpital mal approvisionné à Agadir a cristallisé la colère. Ce drame, perçu comme le symbole d’une négligence systémique, a transformé la frustration numérique en mobilisation physique. Par conséquent, les cortèges réclament des « hôpitaux, pas de stades », et une gouvernance transparente.

Gen Z 212 :  des rassemblements sous tension

 

Depuis le 27 septembre, les manifestations ont gagné Casablanca, Marrakech, Agadir et d’autres villes. Toutefois, initialement pacifiques, elles ont dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre, ce qui a conduit à des véhicules incendiés et des bâtiments publics vandalisés. Le bilan est lourd : au moins deux morts – dont un à Lqliaa près d’Agadir, où la police a ouvert le feu en invoquant la légitime défense –, plus de 400 arrestations et 280 blessés, majoritairement des agents. Néanmoins, les manifestants, âgés de 18 à 22 ans pour la plupart, insistent sur leur engagement non violent, accusant des infiltrés de semer le chaos pour discréditer le mouvement.

Réactions gouvernementales et promesses de réformes

 

Sous pression, le gouvernement promet des discussions ainsi que des réformes. Cependant, le ministère de l’Intérieur, par la voix de son porte-parole Rachid El Jalfi, évoque des « transgressions aux mesures de sécurité » pour justifier les interventions. Sur X, les voix du collectif réaffirment leur engagement non violent : « Nous ne sommes pas des fauteurs de troubles, mais une génération d’éveil et de responsabilité. »

Manifestations Gen Z 212 Maroc : des milliers de jeunes réclament des réformes sur l’éducation, la santé et la gouvernance. Tensions, mobilisation et espoir.
© Manifestations Gen Z 212 Maroc : des milliers de jeunes réclament des réformes sur l’éducation, la santé et la gouvernance. Tensions, mobilisation et espoir.

Une jeunesse connectée face à l’immobilisme

 

Ce soulèvement s’inscrit également dans une dynamique mondiale portée par la Gen Z. Numérique, structurée et déterminée, cette jeunesse marocaine refuse l’attentisme. À Discord, les débats continuent ; dans les rues, l’appel à un Maroc plus juste résonne, un slogan à la fois.

 

Gen Z 212 : une génération connectée, une démocratie en mouvement

 

En définitive, le soulèvement du collectif Gen Z 212 ne se résume pas à une mobilisation ponctuelle : il incarne une rupture générationnelle, portée par des jeunes qui refusent le silence face aux inégalités. En d’autres termes, en investissant les rues comme les plateformes numériques, cette jeunesse marocaine redéfinit les codes de l’engagement citoyen.

À travers leurs slogans, leurs revendications et leur organisation décentralisée, les membres du mouvement posent une question essentielle : quelle place accorder à une génération qui veut construire, et non subir, l’avenir de son pays ?