Djeddah : Lomé réclame des financements ciblés

Au siège de la BID, Lomé a plaidé pour un alignement des financements sur ses priorités nationales, notamment l’agriculture et les infrastructures, alors que le pays amorce son plan triennal d’investissements publics.

En diplomatie, les symboles et le calendrier font souvent bon ménage. Alors que Lomé peaufine la trajectoire de son nouveau Programme d’investissement public (PIP), c’est à Djeddah, au cœur de la finance islamique, que la diplomatie togolaise est allée chercher de nouveaux leviers de croissance. À cet effet, le 30 avril dernier, le chargé d’Affaires par intérim du Consulat Général du Togo en Arabie saoudite, Abdoul Kahar Souley, a été reçu par Rami M. S. Ahmad, vice‑président de la Banque islamique de développement (BID).

Une rencontre formelle aux accents de cadrage stratégique, qui s’inscrit dans la vision portée par le président Faure Gnassingbé et mise en œuvre par son Ministre des Affaires étrangères, Robert Dussey : faire de la diplomatie économique un levier du développement national.

Consulat Général du Togo à Djeddah
© Consulat Général du Togo à Djeddah

L’impératif des secteurs clés

Face au bras financier des pays membres de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), le représentant togolais a joué une partition claire : transformer la reconnaissance légitime du Togo pour les soutiens passés en un engagement accru sur les chantiers de demain. Ainsi, Lomé demande un ciblage plus chirurgical des flux financiers vers les secteurs structurels — l’eau, l’assainissement, la santé, l’énergie et les transports.

« La diplomatie togolaise ne cherche plus seulement des bailleurs, elle cherche des partenaires d’exécution pour des projets à fort impact social », glisse une source diplomatique.

Ce plaidoyer fait écho aux récentes orientations de la banque. En octobre dernier, le conseil d’administration de la BID avait déjà validé une enveloppe de 60,3 millions de dollars (environ 55,2 millions d’euros) spécifiquement dédiée à l’amélioration des conditions de vie des populations vulnérables et à la productivité agricole au Togo.

Consulat Général du Togo à Djeddah
© Consulat Général du Togo à Djeddah

Une convergence d’intérêts

Du côté de la BID, la réception a été favorable. Rami M. S. Ahmad a salué la « performance » globale des projets en cours sur le sol togolais, réaffirmant la disponibilité de l’institution à accompagner la feuille de route gouvernementale. Le vice‑président a également rappelé que la Banque reste engagée dans des secteurs clés comme les infrastructures, l’agriculture, l’énergie, l’eau et l’assainissement, la santé ainsi que le développement du secteur privé.

Par ailleurs, la coopération renforcée doit aussi s’étendre au secteur privé togolais. Dans une Afrique de l’Ouest secouée par des vents macroéconomiques contraires, Lomé mise sur l’accès à des lignes de financement diversifiées et conformes aux principes de la finance islamique pour obtenir une bouffée d’oxygène stratégique. Le gouvernement doit désormais transformer ces déclarations d’intention en conventions de financement concrètes et immédiates — un véritable test de vélocité pour la diplomatie économique togolaise.

Kara : Un nouveau hub industriel avec le soutien de la Chine

                             Après des mois de tractations discrètes, l’ambition industrielle du septentrion togolais prend enfin corps. La signature d’un protocole d’accord entre Lomé et l’Association des Entreprises et de la Culture de Hebei marque un tournant diplomatique et économique majeur. À la clé : la naissance d’un pôle manufacturier à Kara, destiné à briser l’hyper-centralisation de l’activité autour de la capitale.

 

Une alliance stratégique entre Lomé et le Hebei

Le gouvernement togolais vient de franchir une marche décisive dans sa stratégie de décentralisation économique. En fin de semaine dernière, le ministre délégué chargé de l’industrie, Arthur Trimua, et Lisha Yan, représentante des investisseurs chinois du Hebei, ont paraphé un document qui jette les bases d’un futur écosystème productif dans la région de la Kara.

Ce rapprochement n’est pas fortuit. En effet, il illustre la volonté de Pékin de délocaliser certaines de ses chaînes de valeur vers des partenaires africains stables, tout en répondant à la soif de transformation locale du Togo. Contrairement aux simples accords d’import-export, ce protocole d’accord consacre une implantation pérenne d’unités de production sur le sol togolais.

Kara, futur pivot de la transformation agro-industrielle

Le projet se veut ambitieux par sa diversité. Si la transformation agroalimentaire en constitue le fer de lance, l’accord s’étend également aux énergies renouvelables pour répondre aux défis de la transition énergétique, à l’assemblage d’équipements afin de réduire la dépendance aux importations technologiques, ainsi qu’aux matériaux industriels, secteur crucial pour soutenir l’essor du BTP dans la région septentrionale.

Par ailleurs, cette diversification ouvre la voie à une montée en gamme de la main‑d’œuvre locale : en intégrant des segments technologiques comme l’assemblage, le Togo ne se contente plus de fournir des matières premières, mais commence à exporter de la valeur ajoutée.

DR
© DR

Vers un maillage territorial des zones économiques

L’érection de ce parc industriel à Kara n’est pas un événement isolé, mais s’inscrit dans une géographie de la croissance mûrement réfléchie. Dans la lignée de la réussite de la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA), située aux portes de Lomé, l’exécutif cherche à répliquer ce modèle de « Zone Économique Spéciale » (ZES) sur l’ensemble du territoire.

« L’objectif est de favoriser une répartition plus équitable de la richesse nationale », souligne-t-on dans les cercles décisionnels à Lomé.

Cette vision est d’autant plus crédible qu’un autre pôle est déjà en gestation à Agbélouvé, à mi-chemin entre la côte et le centre du pays. Ce maillage progressif vise à faire du Togo un hub industriel régional incontournable pour l’hinterland ouest-africain.

 

Les défis d’un pari audacieux

Toutefois, la signature de cet accord ne marque que le début d’un long processus. Le défi majeur réside désormais dans la capacité des infrastructures locales — notamment l’énergie et la logistique routière — à supporter une telle activité industrielle.

En définitive, si les promesses de créations d’emplois et de renforcement des chaînes de valeur se concrétisent, Kara pourrait bien devenir le laboratoire d’une nouvelle révolution industrielle togolaise, portée par une coopération sino-togolaise qui gagne en maturité et en ambition.

Togo – Oman : vers des investissements dans l’agriculture, l’énergie et les mines

Le Togo continue de multiplier les partenariats économiques stratégiques pour accélérer sa transformation industrielle. Cette fois, c’est vers le Moyen-Orient que Lomé se tourne. Une délégation d’investisseurs du Sultanat d’Oman a récemment séjourné dans la capitale togolaise pour explorer des opportunités d’affaires, avec en ligne de mire plusieurs secteurs jugés prioritaires pour la croissance du pays.

Cette mission économique, marquée par des visites de sites stratégiques et des séances de travail sectorielles, s’est achevée par une réunion de synthèse avec les autorités togolaises en charge de la promotion des investissements. Avec un objectif : passer des discussions exploratoires à la structuration de véritables projets d’investissement.

Ministère de l'Industrie et de la Promotion des Investissements
© Ministère de l'Industrie et de la Promotion des Investissements

Togo – Oman : des secteurs stratégiques ciblés

Au fil des rencontres, plusieurs domaines ont été identifiés comme prioritaires pour de futurs investissements. Il s’agit notamment de l’agriculture, de l’agro-industrie, de l’énergie, des mines, des infrastructures, de l’économie maritime ainsi que du pétrole et du gaz.

Cependant, certains secteurs ont particulièrement retenu l’attention des investisseurs omanais. Parmi eux figurent la transformation agro-industrielle, la production halieutique, la filière rizicole et l’exploitation minière. Ces domaines sont considérés comme porteurs, à la fois pour la création d’emplois et pour l’augmentation des exportations.

Ainsi, pour Lomé, l’enjeu est plus que jamais clair : attirer des capitaux étrangers capables de soutenir l’industrialisation et la transformation locale des matières premières, afin de réduire la dépendance aux importations et d’augmenter la valeur ajoutée locale.

Ministère de l'Industrie et de la Promotion des Investissements
© Ministère de l'Industrie et de la Promotion des Investissements

Vers un partenariat structuré

Au-delà des intentions d’investissement, les discussions ont également porté sur la mise en place d’un protocole d’accord visant à encadrer la coopération entre les partenaires togolais et omanais. Ce document devrait définir les modalités de collaboration, les mécanismes de financement ainsi que les étapes de mise en œuvre des projets.

Autrement dit, il ne s’agit plus seulement de prospection économique, mais bien de structurer un partenariat durable, avec des projets concrets à moyen et long terme.

Cette approche s’inscrit dans la stratégie du Togo visant à diversifier ses partenaires économiques et à attirer davantage d’investissements directs étrangers, notamment en provenance du Moyen-Orient et d’Asie.

Ministère de l'Industrie et de la Promotion des Investissements
© Ministère de l'Industrie et de la Promotion des Investissements

Une stratégie de diversification des partenaires économiques

Depuis plusieurs années, le Togo mène une politique active de diplomatie économique. Le pays cherche à se positionner comme une plateforme logistique, industrielle et portuaire en Afrique de l’Ouest, en s’appuyant notamment sur le port autonome de Lomé, les zones industrielles et les infrastructures routières en développement.

Dans ce contexte, le partenariat avec le Sultanat d’Oman pourrait ouvrir la voie à de nouveaux flux d’investissements, notamment dans les secteurs énergétiques, portuaires et miniers, où les investisseurs du Golfe disposent d’une expertise reconnue.

Si les discussions aboutissent, cette coopération pourrait marquer une nouvelle étape dans la stratégie de transformation économique du Togo, avec l’ambition de passer d’une économie de transit à une économie de production et de transformation.

 

Togo – Oman :  un partenariat à concrétiser

Reste désormais à transformer les intentions en investissements réels. Car comme souvent dans les missions économiques, le véritable test commence après les signatures de protocoles et les annonces officielles.

Les prochains mois seront donc déterminants pour savoir si cette mission omanaise débouchera sur des projets industriels, énergétiques ou agricoles concrets sur le territoire togolais.

Ce qui ne fait aucun doute, c’est que Lomé continue de séduire de nouveaux partenaires économiques et confirme sa volonté de devenir un hub d’investissement en Afrique de l’Ouest.

CETEF & YAS TOGO : un pacte numérique pour la Foire de Lomé

Le Centre Togolais des Expositions et Foires (CETEF TOGO 2000) et l’opérateur YAS TOGO ont renouvelé leur partenariat stratégique pour une durée de trois ans. Cet accord place le numérique au cœur de la promotion commerciale et culturelle. Il constitue un levier essentiel pour la 20ᵉ Foire Internationale de Lomé, prévue du 28 novembre au 14 décembre, qui misera sur le e-commerce et la connectivité 4G.

Lomé, 16 octobre 2025 – À l’approche de l’événement phare de l’année économique togolaise, le Centre Togolais des Expositions et Foires (CETEF TOGO 2000) et l’opérateur télécoms YAS TOGO ont consolidé leur alliance stratégique. Signé le 15 octobre, cet accord prolonge de trois ans une collaboration fructueuse, plaçant le numérique au cœur de la promotion des échanges commerciaux et culturels. Alors que le Togo mise sur la transformation digitale pour une croissance inclusive, ce partenariat s’annonce comme un catalyseur majeur pour la 20ᵉ Foire Internationale de Lomé, prévue du 28 novembre au 14 décembre.

Lomé : Le CETEF et YAS TOGO prolongent leur alliance pour 3 ans. L'opérateur télécoms propulse la 20ème Foire Internationale de Lomé
© Lomé : Le CETEF et YAS TOGO prolongent leur alliance pour 3 ans. L'opérateur télécoms propulse la 20ème Foire Internationale de Lomé

CETEF & YAS TOGO : un renouvellement qui consolide une synergie public-privé exemplaire

 

La cérémonie de signature, tenue au siège du CETEF à Lomé, a confirmé l’optimisme des dirigeants des deux entités. En effet, ce pacte triennal renforce une relation déjà solide, unissant le secteur public – vitrine économique nationale – à un acteur privé innovant comme YAS TOGO. « Cette convention vient renforcer une synergie exemplaire, engagée dans la transformation numérique et le développement durable du pays », a déclaré un porte-parole du CETEF, soulignant la confiance mutuelle qui anime cette union.

Par ailleurs, YAS TOGO, connu pour ses solutions en connectivité 4G et services digitaux, apportera son expertise pour digitaliser les opérations de la foire : applications mobiles pour les exposants, paiements sans contact et espaces virtuels pour les visiteurs internationaux. De son côté, le CETEF réaffirme sa mission de plateforme majeure d’échanges en Afrique de l’Ouest. Ce partenariat, financé sur fonds propres, incarne la vision d’un Togo « créatif et entreprenant ».

À l’horizon de la 20ᵉ édition : Numérique et durabilité au menu

 

La 20ᵉ Foire Internationale de Lomé, qui se déroulera du 28 novembre au 14 décembre 2025, s’annonce comme un millésime record. Prévue pour attirer plus de 500 exposants de 20 pays, elle mettra également  l’accent sur l’entrepreneuriat durable, avec des pavillons dédiés à l’agroalimentaire, au textile et aux technologies vertes. Le partenariat avec YAS TOGO injectera une dose de modernité : bornes de recharge gratuite, ateliers sur le e-commerce et une plateforme en ligne pour des rendez-vous B2B virtuels, facilitant ainsi les connexions transfrontalières.

« Nous unissons nos expertises pour faire du numérique un moteur de croissance inclusive et résiliente », a ajouté un responsable de YAS TOGO. L’opérateur évoque des initiatives comme des formations gratuites pour les PME locales sur les outils digitaux. D’ailleurs, cette approche s’inscrit dans les préparatifs intenses : une session de formation pour exposants et sponsors aura lieu le 22 octobre au Pavillon OTI, afin qu’ils peaufinent leurs stratégies de visibilité. Des entreprises chinoises (province du Hebei) viendront également à la foire, renforçant ainsi les liens sino-togolais.

Lomé : Le CETEF et YAS TOGO prolongent leur alliance pour 3 ans. L'opérateur télécoms propulse la 20ème Foire Internationale de Lomé
© Lomé : Le CETEF et YAS TOGO prolongent leur alliance pour 3 ans. L'opérateur télécoms propulse la 20ème Foire Internationale de Lomé

Un levier pour l’économie togolaise : confiance et ambition partagées

 

Au-delà des aspects techniques, cet accord traduit aussi une solidité institutionnelle qui dope la confiance des investisseurs. Dans un pays où le secteur privé représente 80 % de l’emploi, de telles alliances sont cruciales pour contrer les chocs externes. « Le CETEF et YAS TOGO incarnent une vision partagée d’un Togo tourné vers l’avenir », résume un analyste économique local, voyant dans cette collaboration un modèle pour d’autres événements régionaux.

À quelques semaines de l’ouverture, les premiers stands se montent déjà. Selon les projections du CETEF, cette 20ᵉ édition pourrait générer plus de 50 milliards de FCFA en transactions, propulsant le Togo comme hub ouest-africain. Le pari de la digitalisation est lancé : il doit garantir une foire record, accessible et résolument moderne.