À première vue, la peinture évoque la couleur, la rénovation, l’embellissement des villes. Mais derrière l’éclat des façades se cache parfois un danger invisible : le plomb. Les 11 et 12 février, Lomé a accueilli une rencontre régionale consacrée à l’élimination progressive de la peinture contenant ce métal lourd toxique. Autour de la table : des représentants de 23 pays africains, issus des ministères de l’Environnement et de la Santé, des organisations de la société civile et des industriels du secteur.
L’enjeu dépasse le cadre technique. Il touche à la santé publique, à l’avenir industriel du continent et à la protection des générations futures.
Le plomb, un risque majeur pour les enfants
Le plomb est reconnu pour ses effets délétères sur l’organisme. L’exposition, même à faible dose, peut provoquer des troubles neurologiques irréversibles, une baisse du quotient intellectuel, des difficultés d’apprentissage et des atteintes au système nerveux. Chez l’enfant, dont le corps est en plein développement, les conséquences sont particulièrement graves.
Selon les normes fixées par l’Organisation mondiale de la santé, la concentration de plomb dans les peintures doit rester en dessous d’un seuil strict. Or, au Togo, près de 30 % des 27 échantillons analysés dépassent cette limite. Un chiffre qui interpelle et justifie l’urgence d’une action coordonnée.
Au-delà des habitations, le risque concerne aussi les écoles, les crèches et les aires de jeux, où les surfaces peintes peuvent devenir des sources d’exposition par ingestion de poussières ou d’écailles.

Une coopération africaine en construction
Pendant deux jours, les participants ont échangé sur les expériences nationales et les dispositifs réglementaires existants. L’objectif : harmoniser les normes, renforcer les mécanismes de contrôle et accompagner les fabricants vers des alternatives plus sûres.
Il ne s’agit pas seulement d’interdire, mais d’organiser une transition. « La transition vers des peintures sans plomb n’est pas une contrainte, mais une opportunité industrielle qui favorise l’innovation, la compétitivité et la création d’emplois verts, tout en protégeant ce que nous avons de plus cher : nos populations », a souligné Dimizou Koffi Aoufoh, secrétaire général du ministère togolais en charge de l’environnement.
Derrière cette déclaration, une conviction : l’abandon du plomb peut stimuler la recherche locale, moderniser les chaînes de production et renforcer la crédibilité des industries africaines sur les marchés internationaux.
Entre réglementation et sensibilisation
L’un des défis majeurs reste l’application effective des normes. Dans plusieurs pays africains, les cadres juridiques existent, mais les contrôles demeurent limités. Les discussions ont donc porté sur la mise en place de systèmes de surveillance plus rigoureux et sur la formation des acteurs du secteur.
Au Togo, des campagnes de sensibilisation sont en cours pour informer fabricants, commerçants et consommateurs des dangers liés au plomb. Car la bataille se joue aussi dans les choix quotidiens : privilégier des peintures certifiées sans plomb devient un acte de prévention.
Un enjeu sanitaire et économique
La problématique dépasse la simple question environnementale. Les coûts liés aux maladies provoquées par l’exposition au plomb pèsent lourdement sur les systèmes de santé et sur la productivité des pays. À long terme, investir dans des peintures sûres revient à protéger le capital humain.
En accueillant cette rencontre régionale, Lomé s’inscrit dans une dynamique continentale visant à éliminer un risque sanitaire longtemps sous-estimé. L’Afrique, confrontée à de multiples urgences, place ainsi la santé environnementale au rang de priorité stratégique.
Car derrière chaque mur fraîchement peint se joue parfois un enjeu vital : celui d’une croissance qui ne sacrifie ni la santé des enfants ni l’avenir industriel du continent.

































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