Togo : le SNAT en action pour un développement équilibré

LOMÉ, 19 août 2026 — Comment éviter que la croissance du Togo se concentre durablement dans quelques pôles au détriment des autres territoires ? C’est l’une des questions auxquelles veut répondre le Schéma national d’aménagement du territoire (SNAT), dont les orientations ont fait l’objet d’une campagne nationale de vulgarisation du 10 au 18 août 2026.

Le ministère de l’Aménagement du territoire et de l’Urbanisme a parcouru les cinq grandes régions administratives, avec des étapes à Dapaong, Kara, Sokodé, Atakpamé et Tsévié, avant de terminer la tournée dans le Grand Lomé. L’objectif ne consistait plus à élaborer le document, mais à faire en sorte que les administrations, les collectivités et les acteurs économiques l’utilisent effectivement dans leurs décisions.

Le défi : passer du document à l’action

Le Togo dispose depuis 2009 d’une Politique nationale d’aménagement du territoire (PONAT). La loi-cadre de 2016 a ensuite renforcé ce dispositif. Le SNAT vient désormais donner une traduction opérationnelle à cette politique en proposant une vision d’ensemble de l’organisation du territoire.

Six documents structurent cette démarche : le rapport d’orientation méthodologique, le bilan-diagnostic, le document central du SNAT, le dispositif de suivi-évaluation, la stratégie de communication et l’Atlas de développement. Validés en janvier 2024, ces documents constituent désormais une base de référence. Mais leur existence ne garantit pas, à elle seule, une meilleure organisation du territoire.

Le véritable test commence avec leur utilisation dans les politiques publiques. C’est précisément le sens de la tournée engagée par le ministère. Les responsables territoriaux ont reçu des explications sur les orientations du SNAT, son articulation avec les projets sectoriels et les responsabilités de chaque catégorie d’acteurs.

Ministère de l'aménagement du territoire et de l'urbanisme
© Ministère de l'aménagement du territoire et de l'urbanisme
Réduire les écarts entre les territoires

Derrière cette démarche se trouve un enjeu économique et social majeur : limiter les écarts de développement entre les régions et à l’intérieur même de celles-ci. Une politique d’aménagement efficace doit permettre de mieux répartir les infrastructures, les activités économiques et les services publics. Elle doit aussi éviter que plusieurs projets se développent sans cohérence sur un même espace tandis que d’autres territoires restent moins équipés.

Le SNAT cherche ainsi à organiser une complémentarité entre les territoires, plutôt qu’une concurrence désordonnée entre eux. Pour les populations, l’enjeu est concret : une meilleure planification peut favoriser l’accès aux routes, aux services sociaux, aux équipements publics, aux zones d’activités et aux opportunités économiques en dehors des principaux centres urbains.

Les collectivités placées devant leurs responsabilités

La mise en œuvre du schéma dépendra largement des collectivités territoriales. Les gouverneurs et les présidents des conseils régionaux ont été invités à intégrer ces orientations dans leurs propres politiques et plans de développement.

Le dispositif repose également sur les organes régionaux et locaux d’aménagement du territoire. Les CORDAT et COLDAT doivent notamment assurer les arbitrages et les décisions d’orientation, tandis que les CRDAT et CLDAT interviennent davantage dans la réflexion technique et la préparation des programmes et projets.

Cette organisation rassemble l’administration publique, les collectivités territoriales, le secteur privé, la société civile, la chefferie traditionnelle ainsi que les partenaires techniques et financiers. Le pari du SNAT consiste donc à faire travailler ces acteurs à partir d’une même lecture du territoire.

Ministère de l'aménagement du territoire et de l'urbanisme
© Ministère de l'aménagement du territoire et de l'urbanisme
Un outil pour mieux décider où investir

L’un des intérêts majeurs du SNAT réside dans sa capacité à aider les pouvoirs publics à mieux hiérarchiser leurs interventions. Avec une vision territoriale commune, l’État et les collectivités peuvent davantage orienter les investissements en fonction des besoins, des potentialités économiques, de la démographie et des infrastructures déjà disponibles.

Cette approche peut également améliorer la cohérence des projets publics et privés. Elle doit notamment réduire les risques de chevauchement, d’implantations mal coordonnées ou d’investissements qui ne tiennent pas suffisamment compte des réalités locales. L’Atlas de développement, parmi les six documents du dispositif, doit justement contribuer à cette lecture spatiale du pays.

Le Grand Lomé face aux autres territoires

La tournée nationale prend aussi une dimension particulière dans un pays où Lomé et son agglomération concentrent une part importante des activités économiques et administratives. Le SNAT cherche à inscrire le développement du Grand Lomé dans une vision nationale plus large. L’objectif n’est pas de freiner la croissance de la capitale, mais de renforcer parallèlement les capacités des autres territoires afin qu’ils puissent développer leurs propres avantages économiques et sociaux.

Cette logique peut favoriser une croissance plus équilibrée, en donnant davantage de visibilité aux potentialités régionales et en améliorant les liaisons entre espaces urbains, ruraux et zones de production.

Ministère de l'aménagement du territoire et de l'urbanisme
© Ministère de l'aménagement du territoire et de l'urbanisme
La prochaine bataille sera celle de l’application

Les autorités togolaises ont appelé les acteurs territoriaux à intégrer les orientations, programmes et projets structurants du SNAT dans leurs documents de planification. Cette étape sera décisive. Un schéma national ne produit pas d’effet par sa seule adoption. Son influence dépendra de sa traduction dans les budgets, les projets d’infrastructures, les plans régionaux et communaux ainsi que dans les décisions d’investissement.

Le Togo entre donc dans la phase la plus exigeante du processus : transformer une vision nationale de l’espace en décisions concrètes sur le terrain. Si cette articulation fonctionne, le SNAT pourrait devenir davantage qu’un document de planification. Il pourrait servir de cadre pour mieux répartir les investissements, réduire les déséquilibres régionaux et rapprocher les politiques publiques des réalités vécues par les populations.

La tournée menée du 10 au 18 août constitue ainsi moins une opération de communication qu’un test grandeur nature : celui de la capacité du Togo à faire du développement territorial un outil de cohésion nationale et de réduction des inégalités spatiales.

Tsévié : Installation du nouveau bureau de la Chambre des métiers

TSÉVIÉ, 29 juillet 2026 — Le secteur de l’artisanat entre dans une nouvelle séquence dans la région maritime. À Tsévié, le gouverneur El hadj Taïrou Bagbiègue a officiellement installé, le 24 juillet dernier, les nouveaux responsables de la Chambre régionale des métiers. Une cérémonie qui vient consacrer le renouvellement des instances dirigeantes et ouvrir la mandature 2026-2030.

Derrière cette transition institutionnelle se joue une question plus large : celle de la capacité de l’artisanat à peser davantage dans l’économie régionale, notamment par l’emploi, la création de revenus et l’insertion des populations.

Gouvernorat Regional Maritime - GRM
© Gouvernorat Regional Maritime - GRM

Une élection ouvre une nouvelle mandature

La nouvelle équipe est issue du scrutin organisé le 22 juillet 2026 sous la conduite d’un comité ad hoc. Au terme de cette élection, huit membres ont été retenus pour composer le bureau exécutif de la Chambre régionale des métiers.

À sa tête, Atsou Koffi Mensah prend désormais les commandes de l’institution pour la période 2026-2030. La Chambre a également élu quatre présidents de commission pour assurer le fonctionnement des différentes instances. L’installation officielle, deux jours après le scrutin, marque ainsi le passage entre l’ancienne équipe et les nouveaux responsables appelés à représenter les intérêts des professionnels de l’artisanat.

Le gouverneur salue un processus électoral maîtrisé

Lors de la cérémonie, le gouverneur El hadj Taïrou Bagbiègue a relevé le bon déroulement du processus électoral. Cette étape, au-delà de son caractère administratif, constitue un préalable à la légitimité des nouvelles instances chargées de porter la voix des artisans de la région.

Le renouvellement des organes intervient surtout à un moment où le secteur artisanal doit répondre à plusieurs défis liés à l’emploi, à la professionnalisation et à l’amélioration des conditions d’exercice des métiers.

Gouvernorat Regional Maritime - GRM
© Gouvernorat Regional Maritime - GRM
L’artisanat au cœur de la bataille pour l’emploi

Dans son intervention, le gouverneur a insisté sur le poids économique et social de l’artisanat. Il l’a présenté comme un levier de création d’emplois décents et de richesse, mais également comme un instrument de lutte contre le chômage et de renforcement de l’inclusion socio-économique.

Cette orientation donne à la nouvelle Chambre régionale une responsabilité particulière. Il ne s’agit plus seulement de représenter les artisans, mais aussi de contribuer à la valorisation des métiers, à leur développement et à une meilleure prise en compte de leurs préoccupations dans les politiques publiques.

Quatre années pour défendre les artisans

Installé pour quatre ans, le bureau exécutif dirigé par Atsou Koffi Mensah devra désormais transformer cette nouvelle légitimité électorale en actions concrètes. Pour la mandature 2026-2030, la Chambre régionale des métiers aura notamment pour mission de promouvoir l’artisanat et de défendre les intérêts des artisans de la région maritime.

À Tsévié, le changement de bureau ne constitue donc pas une simple formalité institutionnelle. Il ouvre un nouveau chapitre pour un secteur qui demeure étroitement lié à la vie économique et sociale de la région. Aux nouveaux responsables revient désormais la tâche de donner corps à cette ambition et de faire de l’artisanat un instrument encore plus efficace de création de richesse, d’emploi et d’inclusion.

Gouvernorat Regional Maritime - GRM
© Gouvernorat Regional Maritime - GRM