Togo : Investiture du Commandant Viagbo, nouveau préfet d’Assoli

Nommé au début du mois de février, le Commandant Mensah Kafui Viagbo a été officiellement investi préfet d’Assoli le jeudi 12 février 2026. À Bafilo, cette passation de charges, placée sous le signe de la « loyauté », pose les jalons d’une nouvelle ère pour cette circonscription stratégique de la région de la Kara.

En effet, le paysage administratif du nord du Togo poursuit sa mue. Ce jeudi-là, la ville de Bafilo a été le théâtre d’un rituel républicain particulièrement suivi : l’installation officielle du nouveau préfet d’Assoli. Dans une salle comble, l’officier supérieur a succédé à M. Horoumila Ouro-Gouroungou, sous l’œil vigilant du Gouverneur de la région de la Kara, le Général Komlan Adjitowou.

Préfecture d’Assoli
© Préfecture d’Assoli

Une promotion issue du sérail sécuritaire

D’abord, il convient de souligner que la nomination du Commandant Viagbo, actée en Conseil des ministres le 2 février dernier, n’est pas passée inaperçue. Dans un contexte sous-régional marqué par des défis sécuritaires croissants, le choix d’un profil militaire à la tête de cette préfecture traduit clairement la volonté des autorités de conjuguer administration territoriale et vigilance sécuritaire.

À cet égard, le Général Adjitowou a rappelé la feuille de route assignée au nouvel entrant : garantir la paix et préserver la stabilité sociale. Mais au-delà du maintien de l’ordre, le préfet devra également exercer un contrôle administratif rigoureux sur les communes et les établissements publics locaux. Cette mission de tutelle constitue, en effet, un levier essentiel pour la consolidation du processus de décentralisation engagé au Togo.

Préfecture d’Assoli
© Préfecture d’Assoli

L’heure du bilan et des engagements

La cérémonie a aussi été l’occasion pour le préfet sortant, Horoumila Ouro-Gouroungou, de dresser un bilan succinct de son action. Dans une adresse empreinte de reconnaissance, il a exprimé sa gratitude au chef de l’État, Faure Essozimna Gnassingbé, tout en saluant la franche collaboration des populations d’Assoli durant son mandat.

Ensuite, dans un geste symbolique de continuité républicaine, il a transmis le témoin à son successeur, avec le souhait que les chantiers de développement amorcés connaissent une nouvelle impulsion.

De son côté, le Commandant Mensah Kafui Viagbo a adopté une posture résolument tournée vers le service public. En réaffirmant son attachement aux institutions de la République, il a pris l’engagement de travailler aux côtés de la jeunesse et des forces vives de Bafilo. Sa priorité, a-t-il laissé entendre, sera de traduire sa loyauté institutionnelle en actions concrètes au bénéfice des populations.

 

Une investiture sous le regard des notables

Par ailleurs, l’événement a mobilisé les principales figures politiques et administratives de la région. Du président du Conseil régional, Bakem Téba Blakinam, à l’honorable Bodé Idrissou Inoussa, en passant par les maires et les chefs traditionnels, la présence massive des acteurs locaux a souligné l’importance de cette transition.

Pour le maire de la commune hôte, Nouhoum Salissou Abou-Bakari, l’arrivée de cette nouvelle autorité administrative représente une opportunité. Selon lui, cette dynamique pourrait insuffler un nouvel élan à l’attractivité et au développement d’Assoli.

Au-delà du protocole, cette investiture marque une étape politique et administrative significative. Reste désormais au nouveau préfet à inscrire son action dans la durée et à répondre aux attentes d’une population attentive aux résultats.

À Lomé, l’Afrique s’attaque au fléau silencieux du plomb dans les peintures

À première vue, la peinture évoque la couleur, la rénovation, l’embellissement des villes. Mais derrière l’éclat des façades se cache parfois un danger invisible : le plomb. Les 11 et 12 février, Lomé a accueilli une rencontre régionale consacrée à l’élimination progressive de la peinture contenant ce métal lourd toxique. Autour de la table : des représentants de 23 pays africains, issus des ministères de l’Environnement et de la Santé, des organisations de la société civile et des industriels du secteur.

L’enjeu dépasse le cadre technique. Il touche à la santé publique, à l’avenir industriel du continent et à la protection des générations futures.

 

Le plomb, un risque majeur pour les enfants

Le plomb est reconnu pour ses effets délétères sur l’organisme. L’exposition, même à faible dose, peut provoquer des troubles neurologiques irréversibles, une baisse du quotient intellectuel, des difficultés d’apprentissage et des atteintes au système nerveux. Chez l’enfant, dont le corps est en plein développement, les conséquences sont particulièrement graves.

Selon les normes fixées par l’Organisation mondiale de la santé, la concentration de plomb dans les peintures doit rester en dessous d’un seuil strict. Or, au Togo, près de 30 % des 27 échantillons analysés dépassent cette limite. Un chiffre qui interpelle et justifie l’urgence d’une action coordonnée.

Au-delà des habitations, le risque concerne aussi les écoles, les crèches et les aires de jeux, où les surfaces peintes peuvent devenir des sources d’exposition par ingestion de poussières ou d’écailles.

Ministère de l’Environnement, des Ressources Forestières, de la Protection Côtière et du Changement Climatique
© Ministère de l’Environnement, des Ressources Forestières, de la Protection Côtière et du Changement Climatique

Une coopération africaine en construction

Pendant deux jours, les participants ont échangé sur les expériences nationales et les dispositifs réglementaires existants. L’objectif : harmoniser les normes, renforcer les mécanismes de contrôle et accompagner les fabricants vers des alternatives plus sûres.

Il ne s’agit pas seulement d’interdire, mais d’organiser une transition. « La transition vers des peintures sans plomb n’est pas une contrainte, mais une opportunité industrielle qui favorise l’innovation, la compétitivité et la création d’emplois verts, tout en protégeant ce que nous avons de plus cher : nos populations », a souligné Dimizou Koffi Aoufoh, secrétaire général du ministère togolais en charge de l’environnement.

Derrière cette déclaration, une conviction : l’abandon du plomb peut stimuler la recherche locale, moderniser les chaînes de production et renforcer la crédibilité des industries africaines sur les marchés internationaux.

 

Entre réglementation et sensibilisation

L’un des défis majeurs reste l’application effective des normes. Dans plusieurs pays africains, les cadres juridiques existent, mais les contrôles demeurent limités. Les discussions ont donc porté sur la mise en place de systèmes de surveillance plus rigoureux et sur la formation des acteurs du secteur.

Au Togo, des campagnes de sensibilisation sont en cours pour informer fabricants, commerçants et consommateurs des dangers liés au plomb. Car la bataille se joue aussi dans les choix quotidiens : privilégier des peintures certifiées sans plomb devient un acte de prévention.

 

Un enjeu sanitaire et économique

La problématique dépasse la simple question environnementale. Les coûts liés aux maladies provoquées par l’exposition au plomb pèsent lourdement sur les systèmes de santé et sur la productivité des pays. À long terme, investir dans des peintures sûres revient à protéger le capital humain.

En accueillant cette rencontre régionale, Lomé s’inscrit dans une dynamique continentale visant à éliminer un risque sanitaire longtemps sous-estimé. L’Afrique, confrontée à de multiples urgences, place ainsi la santé environnementale au rang de priorité stratégique.

Car derrière chaque mur fraîchement peint se joue parfois un enjeu vital : celui d’une croissance qui ne sacrifie ni la santé des enfants ni l’avenir industriel du continent.

Golfe 2 : la Saint-Valentin prend un visage économique et social

À la veille de la Saint-Valentin, l’amour s’écrit autrement à Lomé. Dans la commune de Golfe 2, la fête des amoureux dépasse les roses et les déclarations enflammées : dix couples, unis civilement entre le 9 et le 14 février, ont reçu de la part d’Ecobank un accompagnement financier pour poser les premières pierres de leur vie commune.

L’opération, menée en collaboration avec la municipalité, s’est déroulée à la mairie de Golfe 2. Au-delà du symbole, l’initiative marque une volonté claire : inscrire le mariage dans une perspective de responsabilité économique et d’autonomie budgétaire.

Saint-Valentin
© Saint-Valentin

Le mariage, un projet à structurer

Dans un pays où l’inclusion financière demeure un enjeu majeur, ce geste n’est pas anodin. Chaque couple bénéficiaire s’est vu offrir un compte prépayé individuel. Un outil simple, mais stratégique, qui permet de mieux gérer ses dépenses, d’anticiper les besoins du foyer et de bâtir progressivement une stabilité financière.

En associant la célébration de l’amour à la planification budgétaire, l’établissement bancaire met en avant une réalité souvent éludée : le mariage ne repose pas uniquement sur l’émotion. Il implique également organisation, prévoyance et discipline financière.

Ce positionnement traduit une évolution des pratiques de responsabilité sociale des entreprises au Togo. Les institutions financières ne se contentent plus d’offrir des services ; elles cherchent à accompagner les citoyens dans les étapes clés de leur existence.

Mairie de Golfe 2
© Mairie de Golfe 2

Une proximité institutionnelle assumée

Pour la municipalité, cette opération s’inscrit dans une dynamique plus large de rapprochement avec les administrés. Les cérémonies de mariage, moments forts dans la vie des familles, deviennent ainsi des espaces de sensibilisation et de partenariat.

En soutenant de jeunes ménages dès le premier jour de leur union, la commune renforce le lien entre institutions publiques et acteurs privés. Une manière de rappeler que le développement local repose aussi sur la solidité des cellules familiales et leur capacité à se projeter dans l’avenir.

Mairie de Golfe 2
© Mairie de Golfe 2

L’amour, mais aussi la construction

À l’heure où la Saint-Valentin est souvent réduite à un événement commercial, l’initiative déployée à Golfe 2 offre une lecture différente : aimer, c’est aussi bâtir. Bâtir un foyer, prévoir les imprévus, organiser ses ressources.

Pour les dix couples concernés, cette célébration restera sans doute associée à un double engagement : celui du cœur et celui de la responsabilité. Une manière, en somme, de rappeler que les sentiments s’épanouissent d’autant mieux qu’ils s’appuient sur des bases solides.

Visite de Nigel Short au Togo : Quel avenir pour le jeu d’échecs ?

En visite à Lomé, le directeur du développement de la FIDE a salué le dynamisme de la Fédération Togolaise des Échecs. Entre diplomatie sportive et ambition éducative, le Togo tente de transformer un loisir de niche en un véritable levier pédagogique national.

 

Le silence studieux de l’Hôtel Lébénè a laissé place, cette semaine, au cliquetis méthodique des pièces de bois sur les échiquiers. Du 9 au 14 février 2026, Lomé est l’épicentre du jeu d’échecs en Afrique de l’Ouest, accueillant une figure légendaire de la discipline : le Grand Maître britannique Nigel David Short.

Cette visite de haut niveau, qui s’inscrit dans une tournée sous-régionale, dépasse le simple cadre protocolaire. Elle vient en effet valider une stratégie audacieuse portée par la Fédération Togolaise des Échecs (FTDE) depuis 2019 : faire du « noble jeu » un pilier du système éducatif togolais.

FTDE
© FTDE

La stratégie du pion : l’éducation par le jeu

Pour Nigel Short, l’avenir du jeu ne se joue pas seulement dans les clubs feutrés, mais dans les salles de classe. Ainsi, le directeur de la Fédération Internationale des Échecs (FIDE) a exprimé un soutien appuyé au Programme d’Introduction et de Vulgarisation du jeu d’échecs dans l’Éducation (PIVE).

L’argumentaire est scientifique autant que pédagogique. En République Démocratique du Congo, des études ont déjà démontré que la pratique des échecs facilite l’apprentissage des mathématiques et des sciences grâce à la rigueur logique qu’elle impose.

« Le jeu d’échecs apprend aux jeunes à prendre des décisions réfléchies et à anticiper des solutions face aux difficultés », souligne le Grand Maître, y voyant un remède efficace contre la distraction ambiante.

 

Un défi de masse pour le Togo

Malgré cette ambition, le chemin reste escarpé. Sur une population de plus de huit millions d’habitants, le Togo ne compte officiellement que 500 pratiquants, dont à peine 10 % ont déjà goûté à la compétition internationale.

Pour inverser la tendance, la FTDE, sous la direction de Me N’djellé Abby-Edah, mise sur une véritable politique de proximité, articulée autour de trois axes :

  • Formation des enseignants : des professeurs d’éducation physique sont initiés pour transmettre la discipline aux élèves.
  • Ciblage scolaire : chaque année, 1 000 élèves – dont 500 filles et 500 garçons – découvrent le jeu.
  • Matériel pédagogique : Distribution de manuels et d’échiquiers dans les établissements.

FTDE
© FTDE

Diplomatie et démonstration de force

Le séjour de Nigel Short a également été marqué par des échanges politiques intenses avec le Dr Abdul-Fahd Fofana, ministre délégué aux Sports, et M. Isaac Tchiakpé, ministre du Tourisme et de la Culture. Ces rencontres visent à ancrer durablement la discipline dans le paysage institutionnel togolais.

Sur le plan technique, le Grand Maître a fait étalage de son génie lors d’une séance de « simultanée ». Face à vingt joueurs locaux déterminés, l’expert international a réalisé un sans-faute, remportant toutes les parties, confirmant ainsi que si le talent est présent au Togo, le travail de concert avec la FIDE reste la clé pour voir, un jour, émerger un Grand Maître togolais.

Alors que Nigel Short quittera Lomé ce week-end après un dernier débriefing avec le comité exécutif de la FTDE, le message reste clair : le talent peut se trouver « dans le village le plus pauvre du Togo », à condition qu’on lui donne l’échiquier pour s’exprimer.

Décarbonation du Port de Lomé : Le plan stratégique 2026-2028 dévoilé

Sous l’impulsion de la modernisation énergétique et de la gouvernance environnementale, le Port Autonome de Lomé (PAL) a lancé, fin janvier, sa stratégie de décarbonation. Entre compétitivité internationale et enjeux climatiques, la plateforme portuaire dessine son futur à l’horizon 2050.

Le Port de Lomé ne veut plus seulement être le leader du transbordement en Afrique de l’Ouest ; il veut désormais en être la référence écologique. Durant deux jours, les 29 et 30 janvier 2026, la capitale togolaise a accueilli un atelier de cadrage crucial, réunissant les forces vives du secteur maritime et environnemental afin de tracer les contours de la mutation énergétique du port.

Port Autonome de Lomé
© Port Autonome de Lomé

Un impératif de compétitivité durable

Pour la direction générale du PAL, représentée par son secrétaire général, M. Yentchabré Kombaté, cette transition répond aux exigences strictes de l’Organisation maritime internationale (OMI), qui vise la neutralité carbone d’ici 2050. En effet, dans un marché mondial de plus en plus exigeant en matière de critères écoresponsables, décarboner les activités portuaires est devenu un levier indispensable pour maintenir l’attractivité de Lomé face à ses concurrents régionaux.

Port Autonome de Lomé
© Port Autonome de Lomé

Une feuille de route sur trois ans

Par ailleurs, l’élément central de cette rencontre a été la présentation du plan triennal 2026-2028. Ce programme ambitieux repose sur deux piliers majeurs :

  • La modernisation énergétique : une transition massive vers les énergies renouvelables pour alimenter les infrastructures.
  • Le renforcement de la gouvernance : une refonte institutionnelle afin de mieux surveiller et réduire l’empreinte carbone globale du site.

Comme le souligne M. Kudadje Kodjo, expert environnementaliste du port, cette transformation ne peut réussir que grâce à un « engagement collectif ». L’idée est de fédérer l’ensemble des acteurs — manutentionnaires, logisticiens et services publics — autour d’une vision commune.

Port Autonome de Lomé
© Port Autonome de Lomé

Une coalition de partenaires au chevet du climat

Le projet bénéficie d’un soutien institutionnel et financier de poids. Outre les ministères des Transports, de l’Environnement et de l’Énergie, des partenaires internationaux tels que l’Agence française de développement (AFD) et la GIZ allemande accompagnent également le processus. Des entreprises spécialisées comme Inros Lackner ou Raach Solar apportent aussi leur expertise technique afin de transformer les toitures et les espaces portuaires en véritables centrales de production d’énergie propre.

Au-delà de l’aspect environnemental, le PAL mise également sur cette transition pour stimuler l’économie locale. L’adoption de technologies vertes devrait générer de nouveaux « emplois verts », faisant de la décarbonation un moteur de croissance sociale pour la jeunesse togolaise.

Togo : Le projet IWAVE et l’AIEA modernisent la gestion de l’eau

Sous l’égide de l’Université de Lomé, des experts de l’AIEA déploient le projet IWAVE pour cartographier les réserves hydriques du pays. Une approche scientifique inédite, utilisant les techniques isotopiques, pour garantir l’accès à l’eau face à l’urgence climatique.

 

Le campus de Lomé est devenu, ce jeudi 12 février 2026, le centre névralgique d’une quête vitale : la maîtrise des ressources en eau du Togo. Entre les murs du Centre d’Excellence Régional sur les Sciences Aviaires (CERSA), l’expertise internationale rencontre l’ambition nationale pour relever l’un des défis les plus pressants du XXIᵉ siècle.

Université de Lomé
© Université de Lomé

Une diplomatie scientifique pour l’or bleu

Depuis le 8 février, le Togo vit au rythme du projet IWAVE (IAEA Water Availability Enhancement Project), une initiative de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) lancée en 2010 pour soutenir l’accès universel à l’eau saine. En effet, loin de l’image traditionnelle du nucléaire, l’atome s’invite ici comme un outil de précision chirurgicale pour sonder les nappes phréatiques.

Par ailleurs, la mission, conduite par les professeurs Kamel Zouari et Seif Kebede, vise à intégrer les techniques isotopiques dans la gestion publique. Ces outils permettent d’analyser la signature chimique de l’eau pour comprendre son origine, son âge et son taux de renouvellement, offrant ainsi une lecture scientifique rigoureuse indispensable à toute politique durable.

Université de Lomé
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Un diagnostic stratégique en deux temps

Le marathon des experts a débuté par une phase de concertation intense avec les acteurs ministériels, les directions techniques et la société civile entre le 8 et le 11 février. Ce dialogue de terrain a cédé la place, ce 12 février, à une phase de validation technique sous forme d’atelier.

Pour le Professeur Komlan Batawila, premier vice-président de l’Université de Lomé qui a présidé l’ouverture des travaux, cette étape est capitale. Elle marque aussi la volonté du Togo de moderniser ses infrastructures de données pour répondre à la pression démographique et aux caprices d’un climat de plus en plus incertain.

Université de Lomé
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Vers une autonomie décisionnelle

L’enjeu dépasse la simple collecte d’informations. Il s’agit de bâtir un véritable « bouclier hydrique » national. D’ailleurs, en renforçant les capacités des enseignants-chercheurs, des doctorants et des techniciens du ministère de l’Eau, le projet IWAVE dote le Togo d’un savoir-faire souverain.

La présence du lieutenant-colonel Mazamaesso Tchaou, agent de liaison de l’AIEA, et des représentants du ministère en charge de l’Eau souligne la dimension interinstitutionnelle de ce chantier. Dans la salle de conférence du CERSA, la collaboration entre la science et le politique semble avoir trouvé son point de fusion pour assurer que, demain, l’eau ne soit plus un luxe, mais un droit garanti par la science.

Gezani dévaste Madagascar : une île sous le choc et en état d’urgence

Antananarivo, 12 février 2026 — Parfois, il suffit de quelques heures pour réduire un pays à l’état d’urgence. Le cyclone tropical Gezani, qui a frappé l’île de Madagascar en début de semaine, s’est imposé dès sa formation comme une tempête d’une violence exceptionnelle pour la saison cyclonique 2025-2026. Moins d’une semaine après son entrée dans l’océan Indien, il a contraint les autorités à décréter un état de sinistre national, marquant une étape rarement atteinte en temps de paix.

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De l’océan à l’élévation : la naissance d’un monstre

La trajectoire de Gezani était surveillée depuis les premiers stades de son développement en mer — un phénomène météorologique courant entre novembre et mars dans le bassin sud-ouest de l’océan Indien. Toutefois, sa rapide intensification a surpris les observateurs. Le cyclone a atteint la côte est de Madagascar, frappant de plein fouet la ville portuaire de Toamasina dans la soirée du 10 février 2026, avec des rafales dépassant parfois 250 km/h et des pluies diluviennes.

Ce passage brutal a rappelé, dans sa violence, certains des cyclones les plus sévères de l’histoire du pays, même si son impact final ne rivalise pas encore avec les records humains des grandes tempêtes du passé — comme le cyclone Gafilo qui avait fait plusieurs centaines de morts en 2004.

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Le cyclone Gezani

Un bilan humain et matériel lourd

Les autorités malgaches, en coordination avec le Bureau national de gestion des risques et des catastrophes (BNGRC), ont publié des bilans actualisés au fil des heures : elles comptent au moins 36 morts, plusieurs dizaines de blessés et des milliers de personnes privées de toit.

Dans certaines zones de Toamasina, les images aériennes diffusées montrent des quartiers où près de 80 % des bâtiments ont été endommagés ou détruits, des routes impraticables et des infrastructures essentielles hors d’usage.

Les autorités portent désormais le nombre de sinistrés à plus de 250 000, répartis entre zones urbaines et rurales. Au-delà des chiffres, elles soulignent qu’une part importante du tissu social et économique se trouve frappée de plein fouet.

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État de sinistre national : une réponse à l’ampleur des dégâts

Face à cette tragédie, le gouvernement malgache a réuni son conseil des ministres pour décréter l’état de sinistre national, une mesure qui facilite l’accès à une aide d’urgence et la mobilisation de ressources exceptionnelles pour les opérations de secours.

Cette décision illustre l’ampleur des dégâts et des besoins : pas seulement des maisons effondrées, mais aussi des cultures détruites, des voies de communication coupées et des communautés isolées. La reprise et la reconstruction s’annoncent longues et coûteuses.

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Un autre cyclone peu avant, un contexte déjà fragile

Madagascar n’était pas sortie indemne de la précédente perturbation climato-météorologique. Moins de deux semaines avant Gezani, un autre système baptisé Fytia avait déjà traversé l’île, causant aussi pertes humaines et déplacements massifs de population.

La succession de ces tempêtes met en lumière la vulnérabilité structurelle de l’île aux phénomènes cycloniques, exacerbée par des facteurs climatiques mondiaux tels que l’élévation des températures océaniques. Ce contexte rend d’autant plus crucial le soutien humanitaire international, appelé par les autorités malgaches, pour répondre non seulement à l’urgence mais aussi à la prévention future.

Washington consolide son partenariat avec l’Université de Kara

Le campus sud de l’Université de Kara a accueilli, le 10 février 2026, une délégation de l’Ambassade des États-Unis au Togo conduite par M. Krish Das, Directeur des affaires publiques. Une visite placée sous le signe du renforcement des coopérations universitaires et de l’approfondissement des échanges éducatifs entre Lomé et Washington.

Reçu par le vice-président de l’institution, le professeur Boussanlègue Tchable, le responsable américain est venu mesurer les avancées d’un partenariat académique qui s’inscrit dans la durée. Au cœur des discussions : la consolidation des initiatives conjointes, en particulier celles portées par l’American Corner, centre de ressources et d’apprentissage linguistique implanté au sein de l’université.

Université de Kara
© Université de Kara

Une diplomatie académique assumée

Au-delà du protocole, la rencontre a mis en lumière une diplomatie d’influence fondée sur l’éducation et la formation. L’American Corner, espace dédié à l’apprentissage de l’anglais et à l’accès à des ressources pédagogiques américaines, constitue l’un des piliers de cette collaboration.

M. Krish Das a salué la vitalité des activités menées sur le site, soulignant la qualité de la coopération engagée avec l’université. Il a notamment relevé l’impact des programmes de formation linguistique et des initiatives destinées à élargir les perspectives académiques et professionnelles des étudiants.

Université de Kara
© Université de Kara

Former la jeunesse, investir dans l’avenir

Pour les autorités universitaires, cette visite illustre la solidité d’un partenariat stratégique.Par ailleurs  Le professeur Boussanlègue Tchable a transmis les remerciements de la présidente de l’Université de Kara, la professeure Prénam Houzou-Mouzou, à l’endroit de la délégation américaine. Celle-ci a été félicitée pour son engagement en faveur du développement des compétences, tant au bénéfice des étudiants que du personnel administratif et enseignant.

Les opportunités de formation et les échanges académiques offerts dans ce cadre participent, selon les responsables universitaires, à l’ouverture internationale de l’établissement et à la montée en compétence de la jeunesse togolaise.

 

Une coopération appelée à se renforcer

Dans un contexte où l’internationalisation des universités devient un levier majeur de compétitivité, l’Université de Kara entend aussi poursuivre l’élargissement de ses partenariats stratégiques. La visite du Directeur des affaires publiques de l’Ambassade des États-Unis apparaît ainsi comme un signal fort : celui d’une coopération académique appelée à s’intensifier.

L’Université de Kara vérifie la présence de son personnel

Soucieux d’améliorer la qualité des services offerts aux étudiants et de renforcer l’efficacité de son administration, l’Université de Kara a lancé, le 11 février 2026, une vaste opération de contrôle physique de son personnel. Déployée dans les différentes directions et services, cette initiative s’inscrit dans une dynamique de transparence et de rationalisation, marquant une étape décisive dans la modernisation de la gouvernance universitaire.

 

L’opération concerne aussi bien le personnel administratif et technique que les enseignants-chercheurs. Elle vise aussi à établir un état précis des effectifs en activité, dans un contexte où la fiabilité des données constitue un enjeu central pour la gouvernance universitaire.

Université de Kara
© Université de Kara

Fiabiliser les données, renforcer la transparence

Au cœur de cette démarche : la constitution d’une base d’informations actualisée et rigoureuse. Ainsi, les équipes déployées procèdent à la vérification de la présence effective des agents à leurs postes, tout en actualisant les éléments relatifs à leur situation administrative.

Chaque agent est ainsi invité à confirmer ses données personnelles et professionnelles, notamment son identité civile, son grade, sa catégorie statutaire, sa fonction ainsi que son service d’affectation. Cette procédure vise à réduire les écarts éventuels entre les fichiers administratifs et la réalité du terrain.

Université de Kara
© Université de Kara

Une modernisation de la gestion des ressources humaines

Placée sous la coordination de la Direction des ressources humaines, dirigée par le Dr Panaewazibiou Dadja-Tiou, cette tournée s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation des outils de pilotage administratif.

Dans un environnement universitaire en pleine mutation, la maîtrise des effectifs et la qualité des données internes apparaissent comme des leviers essentiels pour optimiser l’allocation des ressources et renforcer la transparence institutionnelle.

Au-delà de l’aspect strictement administratif, cette initiative témoigne d’une volonté d’améliorer la gouvernance et d’adapter les pratiques de gestion aux exigences contemporaines.

 

Un enjeu stratégique pour l’institution

Alors que les universités publiques font face à des défis croissants en matière de performance et de crédibilité, l’Université de Kara entend consolider ses mécanismes internes. Cette opération de contrôle physique s’inscrit ainsi dans une logique de rigueur et de responsabilisation, avec pour ambition d’assurer une gestion plus efficiente de son capital humain.

Daouda Soukpafolo rachète UNIWAX, géant du wax ivoirien

Une page importante s’écrit dans l’histoire industrielle de la Côte d’Ivoire et, plus largement, de l’Afrique de l’Ouest. Dans une transaction stratégique passée sous silence médiatique, la Compagnie Ivoirienne de Coton S.A. (COIC), dirigée par l’homme d’affaires ivoirien Koné Daouda Soukpafolo, a acquis la participation majoritaire dans UNIWAX S.A., l’un des derniers « fleurons » du textile régional.

 

Un retour à l’ancrage local d’un géant textile

Créé à la fin des années 1960, UNIWAX est l’un des rares fabricants industriels de pagne wax encore en activité en Afrique de l’Ouest, avec une usine historique située dans la zone industrielle de Yopougon à Abidjan. L’entreprise, longtemps associée au groupe néerlandais Vlisco, est également cotée à la BRVM (Bourse Régionale des Valeurs Mobilières).

L’accord, conclu ce 11 février 2026, marque ainsi le retour de la marque sous contrôle ivoirien, et s’inscrit dans une logique de création de valeur locale, de résilience industrielle et de développement stratégique.

 

Contexte financier : redressement avant le rachat

Ce rachat intervient après plusieurs années de difficultés financières pour UNIWAX, qui avait affiché des pertes significatives jusque-là. Toutefois, en 2025, l’entreprise a renoué avec la rentabilité : au troisième trimestre, le chiffre d’affaires avait progressé de 13 % par rapport à l’année précédente, et le groupe avait enregistré un bénéfice net d’environ 8,1 milliards de FCFA.

Cette amélioration s’est accompagnée d’une forte réaction des marchés : entre janvier et novembre 2025, l’action Uniwax à la BRVM a augmenté de plus de 267 %, traduisant un regain de confiance des investisseurs dans la capacité du groupe à se redresser.

Selon d’autres bilans récents, la société avait réussi à transformer ses pertes des exercices précédents et à afficher un bénéfice net au premier semestre 2025, même si certains résultats positifs provenaient de cessions d’actifs.

 

Modalités et accompagnement : continuité opérationnelle

Toutefois, les autorités n’ont pas rendu publiques les modalités financières exactes du rachat et elles doivent encore approuver le processus sur le plan réglementaire, mais les sources proches du dossier signalent que la direction d’Uniwax ainsi que le groupe Vlisco continueront à accompagner la marque pour assurer sa stabilité opérationnelle dans les mois à venir.

Pour la COIC, l’intégration d’Uniwax s’inscrit dans une stratégie industrielle intégrée : en rapprochant la fabrication de pagnes de la transformation locale du coton, l’objectif est de créer des synergies industrielles fortes et d’insuffler de nouvelles capacités d’investissement.

 

Un homme d’affaires influent à la manœuvre

Surnommé le « Roi du coton » ivoirien, Koné Daouda Soukpafolo est l’un des entrepreneurs les plus en vue du pays. Son groupe s’est d’abord construit autour de la filière cotonnière avant de s’étendre à l’agro-industrie, au transport et aux services financiers.

Selon les classements économiques, sa fortune est estimée à près de 92 milliards de FCFA (≈165 millions USD) ; ce qui le place parmi les 10 plus grandes fortunes de Côte d’Ivoire.

 

Vers une industrie textile africaine plus intégrée ?

Au-delà de l’importance de UNIWAX pour l’économie ivoirienne, ce rachat fait écho à des initiatives plus larges d’industrialisation du continent, encouragées par plusieurs États ouest-africains. L’opération pourrait ainsi devenir un cas d’école de montée en puissance de capitaux locaux dans une industrie longtemps marquée par la concurrence étrangère.

Pour les acteurs économiques, le défi reste de renforcer la compétitivité du textile africain face aux importations asiatiques à bas coût, tout en préservant l’authenticité et la valeur culturelle des produits locaux.