Des autorités traditionnelles et plusieurs membres du gouvernement, dont la ministre secrétaire générale de la Présidence du Conseil Sandra Ablamba Johnson, ont pris part hier à la cérémonie du Kpessosso à Glidji-Kpodji, marquant l’entrée du peuple guin dans sa 363ᵉ année, un rite désormais inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.
La communauté guin du sud-est du Togo a célébré hier à Glidji-Kpodji la 363ᵉ édition de l’Épé-Ékpé, son Nouvel An traditionnel, à travers le rite central du Kpessosso, la prise de la pierre sacrée. La cérémonie a réuni les autorités traditionnelles du royaume Guin ainsi que plusieurs membres du gouvernement togolais, parmi lesquels la ministre secrétaire générale de la Présidence du Conseil, Sandra Ablamba Johnson, elle-même native d’Aného.
Cette année, la pierre sacrée est apparue de couleur blanche. Selon la tradition, sa teinte porte chaque année un message adressé à la communauté Guin et, plus largement, à l’ensemble du Togo ; celle de 2026 a été interprétée comme un signe de sagesse appelé à guider le peuple Guin et la nation dans les mois à venir.
La portée de la cérémonie dépasse cette année le cadre communautaire. Le 11 décembre 2025, le Comité intergouvernemental de l’UNESCO a inscrit les rites du Nouvel An du pays Guin, dont le Kpessosso constitue le temps fort, sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Cette reconnaissance internationale fait de cette pratique le troisième élément togolais distingué par l’UNESCO, et confère au rituel une visibilité inédite au-delà des frontières togolaises.
L’Épé-Ékpé désigne l’ensemble des rites du Nouvel An pratiqués chaque année par le peuple Guin, dans le sud du Togo. Une vingtaine de rituels s’échelonnent sur environ sept mois selon un calendrier lunaire, en l’honneur des divinités et des ancêtres.
Le point culminant en est le Kpessosso, la prise de la pierre sacrée, conduit par les chefferies traditionnelles, prêtres et prêtresses de la communauté. D’autres rites, comme le repas communautaire du Yêkê-Yêkê ou le défilé du Kpanchonchon, rythment également ce cycle annuel.
Dans un message publié à l’issue de la cérémonie, Sandra Ablamba Johnson a salué un moment de communion avec la culture et les ancêtres, qu’elle a qualifié de rendez-vous essentiel célébré chaque année avec fierté. Elle a souligné que ce patrimoine, désormais reconnu par l’UNESCO, plaçait le Kpessosso parmi les richesses culturelles que le Togo fait rayonner au-delà de ses frontières.
“Il nous revient de chérir ce patrimoine et de le transmettre aux générations futures.” — Sandra Ablamba Johnson, ministre secrétaire générale de la Présidence du Conseil
La ministre a conclu son message par un vœu adressé à l’ensemble de la communauté Guin, lui souhaitant une bonne et heureuse nouvelle année, à l’ouverture de ce 363ᵉ cycle de l’Épé-Ékpé.
ANÉHO, 14 août 2026 — Le peuple Guin célébrera le point culminant de son nouvel an, l’Épé‑Ékpé, le jeudi 3 septembre prochain. C’est à cette date qu’aura lieu le célèbre pèlerinage vers Glidji Kpodji (Avé‑Gbatso) pour l’Ékpéssosso, la prise de la pierre sacrée, selon le calendrier dévoilé ce jeudi à l’issue d’un rituel ancestral de calcul du temps.
À exactement 22 jours de l’événement suprême, les dignitaires de la divinité Mama Koley se sont réunis au sanctuaire de Dégbénou Kpékomé pour le « Kpémama », la cérémonie officielle du compte à rebours.
Loin des calendriers modernes, c’est par une méthode mathématique séculaire que les dignitaires ont déterminé la date. À la suite des libations d’ouverture menées par Tassinon Kayi Koley, le dignitaire Edoh Tchaklizo a procédé au décompte public de 22 grains de maïs, symbolisant le nombre exact de jours restants avant le pèlerinage.
Selon le protocole de cette tradition, des paquets de feuilles de maïs renfermant chacun ces 22 grains ont été distribués aux chefs de famille, leaders traditionnels et autorités locales. En retirant un grain chaque jour, la communauté assure une synchronicité parfaite : l’extraction du dernier grain marquera le matin de la prise de la pierre sacrée.
L’événement religieux de jeudi a rassemblé les plus hautes instances spirituelles et administratives de la région. Ayité Ayivi Saka, prêtre spirituel de la collectivité Mama Koley, et le prêtre Niman Tchè ont co‑présidé la cérémonie, entourés des représentants des 41 divinités de la cosmogonie Guin.
L’administration togolaise et les autorités royales ont également validé ce lancement officiel. Le sénateur‑maire de la commune des Lacs 1, Alexis Coffi Aquereburu, le préfet des Lacs, Daté Benissan‑Têtêvi, ainsi que le Prince régent du trône royal de Lolan, Son Altesse Adondjégoun Latévi Lawson‑Body, étaient présents pour assister aux rites.
Historiquement réalisé avec de petits cailloux avant l’adoption du maïs, le rituel du Kpémama palliait autrefois l’absence de calendrier écrit. Aujourd’hui, alors que le calendrier grégorien régit la vie civile togolaise, cette pratique mathématique perdure. Pour le peuple Guin, maintenir ce décompte manuel n’est plus une nécessité de repérage temporel, mais l’affirmation stricte de leur héritage culturel et d’une loyauté inébranlable envers les traditions léguées par leurs aïeux.
Le compte à rebours bat son plein : le peuple Guin s’apprête à converger vers Glidji Kpodji pour célébrer l’Épé‑Ékpé. Dans une ferveur joyeuse et solennelle, la communauté vivra le 3 septembre comme l’apogée d’un héritage ancestral, entre chants, rituels et retrouvailles.
À quelques jours de l’ouverture des Évala 2026, la ville de Kara se prépare à vivre l’un des temps forts artistiques des festivités. En effet, le 16 juillet, le Stade municipal accueillera le Grand Concert Immersion Évala 2026, une soirée qui réunira plusieurs figures de la scène musicale togolaise dans une célébration où musique, traditions et identité culturelle se rencontreront.
Pendant une semaine, Kara redeviendra le cœur battant de la culture togolaise. Certes, les célèbres luttes initiatiques Évala demeurent l’événement central de cette célébration ancestrale, mais la musique occupera également une place de choix avec l’organisation du Grand Concert Immersion Évala 2026, prévu le 16 juillet à partir de 17 heures au Stade municipal.
Plus qu’un simple spectacle, cette soirée se veut une immersion dans la richesse artistique du Togo. Ainsi, les organisateurs annoncent la participation de plusieurs artistes de renom de la scène nationale, appelés à partager la scène devant un public attendu nombreux, composé aussi bien d’habitants de la région que de visiteurs venus de tout le pays et de la diaspora.
Quand la tradition dialogue avec la musique
Depuis plusieurs années, les Évala ne se limitent plus aux arènes de lutte. En effet, autour des compétitions traditionnelles, un vaste programme culturel prend forme, associant concerts, expositions, animations populaires et rencontres entre artistes.
Le Grand Concert Immersion s’inscrit pleinement dans cette dynamique. Il ambitionne de créer une passerelle entre les expressions artistiques contemporaines et un patrimoine culturel plusieurs fois centenaire, faisant de Kara un véritable carrefour de la création togolaise. L’objectif est double : offrir une vitrine aux talents nationaux tout en renforçant l’attractivité culturelle et touristique de la région.
Un rendez-vous au service du rayonnement de Kara
Au-delà de l’aspect festif, l’événement participe à la promotion de la région de la Kara, qui accueille chaque année des milliers de visiteurs à l’occasion des Évala. De fait, hôteliers, restaurateurs, commerçants, artisans et acteurs du secteur des transports profitent généralement de cette affluence exceptionnelle, faisant des festivités un moteur d’activité économique locale.
Le concert vient ainsi compléter une programmation qui dépasse largement le cadre des luttes traditionnelles pour mettre en valeur le patrimoine culturel, les savoir-faire et les expressions artistiques du Togo.
Les Évala, une tradition vivante
Organisées cette année du 11 au 18 juillet 2026, les Évala demeurent l’une des manifestations culturelles les plus emblématiques du Togo. Ces luttes initiatiques marquent le passage à l’âge adulte des jeunes Kabyè et attirent, chaque année, des milliers de spectateurs venus assister à ce rite profondément ancré dans les traditions du nord du pays.
À travers le Grand Concert Immersion, les organisateurs souhaitent rappeler que les Évala sont aujourd’hui bien plus qu’un rendez-vous coutumier : elles constituent également une vitrine du dynamisme culturel togolais, où patrimoine, musique, tourisme et développement local se conjuguent pour faire rayonner la région de la Kara bien au-delà des frontières nationales.
ANEHO, 06 septembre 2024 – La ville d’Aneho a été le théâtre d’une explosion de couleurs, de musique et de danse alors que l’apothéose de la 361ème édition de Kpantsontson battait son plein le jeudi 05 septembre 2024.
Dans une société où les règles sont strictes, Kpantsontson offre un espace de liberté unique où les participants peuvent exprimer ouvertement leurs critiques sur les maux sociaux, sans crainte de répercussion. Ce choix de déguisement, loin d’être arbitraire, est un clin d’œil à l’histoire du clan, dont les ancêtres se sont autrefois déguisés pour échapper aux ravages de la guerre.
Alors que le soleil se couchait sur Aneho, les échos des tambours et des chants résonnaient, rappelant à tous que, malgré les années qui passent, l’esprit de Kpantsontson reste indomptable et essentiel à l’âme de la communauté.
Lomé, le 4 septembre 2024 – Dans l’embrassement chaleureux de la plage Saints Pierre et Paul, le colloque Epé-Ekpé a dévoilé ses secrets sur le thème captivant de la gémellité, un phénomène enveloppé de mystère et de vénération dans les territoires du Sud Bénin-Togo. en effet, Les érudits et les curieux se sont rassemblés pour déchiffrer les rites et les traditions qui entourent la naissance et la vie des jumeaux, des figures presque divines dans ces cultures.
Le premier panel, animé par des personnalités telles que M. Zinsou AMEDEGNATO et M. Akouété Tony GNAMEY, a exploré le parcours des jumeaux depuis leur naissance jusqu’à leur mort, et même au-delà. Les discussions ont révélé la sacralité et le caractère divin attribués aux jumeaux, ainsi que les conséquences de leur colère, soulignant leur importance dans l’équilibre spirituel de la communauté.
Le second panel, dirigé par des experts tels que M. Guy MISSODEY et M. Ousseni FIFEN, a plongé dans les pouvoirs mystérieux attribués aux jumeaux. À travers des témoignages et des révélations, les panélistes ont débattu de la réalité derrière les mythes, offrant un aperçu fascinant de la dimension spirituelle de la gémellité.
En bref, le colloque a conclu sur une note poignante: les jumeaux, loin d’être de simples mortels, sont des sources de bénédiction mystérieuse et de prospérité. Dans la culture Bénino-Togolaise, un jumeau ne meurt jamais vraiment; il est perçu comme partant chercher du bois dans la forêt, une métaphore de la continuité et de l’immortalité de l’esprit.
Glidji-Kpodji, 30 août 2024 –Dans l’atmosphère chargée de spiritualité du quartier Glidji-Kpodji, les fils et filles du peuple Guin se sont réunis le 29 août dernier pour célébrer la 361ème édition de leur cérémonie ancestrale : la prise de la pierre sacrée. Cet événement, véritable pilier de leur identité culturelle, a une fois de plus rassemblé les communautés, les autorités traditionnelles et politiques autour d’un même symbole : la pierre sacrée.
Sous le regard attentif de Mme Victoire TOMEGAH-DOGBE, Premier ministre, représentant le président de la République, Faure Essozimna GNASSINGBE, et entourés de nombreux dignitaires, les participants ont assisté à un rituel chargé de sens. Chaque année, cette cérémonie est l’occasion de renouer avec les traditions ancestrales et de recevoir les messages que les ancêtres transmettent à travers la pierre sacrée.
Cette année, la pierre s’est révélée d’un blanc sale, une couleur qui, selon les interprétations des prêtres traditionnels, symbolise une certaine désunion au sein de la communauté. Un message clair a été délivré : les Guins doivent renforcer les liens familiaux, respecter les aînés et privilégier le dialogue pour résoudre les conflits.
« La pierre nous rappelle l’importance de l’unité et de la cohésion sociale », a souligné le prince régent Assafoatsè Kanyi Mathias FOLLY BEBE. « Elle nous invite à revenir aux valeurs fondamentales de notre culture. «
Au-delà du rituel : un moment de partage
Au-delà de son aspect spirituel, la cérémonie de la pierre sacrée est aussi un moment de partage et de convivialité. Les participants ont pu échanger, danser et déguster les mets traditionnels, créant ainsi un véritable sentiment de communauté.
De nombreux touristes, attirés par la richesse culturelle de cet événement, ont également fait le déplacement. Ils ont ainsi pu découvrir les us et coutumes du peuple Guin et s’imprégner de l’atmosphère unique de cette célébration.
La cérémonie de la pierre sacrée est bien plus qu’un simple rituel. C’est un témoignage vivant de l’histoire et de la culture du peuple Guin. En perpétuant cette tradition, les Guins affirment leur identité et transmettent leurs valeurs aux générations futures.
En conclusion, dans un monde en constante évolution, la cérémonie de la pierre sacrée rappelle l’importance de préserver ses racines et de cultiver le lien avec ses ancêtres. Elle est un témoignage de la résilience d’une culture qui, malgré les épreuves du temps, continue de vivre et de se transmettre.