Togo : Une ambulance médicalisée pour le CHR de Tsévié

Tsévié, 24 avril 2026 — À la veille des célébrations de l’indépendance, le Conseil régional Maritime a doté le Centre hospitalier régional (CHR) de Tsévié d’une ambulance médicalisée flambant neuve. Un investissement stratégique, financé sur le budget 2025 du Conseil, qui vise à combler les lacunes persistantes du système d’évacuation sanitaire dans le sud du pays.

Dans les couloirs du CHR, le soulagement est palpable. Le jeudi 23 avril, la cour de l’établissement a servi de cadre à une cérémonie sobre mais hautement symbolique : la remise officielle d’un véhicule équipé de dispositifs de soins intensifs, destiné à renforcer les capacités d’évacuation et à améliorer la prise en charge des patients.

Gouvernorat Regional Maritime - GRM
© Gouvernorat Regional Maritime - GRM

L’urgence comme priorité

Jusqu’ici, les transferts vers les structures spécialisées de la capitale ou le maintien des fonctions vitales lors des évacuations constituaient un défi logistique permanent. L’arrivée de cette ambulance représente bien plus qu’une simple dotation matérielle : c’est un levier essentiel pour réduire la mortalité liée aux délais de prise en charge, notamment lors des urgences obstétricales et des accidents fréquents sur l’axe Lomé‑Tsévié.

La remise des clés a été effectuée par El Hadj Taïrou Bagbiegue, gouverneur de la région Maritime. Dans son allocution, il a exhorté le personnel à un usage « responsable » et à une maintenance rigoureuse, rappelant ainsi que l’entretien reste souvent le talon d’Achille des structures publiques. Ce rappel traduit une préoccupation récurrente des autorités : garantir que les équipements de pointe bénéficient durablement aux populations.

Gouvernorat Regional Maritime - GRM
© Gouvernorat Regional Maritime - GRM

Un symbole politique à l’approche du 27 avril

Au‑delà de l’aspect médical, cette initiative s’inscrit dans une dynamique nationale. À quelques jours du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance du Togo, période traditionnellement marquée par des inaugurations et des gestes forts de l’exécutif, la dotation prend une valeur symbolique supplémentaire.

En inscrivant cette action dans la Politique nationale de protection sociale (PNPS), portée au plus haut niveau de l’État par le président Faure Essozimna Gnassingbé, les autorités régionales rappellent l’alignement de leurs initiatives sur une vision nationale. Pour le gouvernement, l’enjeu est double : démontrer que la décentralisation, encore jeune au Togo, porte ses premiers fruits, et prouver que la réponse aux besoins essentiels peut désormais s’organiser à l’échelle locale.

ONU : Macky Sall en difficulté pour le Secrétariat général

New York, 22 avril 2026 — Le « grand oral » est terminé. Ce mercredi 22 avril, Macky Sall a franchi les portes de l’Assemblée générale des Nations unies pour défendre sa candidature au poste de Secrétaire général. Si l’ancien président sénégalais a tenté de convaincre par sa vision d’un « multilatéralisme refondé », le contraste avec ses concurrents et les zones d’ombre de son bilan national ont pesé lourd dans l’amphithéâtre new-yorkais.

 

Il était 19 heures à New York quand Macky Sall s’est avancé pour clore le cycle des auditions interactives. Quatrième et dernier candidat à s’exprimer, il succédait à un trio latino-américain de haut vol : Michelle Bachelet, Rafael Mariano Grossi et Rebeca Grynspan. Sous le titre ambitieux de « Refonder le multilatéralisme pour un monde meilleur », l’ex-chef d’État a plaidé pour une ONU plus inclusive, faisant de sa propre origine africaine un argument de légitimité.

 

Seul contre tous : le poids de l’isolement continental

Toutefois, la prestation oratoire n’a pas suffi à masquer une réalité diplomatique cruelle. Contrairement à Michelle Bachelet, qui bénéficie d’un élan régional quasi unanime, Macky Sall s’est présenté sans le parrainage officiel de l’Union africaine (UA).

Ce manque de soutien, couplé au mutisme des nouvelles autorités de Dakar, fragilise sa posture de « candidat de l’Afrique ». En coulisses, plusieurs diplomates soulignent que l’absence de consensus continental est souvent un obstacle rédhibitoire pour accéder au 38ᵉ étage du palais de verre.

 

L’héritage sénégalais : entre droits de l’homme et dettes cachées

Mais au-delà de la géopolitique, ce sont les questions directes des représentants de la société civile qui ont mis l’ancien président en difficulté. Interpellé sur les répressions qui ont marqué ses dernières années au pouvoir à Dakar, Macky Sall a dû défendre un bilan terni par des violations des droits de l’homme et des tensions persistantes avec la jeunesse.

Par ailleurs, l’ombre du FMI a plané sur l’audition. Les révélations récentes sur une « dette cachée » de plusieurs milliards de FCFA sous son administration ont alimenté les doutes des délégués sur sa capacité à gérer les finances de l’organisation mondiale. Pour beaucoup, la rigueur budgétaire exigée par les bailleurs onusiens semble peu compatible avec cet héritage économique contesté.

 

Un essai pour l’honneur ?

Par conséquent, malgré une défense acharnée de sa vision globale, les chances de Macky Sall paraissent aujourd’hui compromises. Face à une Michelle Bachelet qui fait figure de favorite naturelle après sa prestation remarquée du 21 avril, l’ancien président sénégalais semble avoir payé le prix fort de son isolement diplomatique et de ses dossiers intérieurs.

Bien que son audition se soit terminée le 22 avril, il devra attendre l’été pour connaître les premiers signaux du Conseil de sécurité. Le verdict final sur l’identité du successeur d’António Guterres sera connu vers la fin de l’année 2026, pour une prise de fonction le 1ᵉʳ janvier 2027. Cependant le chemin vers le Secrétariat général semble, plutôt incertain pour lui.

Togo–France : Jean-Noël Barrot en visite à Lomé

En déplacement à Lomé les 23 et 24 avril, le ministre français des Affaires étrangères, Jean‑Noël Barrot, effectue une visite brève mais dense, à un moment charnière des relations entre le Togo et la France. Première mission officielle au Togo depuis sa prise de fonction, ce voyage s’inscrit dans le rééquilibrage engagé par Paris avec ses partenaires africains. Entre coopération au développement, enjeux sécuritaires et recompositions géopolitiques régionales, cette séquence diplomatique illustre la redéfinition en cours des partenariats.

 

Entre Lomé et Paris, un dialogue diplomatique à clarifier

Dès son arrivée dans la capitale togolaise, le chef de la diplomatie française a multiplié les échanges avec les acteurs du développement. Il doit notamment rencontrer des organisations de la société civile ainsi que les responsables de l’Agence française de développement (AFD), avec lesquels il abordera les priorités sociales et éducatives. Une manière, pour Paris, de réaffirmer son engagement dans des secteurs jugés structurants.

Cependant, au-delà de ces discussions techniques, la visite revêt une portée plus politique. En effet, Jean-Noël Barrot doit s’entretenir avec son homologue togolais, Robert Dussey, afin d’évaluer l’état des relations bilatérales. Dans un contexte régional marqué par des tensions et des repositionnements, ces échanges devraient permettre de clarifier les orientations futures du partenariat entre Lomé et Paris.

 

Sécurité régionale : le Togo, acteur pivot en Afrique de l’Ouest

Le moment central du séjour reste toutefois l’audience prévue avec Faure Essozimna Gnassingbé. Au menu des discussions : les questions économiques, mais surtout les enjeux sécuritaires qui redessinent les équilibres en Afrique de l’Ouest. À cet égard, le rôle du Togo comme interlocuteur entre ses voisins sahéliens regroupés au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES) et leurs partenaires extérieurs sera particulièrement scruté. Alors que ces pays ont pris leurs distances avec certaines organisations régionales et partenaires historiques, Lomé apparaît de plus en plus comme un canal de dialogue.

 

Crise à l’Est de la RDC et Médias suspendus

Par ailleurs, les discussions devraient s’étendre à la situation dans l’est de la République démocratique du Congo, théâtre de violences persistantes. Désigné médiateur par l’Union africaine, Faure Essozimna Gnassingbé joue un rôle diplomatique croissant dans ce dossier. La France, de son côté, entend peser dans les efforts visant à ramener la stabilité dans une région en proie à des conflits récurrents.

Néanmoins, certains sujets plus sensibles pourraient également s’inviter à la table des discussions. C’est notamment le cas de la suspension des médias RFI et France 24, interrompus au Togo depuis 2025. Si des échanges ont été engagés, leur issue demeure incertaine, révélant des tensions persistantes autour des questions de régulation médiatique et de souveraineté.

 

Entre influences concurrentes, le Togo redessine ses alliances

Enfin, cette visite intervient dans un contexte de recomposition des alliances. Alors que les observateurs questionnent régulièrement l’influence française en Afrique de l’Ouest, le Togo diversifie ses partenariats, notamment en direction de la Russie. Des accords de coopération, y compris dans le domaine sécuritaire, témoignent de cette évolution, tout comme l’intérêt stratégique porté au port en eau profonde de Lomé.

Ainsi, au-delà de son caractère protocolaire, le déplacement de Jean-Noël Barrot illustre les ajustements en cours dans les relations entre la France et le Togo. Entre continuité et inflexions, Lomé s’impose progressivement comme un acteur diplomatique à part entière dans une région en pleine mutation.

Togo : Début du Tournoi Haloufé à l’Université de Kara

Lomé, 23 avril 2026 — À l’Université de Kara, dans le nord du Togo, le ballon rond ne se conjugue plus seulement au masculin. Depuis ce jeudi 23 avril, le campus sud vibre au rythme de la troisième édition du Tournoi Haloufé. Entre mémoire et promotion du leadership féminin, la compétition a livré ses premiers verdicts.

Sous un soleil de plomb mais dans une ambiance électrique, les crampons ont résonné sur le terrain du campus sud. À l’initiative de l’Association Action pour la Solidarité Mondiale pour le Togo (ASM-Togo), en étroite collaboration avec les autorités universitaires, le Tournoi Haloufé a officiellement lancé ses hostilités.

Université de Kara Togo
© Université de Kara Togo

Un hommage par le sport

Si l’enjeu est sportif, l’esprit de cette rencontre est avant tout mémoriel. En effet, cette édition rend hommage à trois figures disparues : Feu Maman GAMBIA, Feu Maman AWADE et Feu KOUBONOU. Pour les organisateurs, le football devient ici un vecteur de transmission, transformant chaque tacle et chaque but en un acte de souvenir collectif.

Université de Kara Togo
© Université de Kara Togo

Les facultés font le spectacle.

Les équipes ont relevé le plateau pour cette phase éliminatoire. Cinq formations féminines — FLESH, FDSP, FaSEG, FaST et ISPAU — ont livré des matchs intenses, disputés en deux périodes de vingt minutes. Malgré la brièveté des rencontres, les étudiantes ont fait preuve d’une technicité et d’un fair-play qui ont surpris plus d’un observateur.

Les résultats sont tombés :

  • La finale opposera la FaSEG (Sciences Économiques et de Gestion) à la FLESH (Lettres et Sciences Humaines).
  • La petite finale, pour la troisième place, mettra aux prises l’ISPAU et la FDSP.

Université de Kara Togo
© Université de Kara Togo

Plus qu’une coupe, un symbole

Au-delà du tableau d’affichage, c’est bien la place de la femme dans le sport universitaire qui est célébrée.

« L’objectif est de montrer que l’engagement féminin n’a pas de limites, même sur un terrain de foot », confie un membre de l’association organisatrice.

Le rendez-vous est pris pour le samedi 25 avril au Stade municipal de Kara. Les trois premières équipes recevront des trophées, mais l’ensemble des participantes repartira avec des prix de participation, symbole d’un encouragement collectif et d’une solidarité mondiale qui commence, ici, sur les pelouses de Kara.

Nigéria : Nasir El-Rufai maintenu en détention provisoire par le DSS

                                    La chute est aussi brutale que l’ascension fut éclatante. L’ancien tout-puissant gouverneur de l’État de Kaduna, Nasir El-Rufai, dormira en détention provisoire jusqu’à la mi-mai. Entre soupçons d’espionnage technologique et règlements de comptes politiques, Abuja retient son souffle.

 

La décision a claqué comme un coup de tonnerre dans le ciel politique nigérian, révélant la fragilité des équilibres au sommet de l’État. Alors que ses partisans espéraient une remise en liberté sous caution, la justice nigériane a tranché en faveur de la fermeté. Mercredi, le tribunal a ordonné au Département des Services de Sécurité (DSS) de maintenir Nasir El-Rufai en détention provisoire, prolongeant ainsi son face-à-face avec les services de renseignement.

 

Une affaire de « hacking » au sommet de l’État

Pour comprendre l’ampleur du séisme, il faut revenir à la genèse de l’accusation. Loin des détournements de fonds classiques que la justice reproche souvent aux anciens barons de la politique locale, les autorités poursuivent ici El-Rufai pour des faits dignes d’un roman d’espionnage. En effet, le parquet l’accuse d’une intrusion illégale dans le téléphone de Nuhu Ribadu, l’actuel Conseiller à la sécurité nationale (NSA) et figure historique de la lutte anti-corruption dans le pays.

Cette intrusion présumée dans les communications de l’un des hommes les plus protégés du Nigeria soulève des questions de sécurité nationale majeures. Par conséquent, le tribunal a jugé nécessaire de suspendre le calendrier judiciaire pour approfondir l’instruction, fixant les prochaines audiences aux 18, 19 et 20 mai prochain.

Nasir El-Rufai
© Nasir El-Rufai

L’ombre d’une disgrâce politique

Toutefois, derrière l’aspect purement technique et judiciaire, de nombreux observateurs y voient la suite logique d’une longue descente aux enfers pour l’ex-gouverneur de Kaduna. Jadis allié de poids au sein de l’APC (All Progressives Congress), Nasir El-Rufai avait vu sa nomination au poste de ministre de l’Énergie rejetée par le Sénat en 2023 pour des raisons de « sécurité », un camouflet qui marquait alors le début de sa mise à l’écart.

« Ce n’est plus seulement une affaire de cybersécurité, c’est le symbole d’une rupture définitive entre El-Rufai et l’establishment d’Abuja », analyse un politologue local.

Un procès test pour l’administration Tinubu

Le maintien en détention par le DSS, bras armé du renseignement intérieur, illustre la gravité des charges. Si la défense dénonce une procédure aux relents politiques, l’accusation, de son côté, semble vouloir faire de ce procès un exemple.

En attendant le round décisif de mai, l’opinion publique s’interroge : El-Rufai est-il la victime d’une cabale orchestrée ou un électron libre devenu trop dangereux pour les secrets de l’État ? Quoi qu’il en soit, le rendez-vous est pris au milieu du mois de mai pour trois jours d’audiences qui s’annoncent électriques.

Pour le Nigeria, ce feuilleton judiciaire est un test de résistance pour ses institutions et un signal envoyé à toute la classe politique.

Biashara Afrika : Lomé veut transformer l’essai de la ZLECAf

                   Après Le Cap et Kigali, la capitale togolaise s’apprête à accueillir, du 18 au 20 mai prochain, la troisième édition du forum Biashara Afrika. Un rendez-vous stratégique pour transformer l’essai de la ZLECAf et d’un marché commun encore trop timide.

Lomé ne veut plus seulement être le « poumon » portuaire de l’Afrique de l’Ouest ; elle entend désormais s’imposer comme le cerveau de l’intégration commerciale du continent. Mercredi 22 avril, dans l’enceinte feutrée du ministère délégué chargé du commerce, devant les médias, les partenaires techniques et financiers ainsi que les acteurs du secteur privé, le gouvernement togolais a officiellement donné le coup d’envoi des préparatifs.

Co-organisé avec le Secrétariat exécutif de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), l’événement place la barre haut. Le thème choisi, « Accélérer la transformation économique de l’Afrique grâce à la ZLECAf », résonne comme un cri de ralliement pour une économie continentale encore entravée par ses propres frontières.

Chambre de Commerce et d'Industrie du Togo
© Chambre de Commerce et d'Industrie du Togo

Briser le plafond de verre des 15 %

Le constat dressé par le ministre délégué Kossi Tenou est sans concession. Aujourd’hui, les échanges intra-africains stagnent aux alentours de 15 % du volume total des exportations du continent. Un chiffre dérisoire face aux blocs européens ou asiatiques. En cause ? Une fragmentation persistante des marchés et des barrières douanières qui agissent comme de véritables corsets pour la croissance.

C’est précisément là que Biashara Afrika intervient. En succédant à l’Afrique du Sud (2023) et au Rwanda (2024), le Togo mise sur la puissance de frappe de la ZLECAf pour fédérer un marché de 1,3 milliard de consommateurs. L’objectif est clair : passer de la théorie des traités à la pratique des carnets de commandes.

Chambre de Commerce et d'Industrie du Togo
© Chambre de Commerce et d'Industrie du Togo

Le secteur privé au front

Si la diplomatie trace les routes, ce sont les entreprises qui les parcourent. Pour cette édition, plus de 1 500 délégués sont attendus au Palais des Congrès de Lomé. Au-delà des discours protocolaires, le forum se veut un laboratoire d’affaires avec :

  • Des sessions de rencontres B2B intensives,
  • Des panels de haut niveau et des conférences stratégiques,
  • Un Pavillon International dédié aux investissements lourds,
  • Un « Village Togo », vitrine du savoir-faire local et des réformes structurelles menées par l’administration du Président Faure Gnassingbé,
  • Même une soirée de gala pour sceller les alliances.

« Le secteur privé ne doit pas être un simple spectateur, mais le moteur de cette intégration », a martelé le Dr José Kwassi Symenouh, président de la Chambre de commerce et d’industrie du Togo (CCI-T). Les organisations patronales locales mobilisent leurs forces aux côtés de poids lourds institutionnels comme le PNUD, la GIZ et la FAO, confirmant ainsi l’enjeu multidimensionnel — commercial, agricole et technologique — de la rencontre.

Chambre de Commerce et d'Industrie du Togo
© Chambre de Commerce et d'Industrie du Togo

Le Togo, hub logistique et diplomatique

En accueillant ce forum, le Togo peaufine son image de hub incontournable. Le pays ne se contente pas d’organiser une conférence ; il cherche à attirer des flux de capitaux durables vers ses PME, piliers de l’économie nationale, particulièrement encouragées à saisir cette opportunité. Le ministère et la Chambre de commerce ont ouvert des guichets d’information pour accompagner les entreprises dans leur inscription.

Alors que les inscriptions sont désormais ouvertes, l’appel aux opérateurs économiques, béninois compris, est lancé. Parce que si Biashara Afrika se tient à Lomé, c’est bien le destin économique de toute la sous-région, et par extension du continent, qui se jouera sur les bords de la lagune en mai prochain. La course pour la souveraineté économique africaine est plus que jamais lancée.

Lomé tend de nouveau la main aux investisseurs de la diaspora

LOMÉ, 22 avril 2026 Le gouvernement togolais accélère sa stratégie de mobilisation des compétences et des capitaux de l’extérieur. Dans un communiqué officiel, le ministère des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Togolais de l’extérieur a annoncé la tenue, le 26 avril 2026, de la troisième session virtuelle dédiée aux opportunités d’investissement au pays. Un rendez‑vous qui s’inscrit dans le cadre du suivi rigoureux des engagements de la dernière Table ronde économique.

Depuis quelques années, la diaspora n’est plus seulement perçue comme une source de transferts de fonds familiaux, mais comme un partenaire stratégique de premier plan. C’est pourquoi Lomé multiplie les passerelles numériques pour présenter des projets concrets aux Togolais vivant aux quatre coins du globe. Cette nouvelle rencontre, prévue à 16 heures GMT via la plateforme Zoom, se veut une étape charnière pour transformer les intentions de la Table ronde en réalités industrielles et commerciales.

 

Une vitrine pour les projets structurants

Le thème de cette session, « Opportunités et projets d’investissement au Togo », n’est pas le fruit du hasard. En effet, le ministère entend détailler des feuilles de route précises dans des secteurs porteurs tels que l’agrobusiness, l’économie numérique et les infrastructures. L’objectif est limpide : offrir à la diaspora une visibilité totale sur les réformes en cours et les garanties offertes par le climat des affaires togolais.

Par ailleurs, ce format virtuel permet de briser les barrières géographiques, offrant ainsi la possibilité aux entrepreneurs de Paris, New York, Berlin ou Abidjan de dialoguer directement avec les techniciens du ministère. Toutefois, au‑delà de la simple présentation, l’enjeu réside dans la capacité de l’administration à rassurer ces investisseurs sur la sécurisation de leurs avoirs et la rentabilité des projets proposés.

 

Un suivi rigoureux de la Table ronde économique

Cette troisième session témoigne surtout d’une volonté de continuité. En plus, cette réunion constitue le véritable service après‑vente de la Table ronde économique. Le gouvernement togolais montre ainsi qu’il ne s’arrête pas aux annonces, mais qu’il assure un suivi permanent pour maintenir la confiance des fils et filles du pays à l’étranger.

En définitive, pour les Togolais de l’extérieur souhaitant participer à l’émergence nationale, le rendez‑vous du 26 avril est une occasion unique d’accéder à des informations de première main. Les intéressés doivent se connecter via les codes d’accès fournis par la diplomatie togolaise (ID de réunion : 867 7788 2316) pour rejoindre la discussion, marquant ainsi un nouveau pas vers une intégration économique renforcée de la diaspora.

Cette offensive numérique confirme que le Togo mise désormais sur une « diplomatie de résultats », où chaque membre de la diaspora est comme un actionnaire potentiel de la croissance nationale.

 

SIAM 2026 : le Togo renforce ses partenariats agricoles à Meknès

MEKNÈS, 22 avril 2026 – Alors que le Maroc célèbre la 18ᵉ édition de son Salon International de l’Agriculture (SIAM), le pavillon togolais ne passe pas inaperçu. Du 20 au 26 avril 2026, une délégation de haut rang du ministère de l’Agriculture séjourne dans la cité impériale de Meknès. L’objectif affiché est clair : capter les innovations chérifiennes pour accélérer la transformation structurelle des campagnes togolaises.

Sous l’impulsion de l’ambassade du Togo à Rabat, le stand national, aux couleurs du pays, est devenu le théâtre d’une diplomatie économique active. En effet, loin de se contenter d’une simple présence protocolaire, la délégation conduite par M. Anani Kodjogan Kpadenou, directeur des grands projets agricoles, a multiplié les rencontres de haut niveau dès l’ouverture des portes du salon.

Ambassade du Togo au Maroc
© Ambassade du Togo au Maroc

Le partenariat avec OCP Africa au cœur des échanges

Par ailleurs, l’état‑major du géant mondial des phosphates, le groupe OCP, a accordé une audience stratégique à la délégation togolaise, ouvrant ainsi la voie à une excellente coopération. Autour de Mme Hajar Alafifi, directrice générale d’OCP Africa, mais aussi de Mme Ghita Benazzouz, directrice de la communication, et de Mme Houda Zindine, responsable des affaires publiques Afrique chez OCP Nutricrops, les émissaires togolais — dont Maman Sani Songai, expert en semences, et Sina Kassam, chargé de mission ministériel — ont jeté les bases de nouvelles collaborations.

De fait, les discussions ont porté sur deux piliers essentiels pour le pays :

  • La fertilisation des sols, enjeu majeur pour accroître les rendements des petits producteurs.
  • La transformation agro‑industrielle, passage nécessaire d’une agriculture de subsistance à une économie de valeur ajoutée.

Ambassade du Togo au Maroc
© Ambassade du Togo au Maroc

Vers une souveraineté alimentaire renforcée

Cette offensive à Meknès s’inscrit dans la feuille de route gouvernementale togolaise qui vise à faire de l’agriculture le moteur de la croissance nationale. Par ailleurs, cette mission illustre l’excellence de la coopération bilatérale entre Lomé et Rabat, deux capitales résolument tournées vers une vision partagée du développement Sud‑Sud.

Finalement, pour l’Ambassade du Togo au Maroc, cette participation au SIAM 2026 dépasse le cadre de la simple promotion commerciale. Elle constitue une étape de plus vers la souveraineté alimentaire du pays, en connectant les acteurs publics togolais aux technologies de pointe et aux solutions durables proposées par le leader marocain de la nutrition des sols.

À Meknès, le modèle togolais des « Grands projets agricoles » suscite l’intérêt des investisseurs, confirmant que le pays de Faure Gnassingbé entend désormais jouer les premiers rôles dans l’agrobusiness ouest‑africain.

Togo : Kara célèbre les couleurs nationales pour le 66ᵉ anniversaire de l’indépendance

KARA, 22 avril 2026 À l’approche du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance du Togo, le campus de Kara s’est paré du drapeau togolais. L’Agora du « 21 janvier 2004 » a vibré, mardi 21 avril 2026, au rythme d’une vaste campagne de sensibilisation portée par le Ministère chargé des Droits Humains. Objectif : restaurer le prestige des symboles de l’État auprès d’une jeunesse en quête de repères. Ainsi, le gouvernement entend transformer les futurs cadres de la nation en ambassadeurs du patriotisme.

Université de Kara Togo Officielle
© Université de Kara Togo Officielle

Le campus, laboratoire de citoyenneté

Dans le cadre solennel du campus sud de l’Université de Kara (UK), l’heure n’était pas aux cours magistraux habituels, mais à une leçon de civisme grandeur nature. En choisissant l’université comme étape majeure de sa tournée nationale, le gouvernement togolais entend transformer les futurs cadres de la nation en ambassadeurs du patriotisme.

Pour les autorités universitaires, cette mobilisation n’est pas un événement isolé. Elle s’inscrit dans la continuité du programme « Campus Citoyen », une initiative locale visant à faire de l’espace académique un lieu d’engagement civique permanent.

« Cette démarche renforce des valeurs durables au sein de notre communauté », a martelé M. Assoté Ebgaou, Secrétaire général de l’UK, représentant la présidence de l’institution. En effet, un étudiant présent a confié : “Nous ne regardons plus le drapeau comme une simple étoffe, mais comme un rappel de ce que nous devons à notre pays.”

Université de Kara Togo Officielle
© Université de Kara Togo Officielle

Le drapeau, bien plus qu’une étoffe

Au cœur des échanges, le drapeau national a cristallisé toutes les attentions. M. Talim Anathère, Secrétaire général du ministère chargé des Droits Humains, a rappelé que cette campagne nationale, déployée dans les écoles et universités du pays, vise à faire du respect des symboles le socle de l’identité togolaise.

Cependant, face à une montée parfois désordonnée des couleurs ou à une méconnaissance des codes de conduite républicains, l’État a choisi la pédagogie. Qu’exprime le vert ? Quelle attitude adopter lors de la montée du drapeau ? Autant de questions qui ont nourri des débats passionnés entre étudiants et officiels. D’ailleurs, le vert, symbole d’espérance, a suscité des échanges vibrants, preuve que les couleurs nationales peuvent encore éveiller une émotion collective.

Université de Kara Togo Officielle
© Université de Kara Togo Officielle

Un sentiment d’appartenance à consolider

Présent pour l’ouverture officielle, le maire de la Kozah, Me N’Djélé Edah, a salué une initiative nécessaire pour consolider le « vivre‑ensemble ». Pour l’édile, le respect des institutions commence par la compréhension profonde de ce qu’elles représentent.

En quittant l’Agora, les étudiants de Kara ne sont pas repartis avec de simples connaissances théoriques, mais avec une mission : celle de porter haut les couleurs nationales, non seulement lors des célébrations officielles du 27 avril, mais dans chaque acte de leur vie de citoyen.

En somme, cette rencontre marque une étape clé dans la réappropriation des valeurs républicaines par la nouvelle génération. Mais au‑delà des cérémonies, ces valeurs trouveront‑elles un écho dans la vie quotidienne des jeunes citoyens ?

Coco De Kofi : de la prison à la tête de CDK Group

LOMÉ, 22 avril 2026 Il y a des trajectoires qui s’écrivent dans la douleur avant de s’épanouir dans la résilience. Celle de Woenagnon Kofi, plus connu sous le pseudonyme de Coco De Kofi, appartient à cette catégorie rare. Ancien détenu devenu figure de proue de l’événementiel et de l’humanitaire au Togo, cet homme de 36 ans a transformé une injustice judiciaire en un empire de solidarité. Portrait d’un « Joseph » moderne qui a fait de la prison son tremplin.

 

Le jour où tout bascule

L’histoire bascule un jour de 2008 sur le tarmac de l’aéroport international Gnassingbé Eyadéma. À l’époque, Coco De Kofi n’a que 18 ans. Jeune président du groupe de ballet « Jeunes Espoirs », il rêve d’Allemagne, où sa troupe est attendue pour une série de représentations. Mais le rêve vire au cauchemar bureaucratique : les visas fournis par leur manager s’avèrent être des faux.

Face à la police de l’air, le jeune leader fait un choix sacrificiel : il assume seul la responsabilité administrative pour épargner ses camarades. « J’ai préféré porter le poids de l’erreur pour que mes amis soient libres », confiera‑t‑il plus tard. Il ne le sait pas encore, mais il vient de franchir les portes d’un enfer qui durera trois ans et demi.

 

Le « dossier perdu » et l’éveil d’une conscience

Derrière les murs de la prison civile de Lomé, Woenagnon Kofi subit de plein fouet les dysfonctionnements de l’appareil judiciaire. Placé en détention préventive, son dossier s’égare dans les méandres de l’administration. Sans jugement, sans date de sortie, il devient un prisonnier « oublié ».

Pourtant, au lieu de sombrer dans l’amertume, le jeune homme se mue en porte‑parole. Sensible à la précarité de ses codétenus, il organise la vie sociale interne et interpelle sur les conditions d’hygiène. Son destin bascule à nouveau en 2011 lors d’une visite officielle du ministre de la Justice de l’époque. À la faveur d’une activité culturelle qu’il organise entre les murs, il parvient à exposer son cas de vive voix. Quelques jours plus tard, l’erreur est reconnue : il est libéré immédiatement.

 

SMPDD : Structurer l’indignation

À sa sortie, l’ancien détenu ne tourne pas la page. Il décide, au contraire, d’en écrire un nouveau chapitre dédié à ceux qu’il a laissés derrière les barreaux. En 2013, il fonde la Solidarité Mondiale pour les Personnes Démunies et les Détenus (SMPDD).

L’association ne se contente pas de distribuer des vivres. Elle s’attaque au cœur du problème : l’assistance juridique pour éviter que d’autres ne subissent le sort du « dossier perdu », et la réinsertion sociale pour briser le cycle de la récidive. Par la musique et des concerts de solidarité, il finance l’amélioration des infrastructures sanitaires carcérales, transformant sa notoriété naissante en levier de plaidoyer pour les droits humains.

CDK
© CDK

L’ascension de CDK Group : l’événementiel au service du social

Aujourd’hui, l’homme d’affaires a pris le pas sur l’activiste, sans jamais le renier. À la tête de CDK Group, une entité mêlant sécurité privée et événementiel, Coco De Kofi est devenu un acteur incontournable de la scène culturelle togolaise.

Le début de l’année 2026 a marqué un tournant spectaculaire pour son groupe. En janvier, il réussit le tour de force de réunir les ténors de l’humour africain, comme l’Ivoirien Gohou Michel et Agalawal, lors d’un gala destiné aux enfants souffrant de détresse respiratoire. Plus récemment, le 4 avril dernier, c’est le Stade Omnisport de Lomé qu’il faisait vibrer avec la star Himra, prouvant que sa capacité de mobilisation dépasse désormais largement le cadre militant.

Pour Woenagnon Kofi, la réussite n’est pas une fin en soi, mais une revanche sur le sort. S’il n’est pas devenu ministre comme le Joseph biblique auquel ses proches le comparent volontiers, il a construit une influence peut‑être plus durable : celle d’un homme qui a su transformer les fers de l’injustice en clés pour l’avenir de la jeunesse togolaise. Et si la prison, loin de briser un destin, pouvait parfois en révéler la force ?