Togo : Vente aux enchères nationale de bois saisi pour lutter contre le trafic

Le ministère de l’Environnement lance, ce lundi 26 janvier, une vaste opération de vente publique de bois saisis lors de contrôles contre l’exploitation illégale. Une initiative qui vise autant à renflouer les caisses de l’État qu’à marquer les esprits dans la lutte contre la déforestation.

C’est une caravane d’un genre particulier qui s’élance ce lundi à travers les cinq régions du Togo. Durant dix jours, une délégation du ministère de l’Environnement et des Ressources forestières va sillonner le pays pour vider les dépôts où s’entassent des mètres cubes de bois saisis. En effet, le ministère vendra aux enchères publiques ces essences, arrachées illégalement à la forêt togolaise, sous la supervision directe du ministre de tutelle, le professeur Dodzi Kokoroko.

Une traçabilité retrouvée

L’opération, qui s’achèvera le 5 février, poursuit un triple objectif. Le gouvernement liquide d’abord les preuves matérielles d’un trafic qui, bien que contenu, continue de fragiliser le couvert forestier national. Il réinjecte ensuite ces produits dans le circuit légal afin de générer des recettes pour le Trésor public. Enfin, il offre aux artisans et aux entreprises locales une ressource dont la provenance est désormais certifiée par l’État.

Le calendrier de la tournée, millimétré, traverse les zones de forte pression forestière : des plateaux d’Agou et du Kloto dès le 29 janvier, jusqu’aux savanes de Tandjouaré début février. Dans chaque préfecture, la vente aux enchères se veut un exercice de transparence, loin de l’opacité qui entoure parfois la gestion des saisies administratives.

« L’illégalité ne paie plus »

Au-delà de l’aspect comptable, cette initiative porte un message politique fort. Dans un pays qui s’est fixé l’ambitieux objectif de planter un milliard d’arbres d’ici à 2030, l’État traite désormais le pillage des ressources ligneuses comme un délit majeur contre la sûreté environnementale.

« À travers cette opération, le gouvernement veut montrer que l’exploitation forestière illégale ne paie plus », indique-t-on au ministère. Pour les autorités, l’enjeu est de transformer une perte écologique en un gain civil, tout en rappelant aux réseaux de trafiquants que le bois confisqué finit, systématiquement, par leur échapper au profit de la collectivité.

Université de Lomé : Hommage au chercheur d’Almeida Zokpé Zokε

 L’Université de Lomé rend hommage à d’Almeida Zokpé Zokε, pionnier d’une approche entre mathématiques et spiritualité.

 

LOMÉ, 26 janvier 2026 L’Université de Lomé a accueilli ce lundi une cérémonie de reconnaissance et un atelier scientifique en hommage à Ayaovi Zokpé Zokε d’Almeida, enseignant-chercheur dont les travaux ont marqué l’étude des liens entre les sciences formelles et la géomancie traditionnelle africaine.

Réunissant la communauté universitaire, des chercheurs du Laboratoire d’Analyse, de Modélisation Mathématique et Applications (LAMMA) et les proches du défunt, l’événement s’articule autour d’un atelier thématique intitulé « SMS : Spiritualité – Mathématiques – Sciences ».

Université de Lomé
© Université de Lomé

La « numération Zokpe Zoki »

Figure atypique de la recherche togolaise, M. d’Almeida était l’inventeur de la « numération Zokpe Zoki » et l’auteur de l’ouvrage Les travaux de Z Z. Par ailleurs, ses recherches visaient à démontrer que la logique mathématique, loin d’être une discipline abstraite, constitue un langage vivant capable d’expliquer les structures du monde avec « clarté et élégance ».

« Il avait ce don rare de rendre simple ce qui semblait complexe », a témoigné sa fille, Alice d’Almeida, lors de l’ouverture de la cérémonie, rappelant ainsi la quête de vérité qui animait le scientifique.

Université de Lomé
© Université de Lomé

Science et tradition du « Fa »

Ainsi, l’aspect le plus saillant de la carrière du chercheur réside dans ses vingt années d’études consacrées au « Fa » (système de géomancie divinatoire répandu en Afrique de l’Ouest). Abordant cette pratique avec la rigueur d’un mathématicien et la sensibilité d’un érudit, Ayaovi d’Almeida soutenait aussi que la compréhension du Fa était intrinsèquement liée à celle de l’arithmétique.

L’atelier, organisé en mode hybride (présentiel et visioconférence) au centre CERSA de l’Université de Lomé, se veut un espace de réflexion interdisciplinaire. Pour les organisateurs, cette rencontre doit également permettre d’explorer les ponts jetés par le défunt entre les systèmes de connaissances traditionnels et les sciences exactes.

Ghana : 22 Togolais arrêtés pour orpaillage illégal (Galamsey)

Vingt-deux Togolais ont été interpellés dans le nord du Ghana pour exploitation minière illégale. Cette arrestation illustre la complexité d’un fléau qui empoisonne les relations de voisinage et dévaste les écosystèmes locaux.

 

La traque continue. Dans la région de Savannah, au nord du Ghana, la police a porté un nouveau coup dans la lutte contre le « galamsey », ce fléau de l’orpaillage illégal qui ronge le pays. Cette fois, ce sont vingt-deux ressortissants togolais qui ont été pris dans les filets des autorités ghanéennes.

 

Une traque sans frontières

Ces interpellations ne sont pas le fruit du hasard. Depuis plusieurs mois, Accra a durci le ton. Sous la pression de l’opinion publique et des organisations écologistes, le gouvernement ghanéen multiplie les raids musclés pour protéger ses cours d’eau, empoisonnés au mercure, et ses forêts classées.

L’implication de citoyens togolais souligne la dimension transfrontalière de ce business lucratif mais destructeur. Pour de nombreux jeunes de la sous-région, les sites miniers ghanéens agissent comme des aimants, malgré les risques judiciaires et les conditions de travail périlleuses.

Un enjeu de sécurité nationale

Pour Accra, le galamsey n’est plus seulement une catastrophe environnementale ou un manque à gagner fiscal. C’est une menace à la sécurité nationale. En effet, les autorités soupçonnent ces sites illégaux de servir de bases arrière à divers trafics, voire de zones de recrutement pour des réseaux criminels opérant entre le Togo, le Burkina Faso et le Ghana.

« Nous ne ferons aucune distinction de nationalité. Quiconque détruit nos terres répondra de ses actes devant la justice », martèlent régulièrement les responsables de la sécurité ghanéenne.

 

Vers une crispation diplomatique ?

Si Lomé n’a pas encore officiellement réagi à ces interpellations, ce dossier pourrait s’inviter à l’agenda des discussions bilatérales. La gestion des flux migratoires liés à l’orpaillage est un défi commun. Pour le Togo, le défi est double : dissuader ses ressortissants de s’engager dans ces activités illégales à l’étranger, tout en évitant que ces réseaux ne s’installent durablement sur son propre sol, où l’activité minière est également sous haute surveillance.

En attendant, les tribunaux ghanéens s’apprêtent à juger les vingt-deux suspects, alors qu’Accra cherche à faire des exemples pour décourager les candidats à l’orpaillage sauvage.

Togo : 7 milliards disparus au Port de Lomé, le scandale Aquereburu

Un audit récent sur la gestion du Port Autonome de Lomé (PAL) soulève des questions brûlantes. Au centre du scandale : plus de 7 milliards de F CFA qui auraient dû indemniser des propriétaires terriens, mais dont la trace s’arrête au cabinet d’une figure de la place notariale.

C’est un pavé dans la mare que vient de lancer l’audit du Port Autonome de Lomé (PAL), poumon de l’économie togolaise. Selon les documents consultés par nos confrères de L’Alternative, une somme colossale de 7,037 milliards de F CFA s’est « évaporée ». Ce montant, décaissé par le port pour dédommager les collectivités locales dont les terres ont été réquisitionnées, semble s’être volatilisé entre les mains de l’intermédiaire financier.

Le cabinet Aquereburu sous le feu des projecteurs

Le rapport d’audit désigne nommément Me Sylvia Adjoa Hundt-Aquereburu. Première femme notaire du pays et figure respectée du monde des affaires à Lomé, elle était chargée de la redistribution de ces fonds aux familles propriétaires.

Le problème est que les auditeurs sont catégoriques : « Il n’existe à ce jour aucune preuve du versement des fonds décaissés aux collectivités en question. » Plus troublant encore, le contrat liant le cabinet de la notaire au Port de Lomé est resté introuvable lors des investigations. Cette absence de justificatifs expose désormais le PAL à des poursuites judiciaires massives de la part des propriétaires lésés.

Un audit sous haute tension

L’enquête révèle une ambiance délétère au sein de l’institution portuaire. Au-delà des 7 milliards disparus, les auditeurs dénoncent un climat de sabotage : vols de matériels informatiques appartenant aux enquêteurs, falsification de procès-verbaux et sous-facturation chronique.

Le rapport préconise désormais une vérification immédiate auprès de la notaire et des administrations concernées pour « tirer les conséquences juridiques et comptables ».

Zone de turbulences pour le pouvoir ?

Cette affaire tombe au plus mal pour l’exécutif togolais, qui a fait de la modernisation du PAL et de la lutte contre la corruption des piliers de sa stratégie de développement. Si la « créance » remonte à plusieurs années, sa révélation aujourd’hui fragilise aussi la crédibilité de la gestion des sociétés d’État. Reste désormais à savoir si la justice togolaise se saisira du dossier ou si elle classera ce énième scandale au rang des pertes sèches.

Togo : La commune du Golfe 3 mise sur la gouvernance participative

Entre opération de charme et gouvernance participative, l’équipe municipale de la commune du Golfe 3, à Lomé, a lancé une vaste série de consultations. L’objectif : sortir des bureaux pour confronter les priorités de la mairie aux réalités brutes du terrain.

 

Dans les allées du Golfe 3, l’heure n’est plus seulement aux délibérations en conseil municipal. Ainsi, du 26 au 31 janvier 2026, l’exécutif communal a choisi de s’immerger dans le quotidien de ses administrés. Une « tournée d’écoute » qui sonne comme un test de popularité et d’efficacité pour la mandature en cours.

Commune du Golfe3
© Commune du Golfe3

Un inventaire sans détour

Pendant six jours, les responsables de la commune ont enchaîné les rencontres avec une mosaïque d’acteurs : leaders religieux, femmes des marchés, artisans, Comités de développement de quartier (CDQ) et ONG locales. Cependant, si l’exercice visait officiellement à présenter la « vision » de la mairie, il a surtout servi d’exutoire aux citoyens.

Urbanisme défaillant, assainissement précaire, gestion des ordures ménagères ou encore cohésion sociale : les sujets de friction ne manquent pas. « Pour une fois, nous avons eu l’impression d’être écoutés comme de véritables partenaires du développement », glisse, sous couvert d’anonymat, un président de CDQ. Un sentiment de reconnaissance qui souligne, en creux, l’attente immense des populations vis-à-vis des retombées concrètes de la décentralisation.

Commune du Golfe3
© Commune du Golfe3

Le « round 2 » de la concertation

Pour l’exécutif du Golfe 3, il s’agit de transformer ce climat d’écoute en propositions concrètes pour orienter les budgets et les futurs chantiers. Mais la mairie ne compte pas s’arrêter là. En effet, dès ce 27 janvier, une seconde phase de concertation s’ouvre.

Le spectre des invités s’élargit aux acteurs de l’ombre de la vie urbaine : groupes sportifs, comité anti-stupéfiants, Croix-Rouge togolaise et, surtout, les femmes balayeuses, chevilles ouvrières de la salubrité publique. En incluant ces « personnes ressources », la commune tente ainsi de bâtir une légitimité transversale.

Commune du Golfe3
© Commune du Golfe3

L’enjeu politique

Au-delà de la gestion des déchets et de l’éclairage public, cette stratégie de « gouvernance participative » répond aussi à un impératif politique : prouver que l’échelon communal est le plus apte à répondre aux urgences sociales. Dans un Togo où la décentralisation est encore en phase de consolidation, le Golfe 3 veut s’ériger en modèle de dialogue social. Reste désormais à savoir si les doléances recueillies se traduiront par des changements visibles dans les rues de la commune ou si elles resteront au stade des bonnes intentions.

 

Afrique : l’AWIEF muscle son conseil consultatif

Entrepreneuriat féminin en Afrique : l’AWIEF muscle sa gouvernance avec un nouveau conseil consultatif

LE CAP (Afrique du Sud), 26 janvier 2026 Le Forum africain de l’innovation et de l’entrepreneuriat féminin (AWIEF) a annoncé lundi la création d’un conseil consultatif de haut niveau, marquant une étape stratégique pour l’organisation panafricaine dans sa mission de soutien à l’autonomisation économique des femmes.

En effet, ce nouveau comité réunit des personnalités internationales issues des secteurs du sport, des médias, de l’édition et du développement institutionnel. Sa mission sera d’orienter la croissance à long terme de l’AWIEF, notamment par le renforcement de la gouvernance et l’expansion des programmes de soutien aux entrepreneurs sur tout le continent.

À cet effet, « la mise en place de ce conseil marque une étape importante dans notre évolution », a souligné Irène Ochem, fondatrice et PDG de l’AWIEF. « L’expérience collective et la vision de ces membres seront précieuses pour consolider nos fondements et étendre notre impact au sein de l’écosystème entrepreneurial africain. »

 

Un casting de poids

Par ailleurs, parmi les personnalités nommées figurent :

  • Fatma Samoura, ancienne secrétaire générale de la FIFA et figure influente de l’égalité des sexes.
  • Nicolas Pompigne-Mognard, fondateur et président d’APO Group, expert en communication panafricaine.
  • Awa Ndiaye-Seck, ex-représentante spéciale de l’ONU Femmes auprès de l’Union africaine.
  • Dalia Ibrahim, PDG de la maison d’édition égyptienne Nahdet Misr et spécialiste de l’économie créative.

Au-delà de l’événementiel

Toutefois, si l’AWIEF est principalement connue pour son sommet annuel et ses remises de prix, cette nouvelle structure vise à pérenniser l’action de l’organisation. Le conseil se concentrera aussi sur la recherche, l’influence politique et le développement de partenariats stratégiques pour répondre aux défis structurels rencontrés par les femmes d’affaires en Afrique.

Basée au Cap, l’AWIEF s’est imposée ces dernières années comme l’une des principales plateformes de dialogue entre investisseurs, décideurs politiques et innovatrices pour catalyser la croissance inclusive sur le continent.

Enfin, l’initiative intervient dans un contexte où l’entrepreneuriat féminin en Afrique affiche l’un des taux les plus élevés au monde, tout en restant confronté à un déficit de financement accru à plus de 42 milliards de dollars par la Banque africaine de développement (BAD).

Togo : L’OMS et le PAM renforcent leur alliance pour la santé et la nutrition

LOMÉ, 23 janv. 2026 – Les agences onusiennes au Togo unissent leurs forces pour optimiser la lutte contre la malnutrition et améliorer la couverture sanitaire, ont annoncé les représentations locales de l’OMS et du PAM.

Dans le cadre d’une rencontre stratégique tenue ce matin à Lomé, les représentants de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et du Programme Alimentaire Mondial (PAM) ont réaffirmé leur volonté de passer à une « collaboration renforcée ». En effet, cette synergie vise à briser les silos administratifs pour proposer des interventions intégrées, touchant simultanément la santé et la nutrition.

 

Santé et nutrition : le binôme de la résilience

Les discussions ont principalement porté sur le déploiement de solutions mixtes, là où les besoins sont les plus criants :

  • En milieu scolaire : consolidation des cantines scolaires couplée à des programmes de déparasitage et de suivi de la croissance.
  • En milieu communautaire : mise en place d’unités mobiles de dépistage de la malnutrition et de sensibilisation aux pratiques d’hygiène.

Un impact direct sur les populations vulnérables

En somme, cette alliance stratégique répond aux défis de sécurité alimentaire et sanitaire qui touchent particulièrement les régions septentrionales du Togo. En coordonnant leurs ressources, l’OMS apporte son expertise médicale tandis que le PAM assure la logistique et l’apport nutritionnel, garantissant ainsi une prise en charge holistique du patient, du diagnostic à l’assiette.

« Ensemble pour une meilleure santé », tel est le mot d’ordre de cette coopération qui s’inscrit également dans la droite ligne des Objectifs de Développement Durable (ODD) visant la faim zéro et l’accès à la santé pour tous.

Togo : Golfe 4 mise sur le contrôle financier et le social pour 2026

LOMÉ, 23 janv. 2026 – Le conseil municipal de Golfe 4, poumon administratif de Lomé, a entamé une réforme en profondeur de sa gestion budgétaire tout en dévoilant une feuille de route sociale ambitieuse pour l’exercice 2026.

Réunis mercredi en session ordinaire, les élus locaux ont consacré une journée charnière à l’articulation entre rigueur financière et solidarité de proximité. Cette double orientation vise à sécuriser les deniers publics tout en répondant aux attentes croissantes des administrés de la capitale togolaise.

Commune du Golfe4 Mairie d'Amoutive
© Commune du Golfe4 Mairie d'Amoutive

Verrouiller la dépense publique

La matinée a été dominée par une séance de travail technique avec la Direction Nationale du Contrôle Financier (DNCF). M. Kortho, représentant de l’institution, a détaillé les étapes cruciales du circuit d’exécution des dépenses.

L’objectif de cette immersion pédagogique était clair : garantir la conformité des actes de la commune avec les standards nationaux. Les échanges ont porté sur :

  • Le circuit des dépenses : maîtriser les étapes réglementaires pour éviter les rejets de paiement et les retards.
  • La commande publique : rappel de l’obligation de mise en concurrence pour assurer l’équité entre les prestataires.
  • Le rôle du contrôleur : passer d’une perception de « censure » à un accompagnement sécurisant pour les élus.

Commune du Golfe4 Mairie d'Amoutive
© Commune du Golfe4 Mairie d'Amoutive

Cap sur l’inclusion et le développement humain

L’après-midi a marqué un virage vers le terrain social. La commission dédiée, présidée par M. Houdetodji, a présenté les grands axes de son programme annuel.

Pour 2026, la commune de Golfe 4 entend renforcer son filet de sécurité pour les plus fragiles. Le plan d’action dévoilé par le rapporteur, M. Dampite, s’articule autour de trois piliers :

  1. L’inclusion : un soutien accru aux personnes handicapées et aux seniors.
  2. La modernisation citoyenne : une réforme de l’état civil pour faciliter l’obtention des documents administratifs.
  3. Le patrimoine : des projets culturels visant à dynamiser l’identité de la commune.

« Il s’agit d’allier la transparence financière le matin au progrès social l’après-midi », a souligné l’exécutif communal. Avec cette approche, Golfe 4 tente de s’imposer comme un modèle de gouvernance locale au Togo, où la décentralisation reste un enjeu majeur de développement.

Lomé mobilise les leaders religieux pour la paix et la tolérance

LOMÉ, 23 janv. 2026 – Les autorités togolaises ont lancé jeudi à Lomé une vaste campagne de sensibilisation destinée à renforcer la coexistence pacifique entre les différentes confessions religieuses, sur fond de lutte contre l’extrémisme dans la sous-région.

L’atelier, organisé par le ministère de la Justice et des Droits de l’Homme (MJDH), a réuni des chefs religieux, des autorités locales et des leaders traditionnels. En effet, l’objectif affiché est de prévenir les discriminations et l’intolérance fondées sur les croyances, dans un pays qui se veut un modèle de laïcité et de brassage culturel.

Mairie d'Aflao Gakli
© Mairie d'Aflao Gakli

Un cadre juridique pour la liberté de culte

La rencontre a permis de détailler les principes fondamentaux du droit à la liberté de religion et de parcourir le cadre réglementaire strict régissant l’exercice des cultes au Togo. Sous l’égide de la Direction de la prévention des conflits, les participants ont été informés des mécanismes de protection des libertés individuelles face à la montée des tensions identitaires.

D’ailleurs, le secrétaire général du ministère chargé des Droits Humains, Anathère Talim, et la directrice de la prévention des conflits, Pauline Dokou, ont insisté sur la nécessité pour les leaders d’opinion de désamorcer tout germe d’intolérance au sein de leurs communautés respectives.

Mairie d'Aflao Gakli
© Mairie d'Aflao Gakli

Désamorcer l’amalgame entre foi et terrorisme

Présent lors des échanges, le maire de la commune de Golfe 5, Kossi Agbenyega Aboka, a tenu à recadrer le débat sur l’extrémisme violent qui frappe également la région sahélienne.

« Les considérations religieuses ne sont pas l’origine du terrorisme », a martelé l’élu local, exhortant chrétiens, musulmans et traditionalistes à s’unir autour d’un « être suprême » commun pour garantir la stabilité nationale.

En somme, pour les autorités municipales et préfectorales, la paix durable et le développement harmonieux du Togo dépendent directement de cette culture de l’unité. Après cette étape inaugurale dans le Grand Lomé, la mission de sensibilisation se déplacera à Tsévié pour toucher les acteurs de la Région maritime.

Togo : L’ANASAP lance un numéro WhatsApp pour la salubrité à Lomé

LOMÉ, 23 janv. 2026 – L’Agence nationale de salubrité publique (ANASAP) du Togo a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie de modernisation en lançant, cette semaine, une plateforme de signalement via l’application WhatsApp, a appris l’AFP de source officielle.

Depuis le 19 janvier, les résidents du Grand Lomé peuvent désormais dénoncer les actes d’insalubrité en temps réel grâce au numéro 90 82 33 33. Opérationnelle 24 h/24 et 7 j/7, cette interface numérique permet aussi aux citoyens d’envoyer des photos, des vidéos ou des localisations précises de dépôts sauvages d’ordures ou d’obstructions de la voie publique.

 

Un virage vers la « citoyenneté participative »

Cette initiative vient renforcer l’arsenal de veille de l’ANASAP, qui disposait déjà d’une ligne verte (le 8204). En intégrant WhatsApp, l’agence mise sur la proximité et la réactivité d’un outil massivement utilisé par la population togolaise.

L’objectif affiché est clair : transformer chaque habitant de la capitale en un acteur de la veille sanitaire. « Cette stratégie globale vise à moderniser les outils de gestion de la salubrité tout en impliquant davantage les citoyens dans la préservation de leur cadre de vie », souligne l’agence dans sa communication officielle.

 

Modernisation des services urbains

Le Grand Lomé, confronté aux défis de l’urbanisation rapide, cherche à optimiser la collecte des déchets et le maintien de la propreté urbaine. L’utilisation du numérique permet également à l’ANASAP de cartographier plus efficacement les points noirs de la ville et d’orienter ses équipes d’intervention avec une plus grande précision géographique.

Avec ce nouveau canal, les autorités espèrent une réduction significative des comportements inciviques et une amélioration durable de l’environnement urbain, sous l’œil vigilant d’une population désormais connectée directement aux services de l’État.