Trafic Région Maritime : les ponts de Boko et d’Anfoin fermés

Alerte rouge pour les usagers de la route dans la région Maritime. Suite à une inspection technique alarmante, le gouvernement interdit l’accès aux ponts de Boko et d’Anfoin à tous les véhicules à quatre roues. Les services routiers dévient le trafic en urgence.

Prudence si vous devez circuler dans la région Maritime. Car les récentes intempéries secouent de plein fouet les infrastructures routières. Les autorités interdisent désormais, jusqu’à nouvel ordre, l’accès des ponts de Boko et d’Anfoin aux véhicules légers, aux poids lourds ainsi qu’aux transports en commun.

Une menace d’effondrement structurel

Cette décision radicale mais nécessaire fait suite à un rapport sans appel des services des Travaux publics. Une mission d’inspection dépêchée sur place a mis en évidence de graves fragilités structurelles sur les deux ouvrages, ce qui menace directement la sécurité des usagers. Pour prévenir tout risque d’accident ou d’effondrement, l’État a immédiatement acté cette fermeture.

À l’heure actuelle, la mesure de tolérance concerne uniquement les mobilités douces : seuls les piétons et les engins à deux roues (motos et vélos) peuvent encore franchir les deux ponts, sous réserve de respecter les consignes des agents sur place.

Le plan de déviation pour les automobilistes

Pour éviter une paralysie totale du trafic de marchandises et de voyageurs dans cette zone économique clé, les services routiers ont aménagé en urgence une voie de contournement.

L’itinéraire de déviation officiel :

Tous les conducteurs de voitures, de minibus et de gros porteurs doivent obligatoirement contourner la zone en empruntant l’axe : Vogan — Agnron Copé — Glidji.

Les autorités appellent les syndicats de transporteurs, les chauffeurs routiers ainsi que les populations riveraines à la plus grande discipline et à respecter scrupuleusement les panneaux de signalisation pour faciliter la fluidité du trafic sur l’axe de déviation. Pour l’instant, les autorités n’ont pas encore communiqué de calendrier précis quant au démarrage des travaux de consolidation des deux ponts.

Togo : Quel avenir pour la Céni et le dialogue politique à Lomé ?

À Lomé, la deuxième session annuelle du Cadre permanent de concertation (CPC) s’est ouverte sous le signe de la division. Alors que des réformes clés sont sur la table, la stratégie de la chaise vide choisie par une partie de l’opposition interroge sur sa capacité à peser dans le nouveau jeu institutionnel.

C’est une scène qui illustre à elle seule les fractures persistantes de la vie politique togolaise. D’un côté, des sièges occupés par des responsables politiques déterminés à négocier ; de l’autre, le vide laissé par les tenants d’une ligne dure. Jusqu’à vendredi, le Palais des Congrès de Lomé accueille les travaux du Cadre permanent de concertation (CPC). Une session cruciale, mais boudée par plusieurs formations de l’opposition qui contestent la légitimité même de ce cadre.

Pourtant, l’ordre du jour n’a rien d’anodin. Les participants doivent plancher sur la transformation de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) en une structure plus technique, sur le statut des candidats indépendants et sur le bilan d’efficacité du CPC lui-même. Des dossiers majeurs, d’autant plus que le pays entre dans la phase opérationnelle de son nouveau régime parlementaire.

L’art du compromis face au dogme du refus

Pour les partisans de la participation, le calcul est avant tout pragmatique : on ne peut pas transformer les règles du jeu en refusant de s’asseoir à la table des négociations. Si de nombreux observateurs jugent légitimes les critiques de la nouvelle Constitution ou la méfiance à l’égard du pouvoir, ils considèrent l’absence volontaire des débats comme un manque de maturité stratégique. Comment prétendre défendre les intérêts des populations si l’on refuse la seule tribune officielle permettant d’infléchir les décisions ?

Cette ligne réaliste est portée par une partie de l’opposition qui refuse de s’enfermer dans une contestation stérile hors les murs. « C’est précisément dans les contextes de tensions que le CPC doit jouer son rôle d’espace de sérénité et d’écoute mutuelle », a ainsi déclaré Me Mohamed Tchassona Traoré, président du MCD (Mouvement citoyen pour la démocratie et le développement), pour justifier sa présence face au gouvernement.

Le pouvoir en position de rassembleur

Du côté de l’exécutif, on profite de ces divisions pour afficher une posture d’ouverture et de rassemblement, tout en renvoyant les boycotteurs à leurs propres contradictions. Le ministre de l’Administration territoriale, Hodabalo Awaté, a rappelé que le CPC restait un espace d’inclusion pour ceux qui ne disposent pas d’autres canaux d’expression : « Seul, on ne peut rien faire, et pour aller loin, on doit avancer ensemble. »

En filigrane, le message du pouvoir est limpide : la porte est ouverte, et ceux qui choisissent de rester à l’écart prennent le risque de s’auto-exclure des futures grandes orientations électorales du pays.

Le risque de l’invisibilité politique

L’histoire politique de la sous-région montre que le boycott est une arme à double tranchant qui s’use rapidement. En désertant le CPC, l’opposition radicale prive ses électeurs d’une voix au moment où se dessine l’avenir de la Céni. Surtout, elle laisse le champ libre au parti au pouvoir et à l’opposition modérée pour conclure des compromis sans elle.

À l’ère du régime parlementaire, où chaque texte se négocie et où chaque équilibre compte, la politique du spectateur indigné montre ses limites. Pour peser durablement dans le débat politique, l’opposition togolaise devra, tôt ou tard, faire le choix de l’action et défendre sa vision au sein des institutions, sous peine de devenir spectatrice de sa propre marginalisation.

Kodjo Akpatigbe, nouveau patron de Deloitte Togo-Bénin

Nommé Managing Partner de Deloitte pour l’axe Lomé-Cotonou, cet expert-comptable togolais, pur produit des institutions régionales, incarne cette nouvelle génération de leaders que les géants du conseil s’arrachent pour décrypter les mutations financières de l’Afrique de l’Ouest.

Dans le monde feutré de la haute finance ouest-africaine, son nom est synonyme de rigueur méthodique. En confiant la direction de ses activités au Togo et au Bénin à Kodjo Akpatigbe en qualité de Managing Partner, le géant mondial de l’audit et du conseil Deloitte ne fait pas seulement un choix de compétences. Il valide une stratégie : celle de l’ancrage local pour piloter des marchés en pleine mutation.

Alors que Lomé s’impose chaque jour un peu plus comme la place financière incontournable de la sous-région, le profil de Kodjo Akpatigbe coche toutes les cases de l’expert stratégique dont le marché a besoin.

L’architecte de la conformité dans l’espace UMOA

Si le grand public découvre son visage à la faveur de cette nomination, les banquiers et les régulateurs de l’Union Monétaire Ouest-Africaine (UMOA), eux, connaissent parfaitement sa signature. Kodjo Akpatigbe a fait de l’audit et de l’accompagnement des institutions financières sa grande spécialité.

Dans un contexte régional marqué par le durcissement des normes prudentielles (Bâle II / Bâle III) et la digitalisation accélérée des services bancaires, sa maîtrise des rouages de la zone UMOA constitue un atout majeur. Il est également celui qui murmure à l’oreille des conseils d’administration pour sécuriser leurs trajectoires de croissance et garantir leur conformité aux exigences de la Commission bancaire de l’UMOA.

L’engagement institutionnel comme boussole

Mais limiter le nouveau patron de Deloitte pour le Togo et le Bénin à son seul rôle de consultant serait réducteur. L’homme est avant tout un pilier de la structuration de sa profession.

Membre influent de l’Ordre national des experts-comptables et comptables agréés du Togo (ONECCA-Togo), où il préside aussi  une commission clé, il œuvre activement pour l’alignement des pratiques comptables locales sur les meilleurs standards internationaux. Cet engagement dans l’écosystème national lui confère une crédibilité unique : il ne se contente pas d’appliquer des règles, il participe également  à la réflexion globale sur l’assainissement du climat des affaires.

Le défi de l’axe Lomé-Cotonou

En prenant la tête de ce bi-pôle Togo-Bénin, Kodjo Akpatigbe hérite d’une feuille de route ambitieuse. Lomé et Cotonou, ports de transit majeurs et corridors économiques dynamiques, regorgent de filiales bancaires, de compagnies d’assurance et d’institutions de microfinance en quête de restructuration ou de levées de fonds.

Sa mission sera claire : consolider la position de Deloitte face à la concurrence féroce des autres membres du Big Four, tout en séduisant les champions nationaux des secteurs public et privé. Avec un dirigeant qui comprend aussi bien le langage des affaires que les réalités spécifiques du terrain macroéconomique local, Deloitte s’offre bien plus qu’un manager : le cabinet s’offre une passerelle de confiance avec les décideurs économiques des deux pays.

Togo : le FoNAT 2026 place les agricultrices au cœur de la transformation agricole

Réunies à Lomé à l’occasion du Forum national de l’agricultrice togolaise (FoNAT 2026), les femmes du secteur agricole veulent faire entendre leur voix sur les principaux défis qui freinent leur contribution à la sécurité alimentaire et au développement économique. Derrière les échanges, une ambition commune : transformer leur rôle dans les politiques agricoles.

 

Lomé, 1ᵉʳ juillet 2026 – Elles assurent une part importante de la production agricole, participent à la transformation des produits et alimentent les marchés locaux. Pourtant, leur accès à la terre, au financement ou encore aux technologies agricoles demeure limité. C’est pour remettre ces enjeux au cœur du débat public que plusieurs centaines d’actrices du monde rural sont réunies depuis le 30 juin à Lomé dans le cadre du Forum national de l’agricultrice togolaise (FoNAT 2026).

Organisée par la Coordination togolaise des organisations paysannes et de producteurs agricoles (CTOP) et la Plateforme nationale des agricultrices du Togo (PNAFAT), cette rencontre intervient dans le contexte de l’Année internationale des agricultrices proclamée par les Nations Unies pour 2026.

Par ailleurs, le forum se veut un espace de dialogue entre organisations paysannes, partenaires techniques et financiers ainsi que décideurs publics afin d’identifier les leviers susceptibles de renforcer la place des femmes dans les chaînes de valeur agricoles.

CTOP TOGO
© CTOP TOGO

Lever les obstacles qui freinent les agricultrices

Au fil des échanges, plusieurs problématiques reviennent avec insistance. L’accès au foncier reste l’un des principaux défis rencontrés par les femmes rurales, souvent confrontées à des contraintes juridiques, coutumières ou économiques qui limitent leurs capacités d’investissement.

Les discussions portent également sur l’amélioration de l’accès aux financements, la diffusion des innovations agricoles, l’adaptation aux effets du changement climatique ainsi que le développement des activités de transformation et de commercialisation des produits locaux.

Pour les participantes, ces différents leviers apparaissent indissociables d’une meilleure autonomie économique et d’une contribution accrue des femmes à la sécurité alimentaire nationale.

CTOP TOGO
© CTOP TOGO

Valoriser les produits locaux et les savoir-faire

En marge des travaux, une mini-foire met en avant des produits agricoles transformés par des femmes entrepreneures. Cette vitrine permet non seulement de promouvoir les productions locales, mais aussi de favoriser les échanges commerciaux entre productrices, acheteurs et partenaires.

Au-delà de l’exposition, cette initiative illustre aussi la volonté des organisateurs de rapprocher les réflexions stratégiques des réalités économiques du terrain, en montrant le potentiel de transformation porté par les entreprises agricoles féminines.

CTOP TOGO
© CTOP TOGO

Un rendez-vous inscrit dans une dynamique internationale

Le FoNAT 2026 bénéficie du soutien de plusieurs partenaires techniques et financiers, parmi lesquels la Coopération basque, le Forum rural mondial, le Programme de résilience des systèmes alimentaires au Togo (FSRP), le projet AgSyS/GIZ, Carrefour International Canada, la FAO et la GIZ.

À travers cette mobilisation, les organisateurs espèrent faire émerger des propositions capables d’alimenter les politiques publiques en faveur des femmes rurales. Dans un contexte où l’agriculture demeure un pilier de l’économie togolaise, le renforcement des capacités des agricultrices apparaît désormais comme un enjeu majeur pour la sécurité alimentaire, la création de revenus et la résilience des territoires face aux défis climatiques.

Komi Selom Klassou ravive l’axe Lomé–N’Djamena

Invité d’honneur à la clôture de la session parlementaire à N’Djamena ce mois de juin 2026, le président de l’Assemblée nationale togolaise, Komi Selom Klassou, a ravivé le mythe fondateur de l’axe Lomé-N’Djamena. Une séquence nostalgique qui cache des enjeux géopolitiques bien contemporains.

N’Djamena, 1ᵉʳ juillet 2026 – C’est une image d’Épinal que les moins de quarante ans ne peuvent pas connaître, mais que Lomé prend grand soin de dépoussiérer dès que l’occasion se présente. En avril 1980, alors que le Tchad traversait une grave guerre civile, le président togolais de l’époque, le Général Gnassingbé Eyadéma, n’avait pas hésité à traverser le fleuve Chari à bord d’une simple pirogue pour tenter une médiation directe entre les frères ennemis tchadiens.

Quarante-six ans plus tard, ce geste fort a été longuement évoqué dans l’enceinte du Palais de la Démocratie à N’Djamena. Invité d’honneur de la clôture de la première session ordinaire de la législature tchadienne, le président de l’Assemblée nationale togolaise, le Professeur Komi Selom Klassou, a choisi de s’appuyer sur cette histoire commune pour marquer les esprits.

Assemblée Nationale Togolaise
© Assemblée Nationale Togolaise

La diplomatie parlementaire, un outil discret mais efficace

Le protocole a suivi son cours habituel : hymnes nationaux, poignées de mains et discours chaleureux du président de l’Assemblée nationale du Tchad, Ali Kolotou Tchaïmi. Cependant, le but principal de ce voyage est de concrétiser un accord de coopération signé entre les deux parlements à Lomé, le 7 avril 2024.

Pour le Togo, le dialogue entre parlements est devenu une force dans sa politique étrangère. Moins visible que les réunions de chefs d’État, cette méthode permet de créer des liens solides. En partageant son expérience de la rédaction des lois et de la gestion des institutions avec un Tchad en pleine réorganisation politique, le Togo renforce son rôle de partenaire stratégique.

« Le Togo apporte sa fraternité ; le Tchad offre sa résilience », a résumé Komi Selom Klassou devant les députés tchadiens.

Assemblée Nationale Togolaise
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Togo et Tchad : L’alliance de deux médiateurs du continent

Le rapprochement actuel entre Lomé et N’Djamena s’explique par la situation géopolitique régionale. L’Afrique de l’Ouest et le Sahel connaissent des changements majeurs, notamment avec le départ du Mali, du Burkina Faso et du Niger des instances régionales traditionnelles. Face à ces tensions, le Togo et le Tchad ont choisi une position similaire : celle de maintenir le dialogue avec tout le monde.

Le président du Conseil, Faure Gnassingbé est devenu un intermédiaire respecté par les régimes militaires du Sahel. De son côté, le président tchadien Mahamat Idriss Déby tente de garder l’équilibre entre ses partenaires occidentaux et ses nouveaux contacts avec la Russie. En se rapprochant, Lomé et N’Djamena créent un espace de discussion qui va de l’Afrique de l’Ouest jusqu’au cœur de l’Afrique centrale.

Assemblée Nationale Togolaise
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Les défis au-delà des discours

Reste à savoir si cette bonne entente portera des fruits concrets. Si le président de l’Assemblée tchadienne a salué une visite qui ouvre de réelles perspectives de travail, les défis de la région (comme la sécurité au Sahel et le développement économique) demanderont plus que des échanges de textes juridiques.

En rappelant le geste audacieux de 1980, Komi Selom Klassou a subtilement rappelé au Tchad que le Togo a toujours été son allié des jours sombres. Une manière de signifier que, dans la tempête géopolitique actuelle, la pirogue togolaise est toujours prête à reprendre du service.

Assemblée Nationale Togolaise
© Assemblée Nationale Togolaise

Togo : L’opposition (CNCC) annonce un meeting à Vogan le 12 juillet

Lomé, 30 juin 2026 — Peut-on rallumer la flamme de la contestation là où le désenchantement politique semble s’être durablement installé ? C’est le défi de taille auquel s’attaque le Cadre National de Concertation pour le Changement (CNCC). Cette plateforme, qui rassemble les forces historiques de l’opposition togolaise — parmi lesquelles l’Alliance nationale pour le changement (ANC), l’Alliance des démocrates pour un développement intégral (ADDI), les Forces démocratiques pour la République (FDR) et le Pacte socialiste pour le renouveau (PSR) — ainsi que plusieurs organisations de la société civile, vient d’annoncer une offensive de terrain.

Le 12 juillet prochain, c’est à Vogan, dans la préfecture de Vo, que le CNCC a choisi de poser ses tréteaux pour un meeting public. Une délocalisation loin de Lomé qui résonne comme une tentative de reconquête par la périphérie.

Un ordre du jour volontairement large

Dans la correspondance officielle adressée au ministère de l’Administration territoriale, les organisateurs sont restés d’une grande sobriété quant à leurs intentions. Ce rendez-vous en province sera officiellement dédié à l’examen de « la situation sociopolitique de notre pays ». Un intitulé volontairement large qui cache mal la complexité de l’exercice actuel pour ces formations.

Car au-delà des mots d’ordre habituels, l’enjeu réel de ce meeting de Vogan est avant tout interne et logistique : il s’agit de mesurer ce qu’il reste de la capacité de mobilisation de l’opposition. Le choix de Vo, région historiquement sensible aux discours de changement, fait office de laboratoire à ciel ouvert.

Briser le mur de l’indifférence populaire

La tâche s’annonce pourtant titanesque. Depuis plusieurs scrutins, un phénomène marque le paysage politique togolais, se révélant plus redoutable pour les partis que la répression ou le découpage électoral : l’apathie. Une part grandissante de la population, accaparée par les urgences économiques du quotidien et fatiguée par des décennies de promesses non tenues de part et d’autre, s’est détournée de « la chose politique ».

Jusqu’à présent, les différentes tentatives de remobilisation de l’opposition se sont heurtées à ce mur d’indifférence, peinant à susciter les grands élans populaires d’autrefois. En se déplaçant à Vogan, le CNCC tente d’extirper le débat des cercles intellectuels de la capitale pour aller capter la colère ou les attentes de l’intérieur du pays. Reste à savoir si le discours du front commun ANC‑ADDI‑FDR‑PSR saura proposer un logiciel neuf, capable de transformer la résignation des citoyens en un nouvel engagement concret. Éléments de réponse le 12 juillet.

Inondations à Lomé : Les ministres sur le terrain pour libérer la circulation

Lomé, 30 juin 2026 — Au lendemain des trombes d’eau exceptionnelles qui se sont abattues sur le Grand Lomé, la capitale togolaise panse ses plaies et livre une bataille cruciale : celle de la mobilité retrouvée. Ce mardi matin, le réveil a été brutal pour des milliers de Loméens. Les stigmates de la veille — boue accumulée, débris flottants et chaussées submergées — paralysent encore de nombreux secteurs névralgiques, transformant les trajets professionnels en un véritable parcours du combattant.

Face à ce risque de paralysie économique, la réponse gouvernementale s’est voulue immédiate et visible, s’écartant des traditionnels rapports de bureau pour s’inviter directement sur le macadam.

Ministère de l'aménagement du territoire et de l'urbanisme
© Ministère de l'aménagement du territoire et de l'urbanisme

La politique de terrain : des ministres au chevet des points noirs routiers

C’est un signal politique fort qui a été envoyé dès les premières lueurs du jour. Le ministre Kodjo Adedze, épaulé par le ministre délégué Sena Alipui, s’est rendu sur les sites les plus critiques de la capitale. Loin des salons feutrés, les deux membres du gouvernement ont inspecté la place Bonke ainsi que l’axe hautement stratégique de la descente de Tokoin Hôpital.

Sur place, au milieu du vrombissement des engins de chantier et du ballet des équipes techniques, les ministres supervisent en direct les opérations de grand nettoyage et de pompage. L’objectif est double : évacuer au plus vite les sédiments apportés par les crues et rétablir la fluidité de la circulation sur ces artères qui desservent les principaux centres hospitaliers et administratifs de la ville. Par ailleurs, cette présence physique vise à rassurer une population éprouvée, tout en mettant les équipes d’intervention sous pression afin d’accélérer la cadence.

Ministère de l'aménagement du territoire et de l'urbanisme
© Ministère de l'aménagement du territoire et de l'urbanisme

Au-delà de l’urgence, le défi structurel de la ville-hub

Si l’activisme des autorités permet, ce matin, de rouvrir progressivement les voies à la circulation, ce nouvel épisode pluvieux repose avec acuité la question de la vulnérabilité des infrastructures de Lomé. La descente de Tokoin Hôpital, en raison de sa topographie, subit de plein fouet les ruissellements provenant des points hauts de la ville dès que les précipitations dépassent les normales saisonnières.

Pour les urbanistes, le constat est récurrent : la gestion de l’immédiat après-crise est indispensable, mais elle devra s’accompagner d’investissements massifs et continus dans le recalibrage des collecteurs d’eaux pluviales. Alors que la saison des pluies bat son plein, Lomé joue sa crédibilité de métropole moderne. En attendant les réformes de fond, c’est à coups de balais mécaniques, de camions-bennes et grâce à la présence des ministres que la capitale togolaise tente, ce mardi, de reprendre son cours normal.

Ministère de l'aménagement du territoire et de l'urbanisme
© Ministère de l'aménagement du territoire et de l'urbanisme

Compliance & Risk Officer : Plus de 1000 experts attendus à Lomé en juillet

Dans une économie mondialisée où la confiance est devenue la monnaie la plus précieuse, l’Afrique accélère sa mue réglementaire. La capitale togolaise accueillera les 8 et 9 juillet 2026 la 3ᵉ édition de la « Rencontre des Compliance et Risk Officers ».

Cet événement, désormais inscrit au calendrier des grands rendez-vous professionnels du continent, s’apprête à réunir plus de 1 000 experts africains et européens. Par ailleurs, ce rassemblement à Lomé pose les bases d’un enjeu crucial pour le continent : comment concilier croissance économique, exigences des bailleurs internationaux et éthique des affaires ?

La « Compliance », le nouveau bouclier des institutions africaines

Longtemps perçue comme une contrainte administrative secondaire, la compliance — ou conformité — s’est imposée comme le cœur du réacteur stratégique des institutions financières et des multinationales opérant sur le continent. Ce concept regroupe l’arsenal de procédures destinées à garantir qu’une organisation respecte scrupuleusement les lois et les normes éthiques.

Des cellules de lutte contre le blanchiment d’argent à la prévention de la corruption, en passant par la protection hautement stratégique des données personnelles et la gestion du risque de réputation, la conformité est devenue le sésame obligatoire pour rassurer les marchés.

Si le sujet prend une telle ampleur à Lomé, c’est que l’Afrique fait face à une pression sans précédent. Les institutions financières internationales et les partenaires au développement durcissent continuellement leurs critères d’évaluation. Pour les banques et les entreprises publiques du continent, disposer d’un département de conformité robuste n’est plus une option pour briller à l’international : c’est une condition sine qua non pour éviter le couperet des sanctions et maintenir l’accès aux lignes de correspondance bancaires mondiales.

Pourquoi le choix de Lomé est un signal fort

L’accueil de ce millier de spécialistes en terre togolaise ne relève pas du hasard. Le Togo s’est engagé ces dernières années dans de vastes réformes pour assainir son environnement des affaires et moderniser son cadre juridique, notamment en s’alignant sur les dernières directives communautaires d’Afrique de l’Ouest. En transformant sa capitale en un hub de réflexion sur le risque, le pays se positionne non seulement comme un facilitateur logistique, mais aussi comme un acteur de premier plan dans la quête de transparence financière de la sous-région.

Pendant deux jours, les échanges entre experts européens et africains permettront de confronter les réalités de terrain et de standardiser les pratiques. Face à des crises géopolitiques mouvantes et des réglementations de plus en plus extraterritoriales, l’Afrique de l’Ouest entend prouver à Lomé qu’elle ne subit plus les normes mondiales, mais qu’elle forme les cadres capables de les appliquer.

Togo : vers une agence de recouvrement des avoirs criminels

En Afrique de l’Ouest, la traque des capitaux illicites prend une tournure résolument opérationnelle. En mission à Lomé le lundi 29 juin 2026, une délégation de haut niveau du Réseau interagences de recouvrement des avoirs d’Afrique de l’Ouest (ARINWA), conduite par son président Mor Ndiaye, a formellement engagé les autorités togolaises à franchir un cap décisif : la création d’une structure nationale dédiée au recouvrement des avoirs criminels.

Reçue par le ministre togolais de la Justice et de la Législation, Me Pacôme Yawo Amenyo Adjourouvi, ainsi que par les grands commis de l’appareil judiciaire, la délégation a jeté les bases techniques d’un dispositif qui vise un objectif clair : asphyxier financièrement les réseaux criminels en saisissant méthodiquement le produit de leurs infractions.

Frapper les réseaux criminels au portefeuille

Jusqu’à présent, le dispositif anticriminalité du Togo s’appuyait principalement sur des cellules de renseignement financier et de contrôle, à l’instar de la CENTIF (Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières). Toutefois, l’expérience régionale démontre qu’obtenir des condamnations ne suffit plus s’il n’existe pas de bras séculier capable de gérer, valoriser et liquider le patrimoine frauduleux.

La future agence togolaise disposera d’un mandat élargi structuré autour de cinq piliers opérationnels :

  • Identifier et localiser les patrimoines suspectés d’origine illicite (comptes bancaires, parcs immobiliers, véhicules de luxe).

  • Saisir et geler à titre conservatoire ces actifs dès la phase d’enquête pour éviter leur évaporation.

  • Administrer les biens complexes (gestion de portefeuilles d’actions, d’entreprises en activité ou maintenance d’actifs physiques).

  • Confisquer définitivement les avoirs à la suite des condamnations judiciaires.

  • Restituer les fonds à l’État ou indemniser les victimes directes des fraudes.

« La mise en place d’une telle structure constitue une nécessité pour garantir l’efficacité de l’action publique face aux infractions liées à la criminalité économique et financière. C’est également un acte de souveraineté : celui d’un État qui refuse que son territoire serve de refuge aux capitaux illicites », a martelé Me Pacôme Adjourouvi lors des échanges.

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L’alignement obligatoire sur les exigences de l’UMOA

Par ailleurs, cette initiative répond à une urgence d’intégration juridique. En mars 2026, l’Union Monétaire Ouest-Africaine (UMOA) a adopté sa nouvelle loi uniforme relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive. Ce texte communautaire contraint les États membres à désigner une autorité centrale de gestion des avoirs saisis, sous peine de sanctions de conformité financière.

Pour le Togo, l’enjeu économique est de taille. L’absence d’une telle agence pénalise le climat des affaires en maintenant une zone de flou sur la réintégration des flux financiers captés par la corruption, le trafic de stupéfiants ou la fraude fiscale de grande envergure. En se dotant d’une agence moderne, Lomé s’assure également une passerelle d’entraide avec ses voisins régionaux déjà équipés, à l’instar de l’AGRAC en Côte d’Ivoire.

Coopération transfrontalière : le chaînon manquant

L’appui de l’ARINWA sera avant tout technique et international. Le président du réseau, Mor Ndiaye, a rappelé qu’une part importante des avoirs criminels issus d’Afrique de l’Ouest est rapidement transférée vers des juridictions étrangères ou convertie en actifs hors du pays d’origine.

En intégrant formellement le réseau ARINWA, la future agence togolaise bénéficiera d’une interconnexion directe avec les points de contact judiciaires de 15 États de la CEDEAO ainsi que des réseaux internationaux homologues (CARIN en Europe, ARIN-AP en Asie-Pacifique). Cette infrastructure d’échange permettra à Lomé de lancer des procédures de gel à l’étranger et de faciliter le rapatriement de capitaux togolais détournés.

Alors que le pays s’emploie à moderniser son administration économique et à assainir son cadre juridique, l’opérationnalisation de cette agence de recouvrement s’annonce comme le véritable test de l’intégrité financière du marché togolais.

Lomé : l’Aéroport Gnassingbé Eyadéma vise le statut de hub régional

Ne plus seulement être le tarmac où l’on change d’avion entre deux capitales africaines, mais devenir le lieu où l’on pose définitivement ses bagages. C’est l’ambition affichée par les autorités aéroportuaires togolaises. Dans la course effrénée que se livrent les hubs d’Afrique de l’Ouest, Lomé tente de jouer une carte singulière : celle d’une plateforme moderne, fluide, capable de transformer une simple escale technique en une véritable porte d’entrée économique et touristique.

Pour concrétiser cette vision, Lomé sait qu’elle doit soigner sa « facilitation » — l’art de rendre le parcours du voyageur aussi fluide que sécurisé. C’était tout l’enjeu d’une rencontre hautement stratégique qui s’est tenue le 29 juin 2026 dans la capitale togolaise, réunissant les décideurs de la plateforme avec deux figures clés du système des Nations Unies : Coumba Dieng Sow, Coordinatrice résidente de l’ONU au Togo, et le Dr Erinna Corinne Dia, Représentante de l’UNICEF.

Aéroport International de Lomé
© Aéroport International de Lomé

L’équation complexe : fluidité, attractivité et sécurité

Si l’Aéroport International Gnassingbé Eyadéma (AIGE) jouit déjà d’une solide réputation grâce aux performances de sa compagnie ancêtre Asky, le défi actuel est de taille. Devenir une « destination » implique de repenser l’expérience client de bout en bout : simplification des procédures de visa, digitalisation des contrôles, réduction de l’attente aux frontières et amélioration de l’accueil.

Cependant, dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires persistants, cette politique d’ouverture ne peut se faire à l’aveugle.

« L’ouverture d’une frontière aérienne moderne repose sur un équilibre fragile : il faut accélérer le mouvement des personnes pour booster les affaires et le tourisme, tout en renforçant les mailles du filet sécuritaire », confie un expert en transport aérien basé à Lomé.

C’est précisément sur cette ligne de crête que l’appui des Nations Unies s’avère stratégique. Ainsi, les discussions ont mis en lumière la nécessité de concilier le développement économique lié au trafic aérien avec les standards internationaux de sécurité et de protection des droits.

Aéroport International de Lomé
© Aéroport International de Lomé

Le facteur humain : pourquoi l’UNICEF s’invite à la table aéroportuaire

D’ailleurs, la présence de la Représentante de l’UNICEF à cette table ronde n’est pas anodine. Transformer un aéroport en un hub de classe mondiale exige de prendre en compte des problématiques transversales souvent ignorées par la simple logique commerciale :

  • La lutte contre les trafics : les hubs aériens majeurs sont malheureusement des points de transit sensibles pour la traite des êtres humains, notamment des mineurs. Renforcer la vigilance des personnels aéroportuaires est une priorité partagée.

  • Des infrastructures inclusives : adapter l’aéroport aux familles, aux enfants et aux personnes vulnérables fait partie intégrante des critères d’évaluation des grandes destinations internationales.

En associant l’ONU et l’UNICEF à sa réflexion, le Togo envoie un signal fort aux partenaires internationaux et aux compagnies aériennes : le développement de son ciel se fera sous le sceau de la responsabilité et de la coopération multilatérale.

L’Aéroport de Lomé ne veut plus seulement être une escale technique sur une carte de navigation ; elle aspire à devenir le symbole d’une Afrique de l’Ouest connectée, sûre et résolument accueillante. Le décollage est amorcé.