Pya : Faure Gnassingbé célèbre la tradition Kabyè

Tambours, chants et scènes de liesse : à Pya, la clôture de la chasse traditionnelle en pays kabyè a offert un spectacle saisissant. Le samedi 11 avril 2026, le domicile du père de la nation, à Pya, a vibré au rythme de la « danse des chasseurs ».

En présence du président du Conseil, Faure Gnassingbé, ce rituel a marqué la clôture officielle de la chasse traditionnelle en pays Kabyè. Ouverte le 11 mars dernier, cette saison s’achève symboliquement par la chasse dite « Eyadéma », dédiée au feu président Gnassingbé Eyadéma, reconnu comme un grand chasseur et promoteur de cette pratique ancestrale.

 

Une école de courage et de valeurs

Au-delà du folklore, cette célébration est avant tout une institution sociale. Le président du Conseil était accompagné du ministre de l’Administration territoriale, le colonel Awaté Hodabalo, du gouverneur de la Kara, le général Adjitowou Komlan, de son homologue des Plateaux, le général Dadja Maganawé, ainsi que de nombreuses autorités politiques, militaires et traditionnelles.

Le chef du gouvernement  a observé les chasseurs, vêtus de leurs tenues d’apparat, louer les ancêtres pour l’abondance du gibier.

En effet, comme l’explique Tidiyé Tchaa, un fils de la région, cette pratique constitue une véritable école de vie. D’une part, elle forge chez les jeunes le courage et l’endurance. D’autre part, elle renforce la solidarité, notamment à travers l’assistance mutuelle lors des expéditions en brousse. Les chants entonnés, riches en proverbes et récits de vie, servent également de vecteurs pour transmettre le respect des aînés et les normes culturelles aux nouvelles générations.

 

La femme au cœur de la moisson

Par ailleurs, la fête n’aurait pas été complète sans la participation active des femmes. Munies de tiges de sorgho, elles ont accueilli les chasseurs de retour avec une variété impressionnante de gibier : buffles, biches ou encore perdrix. De cette manière, elles célèbrent non seulement la réussite de la chasse, mais aussi la sécurité et la paix qui règnent dans le pays, permettant le maintien de tels rites.

 

L’appel de la terre

Enfin, ce samedi marque une transition majeure dans le calendrier kabyè. Puisque la chasse est désormais close, le peuple se tourne vers son autre pilier : l’agriculture. Comme l’a rappelé Tidiyé Tchaa, la clôture de la chasse traditionnelle en pays kabyè ouvre un nouveau cycle, celui des semis, avec l’annonce imminente des premières pluies.

À l’heure où les gourdins se rangent, ce n’est pas la fin d’un rituel, mais le début d’un autre combat : celui de faire vivre la terre.

 

Lomé : L’Université forme les leaders de l’économie verte

                                   Depuis ce lundi matin 13 avril 2026, le centre WASCAL de l’Université de Lomé devient le point de convergence de l’excellence scientifique régionale. Dans le cadre du projet IDBio (Ingénierie Durable des Produits Biosourcés), organisé du 13 au 17 avril 2026, des chercheurs venus du Bénin, du Burkina Faso, du Sénégal, de Madagascar, de la Côte d’Ivoire et également de France se réunissent pour une session de formation de haut niveau.

Sous l’égide de la Chaire UNESCO, cette rencontre vise en effet à structurer un réseau de compétences solides pour répondre aux défis climatiques et industriels de l’Afrique subsaharienne. Parmi les acteurs togolais impliqués figurent le Prof. Kpakpo Mawusse Akue Adotevi, directeur de la Coopération universitaire, et le Prof. Simplice D. Karou, directeur de l’ESTBA.

Université de Lomé
© Université de Lomé

Maîtriser l’impact environnemental : de la théorie à l’outil

Au cœur de ce programme, l’accent est mis sur l’Analyse de Cycle de Vie (ACV). Ainsi, pendant trois jours, les participants vont s’approprier des logiciels de pointe pour mesurer l’empreinte écologique des produits, de leur conception à leur fin de vie.

C’est pourquoi la présence d’experts de l’INSA Toulouse et de l’IMT Mines Albi est stratégique : elle permet un transfert de technologie direct vers les enseignants-chercheurs togolais et africains. Ce réseau IDBio, qui inclut des institutions prestigieuses du Bénin, du Sénégal, du Burkina Faso, de Madagascar et de la Côte d’Ivoire, illustre la volonté de bâtir une expertise africaine forte et durable.

Université de Lomé
© Université de Lomé

Transformer le chercheur en entrepreneur

Cependant, l’innovation ne s’arrête pas aux laboratoires. À cet effet, la formation consacrera deux jours entiers à la pédagogie active et au coaching entrepreneurial, avec pour objectif le déploiement massif du statut d’étudiant-entrepreneur au sein des incubateurs partenaires.

Pour ce faire, le programme mise aussi sur des formats dynamiques tels que :

  • Des témoignages d’entrepreneurs inspirés du modèle TEDx.
  • Des ateliers de simulation pour confronter les projets aux réalités du marché.
  • Un partage d’expériences entre les personnels techniques et les experts en accompagnement.

Université de Lomé
© Université de Lomé

Vers une expertise africaine souveraine

Cette session du projet IDBio à l’Université de Lomé dépasse le simple cadre académique. En plus, elle pose les jalons d’une économie verte où l’expertise africaine est à la fois forte, durable et résolument tournée vers l’action. Désormais, les universités disposent de nouveaux leviers pour transformer les produits biosourcés en opportunités économiques concrètes.

Kara : 34 milliards pour transformer le CHU en hub régional

       Le 8 avril 2026 dernier, le Général Komlan Adjitowou, Gouverneur de la région de la Kara, a inspecté les travaux de réhabilitation du Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Kara. Lancé il y a deux ans, en avril 2024, dans le cadre du projet ELLIPSE, ce chantier titanesque s’inscrit dans une stratégie nationale de modernisation des infrastructures sanitaires. Aujourd’hui, les constatations font état d’un progrès monumental des travaux, confirmant ainsi la volonté de l’État de moderniser les infrastructures sanitaires.

Gouvernorat Région de la Kara
© Gouvernorat Région de la Kara

Un plateau technique aux normes internationales

Grâce à un investissement global de 34 milliards de FCFA, le futur CHU de Kara va radicalement changer de dimension. En effet, l’établissement prévoit d’atteindre une capacité de près de 400 lits.

De plus, la modernisation repose sur deux piliers majeurs :

  • Un plateau médico-technique de pointe : incluant des blocs opératoires modernes, un service de réanimation et une unité d’imagerie de dernière génération.
  • Un pôle Mère-Enfant : spécialement conçu pour sécuriser les urgences gynéco-obstétricales et pédiatriques.

C’est pourquoi cet hôpital ne sera plus un simple centre de soins, mais un véritable centre de référence capable de traiter des spécialités complexes sur place, allant de la chirurgie à la pédiatrie, en passant par la médecine générale, les urgences et les soins intensifs, conformément aux standards hospitaliers internationaux.

Gouvernorat Région de la Kara
© Gouvernorat Région de la Kara

Plus qu’un hôpital : un moteur pour l’emploi

Au-delà de l’aspect médical, le chantier se distingue par son impact social immédiat. Puisque la construction mobilise des ressources locales massives, le projet a déjà généré près de 2 700 emplois.

Par ailleurs, une innovation majeure a été intégrée : la création d’un « village d’accompagnement » de 30 chambres individuelles destinées aux proches des patients hospitalisés. De cette manière, les familles disposeront de conditions d’accueil dignes, une première pour une structure de cette envergure dans la région.

Gouvernorat Région de la Kara
© Gouvernorat Région de la Kara

Le respect des délais comme priorité

Le Gouverneur a salué l’avancement des travaux et exhorté les entreprises à maintenir la qualité et le respect des délais. Par ailleurs, la réussite de ce projet ELLIPSE garantira aux populations de la Kara un accès aux soins de qualité, notamment en réduisant les évacuations sanitaires vers Lomé. Désormais, les regards se tournent vers la livraison finale pour voir naître ce nouveau fleuron de la santé togolaise.

 

Togo : UNIR célèbre 14 ans de parcours politique

Le parti Union pour la République (UNIR) s’apprête à souffler sa quatorzième bougie le 14 avril 2026. Pour anticiper sur l’événement, les responsables locaux ont mobilisé les militants dès le dimanche 12 avril à travers toute la région de la Kara.

En effet, des églises catholiques aux temples presbytériens, les cadres et sympathisants se sont réunis pour témoigner de leur reconnaissance envers le Créateur. Ces offices visaient non seulement à célébrer la vie du parti, mais aussi à invoquer la bénédiction divine sur son président fondateur, Faure Gnassingbé.

Ministère de l'Administration Territoriale
© Ministère de l'Administration Territoriale

Une ferveur religieuse au service de la paix

D’un point de vue spirituel, les prédications se sont concentrées sur les valeurs de pardon et d’amour du prochain, présentées comme gages de paix et de stabilité. Les hommes de Dieu ont également rappelé la miséricorde du Christ ressuscité, invitant les fidèles à la réconciliation et à l’unité.

Cependant, au-delà du message religieux, ces rassemblements ont servi de socle pour réaffirmer l’attachement des militants à la stabilité nationale. Dans la Kozah, le secrétaire préfectoral Poro Katanga a rappelé que l’unité reste l’objectif suprême pour atteindre le développement. De la même manière, dans le Dankpen, la Binah ou encore le Bassar, les autorités administratives et militaires ont rejoint les fidèles pour prier pour la sécurité et la cohésion sociale, perçues comme le gage de tout progrès socio-économique.

Ministère de l'Administration Territoriale
© Ministère de l'Administration Territoriale

Une mobilisation territoriale d’envergure

La présence massive des dignitaires politiques, administratifs, militaires et traditionnels souligne l’importance institutionnelle de cet anniversaire. Que ce soit à la paroisse Sts Pierre et Paul de Kara ou au temple EEPT, l’engagement des cadres est resté identique.

Dans chaque préfecture – Assoli, Kéran, Doufelgou, mais aussi Binah et Bassar –, les responsables locaux ont exprimé leur gratitude au président fondateur Faure Gnassingbé, saluant sa vision pour un développement inclusif et durable du Togo. Les offices ont ainsi réuni autorités et militants dans un même élan de reconnaissance et de ferveur.

Ministère de l'Administration Territoriale
© Ministère de l'Administration Territoriale

Unir pour construire

En conclusion, ces 14 ans ne sont pas qu’une simple date sur le calendrier. Ce week-end de prières symbolise la volonté du parti de consolider ses acquis tout en renouvelant son pacte de confiance avec la population. Désormais, les regards se tournent vers les futurs projets de construction d’un Togo prospère et inclusif.

 

CTOP : vers un nouveau modèle coopératif au Togo

                   Malgré un cadre juridique moderne, les coopératives agricoles togolaises peinent encore à enrichir leurs membres. La Coordination togolaise des organisations paysannes et de producteurs agricoles (CTOP), en partenariat avec le Mécanisme forêts et paysans (FFF), a réuni, ce 10 avril 2026 à Lomé, des experts et des producteurs afin de dessiner les contours d’un nouveau modèle coopératif, loin de la simple gestion de subsistance.

Le constat est lucide : au Togo, l’étiquette « coopérative » ne rime pas encore avec « prospérité ». Si l’Acte uniforme de l’OHADA offre depuis des années un cadre juridique aux sociétés coopératives, la réalité du terrain reste marquée par une fragilité structurelle. C’est pour briser ce plafond de verre que la CTOP et ses partenaires ont ouvert un chantier crucial.

CTOP TOGO
© CTOP TOGO

Des objectifs clairs pour un modèle viable

Cet atelier de partage et d’enrichissement du rapport sur le modèle coopératif poursuivait trois objectifs majeurs :

  • partager les expériences de modèles coopératifs réussis au Togo et à l’international (Tunisie, Burundi, etc.) ;
  • enrichir le modèle proposé par la personne ressource, en tenant compte des réalités locales ;
  • définir une feuille de route claire pour la mise en place de coopératives agricoles viables, économiquement solides et socialement performantes.

CTOP TOGO
© CTOP TOGO

L’inspiration venue d’ailleurs

Pour nourrir cette réflexion, la CTOP n’a pas travaillé en vase clos. Les participants ont étudié des modèles de réussite venus d’autres horizons. Des plateformes agricoles du Burundi aux structures de gestion de l’eau et des terres en Tunisie, l’objectif est d’extraire le meilleur des expériences internationales afin de l’adapter au contexte togolais.

La personne ressource sollicitée a présenté un prototype de « coopérative de nouvelle génération », reposant sur une gouvernance renforcée et une séparation nette entre la direction stratégique et la gestion opérationnelle, une faille souvent identifiée dans les organisations locales.

CTOP TOGO
© CTOP TOGO

Créer de la richesse plutôt que gérer la pauvreté

Le rapport enrichi lors de ces travaux met l’accent sur quatre leviers de transformation :

  • diversification des services : la coopérative doit aller au-delà de la collecte des récoltes et offrir des intrants, des conseils techniques et des solutions de financement ;
  • choix des filières porteuses : cibler les secteurs à fort potentiel pour mieux organiser les marchés collectifs et peser face aux acheteurs ;
  • transparence financière : instaurer des mécanismes rigoureux de redistribution des bénéfices afin de regagner la confiance des sociétaires ;
  • économie d’échelle : se regrouper pour acheter à moindre coût et vendre à de meilleurs prix.

 

Une feuille de route pour passer à l’action

Loin des grandes déclarations, l’atelier a débouché sur une feuille de route opérationnelle. Ce document définit les étapes clés pour que les organisations paysannes togolaises deviennent des acteurs économiques viables et performants, capables de garantir un revenu décent aux producteurs.

Au-delà de l’économie, l’ambition est également sociale : bâtir des coopératives capables de renforcer la solidarité, la gouvernance participative et l’inclusion des femmes et des jeunes.

 

Le défi de la mise en œuvre

Le défi est désormais de passer du papier au champ. Si la théorie semble solide, le succès dépendra de la capacité des dirigeants paysans à insuffler un esprit entrepreneurial au sein de leurs communautés.

Alors que le Togo ambitionne de devenir un pôle agro-industriel régional, cette transformation du modèle coopératif constitue-t-elle le chaînon manquant pour assurer une croissance qui profite enfin à la base de la pyramide ?

Dapaong : 414 gendarmes prêtent serment

         Le Tribunal de grande instance de Dapaong a accueilli, ce vendredi 10 avril 2026, la prestation de serment de 414 jeunes gendarmes. Ainsi, cet acte solennel marque leur entrée officielle dans les rangs des forces de défense et de sécurité et consacre leur engagement formel à servir la République dans le strict respect des lois.

Le silence dans la salle d’audience n’était pas celui des procès ordinaires. Il était chargé d’une gravité particulière : celle d’une jeunesse qui s’engage sous les drapeaux. Face aux magistrats, 414 hommes et femmes de la promotion 2024 ont levé la main droite. Ce geste transforme de simples recrues en officiers de police judiciaire et en agents de la force publique.

Sous le regard attentif du gouverneur de la région des Savanes, Affoh Atcha-Dédji, cette cohorte rejoint désormais les rangs des forces de défense et de sécurité (FDS) du Togo.

Tribunal de Grande Instance
© Tribunal de Grande Instance

La loi comme boussole, le citoyen comme priorité

Le procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Dapaong a rappelé la portée juridique et symbolique de ce serment. Il ne s’agit pas d’une simple formalité administrative, mais du socle qui fonde leur responsabilité. Chaque intervention, chaque enquête devra se conformer à un triptyque non négociable : loyauté, discipline et intégrité.

Le président du tribunal, pour sa part, a insisté sur une notion capitale : la proximité. Dans une zone où la menace sécuritaire exige une vigilance constante, le gendarme ne doit pas seulement réprimer, mais aussi rassurer. « Le professionnalisme se mesure à l’aune du respect des droits humains », a-t-il souligné, exhortant ces nouveaux soldats de la loi à incarner rigueur et responsabilité au sein des communautés.

Tribunal de Grande Instance
© Tribunal de Grande Instance

Un renfort crucial pour le nord du pays

L’arrivée de ces 414 nouveaux agents répond à un impératif de terrain. La région des Savanes, en raison de sa position géographique et des enjeux transfrontaliers, demeure exposée à des défis sécuritaires majeurs. Ce renfort vient renforcer le dispositif de protection des biens et des personnes dans cette partie septentrionale du pays.

Par ailleurs, l’enjeu est de taille : incarner une force publique moderne, capable de rigueur tactique tout en restant ancrée dans les réalités sociales des populations locales. Cette promotion 2024 porte sur ses épaules l’espoir d’une stabilité durable.

Tribunal de Grande Instance
© Tribunal de Grande Instance

Une armée de l’ombre pour une paix au grand jour

Alors que la cérémonie s’est achevée sous les applaudissements des familles et des autorités militaires, une nouvelle réalité commence pour ces jeunes gendarmes. Dès le lendemain, ils quitteront le cadre solennel du tribunal pour affronter la réalité du terrain, entre pistes poussiéreuses et missions de patrouille.

Dans une région où les défis sécuritaires demeurent pressants, cette montée en puissance des effectifs de la gendarmerie suffira-t-elle à stabiliser durablement les zones sensibles du pays ? La réponse dépendra moins de leur nombre que de leur capacité à tisser, jour après jour, un lien de confiance solide avec chaque citoyen togolais.

Togo : la PIA d’Adétikopé accueille une délégation francophone

            Au nord de Lomé, la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA) a troqué ses bruits de machines pour le ballet des diplomates. Une délégation de parlementaires francophones, conduite par Komi Selom Klassou, président de l’Assemblée nationale du Togo, a sillonné ce poumon économique le 10 avril 2026. Derrière les sourires officiels, le Togo joue sa carte de hub régional incontournable et affirme son rayonnement francophone.

Le bitume est encore frais et les hangars s’étendent à perte de vue. Sous un soleil de plomb, le décor de la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA) a servi de cadre à une visite de haut niveau. Ce vendredi, ce n’était pas seulement le business qui était à l’ordre du jour, mais bien la « diplomatie économique ».

Sous l’égide de Komi Selom Klassou, et en présence du ministre de la Promotion des investissements, Arthur Trimua, ainsi que de l’administrateur général de la PIA, Idiola Sandah, une cohorte d’élus venus de tout l’espace francophone a pu toucher du doigt ce que le « Made in Togo » a de plus ambitieux.

ACP - Autorité de Coordination de la PIA
© ACP - Autorité de Coordination de la PIA

Le textile et l’acier en tête d’affiche

Le parcours de la délégation n’est pas le fruit du hasard. Accompagnés des autorités togolaises, les parlementaires ont plongé dans les entrailles de Star Garments Togo. Ici, le bruit des machines à coudre symbolise le renouveau de l’industrie textile togolaise, désormais capable d’exporter vers les marchés occidentaux.

La visite s’est poursuivie chez Vivace Group, un autre pilier de cet écosystème. Pour les visiteurs, le constat est clair : la PIA n’est plus un projet sur papier, mais une réalité concrète qui transforme les matières premières locales en produits à forte valeur ajoutée. Ces deux unités incarnent le dynamisme de la zone et sa capacité à attirer des capitaux internationaux.

ACP - Autorité de Coordination de la PIA
© ACP - Autorité de Coordination de la PIA

Un modèle d’intégration pour l’Afrique de l’Ouest

Au-delà des ateliers, les échanges ont porté sur la vision stratégique de la zone. Pourquoi le Togo réussit-il là où d’autres peinent à attirer des capitaux ? La réponse tient en trois piliers :

  • la sécurité juridique : un cadre fiscal attractif pour les investisseurs étrangers ;
  • l’intégration régionale : une position géographique qui connecte le Port autonome de Lomé aux pays de l’hinterland ;
  • le capital humain : des milliers d’emplois créés pour la jeunesse locale, dont de nombreuses femmes dans le secteur textile.

Les parlementaires de la Francophonie ont ainsi vu dans ce modèle une réponse concrète aux défis du chômage et de la dépendance aux importations. La PIA s’impose comme un laboratoire de croissance et un hub industriel stratégique qui dépasse les frontières du Togo.

ACP - Autorité de Coordination de la PIA
© ACP - Autorité de Coordination de la PIA

Une attractivité qui ne doit pas faiblir

Le succès de cette visite confirme la montée en puissance du hub d’Adétikopé sur l’échiquier africain. Cependant, l’enjeu pour les mois à venir sera de maintenir ce rythme soutenu. Le ministre Arthur Trimua l’a rappelé : l’attractivité du pays repose sur la stabilité et la capacité à offrir en continu des infrastructures de classe mondiale.

Alors que les rideaux tombent sur cette rencontre diplomatique, une question reste en suspens dans les cercles décisionnels : le Togo parviendra-t-il à dupliquer ce modèle industriel dans d’autres régions du pays afin d’assurer une prospérité équilibrée et de renforcer son rôle de vitrine francophone en Afrique de l’Ouest ?

Iran veut taxer le détroit d’Ormuz : menace sur le pétrole mondial

                                        Derrière le fragile cessez-le-feu conclu entre l’Iran, Israël et les États-Unis en ce mois d’avril 2026, une bataille financière féroce se joue. Téhéran tente d’imposer un droit de passage aux pétroliers dans le détroit d’Ormuz, une manœuvre que l’industrie pétrolière américaine qualifie de « racket maritime » et qui menace de faire exploser les prix à la pompe.

Le calme est revenu sur les eaux turquoise du Golfe, mais il est trompeur. Depuis l’accord de trêve du 7 avril 2026, les canons se sont tus, tandis que les calculs s’emballent dans les états-majors des majors pétrolières. Au cœur de la discorde : une clause du plan de paix en dix points proposée par la République islamique, exigeant la reconnaissance de sa souveraineté totale sur le détroit d’Ormuz, assortie d’un droit de péage.

Ce cessez-le-feu, négocié par le Pakistan, doit durer deux semaines, mais il reste fragile : Israël poursuit ses frappes au Liban, ce qui menace de raviver les tensions.

Le coût du passage : 2,5 millions de dollars par trajet

Selon des révélations obtenues par le média Politico, les géants de l’énergie outre-Atlantique mènent un lobbying intense auprès de la Maison-Blanche pour bloquer cette exigence. L’équation économique est implacable : chaque navire franchissant ce goulot d’étranglement — par lequel transite 20 % de la consommation mondiale de pétrole — se verrait imposer des taxes et des surprimes d’assurance.

Le montant du surcoût s’élèverait à 2,5 millions de dollars par livraison. « C’est une taxe sur la consommation mondiale déguisée en droit maritime », s’insurge un représentant de l’industrie pétrolière américaine. Pour le consommateur final, que ce soit à Lomé, Paris ou New York, la répercussion sur le prix du litre d’essence serait immédiate et brutale. Les armes se taisent, mais les calculs s’emballent.

Un dangereux précédent pour Singapour et la Turquie

Au-delà de l’aspect financier, c’est l’ordre juridique international qui vacille. Les entreprises ont exprimé leurs préoccupations directement au président américain. Leur argument ? Si l’Iran obtient gain de cause, d’autres nations stratégiques pourraient suivre le mouvement.

  • le détroit de Malacca (Singapour), poumon du commerce vers l’Asie ;
  • le détroit du Bosphore (Turquie), porte d’entrée de la mer Noire.

Si ces points de passage vitaux deviennent des postes de douane nationaux, le principe de la « libre circulation dans les eaux internationales » — socle de la mondialisation depuis 1945 — volerait en éclats. Ormuz apparaît ainsi comme une clé de voûte de la mondialisation.

Une trêve sur le fil du rasoir

Cette polémique intervient alors que le Moyen-Orient respire à peine après quarante jours de conflit direct entre l’Iran, les États-Unis et Israël. Si le cessez-le-feu de deux semaines tient pour l’instant, la question du détroit d’Ormuz reste le principal point de blocage. Téhéran, affaibli par les sanctions mais conscient de son pouvoir de nuisance, utilise ce levier comme une assurance stratégique pour sa reconstruction.

De son côté, Washington maintient une position ferme en refusant tout péage, mais la « modération » des critiques des compagnies pétrolières envers la Maison-Blanche suggère que des négociations en coulisses sont en cours. Les discussions officielles entre Washington et Téhéran ont débuté ce 10 avril à Islamabad, sous médiation pakistanaise, pour tenter de transformer la trêve en accord durable.

L’enjeu est de taille : éviter une nouvelle escalade militaire sans pour autant céder les clés de l’économie mondiale aux Gardiens de la révolution iranienne.

Vers une nouvelle architecture du commerce maritime ?

Alors que les navires attendent encore des garanties de sécurité suffisantes pour reprendre leurs rotations régulières, une question demeure : le monde est-il prêt à payer le prix de la paix au détroit d’Ormuz ?

Si Téhéran parvient à monétiser sa position géographique, c’est toute la géopolitique des flux qui devra être repensée, au risque de voir émerger de nouveaux foyers de tension aux quatre coins du globe.

Togo : Mgr Isaac Jogues Gaglo nommé archevêque de Lomé

                               Après une vacance du siège qui a tenu le Togo en haleine pendant près de deux ans, le Saint-Siège a désigné Mgr Isaac Jogues Kodjo Gaglo pour succéder au regretté Mgr Barrigah-Bénissan. Un choix de continuité qui place cet homme de terrain face aux mutations profondes de la société togolaise.

Le suspense, qui pesait sur la cathédrale du Sacré-Cœur de Jésus comme une chape de plomb, s’est enfin dissipé. Depuis le décès brutal de Mgr Nicodème Barrigah-Bénissan en août 2024, l’archidiocèse de Lomé vivait dans une attente quasi mystique. Ce 10 avril 2026, l’annonce est tombée : Mgr Isaac Jogues Kodjo Gaglo n’est plus seulement celui qui « garde la maison », il en devient désormais le garant moral. Ainsi, de gardien, il devient bâtisseur.

 

 

L’onction de la persévérance

L’histoire retiendra que le timing de Rome relève d’une véritable maîtrise de la mise en scène ecclésiale. La nouvelle a fuité au lendemain d’une assemblée diocésaine massive, convoquée par l’intéressé lui-même sous les voûtes de la cathédrale de Lomé. En effet, si beaucoup voyaient dans cette réunion un simple bilan administratif, elle constituait en réalité le prélude à un nouveau chapitre.

Pendant vingt mois, Mgr Gaglo a porté le titre d’administrateur apostolique. Dans ce rôle de « gestionnaire des affaires courantes », il a su naviguer avec prudence, évitant les écueils de la précipitation tout en maintenant le cap pastoral. Cette période de transition, souvent perçue comme une épreuve de patience pour les fidèles, a été pour lui un véritable test validé par la Curie romaine.

 

Un pasteur de proximité au profil de médiateur

Qui est donc cet homme à qui incombe désormais la direction de la province ecclésiastique la plus influente du pays ? Mgr Isaac Jogues Kodjo Gaglo n’est pas un théoricien enfermé dans sa tour d’ivoire. Son parcours au sein de l’appareil clérical togolais dessine le profil d’un homme de terrain.

Reconnu pour sa grande capacité d’écoute, il incarne cette Église « aux chaussures crottées », chère au pape François. Ses collaborateurs le décrivent comme un travailleur rigoureux, dont la porte reste toujours ouverte. Cette simplicité pourrait être son principal atout pour apaiser les cœurs après le traumatisme causé par la disparition de son prédécesseur, figure intellectuelle et diplomatique majeure du Togo.

 

Les chantiers d’un épiscopat sous pression

Cependant, la tâche qui l’attend est considérable. Mgr Gaglo ne s’installe pas sur un trône de repos, mais sur un siège de responsabilités multiples :

  • L’héritage social : il reprendra le flambeau du dialogue interreligieux et de l’engagement citoyen, des domaines dans lesquels excellait Mgr Barrigah ;
  • La modernisation institutionnelle : l’Église togolaise fait face aux défis de son temps. Ainsi, la gestion de la présence numérique, la transparence financière et la lutte contre les abus au sein de l’institution sont des enjeux incontournables ;
  • La cohésion diocésaine : Lomé est une mosaïque de sensibilités. Le prélat devra fédérer des laïcs de plus en plus exigeants quant à leur rôle dans la cité, tout en soutenant les vocations sacerdotales.

 

Un nouveau souffle pour l’Église togolaise

La cérémonie d’installation, dont la date sera prochainement fixée, promet d’être un grand moment de rassemblement, placé sous le signe de la réconciliation et de l’espoir. Entre les murs de la cathédrale du Sacré-Cœur, autorités civiles, militaires et dignitaires du Saint-Siège entoureront celui qui devra désormais transformer son expérience d’administrateur en un magistère porteur de vision.

Dans un pays où la voix de l’archevêque de Lomé reste l’une des plus écoutées, bien au-delà des cercles catholiques, la mission s’annonce déterminante. Dans un contexte de mutations sociopolitiques complexes, Mgr Gaglo saura-t-il imprimer sa propre marque, sans rester dans l’ombre de ses prédécesseurs ?

Au fond, tout l’enjeu réside là : sa capacité à transformer cette continuité en une véritable « révolution de la proximité » déterminera sans doute le succès de son mandat à la tête de l’Église catholique à Lomé.

Université de Lomé : la médecine traditionnelle au cœur du débat sur la santé publique

                       Le Togo peut-il bâtir un système de soins performant sans ses racines ? La question a électrisé l’auditorium de l’Université de Lomé ce jeudi 9 avril 2026. En marge du colloque international « Genre et développement », une conférence de haut niveau a mis en lumière la médecine traditionnelle comme un pilier stratégique de la santé publique et de l’équité.

 

Le genre, boussole d’une médecine authentique

Sous l’impulsion du Maître de Conférences Koffi Koudouvo, le débat a pris une dimension inédite. Ici, on ne parle pas seulement de plantes, mais de l’influence capitale des femmes et des dynamiques sociales dans la transmission des remèdes.

Le Dr Koudouvo démontre que la valorisation de ces connaissances locales constitue un levier de développement massif, à condition d’inclure une analyse fine des rapports de genre. Cette approche rejoint les recommandations internationales, notamment celles de l’OMS, qui encourage l’intégration des médecines traditionnelles dans les systèmes de santé modernes.

Pour modérer ce dialogue entre tradition et modernité, le professeur Komlan Batawila a orchestré les échanges avec le soutien de Mme Caroline Akatcha. Dans l’assistance, le poids institutionnel de l’événement se fait sentir par la présence de la professeure Akossiwoa Madjé Essi Quashie, secrétaire générale de l’institution, entourée de doyens et d’experts médicaux. La diversité des participants – doyens de faculté, enseignants-chercheurs et spécialistes de la santé – a renforcé aussi la légitimité scientifique et institutionnelle de la rencontre.

 

Colloque scientifique : vers une alliance entre laboratoire et savoirs endogènes

L’enjeu de cette journée dépasse le simple hommage culturel. Les rapporteurs de la séance, les docteurs Efoué Holaly Gbekley et Kodjo Adi, ont constaté une convergence de vues : l’intégration des savoirs traditionnels dans les politiques publiques est une urgence. Cette urgence est d’autant plus palpable que, dans la réalité quotidienne, une majorité de Togolais recourent déjà à la médecine traditionnelle, souvent faute d’accès aux soins modernes.

L’analyse scientifique proposée par le Dr Koudouvo suggère que la médecine de demain au Togo sera hybride. Ainsi, elle doit marier la rigueur de la recherche moderne avec l’efficacité des pratiques ancestrales. Cette approche inclusive permet de mieux structurer l’offre de soins tout en garantissant un système plus accessible aux populations.

Véritable moment fort du colloque, cette conférence s’est distinguée par la richesse de ses échanges et la pertinence des analyses proposées, ouvrant aussi des pistes de réflexion essentielles pour une meilleure structuration du système de santé.

 

Une reconnaissance institutionnelle attendue

Les débats interactifs avec le public ont soulevé des interrogations légitimes sur la certification et la sécurité des remèdes. Pour les enseignants-chercheurs présents, la science doit servir de pont. Cependant , l’objectif final reste la reconnaissance formelle des thérapeutes traditionnels pour qu’ils deviennent des acteurs à part entière du développement durable et de la stabilité sanitaire nationale.

Le rôle des femmes, principales gardiennes de ces savoirs, apparaît ici comme un enjeu central : leur reconnaissance institutionnelle renforcerait à la fois l’équité et la souveraineté sanitaire. Les échanges interactifs ont a permis de croiser les expériences et d’interroger les pratiques, soulignant ainsi la nécessité d’une reconnaissance accrue des savoirs endogènes dans une perspective de développement inclusif et durable.

 

La fin d’un complexe ?

Longtemps conservée dans l’ombre ou perçue comme un recours de second rang, la médecine traditionnelle gagne ses lettres de noblesse dans les amphis de Lomé. Cette volonté de rationaliser les savoirs ancestraux marque une volonté farouche de souveraineté.

Cependant, le Togo saura-t-il transformer ces réflexions académiques en un cadre juridique solide ? Le défi reste de protéger cette propriété intellectuelle endogène face à l’industrie pharmaceutique mondiale tout en assurant la sécurité des patients. La médecine traditionnelle, longtemps reléguée à l’ombre, pourrait demain devenir l’un des piliers de la souveraineté sanitaire du Togo.