Togo : Me Pacôme Yawovi Adjourouvi participe à la 60ᵉ session de l’OHADA

Depuis le 5 février 2026, le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits Humains, Me Pacôme Yawovi Adjourouvi, participe à Ndjamena, au Tchad, à la 60ᵉ session du Conseil des Ministres de l’Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA). En effet, cette rencontre de haut niveau concentre l’attention sur la modernisation du droit des affaires et le renforcement de l’attractivité économique sur le continent.

Ministère de la Justice et des Droits Humains - Togo
© Ministère de la Justice et des Droits Humains - Togo

Une rencontre stratégique pour l’intégration juridique africaine

La session réunit, pendant plusieurs jours, des ministres, des experts et des partenaires internationaux pour débattre des enjeux cruciaux de l’intégration juridique en Afrique. Sécurité juridique, transparence et modernisation du cadre légal figurent parmi les priorités discutées. Pour le ministre, cette participation s’inscrit également dans une dynamique de consolidation des réformes nationales et régionales visant à stimuler les investissements et faciliter le climat des affaires.

« L’Afrique ne peut pleinement exploiter son potentiel économique sans un système juridique clair et harmonisé », a rappelé Me Adjourouvi à ses pairs, soulignant l’importance de l’OHADA dans la création d’un environnement favorable aux entreprises et aux investisseurs.

 

Le Togo à la présidence de l’OHADA

À l’issue de cette 60ᵉ session, le Togo assurera la présidence de l’OHADA pour le prochain mandat. Cette responsabilité majeure confirme le leadership régional du pays et son engagement dans la promotion d’un cadre juridique harmonisé et attractif pour les affaires sur le continent.

D’ailleurs, les observateurs estiment que cette présidence offrira au Togo l’opportunité de porter la voix des États membres, d’impulser des réformes stratégiques et de renforcer la confiance des investisseurs dans l’économie africaine.

Ministère de la Justice et des Droits Humains - Togo
© Ministère de la Justice et des Droits Humains - Togo

Vers une Afrique plus intégrée et compétitive

La session de Ndjamena souligne l’importance de l’OHADA comme outil de stabilité juridique et de compétitivité économique en Afrique. Pour Me Adjourouvi et les ministres présents, il s’agit aussi d’aligner les législations nationales sur des standards régionaux, tout en promouvant un environnement propice à la création d’emplois et à la croissance durable.

En somme, dans un contexte continental où la concurrence pour attirer les capitaux est de plus en plus forte, la présidence togolaise de l’OHADA apparaît comme une plateforme stratégique pour renforcer la coopération juridique et économique entre les États africains.

Togo : Décès du pasteur Luc Russel Adjaho de l’église Zion-To

Le fondateur de l’Église Zion-To et figure respectée du monde juridique togolais s’est éteint le 5 février 2026 à Lomé. Entre évangélisation télévisuelle et rigueur procédurale, le Dr Luc Russel Adjaho laisse derrière lui un héritage aussi singulier que durable.

 

La nouvelle a d’abord circulé sur les réseaux sociaux, avant d’être confirmée par ses proches. Le pasteur Luc Russel Adjaho, leader spirituel de l’Église Zion-To, s’est éteint ce jeudi 5 février 2026 des suites d’une maladie. Ironie du destin : en avril 2025, il avait dû monter au créneau pour démentir une rumeur prématurée annonçant son décès. Cette fois, le « baobab » de la foi togolaise s’est bel et bien couché.

 

L’homme aux deux robes

Luc Russel Adjaho n’était pas seulement une voix derrière un pupitre de prédication. Pour de nombreux Togolais, il incarnait une rare dualité : celle de la robe pastorale et celle d’huissier de justice. Professionnel respecté du monde juridique, il traitait également ses dossiers avec la même rigueur que celle qu’il appliquait à l’encadrement spirituel de ses fidèles.

Aujourd’hui, sa famille et sa communauté religieuse saluent un homme qui a « consacré une grande partie de sa vie au service de Dieu et de son prochain ». Un parcours marqué par une volonté assumée de concilier les exigences du droit temporel et les aspirations du monde spirituel.

 

Un pionnier du paysage médiatique chrétien

Au-delà des temples et des cultes hebdomadaires, c’est sur le petit écran que le Dr Adjaho a durablement inscrit son nom. Fondateur de Zion TV, la chaîne de télévision de son église, il a aussi contribué à moderniser la communication religieuse au Togo. Ses enseignements, suivis par des milliers de téléspectateurs, mêlaient pédagogie, proximité et sens du verbe.

Il n’était pas rare de le voir commenter avec malice des scènes de films nigérians lors de ses émissions, utilisant ainsi la culture populaire comme levier d’évangélisation. Une approche singulière, parfois déconcertante, mais qui lui avait permis de toucher un public bien au-delà de sa paroisse d’origine.

 

Un vide immense

L’annonce de sa disparition a provoqué une vive émotion à Lomé et dans plusieurs régions du pays. Dans les milieux juridiques, on se souvient d’un confrère intègre ; dans les cercles religieux, d’un guide charismatique. Pour l’Église Zion-To, l’enjeu sera désormais de préserver et de faire vivre cet héritage à la fois médiatique et spirituel.

Alors que les hommages affluent, le Togo dit adieu à une figure éminente qui aura marqué son époque par son refus constant de cloisonner la foi et la vie publique.

Togo : Hommage à Gnassingbé Eyadéma à Togoville

Le 4 février, à la veille de l’anniversaire officiel de la disparition du « Père de la Nation », la cité historique de Togoville s’est recueillie. Entre ferveur religieuse et discours politiques, la commune de Vo 2 a réaffirmé son attachement aux valeurs de stabilité portées par le défunt général.

 

Ce n’est pas n’importe quel lieu que la commune de Vo 2 a choisi pour honorer la mémoire du Général Gnassingbé Eyadéma. À Togoville, là où l’histoire du pays s’est en partie scellée, l’émotion était palpable le mercredi 4 février. En effet, sous un soleil de plomb mais dans une atmosphère de solennité, les autorités locales, les dignitaires religieux et une foule nombreuse se sont rassemblés pour un hommage mémoriel au président disparu il y a 21 ans.

Commune Vo 2
© Commune Vo 2

Un sanctuaire de l’unité nationale

Pour le maire de la commune, Dominique Godfroy Tomegah, cette cérémonie de prière dépassait le simple cadre du rite funéraire. Dans son allocution d’ouverture, l’édile a insisté sur la nécessité de préserver « l’héritage de stabilité et de cohésion nationale » légué par l’ancien chef de l’État.

Alors que le Togo traverse une phase de consolidation de ses institutions, le rappel à la figure du « Père de la Nation » sert de boussole. Pour les autorités de la Vo 2, invoquer la mémoire d’Eyadéma, c’est avant tout appeler à la résilience et à la paix sociale dans une sous-région en proie à l’instabilité.

« Nous devons faire de cet héritage le soubassement de notre unité », a martelé le maire devant un parterre de chefs traditionnels.

Commune Vo 2
© Commune Vo 2

La voix des ancêtres et des Églises

Par ailleurs, le Chef canton de Togoville, garant des traditions, a ouvert les échanges en saluant une initiative qui renforce le lien entre le passé et le présent. La cérémonie a culminé avec une prière collective œcuménique. Ainsi, Chefs traditionnels, dignitaires religieux et populations ont élevé des voix concordantes pour demander le repos éternel du Général Gnassingbé Eyadéma, la prospérité économique de la région de Vo et la continuité de l’unité nationale sous l’égide de l’actuel chef de l’État, Faure Essozimna Gnassingbé. Cette prière collective a symbolisé l’harmonie entre traditions et modernité, et la volonté de faire perdurer les valeurs fondatrices de la nation.

 

Un ancrage local pour une portée nationale

Si les grandes commémorations se tiennent traditionnellement à Lomé ou à Kara, la mobilisation de Togoville démontre la volonté de la base militante et administrative de s’approprier le récit national. Pour les observateurs de la vie politique togolaise, cette ferveur en zone rurale témoigne aussi de la persistance du mythe Eyadéma, utilisé comme un puissant levier de mobilisation citoyenne et de civisme.

À l’issue de la cérémonie, les participants se sont séparés dans un climat de paix, affirmant que l’ombre du « Baobab » continue de protéger les valeurs fondatrices de la République.

Togo : « À l’ombre du Baobab », le livre qui sacralise l’héritage d’Eyadéma

À la veille du 21ᵉ anniversaire de la disparition de Gnassingbé Eyadéma, une œuvre mémorielle signée par l’ancien ministre Henri Koudjolou Dogo a été présentée à Kara. Un événement présidé par Faure Essozimna Gnassingbé, marquant une volonté affirmée de sacraliser l’héritage du « Père de la Nation ».

 

Le timing n’est pas le fruit du hasard. À quelques heures des commémorations officielles marquant le 21ᵉ anniversaire du rappel à Dieu du général Gnassingbé Eyadéma, Lomé et Kara se tournent vers le passé pour mieux baliser l’avenir. En effet, le 4 février, le président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a assisté à la dédicace solennelle de l’ouvrage « À l’ombre du Baobab », publié aux éditions Graines de Pensée.

Présidence du Conseil du Togo
© Présidence du Conseil du Togo

Un acte de « mémoire active »

Pour le pouvoir togolais, cet ouvrage ne relève pas de la simple bibliographie historique. C’est un instrument politique. En outre, le colonel Hodalo Awate, ministre de l’Administration territoriale et chef d’orchestre des hommages, l’a martelé lors de son discours : la mémoire est un « outil stratégique ».

« Dans un monde marqué par des ruptures et des recompositions géopolitiques majeures, la mémoire n’est pas un refuge nostalgique, elle est un outil d’orientation de l’avenir », a-t-il déclaré.

L’auteur, Henri Koudjolou Dogo, n’est pas un inconnu. Doyen des sénateurs et ancien ministre, il fut aussi l’un des collaborateurs proches du défunt président. Par ailleurs, son récit se veut un témoignage de première main sur la construction de l’État postcolonial togolais, structuré autour de chapitres aux titres évocateurs : « Ici a commencé l’histoire », « Eyadéma au pouvoir » ou encore « L’aigle s’en est allé ».

Présidence du Conseil du Togo
© Présidence du Conseil du Togo

Le Baobab : symbole de stabilité

Le titre de l’œuvre, « À l’ombre du Baobab », s’appuie sur une symbolique forte dans l’imaginaire collectif ouest-africain. En plus, en choisissant cet arbre emblématique, l’auteur dessine le portrait d’un dirigeant garant de la cohésion sociale et de la protection civilisationnelle.

L’ouvrage retrace aussi les grandes étapes d’une époque présentée comme celle de la stabilité et de la construction nationale. Pour le gouvernement, il s’agit de transmettre aux jeunes générations — massivement représentées lors de la cérémonie par des étudiants de l’Université de Kara et des élèves des écoles militaires — les valeurs de :

  • Patriotisme et civisme ;
  • Panafricanisme ;
  • Recherche de l’excellence dans le service de l’État.

Présidence du Conseil du Togo
© Présidence du Conseil du Togo

Un outil de transmission politique

Au-delà de l’hommage, le livre se veut un support de réflexion scientifique sur la trajectoire du Togo. En remettant officiellement des exemplaires à la jeunesse, le régime réaffirme ainsi sa filiation avec la politique éducative et culturelle du Général Eyadéma.

En somme, Henri Koudjolou Dogo a conclu la cérémonie en exprimant sa gratitude envers Faure Essozimna Gnassingbé, dont la présence a conféré à cet événement une « haute portée symbolique ». Alors que le Togo poursuit ses mutations institutionnelles, l’ombre du « Vieux » continue de planer, plus que jamais érigée en boussole pour la nation.

Éperviers du Togo : et si Hubert Velud revenait aux commandes ?

Privés de sélectionneur depuis le départ de Nibombé Daré, les Éperviers du Togo sont à nouveau à la croisée des chemins. À Lomé, la Fédération togolaise de football (FTF) active ses réseaux et explore plusieurs profils pour relancer une sélection en quête de stabilité et de résultats. Parmi les noms qui circulent avec insistance, un revient comme un écho du passé : celui d’Hubert Velud.

Quinze ans après une aventure brutalement interrompue, le technicien français pourrait-il reprendre place sur le banc togolais ? L’hypothèse, encore officieuse, gagne du terrain à mesure que s’approchent les échéances continentales, notamment les éliminatoires de la CAN 2027.

 

Un passé marqué par le drame de Cabinda

Hubert Velud n’est pas un inconnu au Togo. Nommé sélectionneur en 2009, il avait conduit les Éperviers à la CAN 2010 en Angola, avant que l’histoire ne bascule tragiquement. L’attaque armée contre le bus de la sélection togolaise à Cabinda, ayant coûté la vie à plusieurs membres de la délégation, avait provoqué le retrait du Togo de la compétition et mis un terme brutal à sa mission.

Depuis, le football togolais n’a jamais totalement refermé cette parenthèse. Le nom de Velud reste associé à une période interrompue, jamais réellement achevée sur le plan sportif. Pour certains observateurs, un éventuel retour aurait valeur de réparation symbolique, autant que de choix technique.

 

Un technicien aguerri du football africain

À 65 ans, Hubert Velud présente un profil rassurant pour une sélection en reconstruction. Passé par l’US Orléans, le CS Sfaxien, le Stade malien, la JS Kabylie, le Burkina Faso ou encore le Togo, le technicien français connaît en effet les réalités du football africain, ses contraintes logistiques comme ses exigences tactiques.

Son passage remarqué à la tête des Étalons du Burkina Faso (2019-2021), qu’il avait conduits à une demi-finale de CAN 2021 avant de quitter son poste pour raisons personnelles, renforce aussi sa crédibilité. Velud est perçu comme un entraîneur méthodique, pragmatique, capable de structurer un groupe sans céder aux pressions extra-sportives.

Un profil qui tranche avec les paris risqués souvent tentés par les fédérations africaines, entre entraîneurs locaux sous-exposés et techniciens étrangers sans connaissance du terrain.

 

Une sélection en quête de cap

Le départ de Nibombé Daré a laissé les Éperviers dans une zone d’incertitude. Si le Togo dispose d’un vivier intéressant — entre joueurs locaux et expatriés —, l’équipe peine à se doter d’un projet de jeu lisible et d’une continuité dans les résultats.

À l’approche des éliminatoires de la CAN 2027, le temps presse. La FTF doit trancher entre un choix de rupture ou un pari sur l’expérience. Dans ce contexte, Hubert Velud apparaît comme une option de transition solide, capable de remettre de l’ordre sans bouleverser l’écosystème existant.

 

Le retour du passé, ou un pari d’avenir ?

Rien n’est encore acté. D’autres pistes seraient également à l’étude, et la FTF se garde de tout commentaire officiel. Mais à Lomé comme dans les cercles du football africain, la simple évocation d’un retour de Velud réactive une question plus large : faut-il tourner définitivement la page de 2010, ou accepter d’en écrire enfin la suite ?

Si l’histoire devait reprendre là où elle s’était arrêtée, elle le ferait dans un contexte radicalement différent. Reste à savoir si la mémoire du passé peut devenir un levier pour l’avenir, ou si elle continuera de peser comme une ombre sur les ambitions des Éperviers.

Grands Lacs : Faure Gnassingbé plaide pour la paix en RDC à Kampala

En déplacement à Kampala, le président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a pris part à de nouvelles concertations diplomatiques consacrées à la stabilisation de la région des Grands Lacs, sous l’égide de l’Union africaine. Reçu par son homologue ougandais Yoweri Museveni, il a salué « la qualité et la franchise des échanges », menés en présence des facilitateurs régionaux et de plusieurs partenaires internationaux.

Au cœur des discussions figurait la recherche d’une cohérence accrue entre les différentes initiatives de paix engagées dans l’Est de la République démocratique du Congo, une zone en proie à des violences persistantes impliquant groupes armés locaux et acteurs régionaux. Selon Faure Gnassingbé, les échanges ont porté sur la consolidation d’un processus de paix durable, fondé sur le dialogue politique, la confiance mutuelle entre États et une meilleure coordination diplomatique.

Cette rencontre s’inscrit dans le prolongement des recommandations issues du sommet de Lomé, qui avait insisté sur la nécessité d’une approche régionale intégrée pour faire face aux défis sécuritaires dans les Grands Lacs. Lomé plaide notamment pour un renforcement du rôle des mécanismes africains de médiation, en complément des efforts des organisations régionales et des partenaires internationaux.

Acteur discret mais actif sur les dossiers de médiation continentale, Faure Gnassingbé entend, à travers ces concertations, contribuer à rapprocher les positions des différents protagonistes et à soutenir une dynamique de paix « africaine », portée par les États de la région eux-mêmes.

Alors que les initiatives diplomatiques se multiplient, la question demeure centrale : comment traduire ces engagements politiques en avancées concrètes sur le terrain, dans une région où les cessez-le-feu restent fragiles et la situation humanitaire préoccupante.

Togo : Dette publique et gouvernance

Alors que la dette publique togolaise continue de susciter des interrogations, certaines voix critiques pointent les failles structurelles de la gouvernance économique du pays. Dans une récente tribune, l’analyste politique Raoul K. Dagba, président de l’Observatoire panafricain pour la démocratie et le développement, dresse un constat sévère sur la gestion des ressources publiques et le fonctionnement des institutions économiques stratégiques.

Selon les dernières estimations disponibles, la dette publique totale du Togo s’élèverait à plus de 4 200 milliards de FCFA. Un niveau jugé préoccupant par plusieurs observateurs, d’autant plus que le pays dispose d’infrastructures génératrices de revenus importantes, au premier rang desquelles le Port autonome de Lomé (PAL) et la Société Nouvelle des Phosphates du Togo (SNPT).

 

Le paradoxe du Port de Lomé

Pilier du commerce régional, le Port autonome de Lomé concentre à lui seul près de 80 % des recettes douanières du pays. En 2025, l’Office togolais des recettes (OTR) aurait collecté environ 737 milliards de FCFA sur les huit premiers mois de l’année, soit une moyenne estimée à près de 3 milliards de FCFA par jour aux frontières maritimes.

Pourtant, le bénéfice net annuel officiellement déclaré par le PAL avoisine 1,5 milliard de FCFA. Un chiffre qui interpelle. « Il est essentiel de distinguer les recettes douanières perçues par l’État du résultat net de l’entreprise portuaire », nuance toutefois un expert en finances publiques. Les responsables du port mettent en avant des charges d’exploitation élevées, des investissements lourds de modernisation et des coûts salariaux importants pour expliquer cette faible marge bénéficiaire.

 

Entreprises publiques : faible retour pour le budget national

La situation de la SNPT, exploitante des phosphates, alimente également le débat. Son bénéfice net annuel oscille, selon les années et les cours mondiaux, entre 2 et 4 milliards de FCFA. Pour Raoul K. Dagba, le problème réside moins dans la rentabilité brute que dans l’absence ou la faiblesse des dividendes reversés au budget de l’État.

Ce manque à gagner contraint, selon lui, les autorités à recourir davantage à l’endettement extérieur pour financer les investissements publics. Une analyse partagée par certains économistes, qui estiment que la réforme de la gouvernance des entreprises publiques demeure un chantier inachevé.

 

Corruption et impunité : un diagnostic récurrent

Au-delà des chiffres, la tribune de l’analyste politique met en cause un système qu’il juge marqué par l’opacité, le clientélisme et l’impunité. Il évoque notamment l’accès aux marchés publics, souvent dénoncé pour ses pratiques de surfacturation et de rétro-commissions, qui alourdissent le coût réel des projets financés par la dette.

Les institutions de contrôle existent — Cour des comptes, Haute Autorité de prévention et de lutte contre la corruption (HAPLUCIA) — mais leur efficacité reste régulièrement questionnée. Plusieurs rapports d’audit, dont celui sur la gestion du fonds Covid-19, ont révélé des irrégularités sans déboucher, jusqu’ici, sur des poursuites judiciaires significatives.

 

Des élites technocratiques face à leurs responsabilités

Selon Raoul K. Dagba, un paradoxe persiste au sommet de l’État togolais : malgré une concentration inédite d’experts aux postes clés, les indicateurs de gouvernance peinent à s’améliorer. À la Présidence, Ablamba Johnson, docteure en sciences économiques, spécialiste des politiques de développement, gouverneure du Togo auprès de la Banque mondiale et actuelle secrétaire générale de la Présidence coordonne les réformes et les relations avec les institutions internationales, tandis que Chantal Yawa Tségan juriste fiscaliste pilote la mobilisation des recettes via l’OTR.

Dès lors, une interrogation persiste dans le débat public : comment expliquer que, malgré cette concentration d’expertise au sommet de l’État, la dette publique continue de progresser à un rythme soutenu, tandis que les soupçons de mauvaise gestion, de faibles retombées des entreprises publiques et de corruption structurelle demeurent récurrents dans l’administration ?

Pour de nombreux analystes, ce décalage suggère que le problème n’est pas une question de compétences, mais résulte d’arbitrages politiques opaques et d’un système de décision trop centralisé qui limite la redevabilité de l’administration.

Une gouvernance très centralisée

Autre point soulevé : la centralisation de la gestion des secteurs stratégiques — phosphates, énergie, grands marchés publics — au sommet de l’exécutif. Cette concentration du pouvoir décisionnel limite, selon les critiques, le contrôle parlementaire et la transparence budgétaire, favorisant des mécanismes opaques difficilement traçables.

Dans ce contexte, la corruption ne serait pas seulement le fait d’individus, mais le produit d’un système institutionnel fragile, combiné à des facteurs socio-économiques tels que la faiblesse des revenus dans l’administration publique.

 

Un débat qui reste ouvert

Les autorités togolaises, de leur côté, mettent en avant les réformes engagées pour améliorer le climat des affaires, renforcer la mobilisation des recettes internes et moderniser les entreprises publiques. Elles rappellent également que l’endettement a permis de financer des infrastructures structurantes dans les domaines des transports, de l’énergie et de la santé.

Reste que la question de l’efficacité de la dépense publique et du partage des fruits de la croissance demeure centrale. Entre discours officiels et critiques de la société civile, le débat sur la gouvernance économique du Togo s’impose plus que jamais comme un enjeu politique majeur.

Togo : Le Golfe 3 renforce son dialogue avec les acteurs locaux

Construire la ville de demain avec ceux qui la font vivre au quotidien : c’est le pari de l’exécutif communal du Golfe 3. Du 27 au 30 janvier 2026, le maire Essohanim Gnassingbé et son équipe ont réalisé une importante série de consultations avec les acteurs stratégiques du territoire. Une démarche d’écoute qui dessine les futures priorités de cette zone clé de la capitale togolaise.

 

Dans la salle de délibération de la mairie comme au centre communautaire de Tokoin, l’heure était au dialogue. En effet, cette deuxième phase de rencontres a permis d’aller au-delà des simples formalités administratives pour toucher le cœur du tissu social et économique. En réunissant des profils aussi variés que des parlementaires, des artistes ou des agents de salubrité, la municipalité affirme sa volonté de ne laisser personne au bord du chemin.

Commune du Golfe3
© Commune du Golfe3

Un large spectre d’acteurs pour un diagnostic partagé

Parmi les figures marquantes de ces échanges, la sénatrice Molgah Françoise Abougnima Kadjaka a apporté son expertise de « personne ressource ». Mais l’exécutif ne s’est pas arrêté aux cercles institutionnels. Artisans, artistes, groupes folkloriques et dirigeants de clubs de football ont tour à tour pris la parole pour exposer les réalités de leurs secteurs respectifs.

Le monde éducatif a également occupé une place centrale. Enseignants, directeurs d’écoles et parents d’élèves ont planché sur les défis de la formation, tandis que le comité de lutte contre la drogue alertait sur la protection de la jeunesse. Les autorités communales ont rendu un hommage particulier aux femmes balayeuses, dont le travail acharné garantit la salubrité et l’assainissement de la commune, deux piliers indispensables à la santé publique

Commune du Golfe3
© Commune du Golfe3

De la concertation aux propositions concrètes

Ces séances ne se sont pas limitées à une liste de doléances. Dans cette dynamique, les participants ont saisi cette tribune pour formuler des recommandations pragmatiques. Les débats ont ainsi balayé des thématiques cruciales :

  • Emploi : valorisation des métiers de l’artisanat et insertion des jeunes.
    Culture et sport : promotion des talents locaux et des infrastructures de proximité.
    Sécurité sociale : renforcement de la prévention contre les stupéfiants.
    Cadre de vie : amélioration de la gestion des déchets et de la cohésion sociale.

D’ailleurs, cette approche permet de transformer les usagers en véritables co-auteurs des politiques locales. Pour les habitants, c’est l’assurance que les réalités du terrain remonteront directement jusqu’au bureau du maire.

Commune du Golfe3
© Commune du Golfe3

Vers une gouvernance locale plus inclusive

Finalement, pour le maire Essohanim Gnassingbé, l’objectif est de bâtir une mandature fondée sur le développement participatif. En intégrant les enseignements de ces quatre jours de dialogue dans les projets à venir, la commune du Golfe 3 espère servir de modèle de gouvernance inclusive au Togo.

À travers cette méthode, l’exécutif réaffirme que la réussite des politiques publiques dépend de la contribution active des citoyens. Les décisions qui seront prises dans les mois à venir porteront ainsi l’empreinte de ce dialogue direct, visant un développement durable et harmonieux de la commune.

Togo-Bénin : Réhabilitation de la centrale hydroélectrique de Nangbéto

C’est un poumon énergétique essentiel pour le Togo et le Bénin qui redémarre à plein régime. Après plusieurs années de travaux intensifs, la centrale hydroélectrique de Nangbéto a été officiellement remise en service. Cette modernisation d’envergure, financée par l’Allemagne, garantit désormais trente années supplémentaires de production électrique pour les deux voisins ouest-africains.

 

Inauguré en 1988 sur le fleuve Mono, l’ouvrage commençait à accuser le poids des années. Après quatre décennies d’exploitation continue, l’usure des machines et le besoin de nouvelles technologies rendaient une réhabilitation complète inévitable. C’est désormais chose faite grâce à un chantier colossal entamé en 2019.

 

Un investissement stratégique pour la stabilité régionale

Le coût de cette métamorphose s’élève à environ 39 millions d’euros, financés par un don de la Banque allemande de développement (KfW) pour le compte de Berlin. Le volet technique a été confié au groupe allemand Voith Hydro, un leader mondial du secteur, pour un montant de 33,5 millions d’euros.

Cette intervention n’est pas un simple entretien de routine. Elle porte sur la conception, la fourniture et l’installation d’équipements neufs, incluant aussi les groupes de production, les transformateurs et les systèmes de contrôle-commande. Grâce à ces dispositifs de sécurité et de protection haute tension de dernière génération, la centrale de 65 mégawatts (MW) voit sa performance et sa résilience nettement améliorées.

 

Trente ans de production garantie

Pour les populations et les entreprises du Togo et du Bénin, les bénéfices sont concrets. Selon le ministère togolais de l’Énergie, cette modernisation prolonge la durée de vie du barrage d’environ 30 ans. Elle vise à absorber la croissance de la demande énergétique tout en sécurisant la production, afin de limiter les arrêts non planifiés et les épisodes de délestage.

Le barrage de Nangbéto joue un rôle crucial dans la coopération binationale. Érigé sur le fleuve Mono, qui sert de frontière naturelle entre les deux pays, il demeure un symbole de l’intégration régionale.

 

Un partenariat historique renouvelé

Cette réhabilitation marque également le renforcement des liens entre l’Allemagne et les États du golfe de Guinée. Comme l’a rappelé l’ambassade d’Allemagne au Togo, la coopération germanique était déjà à l’origine de la construction du barrage dans les années 1980.

Quarante ans plus tard, l’expertise allemande revient au chevet de cet ouvrage emblématique de la région des Plateaux. En sécurisant l’approvisionnement électrique, ce projet s’inscrit comme un pilier du développement économique durable pour Lomé et Cotonou.

Togo : Innovation et projet CHAIN ​​à l’Université de Lomé

Au Togo, l’enseignement supérieur agricole franchit une nouvelle étape vers la modernisation. En effet, ce mardi 3 février 2026, l’auditorium de l’Université de Lomé a accueilli la cérémonie d’ouverture de la conférence nationale du projet CHAIN. Une initiative qui met sur la coopération internationale pour transformer durablement le secteur agricole togolais.

 

C’est une mobilisation de haut niveau qui a marqué le lancement de ces travaux à Lomé. Autour de la table, les deux grandes institutions universitaires du pays étaient représentés : le Professeur Komlan Batawila, premier vice-président de l’Université de Lomé (UL), et Monsieur Egbaou Assote, secrétaire général de l’Université de Kara. Aux côtés du Dr Ama Gameti, directrice de cabinet du ministère de l’Enseignement supérieur, des enseignants-chercheurs et des étudiants ont affiché leur volonté de repenser les modèles de formation.

Université de Lomé
© Université de Lomé

Un pont entre l’Afrique et l’Europe pour l’innovation

Le projet au centre des discussions porte un nom ambitieux : CHAIN ​​(Coopération pour des nids d’innovation agricole holistique en Afrique subsaharienne). Coordonné par le Professeur Agnassin Banito, ce programme vise aussi à briser l’isolement académique en créant des nids d’innovation agricole.

Le concept repose sur une synergie entre les universités européennes et africaines, tout en intégrant directement les acteurs du terrain. Depuis son lancement au Togo en 2023, CHAIN ​​s’efforce de connecter la recherche universitaire aux besoins concrets du secteur agricole, pilier de l’économie nationale.

Université de Lomé
© Université de Lomé

Vers une spécialisation dans la transformation des produits

Par ailleurs, l’un des acquis majeurs du projet, mis en œuvre par les universités de Lomé et de Kara, est le renforcement des capacités techniques. Mais la conférence de ce mardi a surtout mis en lumière une avancée concrète : le soutien à la création d’un Master spécialisé en Conservation et Transformation des produits agricoles.

L’enjeu est de taille pour le pays. En effet, en formant des experts capables de valoriser les produits locaux sur place, le Togo entend réduire les pertes après récolte et promouvoir un développement durable. Cette modernisation de l’enseignement agricole s’inscrit ainsi comme une réponse directe aux défis de la souveraineté alimentaire et de l’industrialisation rurale.