Togo-Israël : Mission médicale de l’hôpital Sheba à Kpalimé

KPALIMÉ (Togo), 2 février 2026 (JDN) – Le Togo accueille, du 1ᵉʳ au 10 février, une mission médicale foraine internationale d’excellence. Organisée sous le haut patronage du président Faure Gnassingbé, cette initiative mobilise des spécialistes israéliens de l’hôpital Sheba, l’un des centres hospitaliers les plus prestigieux au monde, pour des interventions chirurgicales gratuites dans la région des Plateaux.

Cette opération, qui se déroule au Centre hospitalier préfectoral (CHP) de Kpalimé (environ 120 km au nord-ouest de Lomé), marque une nouvelle étape dans la « diplomatie sanitaire » entre Lomé et Tel-Aviv. Des équipes mixtes, composées de chirurgiens de l’hôpital Sheba de Tel-Aviv et de la Direction centrale des services de santé des armées (DCSSA) du Togo, collaborent étroitement sur le terrain.

Hôpital Sheba
© Hôpital Sheba

Soins de pointe pour les populations rurales

La mission cible des pathologies courantes mais souvent invalidantes pour les populations rurales, faute d’accès à la chirurgie spécialisée. « Plus d’une centaine de patients, venus de la préfecture de Kloto et des localités environnantes, sont pris en charge pour des hernies, des lipomes et des kystes synoviaux », indique une source officielle.

Pour le gouvernement togolais, cette mission illustre aussi la volonté de réduire les inégalités d’accès aux soins de santé, tout en permettant un transfert de compétences entre les experts israéliens et les praticiens militaires togolais.

Hôpital Sheba
© Hôpital Sheba

Un levier diplomatique

Au-delà de l’aspect humanitaire, cette coopération s’inscrit dans la stratégie de « diplomatie utile » prônée par le chef de l’État togolais. En sollicitant l’expertise de l’hôpital Sheba — régulièrement classé parmi les dix meilleurs établissements de santé mondiaux par le magazine Newsweek —, le Togo renforce aussi ses liens bilatéraux avec Israël à travers un partenariat axé sur l’impact social.

Ainsi, cette mission foraine devrait s’achever le 10 février, après avoir traité l’intégralité des patients présélectionnés lors des phases de dépistage.

Togo : Incendie au marché de Hédzranawoé à Lomé

C’est un nouveau coup dur pour le secteur informel togolais. En effet, dimanche soir, un violent incendie a ravagé une partie du marché de Hédzranawoé, l’un des poumons commerciaux de la capitale. Si aucune victime n’est à déplorer, les dégâts matériels sont considérables, plongeant des dizaines de familles de commerçants dans le désarroi.

 

La nuit était déjà tombée sur Lomé lorsque l’alerte a été donnée. Vers 21 h 30, ce dimanche 1ᵉʳ février, des flammes impressionnantes ont commencé à dévorer les étals du marché de Hédzranawoé, situé dans la commune du Golfe 2. Très vite, un vent de panique a soufflé sur le quartier, alors que les premières images de brasier circulaient sur les réseaux sociaux.

Le feu s’est déclaré dans une zone particulièrement vulnérable, composée d’installations légères et de structures en bois. Selon les premiers témoignages, c’est le secteur de la volaille qui a été le plus durement frappé. Les flammes ont réduit en cendres des étalages entiers avant même que les propriétaires ne puissent tenter de sauver leurs marchandises.

 

Une catastrophe de plus grande ampleur évitée

Fort heureusement, l’intervention rapide des sapeurs-pompiers a été décisive. En arrivant sur les lieux quelques minutes après l’alerte, les soldats du feu ont réussi à circonscrire l’incendie, empêchant ainsi sa propagation vers les zones de stockage plus denses du marché. Ce déploiement a permis d’éviter que le sinistre ne se transforme en une catastrophe majeure, comme la capitale en a parfois connu par le passé.

Par ailleurs, la police nationale a établi un périmètre de sécurité pour permettre aux secours de travailler et pour éviter d’éventuels pillages dans la confusion.

 

L’angoisse du lendemain pour les commerçants

Au lendemain du drame, l’heure est au constat des pertes et à l’amertume. Pour de nombreux commerçants, c’est une vie de labeur qui est partie en fumée en quelques minutes. Faute d’assurances pour la plupart, ils font désormais face à une incertitude financière totale. « Tout mon stock est perdu », confie une vendeuse sur place, le regard fixé sur les décombres calcinés.

Dans le même temps, les autorités ont ouvert une enquête pour déterminer les causes exactes du sinistre. Court-circuit électrique, négligence ou acte malveillant ? Pour l’heure, aucune piste n’est officiellement privilégiée. Mais au-delà de l’origine du feu, cet incendie relance une nouvelle fois le débat sur la sécurisation et la modernisation des infrastructures marchandes dans la sous-région.

Modernisation de la police : nouveaux équipements

Le ministre de la Sécurité a remis, le 31 janvier, d’importants moyens logistiques à la direction de la police. Entre résultats sportifs et rénovations immobilières, l’institution cherche à afficher un nouveau visage, plus mobile et plus professionnel.

 

C’est une séquence soigneusement orchestrée qu’a vécue la Direction générale de la police nationale (DGPN) togolaise, samedi 31 janvier 2026. Dans l’enceinte de l’institution, le colonel Calixte Batossie Madjoulba, ministre de la Sécurité, a présidé une cérémonie aux allures de bilan d’étape, entouré du haut commandement policier et de figures de la société civile. L’enjeu dépassait le simple protocole : il s’agissait de mettre en scène la modernisation d’une police confrontée à des défis sécuritaires croissants.

Police Nationale Togo
© Police Nationale Togo

La mobilité, nerf de la guerre sécuritaire

Le point d’orgue de cette rencontre fut l’alignement, sur le bitume impeccable de la direction, de quatorze véhicules pick-up neufs. En effet, ces moyens de transport, remis obligatoirement au commissaire divisionnaire Akatao Babarime, directeur général de la police, ne sont pas qu’un simple renouvellement de parc. Ils représentent, pour les autorités, le levier indispensable d’une « réactivité » accumulée sur le terrain.

Dans un pays où la sécurité urbaine et la surveillance du territoire sont des priorités de l’exécutif, cette dotation vise aussi à réduire les temps d’intervention et à marquer une présence plus visible de l’État.

Police Nationale Togo
© Police Nationale Togo

Sport et discipline : le « soft power » policier

Plus inhabituel pour une cérémonie sécuritaire, l’Association sportive de la police togolaise (ASPOTO) a présenté une moisson de sept trophées glanés au cours de l’année 2025. Par ailleurs, cette exposition sportive n’est pas anecdotique : pour la hiérarchie, l’excellence sur les terrains de sport est le reflet de la discipline et de la rigueur attendues sous l’uniforme. Le ministre a également vu dans ces succès un symbole de « performance » et de « cohésion », des valeurs que le gouvernement tente d’infuser au sein des forces de l’ordre pour améliorer leur image auprès de la population.

Police Nationale Togo
© Police Nationale Togo

Le défi de la gestion des biens publics

Après une visite des infrastructures récemment rénovées au sein de la DGPN, le colonel Madjoulba a tenu à rappeler une exigence de rigueur. Si l’État investit dans le cadre de travail et les équipements, il attend en retour une « gestion responsable » des deniers publics.

« Il est nécessaire de maintenir une police nationale moderne, efficace et proche des citoyens », a martelé l’autorité. Un discours qui fait écho à la vision du chef de l’État de transformer les forces de sécurité en une institution non plus seulement répressive, mais « professionnelle et compétitive » dans un environnement régional instable.

Cette journée, qui mêlait équipements rutilants et palmarès sportifs, marque une volonté de projection vers une police plus agile, tout en rappelant que la pérennité de ces réformes dépendra de la maintenance des acquis et de l’intégrité de ses agents.

Université de Lomé : une séminaire majeure pour moderniser son administration

Le temple du savoir togolais a lancé, lundi 2 février, un vaste cycle de séminaire . Entre gestion du stress et communication non violente, l’objectif est de moderniser l’administration universitaire pour faire face aux nouveaux enjeux du secteur.

 

C’est dans l’acoustique solennelle de l’auditorium de l’Université de Lomé (UL) que s’est ouverte, ce lundi, une initiative d’envergure pour la première institution d’enseignement supérieur du Togo. En effet, sous l’égide de la Direction des ressources humaines et avec le concours du Fonds national d’apprentissage, de formation et de perfectionnement professionnel (FNAFPP), l’université entame un séminaire de formation de quinze jours destiné à ses cadres et agents.

Derrière l’aspect protocolaire de la cérémonie d’ouverture, présidée par le secrétaire général de l’UL — représentant du président de l’institution —, se dessine aussi une volonté de réforme structurelle. Dans un contexte de massification des effectifs étudiants et de pression croissante sur les infrastructures, l’administration universitaire cherche à muter.

Université de Lomé
© Université de Lomé

L’humain au centre de la machine administrative

Le programme, qui s’étirera jusqu’au 17 février dans l’enceinte du bloc pédagogique 2, retarde les questions purement académiques pour se concentrer sur les « soft skills » (compétences douces). Management des ressources humaines, leadership, mais aussi — plus significatif encore — gestion du stress et sécurité au travail.

« L’objectif est de favoriser un environnement de travail sain et productif », souligne l’administration. En intégrant des modules sur la communication non violente et la négociation collective, l’Université de Lomé semble vouloir anticiper les tensions sociales inhérentes aux grands campus ouest-africains. Il s’agit aussi de substituer à l’autorité verticale un « leadership apaisé », plus apte à gérer les conflits internes.

Université de Lomé
© Université de Lomé

Un laboratoire de la fonction publique togolaise

Cette séance, rythmée par des mises en situation et des études de cas, dépasse le cadre d’une simple remise à niveau technique. Elle illustre également une tendance de fond dans la haute administration togolaise : la professionnalisation des ressources humaines pour garantir une continuité du service public.

En investissant dans la santé mentale et le bien-être de ses agents, l’UL fait le pari que l’efficacité pédagogique de ses facultés dépend, en amont, de la solidité et de la cohésion de son appareil administratif. Ainsi, les résultats de cette immersion managériale seront scrutés de près lors de la clôture des travaux, prévue le 17 février, date à laquelle l’institution espère avoir jeté les bases d’une gouvernance plus horizontale et résiliente.

Pour l’Université de Lomé, ce séminaire constitue une étape importante dans la consolidation de la cohésion interne et le renforcement de l’efficacité du personnel, dans un contexte marqué par des exigences croissantes en matière de performance et de gouvernance universitaire.

Université de Lomé
© Université de Lomé

Programme du séminaire de renforcement des capacités (Février 2026)

Période Module thématique Objectifs et approche
2-4 février Gestion, motivation et leadership Renforcer les compétences de gestion d’équipe et identifier également les leviers de motivation pour accroître la productivité.
5-6 février Gestion du stress, Santé et Sécurité Prévenir les risques psychosociaux et garantir un environnement de travail sécurisé et sain pour les agents.
10-12 février Négociation et Gestion des conflits Maîtriser les outils de médiation et le dialogue social pour désamorcer les tensions en milieu universitaire.
13-17 février Communication non violente et Leadership apaisé Développer une posture de leadership bienveillante pour une collaboration fluide et une meilleure cohésion d’équipe.

Togo : La diaspora de Vo 2 s’engage pour le développement local

 

En offrant des infrastructures de proximité à leur commune d’origine, les ressortissants de la préfecture de Vo installés à l’étranger illustrent une tendance croissante : celle d’un engagement civique qui dépasse les simples transferts de fonds familiaux.

Si les transferts de fonds de la diaspora africaine sont souvent analysés à l’échelle macroéconomique, c’est parfois dans des gestes très concrets que se mesure l’attachement au terroir. Dans le sud-est du Togo, la commune de Vo 2 vient d’en recevoir une illustration tangible. Une délégation de la diaspora locale a officiellement remis à la municipalité deux bancs en pierre et deux lampadaires, destinés à l’aménagement et à la sécurisation des espaces publics.

 

Un geste symbolique et politique

Au-delà de la valeur matérielle du don, l’initiative s’inscrit dans une dynamique assumée de patriotisme local. Pour les donateurs, l’objectif est double : contribuer à l’embellissement du cadre de vie et renforcer la sécurité nocturne grâce à l’amélioration de l’éclairage public.

Lors de la cérémonie de remise, les représentants des ressortissants de Vô vivant à l’étranger ont réaffirmé leur engagement à accompagner les actions de la municipalité. Ainsi, refusant de rester de simples spectateurs du développement local, ils voient dans l’investissement dans les infrastructures de proximité un levier essentiel pour rendre la commune plus attractive, plus sûre et plus agréable à vivre.

Commune Vo2 Mairie de Togoville
© Commune Vo2 Mairie de Togoville

La décentralisation au cœur du dialogue

Le maire de la commune, Dominique Godfroy Tomegah, a accueilli ce don avec une satisfaction non dissimulée. En effet, pour l’édile, cette initiative illustre concrètement la synergie possible entre les autorités locales et les fils et filles du terroir, où qu’ils se trouvent.

« Chaque contribution, aussi modeste soit-elle, participe à l’édification d’une commune plus accueillante et mieux équipée », a-t-il rappelé, soulignant que le développement de Vo 2 repose sur cette solidarité active entre résidents et expatriés.

 

Le défi du relais de la diaspora

Ce type d’initiative pose, une fois encore, la question du rôle structurant des diasporas dans le succès de la décentralisation au Togo. À Vo 2, l’enjeu sera désormais de transformer ces gestes symboliques en coopérations durables, capables d’accompagner des projets plus ambitieux.

En somme, entre embellissement urbain, amélioration des services de base et renforcement du lien social, la municipalité entend capitaliser sur cette dynamique pour inscrire la contribution de la diaspora dans une vision de développement local à long terme.

Converge Africa 2026 : l’économie numérique africaine passe à la vitesse supérieure

Du 4 au 6 mai 2026, l’événement Converge Africa réunira au Cap les poids lourds du commerce numérique africain. Entre fragmentation persistante des marchés, explosion du mobile money et montée des exigences en matière de confiance et de rentabilité, l’enjeu est désormais clair : transformer l’immense potentiel numérique du continent en une machine de croissance durable et profitable.

L’Afrique numérique à l’heure de la rentabilité

L’Afrique numérique ne veut plus seulement faire de la croissance, elle veut enfin la rentabiliser. Si le dynamisme du commerce électronique et l’adoption rapide des paiements mobiles ne sont plus à démontrer, plusieurs obstacles structurels continuent de freiner l’émergence de champions régionaux : fragmentation du commerce de détail, incohérence des données clients, complexité logistique du « dernier kilomètre », risques de fraude et méfiance persistante vis-à-vis des paiements en ligne.

Résultat : une croissance rapide, mais souvent coûteuse, difficile à industrialiser et encore trop peu scalable à l’échelle continentale.

Converge Africa, catalyseur de convergence

C’est précisément pour lever ces verrous que le CTICC du Cap accueillera, du 4 au 6 mai 2026, une nouvelle édition de Converge Africa. Pendant trois jours, l’événement réunira décideurs du retail et de l’e-commerce, acteurs de la fintech, spécialistes du marketing digital, de la cybersécurité, de la logistique et du dernier kilomètre autour d’un objectif commun : définir à quoi pourrait ressembler un commerce numérique africain sans friction, sans frontières et digne de confiance.

Cette ambition se reflète dans la confirmation d’un tour de table de partenaires stratégiques de premier plan, illustrant aussi la convergence indispensable entre technologie, finance et exécution terrain.

 

Un casting de poids : Intent HQ, Absa et BEES

Par ailleurs, pour son édition 2026, Converge Africa s’appuie sur un trio de sponsors qui quadrille l’ensemble de la chaîne de valeur du commerce numérique :

Le cerveau – Intent HQ (sponsor diamant).
Spécialiste de l’IA client, Intent HQ démontre comment transformer des données fragmentées en intentions d’achat exploitables en temps réel, tout en respectant des réglementations de plus en plus strictes en matière de protection de la vie privée. Sa plateforme IntentOne permet aussi d’aligner engagement client, prise de décision et exécution marketing sans remplacer les systèmes existants — un enjeu clé pour des marchés africains encore très hétérogènes.

Le moteur financier – Absa Bank (sponsor platine).
Le groupe bancaire panafricain se positionne sur les nerfs de la guerre du commerce numérique : paiements transfrontaliers, sécurité, lutte contre la fraude et services marchands omnicanaux. À l’heure où la confiance reste un facteur limitant majeur du e-commerce, Absa incarne l’infrastructure financière indispensable à un commerce africain à grande échelle.

Le bras armé – BEES (sponsor Or).
Plateforme mondiale de commerce B2B, BEES s’attaque à l’un des défis les plus complexes du continent : la numérisation de millions de détaillants indépendants qui constituent le cœur battant de la consommation africaine. En connectant commandes, paiements, promotions et données terrain, la plateforme apporte des réponses concrètes à la fragmentation du retail et aux problèmes d’exécution.

 

Sortir durablement de la fragmentation

« Pour développer le commerce numérique en Afrique, il faut bien plus qu’une solution unique ; il est indispensable de mettre en œuvre des stratégies, des infrastructures et une exécution efficace », résume Terry Southam, directeur du groupe Retail chez Converge Africa.

Le diagnostic est sans détour : l’adoption du numérique par les consommateurs progresse plus vite que la capacité des entreprises à l’orchestrer. Données clients déconnectées, réseaux de distribution informels, paiements complexes et risques de fraude freinent encore la transformation de la croissance en rentabilité. En 2026, le véritable défi sera donc celui de l’intégration.

 

Vers un commerce africain « sans friction »

Pendant trois jours, les échanges au Cap ne porteront pas sur les gadgets technologiques, mais sur l’efficacité opérationnelle et la création de valeur mesurable. Comment sécuriser les transactions omnicanales ? Comment connecter données, marketing et logistique pour garantir une livraison fiable ? Enfin, comment transformer l’intention client en chiffre d’affaires réel, sans sacrifier la confiance ni la vie privée ?

En réunissant des experts de la fintech, de la logistique, du marketing digital et de la cybersécurité, Converge Africa ambitionne de dessiner les contours d’un marché numérique africain plus cohérent, où la technologie ne serait plus un centre de coûts, mais le principal levier de la valeur client à vie.

Israël-Togo : Robert Dussey à Jérusalem pour renforcer l’axe sécuritaire

Le ministre des Affaires étrangères, Robert Dussey, a été reçu le 29 janvier par son homologue israélien Gideon Sa’ar. Au-delà du symbole religieux au Mur des Lamentations, cette visite scelle une alliance sécuritaire de plus en plus affirmée entre Lomé et l’État hébreu.

 

Dans le jeu complexe des alliances diplomatiques entre l’Afrique de l’Ouest et le Proche-Orient, le Togo confirme sa position de partenaire privilégié d’Israël. Le jeudi, Robert Dussey a effectué une visite de travail remarquée à Jérusalem, où il a eu un échange avec son homologue Gideon Sa’ar.

Robert Dussey
© Robert Dussey

Une « menace commune »

Gideon Sa’ar a d’abord profité de la rencontre pour exprimer la gratitude de son pays au président Faure Gnassingbé pour son soutien constant depuis les attaques du 7 octobre 2023. Mais l’ordre du jour était surtout tourné vers les défis sécuritaires actuels. Les deux hommes ont longuement discuté de la menace terroriste, dressant un parallèle explicite entre l’instabilité croissante au Sahel et les tensions au Moyen-Orient.

Pour Israël, cette visite est une tribune pour mobiliser contre son ennemi juré : Téhéran. « Le régime le plus dangereux du monde, l’Iran, ne doit pas se procurer l’arme la plus dangereuse du monde : la bombe nucléaire », a martelé M. Sa’ar devant son hôte togolais, cherchant à consolider un front international contre les ambitions atomiques de la République islamique.

Robert Dussey
© Robert Dussey

Diplomatie de la foi au pied du Mur

Fidèle à son style alliant politique et spiritualité, Robert Dussey — ancien séminariste et docteur en philosophie — a marqué son passage par un geste fort. Il s’est rendu au Mur des Lamentations pour un temps de prière, relayant ensuite sur les réseaux sociaux une citation biblique issue du livre d’Isaïe :

« Sur tes murs, Jérusalem, j’ai placé des gardes ; ils ne se tairont ni jour ni nuit. Vous qui la rappelez au souvenir de l’Éternel, point de repos pour vous ! Et ne lui laissez aucun relâche, Jusqu’à ce qu’il rétablisse Jérusalem Et la rende glorieuse sur la terre. »

Cette dimension religieuse n’est pas accessoire. Elle résonne fortement au sein d’une partie de l’opinion publique togolaise et s’inscrit dans la stratégie de « diplomatie des valeurs » que Lomé cultive depuis plusieurs années. Le ministre a d’ailleurs qualifié le Togo et Israël de « pays frères », soulignant une « coopération bilatérale dynamique ».

Robert Dussey
© Robert Dussey

L’intérêt stratégique de Lomé

En resserrant ses liens avec l’État hébreu, le Togo cherche à bénéficier de l’expertise israélienne en matière de haute technologie et, surtout, de renseignement militaire. Alors que des groupes djihadistes multiplient les incursions dans le nord du Togo, le soutien technique d’Israël en matière de surveillance et de lutte antiterroriste est un atout précieux pour Lomé.

Malgré les critiques régulières au sein des instances internationales sur la question palestinienne, le Togo maintient son cap, privilégiant une realpolitik qui place la sécurité nationale et l’innovation technologique au sommet de ses priorités bilatérales.

Togo : 282 diplômés à l’École Polytechnique de Lomé en 2026

L’École Polytechnique de Lomé (EPL) a remis, ce vendredi 30 janvier, leurs diplômes à 282 étudiants. Dans un contexte de transformation économique, ces nouveaux cadres en génie civil, informatique ou mécanique sont attendus pour relever les défis technologiques du pays.

 

L’Agora Senghor de Lomé avait, ce vendredi, des airs de pépinière technologique. En effet, sous les voûtes de ce centre culturel emblématique, l’Université de Lomé (UL) a célébré la diplomation de la promotion 2026 de son École Polytechnique (EPL). Un événement qui dépasse le simple cadre académique pour s’inscrire dans la stratégie de développement industriel voulue par les autorités togolaises.

Université de Lomé
© Université de Lomé

Une expertise diversifiée pour le marché local

Au total, ils sont 282 lauréats à avoir reçu leur parchemin, répartis entre licences professionnelles et masters. Si le Génie informatique se taille la part du lion avec 123 diplômés (soit près de 44 % de l’effectif), en revanche, les filières du Génie civil, de l’électricité et de la mécanique confirment leur attractivité.

Cette répartition reflète les besoins pressants d’un pays engagé dans de vastes chantiers d’infrastructures et une numérisation accélérée de son administration. « Ces diplômes illustrent la qualité de la formation dispensée à l’EPL et le rôle central de l’Université de Lomé dans l’essor scientifique du Togo », souligne-t-on au sein de l’institution.

Université de Lomé
© Université de Lomé

La coopération internationale en soutien

Par ailleurs, la cérémonie s’est déroulée devant un parterre de hautes personnalités, marquant l’importance politique de l’éducation supérieure. Aux côtés des ministres de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur, la présence du directeur de l’Université de technologie de Belfort-Montbéliard (UTBM) et des représentants de l’ambassade de France a rappelé l’ancrage international de l’école.

Grâce à des partenariats avec des institutions européennes et des dispositifs comme Campus France, l’EPL tente de maintenir ses standards de formation au niveau des exigences mondiales, tout en ancrant ses recherches dans les réalités du terrain ouest-africain.

Université de Lomé
© Université de Lomé

Le défi de l’insertion

Désormais, pour ces 282 ingénieurs et techniciens, le plus difficile commence : l’insertion dans un marché de l’emploi de plus en plus exigeant. En misant sur des filières techniques dites « en tension », l’Université de Lomé espère réduire le décalage entre la formation et les besoins des entreprises. Pour sa part, l’État togolais fait face à un enjeu de taille : transformer ce capital humain en moteur de croissance afin de faire de Lomé, à terme, un hub technologique régional.

Togo : Tône 1 clôture sa session municipale sur fond de sécurité

À Dapaong, dans l’extrême nord du Togo, les élus locaux de la commune de Tône 1 ont achevé le jeudi 29 janvier leur première session ordinaire de l’année. Une session qui s’est voulue résolument tournée vers le terrain, dans une région où les enjeux de développement et de sécurité sont étroitement liés.

C’est dans le cadre solennel du Centre culturel Robert Cornevin que le Conseil municipal de Tône 1 a tiré le bilan de ses travaux. Loin de rester enfermés dans les salles de réunion, les conseillers municipaux ont consacré cette session à une vaste « tournée de proximité » dans les différents cantons de la commune.

REFED TOGO
© REFED TOGO

Un dialogue direct avec les populations

En effet, l’objectif affiché par les autorités municipales était clair : sortir des bureaux pour engager des échanges directs avec les administrés. Au cœur des discussions, des préoccupations quotidiennes telles que le suivi des projets de développement local, l’amélioration des services de l’état civil ou encore le renforcement de la scolarisation.

Le Conseil a également profité de cette session pour consolider son partenariat avec l’Agence nationale d’appui au développement à la base (ANADEB), un acteur clé pour le financement et l’exécution des infrastructures de proximité.

REFED TOGO
© REFED TOGO

La sécurité au centre des débats

Mais au-delà de la gestion administrative, c’est le contexte régional qui a pesé sur les échanges. Située dans la région des Savanes, la commune de Tône 1 fait face à des défis sécuritaires majeurs. Les élus ont longuement abordé la question de la prévention de l’extrémisme violent, appelant ainsi à une vigilance accrue et à une collaboration renforcée entre les citoyens et les forces de défense.

En clôturant les travaux, le Conseil municipal a réaffirmé sa volonté de promouvoir une « gouvernance inclusive ». Une manière de rappeler que, pour les élus de Dapaong, le développement ne peut se faire sans l’adhésion et la participation active des populations locales.

Hadj 2026 au Togo : Prix, quota et calendrier des vols officiels

À Lomé, les préparatifs pour le pèlerinage à La Mecque entrent dans leur phase active. Le gouvernement togolais a officiellement lancé, le jeudi 29 janvier, l’édition 2026 du hajj. Entre baisse des coûts et gestion des quotas, les autorités misent sur une organisation renforcée pour accompagner les fidèles.

 

C’est le Colonel Awaté Hodabalo, ministre de l’Administration territoriale et président de la Commission nationale du Hadj, qui a donné le coup d’envoi officiel des opérations. Pour cette année, le quota attribué au Togo par l’Arabie Saoudite est fixé à 2 424 pèlerins. Cependant, face à une demande qui dépasse déjà les capacités actuelles, le ministre a précisé que des négociations étaient en cours avec Riyad pour tenter d’obtenir des places supplémentaires.

Colonel Awaté Hodabalo,
© Colonel Awaté Hodabalo,

Un coût revu à la baisse pour les pèlerins.

La principale annonce de ce lancement concerne le portefeuille des fidèles. Le prix du pèlerinage pour l’édition 2026 est fixé à 3 220 000 FCFA, soit une baisse de 50 000 FCFA par rapport à l’année précédente. Le gouvernement a d’ailleurs instruit les agences de voyages ayant déjà perçu les anciens tarifs de rembourser la différence aux futurs pèlerins.

Colonel Awaté Hodabalo
© Colonel Awaté Hodabalo

Logistique et confort des pèlerins

Sur le plan logistique, deux compagnies aériennes, Ethiopian Airlines et Fly Nas, assureront les liaisons. Selon le président de la Commission nationale du Hajj, les départs se feront entre le 16 et le 18 mai, tandis que les retours s’étaleront du 14 au 16 juin 2026.

L’État togolais a également annoncé le maintien de plusieurs services visant à faciliter le séjour des fidèles sur les lieux saints :

  • Restauration : quatre cuisiniers togolais feront le voyage pour préparer des repas locaux.
  • Santé : le gouvernement instaure une visite médicale gratuite et obligatoire, couplée à une assurance vie.
  • Hébergement : les autorités ont également confirmé le maintien des logements à proximité des lieux de culte.

Colonel Awaté Hodabalo
© Colonel Awaté Hodabalo

Un appel à la cohésion

De son côté, l’Union Musulmane du Togo (UMT), par la voix d’El Hadj Sanni Karim, a salué les efforts du chef de l’État Faure Gnassingbé pour l’amélioration continue des conditions de voyage. En conclusion de la cérémonie, le ministre Awaté Hodabalo a exhorté les pèlerins au strict respect des lois saoudiennes, tout en les invitant à porter le pays dans leurs prières pour la paix et la cohésion nationale.

Tableau récapitulatif

Détail Informations Hajj 2026
Prix du pèlerinage 3 220 000 FCFA (-50 000 FCFA)
Quota actuel 2 424 pèlerins
Dates de départ Du 16 au 18 mai 2026
Dates de retour Du 14 au 16 juin 2026
Compagnies Ethiopian Airlines & Fly Nas