Togo :  le Commonwealth découvre la perle d’Aného

ANÉHO, 24 mars 2026 – Entre lagune et océan, l’ancienne capitale du Togo a déployé ses charmes pour séduire la délégation du Commonwealth. Sous l’égide du ministre Arthur Trimua, les investisseurs du Commonwealth ont troqué leurs dossiers financiers pour une immersion historique. Derrière cette opération de séduction se cachent des enjeux économiques majeurs.

Commune Lacs 1
© Commune Lacs 1

Une escale entre stratégique deux contrats

Ce n’était pas une simple promenade de santé. Le vendredi 20 mars 2026 dernier, les visages influents du Commonwealth Enterprise and Investment Council (CWEIC) ont arpenté les rues chargées d’histoire d’Aného. En clôture d’une mission économique intense de 48 heures au Togo, cette étape dans le chef-lieu de la Commune des Lacs 1 vise à montrer un autre visage du pays : celui de son potentiel touristique.

Pour le Dr Arthur Trimua, ministre délégué chargé de la Promotion des Investissements, l’objectif est limpide. Il s’agit de prouver à ces capitaux internationaux que la souveraineté économique du Togo s’appuie également sur la valorisation de son patrimoine. En d’autres termes, investir au Togo, c’est aussi investir dans une destination d’avenir.

Commune Lacs 1
© Commune Lacs 1

Aného, ​​futur pôle du tourisme mémoriel ?

La cité tricentenaire n’a pas été choisie au hasard. Avec son architecture coloniale et ses racines culturelles profondes, Aného possède en effet les atouts nécessaires pour être un hub du tourisme haut de gamme en Afrique de l’Ouest. Les membres du CWEIC ont ainsi pu mesurer l’écart entre les opportunités industrielles de Lomé et la richesse immatérielle de la région des Lacs.

Par ailleurs, les autorités locales, portées par la mairie de la Commune des Lacs 1, ont saisi cette tribune pour réaffirmer leur ambition. L’idée est de transformer ce patrimoine en un environnement propice aux affaires, capable d’attirer des complexes hôteliers et des projets de préservation culturelle financés par des partenaires étrangers.

 

Le Commonwealth, un nouveau souffle pour les régions

Depuis l’adhésion du Togo au Commonwealth, les perspectives de développement se multiplient au-delà du port de Lomé. Cette visite prouve que la décentralisation est en marche. En amenant des hommes d’affaires internationaux dans l’hinterland côtier, le gouvernement togolais met en œuvre une croissance mieux répartie.

Finalement, Le passage de cette délégation à Aného pourrait annoncer des investissements dans l’économie bleue et le secteur des loisirs. Le défi pour la ville est désormais de transformer ces marques d’intérêt en contrats durables.

Industrie verte : Le Togo mise sur les Parcs Éco-Industriels à Agbélouvé

LOMÉ, 25 février 2026 — Et si l’industrialisation ne rimait plus avec pollution, mais avec performance et écologie ? C’est le défi que tente de relever le gouvernement togolais à Agbélouvé. En effet, ces 25 et 26 février, la capitale togolaise accueille un sommet technique crucial dédié au cadre international des Parcs Éco-Industriels (PEI).

Loin d’être une simple réunion de plus, cet atelier multi-acteurs marque un tournant dans la manière dont le pays prévoit d’accueillir ses futures usines, avec un œil rivé sur la compétitivité mondiale.

 

Une boussole pour les investisseurs, pas un fardeau

Il est essentiel de lever toute ambiguïté : le cadre PEI ne vient pas exploser la machine bureaucratique. Au contraire, il se présente comme un référentiel de qualité. Pour les autorités togolaises, l’enjeu est de créer une « langue commune » entre les ministères, les agences de régulation et les partenaires privés.

De fait, ce dispositif vise à offrir une prévisibilité totale aux investisseurs internationaux. Dans un marché mondialisé où les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) deviennent la norme, le Togo se dote d’un outil pour rassurer les capitaux les plus exigeants.

Ministère de l'Industrie et de la Promotion des Investissements
© Ministère de l'Industrie et de la Promotion des Investissements

Agbélouvé : le laboratoire de l’ambition togolaise

Le point focal de cette stratégie porte un nom : Agbélouvé. Ce projet de zone industrielle, en pleine structuration, est appelé à devenir le porte-étendard de cette nouvelle ère.

Par conséquent, l’application des normes PEI à Agbélouvé permet de :

  • Optimiser les ressources : mutualiser l’énergie, l’eau et la gestion des déchets entre les entreprises.
  • Anticiper les risques : construire des infrastructures capables de résister aux défis environnementaux de demain.
  • Renforcer la gouvernance : créer un pilotage centralisé et efficace pour éviter les lenteurs administratives.

 

L’expertise au service du « made in Togo »

Le renforcement des capacités entamé ce mercredi à Lomé permet aux décideurs d’apprécier comment ces normes internationales peuvent s’adapter aux réalités locales. Cependant, l’ambition dépasse la simple technique ; il s’agit d’élever le plateau industriel togolais pour le rendre plus attractif que celui de ses voisins côtiers.

« Nous ne construisons pas seulement des zones pour installer des machines, nous bâtissons des écosystèmes où la performance économique nourrit la durabilité », explique un expert proche du dossier.

 

Une boucle vertueuse pour l’économie nationale

En somme, cet atelier à Lomé boucle la boucle d’une stratégie nationale de développement ambitieuse. En partant des normes internationales pour les injecteurs dans le sol d’Agbélouvé, le Togo s’assure que sa croissance industrielle de 2026 ne sera pas un problème pour les générations de 2050. Par ailleurs, en renforçant la coordination entre les institutions dès aujourd’hui, le pays s’assure que le futur industriel du Togo sera vert, visible et résolument tourné vers l’excellence.

Togo : Une stratégie à 500 millions USD après la COP30

LOMÉ (Togo), 24 février 2026 — Après une participation remarquée au sommet (COP30 )de Belém au Brésil, le Togo passe à la vitesse supérieure. Le gouvernement a dévoilé une stratégie audacieuse pour transformer ses engagements environnementaux en investissements concrets, avec une enveloppe potentielle dépassant les 500 millions de dollars.

Ainsi, le Togo ne veut plus seulement participer aux grands messes climatiques ; il veut encaisser les dividendes de sa diplomatie verte. Le jeudi 19 février dernier, lors d’une session de restitution à Lomé, les autorités ont dressé le bilan de la COP30 tout en posant les jalons de la COP31, avec pour objectif de passer des discours politiques à une rentabilité écologique tangible.

 

Un trésor de guerre pour la résilience

Par ailleurs, la moisson de la COP30, qui s’est tenue en novembre dernier au Brésil, s’avère prometteuse. Grâce à une approche ciblée auprès de cinq partenaires internationaux — dont le Fonds Vert pour le Climat (GCF) et le Japon — le pays a identifié des leviers de financement des massifs.

Selon les projections officielles, le Togo pourrait mobiliser entre 354 et 544 millions de dollars US sur les cinq prochaines années. Ces fonds ne sont pas de simples aides, mais le résultat d’une stratégie visant à présenter des dossiers « bancables », capables de séduire les mécanismes financiers les plus rigoureux.

 

Au-delà du cash : le transfert technologique

Mais la stratégie togolaise ne se limite pas aux chiffres. La feuille de route présentée à Lomé met en avant des acquis structurels majeurs :

  • Innovation numérique : le gouvernement a noué un partenariat avec Evercity pour développer des plateformes technologiques.
  • Révolution agricole : une collaboration avec Embrapa vise à renforcer la recherche et la résilience des sols.
  • Gouvernance locale : des échanges avec le Fonds Mondial pour le Développement des Villes (FMDV) doivent transformer l’urbanisme national.

 

Le cap vers la COP31 : « Priorité à l’impact »

Pour la future COP31, le gouvernement a défini une architecture de préparation reposant sur trois piliers fondamentaux. Le Directeur de cabinet du ministère de l’Environnement a martelé la nécessité de cibler les secteurs les plus vulnérables tout en garantissant une transparence totale dans le suivi des investissements.

« Il s’agit de répondre avec précision aux critères des fonds mondiaux pour transformer nos ambitions en réalités durables », a-t-il souligné devant un parterre d’experts et d’ONG.

En somme, en uniformisant ses projets aux normes du Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM) et du Fonds d’Adaptation, le Togo entend renforcer sa crédibilité et s’imposer comme le bon élève de la finance climatique en Afrique de l’Ouest.