Togo : débat tendu sur la prorogation de l’état d’urgence dans les Savanes

L’examen de la prorogation de l’état d’urgence sécuritaire dans la région des Savanes a donné lieu, ce 25 février 2026, à un épisode révélateur des crispations politiques actuelles. Convoquée en commission pour analyser le texte, la députée Kafui Adjamagbo Johnson affirme avoir quitté la salle après deux heures d’attente, faute de représentants gouvernementaux présents pour éclairer les travaux.

Selon l’élue, aucun responsable n’aurait répondu à la convocation entre 10 h et 12 h, ni fourni d’explication officielle. Un incident qui soulève des questions sur la qualité du dialogue institutionnel dans un contexte sécuritaire déjà sensible.

Un débat crucial pour la région des Savanes

La région des Savanes, au nord du pays, reste confrontée à des menaces sécuritaires persistantes. Depuis l’instauration de l’état d’urgence, les autorités justifient cette mesure par la nécessité de renforcer les capacités de défense et de prévenir les incursions armées.

Toutefois, chaque prorogation ravive un débat de fond : comment concilier impératif sécuritaire et respect des libertés publiques ?

Pour les populations directement exposées aux risques, la question dépasse le cadre politique. Elle touche à leur quotidien, à leur mobilité, et à leurs conditions de vie.

Une exigence de transparence

En quittant la commission, la députée a dénoncé ce qu’elle considère comme un manque de considération envers les représentants du peuple. Elle réclame des réponses claires sur deux points essentiels :

  • L’état d’urgence a-t-il été appliqué dans le strict respect des droits et libertés fondamentales ?
  • Les moyens mobilisés ont-ils permis une amélioration tangible de la situation sur le terrain ?

Ces interrogations s’inscrivent dans un débat plus large sur l’efficacité des dispositifs exceptionnels. En effet, si l’état d’urgence vise à renforcer la sécurité, son renouvellement successif appelle une évaluation rigoureuse et transparente.

Entre sécurité nationale et responsabilité démocratique

Le gouvernement défend la prorogation comme une réponse adaptée à une menace évolutive. Cependant, au sein de l’Assemblée nationale, plusieurs voix plaident pour un meilleur équilibre entre efficacité opérationnelle et contrôle parlementaire.

Dans toute démocratie, les mesures exceptionnelles exigent un encadrement strict. Par conséquent, le débat en plénière et le vote à venir s’annoncent déterminants. Ils permettront non seulement d’examiner le bien-fondé de la prorogation, mais aussi d’évaluer la qualité du dialogue entre l’exécutif et le législatif.

Une question de méthode autant que de fond

Au-delà du contenu du texte, l’incident en commission met en lumière un enjeu institutionnel : le respect des procédures et des élus. Une Assemblée efficace repose sur la circulation de l’information et la collaboration entre les pouvoirs.

Ainsi, la controverse actuelle ne porte pas uniquement sur la sécurité dans les Savanes. Elle interroge aussi la manière dont les décisions majeures sont débattues et expliquées aux représentants des citoyens.

Un vote décisif en perspective

Alors que la plénière doit prochainement se prononcer, l’attention se tourne vers les échanges à venir. La prorogation de l’état d’urgence sera examinée à l’aune de deux impératifs : protéger les populations et préserver l’État de droit.

Dans un contexte régional instable, le Togo cherche à maintenir un équilibre délicat. Reste à savoir si les réponses apportées satisferont les attentes des élus et des citoyens.

Le Togo facilite l’acheminement de 20 000 tonnes d’engrais vers le Niger

Lomé, 25 février 2026 — Dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires et climatiques persistants, le Togo confirme son rôle de plateforme logistique majeure en Afrique de l’Ouest. À Lomé, le ministre togolais en charge de l’Économie maritime, Kokou Edem Tengue, a échangé ce mercredi avec le ministre de l’Agriculture du Niger, le Colonel Mahaman Elhadj Ousmane, autour d’un enjeu crucial : garantir un approvisionnement sécurisé en engrais pour le Niger.

Au cœur des discussions, une opération logistique d’envergure : le transit de 20 000 tonnes d’intrants agricoles via les infrastructures portuaires togolaises. Une initiative qui, au-delà de l’aspect technique, illustre également une diplomatie économique assumée par Lomé.

Kokou Edem Tengue
© Kokou Edem Tengue

Une réponse concrète à un enjeu vital

 

L’engrais n’est pas une marchandise ordinaire. Il constitue un maillon essentiel de la productivité agricole et, par conséquent, de la sécurité alimentaire. Or, le Niger, confronté à des contraintes logistiques liées à son enclavement géographique, dépend fortement de corridors régionaux fiables pour ses importations stratégiques.

Ainsi, en facilitant l’acheminement de ces 20 000 tonnes d’intrants, le Togo ne se limite pas à offrir un appui technique. Il contribue directement à la stabilité alimentaire d’un pays frère, dans un contexte où la hausse des prix mondiaux et les perturbations des chaînes d’approvisionnement pèsent lourdement sur les économies sahéliennes.

Lomé, hub logistique régional

Le rôle du Port autonome de Lomé s’affirme une fois de plus comme stratégique. Seul port en eau profonde de la sous-région capable d’accueillir de très grands navires, il constitue une porte d’entrée privilégiée vers les pays enclavés comme le Niger, le Burkina Faso ou le Mali.

Sous les orientations du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, le gouvernement togolais mise sur la modernisation continue des infrastructures portuaires et routières. L’objectif est de faire du Togo un corridor logistique incontournable en Afrique de l’Ouest.

Ainsi, cette opération d’acheminement d’engrais s’inscrit dans une stratégie plus large de coopération régionale fondée sur l’efficacité des infrastructures et la fluidité du transit.

Kokou Edem Tengue
© Kokou Edem Tengue

Une solidarité régionale assumée

Au-delà des chiffres, le message politique est fort. En facilitant l’accès du Niger à des intrants agricoles essentiels, Lomé renforce les liens de coopération sud-sud. Cette dynamique s’inscrit dans une logique d’intégration régionale, où la complémentarité des économies devient un levier de résilience collective.

D’ailleurs, les observateurs nigériens ont salué cette initiative, y voyant un signal positif dans un environnement sous-régional parfois fragilisé par des tensions sécuritaires et économiques.

Une diplomatie économique en action

En définitive, cette rencontre à Lomé met en lumière un nouveau visage de la diplomatie africaine : pragmatique, orientée vers les résultats et centrée sur les besoins essentiels des populations.

Le transit de 20 000 tonnes d’engrais via le Togo n’est pas seulement une opération logistique. C’est aussi un acte politique fort, traduisant la volonté de faire des infrastructures nationales un outil au service de la solidarité régionale et du développement partagé.

Le Togo plaide pour un Nouvel An africain : vers une renaissance des repères culturels du continent

Le Togo franchit une étape symbolique dans la valorisation de l’héritage africain. Dans un communiqué rendu public le 24 février 2026, le ministre des Affaires étrangères, Robert Dussey, a annoncé la volonté du gouvernement togolais de proposer une date officielle pour célébrer un Nouvel An africain à l’échelle continentale.

Cette initiative ne relève pas d’un simple acte symbolique. Elle s’inscrit dans une dynamique plus large de réappropriation des marqueurs historiques et culturels du continent. En effet, alors que le calendrier grégorien structure aujourd’hui la vie administrative, économique et sociale de la majorité des pays africains, Lomé estime qu’il est temps de redonner une visibilité institutionnelle aux systèmes traditionnels de mesure du temps propres à l’Afrique.

Un leadership continental assumé

Cette proposition intervient dans un contexte stratégique : le Togo assure actuellement la présidence du Haut comité sur la Décennie des racines africaines et de la diaspora africaine. À ce titre, les autorités togolaises entendent engager des consultations approfondies avec la Commission de l’Union africaine ainsi qu’avec des historiens, anthropologues et leaders culturels du continent.

Autrement dit, Lomé ne cherche pas à imposer une date unilatéralement. Le processus annoncé se veut inclusif et participatif, dans le respect de la diversité culturelle africaine. Un colloque international est d’ailleurs prévu dans la capitale togolaise afin de recueillir des contributions scientifiques et traditionnelles avant toute transmission officielle à la Commission de l’Union africaine.

Pourquoi un Nouvel An africain ?

D’abord, parce que l’Afrique disposait historiquement de ses propres systèmes de repères temporels. Ceux-ci étaient souvent liés aux cycles agricoles, aux mouvements astronomiques et aux rites spirituels. Ces calendriers structuraient la vie communautaire bien avant l’arrivée des puissances coloniales.

Ensuite, la colonisation a progressivement marginalisé ces repères, imposant le calendrier grégorien comme référence unique. Si ce calendrier reste indispensable dans les relations internationales, le gouvernement togolais estime qu’il est possible d’y adjoindre un marqueur identitaire continental, à l’image de ce que font d’autres civilisations.

Ainsi, cette démarche apparaît comme un acte de reconnaissance historique plutôt qu’un rejet des standards internationaux.

Des traditions toujours vivantes comme fondation

Le Togo souligne que plusieurs communautés africaines célèbrent encore leurs propres débuts d’année. En pays Guin, au sud du Togo, la prise de la pierre sacrée demeure un rituel marquant le renouveau spirituel et communautaire.

En Afrique du Nord, la fête berbère de Yennayer continue de symboliser le Nouvel An amazigh. Cette tradition est particulièrement vivante en Algérie, où elle est reconnue officiellement comme fête nationale.

Ces exemples démontrent que l’idée d’un Nouvel An africain n’est ni théorique ni artificielle. Elle repose sur des pratiques concrètes encore enracinées dans les sociétés africaines.

Un enjeu d’unité et de projection internationale

Au-delà de la dimension culturelle, l’initiative togolaise pourrait avoir une portée diplomatique. En effet, l’instauration d’un Nouvel An africain constituerait un symbole fort d’unité continentale. À l’heure où l’intégration régionale progresse, notamment à travers la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), un repère commun renforcerait le sentiment d’appartenance collective.

De plus, sur le plan international, cette reconnaissance offrirait une vitrine supplémentaire à la richesse culturelle africaine. Elle contribuerait à repositionner l’Afrique comme un espace porteur d’histoire, d’innovation et de continuité civilisationnelle.

Une démarche stratégique et structurée

Il convient de souligner que le processus annoncé par Lomé suit une méthodologie claire :

  • organisation d’un colloque scientifique international ;
  • consultations avec les institutions continentales ;
  • transmission des recommandations à la Commission de l’Union africaine ;
  • éventuelle adoption à l’échelle continentale.

En d’autres termes, le Togo privilégie une approche institutionnelle plutôt qu’une initiative isolée.

Vers une renaissance symbolique ?

Cette proposition intervient dans un contexte où de nombreux États africains multiplient les initiatives de valorisation patrimoniale. Ainsi, la création d’un Nouvel An africain pourrait devenir un jalon supplémentaire dans le processus de réappropriation identitaire du continent.

Si elle est adoptée, cette date ne remplacerait pas le 1ᵉʳ janvier. Elle viendrait plutôt compléter le calendrier existant, en offrant aux Africains un moment officiel de célébration de leur histoire commune.

En définitive, la démarche togolaise pose une question fondamentale : comment concilier modernité institutionnelle et héritage ancestral ? En proposant un Nouvel An africain, Lomé semble répondre qu’il ne s’agit pas de choisir entre les deux, mais de les faire coexister.

Santé : Aného inaugure un bloc pédiatrique de pointe avec Smile Train

ANÉHO (Togo), 25 février 2026 – L’image est forte, presque cinématographique. Sous le soleil de la ville côtière d’Aného, ​​le ruban est tombé, dévoilant ce qui pourrait bien devenir un modèle de référence pour la chirurgie pédiatrique dans la sous-région. Le mardi 24 février, le Centre Hospitalier Préfectoral (CHP) n’a pas seulement inauguré des murs, mais une promesse : celle qu’aucun enfant de la région ne soit plus laissé pour compte faute d’infrastructures adaptées.

Commune Lacs 1
© Commune Lacs 1

Un saut technologique au service de la vie

Alors que les systèmes de santé du continent font face à des défis persistants, le CHP d’Aného choisit de regarder vers l’avenir. Ce nouveau bloc opératoire, fruit d’une synergie stratégique avec l’organisation américaine Smile Train, est un concentré de technologie médicale conçu spécifiquement pour la physiologie fragile des plus jeunes.

D’ailleurs, L’arsenal médical déployé est impressionnant :

  • Monitoring de haute précision pour une surveillance constante.
  • Systèmes d’anesthésie pédiatrique de pointe, minimisant les risques opératoires.
  • Circuits de stérilisation répondant aux protocoles internationaux les plus rigoureux.

Commune Lacs 1
© Commune Lacs 1

L’Union sacrée pour le capital humain

La cérémonie de coupure du ruban a réuni un parterre de décideurs, signe de l’importance capitale du projet. Du Préfet des Lacs, Daté Benissan-Têtêvi, à la représentante du ministère de la Santé, la Dr Josée Nayo-Apetsianyi, le message était unanime : l’investissement dans la santé des enfants est le levier le plus puissant du développement durable.

« Ce n’est pas seulement de la pierre et de l’acier », confie un membre du personnel soignant présent. « C’est la fin d’un long voyage pour des parents qui devaient autrefois parcourir des centaines de kilomètres pour une intervention spécialisée. »

Commune Lacs 1
© Commune Lacs 1

Pourquoi cette avancée dépasse les frontières du Togo

Par ailleurs, les observateurs régionaux perçoivent cette inauguration comme un signal fort. Elle prouve que les partenariats public-privé (PPP), portés par des acteurs engagés comme Smile Train, comblent rapidement les lacunes des plateaux techniques locaux.

En d’autres termes, Aného devient un laboratoire de résilience sanitaire. En décentralisant les soins de haute spécialité, le Togo renforce aussi son filet de sécurité sociale et offre un cadre rassurant où l’humanisation des soins prime sur l’austérité hospitalière.

Commune Lacs 1
© Commune Lacs 1

L’espoir au bout du bistouri

Au-delà des chiffres et des équipements, l’impact social est immédiat. Pour les familles de la préfecture des Lacs, ce bloc chirurgical signifie moins d’angoisse, des coûts de transport réduits et, surtout, la garantie d’une prise en charge digne.

Alors que les premiers patients s’apprêtent à franchir les portes de ce sanctuaire de santé, une nouvelle page de l’histoire médicale togolaise s’écrit, portée par l’excellence et l’équité.

 

En définitive, si le rideau est tombé sur la cérémonie protocolaire de ce mardi, c’est un tout autre rideau qui se lève désormais : celui d’un bloc opératoire prêt à changer des destins. En revenant à ce ruban coupé sous le soleil d’Aného, on comprend que l’infrastructure n’est que le point de départ d’une boucle vertueuse.

Ainsi, en offrant aujourd’hui à ces enfants les soins qu’ils méritent, le CHP et ses partenaires ne font pas que moderniser un hôpital ; ils sécurisent l’avenir de ceux qui, demain, porteront à leur tour le développement de la préfecture des Lacs. La promesse est tenue, le cycle de l’espoir est lancé.

Togo : Une stratégie à 500 millions USD après la COP30

LOMÉ (Togo), 24 février 2026 — Après une participation remarquée au sommet (COP30 )de Belém au Brésil, le Togo passe à la vitesse supérieure. Le gouvernement a dévoilé une stratégie audacieuse pour transformer ses engagements environnementaux en investissements concrets, avec une enveloppe potentielle dépassant les 500 millions de dollars.

Ainsi, le Togo ne veut plus seulement participer aux grands messes climatiques ; il veut encaisser les dividendes de sa diplomatie verte. Le jeudi 19 février dernier, lors d’une session de restitution à Lomé, les autorités ont dressé le bilan de la COP30 tout en posant les jalons de la COP31, avec pour objectif de passer des discours politiques à une rentabilité écologique tangible.

 

Un trésor de guerre pour la résilience

Par ailleurs, la moisson de la COP30, qui s’est tenue en novembre dernier au Brésil, s’avère prometteuse. Grâce à une approche ciblée auprès de cinq partenaires internationaux — dont le Fonds Vert pour le Climat (GCF) et le Japon — le pays a identifié des leviers de financement des massifs.

Selon les projections officielles, le Togo pourrait mobiliser entre 354 et 544 millions de dollars US sur les cinq prochaines années. Ces fonds ne sont pas de simples aides, mais le résultat d’une stratégie visant à présenter des dossiers « bancables », capables de séduire les mécanismes financiers les plus rigoureux.

 

Au-delà du cash : le transfert technologique

Mais la stratégie togolaise ne se limite pas aux chiffres. La feuille de route présentée à Lomé met en avant des acquis structurels majeurs :

  • Innovation numérique : le gouvernement a noué un partenariat avec Evercity pour développer des plateformes technologiques.
  • Révolution agricole : une collaboration avec Embrapa vise à renforcer la recherche et la résilience des sols.
  • Gouvernance locale : des échanges avec le Fonds Mondial pour le Développement des Villes (FMDV) doivent transformer l’urbanisme national.

 

Le cap vers la COP31 : « Priorité à l’impact »

Pour la future COP31, le gouvernement a défini une architecture de préparation reposant sur trois piliers fondamentaux. Le Directeur de cabinet du ministère de l’Environnement a martelé la nécessité de cibler les secteurs les plus vulnérables tout en garantissant une transparence totale dans le suivi des investissements.

« Il s’agit de répondre avec précision aux critères des fonds mondiaux pour transformer nos ambitions en réalités durables », a-t-il souligné devant un parterre d’experts et d’ONG.

En somme, en uniformisant ses projets aux normes du Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM) et du Fonds d’Adaptation, le Togo entend renforcer sa crédibilité et s’imposer comme le bon élève de la finance climatique en Afrique de l’Ouest.

ARCEP Togo : conservation des forfaits et facturation internet plus transparente

C’est une petite révolution dans l’univers des télécommunications togolaises. L’Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des Postes (ARCEP) a annoncé, le 20 février dernier, une série de mesures destinées à renforcer les droits des consommateurs face aux opérateurs mobiles YAS Togo et Moov Africa Togo.

Conservation des forfaits non utilisés, facturation internet plus précise et prolongation de la durée de validité des cartes SIM : ces nouvelles règles entendent répondre à des plaintes récurrentes d’abonnés, souvent frustrés par la disparition jugée « rapide » de leurs unités ou de leurs données.

 

Les forfaits non consommés désormais récupérables

Jusqu’ici, les abonnés perdaient définitivement leur forfait arrivé à expiration, même s’ils n’avaient pas utilisé toutes leurs minutes ou données. Désormais, ils peuvent récupérer leurs volumes non consommés à condition de souscrire à la même offre dans le délai de conservation fixé.

Ce délai est fixé à :

  • 10 jours pour les forfaits dont la validité est inférieure ou égale à 10 jours ;
  • 30 jours pour les forfaits valables plus de 10 jours.

Autre changement : lorsque plusieurs forfaits sont actifs en même temps, le système privilégiera celui dont la date d’expiration ou de conservation est la plus proche. L’objectif est d’éviter que des volumes soient perdus sans avoir été utilisés.

 

L’ARCEP du Togo : une facturation internet au plus près de la consommation réelle

 

Autre avancée notable : l’unité de décompte unique pour l’internet mobile devient l’octet, soit la plus petite unité de mesure des données numériques.

Concrètement, cela signifie que les volumes facturés correspondront exactement à la quantité de données réellement consommée. Cette exigence place le Togo parmi les pays les plus stricts de la sous-région en matière de transparence tarifaire.

Pour de nombreux utilisateurs, cette précision pourrait mettre fin au sentiment d’« épuisement anormal » des forfaits internet, souvent dénoncé sur les réseaux sociaux.

 

Cartes SIM : validité prolongée et règles concertées

Une carte SIM plus longtemps active – La durée avant qu’une carte SIM inutilisée ne devienne inactive passe de trois à six mois. Cette extension protège les abonnés qui n’utilisent pas régulièrement leur ligne, notamment ceux vivant à l’étranger ou disposant de plusieurs cartes. Tant que la carte reste active, le crédit présent sur le compte principal ne sera pas perdu.

Un processus concerté – L’ARCEP affirme que ces mesures résultent d’une concertation avec les opérateurs et trois associations de consommateurs : la Ligue des consommateurs du Togo (LCT), l’Association togolaise des consommateurs (ATC) et le Mouvement Martin Luther King (MMLK). L’autorité a mis en place des mécanismes de suivi pour garantir le respect effectif des nouvelles règles.

 

Vers une relation plus équilibrée ?

Au-delà des aspects techniques, cette décision traduit une volonté de renforcer la confiance entre opérateurs et usagers. Dans un pays où le téléphone mobile est devenu un outil central — pour communiquer, travailler, effectuer des transactions financières ou accéder à l’information — la clarté des offres est devenue un enjeu majeur.

En imposant davantage de transparence et en prolongeant la durée de vie des services, le régulateur cherche à instaurer une relation plus équilibrée entre les entreprises de télécommunications et leurs millions d’abonnés.

Reste désormais à observer l’application concrète de ces mesures et leur impact sur l’expérience quotidienne des consommateurs togolais.

Vo 2 renforce la santé infantile avec un modèle intégré de services sociaux

Vo, région Maritime, 24 février 2026 – Dans cette commune rurale du sud-est togolais, la question de la santé infantile ne relève plus seulement des structures médicales : elle devient une affaire collective. Le 19 février 2026, le maire de la commune Vo 2, TOMEGAH Dominique Godfroy, a réuni autorités traditionnelles, responsables communautaires et professionnels de santé autour d’un objectif clair : repenser l’offre locale de soins pour mieux protéger l’enfant et le nouveau-né.

Au centre des échanges, un thème ambitieux : « Le modèle intégré d’offre de soins et services pour la survie et le développement de l’enfant ». Derrière cette formule, une volonté de décloisonner les services sociaux de base et de renforcer leur efficacité.

Commune Vo2 Mairie de Togoville
© Commune Vo2 Mairie de Togoville

Une mobilisation communautaire élargie

Chefs cantons, chefs de villages, membres des comités villageois de développement, associations locales et responsables des unités de soins périphériques ont répondu à l’invitation. Cette forte mobilisation révèle un changement d’approche : les acteurs locaux ne perçoivent plus la santé maternelle et infantile comme une question strictement médicale, mais comme un enjeu social global.

Ainsi, des spécialistes du district sanitaire de Vo ont animé la rencontre pour détailler les fondements du modèle intégré. L’idée est simple : mieux coordonner les services existants, éviter les ruptures dans la prise en charge et rapprocher les structures de soins des populations.

Commune Vo2 Mairie de Togoville
© Commune Vo2 Mairie de Togoville

Placer le nouveau-né au cœur des priorités

Dans de nombreuses localités rurales, l’accès aux soins reste tributaire de la distance, du coût et du niveau d’information des familles. Ainsi, en mettant l’accent sur le nouveau-né et l’enfant, la commune de Vo 2 affirme une orientation forte : investir dès les premiers jours de vie pour garantir un développement harmonieux.

Par ailleurs, le modèle présenté insiste sur plusieurs axes :

  • un suivi renforcé de la grossesse et de l’accouchement ;
  • une meilleure coordination entre sages-femmes, agents de santé communautaires et autorités locales ;
  • une sensibilisation accrue des familles sur les pratiques de prévention ;
  • un accès simplifié aux soins essentiels.

Cette approche intégrée vise aussi à réduire les risques évitables et à améliorer les indicateurs de santé infantile, encore fragiles dans certaines zones rurales.

Commune Vo2 Mairie de Togoville
© Commune Vo2 Mairie de Togoville

Un pari sur le capital humain

Au-delà de la santé, la démarche s’inscrit dans une vision plus large du développement local. Pour le maire, placer l’enfant au centre de l’action publique revient aussi à investir dans le capital humain de la commune. Une population en meilleure santé constitue le socle d’un développement économique et social durable.

Cette initiative traduit également une volonté de synergie : elle engage les autorités locales, les structures sanitaires et les communautés à travailler ensemble, dans une logique de responsabilité partagée.

Commune Vo2 Mairie de Togoville
© Commune Vo2 Mairie de Togoville

Vers un modèle reproductible ?

Si l’expérience de Vo 2 porte ses fruits, elle pourrait en effet inspirer d’autres communes togolaises confrontées aux mêmes défis. L’approche intégrée, en privilégiant la proximité et la coordination, répond aux réalités des territoires où les ressources sont limitées mais où la mobilisation communautaire demeure forte.

À Vo 2, le message est clair : le développement commence dès la naissance. Et la commune considère désormais la qualité des services offerts aux plus vulnérables comme un indicateur majeur de la performance locale.

Afrique du Sud : le Sommet de l’économie verte 2026 face au défi du financement

 

 

 

 

JOHANNESBURG (Afrique du Sud), 24 février 2026 – À quelques jours du discours budgétaire sud-africain, l’ouverture du Sommet africain de l’économie verte 2026 (AGES 2026) place l’Afrique du Sud face à une question cruciale : comment transformer les ambitions climatiques en investissements réels et mesurables ?

Le rendez-vous intervient dans un contexte politique particulier. Lors de son récent discours sur l’état de la nation, le président Cyril Ramaphosa a remis au centre du débat la modernisation des infrastructures, la transition énergétique et la sécurité hydrique. Des priorités qui, désormais, doivent franchir l’étape décisive du financement.

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Du discours à l’action : l’heure de vérité

Depuis plusieurs années, l’Afrique du Sud affiche une volonté claire de s’engager sur la voie d’une économie plus respectueuse de l’environnement. Mais cette ambition se heurte à des réalités bien connues : pénuries d’électricité, pression sur les ressources en eau, logistique fragilisée.

AGES 2026 entend précisément combler ce fossé entre promesses et réalisations. L’objectif est simple : faire émerger des projets « bancables », capables d’attirer des capitaux privés, tout en répondant aux besoins énergétiques d’une population jeune et en pleine croissance.

James Vos, responsable municipal au Cap chargé de la croissance économique, résume l’enjeu : l’Afrique doit répondre à la demande énergétique tout en faisant face aux effets du changement climatique. Autrement dit, la transition verte n’est plus un choix idéologique, mais une nécessité économique.

Le budget, pièce maîtresse de la transition

Le discours budgétaire attendu le 25 février constitue un tournant. Les participants au Sommet examineront de près les arbitrages financiers du gouvernement : quelle part sera consacrée aux infrastructures durables ? Quels mécanismes pour rassurer les investisseurs privés ?

La question est stratégique. Sans cadre budgétaire solide, la transition verte risque de rester un slogan. À l’inverse, des incitations claires pourraient accélérer la construction de centrales d’énergies renouvelables, moderniser les réseaux d’eau et soutenir l’industrialisation verte.

Shameela Soobramoney, à la tête de la National Business Initiative, rappelle une évidence souvent oubliée : croissance économique et protection de l’environnement sont liées. Pour elle, la compétitivité future dépendra de cette articulation.

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Le Cap-Occidental, laboratoire de l’économie verte

Dans la province du Cap-Occidental, l’heure est déjà à l’offensive. L’agence de promotion Wesgro mise sur l’exportation d’énergies propres et sur l’industrie manufacturière verte pour positionner la région comme un pôle d’innovation à l’échelle mondiale.

Cette dynamique régionale illustre une tendance continentale plus large : plusieurs territoires africains cherchent à devenir des hubs d’investissements verts, conscients que la transition énergétique peut générer emplois, exportations et attractivité internationale.

Une ambition continentale soutenue par des partenaires internationaux

Organisé sous l’égide de l’Union africaine, AGES 2026 bénéficie de l’appui d’Affaires mondiales Canada et de l’Institut mondial pour la croissance verte. L’objectif : accélérer le financement climatique, réduire les émissions de carbone et renforcer la protection des écosystèmes.

Le sommet peut également compter sur des acteurs financiers majeurs. Sanlam Investments en est le sponsor principal, tandis que Standard Bank apporte son soutien en tant que sponsor or. Leur implication traduit le rôle croissant du secteur financier dans la transformation écologique du continent.

Une porte d’entrée stratégique pour l’Afrique

Au-delà des annonces, l’enjeu est clair : faire de l’Afrique du Sud une plateforme incontournable pour les investissements verts en Afrique. Le potentiel est immense, mais sa concrétisation dépendra d’une collaboration étroite entre pouvoirs publics, entreprises et partenaires internationaux.

AGES 2026 se veut ainsi plus qu’un forum de discussions. Il ambitionne d’être un accélérateur de projets concrets, capables de renforcer la résilience économique du pays et d’ouvrir une nouvelle phase de croissance inclusive.

Pour le continent, la transition verte pourrait devenir un levier de souveraineté économique. Reste à savoir si les décisions budgétaires à venir permettront de transformer l’essai.

Togo : Propriété intellectuelle, arme contre la contrefaçon

Ce 23 février, à Lomé, le Togo a officiellement lancé une série d’ateliers de formation consacrés à la propriété intellectuelle et à la lutte contre la contrefaçon. Une initiative portée par l’Institut National de la Propriété Industrielle et de la Technologie du Togo (INPIT), sous l’égide de l’Agence de Promotion des Investissements et de la Zone Franche (API-ZF), en partenariat avec l’International Trademark Association (INTA) et l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI).

Derrière cet événement technique se joue en réalité une bataille stratégique : celle de la protection des idées, des marques et des créations togolaises dans un monde où l’innovation est devenue le principal moteur de la richesse.

Ministère délégué - Promo Invest. & Souv. Eco
© Ministère délégué - Promo Invest. & Souv. Eco

Protéger l’intangible pour sécuriser la croissance

« Au XXIᵉ siècle, la compétition mondiale ne se joue plus uniquement sur les ressources naturelles, mais sur la connaissance, la technologie et l’innovation », a rappelé le ministre lors de son allocution d’ouverture.

Le constat est sans équivoque : dans une économie mondialisée, une idée non protégée peut être copiée, exploitée ailleurs et priver son créateur de revenus légitimes. La propriété intellectuelle — qu’il s’agisse de brevets, de marques, de dessins industriels ou de droits d’auteur — constitue désormais un outil de souveraineté économique.

Pour un pays comme le Togo, engagé dans une dynamique de transformation numérique et d’industrialisation, protéger les actifs immatériels revient aussi à sécuriser l’avenir des entrepreneurs locaux.

Ministère délégué - Promo Invest. & Souv. Eco
© Ministère délégué - Promo Invest. & Souv. Eco

La contrefaçon, un frein silencieux

La contrefaçon reste un défi majeur en Afrique de l’Ouest. Produits pharmaceutiques falsifiés, pièces détachées imitées, marques copiées : ces pratiques fragilisent les entreprises, découragent également les investisseurs et mettent parfois en danger les consommateurs.

Ainsi, en renforçant les capacités des magistrats, des douaniers, des forces de sécurité et des entrepreneurs à identifier et sanctionner ces pratiques, les autorités togolaises entendent assainir l’environnement des affaires.

L’implication de partenaires internationaux comme l’INTA et l’OMPI traduit la volonté d’aligner le cadre togolais sur les standards internationaux.

Ministère délégué - Promo Invest. & Souv. Eco
© Ministère délégué - Promo Invest. & Souv. Eco

Un levier pour attirer les investisseurs

Pour les investisseurs étrangers, la sécurité juridique est un critère déterminant. Un pays capable de garantir la protection des marques et des innovations rassure les multinationales comme les start-up.

L’API-ZF, bras opérationnel de la promotion des investissements, voit dans cette initiative un moyen de renforcer l’attractivité du Togo. Car une économie innovante sans protection efficace perd en crédibilité.

Dans le contexte de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), la protection des marques togolaises devient également un enjeu régional. Les entreprises locales qui souhaitent exporter doivent pouvoir défendre leurs produits sur de nouveaux marchés.

Ministère délégué - Promo Invest. & Souv. Eco
© Ministère délégué - Promo Invest. & Souv. Eco

Vers une culture de l’innovation

Au-delà de la formation technique, ces ateliers ambitionnent de créer une véritable culture de la propriété intellectuelle.

Beaucoup de petites et moyennes entreprises ignorent encore les procédures de dépôt de marque ou de brevet. Résultat : des concepts prometteurs restent vulnérables.

En sensibilisant les acteurs économiques, l’État veut encourager la formalisation et la valorisation des innovations locales, qu’il s’agisse d’agroalimentaire, de technologies numériques ou d’artisanat.

Une ambition à long terme

Le lancement de ces ateliers n’est qu’une étape. Pour produire des effets durables, la politique de propriété intellectuelle devra s’accompagner d’une simplification des procédures de dépôt, d’un renforcement des contrôles aux frontières, d’une justice spécialisée capable de traiter rapidement les litiges et d’une sensibilisation continue des entrepreneurs.

Dans un monde où la valeur d’une entreprise repose souvent davantage sur sa marque que sur ses machines, protéger l’innovation togolaise revient à investir dans la prospérité future.

Corridor Lomé–Mersin : accélérer les échanges

Le Togo veut consolider sa place de hub logistique en Afrique de l’Ouest. C’est dans cette perspective que le ministre de l’Économie maritime, de la Pêche et de la Protection côtière, Kokou Edem Tengue, a reçu le 21 février 2026, à Lomé, l’ambassadrice de Turquie au Togo, S.E. Mme Kılıç Muteber.

Au cœur des échanges : le renforcement du partenariat maritime entre les deux pays, avec en ligne de mire la mise en place d’un corridor logistique direct entre le Port autonome de Lomé et le Port de Mersin.

 

Un partenariat qui change d’échelle

Les relations commerciales entre Lomé et Ankara ont connu une progression régulière ces dernières années. Le volume des échanges avoisine désormais les 270 millions de dollars, un chiffre qui témoigne d’un intérêt croissant des opérateurs économiques des deux pays.

Mais pour les autorités togolaises, il ne s’agit plus seulement d’échanger davantage : l’ambition est d’échanger mieux.

La partie turque devrait soumettre prochainement un Mémorandum d’Entente (MoU) visant à formaliser ce partenariat maritime. Dans cette perspective, l’objectif est de fluidifier les flux de marchandises, de réduire les délais de transit et de renforcer également la compétitivité des entreprises togolaises sur les marchés internationaux.

 

Le Port de Lomé, pièce maîtresse de la stratégie togolaise

Seul port en eau profonde naturelle de la sous-région, le Port autonome de Lomé s’est imposé comme un carrefour logistique majeur pour les pays enclavés du Sahel.

Grâce à ses infrastructures modernisées et à sa capacité d’accueil de navires de grande taille, il constitue un atout stratégique pour le Togo. La création d’un corridor direct avec Mersin permettrait d’ouvrir une nouvelle porte vers le marché turc, mais aussi vers l’Europe et le Moyen-Orient.

Dans un contexte de concurrence accrue entre les ports ouest-africains, cette initiative s’inscrit dans la volonté de Lomé de maintenir son avance logistique.

Kokou Edem Tengue
© Kokou Edem Tengue

Mersin, passerelle vers l’Eurasie

Situé sur la côte méditerranéenne, le Port de Mersin est l’un des principaux centres maritimes de Turquie. Il relie l’Asie, l’Europe et le Moyen-Orient à travers un réseau dense de lignes commerciales.

Pour le Togo, se connecter plus directement à cette plateforme revient à diversifier ses partenaires commerciaux et à sécuriser de nouveaux débouchés pour ses exportations.

Une diplomatie économique assumée

Au-delà des chiffres, cette rencontre illustre une stratégie plus large : celle d’une diplomatie tournée vers l’efficacité économique.

Le gouvernement togolais multiplie les partenariats ciblés afin de renforcer les infrastructures, d’attirer des investissements et créer des opportunités pour les entreprises locales.

Dans cette dynamique, le secteur maritime occupe une place centrale. Le transport et la logistique représentent un levier essentiel pour soutenir la croissance, notamment dans un pays dont l’économie dépend fortement des échanges commerciaux.

 

Vers un corridor logistique performant ?

La mise en place d’un corridor direct pourrait réduire les coûts de transport, améliorer la prévisibilité des délais de livraison, renforcer les échanges industriels et agroalimentaires, et accroître les recettes portuaires.

Reste à transformer l’intention politique en réalisations concrètes. La signature et la mise en œuvre du mémorandum d’entente seront aussi déterminantes pour donner corps à cette ambition.

 

Un signal fort pour la compétitivité du Togo

Dans un environnement économique mondial marqué par les tensions géopolitiques et la reconfiguration des chaînes d’approvisionnement, le Togo cherche aussi  à consolider sa position.

Ainsi, en renforçant ses liens avec la Turquie et en misant sur la performance logistique, Lomé envoie un signal fort : le pays entend jouer un rôle de premier plan dans le commerce régional et international.