Golfe 2 : la Saint-Valentin prend un visage économique et social

À la veille de la Saint-Valentin, l’amour s’écrit autrement à Lomé. Dans la commune de Golfe 2, la fête des amoureux dépasse les roses et les déclarations enflammées : dix couples, unis civilement entre le 9 et le 14 février, ont reçu de la part d’Ecobank un accompagnement financier pour poser les premières pierres de leur vie commune.

L’opération, menée en collaboration avec la municipalité, s’est déroulée à la mairie de Golfe 2. Au-delà du symbole, l’initiative marque une volonté claire : inscrire le mariage dans une perspective de responsabilité économique et d’autonomie budgétaire.

Saint-Valentin
© Saint-Valentin

Le mariage, un projet à structurer

Dans un pays où l’inclusion financière demeure un enjeu majeur, ce geste n’est pas anodin. Chaque couple bénéficiaire s’est vu offrir un compte prépayé individuel. Un outil simple, mais stratégique, qui permet de mieux gérer ses dépenses, d’anticiper les besoins du foyer et de bâtir progressivement une stabilité financière.

En associant la célébration de l’amour à la planification budgétaire, l’établissement bancaire met en avant une réalité souvent éludée : le mariage ne repose pas uniquement sur l’émotion. Il implique également organisation, prévoyance et discipline financière.

Ce positionnement traduit une évolution des pratiques de responsabilité sociale des entreprises au Togo. Les institutions financières ne se contentent plus d’offrir des services ; elles cherchent à accompagner les citoyens dans les étapes clés de leur existence.

Mairie de Golfe 2
© Mairie de Golfe 2

Une proximité institutionnelle assumée

Pour la municipalité, cette opération s’inscrit dans une dynamique plus large de rapprochement avec les administrés. Les cérémonies de mariage, moments forts dans la vie des familles, deviennent ainsi des espaces de sensibilisation et de partenariat.

En soutenant de jeunes ménages dès le premier jour de leur union, la commune renforce le lien entre institutions publiques et acteurs privés. Une manière de rappeler que le développement local repose aussi sur la solidité des cellules familiales et leur capacité à se projeter dans l’avenir.

Mairie de Golfe 2
© Mairie de Golfe 2

L’amour, mais aussi la construction

À l’heure où la Saint-Valentin est souvent réduite à un événement commercial, l’initiative déployée à Golfe 2 offre une lecture différente : aimer, c’est aussi bâtir. Bâtir un foyer, prévoir les imprévus, organiser ses ressources.

Pour les dix couples concernés, cette célébration restera sans doute associée à un double engagement : celui du cœur et celui de la responsabilité. Une manière, en somme, de rappeler que les sentiments s’épanouissent d’autant mieux qu’ils s’appuient sur des bases solides.

Visite de Nigel Short au Togo : Quel avenir pour le jeu d’échecs ?

En visite à Lomé, le directeur du développement de la FIDE a salué le dynamisme de la Fédération Togolaise des Échecs. Entre diplomatie sportive et ambition éducative, le Togo tente de transformer un loisir de niche en un véritable levier pédagogique national.

 

Le silence studieux de l’Hôtel Lébénè a laissé place, cette semaine, au cliquetis méthodique des pièces de bois sur les échiquiers. Du 9 au 14 février 2026, Lomé est l’épicentre du jeu d’échecs en Afrique de l’Ouest, accueillant une figure légendaire de la discipline : le Grand Maître britannique Nigel David Short.

Cette visite de haut niveau, qui s’inscrit dans une tournée sous-régionale, dépasse le simple cadre protocolaire. Elle vient en effet valider une stratégie audacieuse portée par la Fédération Togolaise des Échecs (FTDE) depuis 2019 : faire du « noble jeu » un pilier du système éducatif togolais.

FTDE
© FTDE

La stratégie du pion : l’éducation par le jeu

Pour Nigel Short, l’avenir du jeu ne se joue pas seulement dans les clubs feutrés, mais dans les salles de classe. Ainsi, le directeur de la Fédération Internationale des Échecs (FIDE) a exprimé un soutien appuyé au Programme d’Introduction et de Vulgarisation du jeu d’échecs dans l’Éducation (PIVE).

L’argumentaire est scientifique autant que pédagogique. En République Démocratique du Congo, des études ont déjà démontré que la pratique des échecs facilite l’apprentissage des mathématiques et des sciences grâce à la rigueur logique qu’elle impose.

« Le jeu d’échecs apprend aux jeunes à prendre des décisions réfléchies et à anticiper des solutions face aux difficultés », souligne le Grand Maître, y voyant un remède efficace contre la distraction ambiante.

 

Un défi de masse pour le Togo

Malgré cette ambition, le chemin reste escarpé. Sur une population de plus de huit millions d’habitants, le Togo ne compte officiellement que 500 pratiquants, dont à peine 10 % ont déjà goûté à la compétition internationale.

Pour inverser la tendance, la FTDE, sous la direction de Me N’djellé Abby-Edah, mise sur une véritable politique de proximité, articulée autour de trois axes :

  • Formation des enseignants : des professeurs d’éducation physique sont initiés pour transmettre la discipline aux élèves.
  • Ciblage scolaire : chaque année, 1 000 élèves – dont 500 filles et 500 garçons – découvrent le jeu.
  • Matériel pédagogique : Distribution de manuels et d’échiquiers dans les établissements.

FTDE
© FTDE

Diplomatie et démonstration de force

Le séjour de Nigel Short a également été marqué par des échanges politiques intenses avec le Dr Abdul-Fahd Fofana, ministre délégué aux Sports, et M. Isaac Tchiakpé, ministre du Tourisme et de la Culture. Ces rencontres visent à ancrer durablement la discipline dans le paysage institutionnel togolais.

Sur le plan technique, le Grand Maître a fait étalage de son génie lors d’une séance de « simultanée ». Face à vingt joueurs locaux déterminés, l’expert international a réalisé un sans-faute, remportant toutes les parties, confirmant ainsi que si le talent est présent au Togo, le travail de concert avec la FIDE reste la clé pour voir, un jour, émerger un Grand Maître togolais.

Alors que Nigel Short quittera Lomé ce week-end après un dernier débriefing avec le comité exécutif de la FTDE, le message reste clair : le talent peut se trouver « dans le village le plus pauvre du Togo », à condition qu’on lui donne l’échiquier pour s’exprimer.

Décarbonation du Port de Lomé : Le plan stratégique 2026-2028 dévoilé

Sous l’impulsion de la modernisation énergétique et de la gouvernance environnementale, le Port Autonome de Lomé (PAL) a lancé, fin janvier, sa stratégie de décarbonation. Entre compétitivité internationale et enjeux climatiques, la plateforme portuaire dessine son futur à l’horizon 2050.

Le Port de Lomé ne veut plus seulement être le leader du transbordement en Afrique de l’Ouest ; il veut désormais en être la référence écologique. Durant deux jours, les 29 et 30 janvier 2026, la capitale togolaise a accueilli un atelier de cadrage crucial, réunissant les forces vives du secteur maritime et environnemental afin de tracer les contours de la mutation énergétique du port.

Port Autonome de Lomé
© Port Autonome de Lomé

Un impératif de compétitivité durable

Pour la direction générale du PAL, représentée par son secrétaire général, M. Yentchabré Kombaté, cette transition répond aux exigences strictes de l’Organisation maritime internationale (OMI), qui vise la neutralité carbone d’ici 2050. En effet, dans un marché mondial de plus en plus exigeant en matière de critères écoresponsables, décarboner les activités portuaires est devenu un levier indispensable pour maintenir l’attractivité de Lomé face à ses concurrents régionaux.

Port Autonome de Lomé
© Port Autonome de Lomé

Une feuille de route sur trois ans

Par ailleurs, l’élément central de cette rencontre a été la présentation du plan triennal 2026-2028. Ce programme ambitieux repose sur deux piliers majeurs :

  • La modernisation énergétique : une transition massive vers les énergies renouvelables pour alimenter les infrastructures.
  • Le renforcement de la gouvernance : une refonte institutionnelle afin de mieux surveiller et réduire l’empreinte carbone globale du site.

Comme le souligne M. Kudadje Kodjo, expert environnementaliste du port, cette transformation ne peut réussir que grâce à un « engagement collectif ». L’idée est de fédérer l’ensemble des acteurs — manutentionnaires, logisticiens et services publics — autour d’une vision commune.

Port Autonome de Lomé
© Port Autonome de Lomé

Une coalition de partenaires au chevet du climat

Le projet bénéficie d’un soutien institutionnel et financier de poids. Outre les ministères des Transports, de l’Environnement et de l’Énergie, des partenaires internationaux tels que l’Agence française de développement (AFD) et la GIZ allemande accompagnent également le processus. Des entreprises spécialisées comme Inros Lackner ou Raach Solar apportent aussi leur expertise technique afin de transformer les toitures et les espaces portuaires en véritables centrales de production d’énergie propre.

Au-delà de l’aspect environnemental, le PAL mise également sur cette transition pour stimuler l’économie locale. L’adoption de technologies vertes devrait générer de nouveaux « emplois verts », faisant de la décarbonation un moteur de croissance sociale pour la jeunesse togolaise.

Togo : Le projet IWAVE et l’AIEA modernisent la gestion de l’eau

Sous l’égide de l’Université de Lomé, des experts de l’AIEA déploient le projet IWAVE pour cartographier les réserves hydriques du pays. Une approche scientifique inédite, utilisant les techniques isotopiques, pour garantir l’accès à l’eau face à l’urgence climatique.

 

Le campus de Lomé est devenu, ce jeudi 12 février 2026, le centre névralgique d’une quête vitale : la maîtrise des ressources en eau du Togo. Entre les murs du Centre d’Excellence Régional sur les Sciences Aviaires (CERSA), l’expertise internationale rencontre l’ambition nationale pour relever l’un des défis les plus pressants du XXIᵉ siècle.

Université de Lomé
© Université de Lomé

Une diplomatie scientifique pour l’or bleu

Depuis le 8 février, le Togo vit au rythme du projet IWAVE (IAEA Water Availability Enhancement Project), une initiative de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) lancée en 2010 pour soutenir l’accès universel à l’eau saine. En effet, loin de l’image traditionnelle du nucléaire, l’atome s’invite ici comme un outil de précision chirurgicale pour sonder les nappes phréatiques.

Par ailleurs, la mission, conduite par les professeurs Kamel Zouari et Seif Kebede, vise à intégrer les techniques isotopiques dans la gestion publique. Ces outils permettent d’analyser la signature chimique de l’eau pour comprendre son origine, son âge et son taux de renouvellement, offrant ainsi une lecture scientifique rigoureuse indispensable à toute politique durable.

Université de Lomé
© Université de Lomé

Un diagnostic stratégique en deux temps

Le marathon des experts a débuté par une phase de concertation intense avec les acteurs ministériels, les directions techniques et la société civile entre le 8 et le 11 février. Ce dialogue de terrain a cédé la place, ce 12 février, à une phase de validation technique sous forme d’atelier.

Pour le Professeur Komlan Batawila, premier vice-président de l’Université de Lomé qui a présidé l’ouverture des travaux, cette étape est capitale. Elle marque aussi la volonté du Togo de moderniser ses infrastructures de données pour répondre à la pression démographique et aux caprices d’un climat de plus en plus incertain.

Université de Lomé
© Université de Lomé

Vers une autonomie décisionnelle

L’enjeu dépasse la simple collecte d’informations. Il s’agit de bâtir un véritable « bouclier hydrique » national. D’ailleurs, en renforçant les capacités des enseignants-chercheurs, des doctorants et des techniciens du ministère de l’Eau, le projet IWAVE dote le Togo d’un savoir-faire souverain.

La présence du lieutenant-colonel Mazamaesso Tchaou, agent de liaison de l’AIEA, et des représentants du ministère en charge de l’Eau souligne la dimension interinstitutionnelle de ce chantier. Dans la salle de conférence du CERSA, la collaboration entre la science et le politique semble avoir trouvé son point de fusion pour assurer que, demain, l’eau ne soit plus un luxe, mais un droit garanti par la science.

Gezani dévaste Madagascar : une île sous le choc et en état d’urgence

Antananarivo, 12 février 2026 — Parfois, il suffit de quelques heures pour réduire un pays à l’état d’urgence. Le cyclone tropical Gezani, qui a frappé l’île de Madagascar en début de semaine, s’est imposé dès sa formation comme une tempête d’une violence exceptionnelle pour la saison cyclonique 2025-2026. Moins d’une semaine après son entrée dans l’océan Indien, il a contraint les autorités à décréter un état de sinistre national, marquant une étape rarement atteinte en temps de paix.

DR
© DR

De l’océan à l’élévation : la naissance d’un monstre

La trajectoire de Gezani était surveillée depuis les premiers stades de son développement en mer — un phénomène météorologique courant entre novembre et mars dans le bassin sud-ouest de l’océan Indien. Toutefois, sa rapide intensification a surpris les observateurs. Le cyclone a atteint la côte est de Madagascar, frappant de plein fouet la ville portuaire de Toamasina dans la soirée du 10 février 2026, avec des rafales dépassant parfois 250 km/h et des pluies diluviennes.

Ce passage brutal a rappelé, dans sa violence, certains des cyclones les plus sévères de l’histoire du pays, même si son impact final ne rivalise pas encore avec les records humains des grandes tempêtes du passé — comme le cyclone Gafilo qui avait fait plusieurs centaines de morts en 2004.

DR
© DR
Le cyclone Gezani

Un bilan humain et matériel lourd

Les autorités malgaches, en coordination avec le Bureau national de gestion des risques et des catastrophes (BNGRC), ont publié des bilans actualisés au fil des heures : elles comptent au moins 36 morts, plusieurs dizaines de blessés et des milliers de personnes privées de toit.

Dans certaines zones de Toamasina, les images aériennes diffusées montrent des quartiers où près de 80 % des bâtiments ont été endommagés ou détruits, des routes impraticables et des infrastructures essentielles hors d’usage.

Les autorités portent désormais le nombre de sinistrés à plus de 250 000, répartis entre zones urbaines et rurales. Au-delà des chiffres, elles soulignent qu’une part importante du tissu social et économique se trouve frappée de plein fouet.

DR
© DR

État de sinistre national : une réponse à l’ampleur des dégâts

Face à cette tragédie, le gouvernement malgache a réuni son conseil des ministres pour décréter l’état de sinistre national, une mesure qui facilite l’accès à une aide d’urgence et la mobilisation de ressources exceptionnelles pour les opérations de secours.

Cette décision illustre l’ampleur des dégâts et des besoins : pas seulement des maisons effondrées, mais aussi des cultures détruites, des voies de communication coupées et des communautés isolées. La reprise et la reconstruction s’annoncent longues et coûteuses.

DR
© DR

Un autre cyclone peu avant, un contexte déjà fragile

Madagascar n’était pas sortie indemne de la précédente perturbation climato-météorologique. Moins de deux semaines avant Gezani, un autre système baptisé Fytia avait déjà traversé l’île, causant aussi pertes humaines et déplacements massifs de population.

La succession de ces tempêtes met en lumière la vulnérabilité structurelle de l’île aux phénomènes cycloniques, exacerbée par des facteurs climatiques mondiaux tels que l’élévation des températures océaniques. Ce contexte rend d’autant plus crucial le soutien humanitaire international, appelé par les autorités malgaches, pour répondre non seulement à l’urgence mais aussi à la prévention future.

Washington consolide son partenariat avec l’Université de Kara

Le campus sud de l’Université de Kara a accueilli, le 10 février 2026, une délégation de l’Ambassade des États-Unis au Togo conduite par M. Krish Das, Directeur des affaires publiques. Une visite placée sous le signe du renforcement des coopérations universitaires et de l’approfondissement des échanges éducatifs entre Lomé et Washington.

Reçu par le vice-président de l’institution, le professeur Boussanlègue Tchable, le responsable américain est venu mesurer les avancées d’un partenariat académique qui s’inscrit dans la durée. Au cœur des discussions : la consolidation des initiatives conjointes, en particulier celles portées par l’American Corner, centre de ressources et d’apprentissage linguistique implanté au sein de l’université.

Université de Kara
© Université de Kara

Une diplomatie académique assumée

Au-delà du protocole, la rencontre a mis en lumière une diplomatie d’influence fondée sur l’éducation et la formation. L’American Corner, espace dédié à l’apprentissage de l’anglais et à l’accès à des ressources pédagogiques américaines, constitue l’un des piliers de cette collaboration.

M. Krish Das a salué la vitalité des activités menées sur le site, soulignant la qualité de la coopération engagée avec l’université. Il a notamment relevé l’impact des programmes de formation linguistique et des initiatives destinées à élargir les perspectives académiques et professionnelles des étudiants.

Université de Kara
© Université de Kara

Former la jeunesse, investir dans l’avenir

Pour les autorités universitaires, cette visite illustre la solidité d’un partenariat stratégique.Par ailleurs  Le professeur Boussanlègue Tchable a transmis les remerciements de la présidente de l’Université de Kara, la professeure Prénam Houzou-Mouzou, à l’endroit de la délégation américaine. Celle-ci a été félicitée pour son engagement en faveur du développement des compétences, tant au bénéfice des étudiants que du personnel administratif et enseignant.

Les opportunités de formation et les échanges académiques offerts dans ce cadre participent, selon les responsables universitaires, à l’ouverture internationale de l’établissement et à la montée en compétence de la jeunesse togolaise.

 

Une coopération appelée à se renforcer

Dans un contexte où l’internationalisation des universités devient un levier majeur de compétitivité, l’Université de Kara entend aussi poursuivre l’élargissement de ses partenariats stratégiques. La visite du Directeur des affaires publiques de l’Ambassade des États-Unis apparaît ainsi comme un signal fort : celui d’une coopération académique appelée à s’intensifier.

L’Université de Kara vérifie la présence de son personnel

Soucieux d’améliorer la qualité des services offerts aux étudiants et de renforcer l’efficacité de son administration, l’Université de Kara a lancé, le 11 février 2026, une vaste opération de contrôle physique de son personnel. Déployée dans les différentes directions et services, cette initiative s’inscrit dans une dynamique de transparence et de rationalisation, marquant une étape décisive dans la modernisation de la gouvernance universitaire.

 

L’opération concerne aussi bien le personnel administratif et technique que les enseignants-chercheurs. Elle vise aussi à établir un état précis des effectifs en activité, dans un contexte où la fiabilité des données constitue un enjeu central pour la gouvernance universitaire.

Université de Kara
© Université de Kara

Fiabiliser les données, renforcer la transparence

Au cœur de cette démarche : la constitution d’une base d’informations actualisée et rigoureuse. Ainsi, les équipes déployées procèdent à la vérification de la présence effective des agents à leurs postes, tout en actualisant les éléments relatifs à leur situation administrative.

Chaque agent est ainsi invité à confirmer ses données personnelles et professionnelles, notamment son identité civile, son grade, sa catégorie statutaire, sa fonction ainsi que son service d’affectation. Cette procédure vise à réduire les écarts éventuels entre les fichiers administratifs et la réalité du terrain.

Université de Kara
© Université de Kara

Une modernisation de la gestion des ressources humaines

Placée sous la coordination de la Direction des ressources humaines, dirigée par le Dr Panaewazibiou Dadja-Tiou, cette tournée s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation des outils de pilotage administratif.

Dans un environnement universitaire en pleine mutation, la maîtrise des effectifs et la qualité des données internes apparaissent comme des leviers essentiels pour optimiser l’allocation des ressources et renforcer la transparence institutionnelle.

Au-delà de l’aspect strictement administratif, cette initiative témoigne d’une volonté d’améliorer la gouvernance et d’adapter les pratiques de gestion aux exigences contemporaines.

 

Un enjeu stratégique pour l’institution

Alors que les universités publiques font face à des défis croissants en matière de performance et de crédibilité, l’Université de Kara entend consolider ses mécanismes internes. Cette opération de contrôle physique s’inscrit ainsi dans une logique de rigueur et de responsabilisation, avec pour ambition d’assurer une gestion plus efficiente de son capital humain.

Daouda Soukpafolo rachète UNIWAX, géant du wax ivoirien

Une page importante s’écrit dans l’histoire industrielle de la Côte d’Ivoire et, plus largement, de l’Afrique de l’Ouest. Dans une transaction stratégique passée sous silence médiatique, la Compagnie Ivoirienne de Coton S.A. (COIC), dirigée par l’homme d’affaires ivoirien Koné Daouda Soukpafolo, a acquis la participation majoritaire dans UNIWAX S.A., l’un des derniers « fleurons » du textile régional.

 

Un retour à l’ancrage local d’un géant textile

Créé à la fin des années 1960, UNIWAX est l’un des rares fabricants industriels de pagne wax encore en activité en Afrique de l’Ouest, avec une usine historique située dans la zone industrielle de Yopougon à Abidjan. L’entreprise, longtemps associée au groupe néerlandais Vlisco, est également cotée à la BRVM (Bourse Régionale des Valeurs Mobilières).

L’accord, conclu ce 11 février 2026, marque ainsi le retour de la marque sous contrôle ivoirien, et s’inscrit dans une logique de création de valeur locale, de résilience industrielle et de développement stratégique.

 

Contexte financier : redressement avant le rachat

Ce rachat intervient après plusieurs années de difficultés financières pour UNIWAX, qui avait affiché des pertes significatives jusque-là. Toutefois, en 2025, l’entreprise a renoué avec la rentabilité : au troisième trimestre, le chiffre d’affaires avait progressé de 13 % par rapport à l’année précédente, et le groupe avait enregistré un bénéfice net d’environ 8,1 milliards de FCFA.

Cette amélioration s’est accompagnée d’une forte réaction des marchés : entre janvier et novembre 2025, l’action Uniwax à la BRVM a augmenté de plus de 267 %, traduisant un regain de confiance des investisseurs dans la capacité du groupe à se redresser.

Selon d’autres bilans récents, la société avait réussi à transformer ses pertes des exercices précédents et à afficher un bénéfice net au premier semestre 2025, même si certains résultats positifs provenaient de cessions d’actifs.

 

Modalités et accompagnement : continuité opérationnelle

Toutefois, les autorités n’ont pas rendu publiques les modalités financières exactes du rachat et elles doivent encore approuver le processus sur le plan réglementaire, mais les sources proches du dossier signalent que la direction d’Uniwax ainsi que le groupe Vlisco continueront à accompagner la marque pour assurer sa stabilité opérationnelle dans les mois à venir.

Pour la COIC, l’intégration d’Uniwax s’inscrit dans une stratégie industrielle intégrée : en rapprochant la fabrication de pagnes de la transformation locale du coton, l’objectif est de créer des synergies industrielles fortes et d’insuffler de nouvelles capacités d’investissement.

 

Un homme d’affaires influent à la manœuvre

Surnommé le « Roi du coton » ivoirien, Koné Daouda Soukpafolo est l’un des entrepreneurs les plus en vue du pays. Son groupe s’est d’abord construit autour de la filière cotonnière avant de s’étendre à l’agro-industrie, au transport et aux services financiers.

Selon les classements économiques, sa fortune est estimée à près de 92 milliards de FCFA (≈165 millions USD) ; ce qui le place parmi les 10 plus grandes fortunes de Côte d’Ivoire.

 

Vers une industrie textile africaine plus intégrée ?

Au-delà de l’importance de UNIWAX pour l’économie ivoirienne, ce rachat fait écho à des initiatives plus larges d’industrialisation du continent, encouragées par plusieurs États ouest-africains. L’opération pourrait ainsi devenir un cas d’école de montée en puissance de capitaux locaux dans une industrie longtemps marquée par la concurrence étrangère.

Pour les acteurs économiques, le défi reste de renforcer la compétitivité du textile africain face aux importations asiatiques à bas coût, tout en préservant l’authenticité et la valeur culturelle des produits locaux.

UEMOA : Le Togolais Kuami Gameli Lodonou prend la tête de la Cour de Justice

C’est une nouvelle victoire diplomatique pour Lomé sur la scène régionale. Le magistrat togolais Lodonou Kuami Gameli prend officiellement ses fonctions de président de la Cour de justice de l’Uemoa ce mercredi 11 février à Ouagadougou. Portrait d’un puriste du droit qui succède au Sénégalais Mahawa Sémou Diouf.

 

Un passage de témoin

En effet, le fauteuil de président de la Cour de justice de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) change de main. Élu par ses pairs en début de mois, le magistrat Lodonou Kuami Gameli est installé ce mercredi au siège de l’institution à Ouagadougou, au Burkina Faso.

Il succède au Sénégalais Mahawa Sémou Diouf, dont le mandat s’est achevé, marquant ainsi le retour du Togo à une position de premier plan au sein des organes de l’Union. Par ailleurs, pour Lomé, cette élection n’est pas qu’une simple formalité administrative ; elle vient confirmer l’influence croissante des cadres togolais dans l’architecture juridique régionale.

UEMOA
© UEMOA

Le profil : un technicien « hors hiérarchie »

À 67 ans, Kuami Gameli Lodonou affiche un CV qui rassure les chancelleries. Diplômé de la prestigieuse École nationale de la magistrature de Paris et titulaire d’une maîtrise en droit des affaires de l’ Université de Lomé, il incarne cette génération de juristes ouest-africains à cheval entre tradition continentale et exigences internationales.

Élu en 2021 juge à la Cour de justice de l’UEMOA, il avait auparavant exercé comme secrétaire exécutif de la Commission nationale de l’OHADA, où il a consolidé son expertise en harmonisation du droit des affaires. Magistrat hors hiérarchie, il occupe aujourd’hui le grade le plus élevé de la magistrature togolaise.

 

Les défis d’un mandat de trois ans

Le nouveau président arrive à un moment charnière pour l’intégration régionale. Créée en 1995, la Cour de justice joue le rôle de sentinelle de l’Union : elle veille à ce que le droit communautaire s’applique de la même manière à Lomé, Dakar ou Bamako.

« La stabilité et la prévisibilité juridique sont les deux piliers d’une intégration réussie », rappelle souvent l’institution.

Pendant son mandat de trois ans, Lodonou Kuami Gameli devra arbitrer les contentieux entre États membres et s’assurer aussi que les directives de l’Union ne restent pas lettre morte. Dans un contexte de réformes économiques profondes, les investisseurs scruteront de près sa présidence afin que la sécurité juridique demeure le principal critère d’attractivité de la zone.

Togo–Philippines : Lomé et Manille consolident leur partenariat

Le Togo et les Philippines entendent donner un nouveau souffle à leur coopération. Le ministre togolais des Affaires étrangères, de l’Intégration régionale et des Togolais de l’extérieur, Prof. Robert Dussey, a annoncé avoir eu des « échanges constructifs » avec son homologue philippine, Mme Theresa P. Lazaro, Secrétaire aux Affaires étrangères de la République des Philippines.

À l’issue des discussions, les deux responsables ont convenu de renforcer leur partenariat, en mettant l’accent sur la coopération bilatérale et multilatérale, notamment dans le cadre des organisations internationales.

Une convergence diplomatique Sud-Sud

Cette rencontre s’inscrit dans la dynamique de diversification des alliances diplomatiques impulsée par Lomé ces dernières années. En effet, le Togo, membre actif de l’Union africaine, multiplie les passerelles avec l’Asie du Sud-Est, une région stratégique en pleine expansion économique.

Les échanges entre les deux ministres ont porté sur :

  • le renforcement des relations politiques ;
  • la coopération économique et commerciale ;
  • les concertations dans les enceintes multilatérales, notamment au sein des Nations unies et de l’Union africaine ;
  • les perspectives de collaboration dans les domaines de la formation, du numérique et de la résilience climatique.

Dans un contexte international marqué par la recomposition des équilibres géopolitiques, Lomé et Manille affichent une volonté commune de promouvoir un multilatéralisme inclusif et pragmatique.

Des bases déjà établies

Les relations entre le Togo et les Philippines reposent sur un socle diplomatique établi depuis plusieurs décennies à travers les cadres multilatéraux. En effet, les deux pays ont régulièrement collaboré au sein des Nations unies sur des questions liées au développement durable, à la paix et à la sécurité internationale.

Au fil des années, des échanges techniques ont également été observés dans les domaines maritime et commercial, secteurs stratégiques pour les deux États. Ainsi, le Togo, avec le Port autonome de Lomé, hub logistique majeur en Afrique de l’Ouest, partage avec les Philippines – archipel au carrefour des routes maritimes asiatiques – un intérêt commun pour la sécurité maritime et le commerce international.

Les deux pays ont par ailleurs soutenu des initiatives communes dans le cadre de la coopération Sud-Sud, notamment autour des Objectifs de développement durable (ODD).

Une ambition élargie

En réaffirmant leur volonté de renforcer leur partenariat, Lomé et Manille semblent vouloir franchir un nouveau palier, au-delà des simples convergences diplomatiques.

Pour le Togo, cette ouverture vers l’Asie s’inscrit dans une stratégie plus large d’attractivité économique et d’expansion de ses partenariats hors des sphères traditionnelles. Pour les Philippines, le rapprochement avec des États africains dynamiques participe d’une politique d’engagement accru avec le continent.

À travers cette initiative, le chef de la diplomatie togolaise confirme ainsi la ligne stratégique de Lomé : consolider ses alliances, élargir ses espaces d’influence et inscrire le Togo dans une diplomatie d’équilibre, proactive et tournée vers les pôles émergents.

En somme, les prochains mois devraient permettre de préciser les axes opérationnels de cette coopération renouvelée, avec, en ligne de mire, des projets concrets susceptibles de renforcer les échanges économiques et institutionnels entre les deux pays.