La commune de Kloto 1 a inauguré, le 22 octobre 2026, une vitrine artisanale destinée à exposer et commercialiser les créations des artisans de Kpalimé. Le projet, porté par la Chambre préfectorale des métiers avec l’appui de la coopération allemande à travers la GIZ, entend donner aux producteurs locaux un espace visible, structuré et accessible aux visiteurs comme aux acheteurs.
La cérémonie a réuni les autorités administratives et communales ainsi que l’ambassadeur d’Allemagne au Togo, Son Excellence Stefan Anton Messerer. Le maire de Kloto 1, Émile Atigaku, a facilité la concrétisation du projet en mettant à disposition le bâtiment qui accueille désormais cette plateforme de promotion du savoir-faire local.
À Kpalimé, l’artisanat occupe une place centrale dans l’économie locale. La ville abrite des activités de sculpture, couture, batik, céramique, macramé et tissage, notamment le kenté, pagne traditionnel ewé reconnu pour la richesse de ses motifs. Pourtant, de nombreux artisans peinent à disposer d’un lieu stable où présenter leurs œuvres au-delà des foires ponctuelles.
La nouvelle vitrine comble en partie ce manque. Elle offre aux professionnels un point de vente permanent, susceptible d’attirer les habitants, les touristes de passage et les visiteurs intéressés par les produits faits main. Cette visibilité peut accroître les ventes, réduire la dépendance aux marchés informels et permettre aux artisans de mieux valoriser leur travail.
Le projet s’inscrit dans la dynamique de la promotion de la consommation locale, encouragée par les autorités pour renforcer une économie plus résiliente. Il rejoint également les efforts déployés pour faire de Kpalimé un pôle d’attractivité économique et touristique, où l’artisanat constitue l’un des principaux atouts.
Pour les artisans, l’enjeu dépasse l’exposition. Un espace permanent peut améliorer la régularité de leurs revenus, particulièrement pour les femmes et les jeunes qui tirent l’essentiel de leurs ressources de la couture, du tissage, de la transformation ou de la vente d’objets décoratifs.
La vitrine peut aussi favoriser les commandes, les partenariats avec les hôtels, les boutiques et les opérateurs touristiques. En rapprochant l’offre des acheteurs, elle réduit les coûts liés à la recherche de clients et limite le recours aux intermédiaires, souvent moins rémunérateurs pour les créateurs.
La GIZ accompagne au Togo le développement des petites et moyennes entreprises, notamment dans la transformation et la commercialisation des produits locaux. Ce type d’appui vise à rendre les activités artisanales plus rentables et plus durables.
L’inauguration marque une étape, mais la réussite du projet dépendra de son exploitation quotidienne. Les responsables de la Chambre préfectorale des métiers devront organiser la rotation des exposants, garantir la qualité des produits, assurer la sécurité du site et maintenir une programmation attractive.
Les visiteurs sont désormais invités à découvrir et à acheter les créations des artisans de Kloto 1. Chaque achat soutient directement une activité locale et contribue à pérenniser un espace conçu pour faire rayonner le savoir-faire de Kpalimé.
Dans un élan résolument tourné vers l’avenir tout en honorant les racines ancestrales, le Marché international de l’artisanat du Togo (MIATO 2025) amorce une nouvelle ère. Après trois éditions couronnées de succès sur l’esplanade du Palais des Congrès de Lomé, elle entame une nouvelle étape de son histoire.
En effet, cette année, l’événement phare de l’artisanat togolais migre vers le Centre Togolais des Expositions et Foires (CETEF), un cadre plus vaste et mieux adapté aux ambitions grandissantes de cette manifestation. Ce déplacement n’est pas qu’un simple changement de lieu : il symbolise une volonté de renouveau, d’expansion et de professionnalisation d’un secteur qui incarne l’âme culturelle et économique du Togo.
En plus, hier, la salle Africa du CETEF a été le théâtre d’une conférence de presse inaugurale où se sont déployées des déclarations empreintes d’une érudition rare et d’une détermination sans faille. Co-présidée par Mme Kayi MIVEDOR-SAMBIANI, Ministre du Commerce, de l’Artisanat et de la Consommation locale, et Mme Yawa Kouigan, Ministre de la Communication, des Médias et de la Culture, cette rencontre a réuni une constellation de personnalités et d’acteurs passionnés par l’artisanat.
Par ailleurs, ça a été l’occasion pour les organisateurs, avec une verve singulière, de dévoilerles contours d’un événement d’envergure qui se veut à la fois une célébration et une réflexion approfondie sur les défis contemporains de la préservation des œuvres artisanales.
Sous le thème « Protection des œuvres artisanales : enjeux et défis », cette quatrième édition place la lumière sur un sujet crucial : la sauvegarde du patrimoine artisanal et la valorisation du savoir-faire traditionnel. Un thème qui résonne avec les préoccupations actuelles des artisans, souvent confrontés à des défis liés à la propriété intellectuelle, à la commercialisation de leurs œuvres et à la préservation de leurs techniques ancestrales.
En outre, L’édition 2025 du MIATO innove à plusieurs égards. Pour la première fois, une « région phare » sera mise à l’honneur : la région des Plateaux, réputée pour sa richesse culturelle et artisanale, aura l’opportunité de présenter ses créations et ses traditions. Par ailleurs, le Burkina Faso a été désigné « Pays Invité d’Honneur », une décision qui souligne l’importance de la coopération régionale dans la promotion de l’artisanat africain. Cette initiative, pour le moins inusitée, promet d’insuffler une nouvelle dynamique aux échanges et d’ouvrir des perspectives inédites sur la scène africaine.
Mme Kayi MIVEDOR-SAMBIANI a rappelé que cette édition répond aux attentes des acteurs du secteur, avec des prévisions ambitieuses permettant de « monter en échelle ». Du 23 avril au 4 mai 2025, le CETEF deviendra ainsi un carrefour incontournable pour les artisans, les collectionneurs, les acheteurs et les amateurs d’artisanat. Une occasion unique de découvrir des créations uniques, de nouer des partenariats et de célébrer la richesse culturelle du Togo et de l’Afrique.
Le MIATO 2025 ne se contentera pas d’être une simple vitrine commerciale. Les organisateurs ont prévu un programme dense et varié, incluant des panels de discussion, des concours et des distinctions. Ces activités ont pour objectif de renforcer les capacités des artisans, de favoriser le partage d’expériences et de stimuler l’innovation dans le secteur. Des formations sur des thématiques telles que la protection des œuvres, le marketing digital ou encore l’accès aux marchés internationaux seront proposées, offrant ainsi aux participants des outils concrets pour développer leurs activités.
Par ailleurs, des concours récompenseront les meilleures créations, mettant en avant le talent et la créativité des artisans. Ces distinctions, loin d’être symboliques, visent à encourager l’excellence et à susciter des vocations parmi les jeunes générations.
Le MIATO 2025 tourné vers l’avenir
Le MIATO 2025 s’annonce comme une édition charnière, marquant une étape décisive dans la valorisation de l’artisanat togolais et africain. En changeant de cadre, en innovant dans son approche et en mettant l’accent sur des enjeux cruciaux comme la protection des œuvres, cet événement confirme son rôle central dans la promotion d’un secteur qui incarne à la fois le passé, le présent et l’avenir du continent.
Au-delà des retombées économiques, le MIATO est avant tout une célébration de l’identité culturelle africaine. Il rappelle que l’artisanat, loin d’être une activité marginale, est un pilier essentiel du développement durable. En offrant une plateforme d’échange et de visibilité, il contribue à préserver un patrimoine précieux tout en ouvrant de nouvelles perspectives pour les artisans.
En définitive, le MIATO 2025 n’est pas qu’un marché : c’est un manifeste, une déclaration d’amour à l’artisanat et à ses artisans. Il témoigne de la résilience et de la créativité d’un peuple qui, malgré les défis, continue de tisser des liens entre tradition et modernité. Et comme le disait le poète sénégalais Birago Diop, « les morts ne sont pas morts ». À travers leurs œuvres, les artisans togolais et africains perpétuent une mémoire vivante, une histoire qui se réinvente sans cesse. Le MIATO, en leur offrant une tribune, devient ainsi le gardien de cette flamme éternelle.