Togo-Russie : des investisseurs explorent les opportunités de la PIA

La Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA) a accueilli, mercredi 30 septembre 2026, une délégation d’entrepreneurs russes en visite au Togo dans le cadre de la première session de la Commission mixte intergouvernementale entre Lomé et Moscou. Cette rencontre, consacrée aux échanges commerciaux, économiques, scientifiques et techniques, a permis aux visiteurs de découvrir les infrastructures et les activités de la principale zone industrielle intégrée du pays. La commission mixte se tient à Lomé du 29 septembre au 1ᵉʳ octobre et vise à transformer le rapprochement diplomatique en projets économiques concrets.

Accueillie par Idiola Sandah, administrateur général de l’Autorité de coordination de la PIA, en présence du directeur général de la PIA SAS, la délégation a parcouru plusieurs installations de la plateforme. Les échanges ont porté sur les conditions d’implantation, les services disponibles et les secteurs susceptibles d’intéresser les opérateurs russes.

ACP - Autorité de Coordination de la PIA
© ACP - Autorité de Coordination de la PIA
La PIA veut séduire les industriels étrangers

La visite a mis en évidence le modèle d’écosystème intégré développé à Adétikopé. Implantée sur environ 400 hectares, la plateforme regroupe une zone industrielle, des espaces commerciaux, des entrepôts, une aire logistique et un parc à conteneurs d’une capacité annoncée de 12 500 unités. Elle dispose également d’un parking pouvant accueillir 700 camions ainsi que d’infrastructures de stockage pour le coton et d’autres matières premières.

La PIA propose aux entreprises un ensemble de services destinés à simplifier leur installation et leur fonctionnement : terrains aménagés, accès à l’eau et à l’électricité, dispositifs de traitement des déchets et des eaux, accompagnement administratif et avantages liés au régime de zone économique spéciale.

Son modèle repose sur la transformation locale des matières premières, la création de chaînes de valeur et l’exportation de produits finis. Le parc textile constitue l’un des exemples les plus visibles de cette stratégie, avec une organisation qui couvre l’approvisionnement, la fabrication et la commercialisation.

ACP - Autorité de Coordination de la PIA
© ACP - Autorité de Coordination de la PIA
Des secteurs à explorer

Pour les opérateurs russes, la PIA peut offrir un point d’entrée vers le marché togolais et, plus largement, vers les économies de la sous-région. La proximité du port de Lomé, l’accès aux axes de transport et le cadre logistique de la plateforme renforcent son attractivité pour les activités industrielles et commerciales.

Les discussions pourraient ouvrir des perspectives dans plusieurs domaines :

  • la transformation agroalimentaire ;

  • le textile et l’habillement ;

  • la logistique et l’entreposage ;

  • les technologies industrielles ;

  • l’énergie et les solutions renouvelables ;

  • les équipements agricoles ;

  • la formation technique et professionnelle.

La rencontre ne vaut toutefois pas l’engagement d’investissement. Elle constitue d’abord une étape de prospection destinée à rapprocher les entreprises et à identifier les projets présentant un intérêt commun.

ACP - Autorité de Coordination de la PIA
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Une diplomatie économique en construction

La présence de la délégation russe s’inscrit dans une volonté affichée par les deux pays de donner davantage de contenu à leur coopération. Les échanges de la commission mixte doivent permettre d’examiner les relations commerciales existantes, les obstacles rencontrés par les opérateurs et les secteurs susceptibles de faire l’objet de nouveaux accords.

Cette approche marque une évolution du partenariat Togo-Russie. Après les contacts institutionnels, les autorités cherchent désormais à mobiliser les entreprises, les chambres consulaires et les plateformes industrielles afin de créer des opérations mesurables. La Chambre de commerce et d’industrie du Togo a déjà organisé des rencontres entre opérateurs des deux pays autour de projets liés à l’agriculture intelligente, à la formation professionnelle, aux infrastructures de transport et à l’aménagement urbain.

ACP - Autorité de Coordination de la PIA
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Quels bénéfices pour le Togo ?

Si les discussions débouchent sur des investissements effectifs, le Togo pourrait en tirer plusieurs avantages. L’arrivée de capitaux russes contribuerait d’abord à élargir les sources de financement de l’industrie et à réduire la dépendance à l’égard d’un nombre limité de partenaires. De nouveaux projets pourraient ensuite créer des emplois directs et indirects, notamment pour les jeunes formés dans les métiers techniques. La coopération technologique pourrait également améliorer la productivité des entreprises togolaises, moderniser certains procédés et favoriser le transfert de compétences.

L’implantation d’unités de transformation permettrait par ailleurs d’accroître la valeur ajoutée produite localement. Au lieu d’exporter des matières premières brutes, le pays pourrait développer davantage de produits semi-finis ou finis destinés au marché régional et international.

Enfin, l’ouverture de nouvelles routes commerciales renforcerait le rôle du Togo comme plateforme logistique en Afrique de l’Ouest. Pour que ces bénéfices se concrétisent, les autorités devront toutefois privilégier des partenariats transparents, vérifier la solidité des projets et veiller à ce que les investissements s’accompagnent de retombées réelles pour l’économie locale.