Casablanca, nouveau quartier général des Éperviers

Le Maroc accueille depuis ce lundi 23 mars 2026 le regroupement des Éperviers du Togo. Dans une atmosphère studieuse, dix joueurs ont déjà posé leurs valises à Casablanca, donnant le coup d’envoi d’une préparation qui s’annonce intense avant les deux tests amicaux contre la Guinée (27 mars à Rabat) et le Niger (31 mars).

 

Un noyau déjà en place

Parmi les premiers arrivés figurent des cadres comme le capitaine Dakonam Djené, mais aussi des jeunes talents tels que Mansour Ouro-Tagba et Idjessi Metsoko. Ce noyau initial illustre la volonté du staff technique de bâtir une cohésion rapide, avant l’arrivée des autres internationaux attendus dans les prochaines heures.

 

Denkey attendu, Fo-Doh Laba absent

La grande attraction offensive, Kévin Denkey, en provenance du FC Cincinnati, est attendue mardi. Son rôle sera déterminant pour dynamiser l’attaque togolaise.
À l’inverse, l’absence de Kodjo Fo-Doh Laba, contrainte par des circonstances géopolitiques indépendantes de sa volonté, constitue un coup dur. La Fédération a réagi promptement en convoquant Thibault Klidjè, qui rejoint le groupe sans délai.

 

Autres forfaits à gérer

Le staff devra également composer sans Loïc Bessilé, en convalescence, et Kodjo Aziangbé, victime d’une blessure au genou. Ces absences obligent le sélectionneur à réajuster ses plans, mais ouvrent aussi la porte à de nouvelles opportunités pour les jeunes joueurs.

Les Éperviers ont consacré leur première journée à une séance d’éveil musculaire, avant d’enchaîner avec un entraînement sur le terrain. Le rythme s’intensifiera progressivement, avec pour objectif d’arriver en pleine possession de leurs moyens vendredi face à la Guinée.

 

 Un rassemblement sous le signe de la résilience

Ce regroupement illustre la capacité des Éperviers à s’adapter aux imprévus. Entre forfaits et arrivées échelonnées, le staff mise sur la discipline et l’esprit collectif pour transformer Casablanca en véritable laboratoire tactique. Les matchs amicaux contre la Guinée et le Niger ne sont pas de simples formalités : ils serviront de baromètre pour jauger la profondeur de l’effectif et tester les nouvelles dynamiques offensives.

Gbavé : la FIFA contrôle le futur centre du football togolais

À quelques kilomètres de Lomé, un chantier symbolise l’ambition du Togo de structurer durablement son football. Ce lundi 9 mars 2026, le projet du Centre Technique National de Gbavé a franchi une nouvelle étape avec la visite d’un représentant de la Fédération internationale de football (FIFA), venu évaluer l’évolution des travaux dans le cadre du programme FIFA Forward.

Cette mission de suivi, menée par Nataniel Nascimento Brito, manager de développement du bureau Afrique de la FIFA, s’inscrit dans un processus de contrôle régulier visant à s’assurer que le projet avance conformément aux objectifs fixés. Au programme de cette journée : une inspection du site de construction et une série d’échanges techniques avec les entreprises en charge du chantier ainsi que le bureau de contrôle.

 

Un projet structurant pour le football togolais

Pour la Fédération togolaise de football (FTF), la réalisation du Centre Technique National de Gbavé représente bien plus qu’un simple projet d’infrastructure. Il s’agit d’un levier stratégique destiné à transformer l’organisation et la formation du football dans le pays.

Une fois achevé, le centre devrait offrir un cadre moderne dédié à l’encadrement des jeunes joueurs, à la préparation des différentes sélections nationales et au renforcement des compétences techniques des entraîneurs et encadreurs.

Dans un contexte où la formation reste l’un des défis majeurs du football africain, l’initiative vise aussi à doter le Togo d’un outil capable d’accompagner l’émergence de nouvelles générations de talents.

 

La stratégie FIFA Forward à l’épreuve du terrain

Lancé par la FIFA pour soutenir le développement du football dans ses fédérations membres, le programme FIFA Forward finance des projets d’infrastructures et de formation à travers le monde. En Afrique, plusieurs centres techniques nationaux ont vu le jour ces dernières années grâce à ce mécanisme.

La mission de suivi organisée à Lomé témoigne de la volonté de l’instance internationale de veiller à la bonne exécution des investissements engagés. Par ailleurs, l’objectif est double : garantir la qualité des installations et assurer que celles-ci répondent réellement aux besoins du football local.

 

Former la prochaine génération des Éperviers

Au-delà des infrastructures, les responsables du football togolais voient dans ce centre un outil capable d’influencer durablement la performance sportive du pays.

Le futur complexe devrait notamment servir de base de préparation pour les équipes nationales, mais aussi devenir un espace dédié à la détection et à la formation des jeunes talents.

Dans un pays où de nombreux joueurs émergent encore dans des structures informelles, la création d’un tel centre pourrait contribuer à structurer les parcours de formation et améliorer la transition vers le haut niveau.

 

Une vision à long terme

Si le chantier en cours marque une avancée importante, les acteurs du football togolais savent que l’impact du centre dépendra de son utilisation future. La réussite du projet passera par la mise en place de programmes de formation efficaces, l’encadrement des jeunes joueurs et la coopération avec les clubs locaux.

À Gbavé, les fondations qui se posent aujourd’hui pourraient ainsi façonner le visage du football togolais de demain.

Togo : Patrice Neveu sélectionneur des Éperviers

Le feuilleton aura tenu Lomé en haleine jusqu’au bout. Après le rendez-vous manqué du vendredi dernier, le technicien français Patrice Neveu a officiellement paraphé son contrat ce lundi 2 mars 2026. En s’engageant pour trois ans, l’ancien sélectionneur du Gabon accepte une mission : sortir le football togolais de sa léthargie et restaurer l’aura de l’équipe nationale.

L’épisode du « siège vide » au stade de Kégué n’est plus qu’un mauvais souvenir. En effet, ce lundi, l’ambiance était tout autre au siège de la Fédération togolaise de football (FTF). Sous le regard du colonel Guy Kossi Akpovy et du ministre délégué en charge des Sports Abdul Fahd Fofana, Patrice Neveu a officiellement scellé son destin à celui du Togo. À 70 ans, le « vieux routier » des bancs de touche africains entame ce qu’il considère comme l’un de ses plus beaux défis.

La feuille de route ambitieuse du gouvernement

Au-delà de la simple signature, cette cérémonie a permis aux autorités de fixer le cap. Le ministre Abdul Fahd Fofana n’a pas utilisé de détour pour exposer les attentes du sommet de l’État : le Togo veut retrouver le gotha ​​du football africain.

En effet, le ministre a prévu une feuille de route sans équivoque au nouveau patron des Éperviers. « Notre ambition est claire : redonner au Togo sa place sur la scène continentale et internationale », a-t-il martelé. Pour le gouvernement, le recrutement de Neveu doit sonner la fin de l’à-peu-près. Le ministre compte également sur l’expertise du Français pour « fédérer les talents et insuffler une nouvelle dynamique » à un public qu’il dit « profondément attaché à son équipe nationale »

Rigueur et fin de l’improvisation

De fait, cette volonté politique exige un changement de paradigme sur le terrain. Patrice Neveu semble avoir reçu le message cinq sur cinq. Dès ses premières déclarations, le nouveau patron des Éperviers a affiché une détermination sans faille. Loin des promesses illusoires, Patrice Neveu mise sur une recette qu’il a déjà appliquée en Guinée, en Mauritanie ou encore en RD Congo : la discipline.

« Il n’y aura pas de place pour l’improvisation », a martelé le technicien français.

Pour lui, le potentiel du réservoir togolais est une réalité, mais il nécessite un cadre de travail strict. Le message est envoyé aux joueurs : seul le respect scrupuleux des consignes collectives et l’amour du maillot garantiront une place dans son effectif.

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Un projet sur le long terme pour retrouver l’éclat de 2006

D’ailleurs, le choix d’un contrat de trente-six mois témoigne d’une volonté de stabiliser une sélection trop souvent abonnée aux solutions d’urgence. Patrice Neveu appelle à la patience et à une union sacrée derrière son projet.

Par conséquent, l’objectif à peine voilé des autorités sportives est de renouer les Éperviers avec leur passé glorieux : l’épopée de 2006. Pour y parvenir, le Français annonce que les performances primeront sur les statuts, ouvrant ainsi largement les portes de la sélection aux talents du championnat local.

Une diplomatie avec les médias et les supporters

Conscient de l’attente fébrile du public sportif, Patrice Neveu a également tendu la main aux médias. En prônant une relation basée sur la « transparence et la vérité », il cherche à instaurer un climat de sérénité autour de son groupe.

En définitive, le temps des signatures est désormais clos. Patrice Neveu doit maintenant s’attaquer au chantier du terrain. Les supporters, qui n’attendent qu’une étincelle pour s’enflammer de nouveau, scruteront à la loupe sa première liste de convoqués.