L’Hôpital de référence Saint Pérégrin devrait être prêt pour juillet 2020

L’hôpital de référence Saint Pérégrin, dont les travaux ont été formellement lancés en Février 2019 par Faure Gnassingbé, devrait être prêt pour le début du mois de juillet.

L’information est rapportée par le portail officiel de la République togolaise, reprenant à cet effet Christian Trimua, ministre en charge des relations avec les institutions de la république, qui a assuré récemment que « L’hôpital sera livré début juillet ». En effet, s’ils devaient originellement s’achever en février 2020 (après 12 mois), les travaux ont, apprend-on, accusé un retard au démarrage (pour commencer en mai 2019), en plus d’être ralenti par les intempéries qui ont frappé le pays en septembre 2019.

Rappelons que l’infrastructure, d’un coup estimé à 17 milliards FCFA, financé par la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), occupe un site de 6 hectares au Nord de Lomé. Ce centre, de niveau 4, sera un hôpital de référence dans la sous-région, répondant à tous les standards internationaux et doté d’un vaste plateau technique, d’un hôtel 4 étoiles et d’un héliport entre autres.

Pour le gouvernement, sa mise en place s’inscrit dans le 3ème axe du PND, visant à renforcer l’inclusion sociale.

Avec togofirst.com

Umoa Titres: émission simultanée d’obligation du Togo dans 9 jours

La vie et les activités économiques suivent tranquillement leur cours, en marge de l’élection présidentielle qui aura retenue l’attention des Togolais ces derniers jours.

Sur le plan de la finance, le Togo est comme tous les autres pays de l’Uemoa, présent sur le marché des titres de la sous région. Le Trésor public togolais émet  d’ailleurs le 13 mars prochain une émission simultanée d’Obligation.

Le Togo auréolé par ses dernières émissions sursouscrites veut maintenant tenter de lever un montant total de 50 milliards de FCFA sur le marché monétaire, à travers une émission simultanée.

Selon une annonce de l’agence Umoa-Titres en charge de l’opération, le Trésor public du Togo sera sur le marché le 13 mars prochain pour trois Obligations assimilables du Trésor (OAT) qui offrent des taux d’intérêt de 6,15 %, 6,4 % et 6,5 %, avec des durées respectives de 3 ans, 5 ans et 7 ans. La valeur nominale unitaire est tout de même unique, est s’établi à 10.000 F CFA.

 

Présidentielle 2020: Agbéyomé dit n’avoir pas encore abattu toutes ses cartes

La Ceni a proclamé Faure Gnassingbé vainqueur de l’élections présidentielle de février dernier et la cour constitutionnelle l’a validé. Mais le candidat du MPDD croit toujours en sa victoire.

A l’occasion d’une conférence de presse qu’il a animée ce mercredi, Agbéyomé Kodjo affirme avoir les moyens de prouver qu’il est le vrai gagnant de l’élection présidentielle 2020. Il promet des actions concertées avec d’autres partis de l’opposition. De quoi s’agit-il? Quelles sont les cartes dont dispose encore l’ancien Premier ministre?

« Nous nous préparons et dans les heures à venir, vous aurez de nos nouvelles. Nous allons lancer un grand mouvement. Nous demandons à nos électeurs d’aller chercher, sur l’ensemble du territoire national, leur victoire », a déclaré Agbéyomé  Kodjo lors de la conférence de presse de ce mercredi.

L’ancien Premier ministre annonce qu’il est en contact permanent avec les autres forces de l’opposition démocratique pour des actions concertées. Il a également confié aux journalistes qu’il sera bientôt aux côtés du candidat Jean-Pierre Fabre de l’Alliance Nationale pour Changement pour des actions concertées. Que prépare l’ancien premier ministre?  De quelles actions parle t-il? Quelles sont ses marges de manœuvres? Réussira-t-il là ou Gilchrist   Olympio, Jean-pierre Fabre, Agboyibo ou encore Tikpi Atchadam ont échoué?

Libye: Paris regrette la démission de l’émissaire de l’ONU Ghassam Salamé

La France a regretté mercredi la démission de l’émissaire de l’ONU en Libye, Ghassan Salamé, et réitéré son appel à un « cessez-le-feu durable » dans ce pays déchiré par le conflit entre les autorités de Tripoli et l’homme fort de l’Est libyen, le maréchal Khalifa Haftar.

« La France a appris avec regret l’annonce de la démission du représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour la Libye », a déclaré un porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, saluant « la compétence et la conviction » avec lesquelles M. Salamé a conduit sa mission depuis juin 2017.

Ghassan Salamé a démissionné lundi pour des « raisons de santé », au moment où le processus politique dans ce pays, en proie à la guerre civile, est plus que jamais dans l’impasse.

Depuis 2017, Ghassan Salamé a tenté en vain de convaincre les belligérants libyens d’unifier les institutions de l’Etat et d’organiser des élections en vue de mettre fin aux divisions dans le pays.

« Nous saluons ses efforts en faveur d’un cessez-le-feu et du lancement d’un dialogue politique interlibyen sous l’égide des Nations unies », a relevé le porte-parole du Quai d’Orsay.

« La France souhaite que cette dynamique se poursuive et appelle l’ensemble des acteurs à s’engager en faveur d’un cessez-le-feu durable, d’un meilleur contrôle des ressources et d’un dialogue politique représentatif et inclusif », a-t-il ajouté.

« La France réitère son plein soutien aux efforts en ce sens du secrétaire général des Nations unies, a-t-il assuré.

Depuis 2015, deux autorités rivales se disputent le pouvoir en Libye: le Gouvernement d’union nationale (GNA), reconnu par l’ONU et basé à Tripoli, et un pouvoir incarné par le maréchal Khalifa Haftar dans l’Est.

Ghassan Salamé a régulièrement dénoncé les ingérences étrangères en Libye qui se poursuivent, malgré les engagements pris à la conférence internationale de Berlin en janvier, compliquent le conflit dans le pays et rendent difficile toute solution politique.

Le GNA est soutenu par la Turquie et le Qatar, le maréchal Haftar par les Emirats arabes unis, la Russie, l’Egypte et l’Arabie saoudite. La France est aussi soupçonnée de soutenir en coulisses l’homme fort de l’Est libyen, ce qu’elle dément.

Nigeria: 14 morts dans l’attaque jihadiste d’une base militaire dans le nord-est

Des jihadistes présumés ont attaqué mercredi une base militaire dans l’Etat du Borno, dans le nord-est du Nigeria, tuant 14 personnes, selon un nouveau bilan communiqué par des sources sécuritaires.

Les insurgés sont arrivés à l’aube à bord de camions militarisés et ont mené un raid sur la base de la ville de Damboa, à la frontière avec la forêt de Sambisa, repaire des combattants fidèles à la faction de Boko Haram dirigée par Abubakar Shekau.

Dans la matinée, un officier militaire et un milicien avaient d’abord fait état de six morts.

« Nous avons perdu quatre policiers et deux miliciens », -combattant aux côtés de l’armée nigériane dans la lutte contre les jihadistes-, avait déclaré sous couvert de l’anonymat l’officier.

Il a ensuite déclaré à l’AFP que le bilan s’était alourdi avec six soldats tués: « Nous avons également perdu six soldats dans l’attaque tandis que six autres ont été blessés ».

« Un avion de chasse a été déployé alors que les terroristes fuyaient et a frappé deux de leurs véhicules, tuant 13 d’entre eux », a-t-il ajouté.

Le chef des milices civiles, Ibrahim Liman, a fait état d’une cinquantaine d’habitants blessés par les tirs, dont deux sont ensuite décédés de leurs blessures.

« Deux civils initialement blessés par des éclats sont morts », a précisé M. Liman.

Selon un habitant de Damboa, Modu Malari, l’armée a repoussé les insurgés de la ville après deux heures de combat au cours desquelles les jihadistes ont utilisé des armes lourdes et des roquettes.

Le conflit entre les forces armées nigérianes et Boko Haram a fait quelque 35.000 morts depuis 2009 et près de deux millions de personnes ne peuvent toujours pas regagner leurs foyers, selon l’ONU. Il s’est étendu au Niger, au Tchad et au Cameroun voisins.

Coronavirus: alerte aux fake news, trois arrestations au Maroc

Les autorités marocaines ont lancé mercredi un appel à la vigilance face à la multiplication des « fake news » concernant l’épidémie de nouveau coronavirus, avec au moins trois arrestations de mauvais plaisantins ces derniers jours.

« Certains comptes sur des réseaux sociaux et des applications de messagerie instantanée (…) procèdent à la publication d’informations mensongères et erronées attribuées à des institutions officielles » pour annoncer des mesures sanitaires préventives, selon un communiqué publié mercredi par le ministère marocain de l’Intérieur.

Mardi, le ministère marocain de l’Education a dénoncé avec vigueur « une photo truquée » circulant sur les réseaux sociaux pour annoncer la fermeture de toutes les écoles du pays à partir de mercredi.

Le même jour, le quotidien l »Economiste » a démenti une « fausse information » circulant avec son logo officiel sur les réseaux sociaux concernant un « nouveau foyer » dans une banlieue de Casablanca.

« Toutes les dispositions légales seront prises (…) en vue d’identifier les personnes impliquées dans la publication de ces allégations et mensonges », prévient le communiqué de l’Intérieur.

Deux personnes qui tournaient des vidéos canulars dans la rue en annonçant à des passants avoir été contaminés à l’étranger « pour voir leurs réactions » ont ainsi été arrêtées à Marrakech (centre), selon un message publié mardi sur le compte twitter de la sûreté nationale (DGSN).

La DGSN avait déjà annoncé la semaine dernière l’interpellation d’un habitant de Tetouan (nord) qui avait annoncé dans une vidéo « enregistrer des morts liés au virus ».

Le royaume a fait état lundi d’un premier cas confirmé de contamination au Covid-19 concernant un Marocain en provenance d’Italie, placé en isolement dans un hôpital de Casablanca.

Depuis, plusieurs manifestations publiques comme le salon annuel de l’agriculture ou un Grand prix de judo, ont été annulées par précaution.

Les rumeurs les plus folles et conseils préventifs les plus insolites ont commencé à circuler sur les réseaux sociaux marocains après l’annonce d’un premier cas déclaré en Algérie voisine, le 25 février dernier.

Coronavirus: l’Italie envisage de fermer toutes ses écoles et universités

Le gouvernement italien doit adopter mercredi un nouveau train de mesures pour contrer l’épidémie de coronavirus, parmi lesquelles la probable fermeture de toutes les écoles et universités ainsi que la tenue des matches de foot à huis clos.

Une décision sur les écoles sera prise « dans les prochaines heures », a annoncé en début d’après-midi la ministre de l’Education, Lucia Azzolina, peu après que plusieurs agences italiennes ont annoncé que la décision avait déjà été prise.

« Aucune décision sur la fermeture des écoles n’a été prise, nous avons demandé un avis plus approfondi au comité technico-scientifique, la décision sera prise dans les prochaines heures », a rectifié devant la presse la ministre, sortie momentanément d’une réunion du gouvernement pour apporter ces précisions.

Le conseil des ministres est entièrement dédié à la crise du coronavirus, alors que l’Italie est le troisième pays le plus touché au monde après la Chine et la Corée du Sud: 79 personnes contaminées sont mortes dans le pays, qui compte au total 2.502 cas, selon le dernier décompte publié mardi.

Selon le quotidien Il Corriere della Sera, la décision de fermer écoles et universités à partir de jeudi et jusqu’à mi-mars « a déjà été prise, mais ne sera annoncée qu’après le dernier feu vert du comité scientifique ».

Si la Lombardie (la région de Milan), l’Emilie-Romagne et la Vénétie (autour de Venise) sont les trois régions les plus touchées, la quasi-totalité des 21 régions italiennes ont recensé des cas de contagion, excepté pour le moment le Val D’Aoste, frontalier de la France.

– Tout le territoire –

Ces mesures, réunies dans un décret et valables pour un mois, devraient concerner tout le territoire national, et non plus une zone limitée dans le Nord du pays, où sont concentrés l’essentiel des cas.

Selon les médias, le projet de décret recommande de respecter une distance de sécurité d’au moins un mètre entre les personnes, d’éviter poignées de mains et bises, et de jouer les matches de foot à huis clos.

Les supporteurs n’auront pas non plus accès aux entraînements des équipes. Les mesures affectant le football, adoptées pour un mois, pourront être révisées au bout de deux semaines.

Le décret prévoit aussi d’éviter au maximum rassemblements et foules. C’est pourquoi tous les salons, conférences et congrès devraient être reportés, en particulier dans le secteur de la santé, de manière à libérer au maximum le personnel sanitaire.

Il sera aussi conseillé à toutes les personnes âgées de plus de 75 ans de rester chez elles et de ne pas fréquenter de lieux publics. Ce conseil est étendu aux personnes de plus de 65 ans présentant des pathologies susceptibles de s’aggraver au contact du coronavirus.

L’essentiel des morts italiens étaient des personnes âgées – en moyenne des octogénaires et nonagénaires – ou atteintes de pathologies antérieures.

Outre la distance de sécurité à respecter entre les personnes, il sera recommandé d' »éternuer et tousser dans un mouchoir en évitant le contact des mains avec les sécrétions respiratoires » et d' »éviter les échanges de bouteilles et verres, en particulier durant les activités sportives ».

Selon la ministre de l’Education, le conseil des ministres a également « discuté de mesures économiques ».

L’économie italienne, déjà anémique, est affectée par l’épidémie, en particulier le secteur du tourisme qui représente 13% du PIB. L’association professionnelle Confturismo-Confcommercio (tourisme et commerce) prévoit ainsi 31,6 millions de touristes en moins pour la période allant du 1er mars au 31 mai, soit une perte de 7,4 milliards d’euros.

Après la victoire de Netanyahu, la crainte de « l’annexion » en Cisjordanie

« S’ils annexent, il ne nous restera rien sinon ce petit bout de terre », lance le vieux Majed Abou Al-Hajj, en pointant du doigt son jardin. Dans la vallée du Jourdain, en territoire palestinien, la victoire électorale de Benjamin Netanyahu rime avec crainte d’annexion.

Ces dernières semaines, M. Netanyahu, le Premier ministre israélien sortant, a promis l’annexion rapide de pans de la Cisjordanie occupée dont la vallée du Jourdain, s’il était reconduit à son poste après les législatives de lundi.

Dans le village palestinien d’Aïn al-Bayda, dans le nord de la vallée, la victoire de M. Netanyahu laisse un goût amer à de nombreux habitants qui craignent de voir le train de l’annexion se mettre véritablement en marche dans les prochains mois.

« Bien entendu que nous avons peur qu’ils annexent ces territoires », peste Majed Abou Al-Hajj, 85 ans. « Tout est possible. »

Les 1.600 habitants de ce hameau baigné de soleil vivent principalement de l’agriculture et une partie de leurs terres sont déjà entre les mains de colons juifs ou d’entreprises israéliennes.

Netanyahu passera-t-il le pas de l’annexion? Ses promesses de campagne n’étaient-elles que des promesses? Pour Majed Abou Al-Hajj et les siens, une seule certitude: « Nous ne contrôlons rien. »

– « Bain de sang » –

Malgré son inculpation pour corruption, M. Netanyahu a enregistré, selon les estimations, le meilleur score de sa carrière, ce qui le place en position de force pour former le prochain gouvernement avec ses alliés de droite favorables à l’annexion d’une partie de la Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967.

Une vision à laquelle souscrit son allié le président américain Donald Trump dont le plan pour le Moyen-Orient prévoit de greffer à Israël la vallée du Jourdain, langue de terre qui compte pour près du tiers de la Cisjordanie, et plus de 130 colonies israéliennes en Territoires palestiniens.

Des dizaines de milliers de Palestiniens vivent dans la vallée du Jourdain. Dans les colonies israéliennes de Cisjordanie, illégales au regard du droit international, il y a plus de 450.000 Israéliens.

Dans le village d’Aïn al-Bayda, Abdel Rahmane Abdallah, 74 ans, affirme craindre de « payer le prix fort » en cas d’annexion de son village. Mais il se veut optimiste: « personnellement je ne crois qu’il (Netanyahu) procèdera à l’annexion ».

L’annexion de terres palestiniennes pourrait se traduire par « des violences et un bain de sang », affirme à l’AFP le secrétaire général de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Saëb Erakat.

Pour pouvoir passer à l’acte, Benjamin Netanyahu doit auparavant être désigné par le président Reuven Rivlin pour former un gouvernement.

Pour Eugène Kontorovich du Forum Kohelet, un centre d’analyse marqué à droite, les résultats de l’élection donnent un mandat clair à M. Netanyahu pour aller de l’avant avec l’annexion.

– « La plus difficile » –

« L’écrasante majorité de ses soutiens sont favorables à l’application de la souveraineté israélienne sur les communautés israéliennes », dit-il en reprenant le vocabulaire d’une partie de la classe politique qui parle de « souveraineté israélienne » pour désigner l’annexion, et considère les colonies comme des « communautés » ou des « villages ».

« L’idée qu’il manquait d’un feu vert pour (l’annexion) a été balayée », ajoute M. Kontorovich, qui a d’ailleurs conseillé l’administration américaine pour l’élaboration de son projet pour le Proche-Orient, jugé « historique » par Israël mais fustigé par les Palestiniens.

D’après Hugh Lovatt, analyste au Conseil européen des relations internationales, l’annexion de la vallée du Jourdain serait perçue à l’étranger comme une forme « d’apartheid ». « Si Netanyahu peut former rapidement un gouvernement cela risque d’accélérer le processus, mais (l’annexion) est probablement prévue dans quelques mois. »

Pas de quoi réjouir ni Majed Abou al-Hajj, ni Hassan Abdel Hafez.

Ce dernier a vécu toutes les grandes étapes du conflit israélo-palestinien, dont les soulèvements palestiniens ou Intifadas (1987-1993, 2000-2005).

Dans le camp de réfugiés de Jalazone près de Ramallah, en Cisjordanie, il affirme, sans ambages: la période à venir « sera la plus difficile pour le peuple palestinien ».

Les urgences italiennes à l’heure du coronavirus

Devant les urgences de l’hôpital de Crémone, dans le nord de l’Italie, une grande tente bleue est dressée: c’est là que sont « triés » les patients, ceux potentiellement infectés par le nouveau coronavirus et les autres.

A l’intérieur, longues blouses bleues, masques filtrants FFP2 sur le nez, mains couvertes de gants en plastique et couvre-chefs sur la tête, deux membres du personnel accueillent les malades.

Arrivent ici a priori des patients présentant des symptômes respiratoires ou grippaux légers: mal de gorge, petite toux ou fièvre légère.

« Mais s’ils devaient présenter une fièvre plus élevée, au-dessus de 38 degrés, et des troubles respiratoires de dyspnée, difficultés à respirer, de tachypnée, fréquence respiratoire supérieure à 20 cycles par minute, alors ils sont emmenés immédiatement dans une zone +urgence+ des urgences » en suivant la ligne rouge au sol, explique à l’AFP Antonio Cuzzoli, médecin-chef des urgences de l’hôpital.

La ligne rouge est aussi celle qu’empruntent les ambulances arrivant avec des patients ayant appelé les secours et présentant des symptômes importants.

La crise sanitaire a commencé dans le nord de l’Italie le 21 février, et dès le 22 au matin, l’hôpital de Crémone avait installé cette tente avec la Protection civile.

Selon cet organisme étatique, entre 330 et 350 tentes ont été mises en place devant les hôpitaux de la péninsule.

– « Très fatigué » –

L’Italie est le troisième pays le plus touché au monde par l’épidémie, après la Chine et la Corée du Sud: 79 personnes contaminées sont mortes en Italie qui compte 2.502 cas, selon un décompte publié mardi.

Crémone est située en Lombardie, l’une des trois régions les plus touchées avec l’Emilie-Romagne et la Vénétie, toutes dans le Nord.

Dans la tente, « nous effectuons un relevé des paramètres: température corporelle, check-list pour savoir depuis quand le patient a des symptômes et ce qu’il présente exactement » comme problèmes, précise le Dr Cuzzoli, en soulignant que le patient doit dès son arrivée endosser un masque chirurgical pour empêcher la diffusion des germes.

« Cela fait maintenant 13 jours que nous sommes organisés (à l’intérieur des urgences) avec des zones de soins différenciées: une zone pour les patients Covid-19, et une zone pour les AVC, infarctus du myocarde, insuffisances respiratoires pas liées au Covid, et les traumatismes », précise-t-il.

La mobilisation du personnel est constante.

« Le personnel est très fatigué. Par ailleurs, un agent est en quarantaine parce qu’il a été testé positif et quelqu’un est aussi malade. Mais nous résistons, le système résiste, parce que le système italien et le système lombard est un système fort, un système qui met en réseau les hôpitaux, qui assure une garantie de réponse et qui tient malgré les difficultés », note le Dr Cuzzoli.

L’épidémie est d’une ampleur pourtant jamais vue.

– « Pilule amère » –

« En 42 ans de métier comme spécialiste des infections, il ne m’est jamais arrivé de devoir affronter quelque chose qui nous a contraints à revoir l’organisation des services médicaux, à occuper un nombre extrêmement élevé de lits en soins intensifs et à gérer, en situation d’urgence absolue, une problématique à la portée absolument inhabituelle », souligne de son côté le professeur Massimo Galli, responsable du département universitaire des maladies infectieuses de l’hôpital Sacco à Milan.

Une stricte quarantaine a été décidée il y a une dizaines de jours pour 11 villes du nord de l’Italie, où tous les lieux publics (églises, bars, bibliothèques, écoles, musées, mairies) sont fermés.

Par ailleurs, les écoles, églises et salles de sports ont également fermé leurs portes en Lombardie, Vénétie et Emilie-Romagne où plusieurs grands salons professionnels ont été reportés.

« La première phase de contention de la contagiosité a été affrontée de manière forte », note le Dr Cuzzoli.

Le professeur Galli reconnaît qu’il s’agit d’une « pilule amère à avaler » pour les populations concernées, mais « un choix obligé » car « il était important de chercher à limiter une diffusion ultérieure de l’infection ».

Mais les craintes d’une éventuelle crise hospitalière commencent à émerger.

« Si le nombre de patients augmente il est inévitable qu’on va vers une crise, c’est la préoccupation de toutes les régions », a reconnu mercredi le gouverneur de Vénétie Luca Zaia.

Coronavirus: le masque, objet de toutes les convoitises

Volés dans les hôpitaux, réclamés par les médecins, réquisitionnés par Emmanuel Macron: les masques de protection sont au centre de toutes les attentions au moment où l’épidémie provoquée par le nouveau coronavirus s’intensifie en France.

Au moins 8.300 masques ont été volés dans des établissements de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). A Marseille, on en a dérobé 2.000 à l’hôpital de la Conception.

Au niveau mondial, l’OMS a alerté sur le « rapide épuisement » des équipements de protection.

Pour éviter une pénurie en France, l’Etat réquisitionnera « tous les stocks et la production de masques de protection » pour les distribuer aux soignants et aux personnes atteintes du coronavirus, a annoncé mardi le président Emmanuel Macron.

Ces deux catégories sont concernées par le port du masque, et pas le grand public, martèlent les autorités depuis le début de la crise.

Pourtant, aux yeux du grand public, l’objet symbolise plus que tout autre cette crise sanitaire, à travers les images de presse ou les photos rigolardes sur internet, avec par exemple des soutiens-gorges utilisés comme masques.

Il existe deux types de masques. Les premiers, les masques chirurgicaux, sont ceux qu’un malade doit porter pour éviter de contaminer d’autres personnes.

Les autres, dits FFP2 (en forme de bec de canard), sont plus perfectionnés. Ils ont un système de filtrage et sont étanches quand on les place sur le visage, pour offrir un plus haut niveau de protection.

Devant les inquiétudes des médecins de ville (hors hôpital), le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé mardi qu’à ce stade 15 millions de masques chirurgicaux avaient été prélevés sur le stock de l’Etat à leur intention, ainsi que pour les Ehpad. Ils pourront les retirer dans les pharmacies. Quinze à vingt millions d’autres devraient suivre, également issus des quelque 145 millions en stock.

Mais ces derniers jours, des syndicats de médecins libéraux ont réclamé que des masques FFP2 soient fournis d’urgence à ces soignants. Ils font valoir que les masques chirurgicaux ne suffisent pas à protéger les médecins.

– La question des stocks –

Dans un décret publié mercredi au Journal officiel, l’Elysée précise que seront réquisitionnés jusqu’au 31 mai, les masques FFP2 détenus par « toute personne morale de droit public ou de droit privé » et les masques anti-projections en possession des entreprises qui les fabriquent ou les distribuent.

Devant l’Assemblée nationale mardi, M. Véran a souligné que la France disposait « de quatre grandes entreprises (…) qui fabriquent ces masques, auxquelles nous avons passé les commandes publiques les plus massives qui soient » et à qui il a été demandé de « fonctionner jour et nuit, H24, 7 jours sur 7, de manière à fournir le maximum de masques possible », a-t-il dit.

Précision importante: il a indiqué que l’Etat ne disposait pas de stocks de masques FFP2.

Une situation qui remonte selon lui à 2011: après l’épidémie de grippe A/H1N1 de 2009-2010, pour laquelle la réponse de l’Etat s’était révélée surdimensionnée, il avait été décidé que « la France n’avait pas à faire de stocks d’Etat de ces fameux masques FFP2 ».

« Ce qui n’a peut-être pas été anticipé en 2011, et c’est sans aucune polémique, c’est que parfois des crises sanitaires peuvent entraîner des crises industrielles », a avancé M. Véran.

En 2011, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, le ministre en charge de la Santé était Xavier Bertrand.

Quant à l’efficacité des différents masques, le N.2 du ministère, Jérôme Salomon, a voulu « rassurer les professionnels de santé ».

« Il y a une équivalence stricte des masques chirurgicaux avec les masques FFP2 pour les virus transmis par voie gouttelettes » (c’est-à-dire par les postillons des malades comme c’est le cas du nouveau coronavirus), a-t-il assuré mardi soir, en conférence de presse.

Il s’est appuyé pour cela sur une étude publiée en septembre dans la revue médicale américaine Jama, qui comparait les protections offertes par les deux types de masques contre la grippe.

Le « masque chirurgical, surtout s’il est associé au port du masque par le malade, protège efficacement » les professionnels de santé, a-t-il ajouté.

Selon M. Salomon, les masques FFP2 sont avant tout préconisés pour « les personnels soignants qui pratiquent des soins très particuliers », c’est-à-dire ceux qui prennent les malades en charge de façon rapprochée à l’hôpital.