Paix en RDC : Faure Gnassingbé et l’UE unissent leurs forces à Lomé

Le 1ᵉʳ juillet 2025, sous les ors du palais de Lomé II, une rencontre d’une portée exceptionnelle a réuni deux figures clés de la diplomatie africaine et européenne : Faure Essozimna Gnassingbé, Président du Conseil du Togo et Médiateur de l’Union africaine (UA) pour la crise en République Démocratique du Congo (RDC), et Johan Borgstam, Représentant spécial de l’Union européenne pour la région des Grands Lacs. Dans une région où la guerre et l’espoir se disputent chaque pouce de terrain, cet échange a jeté une nouvelle lumière sur les efforts pour ramener la paix dans l’Est tourmenté de la RDC, un défi aussi vaste que les lacs qui bordent ses frontières. Comment cette alliance diplomatique influencera-t-elle l’avenir de la RDC ?

Sommet pour la Paix : la diplomatie en action pour les grands lacs

Au cœur de cette audience, un objectif commun : coordonner les efforts internationaux pour éteindre les braises du conflit dans la région des Grands Lacs. Nommé médiateur de l’UA en avril 2025, Faure Gnassingbé s’est imposé comme un architecte infatigable de la paix, multipliant les consultations avec les protagonistes et les partenaires régionaux. Face à lui, Johan Borgstam, émissaire de l’Union européenne, a salué la « chaleur et la richesse » des discussions, réaffirmant l’engagement de Bruxelles à soutenir la médiation togolaise. « J’ai souligné l’importance d’une coordination sans faille entre tous les acteurs pour garantir une paix durable », a-t-il déclaré, sa voix porteuse d’une conviction forgée par des années de crises.

Leur échange s’est cristallisé autour d’un jalon majeur : la signature, le 27 juin 2025 à Washington, d’un Accord de paix entre la RDC et le Rwanda, en présence d’une délégation ministérielle togolaise. Ce texte, fruit de tractations ardues, est un phare dans la tempête, mais sa mise en œuvre reste une épreuve titanesque. « Cet accord est un pas dans la bonne direction, mais tout repose désormais sur son application concrète, avec l’implication des populations concernées », a insisté Borgstam, martelant que la viabilité de la paix dépend de l’adhésion des communautés déchirées par des décennies de violence.

Togo, pivot de stabilité : Le rôle clé de Lomé dans la pacification régionale

Depuis sa désignation comme médiateur, Faure Gnassingbé s’est mué en un chef d’orchestre diplomatique, orchestrant des dialogues entre Kinshasa, Kigali et les acteurs régionaux comme l’EAC et la SADC. Ses déplacements à Luanda, Kinshasa, Kigali et Kampala, ainsi que ses rencontres avec des figures comme Olusegun Obasanjo ou Uhuru Kenyatta, témoignent d’une volonté farouche de fédérer les initiatives. Le Togo, souvent perçu comme un havre de stabilité en Afrique de l’Ouest, s’affirme désormais comme un pivot stratégique dans la quête de paix continentale.

Johan Borgstam, dans une déclaration vibrante, a loué cet engagement : « L’Union européenne soutient pleinement les efforts de l’UA et du Togo pour une solution inclusive et pacifique. » Ce partenariat, scellé sous le ciel de Lomé, incarne une dynamique unitaire rare, où Africains et Européens conjuguent leurs forces pour apaiser une région où les armes parlent trop souvent plus fort que les mots.

Paix fragile en RDC : Un espoir tenu face aux défis

L’Est de la RDC, où les groupes armés comme le M23 sèment la mort et le chaos, reste un puzzle géopolitique d’une complexité redoutable. L’Accord de Washington, bien qu’historique, n’est qu’un premier pas sur un chemin semé d’embûches. Les tensions entre la RDC et le Rwanda, alimentées par des accusations mutuelles de soutien à des groupes rebelles, exigent une vigilance constante. Faure Gnassingbé, fort de son mandat de l’UA, devra naviguer entre ces écueils, tout en mobilisant les populations locales pour ancrer la paix dans les cœurs autant que dans les textes.

À Lomé, ce 1ᵉʳ juillet, un message a retenti : la paix dans les Grands Lacs n’est pas un mirage, mais une ambition à portée de main, à condition que les efforts convergent. Ainsi, le Togo et l’Union européenne, sous l’égide de deux hommes aux visions complémentaires, ont tracé une voie commune. Reste à savoir si ce fragile espoir survivra aux tempêtes de la région et s’épanouira pour de bon.

 

BTS 2025 au Togo : Les Ministres en mission spéciale pour l’avenir de 1 576 candidats

Lomé, 1ᵉʳ juillet 2025 – Dans les salles d’examen de Lomé, où la sueur des candidats se mêle à l’espoir d’un meilleur avenir, une effervescence singulière a saisi la capitale togolaise le 30 juin. En effet, les Ministres Kanka-Malik Natchaba, gardien de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, et Isaac Tchiakpé, fer de lance de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, ont sillonné les centres d’écrit du Brevet de Technicien Supérieur (BTS) 2025, comme des généraux inspectant leurs troupes avant une bataille décisive.

De l’Agoè-Centre au Collège Protestant de Tokoin, en passant par l’ESAG-NDE, leur tournée n’était pas qu’une formalité : c’était un serment tacite au service de 1 576 âmes, dont 814 filles, prêtes à conquérir un diplôme qui pourrait ouvrir les portes d’une carrière ou d’un destin. « Le diplôme n’est qu’un tremplin ; c’est sur le terrain que tout se joue », a martelé Tchiakpé, lançant ainsi  un défi vibrant à une jeunesse togolaise avide de prouver sa valeur.

Les Ministres togolais Kanka-Malik Natchaba et Isaac Tchiakpé ont supervisé les épreuves du BTS 2025 à Lomé, encourageant les 1 576 candidats et soulignant l'importance du diplôme pour l'autonomisation et le développement du pays.
© Les Ministres togolais Kanka-Malik Natchaba et Isaac Tchiakpé ont supervisé les épreuves du BTS 2025 à Lomé, encourageant les 1 576 candidats et soulignant l'importance du diplôme pour l'autonomisation et le développement du pays.
BTS 2025 : une épopée académique sous haute surveillance ministérielle

Par ailleurs, le BTS 2025, dont les épreuves écrites ont débuté le 30 juin et se prolongeront jusqu’au 4 juillet, est bien plus qu’un examen : c’est un rite de passage pour 1 576 candidats répartis dans 30 filières, des finances à l’informatique en passant par le génie civil. Cette année, le nombre de participants a chuté d’environ 1 000 par rapport à 2024, où 2 046 candidats, dont 1 774 filles, avaient tenté leur chance. Une baisse qui reflète peut-être une sélection plus rigoureuse ou un virage vers d’autres parcours, mais qui n’entame en rien la détermination des prétendants. Les épreuves orales et pratiques, déjà passées, ont laissé place aux écrits, où chaque copie est un pari sur l’avenir.

En outre , la tournée des Ministres, entamée dès les premières heures du 30 juin, avait un double objectif : s’assurer que les conditions d’examen soient irréprochables et galvaniser les candidats. Au Lycée d’Agoè-Centre, les salles, impeccablement rangées, vibraient du silence studieux des jeunes, stylo en main.  Au Collège Protestant de Tokoin, les surveillants, tels des sentinelles, veillaient au respect des règles, tandis qu’à l’ESAG-NDE, l’organisation huilée témoignait de l’engagement du gouvernement à faire du BTS un étalon de rigueur. « Tout se passe bien », ont constaté Natchaba et Tchiakpé, saluant ainsi l’installation des candidats, la vigilance du personnel administratif et l’absence de perturbations. Cette sérénité, fruit d’une préparation minutieuse, contraste avec les défis d’antan.

Du diplôme à l’autonomie : le BTS, tremplin pour la jeunesse togolaise

Le BTS, comme l’a souligné Isaac Tchiakpé, n’est pas une fin en soi. « Le diplôme est un point de départ, l’essentiel se joue sur le terrain », a-t-il proclamé. Cette philosophie vise à former une main-d’œuvre qualifiée, capable de s’auto-employer ou de contribuer à l’industrialisation du Togo.  D’ailleurs, les 30 filières proposées, allant de la comptabilité à la logistique, reflètent cette ambition de diversification. La présence accrue de filles dans des domaines comme le génie civil est un signe d’espoir, brisant les stéréotypes et ouvrant toutes les carrières aux femmes.

Le gouvernement togolais, sous l’impulsion de la Feuille de Route 2020-2025, mise sur l’enseignement technique pour répondre aux besoins d’un marché en mutation. En ce sens, le ministère de l’Enseignement technique a lancé un recrutement de 175 jeunes en 2024 pour renforcer la formation professionnelle, tandis que 4 386 enseignants fonctionnaires ont été intégrés pour consolider le système éducatif. Ces efforts, combinés à la transformation digitale des examens, comme l’introduction de corrections dématérialisées, témoignent d’une volonté de moderniser l’éducation pour en faire un moteur de développement.

Les 1576 candidats du BTS : héros méconnus d’un avenir en construction

Derrière les chiffres – 753 garçons, 814 filles, 52 centres d’examen à travers le pays – se cachent des histoires humaines. Celle d’une étudiante en gestion des ressources humaines, révisant jusqu’à l’aube à Tokoin, ou d’un apprenant en mécanique, rêvant d’ouvrir son propre garage à Lomé. Ces candidats, souvent issus de milieux modestes, portent les espoirs de leurs familles et d’une nation en quête de renouveau. Les Ministres, en arpentant les centres, n’ont pas seulement inspecté des salles : ils ont croisé des regards déterminés, des mains tremblantes sur des copies, des cœurs battant au rythme d’un avenir incertain, mais prometteur.

Kanka-Malik Natchaba a salué l’engagement des surveillants et des directeurs d’établissement, tout en rappelant l’importance d’un système éducatif « juste et équitable ». Isaac Tchiakpé, de son côté, a insisté sur l’autonomisation : « Une formation bien faite n’attend pas l’emploi de l’État. » « Les jeunes doivent prendre des initiatives. »

Le Togo mise tout sur sa jeunesse : le BTS 2025 , un pari gagnant pour demain ?

Alors que les épreuves du BTS 2025 se poursuivent, avec des corrections prévues du 7 au 12 juillet et des résultats attendus mi-juillet, le Togo regarde ses jeunes avec une fierté mêlée d’exigence. Ce diplôme, équivalent professionnel du baccalauréat, est une passerelle vers l’emploi ou des études supérieures. Mais au-delà des salles d’examen, c’est un défi plus grand qui se joue : celui d’une génération appelée à transformer un pays riche de promesses, mais freiné par des défis économiques et sociaux.

Dans les rues de Lomé, où les motos-taxiss slaloment sous un ciel chargé d’espoir, le BTS 2025 est une épopée collective. Les 1 576 candidats ne sont pas seuls : ils portent les ambitions d’un Togo qui, sous le regard vigilant de Natchaba et Tchiakpé, refuse de se contenter de l’ordinaire. En plus, ce diplôme, comme l’a si bien dit Tchiakpé, n’est qu’un début. Sur le terrain de la vie, c’est à ces jeunes d’écrire la suite, avec audace, rigueur et abnégation. Le Togo est-il en train de former la prochaine génération de leaders ?

Togo : lancement d’un guide révolutionnaire pour redessiner le destin des régions

Lomé, berceau d’une révolution verte : Le Togo écrit l’avenir de ses Régions avec un guide national

Lomé, 1ᵉʳ juillet 2025 – Dans la chaleur frémissante de Lomé, où les rêves d’un Togo émergent se mêlent aux défis d’un monde en mutation, un événement s’est déroulé ce matin, aussi discret qu’historique : le lancement d’un guide national pour l’élaboration des Plans de Développement Régionaux (PDR). Sous l’égide du ministère de l’Aménagement et du Développement des Territoires (MADT), et avec le soutien vibrant des Nations Unies à travers la FAO et le PNUD, ce document stratégique promet de redessiner l’horizon des régions togolaises. Porté par une ambition sans précédent, il conjugue inclusion sociale, égalité de genre et résilience face aux changements climatiques, comme un manifeste pour une nation qui refuse de plier sous les vents de l’adversité. Le Togo s’apprête-t-il à entrer dans une nouvelle ère de développement équitable ?

Le Togo lance un guide national pour les Plans de Développement Régionaux (PDR) avec l'appui de la FAO et du PNUD, visant à une planification inclusive, égalitaire et résiliente face aux défis climatiques.
© Le Togo lance un guide national pour les Plans de Développement Régionaux (PDR) avec l'appui de la FAO et du PNUD, visant à une planification inclusive, égalitaire et résiliente face aux défis climatiques.
Une vision harmonieuse : la planification régionale au cœur du Togo 2025

Ce 1ᵉʳ juillet, la salle de conférences du MADT à Lomé s’est transformée en un laboratoire  d’idées, où décideurs, experts et partenaires internationaux ont convergé pour poser la première pierre d’un édifice audacieux. Le Ministre Gbloekpo Koamy Gomado, figure centrale de cette entreprise, n’a pas mâché ses mots : « Ce guide national établira un cadre formel et harmonisé pour la planification du développement régional, un levier pour transformer nos territoires en pôles de prospérité inclusive. » Son discours a résonné comme un appel à l’unité, dans un pays où les disparités entre Lomé et les régions des Savanes ou des Plateaux restent criantes.

Ce guide, fruit d’une collaboration entre le MADT, la FAO et le PNUD, s’inscrit dans la droite ligne de la Feuille de Route Togo 2025, qui vise une croissance de 7 % et une transformation structurelle de l’économie. Cependant, là où il se distingue, c’est dans son ambition d’intégrer des enjeux cruciaux : la lutte contre les changements climatiques, qui menace les récoltes et les moyens de subsistance ; l’égalité de genre, pour donner aux femmes un rôle central dans le développement ; et l’inclusion sociale, pour ne laisser aucun Togolais au bord du chemin. Selon un rapport du PNUD de 2024, 47 % de la population togolaise vit en situation de pauvreté multidimensionnelle, un défi que ce guide entend relever en dotant chaque région d’un plan adapté à ses réalités.

Pacte régional : les PDR, clés d’un avenir résilient et inclusif

Le Togo, avec ses 8,8 millions d’habitants et une densité croissante, fait face à des pressions inédites : urbanisation rapide, érosion côtière, sécheresses dans le nord, et inondations dévastatrices. Le Plan National d’Adaptation (PNA) de 2018, actualisé grâce au financement du Fonds Vert pour le Climat, a déjà posé les bases d’une résilience climatique. Néanmoins, le guide des PDR va plus loin, en décentralisant la planification pour donner aux régions les outils d’une autonomie éclairée. Les Groupes Techniques de Travail Multisectoriels (GTTM), sensibles au genre et inclusifs, seront les chevilles ouvrières de cette entreprise.

« Le Togo a renforcé sa gouvernance décentralisée », a déclaré Sukati, saluant l’engagement du gouvernement à travers le ministère de l’Action Sociale et de la Promotion de la Femme. Ce guide, qui sera déployé dans les cinq régions du pays, s’appuie sur des processus participatifs, impliquant les communautés locales, les femmes et les jeunes. Il s’inspire des Objectifs de Développement Durable (ODD), notamment l’ODD 5 sur l’égalité de genre et l’ODD 13 sur l’action climatique, pour garantir que chaque plan régional soit un bouclier contre les crises et un tremplin vers la prospérité.

Le Togo lance un guide national pour les Plans de Développement Régionaux (PDR) avec l'appui de la FAO et du PNUD, visant à une planification inclusive, égalitaire et résiliente face aux défis climatiques.
© Le Togo lance un guide national pour les Plans de Développement Régionaux (PDR) avec l'appui de la FAO et du PNUD, visant à une planification inclusive, égalitaire et résiliente face aux défis climatiques.

Synergie internationale : le Togo, modèle de développement durable ?

Le rôle des partenaires internationaux est au cœur de cette initiative. La FAO, avec son expertise en agriculture durable, accompagne l’élaboration des Plans Régionaux d’Adaptation (PRA), tandis que le PNUD, présent au Togo depuis 1966, apporte son soutien technique et financier. En 2023, le PNUD a déjà financé une étude sur l’intégration des ODD dans la planification nationale, coordonnée par l’Université de Lomé et impliquant des acteurs comme l’UNICEF, la Banque mondiale et le FMI. Ce guide s’inscrit dans cette continuité, renforçant les capacités des 60 communes togolaises.

Mais l’enjeu dépasse les frontières du Togo. En s’alignant sur l’Accord de Paris et les engagements pris lors de la COP21, le pays ambitionne une réduction de 50,57 % de ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030. Le guide des PDR intégrera ces objectifs, en promouvant des pratiques agroforestières et des chaînes de valeur durables. Les femmes, souvent en première ligne face aux impacts climatiques, seront au cœur de ces initiatives.

 

Le Togo lance un guide national pour les Plans de Développement Régionaux (PDR) avec l'appui de la FAO et du PNUD, visant à une planification inclusive, égalitaire et résiliente face aux défis climatiques.
© Le Togo lance un guide national pour les Plans de Développement Régionaux (PDR) avec l'appui de la FAO et du PNUD, visant à une planification inclusive, égalitaire et résiliente face aux défis climatiques.
Un guide national : les régions togolaises, architectes de leur propre destin

Ce lancement, loin d’être une simple formalité, est un cri d’espoir pour un Togo qui refuse de se résigner. Dans les champs arides des Savanes, où les sécheresses mettent à rude épreuve les agriculteurs, ou sur les côtes érodées de Lomé, où la mer grignote les terres, ce guide promet une planification qui écoute les territoires et leurs habitants. Il incarne une vision où le développement n’est pas un luxe réservé à la capitale, mais un droit pour chaque village, chaque femme, chaque jeune.

À Lomé, ce 1ᵉʳ juillet, les partenaires réunis ont planté une graine. Si elle germe, elle pourrait faire du Togo un modèle de décentralisation inclusive, où les régions, armées de leurs PDR, deviennent les architectes de leur propre destin. Toutefois, le chemin est long, et les défis – financement, coordination, appropriation locale – sont immenses. Dans ce pari audacieux, le Togo ne mise pas seulement sur des plans, mais sur la force de son peuple à écrire, ensemble, un futur où personne n’est laissé pour compte. Le Togo est-il en passe de devenir un leader en matière de développement territorial inclusif en Afrique ?

Togo : L’opposition claque la porte de l’Assemblée, la crise sociale s’envenime

Togo : Les flammes de la révolte embrasent l’Assemblée, l’opposition défie le silence

Lomé, 1ᵉʳ juillet 2025 Dans l’enceinte sacrée de l’Assemblée nationale togolaise, trois voix dissidentes ont fait trembler les murs du pouvoir. Les députés de la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP) et de l’Alliance des Démocrates pour un Développement Intégral (ADDI) ont claqué la porte de la plénière. En effet, ce boycott audacieux  de l’opposition résonne comme un cri dans le tumulte d’un Togo en ébullition. Leur geste, loin d’être anodin, est une torche brandie face au silence assourdissant des institutions devant la tempête sociale qui secoue le pays. Le pouvoir en place parviendra-t-il à éteindre l’incendie de la contestation ?

Fronde parlementaire : L’opposition dénonce l’inaction face aux violences

Ce lundi, alors que les travées de l’Assemblée auraient dû vibrer de débats, elles se sont tues sous le poids d’une absence symbolique. Les trois élus, porte-étendards d’une opposition exsangue mais déterminée, ont dénoncé l’inaction d’un exécutif pétrifié face aux vagues de colère populaire. Les manifestations des 26, 27 et 28 juin 2025, qui ont embrasé Lomé, ont laissé derrière elles un sillage de deuil : au moins sept morts, des dizaines de blessés, et un peuple suffoquant sous le joug d’une répression brutale. Ces cortèges, nés d’un ras-le-bol profond contre le régime de Faure Gnassingbé, ont été matés par des forces de l’ordre aux méthodes aussi implacables que controversées.

Par ailleurs, dans un communiqué aussi incisif qu’un manifeste, les députés frondeurs exigent l’impossible : la libération immédiate des manifestants emprisonnés, une enquête indépendante sur les violences policières, et le respect du droit constitutionnel à manifester, ce pilier vacillant de la démocratie togolaise. Leur appel, porté par une indignation légitime, fait écho à une population qui, dans les ruelles de Bè ou sur les barricades improvisées, crie sa soif de justice.

Le pouvoir face au miroir : Accusations de répression et de déni

En face, le gouvernement, retranché dans sa forteresse, brandit une rhétorique défensive. Les manifestations ? Illégales. Les instigateurs ? Des agitateurs, voire des étrangers, accusés de vouloir semer le chaos. Le pouvoir vante le « professionnalisme » de ses forces de sécurité, mais ses mots sonnent creux face aux images de barricades en flammes et aux récits de brutalité. Plus troublant encore, les corps retrouvés dans des cours d’eau, officiellement victimes de « noyades », alimentent un scepticisme corrosif. Dans un Togo où la vérité semble noyée elle aussi, ces déclarations jettent de l’huile sur le feu d’une colère populaire déjà incandescente.

Le Togo au bord du gouffre : Un défi majeur au régime de Faure Gnassingbé

Ce boycott parlementaire n’est pas qu’un geste de désobéissance : c’est un défi lancé au régime de Faure Gnassingbé, dont la dynastie, ancrée au pouvoir depuis 1967, vacille sous les assauts d’une jeunesse désabusée. Les réformes constitutionnelles de 2024, perçues comme un « coup d’État institutionnel », ont transformé le président en président du Conseil des ministres, un poste sans limite de mandat qui cristallise les rancœurs. À cela s’ajoutent  aussi une crise économique asphyxiante et une répression qui, loin de briser la contestation, la radicalise.

Les trois députés, en désertant la plénière, ont allumé une mèche. Leur appel à une session extraordinaire pour examiner la crise résonne comme un ultimatum : le Togo ne peut plus étouffer ses blessures sous le silence. Alors que de nouvelles manifestations sont annoncées dès ce 1ᵉʳ juillet, portées par une diaspora galvanisée et des activistes numériques, une question hante les esprits : jusqu’où ce brasier social embrasera-t-il le pays ? Dans les rues de Lomé, entre les pneus calcinés et les espoirs tenaces, une certitude émerge : le Togo, au bord du gouffre, refuse de se taire et de sombrer dans l’oubli.

Togo : Les évêques dénoncent la violence

Un cri d’évêques dans la nuit togolaise : la Conférence des Évêques du Togo fustige la violence et appelle à la résistance éthique

Lomé, 1ᵉʳ juillet 2025 – Dans un Togo où le sang a coulé comme une plaie ouverte, la Conférence des Évêques du Togo (CET) a lancé, le 30 juin 2025, un appel vibrant, un véritable tocsin moral qui résonne au-delà des clochers. Au lendemain des journées funestes des 26, 27 et 28 juin, marquées par une répression d’une sauvagerie rare, les prélats togolais, conduits par Mgr Benoît Alowonou, évêque de Kpalimé, ont dressé en effet un réquisitoire implacable contre la violence d’État. Leur message, issu de la 139ᵉ session ordinaire, n’est pas un simple communiqué : c’est une torche allumée dans l’obscurité d’un pays asphyxié par la peur, un défi lancé à la conscience d’une nation au bord du précipice.

Une tragédie togolaise sous les gaz lacrymogènes

Les 26, 27 et 28 juin 2025, Lomé est devenue le théâtre d’un drame shakespearien. Des jeunes, portés par une colère légitime contre une gouvernance jugée autoritaire et des réformes constitutionnelles controversées, ont bravé les interdictions pour investir les rues. Leur cri : la fin de la « monarchisation » du pouvoir incarnée par Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005. Mais la réponse des autorités fut un déluge de brutalité : gaz lacrymogènes tirés jusque dans l’enceinte de l’hôpital de Bè, miliciens armés circulant dans des pick-up sans plaques, des arrestations arbitraires, et, selon des organisations de la société civile, au moins sept morts, dont cinq corps retrouvés dans la lagune de Lomé. « Un usage aussi disproportionné de la force pour réprimer une manifestation, fût-elle illégale, est tout simplement inadmissible », ont tonné les évêques, dans une déclaration qui refuse le silence complice.

Ce n’est pas la première fois que la CET hausse le ton. Dès le 26 mai 2025, les évêques avaient alerté sur la « gravité du climat sociopolitique actuel », appelant à des prières pour la justice et la paix. Leur message du 30 juin  va plus loin : il dénonce une « spirale de violence intolérable » et pointe du doigt un pouvoir qui, selon eux, a choisi « la matraque et le silence » plutôt que le dialogue. « Ces violences, d’où qu’elles viennent, sont inacceptables. » « Rien ne peut les justifier », assène Mgr Alowonou, dont les mots, ciselés dans la douleur, vibrent d’une indignation prophétique.

Les évêques appellent à la prise de conscience collective

Loin de se contenter d’une condamnation, les évêques appellent à un « sursaut de conscience nationale ». Ils exhortent les Togolais à rejeter la violence, qu’elle vienne des forces de l’ordre ou des manifestants, et à s’engager dans une résistance éthique, ancrée dans les valeurs de justice et de dignité. « Que le Seigneur éveille les autorités, ouvre les oreilles de leurs cœurs », avaient déjà imploré trois prêtres catholiques avant les manifestations, dans un message intitulé « Tenons en éveil la mémoire du Seigneur ». La CET, dans cette lignée, invite à une mobilisation spirituelle et civique, une désobéissance pacifique face à ce qu’elle perçoit comme une dérive autoritaire.

Le contexte est explosif. Depuis l’adoption d’une nouvelle constitution en avril 2024, qui concentre le pouvoir entre les mains du président du Conseil des ministres – poste occupé par Faure Gnassingbé depuis mai 2025 –, les tensions n’ont cessé de croître. Les manifestations de juin, déclenchées initialement par l’arrestation de l’artiste engagé Aamron, ont été amplifiées par des appels sur les réseaux sociaux, notamment via TikTok, où des vidéos de répression ont circulé, suscitant l’indignation internationale. Des organisations comme Amnesty International et le Front « Touche Pas À Ma Constitution » ont dénoncé une « répression systématique » et des « crimes imprescriptibles », accusant le gouvernement de recourir à des miliciens pour masquer sa responsabilité.

Une église au cœur du tumulte

L’intervention de la CET n’est pas anodine. Dans un pays où l’Église catholique joue un rôle moral et social majeur, son positionnement est un acte de courage. En 2024, elle avait déjà démenti des rumeurs sur la suspension des quêtes, prouvant sa vigilance face à la désinformation. Aujourd’hui, elle se place en rempart contre l’injustice, rejoignant ainsi les voix des partis d’opposition (ADDI, DMP, ANC) et des organisations de la société civile qui appellent à une enquête sur les exactions. Les évêques, en écho à ces cris, demandent des comptes : « Qui répondra des corps dans la lagune ? » «Qui rendra justice aux familles endeuillées ? »

Le gouvernement, de son côté, rejette les accusations. Dans un communiqué du 29 juin 2025, il dénonce une « campagne de désinformation orchestrée depuis l’étranger » et annonce des poursuites judiciaires internationales contre les instigateurs présumés. Mais pour la CET, ces justifications sonnent creuses face à la réalité des corps brisés et des libertés bâillonnées. « Le peuple togolais mérite mieux que le silence, la peur et la violence », clament les évêques, reprenant presque mot pour mot l’appel des organisations de la société civile.

Un horizon incertain, une espérance têtue

Alors que Lomé panse ses plaies, le message des évêques résonne comme un défi : celui de réinventer un Togo où la justice prévaut sur la répression, où la voix du peuple n’est pas étouffée par les matraques. Les manifestations des 26, 27 et 28 juin, loin d’être un épiphénomène, marquent un tournant dans la lutte togolaise. La CET, en s’élevant contre la barbarie, pose une question cruciale : le Togo saura-t-il écouter ses bergers avant que la nuit ne s’éternise ?

Dans ce bras de fer entre un peuple en quête de liberté et un pouvoir arc-bouté sur ses privilèges, les évêques ont choisi leur camp : celui de la dignité humaine. Leur cri, porté par la foi et l’indignation, est un appel à l’éveil. Reste à savoir si le Togo, meurtri, mais debout, saura y répondre.