Assemblées annuelles BAD 2026 à Brazzaville

Dans les allées du Centre international de conférences de Kintélé, à Brazzaville, le ton est déjà donné. Avant même la cérémonie protocolaire officielle prévue ce mardi 26 mai, les 61èmes Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), couplées à la 52ème Assemblée annuelle du Fonds africain de développement (FAD), ont démarré lundi dans une atmosphère mêlant diplomatie financière, célébration panafricaine et urgence économique.

Durant cinq jours, la capitale congolaise devient le carrefour stratégique où se croisent chefs d’État, ministres des Finances, gouverneurs de banques centrales, investisseurs institutionnels et experts du développement venus des 81 pays membres de la BAD. Mais derrière le cérémonial et les rencontres de haut niveau, une même interrogation traverse les débats : comment financer l’avenir du continent africain dans un contexte mondial marqué par le recul de l’aide publique internationale, la pression de la dette et les tensions géopolitiques ?

Une ouverture sous le symbole du panafricanisme

Le choix du 25 mai pour lancer les travaux n’a rien d’anodin. Cette première journée a coïncidé avec la Journée de l’Afrique, célébrant la création de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) en 1963. Dans la salle Mfoa de Kintélé, la symbolique politique a rapidement rejoint les préoccupations économiques.

Autour du président congolais Denis Sassou Nguesso, les interventions ont multiplié les références aux figures historiques du panafricanisme et à l’émancipation économique du continent. Le chef de l’État congolais a notamment rendu hommage aux pères fondateurs de l’OUA, appelant à une nouvelle étape de l’intégration africaine fondée sur la maîtrise des leviers financiers.

Aux côtés des autorités congolaises, plusieurs personnalités internationales ont également pris part aux premières séquences de ces assemblées, notamment Selma Malika Haddadi, venue porter le message de l’Union africaine sur l’intégration économique du continent, ainsi que Diene Keita, dont la présence illustre l’importance accordée aux enjeux démographiques et sociaux dans les stratégies de développement africaines.

Dans un message vidéo adressé aux participants, Évariste Ndayishimiye a lui aussi inscrit son intervention dans cette logique de rééquilibrage mondial. « L’Afrique ne demande pas la charité, mais l’équité et la justice », a-t-il déclaré, dénonçant implicitement les déséquilibres persistants de l’architecture financière internationale.

Le premier grand test de Sidi Ould Tah

Ces assemblées constituent surtout le premier rendez-vous continental majeur du nouveau président du Groupe de la BAD, Sidi Ould Tah, successeur du Nigérian Akinwumi Adesina.

Dès son allocution inaugurale, le nouveau patron de l’institution a imprimé sa marque : celle d’un panafricanisme économique offensif. Face aux délégués réunis à Brazzaville, il a insisté sur la nécessité pour les États africains de mutualiser davantage leurs ressources et leurs capacités financières.

« Nous ne pouvons plus nous contenter de solutions de fortune face à un déficit de financement qui frôle les 400 milliards de dollars par an. L’Afrique doit repenser structurellement la manière dont elle finance son avenir…»

Pour lui, l’heure n’est plus à la dépendance vis-à-vis des bailleurs traditionnels, mais à la mobilisation des richesses africaines elles-mêmes : fonds souverains, caisses de retraite, capitaux privés et diaspora. « Aucun pays africain ne peut se développer seul », a-t-il martelé, dans un plaidoyer pour une solidarité financière continentale renforcée.

Cette orientation constitue d’ailleurs le fil conducteur de ces assemblées 2026. La BAD entend désormais accélérer la mobilisation de financements dits “alternatifs”, capables de compenser l’essoufflement des mécanismes classiques d’aide au développement.

La bataille du capital humain

Au-delà des grands discours économiques, cette première journée a également été marquée par une séquence diplomatique importante : la signature d’un partenariat stratégique entre la BAD et le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA). L’accord a été paraphé par Sidi Ould Tah et Diene Keita, en présence de plusieurs responsables internationaux.

À travers ce protocole, les deux institutions veulent renforcer les investissements dans le capital humain, notamment la santé maternelle, l’autonomisation des femmes et la résilience démographique. Un axe stratégique pour la BAD, qui considère désormais la transition démographique comme un moteur essentiel de croissance économique.

L’objectif affiché est clair : transformer la jeunesse africaine en levier de développement plutôt qu’en facteur de vulnérabilité sociale. Une ambition particulièrement ciblée vers les zones fragiles et les pays confrontés à de fortes pressions économiques.

Une Afrique en quête de nouveaux leviers financiers

Autour des sessions plénières, plusieurs réunions parallèles ont déjà ouvert les discussions sur la réforme du système financier mondial. Des échanges ont notamment débuté avec la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique sur les mécanismes de restructuration de la dette et l’accès au financement climatique.

Des experts comme Carlos Lopes participent aux réflexions sur les nouvelles stratégies de financement du développement africain. Parmi les dossiers attendus dans les prochains jours figurent également les tables rondes consacrées au Fonds bleu pour le bassin du Congo, aux infrastructures énergétiques et au financement climatique.

Dans les couloirs de Kintélé, une conviction semble désormais s’imposer : l’Afrique entre dans une phase où sa souveraineté politique dépendra de plus en plus de sa souveraineté financière. Et c’est précisément cette bataille que Brazzaville entend placer au centre de ces assemblées annuelles de la BAD.

BMD : Bilan 2025 positif pour l’investissement durable

FINANCEMENT DU DÉVELOPPEMENT : les Banques Multilatérales de Développement (BMD) dévoilent un bilan 2025 « impressionnant » et renforcent leur collaboration. Un renfort clé pour attirer les capitaux et façonner l’avenir du tourisme sur le continent. Feuille de route G20, transparence financière, sécurité hydrique : les banques multilatérales passent à la vitesse supérieure.

 

Paris, 20 octobre 2025 –  Face à l’urgence climatique et socio-économique, les Banques Multilatérales de Développement (BMD) confirment la montée en puissance de leur alliance. Réunis le 18 octobre, les dirigeants – incluant la Banque mondiale et la BAD – ont salué une année 2025 de collaboration intensifiée qui se traduit par des progrès concrets. Elles affirment dans un communiqué vouloir « opérer comme un système uni » pour démultiplier l’impact de leurs 200 milliards de dollars de financement annuel.  À ce titre, la présidence, actuellement assurée par la CEB, passera à la Banque asiatique de développement en décembre.

 

 

Un système uni pour transformer le financement mondial

 

La rencontre des BMD, tenue en format hybride, visait, tout d’abord, à examiner les avancées issues de la dynamique lancée par leur note de synthèse 2024. Les dirigeants se sont félicités des progrès réalisés dans divers domaines, définissant des priorités pour les mois à venir. Par ailleurs, l’année 2025 est marquée par une série de rapports conjoints qui illustrent comment ces banques transforment leurs efforts individuels en leviers globaux pour le développement durable.

 

Bilan 2025  des BMD : les cinq réalisations collectives majeures

 

De ce fait, les BMD ont mis en lumière plusieurs avancées stratégiques, démontrant leur capacité à aligner ressources et expertises pour répondre aux besoins urgents des pays en développement.

Sur le plan institutionnel et financier, les BMD ont concrétisé la mise en œuvre de la Feuille de route du G20 en présentant un document exhaustif détaillant les progrès réalisés. Ces avancées couvrent l’augmentation des capacités de prêt, la mobilisation accrue de capitaux privés et le renforcement des collaborations opérationnelles, impactant la finance verte et les infrastructures résilientes.

Dans l’optique de garantir une meilleure comparabilité et confiance des marchés, le nouveau Forum GRaFF a publié le premier Rapport comparatif sur les BMD, un outil qui maximise l’effet multiplicateur du capital des actionnaires. Simultanément, elles ont intensifié leur dialogue avec les agences de crédit via une note du GRaFF, visant à optimiser les notations de crédit et à faciliter l’accès à des financements plus compétitifs pour des projets d’envergure.

 

L’impact sectoriel et social (Eau, Infrastructures sociales)

 

Concernant les avancées sectorielles, les BMD ont publié deux rapports conjoints marquants, signalant une orientation forte vers le social et l’environnement.  D’une part, le premier est le Rapport annuel conjoint sur le financement de la sécurité hydrique, lancé à Séville. Ce document pionnier met en exergue les contributions collectives à l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, un secteur vital.  D’autre part, le second est le rapport Social Infrastructure in Focus, qui illustre le soutien massif apporté aux infrastructures sociales (santé, éducation, logement et eau).  Ainsi, les BMD investissent collectivement dans ces domaines pour doper la productivité, créer des emplois et renforcer la résilience des sociétés, particulièrement dans les régions vulnérables.

 

Prochaines étapes : risques partagés et ambitions climatiques

 

Au-delà de ces victoires, les dirigeants ont évoqué des initiatives en gestation.  Parmi elles, on trouve : la publication de statistiques détaillées sur les risques de crédit (via la base GEM), la coordination de modèles « originate-to-share/distribute » pour un partage accru des risques, et l’innovation financière via des initiatives phares comme Mission 300 (visant l’accès à l’électricité pour 300 millions d’Africains).

En vue de la COP30 en novembre au Brésil, les BMD s’engagent à soutenir leurs pays partenaires dans la réalisation d’objectifs climatiques ambitieux.  De plus, un échange post-réunion avec Rafael Grossi, directeur général de l’AIEA, a d’ailleurs porté sur le rôle de l’énergie nucléaire civile dans la transition énergétique bas-carbone.

 

Relais de la présidence au cœurs des BMD : de l’Europe à l’Asie

 

Enfin, les BMD ont exprimé leur gratitude à Carlo Monticelli, gouverneur de la CEB, pour son leadership et engagement durant son mandat.  Cependant, à partir de décembre, la présidence passera à la Banque asiatique de développement (BAD), garantissant la continuité de cette dynamique collaborative.

En conclusion, dans un contexte où le financement du développement atteint des records, cette réunion renforce l’idée d’un « système » uni face aux inégalités mondiales.  Cependant, reste à voir comment ces engagements se traduiront en projets concrets sur le terrain, de l’Afrique subsaharienne aux îles du Pacifique.

 

 

Coronavirus: voici les nouvelles horaires des banques au Togo

Les banques togolaises veulent aussi jouer leur partition dans la lutte contre le coronavirus. Ensemble, elles ont décidé de revoir leurs horaires, afin d’éviter les attroupements de leurs clients à leurs guichets.

Dans un  communiqué rendu public hier lundi 30 mars 2020, l’Association Professionnelle des Banques et Etablissements Financiers du Togo (APBEF-Togo) informe la population togolaise d’un réaménagement des horaires d’ouverture et de fermeture des portes, en raison de la pandémie de coronavirus.

Ainsi à compter de demain mercredi 1er avril 2020, les activités se dérouleront en journée continue de 7h30 à 13h30.

« Ces dispositions sont temporaires et susceptibles d’aménagement en fonction de l’évolution de la situation », indique le communiqué signé par la présidente Odile MEDEGAN –AFFOYON.