Togo : évaluation de la campagne de moustiquaires (MII) dans la commune Lacs 3

Lomé, 3 juin 2026 — Sous l’autorité du préfet des Lacs, Datè Bénissan‑Têtê, une mission de supervision a parcouru la commune Lacs 3 pour évaluer l’état d’avancement du dénombrement des ménages, préalable à la distribution gratuite des moustiquaires imprégnées d’insecticide (MII) dans le cadre de la campagne nationale 2026. À ses côtés figuraient des responsables locaux et sanitaires, dont le maire de la commune, Anani Messan, et la directrice préfectorale de la santé des Lacs, Dr Akakpo Kafui Eméfa.

Commune des Lacs Mairie d'Agbodrafo
© Commune des Lacs Mairie d'Agbodrafo

Tournée de supervision

La délégation s’est rendue, au fil de la journée, dans plusieurs formations sanitaires servant de bases opérationnelles aux équipes de terrain : le centre médico‑social (CMS) de Gbodjomé, l’unité de santé publique (USP) de Togokomé, le CMS d’Agbodrafo, ainsi que les USP de Kpémé et de Goumoukopé. Les chefs de brigade locaux — de Gbodjomé, Agbodrafo et Kpémé — ont accompagné la tournée, permettant un contact direct avec les agents chargés du dénombrement et les équipes de sensibilisation.

Sur place, les échanges ont porté autant sur la progression quantitative des opérations que sur les difficultés rencontrées. Si la majorité des ménages se montre favorable à l’opération, certains cas de réticence subsistent, ont rapporté les agents dénombreurs. Ces résistances, selon les responsables, tiennent principalement à des interrogations sur l’utilité des moustiquaires ou à des problèmes de compréhension des modalités de la campagne. Le préfet Datè Bénissan‑Têtê a salué « l’engagement et le professionnalisme » des équipes et les a encouragées à intensifier les actions de sensibilisation pour atteindre les foyers encore non recensés.

Commune des Lacs Mairie d'Agbodrafo
© Commune des Lacs Mairie d'Agbodrafo

Des résultats contrastés

Les chiffres provisoires cumulés de la première semaine (J1 à J7) témoignent d’une dynamique variable selon les aires sanitaires. Togokomé affiche les meilleurs résultats, avec 129 % de la population et 113 % des ménages dénombrés – des taux supérieurs aux estimations, plausiblement expliqués par des ajustements locaux ou des mobilisations communautaires efficaces.

Goumoukopé dépasse également les prévisions, enregistrant 111 % de la population et 112 % des ménages. Gbodjomé et Agbodrafo présentent des performances solides, respectivement 108 % et 91 % de la population recensée, et 95 % et 86 % des ménages. En revanche, Kpémé accuse un retard relatif (75 % de la population et 62 % des ménages), pointé par les autorités comme une priorité pour les prochains jours.

Ces disparités traduisent, selon les acteurs, l’hétérogénéité des contextes locaux : densité de population, mobilité des ménages, qualité de la sensibilisation préalable et ressenti communautaire vis‑à‑vis des interventions sanitaires. « Là où les relais communautaires et les autorités locales se sont fortement impliqués, l’adhésion a été plus rapide », a noté le point focal Promotion de la santé du district des Lacs, Abou Gbati Nissao.

Commune des Lacs Mairie d'Agbodrafo
© Commune des Lacs Mairie d'Agbodrafo

Un enjeu de santé publique

La campagne MII 2026, inscrite dans la stratégie nationale de lutte contre le paludisme, vise à couvrir l’ensemble des ménages vulnérables par la distribution gratuite de moustiquaires traitées, outil reconnu pour réduire la transmission. Le dénombrement constitue une étape cruciale : il conditionne la logistique de distribution et la traçabilité des bénéficiaires. Les autorités préfectorales ont annoncé qu’elles maintiendront la pression sur les zones en retard et intensifieront la communication de proximité pour lever les dernières réticences.

À l’issue de la visite, le message porté par les responsables était clair : accélérer le dénombrement pour permettre le démarrage rapide et inclusif de la distribution. Les prochains jours devront confirmer si la dynamique observée dans plusieurs aires sanitaires peut être répliquée dans l’ensemble de la commune Lacs 3.

Une femme enceinte de huit mois abattue à Conakry : l’indignation gronde à Enta T6

Ténin Camara, épouse Traoré, mère de six enfants, a été mortellement touchée par balle aux premières heures du mercredi 3 juin devant son domicile du quartier Enta, dans la banlieue de la capitale guinéenne. Les circonstances exactes du tir demeurent non élucidées. Ce drame suscite une vive émotion et relance les questions sur l’usage de la force dans les quartiers populaires de Conakry.

CONAKRY (Guinée), 3 juin 2026 — Il était environ cinq heures du matin lorsque des détonations ont rompu le silence du quartier Enta, dans la commune de Matoto, en banlieue de Conakry. Une femme d’une trentaine d’années, enceinte de huit mois et mère de six enfants, a été mortellement atteinte par balle aux premières heures de la matinée. Son nom : Ténin Camara, épouse Traoré. Elle n’a pas survécu à ses blessures. Son corps a été transféré à la morgue de l’hôpital régional d’Enta, où son mari et plusieurs proches se sont rendus. Le septième enfant qu’elle portait n’a pas survécu non plus.

« On ne peut que sensibiliser »

La voisine de la défunte, Mme Kaba Mariam Condé, raconte les circonstances dans lesquelles elle a découvert le corps : « Ce matin très tôt, depuis 4 h ou 5 h, il y a eu beaucoup de bruit. Donc je me suis levée, j’ai demandé ce qui ne va pas. J’ai appelé chez ma tante pour savoir si c’était là-bas, on m’a dit non. Ensuite, je me suis levée et je suis sortie. Il y avait beaucoup de bruit. Les enfants voulaient sortir, je leur ai dit de ne pas sortir. Finalement, mon petit frère, qui était à l’étage, m’a dit : « Ah, c’est chez tante Ténin. » »

La même voisine a ensuite confié à nos confrères de Mediaguinee que cette situation n’était pas sans précédent dans le quartier. « Ce n’est pas la première fois. Une fois, mes enfants et mes frères jouaient ici et un militaire est venu les attaquer en sortant son arme. » Ces mots, prononcés avec une résignation douloureuse, résument à eux seuls le sentiment d’une population qui se dit livrée à elle-même face à des actes de violence dont l’origine reste, chaque fois, difficile à établir officiellement.

 

Barricades et déploiement des forces de l’ordre

La mort de Ténin Camara a immédiatement provoqué un mouvement de colère dans le voisinage. Ainsi, des jeunes en colère ont barricadé la route pour exprimer leur indignation. Gendarmes et policiers ont été déployés sur les lieux afin de sécuriser la zone et de prévenir tout débordement.

Cette réaction spontanée illustre une fracture profonde entre les habitants des quartiers périphériques de Conakry et les forces de sécurité. Enta, zone dense de la commune de Matoto, en banlieue de la capitale guinéenne, est l’un de ces espaces populaires où la présence militaire est permanente, mais souvent perçue comme une menace plutôt qu’une protection.

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Un contexte de violences récurrentes

Le drame survient dans un pays dont le rapport aux forces armées reste profondément marqué par des décennies de violences d’État. En août 2024, les forces de sécurité avaient utilisé la force létale pour disperser des personnes rassemblées dans le quartier de Sonfonia, à Conakry, afin de protester contre des coupures de courant. Un enfant de neuf ans, Ibrahima Sadio Diallo, avait été touché par une balle et était mort sur-le-champ.

Par ailleurs, Human Rights Watch, qui documente depuis des années les violences commises par les forces de sécurité guinéennes, a relevé que, malgré l’élection de Mamady Doumbouya, les autorités militaires n’ont pas tenu leur promesse de rétablir un régime civil. Dans ce contexte, les mécanismes de contrôle et de responsabilisation des forces de l’ordre demeurent particulièrement fragiles.

L’enquête, seul horizon

À ce stade, personne n’a encore déterminé les circonstances exactes du tir qui a coûté la vie à Ténin Camara. Aucune source officielle — ni la gendarmerie ni le parquet de Conakry — n’avait, dans les heures suivant le drame, communiqué sur l’identité du tireur ou sur les conditions dans lesquelles l’arme a déchargé son projectile.

La famille et les proches de la victime réclament toute la lumière sur cette mort. Ténin Camara laisse derrière elle six enfants — quatre garçons et deux filles — et était enceinte du septième. Son mari, présent à la morgue au moment des premiers témoignages recueillis, n’avait pas encore été en mesure de s’exprimer publiquement.

La Guinée, où les élections n’ont pas encore produit la rupture que de nombreux citoyens attendent en matière de gouvernance et de justice, affronte à nouveau la question centrale de l’impunité. Chaque drame que les autorités n’élucident pas alimente un peu plus la défiance d’une population qui aspire à un véritable changement et attend, depuis trop longtemps, que l’État rende justice — et que la violence cesse de faucher des vies comme celle de Ténin Camara dans l’obscurité d’une aube ordinaire.

États-Unis : les restrictions de visas pour les Togolais maintenues

Entrées en vigueur le 1er janvier 2026 par proclamation présidentielle, ces mesures restrictives continuent de peser sur les procédures consulaires à Lomé, exposant les candidats au voyage à un véritable flou administratif et financier.

Cinq mois après leur mise en application, le statu quo demeure. En effet, depuis le 1er janvier 2026, les ressortissants togolais désireux de se rendre aux États-Unis font face à un tournant rigoureux de la politique migratoire de Washington. En vertu d’une proclamation présidentielle américaine, l’entrée sur le territoire et la délivrance de visas pour plusieurs catégories de citoyens du Togo restent suspendues ou sévèrement limitées.

Si les chancelleries observent de près les implications diplomatiques de cette décision entre les deux capitales, c’est toutefois au niveau de la mécanique consulaire quotidienne que les conséquences directes se font le plus ressentir pour la population.

 

Un maintien des rendez-vous aux airs de trompe-l’œil

La particularité de ce dispositif réside dans la poursuite apparente des activités de l’ambassade américaine à Lomé. En effet, contrairement à une fermeture pure et simple des services consulaires, les demandeurs togolais conservent la possibilité technique de soumettre leur dossier en ligne et de se présenter aux entretiens programmés avec les officiers consulaires.

Toutefois, cette continuité procédurale s’apparente à un parcours incertain : l’ambassade elle-même avertit que l’issue de l’entretien risque de déboucher sur une inéligibilité quasi systématique à la délivrance du précieux sésame, tant que les restrictions présidentielles resteront en vigueur.

 

Le risque du gouffre financier pour les candidats au départ

Par ailleurs, pour les requérants, cette situation comporte un enjeu économique majeur. Les règles immuables de l’administration américaine s’appliquent en effet de manière stricte : les frais de demande de visa, payés en amont de la prise de rendez-vous, demeurent non remboursables et non transférables, indépendamment de la décision finale ou des restrictions nationales en cours.

« Avant de s’engager dans des dépenses administratives ou de planifier des arrangements de voyage qui pourraient s’avérer caducs, il est fortement recommandé de consulter les mises à jour officielles du service consulaire », rappelle-t-on du côté des observateurs des flux migratoires.

Dès lors, face à ce risque de pertes financières, la prudence est désormais de mise. Les autorités américaines incitent formellement les usagers à se référer exclusivement à la plateforme officielle de la représentation diplomatique (https://tg.usembassy.gov/visas/) avant d’engager la moindre démarche financière.

À ce jour, aucune date de levée ou d’assouplissement de cette proclamation présidentielle n’a encore été communiquée par Washington. En attendant, les restrictions demeurent pleinement applicables aux catégories de voyageurs concernées.

États-Unis : six ressortissants togolais parmi les 355 expulsés pour motifs judiciaires

Washington, 2 juin 2026 – Les autorités américaines ont confirmé l’expulsion de 355 ressortissants africains dans le cadre de procédures d’éloignement menées à travers plusieurs États du pays. Cette opération concerne majoritairement des ressortissants d’Afrique de l’Ouest, dont les gouvernements doivent désormais se préparer à accueillir leurs citoyens expulsés, souvent impliqués dans des affaires criminelles, de retour sur le continent.

Selon les informations rendues publiques par les services américains de l’immigration, le Nigeria et le Libéria figurent parmi les pays les plus concernés par cette vague d’expulsions. Au total, 110 Nigérians et 94 Libériens sont concernés par ces mesures.

D’autres pays ouest-africains apparaissent également sur la liste. Le Ghana compte 30 ressortissants expulsés, le Sénégal 19, la Gambie 14, la Côte d’Ivoire 14, la Mauritanie 12, le Cap-Vert 11, le Burkina Faso 9, le Niger 8, le Togo 6, la Guinée 6, le Mali 5, tandis que le Bénin et la Guinée-Bissau enregistrent chacun un ressortissant concerné. En Afrique centrale, le Cameroun compte 15 personnes visées par ces procédures.

Une politique migratoire toujours stricte

Cette opération s’inscrit dans le cadre des politiques américaines de contrôle migratoire et d’exécution des décisions judiciaires ou administratives visant des ressortissants étrangers en situation irrégulière ou ayant fait l’objet de condamnations pénales.

Les autorités américaines ont publié les identités et les photographies des personnes concernées, une démarche qui suscite déjà de nombreux commentaires sur les réseaux sociaux et dans plusieurs pays africains.

Les motifs ayant conduit à ces expulsions varient selon les dossiers. Ils incluent notamment des infractions liées à la fraude, aux cambriolages, aux agressions sexuelles, aux vols ou à d’autres violations de la législation américaine.

Six ressortissants togolais concernés

Parmi les personnes figurant sur la liste que les autorités américaines ont publiée, les mesures d’expulsion concernent également six ressortissants togolais.

Les services fédéraux ont interpellé Koffi Bassowou à Charlotte (Caroline du Nord), poursuivi pour attouchements sur mineur ; Komlanvi Edoh à Houston (Texas), inculpé d’agression sexuelle ; Koffivi Gadegbe dans l’Indiana, poursuivi pour cambriolage et vol de véhicule ; Kokouvi Azouma dans l’État du Nevada, impliqué dans une affaire de cambriolage ; Abraham Ahiagbedey à Orlando (Floride), poursuivi pour braquage à main armée ; et Abdoul Agbere à Greenbelt (Maryland), inculpé de fraude et détournement de fonds.

Selon les informations communiquées par les autorités américaines, ces personnes sont impliquées dans différentes affaires judiciaires qui motivent leur éloignement du territoire américain.

Un défi pour les pays de retour

Au-delà de l’aspect judiciaire, cette vague d’expulsions pose également la question de la réinsertion des personnes concernées dans leurs pays d’origine. Pour plusieurs États africains, l’accueil et l’accompagnement des ressortissants de retour constituent un défi social, économique et administratif important.

Les spécialistes des questions migratoires rappellent que les expulsions de ressortissants africains depuis les États-Unis ne sont pas un phénomène nouveau. Toutefois, l’ampleur de cette opération et la publication détaillée des identités des personnes concernées lui confèrent une visibilité particulière.

Face à cette vague d’expulsions, les capitales ouest‑africaines s’organisent déjà pour anticiper l’arrivée de leurs ressortissants. Entre impératif sécuritaire et défi social, les gouvernements devront conjuguer fermeté et accompagnement afin de transformer ce retour contraint en une réintégration durable.

Côte d’Ivoire : Apoutchou National et Lionel PCS condamnés à de la prison ferme

Accusés d’infraction à la réglementation des changes et de blanchiment de capitaux après l’exhibition d’un sac de billets sur les réseaux sociaux, les deux prévenus font face à la sévérité du Pôle pénal économique et financier. Le parquet de Côte d’Ivoire réclame l’exemplarité.

 

Abidjan, le 2 juin 2026 – Clap de fin pour ce feuilleton judiciaire qui a secoué l’espace numérique ivoirien et au-delà, alors que l’opinion publique observait avec attention si cette affaire servirait de symbole de la reprise en main de l’espace numérique et de la transparence financière par les autorités ivoiriennes. La sentence est tombée devant le Pôle pénal économique et financier d’Abidjan : l’influenceur Stéphane Agbré, plus connu sous le pseudonyme d’« Apoutchou National », a été condamné à une peine de trois ans d’emprisonnement ferme assortie d’une amende colossale de 264 millions de francs CFA.

Son coaccusé, l’influenceur et homme d’affaires Lionel PCS, écope quant à lui d’une peine plus lourde de cinq ans d’emprisonnement ferme, assortie de la même sanction financière de 264 millions de francs CFA.Le tribunal a également condamné les coaccusés Doffou Doffou et Sidibé Kader à trois ans de prison ferme chacun et à une amende de 264 millions de francs CFA. Toutefois, il a prononcé ces peines sans décerner de mandat de dépôt à l’audience.

Ce verdict, qui suscite une immense vague de réactions en Côte d’Ivoire et au sein de la diaspora, marque ainsi le dénouement d’un feuilleton judiciaire qui aura tenu la toile en haleine pendant de longs mois, depuis les premières interpellations survenues à la fin de l’année 2024.

 

Des sanctions patrimoniales aux lourdes conséquences économiques

Au-delà des peines d’emprisonnement, le tribunal a également ordonné une série de mesures patrimoniales particulièrement sévères. Lionel PCS a ainsi vu trois de ses véhicules de luxe saisis puis vendus par l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs criminels (AGRAC). Les comptes bancaires crédités identifiés dans le cadre de l’enquête ont également été confisqués. En outre, il devra verser 100 millions de FCFA à l’État de Côte d’Ivoire et 100 millions de FCFA à la LONACI.

De son côté, Stéphane Agbré, alias « Apoutchou National », voit deux comptes bancaires crédités saisis par la justice. Le tribunal a également ordonné la confiscation de plusieurs biens immobiliers lui appartenant, notamment deux terrains à Bingerville, un terrain à Anyama et un autre à Agboville. Comme son coaccusé, il devra s’acquitter de 100 millions de FCFA au profit de l’État de Côte d’Ivoire et de 100 millions de FCFA au profit de la LONACI.

Ces confiscations et sanctions financières illustrent la volonté des autorités judiciaires de frapper non seulement les auteurs présumés de délits économiques par des peines privatives de liberté, mais également leurs patrimoines. Pour de nombreux observateurs, cette décision marque un tournant dans la lutte contre le blanchiment de capitaux, l’enrichissement illicite et les dérives liées à l’économie de l’influence sur les réseaux sociaux.

Apoutchou National
© Apoutchou National

Du « buzz » virtuel au mandat de dépôt

Pour comprendre l’ampleur de la déflagration, il faut remonter au 12 novembre 2024. Ce jour-là, Apoutchou National publie une vidéo sur sa page Facebook où il s’affiche tout sourire, exhibant un sac bourré de liasses de billets de banque neufs. L’effet est immédiat sur les réseaux sociaux, mais la réaction de l’appareil d’État l’est tout autant. Le 14 novembre 2024, l’influenceur est interpellé par la police économique, rapidement rejoint en garde à vue par Lionel PCS et un opérateur financier impliqué dans la transaction.

Devant les enquêteurs du parquet d’Abidjan, les prévenus tentent de plaider la mise en scène, expliquant que les fonds – présentés comme un prêt destiné à l’achat d’un véhicule – étaient parfaitement traçables. Toutefois, cet argument s’est révélé insuffisant pour la justice ivoirienne, qui place les deux hommes sous mandat de dépôt en décembre 2024. Transférés à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA), ils y passent plusieurs mois avant de bénéficier d’une mise en liberté provisoire sous contrôle judiciaire strict en 2025.

Apoutchou National
© Apoutchou National

Les réquisitions du parquet de Côte d’Ivoire : l’onde de choc

Lors des audiences du 24 mars 2026, le substitut du procureur a rappelé la politique de « tolérance zéro » engagée par la Côte d’Ivoire, récemment placée sous surveillance par le GAFI. Le parquet a requis des peines maximales de sept ans de prison et 240 millions de FCFA d’amende, estimant que l’exhibition publique de fortunes non justifiées constituait une provocation face aux efforts d’assainissement économique du pays.

« La liberté des réseaux sociaux s’arrête là où commencent les lois de la République sur la traçabilité des capitaux », a martelé le ministère public lors de son réquisitoire, exigeant des sanctions exemplaires pour décourager les dérives de l’« économie du buzz ».

Si la défense a plaidé la bonne foi, la naïveté et l’absence d’intention criminelle de ses clients, le tribunal a néanmoins suivi la ligne dure du parquet en prononçant des peines de prison ferme privatives de liberté. Pour Lionel PCS, la peine de cinq ans reflète, selon des sources proches du dossier, un niveau de responsabilité jugé supérieur dans le montage et l’origine des flux financiers incriminés.

Au-delà des cercles de fans, cette condamnation résonne comme un avertissement pour l’ensemble du milieu des influenceurs en Afrique de l’Ouest. En frappant au portefeuille et en prononçant des peines de prison effectives, le Pôle pénal économique et financier d’Abidjan démontre que l’ère de l’impunité numérique est bel et bien révolue.

Coupe du Monde 2026 : Entre soccer et histoire, les USA sont-ils prêts ?

New York, le 2 juin 2026 – À moins de 10 jours du coup d’envoi de la Coupe du Monde de la FIFA 2026, les États-Unis s’apprêtent à vivre un moment exceptionnel, à la fois sportif et historique. Le président Donald Trump a d’ailleurs rappelé que ce tournoi représentait « une occasion unique de mettre en valeur la beauté et la grandeur de l’Amérique ». Cet accueil massif coïncide symboliquement avec les célébrations du 250ᵉ anniversaire de l’indépendance des États-Unis. Un double événement historique qui promet de marquer les esprits bien au-delà des frontières américaines.

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Les États-Unis, pays hôte principal, au cœur de l’action

Le tournoi débutera en Amérique du Nord le 11 juin, avec des matchs répartis entre les États-Unis, le Canada et le Mexique. Toutefois, ce sont bien les États-Unis qui joueront un rôle central, accueillant la grande majorité des rencontres. Pendant un mois, le monde entier découvrira les stades américains, les villes hôtes et l’expérience unique réservée aux supporters.

Les 11 villes hôtes américaines – dont Los Angeles, New York, Miami, Seattle et Atlanta – accueilleront 78 des 104 matchs de la compétition, dont les demi-finales et la finale, prévues le 19 juillet au MetLife Stadium du New Jersey. Chaque ville a préparé des fan-zones géantes, des expositions culturelles et des événements parallèles afin d’immerger les supporters dans une expérience 100 % américaine, mêlant sport, musique et gastronomie locale.

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Une vitrine pour l’innovation, la sécurité et l’expérience fan

Des stades à la pointe de la technologie. En effet, les 11 enceintes américaines sélectionnées pour la Coupe du Monde 2026 figurent parmi les plus modernes au monde. Qu’il s’agisse de géants en plein air ou de stades équipés de toits rétractables et de systèmes de climatisation de pointe pour faire face aux fortes chaleurs estivales, elles offrent une expérience optimale.

Par ailleurs, certains écrans géants suspendus en 4K, comme l’immense Infinity Screen du SoFi Stadium de Los Angeles, redéfinissent l’immersion visuelle. Côté environnement, le Mercedes-Benz Stadium d’Atlanta s’impose déjà comme une référence mondiale de l’éco-conception, ayant été le premier à obtenir la prestigieuse certification LEED Platinum pour sa faible empreinte carbone.

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Sécurité : un dispositif sans précédent

Avec une fréquentation estimée à plus de 5 millions de supporters et des milliards de téléspectateurs, la sécurité constitue une priorité absolue. À cet effet, les autorités américaines ont déployé un plan de sûreté intégré et multidimensionnel :

  • Des contrôles biométriques : les stades intègrent des technologies de reconnaissance faciale à l’entrée afin de fluidifier les accès et d’identifier instantanément les profils à risque.
  • Une alliance fédérale massive : une coordination en temps réel est établie entre les polices locales, le FBI, la TSA (chargée de la sécurité des transports) et les services de renseignement.
  • Un bouclier aérien et technologique : les espaces aériens des stades sont sécurisés grâce à des systèmes de détection thermique et à des unités spéciales du FBI chargées de neutraliser les drones non autorisés.
  • Une réponse médicale de pointe : des hôpitaux de campagne et des postes de secours avancés sont installés à proximité des enceintes afin de faire face à toute urgence sanitaire.

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L’innovation au service des supporters

La FIFA et les organisateurs américains misent également sur la technologie pour rendre cette Coupe du Monde inédite :

  • L’application officielle avec réalité augmentée (RA) : la toute nouvelle version de l’application officielle de la FIFA inclut l’option « Enhanced Football Intelligence ». Les supporters présents au stade peuvent pointer leur smartphone vers la pelouse pour voir apparaître en surimpression le nom des joueurs, leur vitesse en direct ou encore les lignes de passes. Elle propose également des cartes 3D pour s’orienter dans les villes.
  • Les billets numériques avec NFT : via sa plateforme FIFA Collect, l’instance a vendu des pass numériques appelés RTT (Right-To-Ticket) sous forme de collectibles (NFT). Les collectionneurs peuvent s’échanger ces objets numériques ou décider de les convertir en véritables billets de match.
  • Les caméras 360° pour les replays : le dispositif de diffusion est particulièrement ambitieux, avec 45 à 50 caméras par rencontre. La FIFA utilise des caméras 360° combinées à l’intelligence artificielle pour générer des avatars 3D des joueurs en temps réel, fluidifier l’arbitrage vidéo (VAR) et proposer des replays immersifs, ainsi que la technologie « Referee View ».
  • Des robots pour assister les supporters : dans plusieurs grands stades américains ultra-connectés, des terminaux robotisés et des bornes d’intelligence artificielle interactives sont déployés afin de guider les spectateurs, traduire plusieurs langues en temps réel et répondre aux questions logistiques.

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L’équipe américaine : une génération dorée ?

Les États-Unis, coorganisateurs de la compétition, misent sur une équipe jeune et talentueuse pour briller à domicile. Avec des stars comme Christian Pulisic (capitaine et attaquant du Milan AC), Weston McKennie (milieu de la Juventus) et Gio Reyna (milieu offensif du Borussia Mönchengladbach), les USMNT (United States Men’s National Team) rêvent de dépasser leur meilleur résultat : une troisième place obtenue en 1930.

Pour leur entrée en lice dans cette Coupe du monde 2026, ils affronteront le Paraguay dans le cadre du groupe D. Ce choc d’ouverture se jouera le vendredi 12 juin 2026 (heure locale, soit le samedi 13 juin à 01 h 00 GMT) dans le cadre prestigieux du SoFi Stadium, à Inglewood, en Californie.

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Les villes hôtes : des destinations à découvrir

Chaque ville hôte a préparé des activités uniques pour les supporters :

  • New York/New Jersey : des fan-zones géantes et des espaces de visionnage immersifs accueilleront les supporters de toutes les nations.
  • Los Angeles : le FIFA Fan Festival et les fan-zones locales proposeront des activités interactives, des terrains de street soccer et des DJ sets célébrant l’histoire du ballon rond.
  • Miami : le grand parc de Bayfront Park, en plein cœur de la ville, s’est transformé en un espace de diffusion géant au bord de l’eau.
  • Seattle : la Major League Soccer (MLS) et le club local des Seattle Sounders organisent des « Soccer Celebrations », notamment autour d’Elliott Bay, avec des interactions impliquant des légendes locales et d’anciens joueurs.
  • Atlanta : un village culturel situé près du Centennial Olympic Park mettra en avant l’esprit multiculturel de la ville grâce à des écrans géants et à une offre gastronomique internationale.

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L’héritage économique et social

La Coupe du Monde 2026 devrait générer plus de 14 milliards de dollars de retombées économiques pour les États-Unis, selon les projections de la FIFA et du Boston Consulting Group. Parmi les bénéfices attendus figurent :

  • L’emploi en plein essor : la création et le soutien de plus de 100 000 emplois dans les secteurs du tourisme, de la restauration et de l’événementiel.
  • Un impact massif pour l’hôtellerie : les réservations affichent complet dans les villes hôtes, avec des tarifs parfois multipliés par trois ou quatre les jours de match.
  • Un héritage durable pour le soccer : une hausse historique des inscriptions dans les clubs de football est attendue chez les jeunes, consolidant davantage la place de ce sport aux États-Unis.

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Un héritage au-delà du sport

Ce mois-ci, les États-Unis ne seront pas seulement un terrain de jeu, mais également une destination à découvrir. À travers le football, le pays entend montrer sa diversité, son dynamisme et son hospitalité. Les moments forts de l’équipe américaine, les histoires des villes hôtes et les liens étroits entre le ballon rond et la culture américaine seront au cœur du récit de ce tournoi.

La Coupe du Monde 2026 ne sera pas qu’un événement sportif ; elle s’impose également comme un levier de promotion des valeurs américaines – liberté, excellence et unité – à travers le monde. De plus, les États-Unis rappellent que ce tournoi s’inscrit dans une année historique, marquée par la célébration des 250 ans de leur indépendance.

Le 4 juillet 2026, jour de la Fête nationale américaine, coïncidera ainsi avec les quarts de finale du tournoi. Une coïncidence hautement symbolique pour projeter aux yeux du monde la force et l’unité des États-Unis.

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Le monde a les yeux rivés sur l’Amérique.

Alors que le compte à rebours est lancé, une question persiste : les États-Unis parviendront-ils à transformer cette Coupe du Monde en un succès total, à la fois sportif, logistique et culturel ?

Les défis sont gigantesques : canaliser l’afflux de millions de supporters, garantir la sécurité, offrir une expérience immersive et laisser un héritage durable pour le soccer au pays de l’Oncle Sam. Toutefois, portés par une organisation méticuleuse, des infrastructures de classe mondiale et une volonté politique affirmée, les États-Unis semblent plus que jamais prêts à relever le défi et à marquer l’histoire.

« Planter aujourd’hui pour protéger demain » : le ministère de la Sécurité s’engage pour la Journée nationale de l’arbre

Lomé, le 2 juin 2026 – À l’occasion de la Journée nationale de l’arbre, célébrée le 1ᵉʳ juin 2026, le ministre de la Sécurité, le colonel Calixte Batossie Madjouba, a marqué son engagement en faveur de la préservation de l’environnement par une série d’actions symboliques et concrètes. Dès les premières heures de la journée, il a participé au lancement officiel de la campagne nationale de reboisement sur le site du Centre technique d’enfouissement d’Aképé, aux côtés d’autres membres du gouvernement.

Le Ministère de la Sécurité
© Le Ministère de la Sécurité

Un geste citoyen et une vision durable

Dans l’après-midi, le ministre a planté un arbre sur le site de son ministère, en présence du secrétaire général, des membres de son cabinet, des directeurs généraux, des directeurs centraux et des chefs de service. Ce geste, bien que symbolique, s’inscrit dans une démarche globale visant à sensibiliser les agents du ministère à l’importance du reboisement.

Lors de cette cérémonie, le colonel Calixte Batossie Madjouba a rappelé que le reboisement constitue « un instrument majeur de protection des écosystèmes, de lutte contre les effets du changement climatique et de prévention des catastrophes naturelles ». Il a également appelé l’ensemble des services de son département à faire de cette pratique un engagement durable, en alignement avec la vision nationale de restauration du couvert végétal et de préservation du patrimoine environnemental.

Le Ministère de la Sécurité
© Le Ministère de la Sécurité

Une initiative intégrée à la stratégie nationale

Cette journée d’action s’est déroulée à l’issue de la réunion mensuelle de sécurité, qui a réuni les principaux responsables des services de sécurité intérieure. Elle a également servi de cadre pour annoncer le calendrier de reboisement des différentes structures relevant du ministère. L’objectif est d’assurer une participation coordonnée et soutenue à l’effort national de reboisement, tout en renforçant la cohésion interne autour d’un projet commun : la protection de l’environnement.

En plantant un arbre, le ministère de la Sécurité envoie un message clair : la lutte contre la dégradation des sols, la désertification et les effets du réchauffement climatique est l’affaire de tous, y compris des institutions publiques. Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de responsabilisation des acteurs étatiques dans la gestion durable des ressources naturelles.

Le Ministère de la Sécurité
© Le Ministère de la Sécurité

 Vers une généralisation des actions

Si cette journée a été l’occasion de poser des actes concrets, elle a aussi permis de lancer une réflexion sur la pérennisation de ces efforts. Le ministère de la Sécurité, souvent perçu comme un acteur de l’ordre et de la protection des citoyens, montre ainsi qu’il peut également jouer un rôle clé dans la protection de l’environnement. Reste à savoir si les engagements pris se traduiront par des actions durables sur le terrain.

Togo : Le Capitaine Atatoum Babaté reçoit le Mérite maritime français

Lomé, le 1er juin 2026 – Le partenariat militaire et maritime entre la France et le Togo s’honore d’une nouvelle distinction prestigieuse. Au cours d’une cérémonie solennelle empreinte de fraternité d’armes, l’Ambassadeur de France a officiellement remis les insignes de chevalier de l’Ordre national du Mérite maritime au Capitaine de vaisseau Atatoum Babaté.

Agissant au nom de la Ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche de la République française, le représentant français a décerné cette prestigieuse décoration, soulignant ainsi l’importance politique et environnementale des enjeux maritimes partagés par les deux nations.

L’hommage à une carrière d’exception et d’engagement

À travers cette distinction, la France a tenu à saluer publiquement un parcours militaire et maritime jugé exemplaire. Tout au long de sa carrière, le Capitaine de vaisseau Atatoum Babaté a démontré un engagement sans faille au service de la sécurité, de la protection et de la gouvernance des espaces maritimes.

Mais au-delà de ses compétences techniques et de ses qualités de commandement, la France a également mis à l’honneur un artisan du dialogue. Elle récompense ainsi sa contribution précieuse et constante au rapprochement stratégique et opérationnel entre la Marine nationale française et la Marine togolaise.

Ambassade de France au Togo
© Ambassade de France au Togo

Un symbole fort pour la sécurité collective dans le golfe de Guinée

Par ailleurs, ce geste diplomatique fort intervient dans un contexte où la coopération bilatérale demeure essentielle pour faire face aux défis sécuritaires majeurs de la sous-région, notamment la lutte contre la piraterie, la pêche illicite et les trafics en mer.

En élevant cet officier supérieur togolais dans cet ordre hautement sélectif, Paris réaffirme non seulement la solidité de ses liens avec Lomé, mais souligne également l’importance de bâtir des ponts solides entre les marines des deux rives de l’Atlantique afin de garantir la stabilité et la prospérité des routes maritimes.

Togo : campagne nationale de reboisement 2026 lancée à Aképé

Face à l’avancée des changements climatiques et à la pression croissante exercée sur les ressources naturelles, le Togo entend accélérer sa transition écologique. C’est dans cette dynamique que le gouvernement a officiellement donné le coup d’envoi de la campagne nationale de reboisement 2026, ce lundi 1ᵉʳ juin, à l’occasion de la Journée nationale de l’arbre. Le lancement s’est déroulé sur le site du Centre d’enfouissement technique d’Aképé, dans la commune Avé 2, transformé pour l’occasion en symbole d’une nouvelle approche de la gestion environnementale.

L’événement a rassemblé un large éventail d’acteurs institutionnels et communautaires. Membres du gouvernement, sénateurs, gouverneurs, préfets, maires, responsables des services techniques de l’État, autorités traditionnelles et représentants de diverses organisations se sont mobilisés autour d’un objectif commun : renforcer le couvert végétal national et contribuer à la lutte contre le dérèglement climatique.

Commune Avé 2
© Commune Avé 2

Une réponse concrète à l’urgence environnementale

Le choix d’Aképé n’a rien d’anodin. Ce centre constitue aujourd’hui l’un des maillons essentiels de la politique togolaise de gestion durable des déchets. Grâce à cette infrastructure moderne, les autorités ont considérablement amélioré le traitement des déchets ménagers dans le Grand Lomé, limitant ainsi les impacts négatifs sur les sols, les ressources en eau et la santé publique.

En lançant la campagne nationale de reboisement sur ce site, le gouvernement envoie un message fort : il ne considère plus la protection de l’environnement comme une question sectorielle, mais comme une priorité transversale qui mobilise plusieurs domaines d’action. Gestion des déchets, préservation des écosystèmes, restauration forestière et adaptation climatique doivent désormais s’inscrire dans une stratégie globale et cohérente.

Cette vision prend tout son sens alors que plusieurs régions du pays subissent l’érosion des terres, la raréfaction des ressources forestières et les effets de plus en plus visibles des perturbations climatiques. Les épisodes de sécheresse, les inondations récurrentes et la dégradation progressive des écosystèmes rappellent l’urgence d’agir.

Commune Avé 2
© Commune Avé 2

Planter aujourd’hui pour protéger demain

Ainsi, la campagne de cette année s’inscrit dans une logique de résultats mesurables. Lors de la cérémonie officielle, les autorités, les partenaires et les participants ont mis en terre 2 500 jeunes plants sur le site d’Aképé. Mais l’ambition nationale va bien au-delà : les différents acteurs mobilisés à travers le pays prévoient de planter près de 16 millions d’arbres sur l’ensemble du territoire au cours de l’année 2026.

Pour atteindre cet objectif, les autorités misent sur des espèces reconnues pour leur capacité à s’adapter aux conditions locales tout en contribuant efficacement à la captation du carbone atmosphérique. Parmi elles figurent notamment le Terminalia catappa, le Khaya senegalensis et le Ceiba pentandra, des essences appréciées pour leur croissance, leur résistance et leur potentiel écologique.

Ces plantations devraient permettre non seulement de renforcer les puits de carbone naturels du pays, mais aussi de restaurer des espaces dégradés, de protéger la biodiversité et d’améliorer durablement les conditions de vie des populations.

Commune Avé 2
© Commune Avé 2

Miser sur la survie des arbres plutôt que sur les chiffres

L’un des principaux défis des campagnes de reboisement reste toutefois le taux de survie des plants. Conscient de cette réalité, le gouvernement entend changer de paradigme. Présidant la cérémonie, le ministre de l’Environnement, des Ressources forestières, de la Protection côtière et des Changements climatiques, le professeur Kokoroko Komla Dodzi, a insisté sur l’importance du suivi post-plantation.

Désormais, l’accent ne sera plus uniquement mis sur le nombre d’arbres plantés, mais également sur leur entretien et leur croissance. Cette approche vise à garantir un impact réel et durable sur le couvert végétal national.

Selon les responsables du secteur, chaque arbre qui parvient à maturité représente un investissement environnemental stratégique. Il contribue à l’absorption du dioxyde de carbone, à la régulation des températures locales, à la protection des sols contre l’érosion et au maintien des équilibres écologiques.

Commune Avé 2
© Commune Avé 2

Une mobilisation nationale pour un avenir durable

Outre les institutions publiques, cette campagne entend mobiliser l’ensemble des citoyens. Collectivités territoriales, organisations communautaires, établissements scolaires, associations et populations locales sont appelés à jouer un rôle actif dans la réussite de l’opération.

Cette dynamique collective traduit la volonté du Togo de faire de la préservation de l’environnement une responsabilité partagée. Car la reconstitution du patrimoine forestier national ne relève pas seulement d’une politique publique : elle constitue également un enjeu économique, social et sanitaire majeur pour les générations futures.

En accueillant le lancement de cette vaste campagne nationale, la commune Avé 2 s’inscrit ainsi au cœur d’un engagement qui dépasse les frontières locales. À Aképé, ce 1ᵉʳ juin 2026, ce ne sont pas seulement des arbres qui ont été plantés. C’est aussi une vision d’avenir qui a pris racine : celle d’un Togo plus vert, plus résilient et mieux préparé aux défis environnementaux du XXIᵉ siècle.

Sénégal : Convoqué par la gendarmerie, Guy Marius Sagna refuse de déférer et invoque ses immunités

Dakar, le 1ᵉ juin 2026 – Nouveau coup de tonnerre sur l’échiquier politique et judiciaire sénégalais. L’un des parlementaires les plus en vue et les plus loquaces de la sous-région, Guy Marius Sagna, fait face à une convocation de la justice. Le député des XIVᵉ et XVe législatures du Sénégal, également membre du Parlement de la CEDEAO, a annoncé avoir été convoqué ce lundi à 10 h 00 par la prestigieuse Section de recherches de la gendarmerie nationale pour une « affaire le concernant ».

Mais, contre toute attente, l’élu de la Nation a choisi de ne pas se présenter dans les locaux de la gendarmerie de Colobane. Une décision forte qu’il assume publiquement, tout en s’en expliquant.

 

Un refus poli mais ferme au nom des textes

Pour Guy Marius Sagna, cette position n’est en rien un acte de rébellion ou de mépris envers les institutions républicaines. « Ce n’est pas par manque de respect des hommes et des femmes de la gendarmerie. Ce n’est pas par défiance envers la justice sénégalaise », a-t-il immédiatement clarifié pour désamorcer les critiques d’outrage ou de rébellion.

L’explication est purement juridique et institutionnelle. Le parlementaire affirme agir pour protéger la crédibilité même du système judiciaire et sécuritaire. Selon lui, cette convocation viole de manière flagrante les textes fondamentaux qui régissent ses différents mandats. Pour formaliser son refus, il a transmis aux enquêteurs un mémoire technique de quatre pages détaillant les arguments constitutionnels et réglementaires qui font obstacle à cette audition.

Le député soutient que répondre à cette convocation reviendrait à valider une procédure qui foule aux pieds :

  • La Constitution de la République du Sénégal ;
  • Le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale sénégalaise ;
  • Le Règlement intérieur du Parlement de la CEDEAO.

En clair, Guy Marius Sagna s’abrite derrière son immunité parlementaire, un bouclier juridique conçu pour protéger les élus contre d’éventuelles pressions ou procédures judiciaires non autorisées par l’hémicycle durant l’exercice de leurs fonctions.

 

« Focus sur le Congrès de PASTEF ! »

Par ailleurs, le leader politique a rapidement choisi de déplacer le débat du terrain judiciaire vers le terrain politique. En concluant son message par un très direct « Focus sur le Congrès de PASTEF ! », Guy Marius Sagna rappelle où se situent ses véritables priorités du moment.

Au sein du parti au pouvoir, la remobilisation des troupes et la préparation des grandes échéances internes semblent primer sur ce qu’il perçoit comme une diversion ou une erreur de procédure de la part des pandores.

Cette posture de fermeté ouvre désormais une délicate confrontation juridique entre le pouvoir législatif et l’appareil judiciaire. En choisissant de formaliser ses griefs dans un document écrit plutôt que de se murer dans un silence passif, le député panafricaniste renvoie la balle dans le camp des autorités judiciaires et du procureur. La Section de recherches choisira-t-elle de forcer le passage en engageant une procédure de levée de l’immunité parlementaire, ou fera-t-elle machine arrière en reconnaissant un vice de procédure ? Dans un Sénégal où les relations entre la justice et les acteurs politiques restent historiquement inflammables, l’issue de ce bras de fer pourrait bien redéfinir les contours de la protection des parlementaires face à la machine judiciaire.